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32.
Ibn al-Baytar
(1197 - 1248)
Ibn
al-Baytar était le plus grand botaniste et pharmacologue
(apothicaire) de l'Islam, voire de tout le Moyen âge,(210)
ainsi qu'une autorité suprême en matière de plantes.
Son
nom complet est Abu Muhamad Abdullah ibn Ahmed Dia-Uddine
al-Andalusi al-Malaqi, connu du nom d'Ibn al-Baytar,
surnommé al-Achchab (botaniste/herboriste). Né à Malaga,
Andalousie, en 593 H/1197.(211) Son père était vétérinaire.
Ibn al-Baytar a étudié la botanique auprès de Abu al-Abbas
al-Nabati surnommé Ibn al-Rumiya. A vingt ans, il visita un
certain nombre de pays, notamment la Grèce, l'Europe,
l'Afrique du Nord, la Syrie et l'Egypte, à la recherche, la
découverte et l'observation des plantes médicinales. En
Egypte, il entra au service du roi al-Kamel al-Ayubi qui le
nomma chef de tous les herboristes. Après la mort d'al-Kamel,
il demeura au service de son fils, le roi al-Saleh
Najm-Eddine, qui résidait à Damas. Ibn al-Baytar fit de
Damas son point de départ pour l'étude des plantes en Syrie
et en Asie Mineure, en tant que médecin-herboriste.(212) Ibn
Abu Usaybaa fut son disciple et l'accompagna lors de ses
voyages à la recherche des plantes. Ibn al-Baytar s'est
illustré par ses voyages qui l'ont conduit dans un grand
nombre de pays où il s'attela à l'étude les plantes avec
l'optique d'un expert et d'un savant.( 213) Il est mort à
Damas en 646 H/1248.
Contributions scientifiques
Ibn
al-Baytar a décrit 1400 plantes médicinales, dont 300
n'avaient jamais été décrites auparavant. Il a cité leurs
noms, leur mode d'emploi ainsi que leurs substituts. Il a
également découvert une multitude de plantes inconnues
jusqu'alors. Il a étudié la botanique d'une façon
scientifique, s'appuyant sur l'expérimentation,
l'observation et la déduction. Il faisait référence aux
sources d'où il puisait ses informations après s'être assuré
de leur précision et fiabilité.
Il
était, en outre, le premier savant à s'intéresser aux herbes
nuisibles aux récoltes, procédant à leur classification en
fonction des récoltes.
Son
intérêt ne s'arrêtait pas aux seules plantes, car il se
pencha également sur l'étude de la faune marine et
terrestre, citant leurs bienfaits dans le traitement des
maladies. Aussi était-il l'un des savants émérites en
zoologie.
Ibn
al-Baytar était aussi l'une des sommités en pharmacie. Dans
son ouvrage «Les sciences et la civilisation islamiques»,
Sayed Hassan souligne que : «Ibn Bitar était le plus grand
savant musulman dans les sciences botaniques et médicinales,
sa renommée ayant dominé tous les pharmacologues médiévaux.
Il est, sans nul doute, le plus éminent pharmacologue connu
depuis Dioscoride jusqu'aux temps modernes». Ibn al-Baytar
ne se contentait pas d'extraire les médicaments des plantes
médicinales, mais il en fit autant à partir des animaux et
des métaux.( 214)
Œuvres
Ibn
al-Baytar a rédigé plusieurs ouvrages, les plus importants
étant :
- «Kitab
al-Jamii li Mufradat al Adwiya wal Aghdhia» (Recueil des
remèdes et aliments simples), imprimé en 1291 H. Ce recueil,
présenté par ordre alphabétique, comporte un ensemble de
remèdes simples extraits des métaux, plantes et animaux. Il
s'agit d'une compilation tirée des ouvrages grecs et arabes,
ainsi que de l'expérience personnelle de l'auteur. Traduit
en latin, il demeura une référence pour les Occidentaux
jusqu'à la Renaissance. Dans son ouvrage «Introduction à
l'Histoire des Sciences», Georges Sarton indique :
«Ibn al-Baytar a présenté son ouvrage «al-Jamae fil
al-Adwiya al-Mufrada» dans un classement qui repose sur
l'ordre alphabétique pour en faciliter la consultation. Il a
cité les médicaments dans différentes langues. Les savants
européens ont adopté cet ouvrage jusqu'à la
Renaissance».(215)
«Kitab
al-Mughni fi al-Adwiya al-Mufrada» est un livre qui discute
des remèdes, dans lequel Ibn al-Baytar se penche sur le
traitement détaillé de tous les organes du corps, mais d'une
manière concise afin d'en faire profiter tous les
médecins.(216)
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