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30.
Ibn Razzaz al-Djazari
(XIIe siècle)
Son
nom est Badii al-Zamane Abu al-Izz Ismaël ibn al-Razzaz
al-Djazari. Surnommé al-Djazari en référence à son origine
d'al-Djazira (Mésopotamie). Il a vécu au sixième siècle de
l'Hégire sur le territoire des Bakar dont il servit les rois
pendant vingt-cinq ans, et ce, dès l'an 570 de
l'Hégire/1174.(200)
Nous possédons peu d'informations sur sa vie, bien qu'il ait
été un grand inventeur en mécanique. Tout ce que l'on sait
provient de ce qu'il a écrit sur lui-même dans son ouvrage :
«Al-jami’ bayna al-Ilm wal al-‘amal al-Nafi’ fi Sina’ati
al-Hiyal» (La conciliation entre la science et l'action,
utile dans l’industrie mécanique).
Contributions scientifiques
L'apport
d'Ibn al-Razzaz est manifeste dans sa description d'un
certain nombre d'équipements mécaniques divers, tels que le
compresseur, la grue, la transporteuse et la motrice. Il a
également décrit, en détail, l'assemblage des horloges de
précision qui tirent leur nom de la forme qu'elles revêtent,
notamment, l'horloge du singe, l'horloge de l'éléphant,
l'horloge de l'archer habile, l'horloge du clerc, l'horloge
du tambourineur, etc.(201)
Il
s'avère, de son livre, qu'il a mis au point un grand nombre
de modèles mécaniques, bien qu'il se soit contenté de
décrire quelque cinquante modèles. Il s'est attelé, en
outre, à allier les sciences mécaniques théoriques, connues
en son temps, aux aspects d'application pratique.(202)
Donald Hill souligne qu'al-Djazari a produit des montres
hydrauliques et des montres opérant avec des mèches de
lampes à huile, des instruments de mesure, des roues
d'irrigation, des instruments de musique, et autres norias
pour le levage de l'eau. Il a inventé également une
bouilloire avec un couvercle en forme d'oiseau qui siffle
pendant un court moment précédant le débordement de l'eau.
Aldo Mieli cite, d'autre part, qu'al-Djazari a fabriqué une
montre hydraulique à deux bras indiquant l'heure.(203)
Œuvres
«Al-jami’
bayna al-Ilm wal al-‘amal al-Nafi’ fi Sina’ati al-Hiyal»
(La conciliation entre la science et l'action, utile dans
l’industrie mécanique) est considéré comme l'œuvre majeure
d'al-Djazari. Sa rédaction a été commanditée par le roi
Nasser Eddine Mahmud ibn Mohamed ibn Qarra, un des sultans
des Beni Irtaka à Diar Bakr, à l'époque du Calife Abbasside
Nasser Dinullah Abu al-Abbas Ahmad, en 1181, et qu'il a
achevé en 1206. En d'autres termes, cet ouvrage fut le
résultat de vingt-cinq années d'études et de recherches sur
les montres, les roues d'irrigations, et les appareils de
levage de l'eau et des poids. Ce travail constitue «un
chef-d'œuvre parmi tout ce qui a été écrit dans les temps
médiévaux sur les appareils mécaniques et hydrauliques»(204)
Il
existe des copies du livre d'al-Djazari dans un certain
nombre de bibliothèques mondiales, telles que Topkapi à
Istanbul, Musée des Beaux-Arts à Boston, le Louvre à Paris
et la Bibliothèque d'Oxford.(205)
L'ouvrage a eu un profond écho en Occident. Fiedmann et
Hauser ont traduit un certain nombre de chapitre en allemand
au début du vingtième siècle. Il a été traduit également en
anglais par Donald Hill, un spécialiste dans l'histoire de
la technologie arabe. Pour sa part, l'Institut du Patrimoine
scientifique arabe d’Alep en Syrie a édité, en 1979, la
version arabe du texte après révision et authentification
par Ahmed Youssef. (206)
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