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28.
Ibn Tofaïl
(1100 - 1185)
Il
s'agit de Abu Bakr Mohamed Ben Abdelmalek Ben Mohamed Ibn
Tofaïl al-Qaïsi al-Andalousi, par référence à la tribu arabe
des Beni Qaïs. Né près de Grenade, en Andalousie, et quoique
sa date de naissance soit inconnue, il est probablement né
au début du XIIe siècle. De plus, on ignore tout de sa
famille et de son éducation,(187) à l'exception du fait
qu'il a étudié auprès de savants et érudits de son époque.
Il possédait des connaissances exhaustives dans tous les
domaines scientifiques, en particulier en médecine,
philosophie et astronomie.
Ibn
Tofaïl a occupé plusieurs fonctions, travaillant au début
comme clerc à la cour du Wali (gouverneur) de Grenade, puis
à la cour de l'Emir Abu Saïd Ben Abdel-Moumen, gouverneur de
Tanger, avant de devenir le vizir et le médecin du Calife
Almohade Abu Yacoub Youssef. Ibn Tofaïl aurait eu,
semble-t-il, une grande influence sur le Calife, ce dont il
profita pour faire venir les savants à la cour, en
particulier le philosophe et médecin Ibn Roshd.(188) Ayant
atteint un âge avancé, il présenta ce dernier au Calife afin
de lui expliquer les livres d'Aristote et lui succéder en
tant que médecin. Ibn Tofaïl demeura à la cour du Calife
jusqu'à sa mort en 581 H/1185, à Marrakech.
Contributions scientifiques
Contributions dans le domaine de la médecine : D'après
Lissan al-Din Ibn al-Khatib, Ibn Tufaïl aurait écrit, en
médecine, un ouvrage en deux volumes. Ibn Abu Usayba-a
rappelle que Ibn Tofaïl et Ibn Roshd avaient conduit
conjointement des recherches portant sur la définition des
médicaments «Rasm al-Dawaa», qu'Ibn Roshd a compilé dans son
livre «al-Kulliyyate». Ibn Tofaïl avait également une
arjouza» (livre versifié) en médecine composée de 7700
vers.(189)
Contributions en astronomie : L'on prétend qu'Ibn Tofaïl
faisait montre d'idées novatrices en astronomie ainsi que
des théories sur la composition des corps célestes et leur
mouvement.
Dans son ouvrage sur Ibn Tofaïl, Léon Gauthier affirme qu'en
dépit du fait qu'il n'a rien laissé d'écrit sur
l'astronomie, hormis quelques courts passages dans le livre
«Hayy Ibn Yaqdhan» (Le vivant fils du vigilent), l'on sait
qu'Ibn Tofaïl était insatisfait du système astronomique
élaboré par Ptolémée et, partant, pensait à un nouveau
système. Pour étayer cette thèse, l'auteur apporte le
témoignage d'Ibn Roshd et de Al Bitruji. En effet, dans son
explication de «Al-Athar al-Alaouiya» (Métaphysique)
d'Aristote, Ibn Roshd a critiqué à son tour les hypothèses
de Ptolémée sur la constitution des planètes et leurs
mouvements, soulignant qu'Ibn Tofaïl disposait, dans ce
domaine, de théories remarquables dont on peut tirer un
énorme profit. Al Bitruji a noté, d'autre part, dans
l'introduction de son célèbre ouvrage sur l'astronomie,
qu'Ibn Tofaïl a mis au point un système astronomique mû par
des principes autres que ceux de Ptolémée. Le chercheur
français s'interroge donc sur la probabilité que les
hypothèses avancées par Ibn Tofaïl comportent certains des
éléments de base nécessaires à la grande révision
astronomique réalisée par Copernic et Galilée quatre siècles
plus tard.(190)
Œuvres
- «Murajaat
wa Mabahith» (Examens et recherches) effectués conjointement
avec Ibn Roshd, dans «Rasm al-Dawaa», compilé par Ibn Roshd
dans son livre «Al-Kulliyate» ;
- «Urjuzah
fil Tibb» (Poème en médecine) : conservé à la bibliothèque
de l'Université al-Qaraouiyine, à Fès, Royaume du Maroc ;
- «Rissalat
fil Nafs» (Traité sur l'âme) en philosophie ;
«Hayy
Ibn Yaqdhan», plus important ouvrage d'Ibn Tofaïl. Il s'agit
d'un roman philosophique où il expose ses idées
philosophiques sur fond narratif, dans une tentative visant
à concilier la religion avec la philosophie. Ce roman fut
connu de l'Occident dès le XVIIe siècle et traduit en
plusieurs langues, notamment, le latin, l'hébreu, l'anglais,
le français, l'allemand et le néerlandais.(191)
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