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21. Al-Biruni
(973 - 1048)

Mohamed Ibn Ahmed Abu al-Rihan al-Biruni al-Khuwarizmi, est né en 362 H/973, dans un faubourg de Khuwarizm, en Perse (Ouzbékistan actuellement). La date de sa mort n'est pas connue avec précision, mais selon toute probabilité, elle serait survenue en 448 H/ 1048.

Al-Biruni était un savant en mathématiques, sciences naturelles, astronomie, médecine, philosophie, soufisme et en religions. Il était aussi historien, linguiste et homme de lettres, mais en dépit de ses connaissances qui portent sur tous les domaines du savoir en son temps, c'est surtout sur les mathématiques et l'astronomie qu'il polarisa son attention. D'éminents orientalistes le considèrent parmi les plus grands savants musulmans de stature internationale.(143) Reconnaissant son prestige international, l'historien Georges Sarton affirme : «Al-Biruni était à la fois un explorateur, philosophe, mathématicien, astronome, géographe et un savant encyclopédique. Il est l'une des plus grandes figures de l'Islam et parmi les savants les plus illustres de tous les temps».(144)

Nulle source ne parle de la famille d'al-Biruni, de son enfance ou de l'éducation qu'il a reçue au commencement de sa vie. L'on sait seulement qu'il a eu trois professeurs, à savoir, Abu Nasr Ibn Iraq, Abu Sahl ibn Yahia le Chrétien, et Abu al-Hassan Ibn Ali al-Jabali. Il était, en outre, le contemporain du célèbre médecin Ibn Sina avec lequel il avait entretenu un échange épistolaire sur des sujets variés. Il maîtrisait plusieurs langues, notamment le grec, le sanscrit, le persan, l'hébreu, en plus de l'arabe.

A vingt cinq ans, il quitta pour Djurdjan où il demeura plusieurs années à la cour du Sultan Abu al-Hassan Qabous ibn Ushamkir, avant de retourner à son pays Khuwarizm. In entra ensuite au service de Abu al-Abbas al-Maamoun ibn al-Maamoun, dernier prince Fatimide. Le sultan Mahmud le Ghaznévide, ayant conquis Khuwarizm, attacha al-Biruni à sa cour, l'amenant avec lui en Inde à chacun de ses très nombreux voyages.(145) Al-Biruni, dit-on, resta longtemps en Inde où il étudia la culture, les sciences et les connaissances de ce pays, de sorte qu'il devint le savant musulman le plus versé dans l'histoire de l'Inde et de ses sciences.(146) Il aurait aussi transmis, vraisemblablement, aux Indiens les sciences grecques et arabes.

Contributions scientifiques

On reconnaît à al-Biruni ses nombreuses contributions aux diverses sciences. Il a, entre autres, déterminé avec précision les lignes de longitude et de latitude. De même qu'il a cherché à savoir si la terre tournait, ou non, sur son axe. Il a effectué des recherches sur les poids spécifiques et évalué la densité précise de 18 types de pierres précieuses et de métaux. D'autres recherches ont abouti au résultat que la vitesse de la lumière est plus grande que la vitesse du son. Il a, en outre, expliqué la méthode de création des sources naturelles et des puits artésiens selon le principe hydrostatique. Il a décrit également les créatures anormales, comme, par exemple, les «frères siamois».(147)

Al-Biruni était le plus brillant mathématicien de son temps, comme l'affirme Smith, dans la première partie de son ouvrage «Histoire des Mathématiques».(148) Mais il s'est occupé également d'astronomie, s'attachant à l'étude de l'aspect de l’univers et des lois des étoiles. Il a élaboré une méthode permettant de calculer la circonférence de la terre, connue chez les savants occidentaux comme la «Règle d'al-Biruni». Il a, en outre, décrit les phénomènes du crépuscule, de l'éclipse du soleil et autres phénomènes naturels, et fait mention de la rotation de la terre autour de son axe. Il était aussi expert en trigonométrie, et parmi ceux qui se sont attelés à la triple division de l'angle.(149)

Al-Biruni se distinguait par son esprit scientifique, sa fidélité à la vérité, ainsi que sa précision dans la recherche et l'observation.

Œuvres

Al-Biruni a laissé de nombreux ouvrages, dépassant les cent cinquante, traitant de sujets divers comme la géographie, les mathématiques et l'astronomie. La majorité est citée dans sa thèse, connue comme le «Fahrass» (l'Index). Citons, parmi ses plus importants ouvrages :

- «Kitab al-Athaar al-Baqia an al-Qurun al-Khalia» (Les vestiges des siècles passés - Chronologie). Dans cet ouvrage, al-Biruni traite de la rotation de la terre autour de son axe, et l'aplatissement du globe, devenant ainsi le fondateur des principes de dessin topographique. L'ouvrage a été traduit en anglais par Edward Sachau, et imprimé à Londres en 1789. Il a été traduit également en allemand et en anglais au XIXe siècle  ;

- «Al-Qanun al-Massudi fil Hay'a wal Nujum» (La Loi Massudi dans l'apparence et les étoiles) : ouvrage écrit par al-Biruni (421 H/1030) à la demande de Massud ibn Mohamed  Ghaznévide. C'est un ouvrage volumineux comportant 143 chapitres dans lequel l'auteur traite les différents sujets astronomiques et mathématiques. Il a été imprimé à Hyderabad, en Inde ;

- «Tarikh al-Hind» (Histoire de l'Inde) : Il s'agit d'un compendium de ses études et réflexions sur l'Inde. Traduit également par Sachau en anglais et imprimé à Londres en 1887. Dans cet ouvrage, al-Biruni traite de la langue du peuple indien, de ses coutumes et de ses sciences  ;

- «Kitab al-Tafhim li-Awael Sinaet al-Tanjim» (Livre pour faire comprendre les principes de l'astrologie) : cet ouvrage s'intéresse au calcul, à la géométrie, à l'algèbre, aux nombres et à l'astronomie. Il a été écrit par al-Biruni sous forme de questions-réponses, et largement illustré par des schémas et des dessins.

Outre ces grands ouvrages, al-Biruni a laissé bon nombre de thèses portant sur la géométrie, le calcul, l'astronomie, les instruments scientifiques, la médecine et la pharmacie. Il y a également sa correspondance avec Ibn Sina. Sans compter sa traduction en arabe d'un certain nombre d'ouvrages écrits en sanscrit.

La plupart de ses œuvres ont été traduites en français, allemand et anglais, et publiées aux XIXe et XXe siècles.

 

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