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19.
Ibn Sina (Avicenne)
(980 - 1037)
Ibn
Sina est le plus grand savant musulman et l'un des plus
célèbres savants dans le monde ; il fut à la fois
philosophe, médecin, mathématicien et astronome.(124)
De
son nom Abu Ali al-Hussein ibn Abdullah ibn Sina, surnommé
le Maître Cheikh, et désigné comme le Troisième Maître après
Aristote et al-Farabi. Connu chez les Européens comme
Avicenne, Ibn Sina est né près de Boukhara en 380 H/980
(actuellement en Ouzbékistan) et mort à Hamadan en 428
H/1037. C'est à Boukhara qu'il a reçu son premier
enseignement où il appris le Coran et le langage avant
d'étudier les lettres, la philosophie, la logique, la
géométrie, l'astronomie, la médecine et les sciences
naturelles. Il devint une autorité en matière de médecine,
d'astronomie, de mathématiques et de philosophie avant
d'atteindre les vingt ans.(125)
Sa
réputation en médecine fit de lui le médecin des princes.
C'est ainsi qu'il réussit à soigner avec succès l'émir de
Boukhara (Nouh ibn Mansour), ainsi que l'émir de Hamadan
(Chams al-Dawla) et l'émir d'Ispahan (Alaa-Ud Dawla), qui
l'ont comblé et lui ont ouvert les portes de leurs
bibliothèques, ce qui lui a permis de compléter ses études
et d'approfondir ses connaissances dans les différents
domaines du savoir.(126)
L'attention d'Ibn Sina ne s'arrêtait pas à la science,
s'adonnant également à la politique et la gestion des
affaires de l'Etat. Il fut, en effet, nommé vizir par Chams
al-Dawla à Hamadan, avant de l'emprisonner. Après plusieurs
mois d'incarcération, Ibn Sina put s'enfuir pour Ispahan où
il vécut ses derniers jours sous la protection de l'émir
Alaa-Ud Dawla, mais c'est à Hamadan qu'il est mort.(127)
Contributions scientifiques
Ibn Sina
s'est particulièrement distingué en médecine où il fit de
nouvelles découvertes. Il est le premier à parler, en
détail, d'un ver circulaire, connu aujourd'hui comme l'Ancylostoma.
Il a étudié les troubles nerveux et débouché sur certaines
réalités psychologiques et pathologiques par le biais de la
psychanalyse. Il estimait que les facteurs psychiques et
cérébraux influent énormément sur les organes du corps et
leurs fonctions. Il a décrit, en outre, l'apoplexie,(128)
causée par l’hypertension sanguine.
Son
apport en médecine est immense, fondé sur ses propres
observations. Car c'est grâce à l'expérimentation, à
laquelle il accordait une place de premier ordre, qu'il
parvint à des observations fiables. Citons, à titre
d'exemple, sa perception de la nature contagieuse de la
tuberculose, la propagation des maladies à travers l'eau et
le sol, sa description minutieuse des maladies de la peau,
ainsi que les maladies vénériennes. Sans oublier sa
description pharmaceutique pour la préparation d'un certain
nombre de remèdes.(129)
Ibn
Sina fut aussi le premier à découvrir les infections
contagieuses de la membrane cérébrale, qu'il distingua des
autres infections chroniques. Il établit le premier
diagnostic explicite de la sclérose du cou et de la
méningite. Il traita également la paralysie faciale et ses
causes, distinguant entre la paralysie provoquée par une
cause cérébrale et celle d'origine locale.(130)
Dans le domaine de la physique, Ibn Sina a contribué à
l'étude d'un certain nombre de phénomènes naturels tels que
le mouvement, la force, le vide, l'infini, la lumière et la
chaleur. Il a constaté, en outre, que si la perception de la
lumière provenait de la projection d'un certain type de
corpuscules par une source lumineuse, la vitesse de la
lumière devrait être obligatoirement limitée.(131)
Ibn
Sina a contribué, d'autre part, à la géologie par sa thèse
sur la constitution des montagnes, des pierres précieuses et
des minéraux. Dans cette thèse, il a discuté de l'influence
des séismes, de l'eau, de la température, des sédiments, de
la fossilisation et du déboisement.(132)
Il
est passé également maître en mathématiques et en
astronomie, traitant religieusement, physiquement, et
mathématiquement, de questions portant sur les corps
infinitésimaux, ce qui permit à Newton et à Leibniz, au
XVIIe siècle, de mettre au point le calcul
infinitésimal.(133)
Œuvres
Les
œuvres d'Ibn Sina sont d'un nombre qui dépasse les deux
cents ouvrages et thèses, et dont les plus importantes sont
:
- «Kitab
al-Qanun» (Livre de la loi) : ouvrage inestimable, c'est
l'une des plus importantes œuvres d'Ibn Sina et fut à
l'origine de sa célébrité en médecine. Largement répandu
tant en Occident qu'en Orient, l'ouvrage a été traduit par
Gérard de Crémone en latin au XIIe siècle. Il a été imprimé
seize fois au cours des trente dernières années du XVe
siècle, dont une en hébreu et les autres en latin, et
réimprimé plus de vingt fois pendant le XVIe siècle.(134)
Enseigné en Europe jusqu'au XIXe siècle, il a été réimprimé
en 1996 par l'Institut de l'Histoire des Sciences
arabo-islamiques de l'Université de Francfort, dans le cadre
de la série sur la médecine islamique éditée par Fouad
Sizkine ;
- «Kitab
al-Chifaa» (Livre de la guérison) : il s'agit d'une
encyclopédie philosophique comportant la somme des
connaissances acquises par Ibn Sina en matière de logique,
de sciences naturelles et de philosophie ;
- «Kitab
al-Najat» (Livre de la délivrance) : c'est un condensé du «Kitab
al-Chifaa, mais moins compliqué ;
- «Kitab
al-Icharat wal Tanbihat» (Livre des signes et des
avertissements) : présente des études en sciences
naturelles, en théologie, en soufisme et sur la morale.
Ibn
Sina possède d'autres œuvres en médecine, philosophie,
musique, langue, théologie, psychologie, logique, sciences
naturelles, mathématiques et astronomie.
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