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13.
Al-Majriti
(950 - 1007)
«Al-Majriti
était le mentor des mathématiciens en Andalousie et celui
qui possédait la meilleure érudition en matière d'astronomie
et de mouvement des astres».(93) Né à Madrid, en 338 H/950,
Abu al-Kassem Muslima ibn Kassem ibn Abdullah al-Majriti(94)
à vécu à Cordoue, et y mourut en 398 H/1007.
Il
entreprit un voyage en Orient pour débattre avec les savants
arabes et musulmans des résultats des recherches auxquels il
avait abouti en mathématiques et astronomie. Il a, par
ailleurs, construit une école à Cordoue où il forma
d'éminents scientifiques dans les domaines des
mathématiques, de l'astronomie, de la médecine, de la
philosophie, de la chimie et de la zoologie.(95)
Contributions scientifiques (96)
En
chimie, al-Majriti faisait autorité en son époque de par ses
nombreuses contributions. Faisant la distinction entre la
chimie et l'alchimie, il a affranchi la chimie des mythes et
de la sorcellerie, prônant l'étude de la chimie en tant que
science qui repose sur l'expérimentation et l'induction. Il
estimait, en outre, que les mathématiques étaient
indispensables à l'étude de la chimie. Al-Majriti était le
premier à accorder une attention particulière aux
expériences portant sur la combustion et les réactions
qu'elle engendre. Il était réputé pour sa préparation de
l'oxyde de mercure, ayant été un précurseur dans la
transformation du mercure en oxyde de mercure.
Dans le domaine de l'astronomie, il condensa les tables
astronomiques d'al-Battani, qui devinrent une source de
référence aux astronomes. Al-Majriti était également le
premier à commenter la carte astronomique de Ptolémée. Il
s'est rendu célèbre pour «son commentaire et rectification
des tables astronomiques d'al-Khuwarizmi, ainsi que par la
conversion des dates persiques par les dates de
l'Hégire».(97) Il a également développé les théories des
nombres et de la géométrie euclidienne.
Al-Majriti s'est intéressé aussi, et de manière approfondie,
à la zoologie. Dans ce contexte, il a abordé des thèmes
relatifs à la formation des animaux, à la préférence des uns
par rapport aux autres, et à leurs avantages.
Œuvres
Al-Majriti a écrit plusieurs ouvrages dans des domaines
divers tels que la chimie, l'astronomie, les mathématiques,
et la zoologie. Figurant parmi ces ouvrages, cités par
Sarton(98) et al-Zerkali(99) :
- «Rutbatu
al-Hakim»(Le Rang du Sage), dans lequel il distingue entre
la chimie et l'alchimie, et où il fait état de son
expérience sur le mercure ;
- «Ghayatu
al-Hakim" (Le Dessein du Sage), comprenant l'histoire de la
chimie. Il fut traduit en latin en 1252 sur ordre du roi
Alphonse, sous le titre de "Picatrix" ;
- "Rissala
fi al-Astorlab» (Thèse sur l'Astrolabe), traduit en latin ;
-
«Exégèse d'Almageste, de Ptolémée» ;
- «Kitab
Thimar al-Aadad fil Hissab» (Livre sur les Résultats du
chiffre dans le calcul).
Notons que les ouvrages scientifiques d'al-Majriti ont été
enseignés dans les universités européennes pendant de
nombreuses années, et que les savants occidentaux sont les
premiers à y avoir apporté la lumière et à les faire
connaître.(100)
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