Préface
Prêter à la
démocratie un sens unique et strict, voilà une posture qui
n’a rien de scientifique, tout comme il serait injuste de
vouloir soumettre tous les peuples de la terre au diktat
d’un seul modèle de démocratie imposé par un régime de ce
monde. Une telle démarche procède naturellement d’un
esprit de tutelle, qui condamne les esprits et les
approches conceptuelles au figement et à la sclérose. Tout
à l’opposé de cela, la démocratie se veut d’être un
système de gouvernement se prêtant aux modulations
conceptuelles, aux conjectures théoriques et aux
applications les plus larges et les plus ouvertes.
La
pauvreté est, du point de vue du développement humain, une
privation de possibilités de choix et d’opportunités,
ôtant aux individus les moyens de mener une vie décente.
En d’autres termes, elle empêche l’épanouissement de
l’être humain.
En
Afrique, ce mal est le produit de facteurs historiques,
économiques, sociaux, politiques et culturels. De récentes
études mettent en lumière ses causes fondamentales et les
mesures à prendre pour y remédier. A cet égard, “Le
rapport sur le développement dans le monde 2000/2001-
combattre la pauvreté”, publié par la Banque mondiale,
propose, pour la première fois, une approche plus large de
la lutte contre la pauvreté, qui consiste non seulement à
promouvoir la croissance économique, mais aussi à
s’attaquer aux inégalités, aux défaillances des
institutions et à l’exclusion sociale.
Par
ailleurs, le rapport de la Commission indépendante sur
“l’Afrique et les enjeux du 3e millénaire” a consacré un
de ses chapitres aux défis et problèmes urgents. Il
constate qu’"à la fin du XXe siècle, ce continent est au
sommet du club des régions les plus pauvres, regroupant la
quasi-totalité des pays à faible indice de développement
humain, à taux élevés d’accroissement de la population, à
bas revenus, avec une alphabétisation et une espérance de
vie faibles".
C’est
dans ce contexte que l’Organisation islamique pour
l’Éducation, les Sciences et la Culture -ISESCO- a
organisé, conjointement avec le Bureau régional de la
Méditerranée orientale de l’Organisation mondiale de la
Santé -EMRO-, un séminaire régional sur la lutte contre la
pauvreté, du 23 au 26 septembre 2002, à Cotonou, Bénin.
Les communications, présentées à cette occasion par des
experts des États membres d’Afrique francophone, ont été
axées sur les thèmes de la dimension de la pauvreté, de la
lutte et de la coopération pour sa réduction. Elles ont,
également, porté sur les dimensions socioculturelles et
démographiques de ce fléau, le rôle de l’éducation, de
l’approche genre, ainsi que de l’alimentation et de la
nutrition dans son éradication.
L’importance du sujet, à laquelle s’ajoutent la qualité
des communications et la pertinence des recommandations,
justifient pleinement la publication des actes de ce
séminaire régional. L’ISESCO espère que cette publication
sera utile aux acteurs du développement, aux opérateurs
socio-économiques et aux chercheurs des États membres dans
la mise en place de stratégies efficientes dans la lutte
contre la pauvreté, dans la définition des objectifs de sa
réduction et dans les actions à entreprendre pour
atteindre ces objectifs. L’Organisation islamique souhaite
aussi que cette publication puisse contribuer à augmenter
les chances d’amélioration des conditions de vie des
groupes défavorisés et de réduire leur souffrance.
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Dr Abdulaziz Othman
Altwaijri
Directeur Général de
l’Organisation islamique pour l’Éducation, les
Sciences et la Culture -ISESCO |