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LA CONTRIBUTION DU MINISTERE DE L’EDUCATIONNATIONALE
DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
A LA POLITIQUE DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE

M. Gnawa Yao Gaston
Conseiller technique
Ministère de l’Éducation Nationale
Abidjan, Côte d’Ivoire

Résumé

La pauvreté dans le secteur de l’Éducation en Côte d’ivoire a été définie par le concept de sous-scolarisation qui désigne le processus par lequel une partie de la demande d’éducation demeure insatisfaite de manière durable du fait d’une inadaptation de l’offre d’éducation aux conditions socio-économiques, culturelles, démographiques, géographiques et environnementales de développement des populations.

Aussi, au moment où la communauté nationale amorce la phase décisive de l’élaboration du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), est-il bon de s’interroger sur l’état de la relation entre éducation et pauvreté?

Quelle est la stratégie du Gouvernement pour réduire l’impact de la pauvreté dans ce secteur?

Quel cadre institutionnel conviendrait-il de mettre en place pour assurer, de manière efficace, la coordination et le suivi-évaluation des actions de réduction de la pauvreté dans le secteur?

1. Objectifs de réduction de la pauvreté

1.1 Objectif général

L’objectif général pour le secteur éducation est de préserver un niveau minimal d’allocations budgétaires (au moins 5,5% du PIB de 2003 à 2007 hors financements extérieurs et maintien de 46% au moins pour l’enseignement primaire) tout en s’assurant que les dépenses soient ciblées en direction des zones les plus pauvres et des populations les plus vulnérables, et se traduisent effectivement au niveau local par des services d’éducation de base plus accessibles et de meilleure qualité.

1.2 Objectifs spécifiques

(i) améliorer l’accès à l’éducation de base;

(ii) améliorer la qualité de l’enseignement ;

(iii) renforcer la lutte contre l’analphabétisme ;

(iv) renforcer les capacités institutionnelles du secteur Éducation

2. Stratégies de mise en œuvre

(i) agir sur les déterminants de la demande des familles par la réduction des coûts supportés par les ménages ;

(ii) agir sur les déterminants de l’offre par des incitations à redéployer les efforts dans les zones et vis-à-vis des milieux défavorisés, par une réduction des redoublements réduisant les coûts.

3. Plan d’actions

Le plan de réduction de la pauvreté proposé s’étale sur cinq années (2003-2007) avec quatre composantes :

Composante 1 : Amélioration de l’accès à l’éducation de base

(i) construction d’écoles primaires et de collèges de proximité ;

(ii) réhabilitation des classes en mauvais état ;

(iii) élaboration et mise en œuvre de la carte scolaire de l’enseignement technique ;

(iv) campagne de sensibilisation de proximité des familles à la scolarisation des enfants.

Composante 2 : Amélioration de la qualité de l’enseignement

(i) amélioration de la disponibilité en manuels scolaires et matériels pédagogiques ;

(ii) poursuite du programme intégré de pérennisation des cantines scolaires;

(iii) mise en œuvre des actions spécifiques en faveur de la scolarisation et du maintien des filles à l’école ;

(iv) amélioration du rendement interne de l’enseignement ;

(v) réduction des déficits d’enseignants ;

(vi) poursuite de la révision des programmes d’enseignement ;

(vii) développement d’un programme d’amélioration de la santé des élèves et des enseignants.

Composante 3 : Renforcement de la lutte contre l’analphabétisme

(i) poursuite du Projet Pilote d’Alphabétisation et des programmes d’alphabétisation en cours ;

(ii) Promotion des langues nationales à l’école

Composante 4 : Renforcement des capacités institutionnelles du secteur Éducation

(i) redéfinition du partenariat Etat/secteur privé ;

(ii) renforcement de la gestion partenaire du système éducatif ;

(iii) amélioration de l’efficacité de la gestion des ressources ;

(iv) appui aux collectivités décentralisées pour la mise en œuvre et le suivi-évaluation des actions de réduction de la pauvreté;

(v) renforcement des capacités du Ministère de l’Éducation en matière d’élaboration des stratégies, de programmation et de gestion

4. Suivi-évaluation de la mise en œuvre du DSRP

4.1 Cadre institutionnel de mise en œuvre du DSRP-Éducation

4.1.1 Principes généraux

Le programme de réduction de la pauvreté dans le sous-secteur de l’Éducation de base a été conçu dans l’optique de la décentralisation. Dans ce contexte, les structures du Ministère de l’Éducation Nationale se chargeront d’assurer la coordination et l’appui à la mise en œuvre des actions par les collectivités décentralisées selon le principe de la subsidiarité. Ainsi, les actions relevant de l’enseignement primaire seront mises en œuvre par les  communes et celles relevant du secondaire seront l’affaire des conseils généraux.

4.1.2 Dispositif de suivi : Un comité interministériel de pilotage présidé par le Ministre de l’Éducation

4.1.3 Missions : examiner, à l’occasion des revues annuelles et de la revue à mi-parcours, les progrès réalisés par le programme, la cohérence des actions avec la politique éducative, l’utilisation des ressources, etc., à la lumière des documents produits par les structures de coordination.

Mécanisme de suivi ; Système d’Information de Gestion de l’Éducation (SIGE)

4.1.4 Dispositif de mise en œuvre : Comités départementaux au sein des Conseils généraux et communaux au sein des communes.

5. Conclusion

Au total, l’enseignement de base demeure une priorité de la politique éducative. Désormais, tout le processus de la planification éducative reposera sur les collectivités locales qui bénéficieront d’un appui technique de l’administration centrale. Enfin, les besoins financiers du programme de développement de l’éducation tels que définis à travers le DSRP nécessitent la mise en synergie de la contribution de tous (État, collectivités locales, partenaires au développement, ONG, associations, secteur privé, etc.) et bailleurs de fonds pour mobiliser les moyens nécessaires à sa mise en œuvre.

 

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