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LE CADRE STRATEGIQUE DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE :
L’EXPERIENCE DU BURKINA FASO

Mme Kaboui Jeannine
Direction des Études et de la Planification,
Ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur
et de la Recherche Scientifique, Ouagadougou, Burkina Faso

 

1. Introduction

Le Burkina a enregistré au cours de ces dernières années de remarquables performances macroéconomiques, affichant un taux de croissance réelle de l’ordre de 5% durant la période 1994-1999 contre 3 % sur la période 1980-1993. En dépit d’une importante détérioration des termes de l’échange entre 1997 et 1999, le taux de croissance a été maintenu à 5, 6% en moyenne. Cette augmentation du produit intérieur brut (PIB) a été obtenue au prix de l’adoption et de la mise en œuvre de programme de stabilisation et de réformes structurelles soutenues par l’ensemble de la communauté des partenaires au développement, et visant à améliorer la gestion des finances publiques, libéraliser l’économie nationale et tirer profit d’une grande ouverture sur l’extérieur.

1.1 Performances macroéconomiques et persistance de la pauvreté

En dépit des importants progrès économiques, la population burkinabé est demeurée extrêmement pauvre. La proportion des pauvres enregistre une légère hausse entre 1994 (44, 5 %) et 1998 (45, 3 %). Le produit intérieur brut (PIB) par habitat est de 220 dollars par an. L’indicateur de développement humain durable est l’un des plus faibles au monde : 0, 304 en 1997.

Malgré d’importants efforts consentis pour promouvoir les services sociaux essentiels de base, le Burkina souffre toujours d’un large déficit social :

- le taux de croissance rapide de la population (2,8 %) par an

- la faiblesse de la productivité du travail notamment dans le secteur agricole qui emploie 80 % de la population active,

- le taux de scolarisation est l’un des plus faibles de la sous région (41 %) en 1998-1999 au primaire dont 35 % pour les filles. La situation sanitaire se caractérise par une morbidité et une mortalité très élevées imputables aux maladies infectieuses et parasitaires et à l’expansion rapide de l’infection au VIH.

- la situation en matière d’approvisionnement en eau reste insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins des populations,

- le niveau de couverture des besoins nutritionnels reste encore bas, se situant à 2 300 cal en 1996.

- la femme demeure encore victime des préjugés et des pratiques rétrogrades et reste insuffisamment impliquée dans les activités de la vie publique nationale.

Cette situation de déficit social, d’extrême pauvreté constitue un handicap majeur à toute initiative de développement durable. C’est pourquoi le gouvernement a décidé avec la participation des différentes parties prenantes, d’élaborer le présent cadre stratégique de lutte contre la pauvreté au Burkina Faso (CSLP).

1.2 Nécessité d’une croissance plus ambitieuse fondée sur l’équité

La préoccupation essentielle du gouvernement à travers le CSLP est de : centrer la stratégie de développement économique sur un meilleur impact des politiques publiques et sur la nécessité d’accroître le pouvoir d’achat des populations les plus défavorisées et de leur offrir un meilleur cadre d’épanouissement social. Cependant cette politique économique doit aboutir à une croissance équilibrée pour lutter contre la pauvreté et les inégalités.

1.3 Cadre stratégique de réduction de la pauvreté

Le CSLP est un document cadre qui vise à énoncer les objectifs prioritaires de développement fixés par le gouvernement. Il est le reflet des choix essentiels menés au niveau des secteurs prioritaires. Le gouvernement envisage de le mettre à jour chaque année, ceci pour tenir compte des leçons de la mise en œuvre des politiques publiques, des résultats et du volume des moyens disponibles.

1.4 Programmes et axes stratégiques du CSLP

Le grand défi auquel fait face le Burkina Faso est de réduire le niveau de pauvreté de ses populations, leur vulnérabilité face aux crises de toutes natures, et l’inégalité entre les régions et groupes socioéconomiques. Pour ce faire, la stratégie de réduction  de la pauvreté a pour ambition de concilier les nécessités de réformes structurelles et le redressement de l’économie aux objectifs d’accroissement des revenus des pauvres et de transferts aux plus démunis. Conscient du caractère limité des ressources dont il pourrait disposer et soucieux de réalisme dans son approche, le gouvernement a énoncé ses priorités de développement en matière de lutte contre la pauvreté. Il s’agira d’abord de s’attaquer au déficit social, à la sécurité alimentaire et à l’accès des pauvres à l’eau potable.

Pour réduire l’incidence de la pauvreté, la croissance économique devra être plus forte. L’accélération de cette croissance devra :

- créer les conditions de l’amélioration des conditions de vie des populations notamment les plus démunies,

- améliorer l’impact et l’efficience des politiques publiques avec une focalisation sur les secteurs sociaux,

- s’appuyer sur une gestion rationnelle des ressources naturelles,

- s’appuyer sur l’instauration d’une meilleure gouvernance et d’une meilleure coordination de l’aide publique au développement.

La réalisation des objectifs du cadre stratégique s’articulera autour de quelques programmes organisés en quatre axes stratégiques pour lesquels les actions prioritaires sont envisagées :

Axe 1 : accélérer la croissance et la fonder sur l’équité

Axe 2 : garantir l’accès des pauvres aux services sociaux de base

Axe 3 : élargir les opportunités en matière d’emploi et d’activités génératrices de revenus pour les Pauvres

Axe 4 : promouvoir la bonne gouvernance

A la suite d’une large consultation le CSLP fut approuvé. Les membres du comité interministériel ont fait la synthèse de l’ensemble des idées et avis recueillis à travers le pays constituant le présent CSLP.

 2. Caractéristiques de la pauvreté au Burkina Faso

2.1 Définition et perception de la pauvreté

La pauvreté est un concept multidimensionnel. Elle regroupe en plus du revenu monétaire d’un individu, son aptitude à jouer un rôle actif au sein de la communauté ou sa capacité à prendre lui-même les rênes de sa vie. Ainsi elle tient compte de plusieurs indicateurs tels que : le niveau d’éducation, de santé, de nutrition, de logement, d’accès à l’eau potable et à la terre.

La pauvreté économique est perçue au niveau individuel par la non satisfaction des besoins essentiels tels que l’alimentation, l’habillement et le logement. Au niveau collectif elle se traduit par l’absence des facteurs naturels favorables, la famine, la situation d’épidémie, l’absence d’un environnement sécurisant, le manque d’infrastructures sociales (écoles, marchés, dispensaires) l’enclavement de certaines zones et la faiblesse des moyens de transport.

2.2 Niveau monétaire de pauvreté

Le seuil de pauvreté est estimé à 72 690 CFA et la ligne de pauvreté en terme calorifique est de 2 300 cal/pers/an. La proportion de la population burkinabé vivant en dessous de cette ligne est établie à 45,3 %. Le niveau moyen mensuel des dépenses/ ménage s’élève à 62 613 CFA dont l’alimentation occupe 52, 2 %, et l’énergie 20, 2 %.

2.3 Répartition de la pauvreté

La pauvreté est plus accentuée au nord, centre nord et centre est, nord-ouest et l’est qu’au centre et à l’ouest Elle est plus accentuée chez les agriculteurs vivriers (51,5 %). La vulnérabilité des agriculteurs et des éleveurs est plus grande. L’agriculture est la principale source de revenu (80%) de la population et la principale source de croissance de l’économie nationale. Elle est de subsistance à faible productivité et est à la base de l’insécurité alimentaire.

 

 

2.4 Services essentiels de base et pauvreté

2.4.1 Education et pauvreté

Ces dernières années la politique éducative a permis d’accroître le niveau de l’éducation au Burkina Faso, cependant, les problèmes importants demeurent à savoir :

- l’insuffisance de ressources allouées à l’éducation : 21, 6 % des dépenses publiques, 2, 8 % du PIB contre 4 % des pays de l’Afrique de l’Ouest

- le taux de rétention est bas 60 % contre 67 % pour les pays  d’Afrique francophone ;

- le taux de redoublement est élevé, dû au système éducatif ;

- le taux d’abandon est élevé ;

-  la pandémie du sida minore les résultats.

Compte tenu de ces difficultés, le taux de scolarisation est de 41 % au primaire et de 11, 4% au secondaire.

2.4.2 Santé et pauvreté

Les indicateurs de santé placent le Burkina parmi les plus défavorisés,

- l’espérance de vie à la naissance est de 54 ans,

- la mortalité juvénile est de 219 pour mille et la mortalité maternelle est de 930 pour 100 000 naissances.

- Plus d’un tiers des enfants souffrent de malnutrition,

- 7% de la population est affecté par l’épidémie du Sida,

- environnement insalubre entraînant des maladies comme la diarrhée, les infections respiratoires aiguës, le paludisme,

- l’utilisation des services de santé est insuffisante,

- la couverture vaccinale chez les enfants de 0-11 ans est encore basse,

- l’utilisation des services curatifs de base est faible : 0,2 visite par personne,

- la prévalence contraceptive est de 5 % seulement,

- l’utilisation des moustiquaires imprégnées ou non est basse,

- la proportion des femmes ayant accouché dans une formation sanitaire a baissé de 43 % en 1993 à 27 % en 1999.

Le milieu rural utilise moins les services de santé que les zones rurales.

Les ressources affectées à la santé passe de 7 % en 1993 à 12 % en 1998. Elles sont cependant insuffisantes en raison de l’augmentation du coût des consommables. La distribution de ces ressources est déséquilibrée en faveur des niveaux centraux et des zones urbaines.

2.4.3 Eau potable

La situation en matière d’approvisionnement en eau potable se caractérise par un taux de couverture insuffisant. En ce qui concerne l’hygiène et l’assainissement, la situation est encore préoccupante, surtout en milieu rural accentuant les risques de mortalité et de morbidité.

2.4.4 Cadre de vie

La qualité du logement est médiocre rendant l’habitat rude. L’électricité, facteur important du changement du mode de vie, est peu accessible. En milieu rural moins de 1% des ménages y avaient accès en 1994 et aucun progrès n’a été enregistré. 34 % des ménages urbains ont une habitation équipée de service électrique et 63 % s’éclairent à la lampe à pétrole.

2.4.5 Femmes et pauvreté

Les femmes connaissent un retard scolaire entraînant leur faible participation au niveau du secteur moderne : l’administration publique, 21 % des effectifs, les sociétés privées du secteur moderne 5%. Elles sont peu représentées au parlement et au sein du gouvernement.

Leur situation sanitaire se caractérise par une morbidité et une mortalité encore plus élevées. 72 % des cas de décès maternels sont dus aux hémorragies et aux infections. 55 % des femmes enceintes sont anémiées, seulement 38,4 % des femmes enceintes subissent une consultation prénatale. Le taux de mortalité prénatale est de 126 pour mille en 1995.

Les facteurs explicatifs de cette situation sanitaire relèvent en plus de l’ignorance et de la pauvreté, du fardeau des activités domestiques ainsi que des pratiques traditionnelles néfastes, de l’insuffisance des mesures d’assainissement et de fourniture d’eau potable. Les femmes pratiquent des activités à faible productivité en raison des difficultés d’accès au crédit.

Elles subissent une discrimination sociale. Elles sont moins alphabétisées (12,9 %) que les hommes (24,8 %). Cela est dû à la pauvreté. Ainsi les femmes ont un accès limité aux soins de santé, aux opportunités d’emplois et de crédit, et participent moins à la vie politique nationale et à la prise de décision.

2.4.6 Autres déterminants de la pauvreté

2.4.6.1 Accès des pauvres à la terre

La terre, ressource productive agricole, patrimoine foncier et cadre d’épanouissement, contribue à l’amélioration du bien-être des ménages pauvres. Cependant son accès est difficile aux pauvres. Les textes portant réorganisation agraire et foncière (RAF) ont fait l’objet de plusieurs relectures pour tenir compte de l’évolution des réalités nationales

2.4.6.2 Accès des pauvres au capital productif, à l’emploi et aux services financiers

Des instruments de financement ont été mis en place pour financer un certain nombre de projets et créer des emplois. Cependant, ils restent limités dans leurs capacités à répondre aux besoins de leur public cible, il faut alors augmenter l’offre de micro financement afin de proposer une gamme variée d’activités essentielles pour la promotion des conditions de vie des pauvres, la satisfaction de leur besoins essentiels de base et le renforcement des capacités.

2.5 Conclusion

La pauvreté au Burkina, outre les facteurs écologiques, est due à :

- une économie peu compétitive, croissant à un taux modeste qui ne permet pas de dégager des revenus, de créer des emplois et d’assurer la fourniture des services sociaux et économiques de base ;

- une population peu alphabétisée,  peu scolarisée, bénéficiant de peu de soins et soumise au risque du sida ;

- une faible efficacité des services publics et une coordination insuffisante de l’aide extérieure.

La réduction de la pauvreté passe essentiellement par une réduction de la pauvreté de la population vivant en milieu rural qui représente plus de 94 % de la population pauvre du Burkina. Cette réduction doit résulter d’une croissance des revenus du monde rural et de l’amélioration de ses conditions de vie. L’importance des femmes dans ce processus de croissance ne doit pas être sous-estimée. Ce soutien à la croissance du monde rural se traduit par un plus grand accès aux facteurs de production tels que la terre, le crédit, les technologies et l’information et à des plus grands investissements en infrastructure. En même temps les conditions d’accès aux services sociaux de base tels que l’eau, la santé, l’éducation doivent être une priorité de la stratégie de lutte contre la pauvreté.

3. Perspectives de développement et priorités nationales

La vision du développement consignée dans le CSLP reste celle énoncée dans la Lettre d’Intention de Politique de Développement Humain Durable (LI PDHD) qui a pour finalité de centrer la stratégie de développement du pays sur le concept de sécurité humaine. Le gouvernement s’est fixé pour les prochaines années des orientations.

3.1 Objectifs globaux de développement

- Renforcer les actions visant à réduire l’état de pauvreté et de vulnérabilité des populations ainsi que les différentes disparités ;

- Poursuivre les politiques macroéconomiques de qualité en vue de réaliser une croissance forte, durable et mieux repartie ;

- accélérer et renforcer le processus de décentralisation et les actions de modernisation de l’administration publique ;

- réussir l’insertion du pays dans le processus de mondialisation et d’intégration régionale.

Les objectifs quantitatifs majeurs poursuivis par le gouvernement au cours des années à venir sont : accroître le produit intérieur brut (PIB) par habitant d’au moins 3% par an entre 2000 et 2002 et de 4 à 5 % à partir de 2003 ; réduire l’incidence de pauvreté de 45 à 30 % à l’horizon 2015 ; et améliorer l’espérance de vie d’au moins dix ans.

3.2 Objectifs sectoriels de développement

Pour atteindre ces objectifs globaux de développement le gouvernement s’est assigné des objectifs sectoriels dans les domaines prioritaires qui sont :

3.2.1 Education    

La politique globale de développement à l’horizon de l’année 2010 repose sur 2 principes ; augmenter la couverture d’éducation de base en vue de l’éducation universelle tout en améliorant sa qualité, et s’assurer que le développement du système éducatif satisfasse la demande en main d’œuvre éduquée et que les sortants répondent aux besoins de l’économie.

3.2.1.1 L’enseignement de base

l accroître le taux de scolarisation primaire de 40-70 % et celui des filles de 35 à 65 % pour avoir un gain de productivité de 24 à 55 %,

l accroître le taux d’alphabétisation  de 22 à 40 % à coût réduit,

l développer l’éducation  de la petite enfance,

l offrir une éducation bilingue et une formation professionnelle aux jeunes non scolarisés et déscolarisés à coût réduit,

l améliorer la qualité des apprentissages et d’enseignement,

l renforcer la capacité de gestion des écoles, inspections et des régions.

Il est donc prévu à l’horizon 2010 que le nombre des jeunes scolarisés passera de 800 000 à 1 800 000 soit une augmentation de 123 %. Le gouvernement a décidé de définir une stratégie nationale de développement rural décentralisé

3.2.1.2  L’enseignement secondaire

Les perspectives d’expansion sont :

- accroître le taux de scolarisation de 11, 4 à 25 % ;

- augmenter l’effectif de 71 % au premier cycle, de 78 % au second cycle de l’enseignement général et, de 116 % de l’enseignement technique ;

- renforcer et compléter les acquis de l’enseignement de base ;

- identifier et développer les potentialités et compétences et apporter un appui à l’orientation professionnelle future ;

- préparer l’élève à l’emploi.

3.2.1.3 L’enseignement supérieur

- augmenter les effectifs de 50 % ;

- fournir au pays des cadres et techniciens supérieurs ;

- former des enseignants et chercheurs créatifs.

3.2.2 La santé

La lettre du gouvernement relative au développement du secteur santé primaire fixe les objectifs suivants :

- améliorer la couverture sanitaire en décentralisant la provision et la gestion des services au niveau des districts de santé ;

- améliorer la qualité des services de santé ;

- assurer la disponibilité des médicaments essentiels à des prix abordables ;

- assurer la formation de base, continue et professionnelle des personnels de santé ;

- encourager l’implication du secteur privé à répondre aux besoins de santé

- renforcer la participation des usagers et communautés dans la gestion de la santé et rendre

- comptables les prestations pour les résultats obtenus.

 Les résultats  attendus sont : réduire le taux de mortalité infantile et maternelle,  le taux de naissances etc…

3.2.3 Eau potable

L’objectif en matière d’approvisionnement en eau potable consiste à :

- accroître le taux de couverture en matière d’adduction d’eau potable pour réduire les disparités entre provinces,

- accroître l’équipement des centres secondaires,

- réduire le taux de panne des pompes à motricité humaine,

- améliorer l’accès à l’eau potable par la création de nouveaux points d’eau.

3.2.4 Agriculture et l’élevage

Le Burkina a adopté en 1999 une stratégie de croissance durable de l’agriculture et un plan stratégique opérationnel (PS0) pour sa mise en œuvre. La stratégie de développement agricole se fixe les grands objectifs suivants :

- accroître de 5 à 10 % la production agricole au cours des 10 prochaines années,

- contribuer à la croissance des revenus des exploitants agricoles et des éleveurs d’au moins 3 % par an,

- créer des conditions favorables à la disponibilité et à l’accessibilité des populations à une alimentation suffisante et équilibrée,

- généraliser et renforcer la gestion durable des ressources naturelles par les communautés rurales.

Le plan d’action élevage vise à :

- accroître la production et la productivité des ressources naturelles du pays

- offrir les conditions possibles à la prise en charge du développement par le secteur privé et les organisations d’éleveurs ;

- recentrer le rôle de l’Etat dans les tâches régaliennes et lui assurer les moyens d’améliorer ses actions dans le cadre de la décentralisation.

4. Stratégie de lutte contre la pauvreté

La stratégie globale du gouvernement pour la réduction de la pauvreté au Burkina Faso repose sur 7 grands principes et sur 4 axes stratégiques.

4.1 Les grands principes de la stratégie de réduction de la pauvreté

4.1.1 Le recentrage du rôle de l’Etat

L’intervention publique sera toujours guidée par le souci de suppléer les défaillances du marché dans l’allocation des ressources et rechercher l’équité sociale. Il encouragera l’initiative privée. Il jouera un rôle régulateur et distributeur notamment dans les secteurs sociaux à travers l’instrument budgétaire et fiscal.

4.1.2 La gestion durable des ressources naturelles

Face à l’exploitation abusive des ressources naturelles la stratégie de réduction de la pauvreté sera basée sur la recherche d’un équilibre entre les besoins de la population et une gestion durable des ressources disponibles.

4.1.3 La promotion d’un nouveau partenariat avec les bailleurs de fonds

Au lieu d’un programme parallèle, les bailleurs insèreront leur appui dans la stratégie définie par l’Etat. Ils seront associés à l’évaluation des résultats.

4.1.4 La promotion d’une bonne gouvernance

A travers des mesures complémentaires la stratégie est basée sur la consolidation de la démocratie et la recherche d’une meilleure transparence dans la gestion budgétaire et des affaires publiques.

4.1.5 La prise en compte de la dimension genre

Le gouvernement considère la participation de la femme au processus de développement comme un élément déterminant dans sa stratégie de développement.

4.1.6 La réduction des disparités régionales

Pour réduire un écart de développement entre les régions du pays en matière de potentialités, de revenus et d’accès aux services sociaux de base la stratégie vise à renforcer les capacités de développement local et consolider le processus de décentralisation régionale.

4.1.7 La prise en compte de la dimension régionale

Le processus d’intégration régionale constitue une opportunité pour le développement du pays. La stratégie vise à renforcer les mesures d’accompagnement et de solidarité régionale permettant d’assurer une cohérence entre les politiques nationales et régionales en matière de lutte contre la pauvreté.

4.2 Stratégie globale de réduction de la pauvreté

4.2.1 Axe1: Accélérer la croissance et la fonder sur l’équité

L’objectif de croissance retenu pour la période 2000- 2004 est d’atteindre un taux moyen de l’ordre de 7 à 8 %. Ce qui pourrait permettre grâce à un taux de croissance du PIB par tête d’environ 4 à 5 % par an de doubler le revenu par tête dans moins de 15 ans.

4.2.1.1 Maintenir un cadre macro économique stable

Les actions et les réformes nécessaires pour atteindre ces objectifs porteront sur la poursuite des efforts d’assainissement du cadre macro économique à travers le maintien d’une politique budgétaire prudente et ciblant le développement des infrastructures économiques et les services sociaux de base et la mise en œuvre d’une politique fiscale plus incitative.

Dans le cas du Burkina Faso l’investissement massif dans les ressources humaines et dans les infrastructures de base permettrait d’accroître la productivité globale des facteurs. Cet investissement ne pourrait être réalisé que par une aide extérieure.

4.2.1.2 Accroître la compétitivité de l’économie et réduire les coûts des facteurs

L’accélération de la croissance et la diversification des activités économiques exigent une augmentation de la productivité du travail et du capital. Pour renforcer les capacités humaines le Burkina Faso accorde la priorité à l’éducation dans sa stratégie de croissance. Elle améliore la santé et induit des comportements plus favorables à la préservation de l’environnement et au renforcement de la bonne gouvernance.

La formation professionnelle constitue un élément essentiel pour améliorer la productivité, encourager l’investissement privé et attirer les capitaux étrangers, favoriser le transfert de la technologie et l’adaptabilité de la concurrence des entreprises aux changements liés à la mondialisation.

Pour accroître la compétitivité les réformes et actions porteront sur :

-  l’accroissement du taux brut de scolarisation primaire,

-  l’accroissement du taux brut d’alphabétisation,

-  le développement de la formation professionnelle,

-  l’amélioration de l’efficacité de l’investissement public,

-  l’accélération du développement du marché financier.

 Pour réduire les coûts des facteurs, les réformes et les actions du gouvernement porteront sur :

- la mise en œuvre des différentes mesures de réforme globale de l’administration publique (moralisation, dynamisation des corps de contrôle) ;

- l’accélération de la réforme de l’appareil judiciaire ;

- la mise en œuvre des textes d’orientation de la décentralisation ;

- la formation des élus locaux ;

- le renforcement du rôle de la société civile en tant que contre pouvoir ;

- l’appui aux initiatives de mise en place de réseau nationale de lutte contre la corruption.

4.2.1.3 Appuyer les secteurs productifs

L’agriculture reste le secteur dominant de l’activité économique au Burkina, contribuant pour 32 % au PIB assurant des emplois et des revenus à plus de 80 % des ruraux, procurant 60 % des recettes d’exportation et absorbant en moyenne 30 à 35 % du programme d’investissement public. La croissance économique reposera sur un dynamisme accru du secteur des exportables dans l’agriculture (coton, fruits et légumes) et dans l’industrie (agroalimentaire, la tannerie des peaux et la filature du coton). Les mines, le tourisme et l’économie extraterritoriale constitueront aussi des sources importantes de devises pour le pays. Progressivement avec la mise en œuvre de réformes visant à dynamiser le secteur de télécommunications, le Burkina se positionnera comme une économie de services, l’objectif étant de profiter de l’intégration régionale pour devenir le carrefour des économies d’Afrique de l’Ouest. Les actions à mettre en œuvre pour les différents secteurs sont les suivantes :

a)  Agriculture et élevage

Les exportations de l’agriculture et de l’élevage seront les principaux générateurs de croissance pour l’économie burkinabé. Les exportables sont importantes pour accroître le PIB mais il convient également de mettre l’accent sur les non exportables (céréales de base…) en raison de leur lien fort avec l’économie locale. Pour les raisons de sécurité alimentaire et d’équilibres nutritionnels en zone rurale comme urbaine, la production céréalière devra être encouragée.

Dans ces perspectives, la stratégie de l’Etat consistera à poursuivre son désengagement des activités de production et de commercialisation tout en renforçant son rôle d’appui conseils aux opérateurs privés et engageant des efforts pour développer les infrastructures d’appui au secteur (transport, eau) et pour améliorer la qualité des ressources humaines (éducation de base, encadrement technique et commercial).

Le passage à une agriculture plus mécanisée et plus intensive s’appuie selon le gouvernement sur la professionnalisation du secteur par une meilleure organisation des acteurs et des marchés, l’amélioration de leurs capacités d’intervention et l’assainissement de l’environnement économique dans lequel ils évoluent. Pour cela l’Etat a entrepris des réformes visant à :

- créer un cadre juridique approprié à émergence d’organisations professionnelles agricoles OPA

- appuyer les OPA pour mettre en place une chambre d’agriculture efficace;

- former les membres des OPA pour améliorer leur productivité;

- créer un cadre incitatif à l’initiative privée dans les domaines de l’équipement, l’aménagement ; l’approvisionnement, la production et la commercialisation favorisant ainsi les investissements privés dans le secteur agricole ;

- assainir les circuits commerciaux des intrants et des produits agricoles ;

- mettre en place un cadre réglementaire favorisant l’agriculture contractuelle.

Des actions plus spécifiques seront engagées au niveau des différentes filières.

Pour les cultures céréalières les perspectives sont bonnes, cependant, il faut assurer une meilleure organisation de la logistique et de la distribution en vue de réduire les coûts de distribution et faciliter l’accès des grossistes au crédit.

Pour le coton, accroître la superficie cultivée et pratiquer une politique incitative en relevant les prix aux producteurs.

Pour les fruits et légumes : haricots verts, tomates, mangues, carottes, fraises, l’accent doit être mis sur la recherche et la formation des producteurs et la commercialisation.

Pour les cultures oléagineuses, des mesures seront prises pour améliorer la qualité et pour faciliter la commercialisation.

Le karité connaît un regain d’utilisation. Des mesures seront prises pour améliorer la qualité et organiser la commercialisation.

Au niveau de l’élevage traditionnel les perspectives de croissance passent par des actions suivantes :

- un aménagement du parcours des animaux ;

- une meilleure intégration des activités agropastorales et un accroissement du disponible fourrager ;

- la promotion de l’alphabétisation des pasteurs ;

- la promotion d’un cadre incitatif pour le secteur privé ;

- améliorer le transport du bétail.

Pour l’élevage commercial :

- un meilleur encadrement technique des producteurs ;

- la fourniture des services vétérinaires de qualité ;

- la mise en place des moyens de financement.

b) Le secteur minier

Pour lever les contraintes qui freinent l’expansion de ce secteur, un code minier plus attractif pour l’investisseur et un cadre réglementaire assurant la protection de l’environnement sera mis en place. Des actions de diffusion des informations seront poursuivies à travers les forums sur les possibilités d’investissement.

c) L’industrie

De nouveaux segments industriels seront développés grâce aux petites et moyennes entreprises (PME) destinées à l’exportation. La stratégie vise à :

- créer un climat plus propice aux PME ;

- exploiter les opportunités de conquêtes de nouveaux marchés extérieurs ;

- améliorer l’efficacité des programmes d’appui au secteur privé ;

- lutter contre la fraude, la corruption ;

- renforcer le cadre judiciaire des affaires.

d) Le tourisme

Pour tirer profit de sa renommée liée à des évènements culturels et artistiques et à sa réputation de peuple hospitalier, des contraintes doivent être levées. Ainsi la stratégie consiste à développer les infrastructures d’accueil et le circuit d’accès.

e) L’économie extraterritoriale

Pour réorienter le flux migratoire vers une économie à revenu plus élevé au détriment de l’Afrique de l’Ouest les actions suivantes seront menées :

- créer un climat beaucoup plus propice en restructurant le conseil supérieur des burkinabé à l’étranger

- assurer une éducation, une formation professionnelle

- développer à la longue l’exportation des biens plutôt que celle des ressources humaines.

4.2.2 Axe 2: Garantir l’accès des pauvres aux services sociaux de base

Pour assurer une croissance durable le gouvernement s’appuie sur le renforcement intensif des ressources humaines en mettant en œuvre un programme d’action dans le sens de l’amélioration de l’accès des pauvres aux services sociaux de base.

4.2.2.1 Promouvoir l’accès des pauvres aux services d’éducation

a) Politique éducative

Pour étendre la couverture d’éducation de base tout en améliorant la qualité et assurer le développement du système pour satisfaire la demande en main d’œuvre qualifiée, des mesures seront mises en œuvre :

- maîtriser le cadre financier du programme décennal

- maîtriser le cadre institutionnel

- mener des actions concrètes au profit des pauvres.

b) Alphabétisation

La pauvreté étant accentuée en milieu rural, le développement de l’éducation de base notamment l’alphabétisation est un élément déterminant de la stratégie de réduction de la pauvreté.

Le programme prévoit :

- la mise en œuvre de projets économiques destinés aux femmes ;

- la mise en œuvre d’un centre permanent d’alphabétisation et de formation, d’éducation de base non formelle ;

- intégration d’action d’alphabétisation au sein d’activités et services.

c) Post primaire

La perspective du programme pour les prochaines années est la poursuite de la politique du développement de la scolarisation primaire en quantité et qualité, mais aussi de permettre un développement des niveaux post-primaires. Il s’agit de viser un meilleur équilibre d’ensemble du système, de répondre aux aspirations de la population et d’avoir des bases pour répondre aux besoins de développement du secteur de l’emploi moderne.

4.2.2.2 Promouvoir l’accès des pauvres aux services de santé

Les mesures spécifiques de lutte contre la pauvreté dans le secteur santé s’articulent autour de 3 sous-axes :

a) Améliorer les indicateurs de santé des plus pauvres

La stratégie adoptée consiste à :

- accroître l’offre de santé par le programme élargi de vaccination, l’élimination de maladie, la promotion de la santé de la femme et de l’enfant et la lutte contre les infections ;

- poursuivre la surveillance épidémiologique ;

- normaliser les infrastructures autorisées ;

- optimiser les ressources humaines en milieu rural ;

- poursuivre la lutte contre les IST et VIH/Sida.

b) Protéger les démunies par la politique visant à rendre abordables les soins essentiels

         Les mesures suivantes sont adoptées :

- mise à la disposition des médicaments essentiels, des vaccins du sang et test de dépistage du VIH/Sida ;

- poursuite de l’allocation des ressources budgétaires au profit des districts sanitaires ;

- réduction des prix pour l’usager des interventions préventives ;

- poursuivre la prise en charge gratuite de la tuberculose ;

- développer des mécanismes locaux de solidarité.

c) Soutenir la participation des usagers et des communautés dans la gestion et le développement des activités de santé

Reconnaissant l’alimentation et la nutrition comme des droits fondamentaux au même titre que la santé, le gouvernement envisage de mettre en œuvre un programme de surveillance nutritionnel d’information et de cartographie sur l’insécurité alimentaire, d’éducation nutritionnelle, de renforcement et de restructuration des centres spécialisés.

4.2.2.3 Promouvoir l’accès des pauvres à l’eau

Les réformes et actions porteront sur les aspects suivants :

- le renforcement de la couverture en eau potable : création de 3000 puits d’eau modernes (dont 1000 forages) réhabilitation de 500 points d’eau et l’équipement des centres secondaires en système d’adduction d’eau potable simplifiée (AEPS) ;

- l’implication des bénéficiaires dans le processus de mise en place des infrastructures et leur gestion ;

- la définition d’un cadre législatif et réglementaire incluant des  principes d’administration du secteur.

4.2.2.4 Améliorer le cadre de vie des pauvres : l’habitat

L’urbanisation accélérée du Burkina pose de nombreux problèmes dans les domaines de l’éducation, la santé, le logement, les infrastructures et les équipements. Pour améliorer l’accès des pauvres à l’habitat le gouvernement envisage de :

- mettre en place un programme de l’habitat et des établissements humains ;

- encourager le développement des matériaux locaux ;

- créer une banque de l’habitat.

4.2.3 Axe 3: Elargir les opportunités en matière d’emploi et d’activités génératrices de revenus pour les pauvres

Pour les pauvres, cela revient à créer les conditions nécessaires à une croissance accélérée dans le secteur agricole. Ce qui permettrait d’augmenter les recettes publiques pour financer les services sociaux et d’améliorer le niveau du revenu des producteurs agricoles. La stratégie vise à :

- la diminution de la vulnérabilité de l’action agricole par la gestion de la fertilité des sols, la promotion de l’hydraulique rurale, et l’amélioration de l’accès à la terre ;

- l’intensification et la modernisation de l’activité agricole par : l’amélioration de la recherche et sa liaison avec la vulgarisation, l’amélioration de l’accès aux équipements et intrants agricoles ;

- l’accroissement et la diversification des revenus par l’amélioration de l’accès au crédit, le développement de la production destinée à alimenter des marchés de proximité, l’augmentation de la compétitivité des cultures de rente et la promotion des activités génératrices de revenus et d’auto emploi ;

- le désenclavement par le programme des pistes rurales, d’électrification rurale ;

- le soutien aux organisations de producteurs et aux infrastructures collectives.

4.2.4 Axe 4 : Promouvoir une bonne gouvernance

4.2.4.1 Bonne gouvernance démocratique

La politique du gouvernement s’articule autour de 5 axes principaux.

a) L’élaboration et la mise en œuvre du plan national de bonne gouvernance

Adopté en 1998 le plan national de bonne gouvernance a pour objectif :

- mettre en place un Etat stratège, à même de jouer le rôle normatif d’orientation et d’impulsion du développement socio-économique ;

- créer un environnement incitatif à l’émergence du secteur privé ;

- promouvoir une société civile capable d’influer sur les décisions politiques et économiques.

b)  Le plan et la stratégie de la réforme du système judiciaire

Ses objectifs sont :

- affirmer le pouvoir judiciaire par des réformes d’ordre institutionnel,

- accroître et renforcer les infrastructures, les moyens humains et financiers.

c)  La réforme de l’administration publique

Il s’agit de :

- lois portant modalités d’intervention et de répartition des compétences entre l’Etat et les autres acteurs du public ;

- normes de création d’organisation et de gestion des structures publiques ;

- normes d’élaboration des programmes et rapports d’activités dans les services publics.

4.2.4.2 Gouvernance locale

La décentralisation suppose une répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités décentralisées et un renforcement de leurs capacités d’analyse et de gestion. L’accélération du processus commande :

- l’organisation des communes pour répondre aux attentes des populations ;

- la mise en œuvre des dispositions financières leur permettant d’assurer les compétences dévolues pour éviter la dégradation des services sociaux ;

- la formation des élus locaux pour les préparer aux fonctions de gestion, d’encadrement et de commandement ;

- la mise en place d’une administration locale attentive aux besoins des populations.

Dans ce processus l’amélioration de l’accès à l’information économique et sociale est nécessaire. C’est pourquoi un effort soutenu est nécessaire pour améliorer la production de l’information économique, renforcer les moyens de production et de diffusion en mettant l’accent sur les moyens modernes.

4.2.4.3 Bonne gouvernance économique

Pour une nécessité de promouvoir les valeurs de rigueur, de probité, de transparence et d’efficacité dans les affaires publiques, il faut alors une meilleure gestion des finances publiques, lutter contre la corruption, le népotisme et le clientélisme.

a) Renforcer les mécanismes de gestion et de contrôle des finances publiques

Des efforts ont été réalisés dans le domaine de la gestion des finances publiques par :

- l’établissement d’un circuit informatisé de la dépense pour le suivi des opérations comptables et financières de l’Etat ; 

- la préparation du budget programme ;

- le renforcement du mécanisme de contrôle.

b) Meilleure coordination de l’aide

Elle est nécessaire pour réussir les objectifs de croissance économique et de réduction de la pauvreté. Le succès dans la coordination de l’aide est lié aux principes ci-après :

- le respect du cadre opérationnel de référence dans lequel seront situées les interventions des bailleurs de fonds (plan, cadre etc…),

- l’effort soutenu d’harmonisation. Les bailleurs de fonds doivent œuvrer pour une grande harmonisation des recommandations en matière de réformes, de méthodes et procédures à l’exécution des projets et à 

- l’organisation des missions,

- le renforcement des capacités nationales en matière d’élaboration des stratégies, des cadres budgétaires prévisionnels et de la capacité d’absorption.

c)  Lutter contre la corruption

Des mesures efficaces ont été engagées dans ce sens à savoir :

- la publication régulière des dépouillements des marchés publics

- la mise en place d’un réseau national de lutte anti-corruption pour observer et proposer des solutions.

5. Chiffrage et financement de la stratégie

Il s’agit de l’évaluation financière des actions spécialement destinées à l’amélioration des conditions de vie des plus démunis. Le coût de ces actions estimé à environ 115,33 milliards sera principalement financé par les ressources issues de l’initiative PPTE (92,25 milliards). Il est estimé comme l’indique le tableau ci-après.

Tableau 1 : coûts additionnels des mesures de lutte contre la pauvreté

pour les secteurs prioritaires et affectation des ressources du PPTF.

(en milliards de F CFA).


6. Stratégie de suivi et d’évaluation de la pauvreté

L’amélioration de la production de l’information sera poursuivie par la consolidation et le renforcement des enquêtes déjà existantes, ainsi que des informations issues de la gestion courante des administrations.

Les efforts à déployer viseront aussi à identifier et à réaliser des enquêtes nouvelles susceptibles d’améliorer la connaissance des domaines du CSLP. Par ailleurs les indicateurs de mise en œuvre et d’impact revêtiront une importance croissante au cours des prochaines années.

Enfin un observatoire national de la pauvreté sera mis en place.

7. Conclusion

La stratégie de réduction de la pauvreté au Burkina Faso est assez volontariste. Son succès dépendra en grande partie de la capacité du gouvernement à piloter les politiques et programmes qui seront engagés.

Sa mise en œuvre nécessitera de nouvelles formes d’association des acteurs privés et des ONG dans l’exécution de certains programmes. Par ailleurs, le schéma de mise en œuvre suppose que les ressources nécessaires pour le financement de la stratégie seront disponibles dans les délais. Ceci requiert de la part des partenaires au développement la mise en place des mécanismes visant à assurer la disponibilité des ressources conformément aux convictions signées et à la programmation des décaissements arrêtés.

En contrepartie, le gouvernement prendra des mesures spéciales pour accroître la capacité d’absorption au sein de l’administration.

 

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