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Dr
Héba Nayel Barakat
Section II
Recueils de Coran et évolution de l’écriture arabe après le
premier siècle de l’Hégire
Avec le succès historique fulgurant du Livre Saint qui est
l’expression fidèle de l’ultime mission céleste telle
qu’elle fut révélée, l’engouement des croyants pour
l’acquisition du Coran n’a fait que continuer, car pour eux
la diffusion des préceptes coraniques était de nature à
contribuer à une connaissance de plus en plus profonde de
Dieu et de sa religion par les hommes.
Ainsi donc, après le premier siècle de l’Hégire, le Coran
fut voyellisé. Pour éviter toute ambiguïté dans la lecture,
on y ajouta les signes diacritiques et, par respect au
caractère sacré de ce Texte céleste, on sépara les versets
par des enluminures.
Les
documents visés ici sont :
1.
Plusieurs feuilles du Saint-Coran qui ont été conservées à
la Mosquée As-Sulaymâniyyeh sous le n° 23. Elles remontent
au IIème siècle de l’Hégire (IXème de l’ère chrétienne).
Elles ont été écrites en caractères coufiques sur des pages
en parchemin qui contiennent cinq lignes chacune. Les signes
diacritiques sont de couleur rouge et les traits noirs avec
la rosace décorative au milieu séparent les versets
(illustration n° 8)
2.
Une seule feuille du Saint-Coran (illustration n° 9). Elle
fut exposée dans un album de fragments historiques, à
l’époque des Safavides, en Perse. De nos jours, elle se
trouve à l’Académie d’Art Islamique Khalîli. Elle est
constituée de versets de la sourate «Les Fourmis» et est
écrite sur du parchemin. Sa dimension est de 13 cm x 18 cm
et renferme quinze lignes. L’écriture utilisée est le
coufique comportant des signes diacritiques noirs et rouges
qui permettent de distinguer les lettres et la flexion
désinentielle.




3.
Plusieurs feuilles du Saint-Coran dont la dimension est de
27 cm x 37 cm. Chaque page comporte quinze lignes écrites en
couleur dorée et en lettres coufiques sur du parchemin. Les
lettres portent des signes diacritiques et le texte est
encadré de traits rouges et noirs. Certaines sphères les
attribuent à l’Imâm ‘Alî. Elles existent dans des recueils
particuliers dans les pays arabes et européens. On les
trouve également à :
*
La Bibliothèque «An.Nûr Al ‘Uthmâniyya» à Istambûl
(illustration n° 10). Index n° 27. MS.
*
L’Académie d’Art Islamique Khalîlî (illustration n° 11).
Après le IIIème siècle de l’Hégire (Xème siècle de l’ère
chrétienne), la graphie du Saint-Coran a connu des
innovations comme la notation de la quiescence (absence de
la voyelle brève), la gémination, l’allongement, la liaison,
le hamza… Les types d’écriture se multiplièrent et chacun
d’eux prit le nom de la ville qui l’a vu naître, mais leurs
différences étaient anodines, sauf en ce qui concerne leur
ornementation.
C’est ainsi que l’écriture coufique se développa pour donner
naissance à une autre écriture dite «naskhi», durant le
règne des Ummeyyades. Avec l’essor de la civilisation
arabo-musulmane, d’autres types d’écriture furent leur
apparition, comme le coufique enluminé qui se répandit au
Caire. Les Mamluks eurent leur propre écriture. En Turquie,
on inventa l’écriture dite «diwânî» qui devait traduire la
puissance et le goût d’ostentation de l’Empire Ottoman. En
Perse, on a vu se développer l’écriture dite «nesta’liq»
sous l’impulsion de Mîr ‘Alî At-Tabrîzî et de bien d’autres
calligraphes du IXème et du Xème siècles de l’Hégire (XVème
siècle et XVIème siècle de l’ère chrétienne).
Illustrations de graphies anciennes :
*
Feuille du Coran, en écriture coufique avec signes
diacritiques et enluminures, datant du IIIème siècle de
l’Hégire (illustration n° 13).

*
Feuille du Coran, en écriture coufique de forme oblique,
provenant d’Irak. Cette feuille renferme les deux sourates
«Le Caillot de sang» et «Le Destin». Elle est embellie par
des ornements convenablement disposés. On peut y remarquer
l’emploi de la quiescence, de la gémination et de
l’allongement (illustration n° 14). Tirée du Coran écrit en
1092 de l’Hégire, cette feuille se trouve à Téhéran
(collection de Mehdi Kachânî).

*
Pages du Saint-Coran en écriture marocaine, datant de l’an
1142 de l’Hégire (1730 de l’ère chrétienne) et destinées au
Sultan du Maroc. Elles se trouvent actuellement à la
Bibliothèque «Dâr Al Kutub Al-Misriyya» au Caire
(Département des Manuscrits : recueils du Coran 25). Ces
pages renferment les deux sourates «Le Secours divin» et «La
Corde» et sont savamment embellies. (Illustration n° 15).

*
Feuille provenant d’Iran, en écriture coufique orientale, et
renfermant la sourate «Les Troupeaux», en lettres et encre
dorées. Cette feuille fut achetée aux enchères de chez
«Sotheby’s» en 1980 (Lot N° 159 et existe de nos jours dans
la collection de Hâchem Khasrophânî). (Illustration n° 16).
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