Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

 

Dr Abdel Aziz Chahbar
Section II
Les documents à la disposition de l’Humanité contemporaine qui permettent de déterminer les contours de la mission
 

De la composition de l’Evangile :

Dans l’Evangile de Marc (1 : 14-15), on lit ceci :

«Après que Jean eut été mis en prison, Jésus se rendit en Galilée; il y proclamait la Bonne Nouvelle venant de Dieu. «Le moment fixé est arrivé, disait-il, car le Royaume de Dieu s’est approché ! Changez de comportement et croyez à la Bonne Nouvelle !»(42)

Dans «Les Romains» (Chapitre 1), on lit ceci :

«C’est sans crainte que j’annonce la Bonne Nouvelle : elle est en effet la force dont Dieu se sert pour sauver tous ceux qui croient, les Juifs d’abord, mais aussi les non-Juifs. En effet la Bonne Nouvelle révèle comment Dieu rend les humains justes devant lui : c’est par la foi seule, du commencement à la fin, comme l’affirme l’'Ecriture : Celui qui est juste par la foi, vivra»(43).

Dans son ouvrage «Al faslu fî al milali wa annihali», Ibn Hazm écrit ceci : «Nous n’avons pas besoin d’user d’arguments pour prouver que les Evangiles et l’ensemble des Livres des Chrétiens ne sont pas des Révélations de Dieu, ni même de Jésus (que la paix soit sur lui). Quant aux Chrétiens, ils ont été conséquents avec eux-mêmes, car ils n’ont jamais prétendu que les Evangiles ont été révélés à Jésus par Dieu, ni que Jésus les leur a révélés. Ils sont tous d’accord, toutes tendances confondues (Ariens, Nestoriens, Maronites, Jacobites …) pour dire qu’il y a en tout quatre Livres écrits par quatre personnes à des époques différentes(44).

Les sources occidentales affirment l’inexistence des sources premières écrites par jean, Rue, Mathieu et Marc. Les Evangiles qui leur sont attribués n’ont pas été rédigés par eux(45).

Avant de nous étendre sur ces quatre Evangiles, nous voudrions rappeler qu’ils ont tous été soumis, à travers leur histoire, à cinq types de critiques :

1. La critique historique

Dans la critique historique, les chercheurs ont analysé les événements rapportés dans les Evangiles et les ont comparés. Les résultats auxquels ils sont arrivés démontrent que le contenu des textes évangéliques reflète la mentalité et les représentations de leurs auteurs, eu égard à leurs connaissances très réduites qu’ils avaient de la science historique.

2. La critique philologique

La critique philologique a adopté une méthodologie particulière dans la compréhension de la langue des auteurs des Evangiles et la comparaison de cette langue avec les données propagées par la philologie des langues dominantes, à l’époque où ces Evangiles ont été composés.

Cette critique a, de même, mis l’accent sur l’interrogation à propos de la langue de Jésus et sur la capacité de la langue grecque à traduire le discours araméen, surtout que la plupart des études faites dans ce domaine affirment que Jésus parlait l’araméen et qu’il a appris le latin à une époque où la langue et la culture helléniques étaient dominantes.

Ce type de critique a permis de comparer la langue des textes évangéliques avec les langues de ceux qui les ont conçus à des époques antérieures, surtout que les significations de certains vocables, au sein d’une même langue, n’étaient pas les mêmes d’une province à une autre.

3. La critique rationaliste

La critique rationaliste a démontré certaines vérités que l’exégèse n’arrive pas à rendre compatibles avec la raison. Ce type de critique a eu recours à des données de l’Histoire, de l’histoire des langues grecque et araméenne ainsi que du patrimoine culturel de l’Orient antique et des mondes hellénique et romain.

4. La critique dite standard

La critique dite standard a eu besoin de données externes en vue de confirmer la compatibilité ou la non-compatibilité des textes évangéliques avec les convictions spirituelles et éthiques adoptées par les sectes chrétiennes.

5. La critique des savants musulmans

Si les types de critiques bibliques susmentionnées s’appuient sur le texte évangélique en vue de le plier à la raison ou de confirmer les données qu’il charrie ou de justifier, le cas échéant, son contenu, il faut souligner ici qu’un intérêt particulier a été accordé aux Textes de l’Evangile par les savants musulmans tels que Ibn Al Qayyim Al-Jawziyya, Al Jâhidz, Ibn Taymiyya, Ibn Hazm, Al Ansârî, Afuqây Al Hâjirî et bien d’autres.

Ces penseurs ont analysé les Ecritures à travers la conviction qu’ils ont que la véritable religion pour Dieu ne peut être que l’Islam et ce, depuis Adam jusqu’à Mohammad (que la paix soit sur lui). Ils ont ainsi identifié les idées ecclésiastiques qui se sont développées après Jésus et que les Evangélistes ont introduites dans leurs Evangiles. Puis ils ont réfléchi sur les Textes évangéliques en se basant sur l’Evangile original révélé à Jésus (que la paix soit sur lui) et ont conclu que les quatre Evangiles sont des textes apocryphes, ou du moins, comportent des falsifications qu’ils ont eu soin de repérer et dont ils ont longuement discuté les causes et l’origine. Ils ont également discuté et critiqué les croyances sur lesquelles ces Evangiles se sont basés comme la trinité, la consubstantialité, le caractère divin de Jésus, sa nature de Fils de Dieu, etc …

Les savants musulmans ont écrit un nombre considérable d’ouvrages pour démontrer aux Chrétiens ce qu’il y a de faux et de mythique dans leurs Livres Saints. Ils ont suivi des méthodes diverses dans l’étude du Christianisme. Ainsi, par exemple, certains d’entre eux se sont intéressés à la phraséologie évangélique pour relever les nombreuses contradictions qui l’émaillent. D’autres se sont attaqués aux sources de ces Livres. D’autres encore ont adopté les deux méthodes précédentes. Voici quelques-uns des titres des ouvrages les plus célèbres.

* Imâm Al Ghazzâlî : «Arraddu aljamîlu li ilâhiyati ‘Isâ bi sarîhi al injîli»(46).

* Ibn Al Qayyim Al Jaziyya : «Ajwibatu al hayârâ fî arraddi ‘alâ alyahûdi wa annasârâ»(47).

* Ibn Hazm : «Al faslu fî alahwâi wa al milali wa annihali».

* Al Jâhidz : «Arrisâlatu al muktâratu fî arraddi ‘alâ annasârâ»(48).

* Jawâbu Abî Al  Walîd Al Bâjî ‘alâ risâlati râhibi faransâ ilâ al muslimîna(49).

* Annasîhatu alimâniyatu fî fadhîhati almillati annasrâniyyati.

* Maqâmi’u hâmâti assulbâni wa marâti’u rawdâti al imâni.

* Risâlatu assâili wa al mujîb wa masîru addîni ‘alâ al qawmi al kâfirîna.

* ‘Abd Allah al Kâtib : «Le Christianisme»(50).

Nous ne disposons d’aucune preuve de l’existence d’un Evangile intégral et original, c’est-à-dire rédigé directement à partir des discours prononcés par Jésus lui-même.

Tous les auteurs des Evangiles ont déclaré que leurs ouvrages sont des autobiographies de Jésus (que la paix soit sur lui) qui relatent la Bonne Nouvelle venant de Dieu. Ce sont là des récits relatifs à la vie de ce Messager que le Seigneur de l’Univers a envoyé aux Israélites afin qu’il leur explique la religion. Ces auteurs n’ont jamais prétendu que ces Evangiles comportent le Texte intégral de la mission céleste telle qu’elle a été transmise par Jésus (que la paix soit sur lui).

Dans Timothée II (3 : 15-17), nous lisons ceci :

«Depuis ton enfance, tu connais les Saintes Ecritures; elles peuvent te donner la sagesse qui conduit au salut par la foi en Jésus-Christ. Toutes les Ecritures sont inspirées de Dieu et sont utiles pour enseigner la vérité, réfuter l’erreur, corriger les fautes et former à une juste manière de vivre, afin que l’homme de Dieu soit parfaitement préparé et équipé pour faire toute action bonne».(51).

Il s’agit là d’une lettre de Saint Paul à son fils Timothée à propos des Saintes Ecritures que ce dernier a connues depuis sa tendre enfance. Il peut être dit que, par les Saintes Ecritures mentionnées dans cette lettre, il est fait allusion à l'Ancien Testament (la Torah) et les Livres des Premiers Prophètes, mais une lecture littérale du Texte nous incite à croire qu’il s’agit aussi de l’Evangile, et plus spécialement de l’Evangile de Jésus. Nul doute que la phrase «Toutes les Ecritures sont inspirées de Dieu et sont utiles pour enseigner la vérité, réfuter l’erreur, corriger les fautes et former à …» signifie qu’il s’agit des Ecritures Saintes qui sont une inspiration de Dieu, c’est-à-dire le recueil de Textes composé directement à partir des discours prononcés par Jésus lors de sa prédication. Il est fait mention ici des Ecritures (qui sont d’inspiration divine) pour les distinguer des Livres qui ne comportent pas de discours cohérents, c’est-à-dire des Livres non inspirés par Dieu.

Or, il faut bien noter ici que la phrase précédente a été traduite par une autre formule qui lui donne une toute autre signification. Voici cette traduction comme on la retrouve, par exemple, dans l’édition de l’Alliance biblique française, publiée en 1996 :

«Toute Ecriture est inspirée de Dieu et est utile pour enseigner la vérité, réfuter l’erreur, corriger les fautes et former à …»

Si dans l’Evangile de Jean, il est fait mention d’un indice qui permet de croire que Jésus savait écrire, on ne trouve, par contre, nulle part, aucune phrase qui prouve qu’il a rédigé lui-même l’Evangile ou qu’il a ordonné à ses disciples de le faire.

Il est possible que Jésus se soit contenté de s’adresser oralement aux foules, car les sociétés antiques usaient beaucoup plus  du discours parlé que du discours écrit et, il est de notoriété publique que l’époque de Jésus était celle de la floraison des orateurs éloquents. Voici ce que dit, dans ce sens, l’Evangile de Jean (8 : 1-8) :

«Jésus se rendit au mont des Oliviers. Tôt le lendemain matin, il retourne dans le Temple et tous les gens s’approchèrent de lui. Il s’assit et se mit à leur donner son enseignement. Les maîtres de la loi et les Pharisiens lui amenèrent alors une femme qu’on avait surprise en train de commettre un adultère. Ils la placèrent devant tout le monde et dirent à Jésus : «Maître, cette femme a été surprise au moment même où elle commettait un adultère. Moïse nous a ordonné dans la loi de tuer de telles femmes à coups de pierre. Et toi, qu’en dis-tu ?

Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur le sol. Comme ils continuaient à le questionner, Jésus se redressa et leur dit : «Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol».(52).

Dans l’Evangile de Luc (24 : 27), il est écrit que, lorsque Jésus a rencontré deux de ses élèves qui se rendaient à Emmaüs, «Il leur expliqua tout ce qui était dit dans tous les Livres Saints, en commençant par les Livres de Moïse et en continuant par tous les Livres des Prophètes». Dans le même chapitre de cet Evangile, Jésus dit à propos de ses élèves : «Alors, il leur ouvrit l’intelligence pourqu’ils comprennent les Ecritures, et il leur dit : «Voici ce qui est écrit».(53).

Jésus communiquait oralement son enseignement à ses disciples et rien ne prouve que l’Evangile a été rédigé à son époque. Les disciples ont été sommés de mettre à exécution cet ordre qu’on peut lire dans Matthieu (28 : 19) : «Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples».(54).

Mais après un certain temps, la transcription des Ecritures fut imposée par les circonstances … Les Evangiles furent alors rédigés et signés par leurs auteurs, mais personne ne s’intéresse à l’Evangile de Jésus comme un Livre révélé. Quand on lit ce que dit l’Ancien Testament à propos de l’Evangile de Jésus, on a beaucoup plus l’impression qu’il s’agit là d’une Bonne Nouvelle (Gospel) plutôt que d’un Livre révélé(55).

D’aileurs, le terme «Evangile» a été employé pour désigner, non pas le Livre révélé, mais la mission dont a été chargé Jésus. Voici ce qui est dit dans la préface de l’Evangile publié par l’Association du Livre Saint (4ème  édition, 1992) : «Au départ, ce vocable (l’Evangile) fut employé pour désigner la mission qui a été échue à Jésus et qui consistait à établir solidement le Royaume de Dieu sur Terre. C’est donc un vocable qui est inhérent à la mission de Jésus, au point qu’il est permis de dire que l’Evangile, c’est Jésus lui-même, c’est-à-dire la Bonne Annonce qui a été faite à toute l’Humanité».(56).

A ce point d’analyse, apparaît la pertinence du jugement émis par Ibn Hazm dans la discussion qu’il a faite des Evangiles. Voici ce qu’il a dit :

«Il s’agit là de quatre récits historiques parus à des époques différentes et qui sont l’œuvre de quatre personnalités célèbres. Le premier récit est celui de Matthieu le Lévitique, disciple de Jésus. Il l’a écrit en hébreu, à Judée, neuf ans après l’ascension de Jésus. Il renferme vingt huit chapitres.

Le deuxième récit est celui de Marc, disciple de Siméon, fils de Thomas surnommé «Batra». Il l’a écrit en grec à Antioche, vingt deux ans après l’ascension de Jésus. On a dit que c’est Siméon, disciple de Jésus qui l’aurait écrit et attribué à son disciple Marc. Il renferme vingt quatre chapitres.

Le troisième est une œuvre écrite en grec (après l’œuvre de Marc) par le médecin d’Antioche, disciple de Siméon «Batra». Il s’agit de Luc.

Le quatrième est l’œuvre de Jean, disciple de Jésus. Il l’a écrit en grec, une soixantaine d’années environ après l’ascension du Christ. Il renferme vingt quatre chapitres."(57).

Ibn Hazm, on l’aura remarqué, parle de «récits historiques» qui furent appelés «Evangiles» et, ce qu’il dit est pertinent et sera confirmé dans les écrits mêmes de certains chercheurs chrétiens.

A partir de l’an 70 de l’ère chrétienne, on assista à une activité intense dans le domaine de la production des œuvres de l’esprit et de la publication. C’est ainsi qu’on élabora les Evangiles, les Lettres et les vingt sept Livres qui composent le Nouveau Testament. Ces ouvrages relatent, d’un point de vue purement chrétien, l’enseignement de Jésus ainsi que les événements qu’il a vécus.

Les «Actes des Apôtres» relatent l’histoire du Christianisme en Palestine et ailleurs. Quant aux «Lettres», elles ont été envoyées par Paul aux communautés chrétiennes établies en dehors de la Palestine.

A noter ici que les auteurs des Evangiles n'ont jamais prétendu avoir noté tout ce que Jésus a prêché ou tout ce qu'il a pu accomplir comme actions. Leurs ouvrages, selon leur propre opinion, ne sont que des biographies succinctes(58).

Dans l’Evangile de Jean (21 : 25), il est dit ceci :

«Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses. Si on les racontait par écrit l’une après l’autre, je pense que le monde entier ne pourrait pas contenir les livres qu’on écrirait».(59).

Ceci veut tout simplement dire que les Evangiles ne correspondent aucunement au message révélé à Jésus (que la paix soit sur lui).

Au IIème siècle de l’ère chrétienne, les Evangiles furent considérés comme «une annonce au message de Jésus, faite par Matthieu, Marc, Luc et Jean qui ont écrit leurs Livres grâce à l’inspiration émanant du Saint-Esprit. De ce fait, ces Livres sont devenus «Verbe divin vivant»(60). Ceci veut dire que Dieu aurait opéré des modifications dans son Message. Il lui aurait tronqué des parties et rajouté d’autres pour le révéler, de nouveau, sous une forme plus châtiée, à des personnes autres que Jésus. Or, ces agissements ne peuvent nullement être attribué à Dieu qui connaît parfaitement le bien-fondé de son Message, qui sait comment il doit le révéler dans son intégralité et à qui, parmi les Apôtres, il doit le confier. Si donc, on prétend que Matthieu, Marc, Luc et Jean ont reçu, chacun, une Révélation, il ne peut alors s’agir que d’un (ou des) Message(s) qui n’a (n’ont) aucun lien avec la religion chrétienne attribuée à Jésus.

Notre présenté étude porte, naturellement, sur la mission céleste telle que Jésus l’a reçue et telle que, lui, l’a transmise, par sa propre bouche, aux hommes.

D’un autre côté, si on croit vraiment que la Révélation a été reçue par ces Apôtres ou que Dieu leur a parlé par un certain biais, pouquoi donc fallait-il que la Révélation fût véhiculée par quatre Evangiles, qui apparaissent à la même époque et qui présentent entre eux des dissemblances énormes ? Que ceci soit l’œuvre de Dieu est un non-sens !

Par ailleurs, si Moïse et Aaron se sont partagés, jadis, la même mission prophétique, personne n'a prétendu qu’ils ont reçu, chacun de son côté, le même Message, car Dieu n’effectue jamais un double emploi, stérile et sans aucune utilité.

Il faut dire, en vérité, que seule une partie réduite de l’Evangile original a continué  à être transmise verbalement jusqu’à l’époque de la rédaction de ce qui a été communément appelé «la Bonne Nouvelle». Il en est résulté une certaine latitude vis-à-vis du Texte original auquel on a introduit bien des parties qui n’y figuraient pas auparavant. Dès lors, le style et le contenu ont subi des modifications importantes. Puis vint l’époque des quatre Evangiles (Matthieu, Marc, Luc, Jean) que les sectes chrétiennes ont reconnus et adoptés. Ils furent une sorte d’enregistrement de la connaissance liturgique qui se transmettait oralement avec toutes les déviations qui l’éloignaient de l’enseignement original.

En plus de ces Evangiles, il y en avait d’autres qu’on a fini par détruire parce qu’ils prônaient le monothéisme (négation de la Trinité) et rejetaient la consubstantialité. L’Evangile de Saint Barnabé, si sa source est exacte, figrue parmi ces Evangiles.

Les chercheurs chrétiens ne sont pas tous d’accord sur la date de publication des trois premiers Evangiles (Matthieu, Luc et Marc) et celui de Jean. Certains d’entre eux avancent que l’Evangile de Jean est le dernier des quatre Evangiles à être rédigé et que les trois autres ont été écrits avant l’an 70 de l’ère chrétienne. D’autres chercheurs pensent que certains Evangiles ont été rédigés avant l’an 70 de l’ère chrétienne et que certains autres ont été rédigés après cette date. Ils prétendent qu’il y a deux Evangiles de Matthieu, l’un écrit en araméen, lequel aurait été perdu, et l’autre en grec. D’autres chercheurs encore affirment que l'Evangile de Marc a été écrit avant l’an 70 de l’ère chrétienne, suivi des trois autres et qu’il n’y a qu’un seul Evangile de Matthieu en grec. Un autre groupe de chercheurs avance que tous les Evangiles ont été écrits après la destruction du Temple.

Pour les chercheurs chrétiens, le canon du Nouveau Testament, tel qu’il est de nos jours, a été fixé en l’an 367 de l'ère chrétienne et ce, en vingt sept Livres. Toutefois, d’autres données donnent à penser que le canon du Nouveau Testament a été fixé en l’an 150 de l’ère chrétienne, date où les quatre Evangiles ont été reconnus. La polémique n’eut lieu qu’à propos de certaines Lettres dont, notamment, la «Lettre aux Hébreux». D’autres Lettres ont été mentionnées dans le Nouveau Testament, mais nous n’avons d’elles aucune trace. Voici ce qui est dit à ce propos dans le Livre des Colossiens :

«Saluez les frères qui sont à Laodicée, ainsi que Nympha et l’Eglise qui se réunit dans sa maison. Quand vous aurez lu cette lettre, faites en sorte qu’on la lise aussi dans l’Eglise de Laodicée. Lisez vous-mêmes celle qu’on vous transmettra de là-bas»(61).

Dans le même ordre d’idées, Marcion le gnostique a incité les Chrétiens en l’an 110 après J.C. à bannir l’usage de l'Ancien Testament et à supprimer tout ce qui concerne les Juifs et le Judaïsme dans les écrits chrétiens. Il fut jugé et excommunié. Puis les prêtres ont décrété que l’Ancien Testament est une Révélation de Dieu.

Par ailleurs, le canon de Muratori (liste des Livres portant le nom de l’historien qui l’a découverte à Milan en 1740 dans un fragment manuscrit du VIIIème siècle) donne la liste des Livres Saints du Nouveau Testament, reçus par l’Eglise de Rome avant l’an 180 de l’ère chrétienne. Cette liste fait l’objet d’une intense polémique entre les chercheurs(62).

En l’an 393 de l’ère chrétienne, le canon du Nouveau Testament fut fixé sous une forme quasi proche de celle d’aujourd’hui. Il fut révisé une première fois par le Concile de Carthage en l’an 397 de l’ère chrétienne, puis une seconde fois à Carthage en l’an 419 de l’ère chrétienne.

Le retard accusé par l’Eglise dans la délimitation d’une liste des Livres du Nouveau Testament est imputé par les chercheurs chrétiens aux poursuites dont elle a été victime. Ce n’est que, quand Constandin 1er Le Grand lui assura la sécurité qu’elle se livra à cette tâche. Ces vingt sept Livres furent alors adoptés par l’Eglise grecque, puis par l’Eglise latine grâce à la traduction de la Vulgate par Saint-Jérôme. L’Eglise de l’Afrique du Nord adopta la version latine du Nouveau Testament à partir de la fin du IIème siècle de l’ère chrétienne.

Toutefois, la discorde persista entre les chercheurs à propos de la date exacte de la composition des Evangiles et de celle du plus ancien d’entre eux. C’est ainsi que Javier Léon Duvour dans un ouvrage sur le lexique du Nouveau Testament considère l’Evangile de Marc comme le plus ancien des Evangiles et a affirmé qu’il a été écrit à Rome entre les années 64 et 70 de l'ère chrétienne. Il pense que l’Evangile de Matthieu a été écrit directement en grec à partir de récits palestiniens et ce, entre les années 80 et 90 de l’ère chrétienne. Pour ce qui est de l’Evangile de Luc, il pense qu’il a été écrit entre les années 70 et 90 de l’ère chrétienne. Quant à l’Evangile de Jean, Duvour croit que sa composition a commencé à partir de l'an 90 de l’ère chrétienne et aurait duré jusqu’au début du IIème siècle de l'ère chrétienne.

De son côté Jean Grosjean, dans une préface du Nouveau Testament (éd. La Pléiade), considère que les Evangiles canoniques ont été écrits avant que Titus ne détruise le Temple en l’an 70 de l’ère chrétienne. L’Evangile de Matthieu a été écrit d’abord en araméen entre les années 50 et 60 de l’ère chrétienne. Quant à l’Evangile de Matthieu en langue grecque, il a été écrit avant l’an 67 de l’ère chrétienne. Puis ont été écrits les Evangiles de Marc et de Luc.

En tout état de cause, le problème reste entier en ce qui concerne la date de la composition des Evangiles, mais tout le monde est d’accord sur le fait que tous ces Livres ne sont, en fait, que de simples récits biographiques sur Jésus, rédigés après sa mort, ce qui prouve qu’ils ont été conçus à un moment où la foi prônée par Jésus connaissait beaucoup de confusion. En outre, ces Evangiles ne donnent pas une idée claire et nette sur la mission révélée à l’Envoyé de Dieu, Jésus, fils de Marie (que la paix soit sur lui). Toutefois, si dans ces écrits, il subsistait quelques traces de l’Evangile révélé, ce serait alors tout ce qui est en harmonie avec la religion monothéiste.

Dans «Encarta» (Encyclopédie française) il est dit «que c’est dans l’araméen que les premières sources du Nouveau Testament ont été rédigées. Les manuscrits grecs du Nouveau Testament sont au de 5000 environ, donc aucun n’est authentique (écrit par la main de celui à qui est attribué). Une partie de l’Encienne(63). Il est donc clair qu’il n’existe nullement des Evangiles authentiques, écrits par Jean, Marc, Luc et Mathieu(64).

Selon les statistiques établies par les auteurs chrétiens, il s’avère que le Nouveau Testament a été rédigé sur plus de 24.000 manuscrits : 5300 en grec, 10.000 en latin et 9.300 en d’autres langues(65).. Ces chiffres sont très éloquents si on les compare à d’autres publications antiques telles que celles de Platon qui sont conservées en sept manuscrits dont le plus ancien est paru neuf cents ans après la mort de son auteur, ou celles de Tacite, l’historien romain, dont l’histoire nous a légué deux exemplaires seulement de ses «Annales».

Sur un autre plan, des manuscrits tels que l’Alexandrinus, le Vaticanus et le Sinaitinus sont hautement considérés par l’Eglise et les chercheurs chrétiens.

L’Evangile de Barnabé

L’Evangile de Barnabé débute par une introduction qui expose la biographie de l’auteur et les raisons qui l’ont amené à écrire cet ouvrage. A part l’Evangile de Luc, on ne trouve pas ce genre d’introductions dans les autres Evangiles qui se suffisent des phrases suivantes : «La Bonne Annonce telle qu’elle est rédigée par un tel» ou «L’Evangile selon un tel».

D’emblée, l’Evangile de Barnabé soulève la problématique de l’Evangile authentique et des Evangiles apocryphes. Barnabé écrit dès le début de son Evangile : «Voici l’Evangile authentique, celui de Jésus, Prophète envoyé par le Seigneur à l’Univers, selon le récit de Barnabé, son Apôtre».

Si cette phrase paraît en apparence normale et fréquente dans les introductions des Evangiles, elle attire néanmoins l’attention sur une différence de taille qui existe entre cet Evangile et les autres. Cette différence consiste en :

* L’existence d’un Evangile et d’autres qui ne le sont pas.

* L’Evangile de Barnabé est attribué au Messie, ainsi nommé dans les autres Evangiles.

* Jésus est un nouveau Prophète envoyé par Dieu à l’Univers.

* La narration du présent Evangile est l’œuvre de Barnabé, un des Apôtres de Jésus.

Nous avons mentionné plus haut que les Chrétiens définissent le vocable «Evangile» par «la Bonne Nouvelle». Ils disent : «C’est la mission qui est échue à Jésus, le Père, auprès de son peuple». Il a été dit également que «Jésus est l’incarnation même de l'Evangile. Il est la Bonne Annonce faite à toute l’Humanité».

Les Chrétiens disent également : «Le mot «Evangile”»avait un sens large. Il désignait les quatre Livres qui parlent de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus. L’Evangile c’est «la proclamation de la mission de Jésus par Matthieu, Marc, Luc et Jean qui ont rédigé leurs Livres grâce à l’inspiration de Dieu. Ces Livres sont donc devenus, du fait de cette inspiration divine, la Parole de Dieu transcrite …».

Ce genre de réflexions concerne également l’Evangile de Barnabé. Il s’agit là aussi d’une proclamation de la mission de Jésus et d’un exposé sur sa vie selon le récit de Barnabé. L’Evangile de Barnabé est donc un ouvrage qui s’inscrit dans la vision chrétienne globale de la nature de l’Evangile, et a été rédigé par son auteur dans le but de lever l’ambiguïté et l’équivoque qui ont altéré les autres Evangiles, ce qui les a éloignés de la foi monothéiste. A ce point de l’analyse, il est intéressant de comparer les dires de Luc avec ceux de Barnabé. Luc a dit dans son introduction :

«Cher Théophile,

Plusieurs personnes ont essayé d’écrire le récit des événements qui se sont passés parmi nous. Ils ont rapporté les faits tels que nous les ont racontés ceux qui les ont vus dès le commencement et qui ont été chargés d’annoncer la parole de Dieu.

C’est pourquoi, à mon tour, je me suis renseigné exactement sur tout ce qui est arrivé depuis le début et il m’a semblé bon, illustre Théophile, d’en écrire pour toi le récit suivi. Je le fais pour que tu puisses reconnaître la vérité des enseignements que tu as reçus.»

De son côté, Barnabé a écrit :

«Illustres lecteurs,

Dieu, le Très-Haut, le Sublime nous a sauvés ces derniers jours par l'Annonce que Son Prophète Jésus nous a transmise ainsi que par ses Signes dont Satan s’est servi pour égarer les gens. On a vu certaines personnes prôner l’hérésie. Elles ont rejeté la circoncision que Dieu a toujours ordonnée et toléré la consommation des viandes immondes. Paul est du nombre de ces personnes. Je regrette de le dire. C’est à cause de lui que je rédige ce Livre où je note tout ce que j’ai vu et tout ce que j’ai entendu de Jésus que j’ai longtemps fréquenté. Je rédige ce Livre pour vous exposer la vérité telle que je l’ai vécue avec Jésus. Je le fais dans l’espoir que vous soyez sauvé et que Satan ne vous égare point. Vous échapperez ainsi au châtiment de Dieu. Méfiez-vous donc de tous ceux qui viendront prétendre qu’ils sont porteurs d’un nouveau Message qui contredit ce que je vous écris dans ce Livre. Ne les croyez pas afin que vous puissiez être sauvés pour toujours. Dieu est avec vous et vous protège contre Satan et contre toute malédiction. Amen.»

De ces deux introductions, celle de l’Evangile de Luc et celle de l’Evangile de Barnabé, il ressort qu’il existe diverses versions de la Bonne Annonce de Jésus (que la paix soit sur lui) et que le mobile à l’origine de la publication par les deux hommes (Luc et Barnabé) de leurs ouvrages est bien leur désir de mettre à la disposition des croyants, l’Evangile authentique, celui qui ne comporte ni falsification, ni amendement. Lors de l’ascension de Jésus, l’anarchie dans la transcription de la Bonne Annonce atteignit son paroxysme dans les milieux chrétiens. La falsification et la dénaturation de l’Evangile battait son plein et leur écho s’est fait même sentir dans maints endroits du Nouveau Testament. Cette situation dura jusqu’à l’époque de ce qu’on appelle communément «les Apôtres».

Dans les Corinthiens II (Chaptire 2), Paul dit :

«Nous ne sommes pas comme tant d’autres qui se livrent au trafic de la parole de Dieu(66).; au contraire, parce que c’est Dieu qui nous a envoyés, nous parlons avec sincérité en sa présence, en communion avec le Christ.»(67).

Dans le Chapitre 4 du même Livre, Paul dit :

«Nous avons renoncé à toute action cachée ou honteuse; nous agissons sans ruse et nous ne falsifions pas la parole de Dieu».

Dans le Chapitre 22 du Livre de Jean, nous lisons ceci :

«Je mets en garde tous ceux qui lisent les paroles du Prophète dans ce Livre de ne rien y ajouter. S’il y a des contrevenants, ils subiront les peines décrits dans ce Livre.(68).

Quiconque supprime un mot des dires des Prophètes dans ce Livre, Dieu le privera de l’arbre de la vie et de la Terre promise décrites dans ce Livre …»

L’introduction de l’Evangile de Barnabé est, comme on peut le constater, en parfaite harmonie avec le contexte général des introductions des autres Evangiles. Il n’est donc pas permis de la considérer du seul point de vue de ceux qui ont propagé l’idée que cet Evangile a été forgé de toutes pièces par les Morisques avec comme seul objectif, la protestation. L’introduction susmentionnée indique implicitement que l’Evangile de Barnabé a été écrit par Barnabé lui-même, celui-là qui était l’Apôtre de Jésus et dont le nom est cité dans les autres Evangiles. La composition de cet Evangile s’inscrit dans le cadre de la défense du christianisme monothéiste authentique, ce qui justifie le secret de sa disparition arbitraire qui s’explique par le fait qu’il constitue un document contre le christianisme prôné par le Concile de Nicée et contre la thèse polythéiste de Paul.

Dans le Chapitre21 de l’Evangile de Barnabé, il est écrit ceci :

«Jésus se retourna vers la personne qui écrivait et lui dit : “Barnabé ! Tu dois obligatoirement écrire mon Evangile et noté tout ce qui m’est arrivé depuis que je suis au monde. Ecris également à propos de Juda pour que disparaisse le leurre des fidèles et pour que tout le monde croie à la vérité.

A ce moment-là, la personne qui écrivait répondit : “Maître! J’exécuterai votre ordre si Dieu me le permet, mais je ne suis pas au courant de ce que Juda a vécu comme problèmes, parce que je n’ai pas assisté à tout».

Jésus répondit : «Voici Jean et Pierre qui ont assisté à tout. Ils te mettront au courant de out qui s’est passé.»

Ce texte nous ramène au point de départ. Jésus, selon ce qui est rapporté par Barnabé, a demandé qu’on écrive trois choses :

1. L’Evangile.

2. Sa biographie et les événements qu’il a vécus durant toute sa vie.

3. Les problèmes rencontrés par Juda pour que les fidèles ne soient plus leurrés et pour que tout le monde croie à la vérité.

Il s’agit là de trois questions différentes traitées pêle-mêle dans les Evangiles. L’Evangile (Livre divin révélé à Jésus) renferme donc la biographie de Jésus, mêlée aux événements qu’il a vécus, notamment avec Juda.

Cet amalgame concerne également l’Evangile de Barnabé lui-même, mais à un degré moindre que dans les quatre Evangiles adoptés par l’Eglise.

Barnabé a réservé la part du lion à la vie de Jésus dans son Evangile, mais il est le seul à affirmer que Jésus est un Prophète, un homme comme tous les hommes et non pas Dieu ou le Fils de Dieu.

A la fin du Chaptire 93 et le début du Chapitre 94, il est écrit :

«… parce qu’il y a un groupe qui dit : «Tu es Dieu» et un deuxième groupe qui dit : «Tu es le Fils de Dieu», puis un troisième groupe qui dit : «Tu est Prophète»…

Jésus répondit : «Et toi, ô chef des prêtres de Dieu ! Pourquoi n’as-tu pas cherché à calmer tous ces gens ? Es-tu devenu fou, toi aussi ? Les Révélations de Dieu et la Loi seraient-elles tombées dans l’oubli le plus total ? O Malheureux Juifs que Satan a égarés !»

Après une pause, Jésus reprit :

«J’atteste devant Dieu et je prends pour témoins toutes les créatures humaines que je n’y suis pour rien dans l’idée que les gens ont propagée sur ma personne. On a prétendu que je suis un être surnaturel. Je ne suis, en fait, qu’un être humain, enfanté par une femme et je n’échapperai pas au Jugement de Dieu.»

Dans le Chapitre 52, il est dit ceci :

«Je vous dis du fond du cœur : Je tremble à l’idée que le monde me considère comme un Dieu. Je dois rendre des comptes pour cela. Je vous jure au nom de Dieu que je suis un mortel comme le reste des mortels. Si Dieu m’a envoyé comme Prophète au peuple juif afin d’aider les pauvres …»

Barnabé insiste sur la mission prophétique de Jésus. Dans le Chapitre 47, il est dit ceci :

«Durant la deuxième année de sa mission prophétique, Jésus quitta Jérusalem et se dirigea vers Nabyne. Quand il arriva aux portes de cette ville, il vit un cortège qui se dirigeait vers le cimetière pour l’enterrement du fils unique d’une veuve. Toute le monde pleurait. A la vue de Jésus qui entrait, à ce moment-là en ville, les gens le reconnurent, lui, le Prophète de Galilée. On l’implora alors de ressusciter le mort. Ses disciples firent de même. Jésus eut alors peur et, se retournant vers les Seigneur, il dit : «O Seigneur ! Ne m’abandonne pas ici-bas ! Emmène-moi vers le Ciel, car le monde est fou et on a failli me prendre pour le Seigneur.» Puis il pleura.»

Barnabé affirme que Jésus est un Prophète révélé par Dieu et il est le seul à avoir dit que Jésus reçoit la Révélation :

«Quand Jésus eut trente ans, comme il me l’a dit lui-même, il se dirigea au Mont des Oliviers en compagnie de sa mère pour cueillir des olives. Un après-midi, alors qu’il priait et au moment où il prononçait cette phrase : «O Dieu ! Avec Ta clémence …», une lumière éclatante l’enveloppa et une pléïade d’anges autour de lui étaient là à répéter cette prière : «O Dieu ! Gloire à Toi !». L’archange Gabriel lui présenta alors un Livre, qui ressemblait à un miroir brillant, et qui se glissa dans le cœur de Jésus. Grâce à ce Livre, Jésus sut ce que Dieu a fait, ce qu’Il a dit et ce qu’Il désire, comme si tout est dévoilé. Il s’adressa alors à moi et me dit : «Il faut que tu saches, ô Barnabé, que je connais tous les Prophètes, toutes les Révélations et, tout ce que je dis provient de ce Livre.»

Ce Livre est-il l’Evangile ? Ou bien s’agit-il d’un autre Livre Saint ?

Pour répondre à ces questions, il est possible de dire qu’il s’agit là du «flambeau de la Révélation» dont a parlé An-Najjâchî et de la Loi dont a fait mention Waraqa Ibn Nawfal quand Khadija lui a rapporté ce qui s’est passé à Mohammad (que la paix soit sur lui) dès le premier instant de la Révélation.

Il reste, cependant, à signaler qu’il existe une parfaite ressemblance entre l’Evangile de Barnabé et celui de Luc quant à l’âge de Jésus au moment de la Révélation.

Dans le Chapitre 3, Luc dit :

«Jésus avait environ trente ans lorsqu’il commença son œuvre.(69)»

Par ailleurs, Barnabé, lors de son exposé sur la mission de Jésus, a tenu à rapporter les paroles de celui-ci, annonçant l’arrivée du Sauveur qui proviendra de la lignée d’Ismaël (que la paix soit sur lui).

Voici ce qui est dit dans le Chapitre 208 :

«Le chef des prêtres répondit : «Je ne fais que m’informer et mon intention n’est pas de te supprimer. Dis-nous seulement : Qui était le fils de cet Abraham ?»

Jésus répondit : «Que tu tiennes à ton honneur me galvanise et je ne peux pas me taire. Je vais te dire la vérité : Le fils d’Abraham c’est bien Ismaël, de la souche de qui viendra le Messie promis à Abraham, et qui fera régner le Bien dans toutes les tribus de la terre».

A l’audition de ces paroles, le chef des prêtres s’irrita et s’écria : «Qu’on jette des pierres sur cet imposteur jusqu’à ce qu’il meure. C’est un Ismaélite. Il vient de blasphémer Moïse et la Loi.»

Barnabé cite partout Ismaël comme étant celui qui a été promis à Dieu pour le sacrifice, à la place d’Isaac. Dans le Chapitre 13, Barnabé dit :

«Gabriel répondit : «Lève-toi Jésus, et rappelle-toi d’Abraham qui voulait sacrifier son fils unique, Ismaël, pour achever la mission dont le Seigneur l’a chargé. Comme le couteau se refusait à égorger le fils, il offrit en sacrifice, sur ma demande, un bélier. Toi, Jésus, Serviteur de Dieu, tu dois faire pareil».

Jésus répondit : «C’est entendu».»

Dans le Chapitre 43, Barnabé dit :

«Je vais vous dire la vérité : chaque Prophète apporte à son peuple et à son peuple seulement la Bénédiction de Dieu. Sa prédication ne touche donc pas les autres peuples. Il n’en est pas de même de Jésus, car Dieu lui a remis une clé qui apporte la délivrance et la bénédiction à tous les peuples de la terre qui acceptent son enseignement. Il viendra à bout des oppresseurs, mettra un terme à l’idôlatrie et déshonorera Satan, car Dieu a fait à Abraham la promesse suivante : «Avec ta descendance, ô Abraham, je bénirai toutes les tribus de la terre, et comme tu as complètement détruit les idoles, ta progéniture suivra ton exemple».

Jacob questionna : «Maître ! Dis-moi qui est concerné par cette Alliance ? Les Juifs disent c’est Isaac et les Ismaélites prétendent que c’est Ismaël».

Jésus prit alors la parole et dit : «David était le fils de qui ? Et de quelle progéniture fait-il partie ?»

Les disciples répondirent : “David est le fils d’Isaac, Isaac était le fils de Jacob et Jacob était le père de Juda qui a, parmi ses descendants, David”.

Jésus dit alors : «Quand l’Envoyé de Dieu arrivera, de quelle progéniture fera t-il partie ?»

Les disciples répondirent : «De David».

Jésus répondit : «Détrompez-vous, car David implore Dieu de la façon suivante : Dieu, mon Seigneur, me dit : «Assieds-toi à ma droite pour que je puisse mettre tes ennemis à la portée de tes mains». Si le Messager que vous appelez «le Messie» est le fils de David, comment se fait-il alors que David le considère comme un Dieu ? Croyez en ce que je vous dis et qui est la pure vérité : «C’est Ismaël qui est à l’origine de l’Alliance et non Isaac».»

Ce qui dit là Barnabé à propos d’Ismaël qui était destiné à être immolé, l’a amené à parler du futur Messager et des prédications dans lesquelles baignait l’environnement de l’époque, même si le contexte où il fut question du futur Messager était quelque peu différent du contexte rapporté par le Saint-Coran.

La question de l’annonce de Mohammad (que la paix soit sur lui) dans l’Evangile était chose attendue et le Saint-Coran l’a confirmé. La mention faite aux «Bonnes Annonces» dans l’Evangile de Barnabé, sous cette forme, prouve qu’il s’agit là d’un fait rectifié. Il ne faut pas oublier ici que le Texte de l’Evangile de Barnabé a été publié en italien et en espagnol. Il est fort probable qu’il ait été traduit dans ces deux langues et que son texte original ait été rédigé dans une des langues qui étaient répandues lors de la mission prophétique de Jésus (que la paix soit sur lui). Il est aussi possible que sa traduction ait été effectuée après la mission prophétique de Mohammad (que la paix soit sur lui).

Ces hypothèses n’amoindrissent pas la portée de cet Evangile qui reste un Evangile cohérent, tant dans la précision des informations qu’il relate que dans son approbation de la majorité des faits relatés dans les Evangiles canoniques. La concordance de l’Evangile de Barnabé avec les événements de ces Evangiles n’est pas à généraliser pour ce qui est du contenu de ces événements, surtout que cet Evangile diffère des autres à propos de l’Unicité divine et de la mission prophétique de Jésus.

Le Christianisme, selon l’Evangile de Barnabé, est un maillon de la chaîne du message monothéiste. L’Evangile de Barnabé a été écrit en vue de défendre la religion pure et authentique et ce, sur la propre demande de Jésus lui-même. Quelle que puisse être l’histoire des copies qui nous sont parvenues de cet Evangile, celui-ci reste néanmoins parmi les Evangiles les plus proches de l’esprit de l’Islam. Nul doute que sa réfutation de la Trinité et l’argumentation qu’il a développée contre le concept du Saint-Esprit étaient une preuve suffisante qui justifie les poursuites dont il a fait l’objet. C’est un Evangile qui a prôné le bannissement de la déification du Christ. C’est aussi un Evangile qui combat ceux qui ont permis la consommation des viandes immondes et ceux qui ont rejeté la circoncision. C’est un Evangile, enfin, qui considère le Christianisme comme une religion monothéiste, qui croit en l’unicité sans partage du Très-Haut.

Ceci étant, l’Evangile de Barnabé ne fut pas le seul à avoir cessé de circuler parmi les gens. D’autres Evangiles ont subi le même sort comme l’Evangile de Thomas (composé au IIème  siècle de l’ère chrétienne)(70) qui disparut mystérieusement au début du IVème siècle et fut complètement oublié par les Chrétiens. Ce n’est qu’en 1947 qu’on a retrouvé en Haute Egypte un exemplaire de cet Evangile écrit en langue copte.

Il existe, dans cet Evangile, un certain nombre de textes où des erreurs monumentales ont été commises par des traducteurs européens. Ainsi peut-on lire, dans une traduction en français faite par Jean Derosse, que Salomé (riche danseuse d’origine arabe qui s’est mariée à plusieurs reprises avant de faire la connaissance de Jésus) a dit à Jésus : «Qui es-tu pour que tu manges à ma table et que tu partages mon lit ?». Or, étant donné que le vocable «lit» peut suggérer chez les Européens l’existence de rapports sexuels, certains exégètes ont accusé Jésus de se livrer à l’adultère avec cette dame, mais il faut bien souligner ici que le même vocable chez les Orientaux et les peuples sémitiques peut très bien exprimer l’idée de générosité et d’hospitalité. Une expression arabe dit bien «Elle court dans son lit et se nourrit de ses biens» pour exprimer la générosité de celui qui reçoit quelqu’un chez lui.(71)

Quiconque médite un tant soit peu le sens de la phrase prononcée par Salomé, découvre aisément que Jésus est innocent, car s’il s’agissait ici, comme certains l’ont prétendu, de deux amants, Salomé ne s’étonnerait pas que Jésus partageât avec elle le lit, dans le sens abject de cette expression, pour la simple raison que c’est là une habitude courante chez les amants de toutes les sociétés. Au contraire, la phrase de Salomé recèle glorification et profond respect pour Jésus. En d’autres termes, Salomé a voulu dire : «Votre très honorable position m’a incitée à vous ouvrir les portes de ma maison, ce que je n’ai jamais fait avec personne, comme je l’ai fait avec vous. Quel homme pourriez-vous donc être ?». Ailleurs, Jésus lui dit : «Je viens de chez le Modérateur», phrase à laquelle Salomé répond : «Je suis ta disciple».

De telles graves erreurs qui altèrent le sens des textes apostoliques aussi bien chez les gens simples que chez l’élite est la preuve éclatante que la vérité est toujours véhiculée par la langue dans laquelle les missions célestes sont révélées et aussi par la connaissance des subtilités du discours qu’on les natifs de cette langue.

Analyse de l’histoire du Christianisme :

L’histoire du Christianisme fut une histoire de scissions.

Les anciens érudits de l’Islam qui se sont intéressés à écrire l’histoire des sectes chrétiennes et à commenter leurs idées ont recensé un certain nombre de ces sectes. Voici très brièvement quelques-unes d’entre elles et leurs idées essentielles telles que rapportées par ces érudits(72) :

* Les Ariens (disciples d’Arius) :

- Négation de la consubstantialité du Fils avec le Père.

- Jésus est engendré (Il n’était pas avant d’être engendré).

- Jésus, Verbe de Dieu. Grâce à ce Verbe, Cieux et Terre furent créés.

* Les disciples de Pauline d’Antioche :

- Monothéisme authentique.

- Jésus est un Prophète comme tous les Prophètes. Il est le fils, sans mariage de Marie (L’Immaculée Conception). C’est un être humain et non un Dieu. Paul disait : «Je ne sais pas ce qu’est le Verbe, ni ce qu’est le Saint-Esprit».

* Les disciples de Macédonius :

- Monothéisme authentique.

- Jésus est engendré. C’est un être humain.

- Jésus est un Prophète comme tous les Prophètes.

- Jésus c’est aussi le Saint-Esprit et le Verbe divin.

- Selon Macédonius, Verbe divin et Saint-Esprit sont engendrés.

* Les Barbélognostiques :

- Jésus et Marie sont des divinités.

Cette secte a donné naissance au malcionisme, secte de tous les Rois chrétiens en Ethiopie et en Nubie, de tous les Chrétiens d’Afrique, d’Andalousie et de Palestine, d’après Ibn Hazm.

* Les disciples de Malcion :

- Jésus est à la fois Dieu et être humain. Il y a identité totale de l’un et de l’autre.

- C’est l’être humain en Jésus qui fut crucifié et tué. Dieu est resté indemne.

- Marie a enfanté le Dieu et l’homme qui forment une seule identité (consubstantialité).

* Les Nestoriens (disciples de Nestorius) :

Ils sont issus des Malconiens.

- Marie a donné naissance à un homme et non à un Dieu. Séparation de deux natures du Christ : divine et humaine.

- Dieu n’a pas engendré un Homme, mais un Dieu.

- Pour Nestorius, on peut appeler la Vierge Marie «mère du Christ» et non «mère de Dieu».

* Les Jacobites :

- Jésus est Dieu et Dieu est Jésus. Monophysisme.

- Dieu a été crucifié et tué.

- L’Univers est resté trois jours sans Ordonnateur. Puis Dieu a repris son rôle d’antan.

- Dieu a été engendré et ce qui a été engendré est redevenu ancien.

Ibn Hazm dit à propos des Jacobites : «C’est une secte qui a radicalement séparé la raison et la conscience. La mutation est une transformation. Or, la mutation et la transformation ne peuvent être attribuées au Premier, l’Immuable. Le Très-Haut est au-dessus de tout cela. Si la mutation divine était possible, Dieu alors serait engendré, et l’engendré nécessite un Créateur. Pour invalider cette thèse, il suffit de la considérer comme un non-sens que la raison réfute.»

Les schismes entre les sectes chrétiennes se multiplièrent et on vit les Eglises réunir leurs Conciles, aussi bien les Conciles œcuméniques qui drainèrent les évêques du monde entier que les Conciles régionaux, ceux de l’Orient par exemple. Pour se faire une idée de ces Conciles, en voici une présentation succincte de quelques-uns :

Le premier de ces Conciles est celui de Nicée qui date de l’an 325 de l’ère chrétienne. Ont assisté à ce Concile les prêtres venus de l’Asie Centrale, de l’Egypte, de la Syrie, des provinces grecques (très peu représentées) et d’Europe. Les débats furent houleux à propos de la divinité de Jésus et la doctrine d’Arius fut condamnée(73). Les résolutions les plus importantes prises par ce Concile sont les suivantes :

* Jésus est Dieu. Il est consubstantiel au Père.

* Jésus est le Rédempteur.

* Etablissement de la liste officielle des Livres Saints.

* Destruction des Lettres et des Evangiles qui ne figurent pas avec la liste officielle ci-dessus.

* Assujettissement de la religion au pouvoir temporel.

Dans les Conciles postérieurs, les discussions ont porté sur la nature du Saint-Esprit, la virginité de Marie après la naissance de Jésus, l’infaillibilité du Pape, ses prérogatives et les prérogatives de l’Eglise. Tous les hérésiarques furent anathématisés lors de ces Conciles.

Des chercheurs tels que Jean Rochette(74) considèrent qu’il y a deux manières de considérer l’histoire de la foi chrétienne :

- Celle de l’Eglise catholique pour qui l'histoire du Christianisme est à l’image d’un arbre dont le tronc est l’Eglise catholique et les branches, les autres Eglises (les Eglises locales). Selon ce point de vue, les autres Eglises ne sont pas crédibles, car elles sont sorties du droit chemin. La véritable Eglise (ou l’Eglise du Christ) demeure l’Eglise catholique.

- Celle qui considère l'Eglise du Christ (et non pas l’Eglise catholique) comme le tronc de l’arbre, mais l’Eglise du Christ a failli à sa mission dès le début et a trahi le Message du Christ.

Quelles sont ces Eglises ?

* L’Eglise catholique :

Elle se considère comme la seule légitime, issue des fondations apostoliques et maintenue par la tradition et la succession des évêques.

Pour elle le vicaire sur terre est le Pape dont elle reconnaît le pouvoir.

Le Pape est à la tête du Saint-Siège (composé d’évêques …).

Dès son investiture, le Pape devient le Chef suprême de l’Eglise. Il possède le pouvoir ecclésiastique et il exerce l’autorité en matière de dogme et de morale.

Ses déclarations ex-cathedra sont infaillibles. Tous les Catholiques doivent s’y plier.

* L’Eglise protestante :

Les tentatives de la Réforme de l'Eglise de Martin Luther aboutirent à la rupture avec Rome quand il déclara que la Bible (La Torah) est la seule autorité en matière de foi, quand il ôta tout caractère de sainteté à l'Eglise catholique et quant il octroya à tout le monde le droit de se livrer à l’exégèse. Les Protestants furent alors libres de créer des Eglises nouvelles chaque fois qu’ils doutaient de la sincérité de leur Eglise envers le discours biblique.

C’est au sein de cette Eglise que Calvin annonça l’ère des Ordonnances ecclésiastiques. Il était en désaccord avec les Protestants à propos de la prière sur les morts, de la prière sur les moralisateurs, de l’infaillibilité du pape et de l’immaculée conception de Marie.

* Les Eglises orthodoxes :

Les schisme entre les Eglises Orientales et l’Eglise catholique eut lieu en 1054 de l’ère chrétienne pour deux raisons :

- La conception qu’on a de l’Eglise et de sa structure. Chaque évêque dispose de la liberté doctrinale. Cette Eglise est composée d’un Ensemble d’Eglises indépendantes, représentées toutes par le partriarche de Constantinople. L’unité de ces Eglises, selon les Orthodoxes, est assurée par le Saint-Esprit, le respect de la foi et non l’unité doctrinale. Pour elles, le Christ est le seul chef de l’Eglise.

- Le refus des innovations des dogmes et usages introduits chez les Catholiques (depuis le VIIIème siècle après J.C.), notamment le filioque. Cette Eglise a ses propres Apôtres.

* Les Eglises Orientales :

Les Eglises Orientales sont issues de deux courants qui s’opposèrent aux Conciles du Vème  siècle.

- Le nestorisme qui défend l’existence chez le Christ de deux natures, divine et humaine.

- Les adeptes de la croyance à une seule nature chez Jésus.

Ces Eglises ne sont pas à confondre avec l’Eglise Orthodoxe, même si certaines d’entre elles en dépendent de nos jours.

* L’Eglise anglicane :

L’Eglise anglicane fut créée en 1534 après J.C. et déclara Henri VIII comme son chef, après l’annonce qu’il fit de se remarier, à cause de la stérilité de sa première femme. L’opposition de Rome à ce mariage poussa le Roi au schisme religieux, ce qui conféra à cette Eglise le caractère du patriotisme anglais contre l’autorité papale.

En plus de toutes ces Eglises, certaines sectes chrétiennes occupent une place particulière parmi les masses chrétiennes au vingtième siècle. Je veux parler ici spécialement des Mormons qui ont relancé le débat sur les missions prophétiques. Selon eux, le Testament se compose de l’Ancien Testament qui renferme la Torah de Moïse, des Livres des Apôtres, les Chroniques et du Nouveau Testament avec ses quatre Evangiles et les autres Livres (c’est-à-dire en tout 27 Livres). Ils ajoutent à tout cela “Le Livre des Mormons” qu’ils considèrent comme un Livre Saint. Ils prétendent que le Saint-Esprit a livré ses secrets à leur Prophète Joseph Smith (1833). Leur Livre se compose de quinze grandes parties désignées chacune par le nom de son auteur.

Les Mormons croient que Moroni a dissimulé en 421 après J.C. les écrits qui composent «Le Livre de Mormon» pour les préserver afin qu’ils constituent une preuve de leur foi à la fin des temps. Ce même Moroni aurait été ressuscité, selon les Mormons, et aurait rendu visite à Smith Joseph à qui il aurait livré des secrets et des explications sur ces écrits rédigés en hébreu par des Juifs venus d’Orient qui se seraient établis en Amérique et dont certains d’entre eux auraient été les descendants des contemporains de Jésus.

Dans leur profession de foi, les Mormons déclarent : «Nous croyons au rassemblement des Israélites à la fin des temps et à la réorganisation des dix tribus. Nous sommes persuadés que Sion (la nouvelle Jérusalem) va être reconstruite dans le continent américain, que Jésus en personne va régner sur le monde et que la terre va se renouveler».

Parmi les sectes chrétiennes influentes aujourd’hui, il y a lieu de citer la secte des «Témoins de Jéhovah»(75).

Selon Rouchette, les adeptes de ces différentes Eglises sont comme suit :

- L’Eglise catholique : 840 millions.

- Les Eglises Orientales : 2,5 millions.

- Les Eglises Orthodoxes : 100 millions.

- L’Eglise Anglicane : 60 millions.

- Les Eglises Protestantes : 300 millions.

Il y aurait donc, au total, plus de 1 milliards et 300.000 millions de Chrétiens de par le monde.

Les traductions des Evangiles à notre époque

L’expansion extraordinaire du Christianisme, avec ses différentes doctrines, a nécessité la traduction des Evangiles à différentes langues. En plus de celles qui sont mentionnées dans ce travail, il est utile de mentionner les traductions actuelles et leurs sites à l’internet. Voici ces sites :

www.thechistian.org/bible/bible.htm/

Dans ce site, on trouve la traduction grecque :

Byzantine Greek Text 1991

Wescott 1881

Textus receptus 1550/1894

› deux traductions espagnoles : Reina Valera 1909, Reina Valera 1989

› deux traductions allemandes : Luther 1912, Original Elbergelder 1905

› deux traductions françaises : Darby 1991, Louis Second 1920

› cinq traductions anglaises : New King James Version, King James Version, Revised Standard Version, Translation, John Darby, Translation, Young

On y trouve également une traduction russe et une étude introductive.

Les autres sites à consulter sont :

› pour la traduction vietnamienne :

www.cathlic.org.tw/vntaiwan/vietbibl.html

› pour la traduction chinoise :

www.ifcss.org.Ftp.pub/org/bcec/cbible/bible.html

› pour la traduction indonésienne :

http://Kcm.co.kr/bible/bible.html

› pour la traduction japonaise :

www.ee.uts.ed.au/~hajime/homepage/njb/newtestament.html

› pour la traduction norvégienne :

www.menfak.no/bible

Il existe des tentatives de comparaisons de différentes traductions de l’Evangile dans certains sites, comme celui de Mark Davies où il présente l’Evangile de Luc en trente langues :

http://madavies.for.ilstu.edu/redirect.html

On peut ajouter à cela d’autres sites sur les Eglises chrétiennes, ainsi que les sites des Bibliothèques générales, des Bibliothèques Universitaires Electroniques.

Certains sites présentent les lexiques spécialisés de l’Evangile comme le lexique des noms bibliques (Bible names Dictionary) de Hitchcok, le lexique des termes prophétiques (Dictionary of Prophecy Terms) de Jack Van Impe et le lexique évangélique de Baker.

Propos du Saint-Coran sur Jésus (que la paix soit sur lui)

Dieu a dit :

«Nous avons envoyé Noé et Abraham. Nous consacrâmes, dans leur lignée, le don de prophétie ainsi que l’Ecriture révélée. Il y en eut parmi eux de vertueux, mais la plupart dévièrent de leur sainte tradition.

Vinrent ensuite successivement sur leurs traces Nos autres prophètes, suivis à leur tour par Jésus, à qui Nous donnâmes l’Evangile. Nous inspirâmes douceur et charité à ses disciples. Nous leur fîmes aimer aussi la vie monacale. Cette règle ne leur fut point imposée. Ils l’avaient d’eux-mêmes adoptée, pour être plus en grâce auprès de Dieu; ils ne surent pas, par la suite, l’observer dans sa rigueur. Ceux d’entre eux qui avaient cru, reçurent de Nous leur récompense. Mais la plupart sont des pervers.»

[Le Fer : 26-27]

«Jésus, fils de Marie, envoyé par Nous, eut à recueillir la succession des Prophètes d’Israël; il vint confirmer la Torah précédemment révélée. Nous lui donnâmes l’Evangile, guide lumineux, faisant écho à la Torah, et admonition aux âmes pieuses.»

[La Table servie : 46]

Dieu, s’adressant à Jésus, fils de Marie, lui dira :

«Rappelle-toi Jésus, fils de Marie, Mes bienfaits envers toi et ta mère ! Je t’ai donné pour soutien le Saint-Esprit. Dès le berceau, tu parlais à la foule, comme plus tard homme fait. Je t’ai enseigné le Livre, la Sagesse, la Torah et l’Evangile. Tu te mis, avec Ma permission à modeler de la terre en forme d’oiseau et la terre se faisait oiseau, de par Ma volonté ! Tu guérissais l’aveugle-né et le lépreux avec Ma permission, tu faisais aussi, avec Ma permission, ressusciter les morts ! Tant de preuves évidentes devaient convaincre les fils d’Israël. Certains d’entre eux, cependant, incrédules, s’écriaient : «Ce n’est que pure magie !»Tu fus tenu par Moi à l’abri de leur complot».

«Par révélation expresse de Moi, J’ai enjoint aux Apôtres : «Croyez en Moi et en Mon Prophète !» Ils s’écrièrent aussitôt : «Nous croyons en vérité ! Sois témoin que nous sommes soumis à Dieu!».

«Il vint un jour où les Apôtres dirent à Jésus : «O Jésus, fils de Marie, Ton Maître pourra-t-il faire descendre du ciel, à notre intention, une table chargée de mets ? - Eh quoi ! fit Jésus. Ne seriez-vous pas croyants ? Ne craignez-vous pas Dieu ?»

«Oui, nous voulons en manger : nous en aurons ainsi le cœur net, serons plus sûrs que tu nous dis la vérité et pourrons nous en porter témoins».

«Mon Dieu, ô Notre Maître, dit alors Jésus, fais descendre du ciel, à notre intention, une table toute servie qui marquera pour les premiers comme pour les derniers d’entre nous une fête à célébrer, et qui sera un Signe de Ta part. Nourris-nous, Seigneur ! N’es-tu pas le meilleur des donateurs !»

«Soit ! répondit le Seigneur mais à celui d’entre vous qui sera ensuite incrédule, je ferai subir un tourment tel que nul autre au monde n’en connaîtra de pareil !»

«Vint un jour où le Seigneur dit à Jésus : «Est-ce toi, Jésus, fils de Marie, qui as dit aux hommes de te prendre, toi et ta mère pour divinités, en dehors de Dieu ?» Jésus répondit : «Que Ton nom soit glorifié, Seigneur ! Comment pourrais-je en vérité le proclamer, n’en ayant nullement le droit ! Tu l’aurais su, Seigneur, si je l’avais proféré, car Tu connais le fond de ma pensée, mais je ne sais rien de la Tienne, il n’est point de mystère que Ta sienne ne puisse dévoiler.»

«Qu’ai-je pu dire aux hommes, sinon ce que Toi-même m’as ordonné, à savoir : “Adorez Dieu, Mon maître et le vôtre !» Je peux en porter témoignage à leur encontre pour le temps que j’ai vécu parmi eux. Mais une fois que Tu m’as rappelé à Toi, Toi seul désormais les observais, car de toute chose Tu es le témoin.»

«Si tu ordonnes leur châtiment, Tu agiras en Maître; car ils sont Tes créatures; si Tu leur pardonnes, n’es-Tu pas le Tout-Puissant, le Sage par excellence ?»

[La Table servie : 110-118]

«Lorsque Jésus se fut présenté, nanti de preuves, il a dit : «Je vous apporte la sagesse et viens vous expliquer certains points qui vous divisent. Craignez Dieu et suivez-moi !

Dieu, en vérité est mon Maître et le vôtre. Servez-le, voilà la voie droite.

Mais bientôt, des sectes rivales se disputèrent à son sujet. Malheur aux injustes, ils subiront les rigueurs d’un jour terrifiant»

[Les Ornements : 63-66]

«Jésus, fils de Marie, avait dit : «Ô fils d’Israël, je suis le Messager de Dieu auprès de vous, je viens vous confirmer la Loi qui m’a précédé, et annoncer l’avènement d’un messager du nom d’Ahmed». Mais lorsque celui-ci est venu leur en fournir les preuves, ils se sont écriés : «C’est manifestement de la magie».

Il n’est pire fauteur d’iniquité que celui qui se paye de mensonges au sujet de Dieu alors qu’on le convie à l’Islam. Dieu ne dirige point un peuple pervers.»

[Le Rang : 6-7]

«Qu’il soit fait aussi mention de Marie dans l’Ecriture. Elle alla s’isoler loin des siens dans un lieu situé à l’est de la ville.

Elle étendit un voile entre elle et le monde. Nous lui envoyâmes alors Notre esprit qui revêtit pour elle une forme humaine accomplie.

«Que puis-je faire contre Toi, sinon me réfugier en la miséricorde du Seigneur ! Ah ! Puisses-tu être pieux !»

«Mais je ne suis, dit l’ange, qu’un messager de Mon Seigneur, venu pour t’offrir un garçon de pure essence.»

Elle dit : «Comment pourrais-je avoir un enfant ? Ancun mortel n’a eu de rapports avec moi et ne suis point de mœurs dissolues.»

L’ange dit : «Il en sera ainsi. Ton Maître a dit : cela sera aisé pour Moi. Nous ferons de lui un Signe pour les hommes et une Grâce émanant de Nous.». Et il en fut ainsi.

Elle le conçut et se retira dans un lieu écarté.

Saisie par les douleurs de l’enfantement, elle alla se réfugier au pied d’un palmier. Elle dit : «Ah ! Puissé-je être morte et tomber à jamais dans l’oubli».

Une voix l’appela de dessous d’elle : «Ne t’afflige pas. Dieu a mis à tes pieds une source.

«Secoue vers toi le tronc du palmier : il en tombera sur toi des dattes fraîches et mûres.

«Mange ! Bois ! Réjouis-toi ! S’il t’arrive de rencontrer quelqu’un dis-lui : J’ai fait un vœu d’un jeûne au Seigneur, je ne parlerai aujourd’hui à nul être humain».

Elle retourna bientôt auprès des siens, portant le nouveau-né : «Ô Marie, lui dirent-ils, quelle infamie as-tu commise !

«Sœur d’Aaron, ton père n’a jamais été un méchant homme, ni ta mère une femme de mœurs dissolues».

Marie leur fit signe de s’adresser à l’enfant. “Comment, s’étonnèrent-ils, parlerons-nous à un enfant encore au berceau ?»

«Je suis, leur répondit l’enfant, un serviteur de Dieu. Il m’a donné l’Ecriture et fait de moi un Prophète.

«Il a fait de moi une source de bénédiction où que je sois; Il m’a ordonné la prière et l’aumône pour la durée de mes jours.

«Ainsi que d’être bon envers ma mère. Il n’a point fait de moi un être violent voué au mal.

«La paix soit avec moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai et le jour où je serai ressuscité».

Voilà, en vérité ce que fut Jésus, fils de Marie, qui a soulevé et soulève encore tant de querelles.

Dieu saurait-Il jamais se donner un fils ? Sa Gloire ne peut y consentir. Quand Il décide une chose, Il lui suffit de dire : «Sois». Et elle est.»

[Marie : 16-35]

J’ai pensé conclure cette étude sur la langue originale du Message prophétique de Jésus (que la paix soit sur lui) par ces versets qui sont le flambeau qui enraye toute suspicion sur la Révélation de Jésus, Messager de Dieu, Verbe divin et Saint-Esprit. Ce sujet m’a préoccupé depuis que je me suis inscrit au Département d’études araméennes et hébraïques à Madrid. Je me rappelle qu’en 1987, une enseignante de littérature talmudique, nous avait distribué un texte du Livre des Dommages. Ce texte contenait des propos insultants et grossiers à l’égard de Jésus (que la paix soit lui). Nous étions alors trois étudiants : Un Musulman, une Juive et un prêtre chrétien. Notre irritation était à son comble dans la pièce exiguë où nous nous trouvions. Le prêtre se mit en colère. L’enseignante et l’étudiante juive rougirent de honte. Quant à moi, je me mis à fouiller dans mon cartable pour y retirer l’exemplaire du Saint Coran que j’ai transporté avec moi durant toutes les années que j'ai passées à l’Université. J’ai lu alors à l’assistance les derniers versets de la sourate de «La Table servie» et j’ai traduit, en toute sérénité, leur contenu. Le prêtre se calma et il y eut un retour à la normale dans la pièce. L’enseignante poursuivit l’explication de son texte. Je me suis rappelé alors les paroles d’An-Najâchî, ce Roi chrétien qui, selon les propres dires du Prophète Mohammad (que la paix soit sur lui), ne pouvait admettre qu’on soit injuste, en sa présence, vis-à-vis d’autrui. Il avait dit à ceux qui ont émigré avec le Prophète (que la paix soit sur lui) et qui sont venus lui lire ce que dit le Saint Coran à propos de Jésus, fils de Marie, alors qu’il s’apprêtait à livrer les prisonniers musulmans à Quraïch : «Entre la Révélation de Mohammad et celle de Jésus, il n’y a pratiquement pas de différence. Les deux hommes sont porteurs du même Message».

Le Saint Coran a présenté le Christianisme comme une religion céleste dont l’apport à l’Humanité fut considérable. Il a levé toutes les ambiguïtés sur la vie de Jésus (que la paix soit lui) et a réfuté toutes les allégations des égarés qui ont rejeté l’appel du Ciel et qui n’ont pas voulu médité la portée mystérieuse des miracles.

Les sourates coraniques qui mentionnent Jésus, fils de Marie, reconnaissent que Dieu a révélé à ce Prophète une mission divine qui se trouve consignée dans l’Evangile, Livre plein d’enseignements pour l’Humanité.

Il n’existe pas, sur le Christianisme, une source plus sûre que le Saint Coran, notamment après la destruction des écrits à tendances monothéistes par les Eglises Chrétiennes orthodoxes. Si, de notre côté, nous nous sommes basés sur le Saint Coran pour analyser le problème de la langue originale du Message de Jésus (que la paix soit sur lui), nous avons, en revanche, mis l’accent, dans la présente étude, sur la portée des écrits chrétiens eux-mêmes dont nous avons mentionné les sites sur internet.

Notes

1. Evangile Matthieu - Chapitre 5 : 17.

2. Expository Times, 67, 1955-1956, pp. 92-93.

3. Ibid, p. 246, p. 317.

4. Historia de la lengua hebrea, Angel Saenz Badillos, pp. 170-171.

5. Fitzmyer, C.B.Q., 32, 1970, pp. 504-505.

6. Dalman, G. Jesu Mutter Sprach, Leipzig, 1896.

7. Dupont - Sommer A., «Les Araméens», Paris, 1949, p. 99. Voir aussi «Les langues araméennes du Ghabot».

8. «Jésus der Galili» en Die arber in der Altern Welt, Berlin, 1966.

9. Serget S., en Aror 25 et 1957, pp. 21-37.

10. Jean (20 : 11-16).

11. Marc (5 : 41-42).

12. Jean (19 : 19-22).

13. Luc (23 : 38).

14. Marc (25 : 17 et 26), Voir Matthieu (27 : 37).

15. Le Nouveau Testament : Luc, Chapitre 34, dans : Testamentum Arabici, Exbibliotheca Novun DN. Jesu Christi, Leidensi, Edent. Thoma Erpeino, Leiden, 1616.

16. Matthieu (27 : 46-47).

La phrase : «Eli, Eli, Lema Sabactani» est mentionnée dans l’édition arabo-française, Beyrouth, 1995. Elle est mentionnée également dans l’édition de Dâr Al Kitâb Al Muqaddas, 1991.

On peut la lire aussi dans :

«El Nuevo testamento» de Siodoro de Reino. Cet ouvrage a été publié en 1569 et revu en 1602. Publications de New York Society, Voir Matthieu (27 : 46-47).

17. Actes des Apôtres (2 : 1-11).

Voir aussi les Evangiles de Marc et Luc.

18. Actes des Apôtres (2 : 1-11).

19. Actes des Apôtres (9 : 29).

20. Actes des Apôtres (11 : 37-40).

21. Matthieu : (13 : 34)

22. Matthieu : (27 : 46)

23. Matthieu : (5 : 17)

24. Matthieu : (15 : 24)

25. «Le Christianisme, des origines au Concile de Nicée». Encyclopédie de la Pléiade, Histoire des Religions, Tome II, p. 190.

26. Voir les détails de cet événement dans l’ouvrage de Josèphe Flavius, intitulé «Les guerres juives», Tome IV, Chapitre XV sur Hérode Le Grand.

27. A propos de la générosité manifestée par Auguste à l’égard d’Hérode, voir : Flavius Josèphe, Tome IV, pp. 84-87.

28. A propos des détails de ce litige, voir : Flavius Josèphe, Chapitres IV, V, VI, VII et VIII.

Pour plus de détails sur le partage du Royaume par l’empereur Auguste et sa répartition entre les trois fils d’Hérode, voir Flavius Josèphe.

29. Pour plus d'informations sur les sectes juives, voir : Fray Hieronimo Roman : «Republicas del mundo. Republica christiana», Folio 69, 73 Tome I, Salamanca 1579.

30. Marc (8 : 11).

31. Matthieu (3 : 29).

32. Matthieu (3 : 29).

33. Taylor, V. «The Lige and Ministry of Jesus», London, 1954.

Goguel, M. «Jésus», Paris, 1950.

34. David, S. : «La vie du Christ».

Renan, E. : «La vie du Messie».

35. Voir par exemple les écrits de Nietczhe et Volney sur cette question. Lire sur Internet : «Did Jesus really live ?»

WWW. SOUTHCOM.COM.AU/..^ CAMRIVER/DIDJES.

Christians were in the habit go meeting on a certain fixed day before it was light, when thez sang in sltermate yerse of a hymn to Christ as to as God, an bound themselves to a solemn dath, not to do any wicked deeds, and never to deny a truth chen they when thez should be called upon to deliver it up.

36. He falsely charged with the guilt, and punished with the most exquisite tortures, the persons commonly called christians, who hated for their enormities. Christus, the founder of the name, was put to death by Pontius Pilate, procurator of judea and the reign of Tiberius : but the pernicious superstition, repressed for a time broke out again, not only through judea where the mischief originated, but through the city of Rome also (annals XV).

Voir L’Epître n° 10 de Pline le Jeune. (96).

37. Lire les références relatives au Donatisme et les poursuites que subirent les Chrétiens du temps de Néron.

38. Wow, there was about this time, Jesus a wise man. If be lowgue to call him a man. gor he wos ader of wonderful works … a cracher of such men as receive the truth with pleasure. He drew ever to him both many of the jews and many gentiled. He was the Christ.

39. Luc (13 : 31-35)

40. Matthieu (21 :  12)

41. Matthieu (22 : 21)

42. Marc (1 : 14-15).

43. Les Romains (1 : 16-17).

44. «Al Fasl …» de Abû Mohammad Ibn Ahmad Ibn Hazm Addhâhirî. Tome II, p. 2. Imprimerie littéraire, Egypte 1317 de l’Hégire.

45. Voir les Encyclopédies «Encarta» et «Britanica» (Le Nouveau Testament)

46. Authentification de Mohammad Ach-Charqâwî. Dahru al Hidâyati, Tome II, Egypte, 1986.

47. Publications de l’Université Islamique de Médine. Médine (ouvrage non daté).

48. Authentification de Mohammad Al-Charqâwî. 1405 de l’Hégire.

49. Bulletin de Dâr Asshwati, 1986.

50. Manuscrit à la Bibliothèque Nationale de Madrid n°4499.

51. Timothée II (3 : 15-17)

52. Jean (8 : 1-8)

53. Luc (24 : 44-46)

54. Matthieu (28 : 19)

55. Gospel a word of anglo-saxon origin and meaning «God’s spell» i.e. word of god or rather, according to others «Good spell» i.e. good news. It is the rending of the Greek evangelion i.e. «Good message» Bible Dictionary, Eston

www.biblestools.netLLdictionaries/eatonbibledictionary.

56. Bulletin de l’Association du Livre Saint. Beyrouth 1992.

57. Ibn Hazm : «Al Fasl...» Op.cité.

58. J. W Mc.Garvy : «A guide to Bible study»

www.Mc.garvey.aguide to bible study.html

59. Jean (21 : 25)

60. Voir «Préface de l’Evangile», Association du Livre Saint, Liban,  Première édition, 1995.

61. Les Colossiens (4 : 15-16).

62. Lagrange, M.J. M : «Histoire ancienne du Nouveau Testament», Paris, 1933.

63. Voir «Encarta» (Le Nouveau Testament)

64. Voir «Britanica» (New Testament : Canon, texts and versions)

65. Emmanuel Bozzi : «La Bible nous est-elle parvenue sans erreurs ?» in www.bibliste.com/manuscrit.html

66. Corinthiens II (2 : 17)

67. Corinthiens II (4 : 2)

68. Jean (22 : 18-19)

69. Luc (3 : 23)

70. Robert Amblain, «Jésus ou le mortel secret des templiers», Paris 1970, pp. 371-389.

71. Cheikh Si Hamza Boubacar, Traité moderne de Théologie islamique, Paris, 1993, pp. 143-144 (50).

72. «Al Fasl …» d’Ibn Hazm.

Telfizian, Lisa : «Les rameaux du Christianisme» in «Le Nouvel Observateur» N° 35, 1998.

73. Pour de plus amples détails sur «Concile», voir : «Le Christianisme jusqu’à 325» de Etienne Troomé, dans «Histoire des religions», La Pléiade), Tome II, pp. 351-365.

74. www.geocties.com/athens/acropolis/ch5html

75. Sur cette secte, voir : «Razonamiento à partir de las escrituras», p.380, Rome, Imprimerie «Les Témoins de Jéhovah», 1989.

Références relatives à la langue parlée

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- Badillos, A.S.

«Historia de la lengua hebrea»

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Coleccion : Estudios Orientales

Sabadell 1988.

- Barr, J.

«Which language did Jesus speak ?»

Some remarks of a semitist

B.J.R.L., 53, 1970, pp. 9-29.

- Cantineau, J.

«Quelle langue parlait le peuple en Palestine au premier siècle de notre ère ?»

Semitica, 5, 1955, pp. 99-101.

- Cavalletti, 5

«Ebraico biblico ed Ebraico mishnico»

Sefarad 17, 1957, pp. 122-129.

- Chomsky, W.

«What was the Jewish vernacular ?»

The second common wealth

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- Dalman, G.

«Gramatic des Jüdisch-Plästinschen aramaisch», 1950.

«Jesus-Jeshua, dei drei sprachen Jesus», Leipzig 1922.

- Diez Macho Alejandro

«La lengua hablada por Jesucrito», OrAnt 2, 1963, pp. 95-132.

«La lengua hablada por Jesucrito», Buenos Aires, 1963, Reed, Madrid, 1976.

- Draper, H.M.

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- Fitzmyer, J.

«The Language of Palestine in the first century a.d.»

CBQ 32, 1970, pp. 501-531.

- Goodenough, E.R.

«Jewish symbols in the Greco-Roman Period»

12 vol. New York, 1955/1956.

- Gundry, R.H.

«The language Milieu of 1st century Palestine». JBL

83, 1964, pp. 404-408.

- Kutscher, E.Y.

«Dar Zur Zeit Jesu gesproschene Aramaïsch Zeitsschrift firdie».

ZNM 51, 1960, pp. 54-56.

- Lieberman, 5.

«Greek in Jewish Palestine»

New York, 1942.

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««Un die Muttersptache jesu». Forschungen seit Gustaf Dalman»

NT 9, 1967, pp. 19-24.

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«Hebrew and Aramaic in the first century, the Jewish people in the first century». S. Safari - M. Stern eds. Assen/Amsterdam, V.II 1007-1009.

- Russel, J. K.

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