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Dr
Abdel Aziz Chahbar
Section II
Les documents à la disposition de l’Humanité contemporaine
qui permettent de déterminer les contours de la mission
De
la composition de l’Evangile :
Dans
l’Evangile de Marc (1 : 14-15), on lit ceci :
«Après
que Jean eut été mis en prison, Jésus se rendit en Galilée;
il y proclamait la Bonne Nouvelle venant de Dieu. «Le moment
fixé est arrivé, disait-il, car le Royaume de Dieu s’est
approché ! Changez de comportement et croyez à la Bonne
Nouvelle !»(42)
Dans «Les
Romains» (Chapitre 1), on lit ceci :
«C’est
sans crainte que j’annonce la Bonne Nouvelle : elle est en
effet la force dont Dieu se sert pour sauver tous ceux qui
croient, les Juifs d’abord, mais aussi les non-Juifs. En
effet la Bonne Nouvelle révèle comment Dieu rend les humains
justes devant lui : c’est par la foi seule, du commencement
à la fin, comme l’affirme l’'Ecriture : Celui qui est juste
par la foi, vivra»(43).
Dans son
ouvrage «Al faslu fî al milali wa annihali», Ibn Hazm écrit
ceci : «Nous n’avons pas besoin d’user d’arguments pour
prouver que les Evangiles et l’ensemble des Livres des
Chrétiens ne sont pas des Révélations de Dieu, ni même de
Jésus (que la paix soit sur lui). Quant aux Chrétiens, ils
ont été conséquents avec eux-mêmes, car ils n’ont jamais
prétendu que les Evangiles ont été révélés à Jésus par Dieu,
ni que Jésus les leur a révélés. Ils sont tous d’accord,
toutes tendances confondues (Ariens, Nestoriens, Maronites,
Jacobites …) pour dire qu’il y a en tout quatre Livres
écrits par quatre personnes à des époques différentes(44).
Les
sources occidentales affirment l’inexistence des sources
premières écrites par jean, Rue, Mathieu et Marc. Les
Evangiles qui leur sont attribués n’ont pas été rédigés par
eux(45).
Avant de
nous étendre sur ces quatre Evangiles, nous voudrions
rappeler qu’ils ont tous été soumis, à travers leur
histoire, à cinq types de critiques :
1. La
critique historique
Dans la
critique historique, les chercheurs ont analysé les
événements rapportés dans les Evangiles et les ont comparés.
Les résultats auxquels ils sont arrivés démontrent que le
contenu des textes évangéliques reflète la mentalité et les
représentations de leurs auteurs, eu égard à leurs
connaissances très réduites qu’ils avaient de la science
historique.
2. La
critique philologique
La
critique philologique a adopté une méthodologie particulière
dans la compréhension de la langue des auteurs des Evangiles
et la comparaison de cette langue avec les données propagées
par la philologie des langues dominantes, à l’époque où ces
Evangiles ont été composés.
Cette
critique a, de même, mis l’accent sur l’interrogation à
propos de la langue de Jésus et sur la capacité de la langue
grecque à traduire le discours araméen, surtout que la
plupart des études faites dans ce domaine affirment que
Jésus parlait l’araméen et qu’il a appris le latin à une
époque où la langue et la culture helléniques étaient
dominantes.
Ce type
de critique a permis de comparer la langue des textes
évangéliques avec les langues de ceux qui les ont conçus à
des époques antérieures, surtout que les significations de
certains vocables, au sein d’une même langue, n’étaient pas
les mêmes d’une province à une autre.
3. La
critique rationaliste
La
critique rationaliste a démontré certaines vérités que
l’exégèse n’arrive pas à rendre compatibles avec la raison.
Ce type de critique a eu recours à des données de
l’Histoire, de l’histoire des langues grecque et araméenne
ainsi que du patrimoine culturel de l’Orient antique et des
mondes hellénique et romain.
4. La
critique dite standard
La
critique dite standard a eu besoin de données externes en
vue de confirmer la compatibilité ou la non-compatibilité
des textes évangéliques avec les convictions spirituelles et
éthiques adoptées par les sectes chrétiennes.
5. La
critique des savants musulmans
Si les
types de critiques bibliques susmentionnées s’appuient sur
le texte évangélique en vue de le plier à la raison ou de
confirmer les données qu’il charrie ou de justifier, le cas
échéant, son contenu, il faut souligner ici qu’un intérêt
particulier a été accordé aux Textes de l’Evangile par les
savants musulmans tels que Ibn Al Qayyim Al-Jawziyya, Al
Jâhidz, Ibn Taymiyya, Ibn Hazm, Al Ansârî, Afuqây Al Hâjirî
et bien d’autres.
Ces
penseurs ont analysé les Ecritures à travers la conviction
qu’ils ont que la véritable religion pour Dieu ne peut être
que l’Islam et ce, depuis Adam jusqu’à Mohammad (que la paix
soit sur lui). Ils ont ainsi identifié les idées
ecclésiastiques qui se sont développées après Jésus et que
les Evangélistes ont introduites dans leurs Evangiles. Puis
ils ont réfléchi sur les Textes évangéliques en se basant
sur l’Evangile original révélé à Jésus (que la paix soit sur
lui) et ont conclu que les quatre Evangiles sont des textes
apocryphes, ou du moins, comportent des falsifications
qu’ils ont eu soin de repérer et dont ils ont longuement
discuté les causes et l’origine. Ils ont également discuté
et critiqué les croyances sur lesquelles ces Evangiles se
sont basés comme la trinité, la consubstantialité, le
caractère divin de Jésus, sa nature de Fils de Dieu, etc …
Les
savants musulmans ont écrit un nombre considérable
d’ouvrages pour démontrer aux Chrétiens ce qu’il y a de faux
et de mythique dans leurs Livres Saints. Ils ont suivi des
méthodes diverses dans l’étude du Christianisme. Ainsi, par
exemple, certains d’entre eux se sont intéressés à la
phraséologie évangélique pour relever les nombreuses
contradictions qui l’émaillent. D’autres se sont attaqués
aux sources de ces Livres. D’autres encore ont adopté les
deux méthodes précédentes. Voici quelques-uns des titres des
ouvrages les plus célèbres.
* Imâm Al
Ghazzâlî : «Arraddu aljamîlu li ilâhiyati ‘Isâ bi sarîhi al
injîli»(46).
* Ibn Al
Qayyim Al Jaziyya : «Ajwibatu al hayârâ fî arraddi ‘alâ
alyahûdi wa annasârâ»(47).
* Ibn
Hazm : «Al faslu fî alahwâi wa al milali wa annihali».
* Al
Jâhidz : «Arrisâlatu al muktâratu fî arraddi ‘alâ annasârâ»(48).
* Jawâbu
Abî Al Walîd Al Bâjî ‘alâ risâlati râhibi faransâ ilâ al
muslimîna(49).
*
Annasîhatu alimâniyatu fî fadhîhati almillati annasrâniyyati.
*
Maqâmi’u hâmâti assulbâni wa marâti’u rawdâti al imâni.
*
Risâlatu assâili wa al mujîb wa masîru addîni ‘alâ al qawmi
al kâfirîna.
* ‘Abd
Allah al Kâtib : «Le Christianisme»(50).
Nous ne
disposons d’aucune preuve de l’existence d’un Evangile
intégral et original, c’est-à-dire rédigé directement à
partir des discours prononcés par Jésus lui-même.
Tous les
auteurs des Evangiles ont déclaré que leurs ouvrages sont
des autobiographies de Jésus (que la paix soit sur lui) qui
relatent la Bonne Nouvelle venant de Dieu. Ce sont là des
récits relatifs à la vie de ce Messager que le Seigneur de
l’Univers a envoyé aux Israélites afin qu’il leur explique
la religion. Ces auteurs n’ont jamais prétendu que ces
Evangiles comportent le Texte intégral de la mission céleste
telle qu’elle a été transmise par Jésus (que la paix soit
sur lui).
Dans
Timothée II (3 : 15-17), nous lisons ceci :
«Depuis
ton enfance, tu connais les Saintes Ecritures; elles peuvent
te donner la sagesse qui conduit au salut par la foi en
Jésus-Christ. Toutes les Ecritures sont inspirées de Dieu et
sont utiles pour enseigner la vérité, réfuter l’erreur,
corriger les fautes et former à une juste manière de vivre,
afin que l’homme de Dieu soit parfaitement préparé et équipé
pour faire toute action bonne».(51).
Il s’agit
là d’une lettre de Saint Paul à son fils Timothée à propos
des Saintes Ecritures que ce dernier a connues depuis sa
tendre enfance. Il peut être dit que, par les Saintes
Ecritures mentionnées dans cette lettre, il est fait
allusion à l'Ancien Testament (la Torah) et les Livres des
Premiers Prophètes, mais une lecture littérale du Texte nous
incite à croire qu’il s’agit aussi de l’Evangile, et plus
spécialement de l’Evangile de Jésus. Nul doute que la phrase
«Toutes les Ecritures sont inspirées de Dieu et sont utiles
pour enseigner la vérité, réfuter l’erreur, corriger les
fautes et former à …» signifie qu’il s’agit des Ecritures
Saintes qui sont une inspiration de Dieu, c’est-à-dire le
recueil de Textes composé directement à partir des discours
prononcés par Jésus lors de sa prédication. Il est fait
mention ici des Ecritures (qui sont d’inspiration divine)
pour les distinguer des Livres qui ne comportent pas de
discours cohérents, c’est-à-dire des Livres non inspirés par
Dieu.
Or, il
faut bien noter ici que la phrase précédente a été traduite
par une autre formule qui lui donne une toute autre
signification. Voici cette traduction comme on la retrouve,
par exemple, dans l’édition de l’Alliance biblique
française, publiée en 1996 :
«Toute
Ecriture est inspirée de Dieu et est utile pour enseigner la
vérité, réfuter l’erreur, corriger les fautes et former à …»
Si dans
l’Evangile de Jean, il est fait mention d’un indice qui
permet de croire que Jésus savait écrire, on ne trouve, par
contre, nulle part, aucune phrase qui prouve qu’il a rédigé
lui-même l’Evangile ou qu’il a ordonné à ses disciples de le
faire.
Il est
possible que Jésus se soit contenté de s’adresser oralement
aux foules, car les sociétés antiques usaient beaucoup plus
du discours parlé que du discours écrit et, il est de
notoriété publique que l’époque de Jésus était celle de la
floraison des orateurs éloquents. Voici ce que dit, dans ce
sens, l’Evangile de Jean (8 : 1-8) :
«Jésus se
rendit au mont des Oliviers. Tôt le lendemain matin, il
retourne dans le Temple et tous les gens s’approchèrent de
lui. Il s’assit et se mit à leur donner son enseignement.
Les maîtres de la loi et les Pharisiens lui amenèrent alors
une femme qu’on avait surprise en train de commettre un
adultère. Ils la placèrent devant tout le monde et dirent à
Jésus : «Maître, cette femme a été surprise au moment même
où elle commettait un adultère. Moïse nous a ordonné dans la
loi de tuer de telles femmes à coups de pierre. Et toi,
qu’en dis-tu ?
Ils
disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir
l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le
doigt sur le sol. Comme ils continuaient à le questionner,
Jésus se redressa et leur dit : «Que celui d’entre vous qui
n’a jamais péché lui jette la première pierre. Puis il se
baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol».(52).
Dans
l’Evangile de Luc (24 : 27), il est écrit que, lorsque Jésus
a rencontré deux de ses élèves qui se rendaient à Emmaüs,
«Il leur expliqua tout ce qui était dit dans tous les Livres
Saints, en commençant par les Livres de Moïse et en
continuant par tous les Livres des Prophètes». Dans le même
chapitre de cet Evangile, Jésus dit à propos de ses élèves :
«Alors, il leur ouvrit l’intelligence pourqu’ils comprennent
les Ecritures, et il leur dit : «Voici ce qui est
écrit».(53).
Jésus
communiquait oralement son enseignement à ses disciples et
rien ne prouve que l’Evangile a été rédigé à son époque. Les
disciples ont été sommés de mettre à exécution cet ordre
qu’on peut lire dans Matthieu (28 : 19) : «Allez donc auprès
des gens de toutes les nations et faites d’eux mes
disciples».(54).
Mais
après un certain temps, la transcription des Ecritures fut
imposée par les circonstances … Les Evangiles furent alors
rédigés et signés par leurs auteurs, mais personne ne
s’intéresse à l’Evangile de Jésus comme un Livre révélé.
Quand on lit ce que dit l’Ancien Testament à propos de
l’Evangile de Jésus, on a beaucoup plus l’impression qu’il
s’agit là d’une Bonne Nouvelle (Gospel) plutôt que d’un
Livre révélé(55).
D’aileurs,
le terme «Evangile» a été employé pour désigner, non pas le
Livre révélé, mais la mission dont a été chargé Jésus. Voici
ce qui est dit dans la préface de l’Evangile publié par
l’Association du Livre Saint (4ème édition, 1992) : «Au
départ, ce vocable (l’Evangile) fut employé pour désigner la
mission qui a été échue à Jésus et qui consistait à établir
solidement le Royaume de Dieu sur Terre. C’est donc un
vocable qui est inhérent à la mission de Jésus, au point
qu’il est permis de dire que l’Evangile, c’est Jésus
lui-même, c’est-à-dire la Bonne Annonce qui a été faite à
toute l’Humanité».(56).
A ce
point d’analyse, apparaît la pertinence du jugement émis par
Ibn Hazm dans la discussion qu’il a faite des Evangiles.
Voici ce qu’il a dit :
«Il
s’agit là de quatre récits historiques parus à des époques
différentes et qui sont l’œuvre de quatre personnalités
célèbres. Le premier récit est celui de Matthieu le
Lévitique, disciple de Jésus. Il l’a écrit en hébreu, à
Judée, neuf ans après l’ascension de Jésus. Il renferme
vingt huit chapitres.
Le
deuxième récit est celui de Marc, disciple de Siméon, fils
de Thomas surnommé «Batra». Il l’a écrit en grec à Antioche,
vingt deux ans après l’ascension de Jésus. On a dit que
c’est Siméon, disciple de Jésus qui l’aurait écrit et
attribué à son disciple Marc. Il renferme vingt quatre
chapitres.
Le
troisième est une œuvre écrite en grec (après l’œuvre de
Marc) par le médecin d’Antioche, disciple de Siméon «Batra».
Il s’agit de Luc.
Le
quatrième est l’œuvre de Jean, disciple de Jésus. Il l’a
écrit en grec, une soixantaine d’années environ après
l’ascension du Christ. Il renferme vingt quatre
chapitres."(57).
Ibn Hazm,
on l’aura remarqué, parle de «récits historiques» qui furent
appelés «Evangiles» et, ce qu’il dit est pertinent et sera
confirmé dans les écrits mêmes de certains chercheurs
chrétiens.
A partir
de l’an 70 de l’ère chrétienne, on assista à une activité
intense dans le domaine de la production des œuvres de
l’esprit et de la publication. C’est ainsi qu’on élabora les
Evangiles, les Lettres et les vingt sept Livres qui
composent le Nouveau Testament. Ces ouvrages relatent, d’un
point de vue purement chrétien, l’enseignement de Jésus
ainsi que les événements qu’il a vécus.
Les
«Actes des Apôtres» relatent l’histoire du Christianisme en
Palestine et ailleurs. Quant aux «Lettres», elles ont été
envoyées par Paul aux communautés chrétiennes établies en
dehors de la Palestine.
A noter
ici que les auteurs des Evangiles n'ont jamais prétendu
avoir noté tout ce que Jésus a prêché ou tout ce qu'il a pu
accomplir comme actions. Leurs ouvrages, selon leur propre
opinion, ne sont que des biographies succinctes(58).
Dans
l’Evangile de Jean (21 : 25), il est dit ceci :
«Jésus a
fait encore beaucoup d’autres choses. Si on les racontait
par écrit l’une après l’autre, je pense que le monde entier
ne pourrait pas contenir les livres qu’on écrirait».(59).
Ceci veut
tout simplement dire que les Evangiles ne correspondent
aucunement au message révélé à Jésus (que la paix soit sur
lui).
Au IIème
siècle de l’ère chrétienne, les Evangiles furent considérés
comme «une annonce au message de Jésus, faite par Matthieu,
Marc, Luc et Jean qui ont écrit leurs Livres grâce à
l’inspiration émanant du Saint-Esprit. De ce fait, ces
Livres sont devenus «Verbe divin vivant»(60). Ceci veut dire
que Dieu aurait opéré des modifications dans son Message. Il
lui aurait tronqué des parties et rajouté d’autres pour le
révéler, de nouveau, sous une forme plus châtiée, à des
personnes autres que Jésus. Or, ces agissements ne peuvent
nullement être attribué à Dieu qui connaît parfaitement le
bien-fondé de son Message, qui sait comment il doit le
révéler dans son intégralité et à qui, parmi les Apôtres, il
doit le confier. Si donc, on prétend que Matthieu, Marc, Luc
et Jean ont reçu, chacun, une Révélation, il ne peut alors
s’agir que d’un (ou des) Message(s) qui n’a (n’ont) aucun
lien avec la religion chrétienne attribuée à Jésus.
Notre
présenté étude porte, naturellement, sur la mission céleste
telle que Jésus l’a reçue et telle que, lui, l’a transmise,
par sa propre bouche, aux hommes.
D’un
autre côté, si on croit vraiment que la Révélation a été
reçue par ces Apôtres ou que Dieu leur a parlé par un
certain biais, pouquoi donc fallait-il que la Révélation fût
véhiculée par quatre Evangiles, qui apparaissent à la même
époque et qui présentent entre eux des dissemblances énormes
? Que ceci soit l’œuvre de Dieu est un non-sens !
Par
ailleurs, si Moïse et Aaron se sont partagés, jadis, la même
mission prophétique, personne n'a prétendu qu’ils ont reçu,
chacun de son côté, le même Message, car Dieu n’effectue
jamais un double emploi, stérile et sans aucune utilité.
Il faut
dire, en vérité, que seule une partie réduite de l’Evangile
original a continué à être transmise verbalement jusqu’à
l’époque de la rédaction de ce qui a été communément appelé
«la Bonne Nouvelle». Il en est résulté une certaine latitude
vis-à-vis du Texte original auquel on a introduit bien des
parties qui n’y figuraient pas auparavant. Dès lors, le
style et le contenu ont subi des modifications importantes.
Puis vint l’époque des quatre Evangiles (Matthieu, Marc,
Luc, Jean) que les sectes chrétiennes ont reconnus et
adoptés. Ils furent une sorte d’enregistrement de la
connaissance liturgique qui se transmettait oralement avec
toutes les déviations qui l’éloignaient de l’enseignement
original.
En plus
de ces Evangiles, il y en avait d’autres qu’on a fini par
détruire parce qu’ils prônaient le monothéisme (négation de
la Trinité) et rejetaient la consubstantialité. L’Evangile
de Saint Barnabé, si sa source est exacte, figrue parmi ces
Evangiles.
Les
chercheurs chrétiens ne sont pas tous d’accord sur la date
de publication des trois premiers Evangiles (Matthieu, Luc
et Marc) et celui de Jean. Certains d’entre eux avancent que
l’Evangile de Jean est le dernier des quatre Evangiles à
être rédigé et que les trois autres ont été écrits avant
l’an 70 de l’ère chrétienne. D’autres chercheurs pensent que
certains Evangiles ont été rédigés avant l’an 70 de l’ère
chrétienne et que certains autres ont été rédigés après
cette date. Ils prétendent qu’il y a deux Evangiles de
Matthieu, l’un écrit en araméen, lequel aurait été perdu, et
l’autre en grec. D’autres chercheurs encore affirment que
l'Evangile de Marc a été écrit avant l’an 70 de l’ère
chrétienne, suivi des trois autres et qu’il n’y a qu’un seul
Evangile de Matthieu en grec. Un autre groupe de chercheurs
avance que tous les Evangiles ont été écrits après la
destruction du Temple.
Pour les
chercheurs chrétiens, le canon du Nouveau Testament, tel
qu’il est de nos jours, a été fixé en l’an 367 de l'ère
chrétienne et ce, en vingt sept Livres. Toutefois, d’autres
données donnent à penser que le canon du Nouveau Testament a
été fixé en l’an 150 de l’ère chrétienne, date où les quatre
Evangiles ont été reconnus. La polémique n’eut lieu qu’à
propos de certaines Lettres dont, notamment, la «Lettre aux
Hébreux». D’autres Lettres ont été mentionnées dans le
Nouveau Testament, mais nous n’avons d’elles aucune trace.
Voici ce qui est dit à ce propos dans le Livre des
Colossiens :
«Saluez
les frères qui sont à Laodicée, ainsi que Nympha et l’Eglise
qui se réunit dans sa maison. Quand vous aurez lu cette
lettre, faites en sorte qu’on la lise aussi dans l’Eglise de
Laodicée. Lisez vous-mêmes celle qu’on vous transmettra de
là-bas»(61).
Dans le
même ordre d’idées, Marcion le gnostique a incité les
Chrétiens en l’an 110 après J.C. à bannir l’usage de
l'Ancien Testament et à supprimer tout ce qui concerne les
Juifs et le Judaïsme dans les écrits chrétiens. Il fut jugé
et excommunié. Puis les prêtres ont décrété que l’Ancien
Testament est une Révélation de Dieu.
Par
ailleurs, le canon de Muratori (liste des Livres portant le
nom de l’historien qui l’a découverte à Milan en 1740 dans
un fragment manuscrit du VIIIème siècle) donne la liste des
Livres Saints du Nouveau Testament, reçus par l’Eglise de
Rome avant l’an 180 de l’ère chrétienne. Cette liste fait
l’objet d’une intense polémique entre les chercheurs(62).
En l’an
393 de l’ère chrétienne, le canon du Nouveau Testament fut
fixé sous une forme quasi proche de celle d’aujourd’hui. Il
fut révisé une première fois par le Concile de Carthage en
l’an 397 de l’ère chrétienne, puis une seconde fois à
Carthage en l’an 419 de l’ère chrétienne.
Le retard
accusé par l’Eglise dans la délimitation d’une liste des
Livres du Nouveau Testament est imputé par les chercheurs
chrétiens aux poursuites dont elle a été victime. Ce n’est
que, quand Constandin 1er Le Grand lui assura la sécurité
qu’elle se livra à cette tâche. Ces vingt sept Livres furent
alors adoptés par l’Eglise grecque, puis par l’Eglise latine
grâce à la traduction de la Vulgate par Saint-Jérôme. L’Eglise
de l’Afrique du Nord adopta la version latine du Nouveau
Testament à partir de la fin du IIème siècle de l’ère
chrétienne.
Toutefois, la discorde persista entre les chercheurs à
propos de la date exacte de la composition des Evangiles et
de celle du plus ancien d’entre eux. C’est ainsi que Javier
Léon Duvour dans un ouvrage sur le lexique du Nouveau
Testament considère l’Evangile de Marc comme le plus ancien
des Evangiles et a affirmé qu’il a été écrit à Rome entre
les années 64 et 70 de l'ère chrétienne. Il pense que
l’Evangile de Matthieu a été écrit directement en grec à
partir de récits palestiniens et ce, entre les années 80 et
90 de l’ère chrétienne. Pour ce qui est de l’Evangile de
Luc, il pense qu’il a été écrit entre les années 70 et 90 de
l’ère chrétienne. Quant à l’Evangile de Jean, Duvour croit
que sa composition a commencé à partir de l'an 90 de l’ère
chrétienne et aurait duré jusqu’au début du IIème siècle de
l'ère chrétienne.
De son
côté Jean Grosjean, dans une préface du Nouveau Testament
(éd. La Pléiade), considère que les Evangiles canoniques ont
été écrits avant que Titus ne détruise le Temple en l’an 70
de l’ère chrétienne. L’Evangile de Matthieu a été écrit
d’abord en araméen entre les années 50 et 60 de l’ère
chrétienne. Quant à l’Evangile de Matthieu en langue
grecque, il a été écrit avant l’an 67 de l’ère chrétienne.
Puis ont été écrits les Evangiles de Marc et de Luc.
En tout
état de cause, le problème reste entier en ce qui concerne
la date de la composition des Evangiles, mais tout le monde
est d’accord sur le fait que tous ces Livres ne sont, en
fait, que de simples récits biographiques sur Jésus, rédigés
après sa mort, ce qui prouve qu’ils ont été conçus à un
moment où la foi prônée par Jésus connaissait beaucoup de
confusion. En outre, ces Evangiles ne donnent pas une idée
claire et nette sur la mission révélée à l’Envoyé de Dieu,
Jésus, fils de Marie (que la paix soit sur lui). Toutefois,
si dans ces écrits, il subsistait quelques traces de
l’Evangile révélé, ce serait alors tout ce qui est en
harmonie avec la religion monothéiste.
Dans
«Encarta» (Encyclopédie française) il est dit «que c’est
dans l’araméen que les premières sources du Nouveau
Testament ont été rédigées. Les manuscrits grecs du Nouveau
Testament sont au de 5000 environ, donc aucun n’est
authentique (écrit par la main de celui à qui est attribué).
Une partie de l’Encienne(63). Il est donc clair qu’il
n’existe nullement des Evangiles authentiques, écrits par
Jean, Marc, Luc et Mathieu(64).
Selon les
statistiques établies par les auteurs chrétiens, il s’avère
que le Nouveau Testament a été rédigé sur plus de 24.000
manuscrits : 5300 en grec, 10.000 en latin et 9.300 en
d’autres langues(65).. Ces chiffres sont très éloquents si
on les compare à d’autres publications antiques telles que
celles de Platon qui sont conservées en sept manuscrits dont
le plus ancien est paru neuf cents ans après la mort de son
auteur, ou celles de Tacite, l’historien romain, dont
l’histoire nous a légué deux exemplaires seulement de ses
«Annales».
Sur un
autre plan, des manuscrits tels que l’Alexandrinus, le
Vaticanus et le Sinaitinus sont hautement considérés par
l’Eglise et les chercheurs chrétiens.


L’Evangile
de Barnabé
L’Evangile
de Barnabé débute par une introduction qui expose la
biographie de l’auteur et les raisons qui l’ont amené à
écrire cet ouvrage. A part l’Evangile de Luc, on ne trouve
pas ce genre d’introductions dans les autres Evangiles qui
se suffisent des phrases suivantes : «La Bonne Annonce telle
qu’elle est rédigée par un tel» ou «L’Evangile selon un
tel».
D’emblée,
l’Evangile de Barnabé soulève la problématique de l’Evangile
authentique et des Evangiles apocryphes. Barnabé écrit dès
le début de son Evangile : «Voici l’Evangile authentique,
celui de Jésus, Prophète envoyé par le Seigneur à l’Univers,
selon le récit de Barnabé, son Apôtre».
Si cette
phrase paraît en apparence normale et fréquente dans les
introductions des Evangiles, elle attire néanmoins
l’attention sur une différence de taille qui existe entre
cet Evangile et les autres. Cette différence consiste en :
*
L’existence d’un Evangile et d’autres qui ne le sont pas.
* L’Evangile
de Barnabé est attribué au Messie, ainsi nommé dans les
autres Evangiles.
* Jésus
est un nouveau Prophète envoyé par Dieu à l’Univers.
* La
narration du présent Evangile est l’œuvre de Barnabé, un des
Apôtres de Jésus.
Nous
avons mentionné plus haut que les Chrétiens définissent le
vocable «Evangile» par «la Bonne Nouvelle». Ils disent :
«C’est la mission qui est échue à Jésus, le Père, auprès de
son peuple». Il a été dit également que «Jésus est
l’incarnation même de l'Evangile. Il est la Bonne Annonce
faite à toute l’Humanité».
Les
Chrétiens disent également : «Le mot «Evangile”»avait un
sens large. Il désignait les quatre Livres qui parlent de la
vie, de la mort et de la résurrection de Jésus. L’Evangile
c’est «la proclamation de la mission de Jésus par Matthieu,
Marc, Luc et Jean qui ont rédigé leurs Livres grâce à
l’inspiration de Dieu. Ces Livres sont donc devenus, du fait
de cette inspiration divine, la Parole de Dieu transcrite
…».
Ce genre
de réflexions concerne également l’Evangile de Barnabé. Il
s’agit là aussi d’une proclamation de la mission de Jésus et
d’un exposé sur sa vie selon le récit de Barnabé. L’Evangile
de Barnabé est donc un ouvrage qui s’inscrit dans la vision
chrétienne globale de la nature de l’Evangile, et a été
rédigé par son auteur dans le but de lever l’ambiguïté et
l’équivoque qui ont altéré les autres Evangiles, ce qui les
a éloignés de la foi monothéiste. A ce point de l’analyse,
il est intéressant de comparer les dires de Luc avec ceux de
Barnabé. Luc a dit dans son introduction :
«Cher
Théophile,
Plusieurs
personnes ont essayé d’écrire le récit des événements qui se
sont passés parmi nous. Ils ont rapporté les faits tels que
nous les ont racontés ceux qui les ont vus dès le
commencement et qui ont été chargés d’annoncer la parole de
Dieu.
C’est
pourquoi, à mon tour, je me suis renseigné exactement sur
tout ce qui est arrivé depuis le début et il m’a semblé bon,
illustre Théophile, d’en écrire pour toi le récit suivi. Je
le fais pour que tu puisses reconnaître la vérité des
enseignements que tu as reçus.»
De son
côté, Barnabé a écrit :
«Illustres lecteurs,
Dieu, le
Très-Haut, le Sublime nous a sauvés ces derniers jours par
l'Annonce que Son Prophète Jésus nous a transmise ainsi que
par ses Signes dont Satan s’est servi pour égarer les gens.
On a vu certaines personnes prôner l’hérésie. Elles ont
rejeté la circoncision que Dieu a toujours ordonnée et
toléré la consommation des viandes immondes. Paul est du
nombre de ces personnes. Je regrette de le dire. C’est à
cause de lui que je rédige ce Livre où je note tout ce que
j’ai vu et tout ce que j’ai entendu de Jésus que j’ai
longtemps fréquenté. Je rédige ce Livre pour vous exposer la
vérité telle que je l’ai vécue avec Jésus. Je le fais dans
l’espoir que vous soyez sauvé et que Satan ne vous égare
point. Vous échapperez ainsi au châtiment de Dieu.
Méfiez-vous donc de tous ceux qui viendront prétendre qu’ils
sont porteurs d’un nouveau Message qui contredit ce que je
vous écris dans ce Livre. Ne les croyez pas afin que vous
puissiez être sauvés pour toujours. Dieu est avec vous et
vous protège contre Satan et contre toute malédiction.
Amen.»
De ces
deux introductions, celle de l’Evangile de Luc et celle de
l’Evangile de Barnabé, il ressort qu’il existe diverses
versions de la Bonne Annonce de Jésus (que la paix soit sur
lui) et que le mobile à l’origine de la publication par les
deux hommes (Luc et Barnabé) de leurs ouvrages est bien leur
désir de mettre à la disposition des croyants, l’Evangile
authentique, celui qui ne comporte ni falsification, ni
amendement. Lors de l’ascension de Jésus, l’anarchie dans la
transcription de la Bonne Annonce atteignit son paroxysme
dans les milieux chrétiens. La falsification et la
dénaturation de l’Evangile battait son plein et leur écho
s’est fait même sentir dans maints endroits du Nouveau
Testament. Cette situation dura jusqu’à l’époque de ce qu’on
appelle communément «les Apôtres».
Dans les
Corinthiens II (Chaptire 2), Paul dit :
«Nous ne
sommes pas comme tant d’autres qui se livrent au trafic de
la parole de Dieu(66).; au contraire, parce que c’est Dieu
qui nous a envoyés, nous parlons avec sincérité en sa
présence, en communion avec le Christ.»(67).
Dans le
Chapitre 4 du même Livre, Paul dit :
«Nous
avons renoncé à toute action cachée ou honteuse; nous
agissons sans ruse et nous ne falsifions pas la parole de
Dieu».
Dans le
Chapitre 22 du Livre de Jean, nous lisons ceci :
«Je mets
en garde tous ceux qui lisent les paroles du Prophète dans
ce Livre de ne rien y ajouter. S’il y a des contrevenants,
ils subiront les peines décrits dans ce Livre.(68).
Quiconque
supprime un mot des dires des Prophètes dans ce Livre, Dieu
le privera de l’arbre de la vie et de la Terre promise
décrites dans ce Livre …»
L’introduction de l’Evangile de Barnabé est, comme on peut
le constater, en parfaite harmonie avec le contexte général
des introductions des autres Evangiles. Il n’est donc pas
permis de la considérer du seul point de vue de ceux qui ont
propagé l’idée que cet Evangile a été forgé de toutes pièces
par les Morisques avec comme seul objectif, la protestation.
L’introduction susmentionnée indique implicitement que
l’Evangile de Barnabé a été écrit par Barnabé lui-même,
celui-là qui était l’Apôtre de Jésus et dont le nom est cité
dans les autres Evangiles. La composition de cet Evangile
s’inscrit dans le cadre de la défense du christianisme
monothéiste authentique, ce qui justifie le secret de sa
disparition arbitraire qui s’explique par le fait qu’il
constitue un document contre le christianisme prôné par le
Concile de Nicée et contre la thèse polythéiste de Paul.
Dans le
Chapitre21 de l’Evangile de Barnabé, il est écrit ceci :
«Jésus se
retourna vers la personne qui écrivait et lui dit : “Barnabé
! Tu dois obligatoirement écrire mon Evangile et noté tout
ce qui m’est arrivé depuis que je suis au monde. Ecris
également à propos de Juda pour que disparaisse le leurre
des fidèles et pour que tout le monde croie à la vérité.
A ce
moment-là, la personne qui écrivait répondit : “Maître!
J’exécuterai votre ordre si Dieu me le permet, mais je ne
suis pas au courant de ce que Juda a vécu comme problèmes,
parce que je n’ai pas assisté à tout».
Jésus
répondit : «Voici Jean et Pierre qui ont assisté à tout. Ils
te mettront au courant de out qui s’est passé.»
Ce texte
nous ramène au point de départ. Jésus, selon ce qui est
rapporté par Barnabé, a demandé qu’on écrive trois choses :
1.
L’Evangile.
2. Sa
biographie et les événements qu’il a vécus durant toute sa
vie.
3. Les
problèmes rencontrés par Juda pour que les fidèles ne soient
plus leurrés et pour que tout le monde croie à la vérité.
Il s’agit
là de trois questions différentes traitées pêle-mêle dans
les Evangiles. L’Evangile (Livre divin révélé à Jésus)
renferme donc la biographie de Jésus, mêlée aux événements
qu’il a vécus, notamment avec Juda.
Cet
amalgame concerne également l’Evangile de Barnabé lui-même,
mais à un degré moindre que dans les quatre Evangiles
adoptés par l’Eglise.
Barnabé a
réservé la part du lion à la vie de Jésus dans son Evangile,
mais il est le seul à affirmer que Jésus est un Prophète, un
homme comme tous les hommes et non pas Dieu ou le Fils de
Dieu.
A la fin
du Chaptire 93 et le début du Chapitre 94, il est écrit :
«… parce
qu’il y a un groupe qui dit : «Tu es Dieu» et un deuxième
groupe qui dit : «Tu es le Fils de Dieu», puis un troisième
groupe qui dit : «Tu est Prophète»…
Jésus
répondit : «Et toi, ô chef des prêtres de Dieu ! Pourquoi
n’as-tu pas cherché à calmer tous ces gens ? Es-tu devenu
fou, toi aussi ? Les Révélations de Dieu et la Loi
seraient-elles tombées dans l’oubli le plus total ? O
Malheureux Juifs que Satan a égarés !»
Après une
pause, Jésus reprit :
«J’atteste devant Dieu et je prends pour témoins toutes les
créatures humaines que je n’y suis pour rien dans l’idée que
les gens ont propagée sur ma personne. On a prétendu que je
suis un être surnaturel. Je ne suis, en fait, qu’un être
humain, enfanté par une femme et je n’échapperai pas au
Jugement de Dieu.»
Dans le
Chapitre 52, il est dit ceci :
«Je vous
dis du fond du cœur : Je tremble à l’idée que le monde me
considère comme un Dieu. Je dois rendre des comptes pour
cela. Je vous jure au nom de Dieu que je suis un mortel
comme le reste des mortels. Si Dieu m’a envoyé comme
Prophète au peuple juif afin d’aider les pauvres …»
Barnabé
insiste sur la mission prophétique de Jésus. Dans le
Chapitre 47, il est dit ceci :
«Durant
la deuxième année de sa mission prophétique, Jésus quitta
Jérusalem et se dirigea vers Nabyne. Quand il arriva aux
portes de cette ville, il vit un cortège qui se dirigeait
vers le cimetière pour l’enterrement du fils unique d’une
veuve. Toute le monde pleurait. A la vue de Jésus qui
entrait, à ce moment-là en ville, les gens le reconnurent,
lui, le Prophète de Galilée. On l’implora alors de
ressusciter le mort. Ses disciples firent de même. Jésus eut
alors peur et, se retournant vers les Seigneur, il dit : «O
Seigneur ! Ne m’abandonne pas ici-bas ! Emmène-moi vers le
Ciel, car le monde est fou et on a failli me prendre pour le
Seigneur.» Puis il pleura.»
Barnabé
affirme que Jésus est un Prophète révélé par Dieu et il est
le seul à avoir dit que Jésus reçoit la Révélation :
«Quand
Jésus eut trente ans, comme il me l’a dit lui-même, il se
dirigea au Mont des Oliviers en compagnie de sa mère pour
cueillir des olives. Un après-midi, alors qu’il priait et au
moment où il prononçait cette phrase : «O Dieu ! Avec Ta
clémence …», une lumière éclatante l’enveloppa et une
pléïade d’anges autour de lui étaient là à répéter cette
prière : «O Dieu ! Gloire à Toi !». L’archange Gabriel lui
présenta alors un Livre, qui ressemblait à un miroir
brillant, et qui se glissa dans le cœur de Jésus. Grâce à ce
Livre, Jésus sut ce que Dieu a fait, ce qu’Il a dit et ce
qu’Il désire, comme si tout est dévoilé. Il s’adressa alors
à moi et me dit : «Il faut que tu saches, ô Barnabé, que je
connais tous les Prophètes, toutes les Révélations et, tout
ce que je dis provient de ce Livre.»
Ce Livre
est-il l’Evangile ? Ou bien s’agit-il d’un autre Livre Saint
?
Pour
répondre à ces questions, il est possible de dire qu’il
s’agit là du «flambeau de la Révélation» dont a parlé
An-Najjâchî et de la Loi dont a fait mention Waraqa Ibn
Nawfal quand Khadija lui a rapporté ce qui s’est passé à
Mohammad (que la paix soit sur lui) dès le premier instant
de la Révélation.
Il reste,
cependant, à signaler qu’il existe une parfaite ressemblance
entre l’Evangile de Barnabé et celui de Luc quant à l’âge de
Jésus au moment de la Révélation.
Dans le
Chapitre 3, Luc dit :
«Jésus
avait environ trente ans lorsqu’il commença son œuvre.(69)»
Par
ailleurs, Barnabé, lors de son exposé sur la mission de
Jésus, a tenu à rapporter les paroles de celui-ci, annonçant
l’arrivée du Sauveur qui proviendra de la lignée d’Ismaël
(que la paix soit sur lui).
Voici ce
qui est dit dans le Chapitre 208 :
«Le chef
des prêtres répondit : «Je ne fais que m’informer et mon
intention n’est pas de te supprimer. Dis-nous seulement :
Qui était le fils de cet Abraham ?»
Jésus
répondit : «Que tu tiennes à ton honneur me galvanise et je
ne peux pas me taire. Je vais te dire la vérité : Le fils
d’Abraham c’est bien Ismaël, de la souche de qui viendra le
Messie promis à Abraham, et qui fera régner le Bien dans
toutes les tribus de la terre».
A
l’audition de ces paroles, le chef des prêtres s’irrita et
s’écria : «Qu’on jette des pierres sur cet imposteur jusqu’à
ce qu’il meure. C’est un Ismaélite. Il vient de blasphémer
Moïse et la Loi.»
Barnabé
cite partout Ismaël comme étant celui qui a été promis à
Dieu pour le sacrifice, à la place d’Isaac. Dans le Chapitre
13, Barnabé dit :
«Gabriel
répondit : «Lève-toi Jésus, et rappelle-toi d’Abraham qui
voulait sacrifier son fils unique, Ismaël, pour achever la
mission dont le Seigneur l’a chargé. Comme le couteau se
refusait à égorger le fils, il offrit en sacrifice, sur ma
demande, un bélier. Toi, Jésus, Serviteur de Dieu, tu dois
faire pareil».
Jésus
répondit : «C’est entendu».»
Dans le
Chapitre 43, Barnabé dit :
«Je vais
vous dire la vérité : chaque Prophète apporte à son peuple
et à son peuple seulement la Bénédiction de Dieu. Sa
prédication ne touche donc pas les autres peuples. Il n’en
est pas de même de Jésus, car Dieu lui a remis une clé qui
apporte la délivrance et la bénédiction à tous les peuples
de la terre qui acceptent son enseignement. Il viendra à
bout des oppresseurs, mettra un terme à l’idôlatrie et
déshonorera Satan, car Dieu a fait à Abraham la promesse
suivante : «Avec ta descendance, ô Abraham, je bénirai
toutes les tribus de la terre, et comme tu as complètement
détruit les idoles, ta progéniture suivra ton exemple».
Jacob
questionna : «Maître ! Dis-moi qui est concerné par cette
Alliance ? Les Juifs disent c’est Isaac et les Ismaélites
prétendent que c’est Ismaël».
Jésus
prit alors la parole et dit : «David était le fils de qui ?
Et de quelle progéniture fait-il partie ?»
Les
disciples répondirent : “David est le fils d’Isaac, Isaac
était le fils de Jacob et Jacob était le père de Juda qui a,
parmi ses descendants, David”.
Jésus dit
alors : «Quand l’Envoyé de Dieu arrivera, de quelle
progéniture fera t-il partie ?»
Les
disciples répondirent : «De David».
Jésus
répondit : «Détrompez-vous, car David implore Dieu de la
façon suivante : Dieu, mon Seigneur, me dit : «Assieds-toi à
ma droite pour que je puisse mettre tes ennemis à la portée
de tes mains». Si le Messager que vous appelez «le Messie»
est le fils de David, comment se fait-il alors que David le
considère comme un Dieu ? Croyez en ce que je vous dis et
qui est la pure vérité : «C’est Ismaël qui est à l’origine
de l’Alliance et non Isaac».»
Ce qui
dit là Barnabé à propos d’Ismaël qui était destiné à être
immolé, l’a amené à parler du futur Messager et des
prédications dans lesquelles baignait l’environnement de
l’époque, même si le contexte où il fut question du futur
Messager était quelque peu différent du contexte rapporté
par le Saint-Coran.
La
question de l’annonce de Mohammad (que la paix soit sur lui)
dans l’Evangile était chose attendue et le Saint-Coran l’a
confirmé. La mention faite aux «Bonnes Annonces» dans
l’Evangile de Barnabé, sous cette forme, prouve qu’il s’agit
là d’un fait rectifié. Il ne faut pas oublier ici que le
Texte de l’Evangile de Barnabé a été publié en italien et en
espagnol. Il est fort probable qu’il ait été traduit dans
ces deux langues et que son texte original ait été rédigé
dans une des langues qui étaient répandues lors de la
mission prophétique de Jésus (que la paix soit sur lui). Il
est aussi possible que sa traduction ait été effectuée après
la mission prophétique de Mohammad (que la paix soit sur
lui).
Ces
hypothèses n’amoindrissent pas la portée de cet Evangile qui
reste un Evangile cohérent, tant dans la précision des
informations qu’il relate que dans son approbation de la
majorité des faits relatés dans les Evangiles canoniques. La
concordance de l’Evangile de Barnabé avec les événements de
ces Evangiles n’est pas à généraliser pour ce qui est du
contenu de ces événements, surtout que cet Evangile diffère
des autres à propos de l’Unicité divine et de la mission
prophétique de Jésus.
Le
Christianisme, selon l’Evangile de Barnabé, est un maillon
de la chaîne du message monothéiste. L’Evangile de Barnabé a
été écrit en vue de défendre la religion pure et authentique
et ce, sur la propre demande de Jésus lui-même. Quelle que
puisse être l’histoire des copies qui nous sont parvenues de
cet Evangile, celui-ci reste néanmoins parmi les Evangiles
les plus proches de l’esprit de l’Islam. Nul doute que sa
réfutation de la Trinité et l’argumentation qu’il a
développée contre le concept du Saint-Esprit étaient une
preuve suffisante qui justifie les poursuites dont il a fait
l’objet. C’est un Evangile qui a prôné le bannissement de la
déification du Christ. C’est aussi un Evangile qui combat
ceux qui ont permis la consommation des viandes immondes et
ceux qui ont rejeté la circoncision. C’est un Evangile,
enfin, qui considère le Christianisme comme une religion
monothéiste, qui croit en l’unicité sans partage du
Très-Haut.
Ceci
étant, l’Evangile de Barnabé ne fut pas le seul à avoir
cessé de circuler parmi les gens. D’autres Evangiles ont
subi le même sort comme l’Evangile de Thomas (composé au
IIème siècle de l’ère chrétienne)(70) qui disparut
mystérieusement au début du IVème siècle et fut complètement
oublié par les Chrétiens. Ce n’est qu’en 1947 qu’on a
retrouvé en Haute Egypte un exemplaire de cet Evangile écrit
en langue copte.
Il
existe, dans cet Evangile, un certain nombre de textes où
des erreurs monumentales ont été commises par des
traducteurs européens. Ainsi peut-on lire, dans une
traduction en français faite par Jean Derosse, que Salomé
(riche danseuse d’origine arabe qui s’est mariée à plusieurs
reprises avant de faire la connaissance de Jésus) a dit à
Jésus : «Qui es-tu pour que tu manges à ma table et que tu
partages mon lit ?». Or, étant donné que le vocable «lit»
peut suggérer chez les Européens l’existence de rapports
sexuels, certains exégètes ont accusé Jésus de se livrer à
l’adultère avec cette dame, mais il faut bien souligner ici
que le même vocable chez les Orientaux et les peuples
sémitiques peut très bien exprimer l’idée de générosité et
d’hospitalité. Une expression arabe dit bien «Elle court
dans son lit et se nourrit de ses biens» pour exprimer la
générosité de celui qui reçoit quelqu’un chez lui.(71)
Quiconque
médite un tant soit peu le sens de la phrase prononcée par
Salomé, découvre aisément que Jésus est innocent, car s’il
s’agissait ici, comme certains l’ont prétendu, de deux
amants, Salomé ne s’étonnerait pas que Jésus partageât avec
elle le lit, dans le sens abject de cette expression, pour
la simple raison que c’est là une habitude courante chez les
amants de toutes les sociétés. Au contraire, la phrase de
Salomé recèle glorification et profond respect pour Jésus.
En d’autres termes, Salomé a voulu dire : «Votre très
honorable position m’a incitée à vous ouvrir les portes de
ma maison, ce que je n’ai jamais fait avec personne, comme
je l’ai fait avec vous. Quel homme pourriez-vous donc être
?». Ailleurs, Jésus lui dit : «Je viens de chez le
Modérateur», phrase à laquelle Salomé répond : «Je suis ta
disciple».
De telles
graves erreurs qui altèrent le sens des textes apostoliques
aussi bien chez les gens simples que chez l’élite est la
preuve éclatante que la vérité est toujours véhiculée par la
langue dans laquelle les missions célestes sont révélées et
aussi par la connaissance des subtilités du discours qu’on
les natifs de cette langue.
Analyse
de l’histoire du Christianisme :
L’histoire du Christianisme fut une histoire de scissions.
Les
anciens érudits de l’Islam qui se sont intéressés à écrire
l’histoire des sectes chrétiennes et à commenter leurs idées
ont recensé un certain nombre de ces sectes. Voici très
brièvement quelques-unes d’entre elles et leurs idées
essentielles telles que rapportées par ces érudits(72) :
* Les
Ariens (disciples d’Arius) :
-
Négation de la consubstantialité du Fils avec le Père.
- Jésus
est engendré (Il n’était pas avant d’être engendré).
- Jésus,
Verbe de Dieu. Grâce à ce Verbe, Cieux et Terre furent
créés.
* Les
disciples de Pauline d’Antioche :
-
Monothéisme authentique.
- Jésus
est un Prophète comme tous les Prophètes. Il est le fils,
sans mariage de Marie (L’Immaculée Conception). C’est un
être humain et non un Dieu. Paul disait : «Je ne sais pas ce
qu’est le Verbe, ni ce qu’est le Saint-Esprit».
* Les
disciples de Macédonius :
-
Monothéisme authentique.
- Jésus
est engendré. C’est un être humain.
- Jésus
est un Prophète comme tous les Prophètes.
- Jésus
c’est aussi le Saint-Esprit et le Verbe divin.
- Selon
Macédonius, Verbe divin et Saint-Esprit sont engendrés.
* Les
Barbélognostiques :
- Jésus
et Marie sont des divinités.
Cette
secte a donné naissance au malcionisme, secte de tous les
Rois chrétiens en Ethiopie et en Nubie, de tous les
Chrétiens d’Afrique, d’Andalousie et de Palestine, d’après
Ibn Hazm.
* Les
disciples de Malcion :
- Jésus
est à la fois Dieu et être humain. Il y a identité totale de
l’un et de l’autre.
- C’est
l’être humain en Jésus qui fut crucifié et tué. Dieu est
resté indemne.
- Marie a
enfanté le Dieu et l’homme qui forment une seule identité
(consubstantialité).
* Les
Nestoriens (disciples de Nestorius) :
Ils sont
issus des Malconiens.
- Marie a
donné naissance à un homme et non à un Dieu. Séparation de
deux natures du Christ : divine et humaine.
- Dieu
n’a pas engendré un Homme, mais un Dieu.
- Pour
Nestorius, on peut appeler la Vierge Marie «mère du Christ»
et non «mère de Dieu».
* Les
Jacobites :
- Jésus
est Dieu et Dieu est Jésus. Monophysisme.
- Dieu a
été crucifié et tué.
- L’Univers
est resté trois jours sans Ordonnateur. Puis Dieu a repris
son rôle d’antan.
- Dieu a
été engendré et ce qui a été engendré est redevenu ancien.
Ibn Hazm
dit à propos des Jacobites : «C’est une secte qui a
radicalement séparé la raison et la conscience. La mutation
est une transformation. Or, la mutation et la transformation
ne peuvent être attribuées au Premier, l’Immuable. Le
Très-Haut est au-dessus de tout cela. Si la mutation divine
était possible, Dieu alors serait engendré, et l’engendré
nécessite un Créateur. Pour invalider cette thèse, il suffit
de la considérer comme un non-sens que la raison réfute.»
Les
schismes entre les sectes chrétiennes se multiplièrent et on
vit les Eglises réunir leurs Conciles, aussi bien les
Conciles œcuméniques qui drainèrent les évêques du monde
entier que les Conciles régionaux, ceux de l’Orient par
exemple. Pour se faire une idée de ces Conciles, en voici
une présentation succincte de quelques-uns :
Le
premier de ces Conciles est celui de Nicée qui date de l’an
325 de l’ère chrétienne. Ont assisté à ce Concile les
prêtres venus de l’Asie Centrale, de l’Egypte, de la Syrie,
des provinces grecques (très peu représentées) et d’Europe.
Les débats furent houleux à propos de la divinité de Jésus
et la doctrine d’Arius fut condamnée(73). Les résolutions
les plus importantes prises par ce Concile sont les
suivantes :
* Jésus
est Dieu. Il est consubstantiel au Père.
* Jésus
est le Rédempteur.
*
Etablissement de la liste officielle des Livres Saints.
*
Destruction des Lettres et des Evangiles qui ne figurent pas
avec la liste officielle ci-dessus.
*
Assujettissement de la religion au pouvoir temporel.
Dans les
Conciles postérieurs, les discussions ont porté sur la
nature du Saint-Esprit, la virginité de Marie après la
naissance de Jésus, l’infaillibilité du Pape, ses
prérogatives et les prérogatives de l’Eglise. Tous les
hérésiarques furent anathématisés lors de ces Conciles.
Des
chercheurs tels que Jean Rochette(74) considèrent qu’il y a
deux manières de considérer l’histoire de la foi chrétienne
:
- Celle
de l’Eglise catholique pour qui l'histoire du Christianisme
est à l’image d’un arbre dont le tronc est l’Eglise
catholique et les branches, les autres Eglises (les Eglises
locales). Selon ce point de vue, les autres Eglises ne sont
pas crédibles, car elles sont sorties du droit chemin. La
véritable Eglise (ou l’Eglise du Christ) demeure l’Eglise
catholique.
- Celle
qui considère l'Eglise du Christ (et non pas l’Eglise
catholique) comme le tronc de l’arbre, mais l’Eglise du
Christ a failli à sa mission dès le début et a trahi le
Message du Christ.
Quelles
sont ces Eglises ?
* L’Eglise
catholique :
Elle se
considère comme la seule légitime, issue des fondations
apostoliques et maintenue par la tradition et la succession
des évêques.
Pour elle
le vicaire sur terre est le Pape dont elle reconnaît le
pouvoir.
Le Pape
est à la tête du Saint-Siège (composé d’évêques …).
Dès son
investiture, le Pape devient le Chef suprême de l’Eglise. Il
possède le pouvoir ecclésiastique et il exerce l’autorité en
matière de dogme et de morale.
Ses
déclarations ex-cathedra sont infaillibles. Tous les
Catholiques doivent s’y plier.
* L’Eglise
protestante :
Les
tentatives de la Réforme de l'Eglise de Martin Luther
aboutirent à la rupture avec Rome quand il déclara que la
Bible (La Torah) est la seule autorité en matière de foi,
quand il ôta tout caractère de sainteté à l'Eglise
catholique et quant il octroya à tout le monde le droit de
se livrer à l’exégèse. Les Protestants furent alors libres
de créer des Eglises nouvelles chaque fois qu’ils doutaient
de la sincérité de leur Eglise envers le discours biblique.
C’est au
sein de cette Eglise que Calvin annonça l’ère des
Ordonnances ecclésiastiques. Il était en désaccord avec les
Protestants à propos de la prière sur les morts, de la
prière sur les moralisateurs, de l’infaillibilité du pape et
de l’immaculée conception de Marie.
* Les
Eglises orthodoxes :
Les
schisme entre les Eglises Orientales et l’Eglise catholique
eut lieu en 1054 de l’ère chrétienne pour deux raisons :
- La
conception qu’on a de l’Eglise et de sa structure. Chaque
évêque dispose de la liberté doctrinale. Cette Eglise est
composée d’un Ensemble d’Eglises indépendantes, représentées
toutes par le partriarche de Constantinople. L’unité de ces
Eglises, selon les Orthodoxes, est assurée par le
Saint-Esprit, le respect de la foi et non l’unité
doctrinale. Pour elles, le Christ est le seul chef de
l’Eglise.
- Le
refus des innovations des dogmes et usages introduits chez
les Catholiques (depuis le VIIIème siècle après J.C.),
notamment le filioque. Cette Eglise a ses propres Apôtres.
* Les
Eglises Orientales :
Les
Eglises Orientales sont issues de deux courants qui
s’opposèrent aux Conciles du Vème siècle.
- Le
nestorisme qui défend l’existence chez le Christ de deux
natures, divine et humaine.
- Les
adeptes de la croyance à une seule nature chez Jésus.
Ces
Eglises ne sont pas à confondre avec l’Eglise Orthodoxe,
même si certaines d’entre elles en dépendent de nos jours.
* L’Eglise
anglicane :
L’Eglise
anglicane fut créée en 1534 après J.C. et déclara Henri VIII
comme son chef, après l’annonce qu’il fit de se remarier, à
cause de la stérilité de sa première femme. L’opposition de
Rome à ce mariage poussa le Roi au schisme religieux, ce qui
conféra à cette Eglise le caractère du patriotisme anglais
contre l’autorité papale.
En plus
de toutes ces Eglises, certaines sectes chrétiennes occupent
une place particulière parmi les masses chrétiennes au
vingtième siècle. Je veux parler ici spécialement des
Mormons qui ont relancé le débat sur les missions
prophétiques. Selon eux, le Testament se compose de l’Ancien
Testament qui renferme la Torah de Moïse, des Livres des
Apôtres, les Chroniques et du Nouveau Testament avec ses
quatre Evangiles et les autres Livres (c’est-à-dire en tout
27 Livres). Ils ajoutent à tout cela “Le Livre des Mormons”
qu’ils considèrent comme un Livre Saint. Ils prétendent que
le Saint-Esprit a livré ses secrets à leur Prophète Joseph
Smith (1833). Leur Livre se compose de quinze grandes
parties désignées chacune par le nom de son auteur.
Les
Mormons croient que Moroni a dissimulé en 421 après J.C. les
écrits qui composent «Le Livre de Mormon» pour les préserver
afin qu’ils constituent une preuve de leur foi à la fin des
temps. Ce même Moroni aurait été ressuscité, selon les
Mormons, et aurait rendu visite à Smith Joseph à qui il
aurait livré des secrets et des explications sur ces écrits
rédigés en hébreu par des Juifs venus d’Orient qui se
seraient établis en Amérique et dont certains d’entre eux
auraient été les descendants des contemporains de Jésus.
Dans leur
profession de foi, les Mormons déclarent : «Nous croyons au
rassemblement des Israélites à la fin des temps et à la
réorganisation des dix tribus. Nous sommes persuadés que
Sion (la nouvelle Jérusalem) va être reconstruite dans le
continent américain, que Jésus en personne va régner sur le
monde et que la terre va se renouveler».
Parmi les
sectes chrétiennes influentes aujourd’hui, il y a lieu de
citer la secte des «Témoins de Jéhovah»(75).
Selon
Rouchette, les adeptes de ces différentes Eglises sont comme
suit :
- L’Eglise
catholique : 840 millions.
- Les
Eglises Orientales : 2,5 millions.
- Les
Eglises Orthodoxes : 100 millions.
- L’Eglise
Anglicane : 60 millions.
- Les
Eglises Protestantes : 300 millions.
Il y
aurait donc, au total, plus de 1 milliards et 300.000
millions de Chrétiens de par le monde.
Les
traductions des Evangiles à notre époque
L’expansion extraordinaire du Christianisme, avec ses
différentes doctrines, a nécessité la traduction des
Evangiles à différentes langues. En plus de celles qui sont
mentionnées dans ce travail, il est utile de mentionner les
traductions actuelles et leurs sites à l’internet. Voici ces
sites :
www.thechistian.org/bible/bible.htm/
Dans ce
site, on trouve la traduction grecque :
Byzantine
Greek Text 1991
Wescott
1881
Textus
receptus 1550/1894
› deux
traductions espagnoles : Reina Valera 1909, Reina Valera
1989
› deux
traductions allemandes : Luther 1912, Original Elbergelder
1905
› deux
traductions françaises : Darby 1991, Louis Second 1920
› cinq
traductions anglaises : New King James Version, King James
Version, Revised Standard Version, Translation, John Darby,
Translation, Young
On y
trouve également une traduction russe et une étude
introductive.
Les
autres sites à consulter sont :
› pour la
traduction vietnamienne :
www.cathlic.org.tw/vntaiwan/vietbibl.html
› pour la
traduction chinoise :
www.ifcss.org.Ftp.pub/org/bcec/cbible/bible.html
› pour la
traduction indonésienne :
http://Kcm.co.kr/bible/bible.html
› pour la
traduction japonaise :
www.ee.uts.ed.au/~hajime/homepage/njb/newtestament.html
› pour la
traduction norvégienne :
www.menfak.no/bible
Il existe
des tentatives de comparaisons de différentes traductions de
l’Evangile dans certains sites, comme celui de Mark Davies
où il présente l’Evangile de Luc en trente langues :
http://madavies.for.ilstu.edu/redirect.html
On peut
ajouter à cela d’autres sites sur les Eglises chrétiennes,
ainsi que les sites des Bibliothèques générales, des
Bibliothèques Universitaires Electroniques.
Certains
sites présentent les lexiques spécialisés de l’Evangile
comme le lexique des noms bibliques (Bible names Dictionary)
de Hitchcok, le lexique des termes prophétiques (Dictionary
of Prophecy Terms) de Jack Van Impe et le lexique
évangélique de Baker.
Propos du
Saint-Coran sur Jésus (que la paix soit sur lui)
Dieu a
dit :
«Nous
avons envoyé Noé et Abraham. Nous consacrâmes, dans leur
lignée, le don de prophétie ainsi que l’Ecriture révélée. Il
y en eut parmi eux de vertueux, mais la plupart dévièrent de
leur sainte tradition.
Vinrent
ensuite successivement sur leurs traces Nos autres
prophètes, suivis à leur tour par Jésus, à qui Nous donnâmes
l’Evangile. Nous inspirâmes douceur et charité à ses
disciples. Nous leur fîmes aimer aussi la vie monacale.
Cette règle ne leur fut point imposée. Ils l’avaient
d’eux-mêmes adoptée, pour être plus en grâce auprès de Dieu;
ils ne surent pas, par la suite, l’observer dans sa rigueur.
Ceux d’entre eux qui avaient cru, reçurent de Nous leur
récompense. Mais la plupart sont des pervers.»
[Le Fer :
26-27]
«Jésus,
fils de Marie, envoyé par Nous, eut à recueillir la
succession des Prophètes d’Israël; il vint confirmer la
Torah précédemment révélée. Nous lui donnâmes l’Evangile,
guide lumineux, faisant écho à la Torah, et admonition aux
âmes pieuses.»
[La Table
servie : 46]
Dieu,
s’adressant à Jésus, fils de Marie, lui dira :
«Rappelle-toi Jésus, fils de Marie, Mes bienfaits envers toi
et ta mère ! Je t’ai donné pour soutien le Saint-Esprit. Dès
le berceau, tu parlais à la foule, comme plus tard homme
fait. Je t’ai enseigné le Livre, la Sagesse, la Torah et
l’Evangile. Tu te mis, avec Ma permission à modeler de la
terre en forme d’oiseau et la terre se faisait oiseau, de
par Ma volonté ! Tu guérissais l’aveugle-né et le lépreux
avec Ma permission, tu faisais aussi, avec Ma permission,
ressusciter les morts ! Tant de preuves évidentes devaient
convaincre les fils d’Israël. Certains d’entre eux,
cependant, incrédules, s’écriaient : «Ce n’est que pure
magie !»Tu fus tenu par Moi à l’abri de leur complot».
«Par
révélation expresse de Moi, J’ai enjoint aux Apôtres :
«Croyez en Moi et en Mon Prophète !» Ils s’écrièrent
aussitôt : «Nous croyons en vérité ! Sois témoin que nous
sommes soumis à Dieu!».
«Il vint
un jour où les Apôtres dirent à Jésus : «O Jésus, fils de
Marie, Ton Maître pourra-t-il faire descendre du ciel, à
notre intention, une table chargée de mets ? - Eh quoi ! fit
Jésus. Ne seriez-vous pas croyants ? Ne craignez-vous pas
Dieu ?»
«Oui,
nous voulons en manger : nous en aurons ainsi le cœur net,
serons plus sûrs que tu nous dis la vérité et pourrons nous
en porter témoins».
«Mon
Dieu, ô Notre Maître, dit alors Jésus, fais descendre du
ciel, à notre intention, une table toute servie qui marquera
pour les premiers comme pour les derniers d’entre nous une
fête à célébrer, et qui sera un Signe de Ta part.
Nourris-nous, Seigneur ! N’es-tu pas le meilleur des
donateurs !»
«Soit !
répondit le Seigneur mais à celui d’entre vous qui sera
ensuite incrédule, je ferai subir un tourment tel que nul
autre au monde n’en connaîtra de pareil !»
«Vint un
jour où le Seigneur dit à Jésus : «Est-ce toi, Jésus, fils
de Marie, qui as dit aux hommes de te prendre, toi et ta
mère pour divinités, en dehors de Dieu ?» Jésus répondit :
«Que Ton nom soit glorifié, Seigneur ! Comment pourrais-je
en vérité le proclamer, n’en ayant nullement le droit ! Tu
l’aurais su, Seigneur, si je l’avais proféré, car Tu connais
le fond de ma pensée, mais je ne sais rien de la Tienne, il
n’est point de mystère que Ta sienne ne puisse dévoiler.»
«Qu’ai-je
pu dire aux hommes, sinon ce que Toi-même m’as ordonné, à
savoir : “Adorez Dieu, Mon maître et le vôtre !» Je peux en
porter témoignage à leur encontre pour le temps que j’ai
vécu parmi eux. Mais une fois que Tu m’as rappelé à Toi, Toi
seul désormais les observais, car de toute chose Tu es le
témoin.»
«Si tu
ordonnes leur châtiment, Tu agiras en Maître; car ils sont
Tes créatures; si Tu leur pardonnes, n’es-Tu pas le
Tout-Puissant, le Sage par excellence ?»
[La Table
servie : 110-118]
«Lorsque
Jésus se fut présenté, nanti de preuves, il a dit : «Je vous
apporte la sagesse et viens vous expliquer certains points
qui vous divisent. Craignez Dieu et suivez-moi !
Dieu, en
vérité est mon Maître et le vôtre. Servez-le, voilà la voie
droite.
Mais
bientôt, des sectes rivales se disputèrent à son sujet.
Malheur aux injustes, ils subiront les rigueurs d’un jour
terrifiant»
[Les
Ornements : 63-66]
«Jésus,
fils de Marie, avait dit : «Ô fils d’Israël, je suis le
Messager de Dieu auprès de vous, je viens vous confirmer la
Loi qui m’a précédé, et annoncer l’avènement d’un messager
du nom d’Ahmed». Mais lorsque celui-ci est venu leur en
fournir les preuves, ils se sont écriés : «C’est
manifestement de la magie».
Il n’est
pire fauteur d’iniquité que celui qui se paye de mensonges
au sujet de Dieu alors qu’on le convie à l’Islam. Dieu ne
dirige point un peuple pervers.»
[Le Rang
: 6-7]
«Qu’il
soit fait aussi mention de Marie dans l’Ecriture. Elle alla
s’isoler loin des siens dans un lieu situé à l’est de la
ville.
Elle
étendit un voile entre elle et le monde. Nous lui envoyâmes
alors Notre esprit qui revêtit pour elle une forme humaine
accomplie.
«Que
puis-je faire contre Toi, sinon me réfugier en la
miséricorde du Seigneur ! Ah ! Puisses-tu être pieux !»
«Mais je
ne suis, dit l’ange, qu’un messager de Mon Seigneur, venu
pour t’offrir un garçon de pure essence.»
Elle dit
: «Comment pourrais-je avoir un enfant ? Ancun mortel n’a eu
de rapports avec moi et ne suis point de mœurs dissolues.»
L’ange
dit : «Il en sera ainsi. Ton Maître a dit : cela sera aisé
pour Moi. Nous ferons de lui un Signe pour les hommes et une
Grâce émanant de Nous.». Et il en fut ainsi.
Elle le
conçut et se retira dans un lieu écarté.
Saisie
par les douleurs de l’enfantement, elle alla se réfugier au
pied d’un palmier. Elle dit : «Ah ! Puissé-je être morte et
tomber à jamais dans l’oubli».
Une voix
l’appela de dessous d’elle : «Ne t’afflige pas. Dieu a mis à
tes pieds une source.
«Secoue
vers toi le tronc du palmier : il en tombera sur toi des
dattes fraîches et mûres.
«Mange !
Bois ! Réjouis-toi ! S’il t’arrive de rencontrer quelqu’un
dis-lui : J’ai fait un vœu d’un jeûne au Seigneur, je ne
parlerai aujourd’hui à nul être humain».
Elle
retourna bientôt auprès des siens, portant le nouveau-né :
«Ô Marie, lui dirent-ils, quelle infamie as-tu commise !
«Sœur
d’Aaron, ton père n’a jamais été un méchant homme, ni ta
mère une femme de mœurs dissolues».
Marie
leur fit signe de s’adresser à l’enfant. “Comment,
s’étonnèrent-ils, parlerons-nous à un enfant encore au
berceau ?»
«Je suis,
leur répondit l’enfant, un serviteur de Dieu. Il m’a donné
l’Ecriture et fait de moi un Prophète.
«Il a
fait de moi une source de bénédiction où que je sois; Il m’a
ordonné la prière et l’aumône pour la durée de mes jours.
«Ainsi
que d’être bon envers ma mère. Il n’a point fait de moi un
être violent voué au mal.
«La paix
soit avec moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai et
le jour où je serai ressuscité».
Voilà, en
vérité ce que fut Jésus, fils de Marie, qui a soulevé et
soulève encore tant de querelles.
Dieu
saurait-Il jamais se donner un fils ? Sa Gloire ne peut y
consentir. Quand Il décide une chose, Il lui suffit de dire
: «Sois». Et elle est.»
[Marie :
16-35]
J’ai
pensé conclure cette étude sur la langue originale du
Message prophétique de Jésus (que la paix soit sur lui) par
ces versets qui sont le flambeau qui enraye toute suspicion
sur la Révélation de Jésus, Messager de Dieu, Verbe divin et
Saint-Esprit. Ce sujet m’a préoccupé depuis que je me suis
inscrit au Département d’études araméennes et hébraïques à
Madrid. Je me rappelle qu’en 1987, une enseignante de
littérature talmudique, nous avait distribué un texte du
Livre des Dommages. Ce texte contenait des propos insultants
et grossiers à l’égard de Jésus (que la paix soit lui). Nous
étions alors trois étudiants : Un Musulman, une Juive et un
prêtre chrétien. Notre irritation était à son comble dans la
pièce exiguë où nous nous trouvions. Le prêtre se mit en
colère. L’enseignante et l’étudiante juive rougirent de
honte. Quant à moi, je me mis à fouiller dans mon cartable
pour y retirer l’exemplaire du Saint Coran que j’ai
transporté avec moi durant toutes les années que j'ai
passées à l’Université. J’ai lu alors à l’assistance les
derniers versets de la sourate de «La Table servie» et j’ai
traduit, en toute sérénité, leur contenu. Le prêtre se calma
et il y eut un retour à la normale dans la pièce.
L’enseignante poursuivit l’explication de son texte. Je me
suis rappelé alors les paroles d’An-Najâchî, ce Roi chrétien
qui, selon les propres dires du Prophète Mohammad (que la
paix soit sur lui), ne pouvait admettre qu’on soit injuste,
en sa présence, vis-à-vis d’autrui. Il avait dit à ceux qui
ont émigré avec le Prophète (que la paix soit sur lui) et
qui sont venus lui lire ce que dit le Saint Coran à propos
de Jésus, fils de Marie, alors qu’il s’apprêtait à livrer
les prisonniers musulmans à Quraïch : «Entre la Révélation
de Mohammad et celle de Jésus, il n’y a pratiquement pas de
différence. Les deux hommes sont porteurs du même Message».
Le Saint
Coran a présenté le Christianisme comme une religion céleste
dont l’apport à l’Humanité fut considérable. Il a levé
toutes les ambiguïtés sur la vie de Jésus (que la paix soit
lui) et a réfuté toutes les allégations des égarés qui ont
rejeté l’appel du Ciel et qui n’ont pas voulu médité la
portée mystérieuse des miracles.
Les
sourates coraniques qui mentionnent Jésus, fils de Marie,
reconnaissent que Dieu a révélé à ce Prophète une mission
divine qui se trouve consignée dans l’Evangile, Livre plein
d’enseignements pour l’Humanité.
Il
n’existe pas, sur le Christianisme, une source plus sûre que
le Saint Coran, notamment après la destruction des écrits à
tendances monothéistes par les Eglises Chrétiennes
orthodoxes. Si, de notre côté, nous nous sommes basés sur le
Saint Coran pour analyser le problème de la langue originale
du Message de Jésus (que la paix soit sur lui), nous avons,
en revanche, mis l’accent, dans la présente étude, sur la
portée des écrits chrétiens eux-mêmes dont nous avons
mentionné les sites sur internet.
Notes
1.
Evangile Matthieu - Chapitre 5 : 17.
2.
Expository Times, 67, 1955-1956, pp. 92-93.
3. Ibid,
p. 246, p. 317.
4.
Historia de la lengua hebrea, Angel Saenz Badillos, pp.
170-171.
5.
Fitzmyer, C.B.Q., 32, 1970, pp. 504-505.
6. Dalman,
G. Jesu Mutter Sprach, Leipzig, 1896.
7. Dupont
- Sommer A., «Les Araméens», Paris, 1949, p. 99. Voir aussi
«Les langues araméennes du Ghabot».
8. «Jésus
der Galili» en Die arber in der Altern Welt, Berlin, 1966.
9. Serget
S., en Aror 25 et 1957, pp. 21-37.
10. Jean
(20 : 11-16).
11. Marc
(5 : 41-42).
12. Jean
(19 : 19-22).
13. Luc
(23 : 38).
14. Marc
(25 : 17 et 26), Voir Matthieu (27 : 37).
15. Le
Nouveau Testament : Luc, Chapitre 34, dans : Testamentum
Arabici, Exbibliotheca Novun DN. Jesu Christi, Leidensi,
Edent. Thoma Erpeino, Leiden, 1616.
16.
Matthieu (27 : 46-47).
La phrase
: «Eli, Eli, Lema Sabactani» est mentionnée dans l’édition
arabo-française, Beyrouth, 1995. Elle est mentionnée
également dans l’édition de Dâr Al Kitâb Al Muqaddas, 1991.
On peut
la lire aussi dans :
«El Nuevo
testamento» de Siodoro de Reino. Cet ouvrage a été publié en
1569 et revu en 1602. Publications de New York Society, Voir
Matthieu (27 : 46-47).
17. Actes
des Apôtres (2 : 1-11).
Voir
aussi les Evangiles de Marc et Luc.
18. Actes
des Apôtres (2 : 1-11).
19. Actes
des Apôtres (9 : 29).
20. Actes
des Apôtres (11 : 37-40).
21.
Matthieu : (13 : 34)
22.
Matthieu : (27 : 46)
23.
Matthieu : (5 : 17)
24.
Matthieu : (15 : 24)
25. «Le
Christianisme, des origines au Concile de Nicée».
Encyclopédie de la Pléiade, Histoire des Religions, Tome II,
p. 190.
26. Voir
les détails de cet événement dans l’ouvrage de Josèphe
Flavius, intitulé «Les guerres juives», Tome IV, Chapitre XV
sur Hérode Le Grand.
27. A
propos de la générosité manifestée par Auguste à l’égard
d’Hérode, voir : Flavius Josèphe, Tome IV, pp. 84-87.
28. A
propos des détails de ce litige, voir : Flavius Josèphe,
Chapitres IV, V, VI, VII et VIII.
Pour plus
de détails sur le partage du Royaume par l’empereur Auguste
et sa répartition entre les trois fils d’Hérode, voir
Flavius Josèphe.
29. Pour
plus d'informations sur les sectes juives, voir : Fray
Hieronimo Roman : «Republicas del mundo. Republica
christiana», Folio 69, 73 Tome I, Salamanca 1579.
30. Marc
(8 : 11).
31.
Matthieu (3 : 29).
32.
Matthieu (3 : 29).
33.
Taylor, V. «The Lige and Ministry of Jesus», London, 1954.
Goguel,
M. «Jésus», Paris, 1950.
34.
David, S. : «La vie du Christ».
Renan, E.
: «La vie du Messie».
35. Voir
par exemple les écrits de Nietczhe et Volney sur cette
question. Lire sur Internet : «Did Jesus really live ?»
WWW.
SOUTHCOM.COM.AU/..^ CAMRIVER/DIDJES.
Christians were in the habit go meeting on a certain fixed
day before it was light, when thez sang in sltermate yerse
of a hymn to Christ as to as God, an bound themselves to a
solemn dath, not to do any wicked deeds, and never to deny a
truth chen they when thez should be called upon to deliver
it up.
36. He
falsely charged with the guilt, and punished with the most
exquisite tortures, the persons commonly called christians,
who hated for their enormities. Christus, the founder of the
name, was put to death by Pontius Pilate, procurator of
judea and the reign of Tiberius : but the pernicious
superstition, repressed for a time broke out again, not only
through judea where the mischief originated, but through the
city of Rome also (annals XV).
Voir L’Epître
n° 10 de Pline le Jeune. (96).
37. Lire
les références relatives au Donatisme et les poursuites que
subirent les Chrétiens du temps de Néron.
38. Wow,
there was about this time, Jesus a wise man. If be lowgue to
call him a man. gor he wos ader of wonderful works … a
cracher of such men as receive the truth with pleasure. He
drew ever to him both many of the jews and many gentiled. He
was the Christ.
39. Luc
(13 : 31-35)
40.
Matthieu (21 : 12)
41.
Matthieu (22 : 21)
42. Marc
(1 : 14-15).
43. Les
Romains (1 : 16-17).
44. «Al
Fasl …» de Abû Mohammad Ibn Ahmad Ibn Hazm Addhâhirî. Tome
II, p. 2. Imprimerie littéraire, Egypte 1317 de l’Hégire.
45. Voir
les Encyclopédies «Encarta» et «Britanica» (Le Nouveau
Testament)
46.
Authentification de Mohammad Ach-Charqâwî. Dahru al Hidâyati,
Tome II, Egypte, 1986.
47.
Publications de l’Université Islamique de Médine. Médine
(ouvrage non daté).
48.
Authentification de Mohammad Al-Charqâwî. 1405 de l’Hégire.
49.
Bulletin de Dâr Asshwati, 1986.
50.
Manuscrit à la Bibliothèque Nationale de Madrid n°4499.
51.
Timothée II (3 : 15-17)
52. Jean
(8 : 1-8)
53. Luc
(24 : 44-46)
54.
Matthieu (28 : 19)
55.
Gospel a word of anglo-saxon origin and meaning «God’s
spell» i.e. word of god or rather, according to others «Good
spell» i.e. good news. It is the rending of the Greek
evangelion i.e. «Good message» Bible Dictionary, Eston
www.biblestools.netLLdictionaries/eatonbibledictionary.
56.
Bulletin de l’Association du Livre Saint. Beyrouth 1992.
57. Ibn
Hazm : «Al Fasl...» Op.cité.
58. J. W
Mc.Garvy : «A guide to Bible study»
www.Mc.garvey.aguide to bible study.html
59. Jean
(21 : 25)
60. Voir
«Préface de l’Evangile», Association du Livre Saint, Liban,
Première édition, 1995.
61. Les
Colossiens (4 : 15-16).
62.
Lagrange, M.J. M : «Histoire ancienne du Nouveau Testament»,
Paris, 1933.
63. Voir
«Encarta» (Le Nouveau Testament)
64. Voir
«Britanica» (New Testament : Canon, texts and versions)
65.
Emmanuel Bozzi : «La Bible nous est-elle parvenue sans
erreurs ?» in www.bibliste.com/manuscrit.html
66.
Corinthiens II (2 : 17)
67.
Corinthiens II (4 : 2)
68. Jean
(22 : 18-19)
69. Luc
(3 : 23)
70.
Robert Amblain, «Jésus ou le mortel secret des templiers»,
Paris 1970, pp. 371-389.
71.
Cheikh Si Hamza Boubacar, Traité moderne de Théologie
islamique, Paris, 1993, pp. 143-144 (50).
72. «Al
Fasl …» d’Ibn Hazm.
Telfizian,
Lisa : «Les rameaux du Christianisme» in «Le Nouvel
Observateur» N° 35, 1998.
73. Pour
de plus amples détails sur «Concile», voir : «Le
Christianisme jusqu’à 325» de Etienne Troomé, dans «Histoire
des religions», La Pléiade), Tome II, pp. 351-365.
74.
www.geocties.com/athens/acropolis/ch5html
75. Sur
cette secte, voir : «Razonamiento à partir de las escrituras»,
p.380, Rome, Imprimerie «Les Témoins de Jéhovah», 1989.
Références relatives à la langue parlée
par Jésus
:
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«Did
Jesus spak Greek ?»
ET 67,
1955/1956, pp. 92-93.
-
Badillos, A.S.
«Historia
de la lengua hebrea»
Editorial
Ausa, Sabadell
Coleccion
: Estudios Orientales
Sabadell
1988.
- Barr,
J.
«Which
language did Jesus speak ?»
Some
remarks of a semitist
B.J.R.L.,
53, 1970, pp. 9-29.
-
Cantineau, J.
«Quelle
langue parlait le peuple en Palestine au premier siècle de
notre ère ?»
Semitica,
5, 1955, pp. 99-101.
-
Cavalletti, 5
«Ebraico
biblico ed Ebraico mishnico»
Sefarad
17, 1957, pp. 122-129.
-
Chomsky, W.
«What was
the Jewish vernacular ?»
The
second common wealth
JQR 42,
1951/1952, pp. 193-212.
- Dalman,
G.
«Gramatic
des Jüdisch-Plästinschen aramaisch», 1950.
«Jesus-Jeshua,
dei drei sprachen Jesus», Leipzig 1922.
- Diez
Macho Alejandro
«La
lengua hablada por Jesucrito», OrAnt 2, 1963, pp. 95-132.
«La
lengua hablada por Jesucrito», Buenos Aires, 1963, Reed,
Madrid, 1976.
- Draper,
H.M.
«Did
Jesus speak Greek ?»
ET 67,
1955/1956, p. 317.
-
Fitzmyer, J.
«The
Language of Palestine in the first century a.d.»
CBQ 32,
1970, pp. 501-531.
-
Goodenough, E.R.
«Jewish
symbols in the Greco-Roman Period»
12 vol.
New York, 1955/1956.
- Gundry,
R.H.
«The
language Milieu of 1st century Palestine». JBL
83, 1964,
pp. 404-408.
-
Kutscher, E.Y.
«Dar Zur
Zeit Jesu gesproschene Aramaïsch Zeitsschrift firdie».
ZNM 51,
1960, pp. 54-56.
-
Lieberman, 5.
«Greek in
Jewish Palestine»
New York,
1942.
- Ott, H.
««Un die
Muttersptache jesu». Forschungen seit Gustaf Dalman»
NT 9,
1967, pp. 19-24.
- Rabin,
H.
«Hebrew
and Aramaic in the first century, the Jewish people in the
first century». S. Safari - M. Stern eds. Assen/Amsterdam,
V.II 1007-1009.
- Russel,
J. K.
«Did
Jesus speak Greek ?»
ET 67,
1955/1956, p. 246. |