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Dr
Abdel Aziz Chahbar
Section I
Renseignements sur le message original et sa composition du
temps du Prophète
A
Propos de la langue répandue en Palestine du temps de Jésus
:
Il
est rationnellement admis que le message céleste parvienne
aux gens dans l’idiome qu’ils comprennent parfaitement.
Quant à la réception de ce même message, directement de Dieu
lui-même, par le Messager, cela relève d’une situation
extraordinaire qui n’a rien à voir avec le cours habituel
des choses. Dieu révèle sa mission aux Apôtres par le biais
des anges. Certains d’entre eux n’ont pas eu besoin de cette
intervention et ont reçu le message divin derrière un voile.
Dans tous les cas, il est admis que le message céleste est
destiné à guider les gens vers le droit chemin. Il est, par
conséquent, indispensable qu’il leur parvienne, par la
bouche des Messagers, dans une langue qu’ils comprennent
parfaitement(1).
Comme Jésus fut un Envoyé, il était obligatoire qu’il fît
parvenir aux gens la mission divine, comme il était
obligatoire que la langue utilisée, pour ce faire, fût celle
parlée par les gens.
Quelle est donc la langue de Jésus ? S’était-il adressé aux
foules en araméen ? Maîtrisait-il le grec ? Connaissait-il
le latin ?
Beaucoup de chercheurs chrétiens se sont posés ces
questions, notamment durant la première moitié du vingtième
siècle où des progrès sensibles ont été enregistrés dans le
domaine des études bibliques.
Par
ces interrogations, on voulait déterminer l’impact qu’a eu
Jésus sur la population palestinienne de l’époque et savoir
si oui ou non les Ecritures Saintes lui étaient attribuées.
Comment peut-on ne pas se poser des questions à propos d’un
Evangile rédigé en grec, si Jésus a prêché en araméen ?
Comment peut-on agréer l’idée que l’Evangile ait été écrit
en grec, alors que nous savons que la mission de Jésus
n’était pas de «saper la Loi, mais bien de l’achever et de
la mener à bon port», c’est-à-dire qu’il a été envoyé dans
le sillage des Prophètes israélites, et dans un contexte
bien particulier, celui de l’Ancien Testament qui fut rédigé
dans un hébreu empruntant largement à l’araméen ? Comment
donc faire face à toutes ces interrogations quand nous
savons, par les livres d’Histoire, que la Palestine du temps
de Jésus était sous la domination des Romains, que cette
domination a longtemps duré et que la langue latine a dû
certainement être la langue de la majorité de la population
?
Les
chercheurs sont unanimes à dire que la Palestine, du temps
de Jésus, était cosmopolite. Elle constituait une véritable
mosaïque, de par sa population qui, à des degrés divers,
excellait dans le maniement de l’hébreu, de l’araméen avec
ses divers dialectes, du grec et du latin. Toutefois, quand
il s’agissait de délimiter les aires géographiques de
chacune de ces langues, ainsi que leurs particularités et le
degré d’influence des unes sur les autres, ces mêmes
chercheurs n’arrivaient jamais à se mettre d’accord.
La
thèse qui veut que Jésus parlait le grec et qu’il a sans
doute transmis son message aux gens dans cette langue n’est
pas nouvelle. Elle fut âprement défendue par Vossius au
XVIIème siècle, Diolati au XVIIIème siècle, Heinrich (Paul)
et Hug au XIXème siècle. Le fait que la Palestine à
l'époque, était sous domination hellénique, confortait ces
auteurs dans leur position, mais Diez Macho, dans son
ouvrage sur la langue de Jésus, a invalidé leur thèse.
La
polémique a repris sur ce point quand Argyle, W. déclara que
Jésus parlait le grec et que les gens autour de lui ne
comprenaient que l’araméen(2). Si des chercheurs tels que
Russel, J.K. furent de cet avis, d’autres, par contre, le
rejetèrent catégoriquement comme Draper et Wilson, Mel.
R.(3), mais tous, sans exception, sont d’accord pour
attester que l’influence hellénique en Palestine du temps de
Jésus était considérable. Cet accord provient du fait qu’un
grand nombre de documents et de graffiti en grec ont été
retrouvés en Palestine. De même que certains fragments des
documents de la Mer morte ont été écrits en grec. Cette
influence hellénique s’observe également dans la littérature
rabbinique et dans les traductions grecques de la Torah au
IIème siècle de l’ère chrétienne.
Par
ailleurs, les études entreprises par Lieberman, S., Zuntz,
G., Milik, J.J., Goodenough, E.R., Gundry, Sevenster, J.N.
et Sperber D. ont démontré des aspects divers de l’influence
hellénique en Palestine à cette époque et ont contribué à
déterminer l’importance de son expansion dans cette région.
Il
est à noter ici que le judaïsme a combattu la prédominance
de l’hellénisme dans certaines régions de la Palestine et
que les centres urbains étaient plus hellénisés que les
centres ruraux, mais la situation a changé après la révolte
de Bar Kocheba (135 de l’ère chrétienne) quand les
influences helléniques et romaines devenaient menaçantes(4).
Le
latin, cela a été dit, était la langue du colonisateur
dominant. L’Administration fonctionnait en langue romane(5)
dont on a retrouvé les empreintes dans certains écrits, sur
les chapiteaux des édifices publics et sur certains
manuscrits en papyrus, découverts dans la région de la Mer
morte. L’influence du latin sur l’hébreu s’est surtout
manifestée à propos de questions d’importance primordiale.
Quant à l’araméen, personne ne met en doute sa propagation
dans la région syro-palestinienne dès la première moitié du
premier millénaire avant J.C. Son expansion en tant que
lingua franca s’est prolongée jusqu’au VIIème siècle de
l’ère chrétienne.
Entre 721 et 500 avant J.C., les habitants de la Palestine
ont substitué l’araméen à l’hébreu. Le fait que Jésus
connaissait l’araméen, que ses disciples et ses
contemporains communiquaient oralement et par écrit dans
cette langue et que le christianisme s’est propagé en
Palestine, en Syrie et en Mésopotamie en araméen également
était connu des chercheurs et des docteurs de la Loi ou du
moins l’idée était répandue parmi eux.
Pour Meyer A., l’araméen était bien la langue de Jésus et
qu’une grande partie des œuvres relatives à sa mission ont
été écrites, à l’époque, d’abord dans cette langue, puis
elles ont ensuite été traduites(6).
Parmi les chercheurs, il y en a qui affirment que l’araméen
était répandu dans les classes populaires du temps de Jésus
et que celui-ci ainsi que d’autres Messagers se sont servis
de cette langue dans leur vie(7). D’autres chercheurs
affirment, à leur tour, que l’araméen s’est substitué à
l’hébreu depuis le début de l’époque hellénique(8). D’autres
chercheurs encore avancent que l’araméen s’est effrité en de
nombreux dialectes et qu’en gros on y distingue l’araméen
primitif qui fut, selon Katcher, G.Y., la langue utilisée
dans certains écrits découverts dans la région de Jérusalem
et de la Mer Morte et l’araméen tardif qui s’est subdivisé
en araméen sumérien et en araméen palestino-chrétien.
L’araméen de Galilée revêt une importance particulière parmi
les dialectes araméens tardifs. C’est dans cet idiome que
furent rédigées les parties araméennes du Talmud
palestinien. La Torah fut traduite dans cet idiome, lequel
fut aussi l’instrument linguistique utilisé dans la
rédaction des «Midrashim». On peut considérer, en général,
l’araméen palestinien comme étant le plus proche des parlers
dont on croit qu’il fût le premier instrument linguistique
dont on s’est servi pour rédiger la Bonne Nouvelle transmise
par Dieu à Jésus.
D’autres chercheurs encore tels que Birkeland, H. pensent
que les milieux populaires en Palestine parlaient l'hébreu
du temps de Jésus, mais que cet hébreu-là n’était pas
nécessairement celui des Rabbis. C’était plutôt un dialecte
populaire qui a évolué au contact de l’hébreu de la Torah.
Ce point de vue fut sévèrement critiqué par beaucoup
d’auteurs(9).
Quant à l’hébreu rabbinique, il s’est répandu comme langue
littéraire au Ier au IIème siècle de l’ère chrétienne et
s’est développé - dans le cadre du panorama des langues
parlées en Palestine - après l’Exil et au début de l’ère
chrétienne.
En
conclusion, il est possible d’avancer que les trois langues
(l’hébreu, l’araméen et le grec) étaient parlées par de
larges couches de la population palestinienne, mais leur
aire d’expansion n’était pas précise et les enchevêtrements
linguistiques étaient monnaie courante. Aux côtés de ces
trois langues, la langue latine était largement répandue.
Nous avons eu recours aux Livres du Nouveau Testament pour
nous renseigner sur la langue de Jésus et de ses disciples.
Voici ce que nous avons trouvé :
Dans le Livre de Jean(10) :
«Marie de Magdala se tenait près du tombeau, dehors, et
pleurait. Tandis qu’elle pleurait, elle se baissa pour
regarder dans le tombeau; elle vit deux anges en vêtements
blancs assis à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus,
l’un à la place de la tête et l’autre à la place des pieds.
Les anges lui demandèrent : «Pourquoi pleures-tu ?». Elle
leur répondit : «On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas
où on l’a mis». Cela dit, elle se retourna et vit Jésus qui
se tenait là, mais sans se rendre compte que c’était lui.
Jésus lui demanda : «Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu
?» Elle pensa que c’était le jardinier, c’est pourquoi elle
lui dit : «Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as
mis et j’irai le reprendre». Jésus lui dit : «Marie !». Elle
se tourna vers lui et lui dit en hébreu : «Rabbouni !», ce
qui signifie : «Maître.»
Dans l’Evangile de Marc(11), (où il s’agit de l’histoire de
Jésus avec la fille de Jaïrus, chef de la Synagogue) :
«Il
la prit par la main et lui dit : «Talitha koum !» ce qui
signifie «Fillette, debout, je te le dis !».
La
fillette se leva aussitôt et se mit à marcher”
Dans l’Evangile de Jean(12) :
«Pilate ordonne aussi de faire un écriteau et de le mettre
sur la croix; il portait cette inscription : «Jésus de
Nazareth, le roi des Juifs». Beaucoup de Juifs lurent cet
écriteau, car l’endroit où l’on avait mis Jésus en croix
était près de la ville et l’inscription était en hébreu, en
latin et en grec. Alors les chefs des prêtres juifs diront à
Pilate : «Tu ne dois pas laisser inscription «le roi des
Juifs», mais tu dois mettre : «Cet homme a dit : Je suis le
roi des Juifs». Pilate répondit : «Ce que j’ai écrit reste
écrit.»
Dans l’Evangile de Luc(13) :
«Au-dessus de lui, il y avait cette inscription : «Celui-ci
est le roi des Juifs».
Dans l’Evangile de Marc(14) :
«Ils le revêtirent d’un manteau rouge, tressèrent une
couronne avec des branches épineuses et la posèrent sur sa
tête (…). Sur l’écriteau qui indiquait la raison de sa
condamnation, il y avait ces mots : «Le roi des Juifs.»
Dans l’Evangile de Luc :
«Il
y avait écrit en grec, latin et hébreu : Celui-ci est le roi
des Juifs»(15).
Dans l’Evangile de Mathieu :
«Vers trois heures, Jésus cria avec force : «Eli, Eli, lema
sabactani ?» -Ce qui signifie : «Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m’as-tu abandonné ?» Quelques uns de ceux qui se
tenaient là l’entendirent et s’écrièrent : «Il l’appelle
Elie».(16)
Dans les Actes des Apôtres :
«Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient
réunis tous au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du
ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il
remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent
alors apparaître des langues pareilles à des flammes de feu;
elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur
chacun d’eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se
mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit
leur donna d’exprimer.
A
Jérusalem, vivaient des Juifs pieux, venus de tous les pays
du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent
en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun
d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue.
Ils étaient remplis d’étonnement et d’admiration et disaient
: «Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiliens ?
Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende
parler dans sa langue maternelle ? Parmi nous, il y en a qui
viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Elam. Il y a des
habitants de Mésopotamie, de Judée, de Cappadoce, du Pont et
de la Province d’Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d’Egypte
et de la région de Cyrène en Lybie; il y en a qui sont venus
de Rome, de Crète et d’Arabie (…). Et pourtant nous les
entendons parler dans nos diverses langues des grandes
œuvres de Dieu !»(17)
Dans les «Actes des Apôtres» également, nous pouvons lire le
propos relatif à la demande que fait Paul au commandant de
la forteresse de Jérusalem, afin qu’il parle à la
population. Le commandant lui demanda s'il connaissait le
grec. Paul répondit qu’il était Juif et citoyen romain de
Tarse (Cilicie). Son discours à la population fut en hébreu,
selon le texte arabe des «Actes des Apôtres» et en araméen,
selon les traduction française, anglaise et espagnole(18).
Les
«Actes des Apôtres» nous apprennent également que Saul
faisait des discours aux Juifs qui parlaient le grec et
discutait avec eux dans cette langue(19).
C’était là l’exposé d’un certain nombre de textes du Nouveau
Testament où il est fait mention des langues parlées en
Palestine lors de la mission révélée à Jésus. Quand nous
lisons la biographie de ce Prophète dans les quatre
Evangiles, nous constatons qu’il a eu des discussions avec
la population de différents centres urbains et ruraux de
Palestine, ainsi qu’avec les membres du Haut Conseil, les
Docteurs de la loi, les responsables chargés de la gestion
du Temple et des affaires religieuses juives. Il a eu
également des discussions avec le Gouverneur romain de
Palestine qui parlait le latin. C’est ce gouverneur-là -
selon l’Evangile de Jean - qui va écrire sur le haut du
crucifix (voir texte supra) la phrase «Celui-ci est le Roi
des Juifs» en latin, en grec et en hébreu.
Jésus a également parlé à une femme cananéenne qui l’a prié
de gurérir son enfant et, à la fille du chef de la
Synagogue, il a dit en araméen : «Tiltha quaum», ce qui
signifie : «O fille de mon peuple !», d'après les
traductions. La «tiltha» veut dire «la fille chêtive»(20).
Il a aussi usé de la parabole(21) en s’adressant aux gens.
Et l’on sait que les paraboles sont des figures de style qui
exigent beaucoup de précision dans le choix des mots et une
vaste connaissance de la langue tant chez le locuteur que
chez le destinataire.
Selon le point de vue évangélique, Jésus, sur la croix,
s’adressa à Dieu en araméen(22). Selon les Evangiles,
certaines personnes présentes au Calvaire qui l’entendirent
parler, avancèrent qu’il appelait Elie. Marie de Magdala
s’adressa à lui en hébreu.
Toutes ces données démontrent que la majorité des
discussions de Jésus étaient en araméen, la langue populaire
la plus répandue à l’époque. Viennent ensuite les
discussions et les discours dans lesquels il employait
l’hébreu, la langue de l’Ancien Testament. Jésus a déclaré :
«Je ne suis pas venu pour saper la Loi, mais bien pour
l’achever(23)». Notons que dans les quatre Evangiles, on
trouve beaucoup d’allusions faites par Jésus à la parole des
Prophètes, notamment Esaïe et Jérémie.
Par
ailleurs, il semble que Jésus avait une double culture
latine et grecque, ce qui était courant chez les gens de son
époque. L’histoire de la traduction de la phrase «celui-ci
est le roi» que Pilate a tenu qu’elle soit prononcée en grec
(ou en araméen selon certaines traductions) le confirme
bien.
Quant à ce qu’on raconte à propos du Saint-Esprit qui
enseigne les langues aux Messagers et à leurs disciples pour
qu’ils puissent transmettre le message divin aux gens dans
leur propre langue, cela relève du mythe, car si nous
admettions sa véracité, la prédication de Jésus (L’Evangile
original de Jésus) serait alors écrite en dix sept langues.
Certes, la région qui a été le berceau de la Révélation de
Jésus a subi l’influence hellénique sous l’instigation
d’Hérode Le Grand, mais Jésus a été envoyé à une population
particulière. Il a dit : «Je n’ai été envoyé qu’aux brebis
perdues du peuple d’Israël (24)» [Mathieu 15 : 24].
On
peut donc conclure que sa mission fut accomplie dans la
langue de son peuple, laquelle était son propre idiome
maternel.
L’époque de la Révélation
Le
Très-Haut a voulu que Jésus soit son Messager qui apporte la
Bonne Nouvelle et qui avertit le peuple israélite
complètement divisé en plusieurs sectes rivales. Les
Israélites, à l’époque de Jésus, avaient transgressé la Loi
et dénaturé les propos de Dieu. Les Rabbins ont honteusement
exploité le domaine des sciences religieuses pour s’enrichir
illégalement.
La
Révélation eut donc lieu en Palestine qui était, à l’époque,
l’objet de convoitises de puissants empires qui lui ont fait
perdre son indépendance politique. C’est ainsi qu’au IIème
siècle avant J.C., la Palestine tomba sous domination
égyptienne, puis en 63 avant J.C. sous juridiction romaine,
à la suite de la prise de Jérusalem par Pompée.
Sous l’administration romaine se constitua un Royaume juif
qui dépendait administrativement du gouverneur romain établi
à Césarée en Mer méditerranéenne. Le Roi était, cependant
autorisé à gérer les affaires religieuses de son
Royaume(25). Quand César exigea qu’on élève sa statue au
sein du Temple ainsi que celle de l’Aigle au portique de
celui-ci, la population juive, offensée par cette ingérence
romaine en religion se souleva. Le Roi qui n’avait aucun
pouvoir politique réel se contenta alors de calmer les
insurgés(26).
Les
documents de l’époque présentent Hérode Le Grand, Roi des
Juifs du temps de Jésus, comme un grand admirateur de la
culture hellénique. Eminent combattant, personne ne pouvait
l’égaler dans les duels. L’empereur Auguste qui avait
beaucoup d’estime pour lui, lui octroya de nombreuses
provinces. Hérode devint puissant et édifia son royaume sur
le modèle romain, mais en le dotant d’une culture et d’un
mode de vie dans le style hellénistique. Il fit du Temple
l’instauration religieuse la plus importante dans son
royaume et se fit entourer par les rabbins et les
théologiens juifs, mais son engouement pour le mode de vie
étranger (romain) et sa négligence de la culture juive qui
ne devint prisée que dans les campagnes et chez les petites
gens, lui valurent beaucoup de haine de la part des siens.
Les tentatives pour l’assassiner se multiplièrent, ainsi que
les intrigues dans son Palais.
Après sa mort, ses fils s’entretuèrent. L’empereur romain
les rassembla et leur partagea le Royaume selon le Testament
laissé par leur père. C’est ainsi qu’Antipas prit possession
du Mont où se trouve Nazareth, de Tibériade, d’Azdaralla et
les terres situées aux alentours du Jourdain. Philippe
s’empara de la province de Natanya. Quant à Archéolas, il se
réserva la région de Judée où est située la ville de
Jérusalem. Il prit également Bethléem, Gaza, Césarée et
Jaffa.
La
lutte devint âpre entre les sociétés de ces trois provinces
gouvernées par les fils d’Hérode. Leur soumission à la
religion juive, leur degré d’hellénisation ainsi que leur
loyauté vis-à-vis du gouverneur romain n’étaient pas partout
les mêmes. La province d’Archéolas fut, semble-t-il, la plus
importante de ces provinces pour les Romains qui dirigèrent
ses affaires administratives, depuis la ville de Césarée. Le
Temple pour la décoration duquel Hérode a dépensé des sommes
faramineuses a fait de cette province un centre commercial
qui draina de toutes part les richesses des Israélites, ce
qui fut d’une grande signification pour Rome.
Le
Temple était géré par un Haut Conseil composé de soixante et
onze membres représentant l’autorité religieuse juive, mais
cette autorité était limitée, car les jugements émanant du
Conseil ne pouvaient nullement être exécutés sans
l’autorisation de l’administration romaine.
Les
divergences entre les écoles théologiques juives
s’aggravaient(27). Les Sadducéens rejetaient le Talmud et
n’admettaient point l’idée de la résurrection des morts et
du Jugement Dernier. Pour eux, rétribution et châtiment sont
l’affaire de ce monde.
Mathieu dit dans son Evangile :
«Ce
jour-là(28) certains Sadducéens sont venus voir Jésus, eux,
qui refusent de croire au Jugement Dernier. Ils lui posèrent
une question à laquelle il répondit : «Vous êtes dans
l’erreur parce que vous ne connaissez ni les Ecritures, ni
la puissance de Dieu».»
Dans les «Actes des Apôtres» (23 : 8)(29), il est dit que
les Sadducéens ne croient pas à la résurrection et que, pour
eux, il n’y ni anges, ni esprits.
La
secte des Sadducéens s’intéressait très peu aux affaires
religieuses. Ce qui la préoccupa surtout c’était sa
situation matérielle influente au sein de la société juive.
Quant aux Pharisiens (ou les Séparés), ils étaient, d’après
Flavius Josèphe, un ordre religieux juif qui se considérait
plus proche de la Loi que tout ordre juif et qu’il était, de
ce fait, le plus apte à en faire l’exégèse. Ils croyaient au
Talmud, à l’infaillibilité des Rabbins et à la résurrection
des morts, mais rejetaient le rite des offrandes aux autels
et la croyance aux Prophètes postérieurs. Jésus a eu
beaucoup de démêlés avec eux. Dans l’Evangile de Marc, nous
lisons ceci(30) :
«Les Pharisiens arrivèrent et commencèrent à discuter avec
Jésus pour lui tendre un piège. Ils lui demandèrent de
montrer par un signe miraculeux qu’il venait de Dieu. Jésus
soupira profondément et dit : «Pourquoi les gens
d’aujourd’hui réclament-ils un signe miraculeux ? Je vous
déclare, c’est la vérité : aucun signe ne leur sera donné
!». Puis il les quitta, remonta dans la barque et partit
vers l’autre côté du lac».
La
secte des Pharisiens était, parmi les sectes juives, celle
qui était la plus mêlée au peuple. Elle l’instruisait et
orientait ses pas. Elle pu acquérir ainsi une place
importante dans les milieux de la classe moyenne juive. En
l’an 70 de l’ère chrétienne, après la destruction du Temple
par Titus, les Pharisiens entreprirent d’éduquer le peuple
juif dans son exil et ils restèrent ainsi à attendre
l’arrivée du Messie.
Quant à la secte des Hassidim, elle ne joua qu’un rôle
limité du temps de Jésus. Les Hassidim interdisaient les
sacrifices, tenaient à leur chasteté, s’adonnaient à
l’agriculture et combattaient l’esclavage.
La
secte des Esséniens, quant à elle, a intéressé les
historiens tels que Pline, Philon et Josèphe Flavius. Elle
s’est attachée à la Torah écrite et orale (le Talmud) et a
réussi une certaine répartition des biens chez elle. Les
rites traditionnels prenaient chez eux leur plein sens dans
l’ardente solitude de la vie cachée.
D’après Mathieu, c’est bien aux Sadduccéens et aux
Pharisiens que Jean-Baptiste s’adressa (Chapitre 3 : 7-10).
Voici ce qu’il leur dit :
«Bande de serpents ! Qui vous a enseigné à vouloir échapper
au Jugement de Dieu, qui est proche ? Montrez par des actes
que vous avez changé de mentalité et ne pensez pas qu’il
suffit de dire en vous-mêmes : «Abraham est notre ancêtre».
Car je vous déclare que Dieu peut utiliser les pierres que
voici pour en faire des descendants d’Abraham ! La hache est
déjà prête à couper les arbres à la racine : tout arbre qui
ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu
!»(31)
En
nous basant sur ces faits, nous pouvons dire que l'époque de
la mission que Jésus, fils de Marie, accomplit auprès des
Israélites était une époque qui nécessitait réellement cette
mission, car les gens avaient besoin d’orientation
spirituelle. Dieu donc révéla à Jésus les Ecritures après
qu’Il eût montré aux Juifs le miracle de sa naissance sans
père.
Jésus a vécu en Palestine du temps où cette terra sainte
était sous juridiction romaine. Malgré les bouleversements
que sa mission a opérés dans la vie religieuse du
Moyen-Orient à cette époque, les détails sur sa vie sont
rarissimes dans les ouvrages de ses contemporains, mises à
part sa naissance miraculeuse et la période que dura sa
mission prophétique. Les sources chrétiennes ne
s’intéressèrent guère à sa jeunesse et se contentèrent de
faire hâtivement allusion à son métier de menuisier à
Nazareth(32).
Bien qu'il y ait eu beaucoup d’écrits sur Jésus, sa vie pose
des problèmes d’historicité fort controversés et beaucoup de
ses aspects restent ignorés. Dans la plupart des biographies
qui lui ont été consacrées, on s’est beaucoup plus intéressé
aux questions cultuelles (à leur confirmation ou à leur
rejet) qu’à la personnalité de Jésus(33).
Il
est à souligner ici qu’une partie de ce qui a été écrit sur
Jésus a douté de tout, y compris de sa mission même(34).
Les
sources relatives à la vie de Jésus
Il
existe deux catégories de sources relatives à la vie de
Jésus :
1.
Les sources chrétiennes
Il
s’agit notamment des Evangiles canoniques : Mathieu, Luc et
Marc. Ces sources relatent la vie de Jésus du temps de
l’Annonce de la Bonne Nouvelle, mentionnent brièvement sa
naissance miraculeuse, mais elles mettent quasiment sous
silence sa vie en Egypte et son retour de ce pays, après la
mort d’Hérode, jusqu’à la Révélation. Ce qui est dit dans
ces Evangiles sera plus tard revu pour concorder avec les
croyances de la Première Eglise et des Conseils successifs
qui élaborèrent le canon de la foi chrétienne et créèrent
des récits selon l’évolution de la croyance des Chrétiens en
Jésus.
2.
Les sources non-chrétiennes
Ces
sources sont de deux sortes :
2.1. Sources romaines non-chrétiennes
Ces
sources présentent Jésus comme une personnalité influente de
son époque ou comme une personnalité qui fait partie
intégrante des événements que la Palestine a vécus, sous le
règne de l’Empereur romain Tibère et du procurateur Pilate.
Elles donnent un aperçu sur la vie du Christ, chaque fois
qu’elles abordent la question du Christianisme ou relatent
les actions des disciples de Jésus.
Pline le Jeune (an 110 de l'ère chrétienne) rapporte dans sa
dixième Epître que les Chrétiens se réunissaient chaque jour
avant l’aube, à des heures précises, pour psalmodier des
chants en l’honneur du Christ comme si celui-ci était un
Dieu. Par la même occasion, ils tenaient à rappeler à
eux-mêmes qu’ils allaient mourir un jour …(35).
Il
s’agit là d’une consultation que Trajan a demandée à Pline
le Jeune pour se faire une idée sur la manière dont il faut
traiter les Chrétiens, disciples de Jésus.
Tacite, quant à lui, mentionne dans ses Annales, les
poursuites effectuées par Néron contre les Chrétiens et
rappelle, dans le même contexte, que les Chrétiens sont bel
et bien les disciples de Jésus, lequel fut cruellement
persécuté par Pilate de Tibériade(36).
Ces
sources ne se sont guère intéressées aux subtilités de la
religion prônée par Jésus et n’ont donné que très peu
d’importance aux réformes qu’il souhaitait introduire dans
la religion mosaïque. Elles ont considéré la mission de
Jésus comme un fait politique nouveau qui risquait de
bouleverser une région vitale pour l’empire romain, mais
n’ont guère élevé ce Prophète au rang des révolutionnaires
qui exhortèrent les foules à s’insurger contre l’autorité
romaine et qui désobéirent à César, à l’insar de Jugurtha.
Elles ont, par contre, mis l’accent sur le nombre de plus en
plus croissant des Chrétiens et sur leur éparpillement, à
travers toutes les villes de l’empire, d’une manière telle
qu’ils donnèrent l’impression qu’ils constituaient une
nouvelle classe dans la société romaine.
Il
semble que les attitudes des empereurs romains et de leurs
gouverneurs provinciaux étaient contradictoires face à
l’homme qu’était Jésus et à sa mission prophétique. Les
Evangiles canoniques ont relaté l’attitude de Pilate
vis-à-vis de Jésus. Ce procurateur s’est montré hésitant
quant au jugement de cet homme qui voulait garder à César ce
qui appartient à César et donner à Dieu ce qui appartient à
Dieu. Son épouse a tenté de le dissuader de juger sévèrement
cet homme pacifique, mais encore une fois, Pilate s’est
montré fort indécis. Il finit alors par abandonner le sort
de Jésus aux Juifs après un scrutin dont les Evangiles se
sont fait l’écho. C’est que Pilate n’était pas en mesure de
faire face à la grogne du mouvement de ceux que Jésus
désigna sous le nom de “brebis égarés”. Toutefois, cette
attitude quasi neutre face à la personne de Jésus, fils de
Marie, va changer lorsque le Christianisme se transformera
en mouvement englobant des tendances politiques, ce qui
entraîna bien des persécutions contre les doctrines
chrétiennes et les adeptes du Christianisme(37).
La
rareté des écrits romains sur Jésus en son temps s’explique
par le fait que l’empereur romain, établi en Césarée sur la
Méditerranée, gouvernait la Judée et la Samarie, alors que
Jésus, au début de sa mission, prêchait en Galilée. De même
que les objectifs lointains de sa prédication ne furent
saisis des Romains que lorsqu’il entra à Jérusalem, et qu’il
s’opposa aux Docteurs de la Loi juive, parmi les gardiens du
Temple. Les Romains ne s’intéressèrent vraiment à lui que
lorsqu’ils commencèrent à croire sérieusement que sa
prédication allait fasciner la population de Palestine et
que celle-ci allait constituer une opposition politique
contre eux et contre le gouverneur juif qui était sous leur
obédience.
2.2
Les sources juives :
Les
sources juives présentent Jésus sous différentes formes.
Pour certaines d’entre elles, il n’est qu’un bâtard, car il
est né hors mariage. Ce qu’il prétend avoir accompli comme
miracles n’est en fait que ce qu’il a a appris à pratiquer
en Egypte comme magie, sorcellerie et charlatanisme. Sa
condamnation fut générale et l’Evangile n’est, pour ces
sources, que mensonge et imposture. Sa mère, Marie, tressait
les cheveux des femmes et lui, Jésus, n’était pas le Messie
attendu, car la venue de celui-ci sera précédée par des
signes avant-coureurs tels que la production de blé dont les
grains auront chacun la grosseur du rein d’un taureau. Le
véritable Messie sera obéi de tout le monde. Il sera alors
mis fin au règne des non-Israélites.
Par
ailleurs, le Talmud de Babylone (Sanhadrin, 43) nous apprend
que Jésus pratiquait la magie et qu’il a détourné le peuple
d’Israël du droit chemin. Dans le Livre des Dommages (sédarim
nezikin) qui traite des lois pénales juives, il est fait
mention de l’attitude des Juifs vis-à-vis de Jésus. Ce Livre
s’est largement appliqué à dénigrer la personne de Jésus,
que la Paix soit sur lui.
De
son côté, l’historien juif Flavius Josèphe qui est, comme on
le sait un helléniste et un sympathisant romain, a consacré
à Jésus quelques brefs passages qui laissent apparaître
l’influence qu’a eu sur lui l’attitude romaine vis-à-vis du
Messie. On ne trouve chez lui aucune influence de l’attitude
des Juifs, ses coreligionnaires. C’est probablement cela qui
incita beaucoup de chercheurs à croire que l’auteur de “La
guerre juive” n’est pas Flavius Josèphe, mais un écrivain
chrétien qui lui est postérieur. Nous pensons, quant à nous,
que Flavius Josèphe, bien qu’il donnât l’impression de
s’être rangé du côté des Romains, il avait malgré tout gardé
la nostalgie de l’époque qui a précédé la glorification du
Temple. En plus, il a tant souhaité que Jésus fût réellement
le Messie, fidèle au peuple. Voici ce qu’il dit : «En cette
époque-là vivait un bienfaiteur du nom de Jésus. C’est “un
homme de bien» si l’expression nous est permise. Il
accomplissait des œuvres extraordinaires et recevait avec
joie la vérité. Il eut beaucoup d’adeptes parmi les Juifs et
les Gentils. C’était lui le Messie”(38).
Les
Evangiles esquissent le portrait de la vie de Jésus comme
suit :
1.
Naissance de Jésus à Bethléem.
2.
Emigration de Joseph, le menuisier et de Marie vers
l’Egypte, fuyant la terreur d’Hérode. Jésus les
accompagnait.
3.
Retour en Palestine après la mort d’Hérode et installation à
Nazareth, loin de la tyrannie d’Archélaos.
4.
Début de la Révélation et apparition de Jésus «le Maître».
Il avait trente ans selon Luc. Dans l'Evangile de Matthieu,
il est dit : «Jésus voyageait à travers toute la Galilée. Il
y enseignait dans les synagogues, proclamait la Bonne
Nouvelle du Royaume et guérissait les gens de toutes leurs
maladies et de toutes leurs infirmités».
5.
Le baptême de Jésus par Jean-Baptiste.
6.
L’enseignement de Jésus en Galilée et à Capharnaum.
7.
La notoriété de Jésus est générale dans toute la Palestine.
«Beaucoup d’habitants de Galilée, des dix villes, de
Jérusalem, de Judée et de la région de Jourdain, le
suivirent et croyèrent en lui.
8.
Position de Jésus face à la Loi. Sa déclaration qu’il est
venu achever la Loi et orienter «les brebis perdues» (Les
Israélites).
9.
Réunion et concertation de Jésus avec ses adeptes.
10.
Directives données par Jésus à ses apôtres : annoncer dans
toutes les agglomérations l’imminence du Royaume de Dieu.
11.
La prédication en Galilée, Nazareth, Capharnaum, Bethsaïda,
Jéricho, Jérusalem et partout dans les villes et les
campagnes.
12.
Détails sur les miracles et polémique entre les sectes
juives et les chefs de la Synagogue.
Ce
sont là les faits saillants de la vie de Jésus et de sa
prédication. Quant à ses attitudes face aux événements de
son époque, elles sont identiques à celles de tous les
Prophètes. Jésus sevait faire aboutir sa mission selon des
voies et des méthodes sûres et bien étudiées. Dans
l’Evangile de Luc (13 : 31-35), il est dit :
«A
ce moment-là, quelques Pharisiens s’approchèrent de Jésus et
lui dirent : «Pars d’ici, va t’en ailleurs, car Hérode veut
te faire mourir». Jésus leur répondit : «Allez dire à cette
espèce de renard : Je chasse des esprits mauvais et
j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le
troisième j’achève mon œuvre». Mais il faut que je continue
ma route aujoud’hui, demain et le jour suivant, car il ne
convient pas qu’un Prophète soit mis à mort ailleurs qu’à
Jérusalem.
Jérusalem, Jérusalem, toi qui mets à mort les Prophètes et
tues à coups de pierres ceux que Dieu t’envoie ! Combien de
fois ai-je désiré rassembler tes habitants auprès de moi
comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais
vous ne l’avez pas voulu ! Et bien, votre maison va être
abandonnée. Je vous le déclare : vous ne verrez plus jusqu’à
ce que vienne le moment où vous direz : «Que Dieu bénisse
celui qui vient au nom du Seigneur».(39)
Après l’entrée de Jésus au Temple, il est dit dans Matthieu
(21 : 12-13) :
«Jésus entra dans le temple et chassa tous ceux qui
vendaient ou qui achetaient à cet endroit; il renversa les
tables des changeurs d’argent et les sièges des vendeurs de
pigeons. Puis il leur dit : «Dans les Ecritures, Dieu
déclare : «On appellera ma maison, maison de prière». Mais
vous, ajouta-t-il, vous en faites une caverne de voleurs
!»(40)
Dans sa réponse à quelques membres du parti d’Hérode qui,
poussés par les Pharisiens, lui posèrent cette question
:«Est-il permis, oui ou non, de payer des impôts à
l’empereur romain ?», Jésus dit :
«Hypocrites, pourquoi me tendez-vous un piège ? Montrez-moi
l’argent qui sert à payer l’impôt». Ils lui présentèrent une
pièce d’argent, et Jésus leur demanda : «Ce visage et ce nom
gravés ici, de qui sont-ils ?». «De l’empereur»,
répondirent-ils. Alors, Jésus leur dit : «Payez donc à
l’empereur ce qui lui appartient, et à Dieu ce qui lui
appartient».(41)
(Mathieu, 22 : 18-21)
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