Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

 

CHAPITRE INTRODUCTIF
La Révélation dans la vie des hommes
 

Pr Abdel Aziz Ben Abdallah

Préambule 

Les Prophètes ont parlé de l’existence d’un autre monde où l’homme - après le jugement sur ses actes ici-bas - est appelé à vivre soit dans la félicité, soit dans la pire des souffrances.

Si un inconnu venait nous avertir que des événements ont lieu à un endroit que nous pensons visiter, nous prenons en considération ce qu’il dit et nous nous apprêtons à y faire face, même si nous ne sommes pas sûrs de l’existence de ces événements. Si donc les attributs des Prophètes traduisent leur sagesse, la noblesse de leur caractère et leur sens aigu de la probité, pourquoi donc nions-nous l’existence de l’Au-delà ?

Par ailleurs, et comme nous héritons le savoir, depuis notre naissance, des générations passées, recevant ainsi de nos ancêtres la confirmation de l’existence d’un autre monde, pourrions-nous prétendre que tout ce qui nous est ainsi légué n’est que mensonge ? N’y avait-il pas, parmi nos Pieux Anciens de généreux Prophètes ? Avons-nous des sources de connaissances ou une science à notre portée en rupture totale avec le passé, que celui-ci soit récent ou lointain ?

La sagesse que l’homme doit suivre veut qu’il croit à l’Au-delà et au Jour du Jugement Dernier. Il n’existe pas sur terre un peuple qui ignore le sens du mot «Allah» (ou «Seigneur» ou «Dieu»). Il est le Créateur de tout l’Univers et le seul Juge qui aura à apprécier nos actes après notre mort. La propagation de cette croyance parmi les peuples et les Nations prouve qu’elle n’est pas le fait d’un seul individu. Elle est parmi les vérités que l’homme connaît depuis son existence et ceux qui n’y croient pas, qui nient la résurrection et l’Au-delà ne possèdent aucune preuve à même d’étayer leur athéisme. En plus, aucun individu n’est athée parce qu’il ignore l’existence de Dieu. L’athéisme est une attitude d’opposition et de non-reconnaissance d’un Etre qui existe dans la conscience de l’athée. Celui-ci n’est pas sans ignorer la signification du terme «Dieu», des attributs du Créateur et de Son aptitude à conduire l’Univers. Le Très-Haut n’a pas abandonné ses créatures et il n’existe pas un homme ou un animal qui ne porte pas en lui une intelligence qui lui permet de saisir l’existence de Dieu, Sa grandeur et Sa sublimité.

Le discours divin adressé aux hommes

La Révélation est l’unique source des lois et des croyances célestes et le Révélateur est «Allah» qui appelle à la foi par Sa divinité, Son Unicité, Ses attributs, Ses anges, Ses envoyés, et à la croyance par l’apport législatif original des Livres célestes qui sont : les Psaumes, la Bible, L’Evangile et le Coran, le dernier de ces Livres.

Les ennemis de la religion n’ont, de tout temps, jamais cru à la véracité de la Révélation, ce qui a incité les érudits et les penseurs à invalider leurs thèses par la logique et les arguments scientifiques. L’objectif de la propagation de ces opinions erronées était de détruire le concept même de la Révélation divine. Or, l’éternelle volonté divine s’est manifestée, à travers la Révélation, dans une sublime sagesse que ses propagateurs que sont les vénérables Prophètes, ont successivement pris en charge. Le dernier d’entre eux, à avoir brandi ce flambeau fut le Prophète Mohammad (Que la prière et le salut de Dieu soient sur lui).

L’objectif de la succession des missions célestes était de rappeler constamment aux hommes la sagesse divine dans la création de l’Univers, l’omniscience de Dieu, Sa volonté, la protection qu’Il assure aux hommes à travers le temps et ses vicissitudes et l’appel constant - par l’incitation et l’intimidation - au Jugement de l’Au-delà. C’est là une philosophie qui se fonde sur le concept de la dynamisation qui anime la vie de l’humanité :«Dès qu’un verset du Livre se trouve abrogé ou devient caduc, un autre, meilleur ou tout pareil vient le remplacer». [La Vache : 108]

Cette abrogation, appelée à être constante, ne concerne pas les fondements immuables de la foi, mais vise certains concepts ou des aspects pratiques de la religion : «Il institue pour vous, en fait de religion, ce qu’Il avait prescrit à Noé, ce qui t’est révélé à toi-même, ce qui fut donné auparavant à Abraham, à Moïse, à Jésus. Acquittez-vous, leur fut-il prescrit, du culte du Seigneur ! N’en faites point, entre vous, un sujet de division». [La Délibération : 13]

La religion abrahamique est une et immuable. Elle n’est appelée à changer qu’en ce qui concerne certains aspects pratiques imposés par les exigences de la vie qui se renouvelle. La plupart des Envoyés sont venus, suite à des changements naturels survenus, de par le monde, dans les habitudes des êtres humains.

La mission de Mohammad, la dernière des missions célestes, est intervenue après avoir été annoncée par les Livres sacrés d’autres confessions :«Non, Mohammad n’est le père d’aucun homme d’entre vous, mais le Messager de Dieu et le sceau des Prophètes». [Les Coalisés : 40]

Dans un Hadith, il est dit : «Mon cas, comme celui d’autres Prophètes, ressemble à la situation d’un homme qui a construit - avec passion et habileté - un édifice dont il ne manquait qu’une brique dans un angle. Les hommes qui visitaient cet édifice n’en tarissaient pas d’éloges, mais faisaient cette remarque : «Mais où est donc cette brique manquante?» Il répondit : «C’est moi la brique manquante et je suis le sceau des Prophètes.»(1). Nous y reviendrons là-dessus pour corroborer cela par des versets glanés dans les Livres célestes.

Parce qu’elle est la dernière des missions prophétiques, la mission de Mohammad se caractérise par deux traits essentiels :

a) Elle est adressée à tout le genre humain : «Nous ne t’avons envoyé à la totalité du genre humain qu’uniquement pour annoncer la bonne nouvelle et avertir». [Les Sabâ’ : 28]

Dans un Hadith non contesté, le Prophète (Que la paix soit sur lui) a dit : «Jadis, le Prophète était envoyé à son peuple. Quant à moi, je suis destiné à toute l’humanité »(2).

b) Elle est porteuse d’une foi simple qui a pour fondements :

- La croyance en Dieu, en Son unicité, en Ses Prophètes et en Ses Messagers.

- La pratique de la prière rituelle.

- L’acquittement de la Zakât (l’aumône légale).

- La pratique du jeûne.

- Le pèlerinage à la Mecque pour ceux qui en ont les moyens.

Accommodement des missions prophétiques avec l’histoire humaine

Il se pourrait qu’on s’interroge sur le pourquoi de la multiplicité des missions prophétiques à des endroits différents de la planète, et peut-être au même endroit et à une même époque, qu’on s’interroge également sur le pourquoi de la prolifération et la succession des Révélations … Celle ci est-elle due au trépas des prophètes ou à l’effritement de leurs missions et à la vétusté des concepts par eux divulgués ? Auquel cas, le redressement, par le biais de missions nouvelles, s’impose.

A ce point de l’analyse, il est indispensable d’exposer la raison de la succession des missions prophétiques et les spécificités de chacune d’elles ainsi que les raisons de l’envoi, l’un après l’autre, des Messagers afin que l’appel divin parvienne à tous les hommes.

Pureté de l’innéité divine chez le genre humain

Au début de l’histoire humaine, les hommes étaient naturellement purs. Dieu a dit : «Une seule communauté, tels furent les hommes à l’origine. Dieu leur envoya des Prophètes annonciateurs de félicité et avertisseurs contre les tourments. Par eux, Dieu révéla aux hommes les Ecritures, pour leur servir de juge et trancher leurs différends». [La Vache : 213]

Ceci veut dire que, depuis Adam, les hommes étaient sur le droit chemin, mais qu’à travers les siècles, la discorde les a séparés et Dieu leur a envoyé Ses Messagers.

Cette sollicitude divine concerne tous les hommes, car Dieu les entoure tous de Son affection. Ils sont d’ailleurs prédisposés, tout naturellement, à accepter le Bien. D’après Abû Hurayra (Que Dieu soit satisfait de lui) le Prophète (sur lui le salut de Dieu) a dit : «Chaque nouveau-né est prédisposé à la bonté naturelle. Ce sont ses parents qui le convertissent soit au judaïsme, soit au christianisme, soit au mazdéisme».(3)

D’après Ibn ‘Abd El Barr, cette caractéristique est commune à tous les nouveaux-nés. C’est un fait donc que chaque nouveau-né est bon par nature, que ce sont ses parents qui le soumettent au judaïsme par exemple et qu’à partir de la puberté, il agit en tant que Juif. Pour ce qui est de l’Islam, Dieu a affirmé qu’il est la religion de la bonté innée : «Relève donc la tête pour te vouer au culte pur de l’Un, selon la nature innée dont Dieu a pourvu les hommes en les créant. Ce que Dieu a créé ne saurait être modifié. Telle est la religion droite. Mais la plupart des hommes n’en savent rien». [Les Byzantins : 30]

L’Islam est la religion de l’unicité pour laquelle Dieu a envoyé tous les Prophètes afin de la propager.

Succession des Prophètes et des Messagers

Nous commencerons par citer les noms des Prophètes et des Messagers selon ce qui a été dit dans le Saint Coran :«Dites : Nous croyons en Dieu, en la Révélation reçue par nous et aux autres faites jadis à Abraham, Ismaël, Jacob, Isaac, les douze fils de Jacob; en ce qui fut donné à Moïse, puis à Jésus, et en toute la Révélation faite aux Prophètes par leur Seigneur, ne faisant aucune distinction entre eux et nous soumettant entièrement à Lui». [La Vache : 136]

«Dieu éleva au rang d’élus, par-dessus tout l’Univers, Adam, Noé, la famille d’Abraham et celle d’Imrân». [La Famile d’Imrân : 34]

«Des Révélations te sont faites de Notre part, comme nous en fîmes à Noé et aux Prophètes qui l’ont suivi et telles qu’en reçurent Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, les Prophètes des douze tribus, Jésus, Job, Jonas, Aaron, Salomon et comme à David furent donnés les Pasumes !

Bien des Prophètes ont reçu ainsi Notre message : un certain nombre d’entre eux ont été évoqués pour toi, d’autres ont été passés sous silence. Dieu se fait entendre clairement de Moïse !

Tous, inspirés de Dieu ont eu pour mission d’annoncer la bonne nouvelle aux hommes et en même temps de les avertir, afin qu’ils n’aient, une fois la mission des Prophètes accomplie, plus d’excuses à invoquer devant le Seigneur. Dieu est Tout-Puissant. Il détient la Suprême Sagesse». [Les Femmes : 163-164]

Après l’évocation des Messagers et des Prophètes dans la sourate «Les Troupeaux», Dieu cita encore : «Zacharie, Jean, Jésus, Elie, tous connus pour leur vertu. Il compta de même au nombre des siens Ismaël, Elisée, Jonas et Loth qui, tous bénéficièrent de Nos faveurs et furent élevés au rang d’élus». [Les Troupeaux : 86]

«Ismaïl, Idriss, Dhoul Kifli sont non moins dignes d’être cités. Tous avaient fait preuve de constance». [Les Prophètes : 85]

Adam, le père de l’humanité

L’un des premiers de ces Prophètes fut Adam. Il est Prophète parce qu’il est le père de l’humanité. Dieu le congédia du paradis pour qu’il vive dans un endroit de la planète. Quel est donc ce paradis ? Est-ce le paradis de l’Au-delà ou bien s’agit-il de l’un de ces endroits paradisiaques de la planète ?

L’ïmâm Abû Hanîfa pense - d’après ce que rapporte Iban ‘Abbâs et qui est mentionné dans «L’exégèse» de Mundir Ibn Sa’îd Al Ballûtî - qu’Adam et Eve furent contraints de ne pas goûter au fruit de l’arbre. Et l’on sait qu’il n’y a point de contrainte dans le paradis éternel. Comment donc Iblis les a-t-il rejoints dans ce paradis qui lui était interdit ? Comment pouvait-il leur insinuer que la raison de l'interdiction de manger le fruit interdit est leur privation d’être éternels. Or, la vie dans le paradis céleste est éternelle. Ceci est également mentionné dans l’Ancien Testament(4).

Selon Abû Umâma, un homme a dit : «O Prophète de Dieu ! Adam était-il un Prophète ?». Le Prophète répondit : «Oui, un Prophète agissant». L’homme dit : «O Envoyé de Dieu ! Quel fut le nombre des Prophètes ?». Le Prophète répondit : «Cent vingt quatre mille dont trois cent quinze sont des Messagers»(5).

Dans le deuxième chapitre de la Genèse, il est mentionné qu’Adam vécut à la source du Tigre et de l’Euphrate, dans un endroit choisi par Dieu et dont on ne connaît pas l’emplacement. Il du lutter pour survivre. Il fut cultivateur, se maria et eut beaucoup d’enfants. C’est de cette époque que date le début de la constitution de la société humaine qui dura, selon la Bible, neuf cent trente années(6).

Le premier problème qu’Adam du affronter fut le crime fratricide commis par Caïn sur Abel.

Al Bukhârî rapporte dans son «Sahîh» et Ahmad dans son «Musnad» ce dire du Prophète (que le salut soit sur lui) : «Dans chaque meurtre commis injustement, l’aîné d’Adam a une part de responsabilité, car il fut le premier à instaurer le crime».(7)

Idriss (Enoch)

Idriss devint Prophète après Adam et Seth, trois cent huit ans après la mort d’Adam. Il naquit probablement à Babel. Quand il devint Prophète, il commença à prêcher la bonne religion. Il interdit aux corrompus de transgresser les préceptes religieux que propagèrent Adam et Seth. Il rencontra beaucoup de résistance. Sa prédication se répandit partout. Il émigra alors vers l’Egypte où, pendant quatre vingt deux ans, il enseigna la parole de Dieu avant qu’il ne fût élevé à un haut rang :«Nous l’élevâmes à un rang sublime». [Marie : 57]

C’est à son époque que le savoir et la sagesse commencèrent à se constituer. Il fut le premier à user de la plume et à se spécialiser dans l’astronomie et l’astrologie. On rapporte qu’il fut l’initiateur de la science urbanistique après avoir fondé cent quatre vingt huit centres urbains. Cela fait partie, sans doute, des récits israélites que les gens du Livre se transmettèrent de génération en génération et qu’ils préservèrent, après leur islamisation, avant qu’ils ne fussent consignés dans les biographies des Prophètes.(8)

On rapporte également qu’Idriss s’appelait Elie, connu sous le nom d’Enoch dans la Genèse (5 : 24) et que les Sages appelèrent «Le plus prestigieux des Hermès». Ils prétendirent qu’il naquit en Egypte d’où il partit pour prêcher, de par le monde.

Idriss fut connu par ses écrits littéraires et ses maximes où il lança des appels en faveur de l’astronomie (notamment l’observation du croissant et les signes du zodiac). Parmi ses maximes que des générations entières de toutes les confessions se transmettèrent, citons celles-ci :

- «Le Bien de ce bas-monde est la peine et son Mal est le regret».

- «La vie de l’esprit c’est la sagesse et l’interdiction du vin».

On lui attribua à tort l’édification des pyramides et ses détracteurs prétendirent qu’il y avait esquissé les croquis de tous les appareils et métiers pour les éterniser, ce qui est en contradiction avec ce que nous dit l’Histoire(9).

Ibn Jarîr rapporte une autre version voulant qu’Elie n’est autre qu’Ibn Yâcin Ibn Fanhâs Abû Al ‘Ayzurân Ibn Hârûn. Il est donc un des Prophètes israélites qui prônèrent le renoncement à l’idolâtrie. Lui a succédé Elisée, Prophète du peuple de Ba’labek, à l’ouest de Damas, qui idolâtrait des statues du nom de Baals(10).

Noé, le second père de l’Humanité

Les sept commandements (ou lois) qui ont été révélés à Noé, après le Déluge (Genèse : 9) interdisaient : le polythéisme, l’homicide sans raison, l’outrage, la fornication, le vol, la consommation de la viande crue(11), et recommandaient l’instauration d’un système législatif pour l’Humanité. Ces commandements précédaient les dix autres qui ont été révélés à Moïse, selon l’Ancien Testament, quand Dieu lui adressa la parole au Mont Sinaï.

Deux penseurs juifs contemporains, Moses Mendelssohn et Herman Cohen, ont affirmé que les commandements de Noé constituent le fondement éthique du rationalisme humain et sont à l’origine du Décalogue, base de la Loi divine dans les Livres révélés comme le Livre de Job et le Livre du Jugement qui est une partie de l'Ancien Testament attribué à Salomon comme on le verra.

Les Docteurs de la Loi se demandent si le déluge de Noé a concerné toute la planète, bien que la mission de ce Prophète ne dépassât pas le cadre étroit d’une région limitée. L’espèce humaine n’était pas encore disséminée partout sur la terre et était concentrée à l’endroit atteint par le déluge, là où l’Arche de Noé «jeta l’ancre» dans les parages de «Diyâr Bakr» dans la presqu’île arabique. Le Coran n’évoque pas l’emplacement géographique de cet événement.

Certains arabisants ont manifesté leur désaccord quant à la longévité de Noé évoquée dans le Coran : «Nous dépêchâmes Noé en messager auprès de son peuple. Il vécut parmi eux neuf cent cinquante ans; puis le déluge les surprit en pleine iniquité». [L’Araignée : 14]

Toutefois, quelques médecins allemands ont déclaré que l’homme de cette époque ne connaissait aucun souci et qu’il était fort possible qu’il puisse vivre longtemps.

Houd

Sa mission précéda celle de Noé. On dit qu’il fut envoyé aux géants de ‘Ad dans les terres des Ahqâf à Hadramaout au Yémen, dans les territoires déserts, contigus à Oman. Houd n’est mentionné que dans le Coran (Sourate Houd). On dit qu’il fut le premier à s’être exprimé en arabe. Les Arabes ont, d’ailleurs, été les premiers à s’implanter à l’ouest de l’Euphrate.

Sâleh

Quant à Sâleh et son peuple, leur époque n’est pas connue avec exactitude. Les ruines n’en donnent aucune précision, car la majorité de leurs motifs décoratifs nabatéens sont des épitaphes qui datent de la naissance de Jésus. On dit que Sâleh n’est autre qu’Ibn ‘Ubayd Ibn Âsif, un Arabe parmi les descendants de ce qui reste de ‘Âd dont les habitants sont connus pour leur goût de l’architecture taillée dans le roc, dans la région située entre le Hijâz et la Grande Syrie. La région de ‘Ad est connue aujourd’hui sous le nom de «col de la chamelle», là où Sâleh construisit des villes, à proximité du Golfe d’Aqaba. Cet endroit fut ainsi nommé, car Sâleh fut l'auteur du miracle de la chamelle qui est la preuve de l’authenticité de sa mission. La chamelle sortit du roc et vécut un certain temps, puis les gens l’immolèrent. Dieu leur envoya un ouragan qui les décima complètement.

Abraham

Abraham est, selon la Bible, originaire du peuple «Feddan Arâm» en Mésopotamie. Il émigra à Ur en Chaldée qui est une cité située à la rive ouest de l’Eurphrate, puis s’installa à Harân, en Palestine et enfin en Egypte vers 2200 avant J.C.

Il se rendit à la Mecque avec son fils aîné Ismaël qu’il eut de Hajar, épouse qui lui a été offerte par le Pharaon. Ismaël était alors enfant à l’époque. L’eau de Zem-Zem qui apparut sous ses pieds fut un miracle et vint combler sa mère Hajar qui implorait Dieu de lui envoyer de l’eau alors qu’elle ne voyait devant elle que le mirage. L’apparition de cette eau poussa la tribu de Jurhum à s’installer à la Mecque. C’est au sein de cette tribu qu’Ismaël grandit et apprit à parler l’arabe, abandonnant en même temps le syriaque, langue de son père.

Abraham et son fils, Ismaël, construisirent la Ka’ba et autorisèrent les gens à y accomplir le pèlerinage : «Appelle les hommes au pèlerinage : ils y viendront, à pied ou à dos de chameaux efflanqués, accourant des contrées les plus lointaines». [Le Pèlerinage : 27]

Depuis cette époque, la visite de la Ka’aba devint un rite. Un homme vint voir le Prophète (sur lui le salut) et dit : «O, meilleur des êtres humains!». Le Prophète répondit : «Le meilleur des êtres humains est bien Abraham, l’ami de Dieu».(10)

Ismaël

Comme cela a été dit auparavant, il fut élevé au sein de tribus arabes. Il vécut cent trente ans. Il mourut à la Mecque et fut inhumé près de la tombe de sa mère Hajar. La Bible mentionne qu’il est mort en Palestine.

Isaac

Il fut envoyé aux Cananéens de la Syrie et de la Palestine. Quand il naquit, son père avait déjà cent ans. Isaac vécut cent quatre vingt ans et fut inhumé à Hébron, près de son père. Il y eut des malentendus à propos du sacrifié. On rapporte qu’Ibn ‘Abbâs croit que celui qui allait être sacrifié est bien Isaac, mais d’autres sources assurent que la personne concernée était Ismaël(12).

Loth

Il s’agit d’Ibn Hârûn Ibn Târih. Il est le neveu d’Abraham avec qui il émigra de la Mésopotamie. Dieu l’envoya au peuple de Sodome qui vivait à l’Est de la Jordanie actuelle. Ce peuple s’adonnait à la pratique de la pédérastrie (coït anal), déviation sexuelle pour laquelle il fut totalement exterminé. L’épouse de Loth était parmi les victimes, car elle cautionnait la sodomie pratiquée par ses concitoyens. Ses filles, quant à elles, furent sauvées avec lui de la destruction de Sodome.

La cité de Sodome était située au Sud de la Mer Morte. Quand Dieu nivela le faîte des montagnes, la terre se trouva au-dessous du niveau de la mer. Les eaux envahirent alors les lieux … On a découvert, au bord de la Mer Morte, les ruines de citadelles antiques appartenant au peuple de Loth.

Les épouses de Noé et de Loth ne périrent pas à cause d’une dépravation sexuelle, d’un crime d’adultère, mais parce qu’elles n’ont pas cru en la mission prophétique de leurs maris. Ibn ‘Abbâs avait bien raison de dire qu’«aucune épouse d’un Prophète ne s’est adonnée à la prostitution».(13)

Jacob (Israël)

C’est le fils d’Isaac, enfant d’Abraham. Né en Palestine, il émigra vers «Feddan Arâm» à Babylone en Mésopotamie, chez son oncle Laban. Il eut un songe dans «la maison de Dieu» qui est le site de Jérusalem, ville qu’il construisit plus tard. Il s’installa en Mésopotamie où il épousa Léa et Rachel, ses cousines. Le mariage avec deux sœurs n’était pas considéré comme incestueux à l'époque, mais il fut abrogé plus tard, par la Bible. Jacob eut de Rachel, son épouse préférée, deux enfants : Joseph et Benjamin. Quand il mourut, il fut inhumé auprès de son père, à Hébron.

Joseph

Il est, comme l’a dit le Messager de Dieu (que le salut soit sur lui), «le généreux, fils du généreux, fils du généreux, fils du généreux”, Joseph fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham(14). Homme vertueux et probe, il évita l'adultère avec l’épouse du Pharaon qui l’éleva et le prit en charge. Quand il rencontra son père, après s’être séparé de lui, ce dernier était âgé de cent trente ans, et allait vivre encore dix sept ans. Quant à Joseph, il vécut cent dix ans. Il mourut en Egypte trois cent soixante et un an après la naissance de son grand père Abraham et soixante quatre ans avant la venue au monde de Moïse. Sa dépouille mortelle fut transférée en Syrie du temps de Moïse et fut probablement inhumée à Naplouse.

Choua (Chouaïb)

On l’appelle Choua, fils de Madian. Les exégètes disent de lui qu’il est le plus éloquent des Prophètes. Il n’est pas le gendre de Moïse, le père des deux femmes, car le père de celles-ci est Yétron, neveu de Choua (selon Ibn Kathîr). D’après Abû Al Baqâ, son origine n’est pas authentifiée. Ibn ‘Asâkir rapporte que sa mère est la fille de Loth …

Il est vraisemblablement le fils de Michaël, petit-fils de Madian, un des fils d’Abraham. Sa mère est la fille de Loth. Sa mission précéda celle de Moïse, mais son cas créa beaucoup de problèmes aux historiens qui ont cru que sa mission est intervenue plusieurs siècles après celle de Moïse. Il semble qu’ils l’ont confondu avec le Prophète Isaïe.

Les sites du peuple de Madian se trouvent au Hedzaz, du côté de la Syrie, non loin du Nord du Golfe d’Aqaba et du Sud de la Palestine. Le peuple de Madian était constituté de commerçants et d’agriculteurs qui lésinaient sur ce qu’ils vendaient. Cela se passait probablement après l’exode des Israélites vers l’Egypte. Cette fraude dans le commerce était à l’origine de l’envoi de ce Prophète, mais comme les habitants de Madian refusaient de mettre un terme à leur fraude, ils subirent beaucoup d’atrocités.

Job

Homme fortuné, mais généreux et reconnaissant, sa progéniture fut nombreuse. Il fut durement frappé par le malheur dans sa vie, mais il a toujours su rester serein et patient. Dieu lui vint en aide et le sauva : «Rappelle-toi Job, élevant sa plainte vers son Seigneur : Seigneur, je suis éprouvé, je souffre. Tu es le Compatissant sans égal».  [Les Prophètes : 83]

La tradition biblique prétend qu’il a été honni par les siens quand il tomba gravement malade. Son corps se décomposa et il fut jeté aux ordures, hors de la ville, selon la Bible.

L’Islam qui sanctifie les Prophètes et les place au-dessus de toutes les petitesses de la vie, réfute les allégations bibliques. Job fut sans doute malade et sa maladie lui prit dix-huit ans de sa vie qui dura quatre vingt treize ans. Il eut vingt six garçons dont Bishr qui - dit-on - est Dhou Al Kifli que le Coran cite parmi les Prophètes.

Il fut envoyé aux Romains, mais son point de chute était Damas et ses environs. Sa mission put atteindre la Perse et l’Empire byzantin. C’est ainsi qu’on peut dire que les missions prophétiques touchèrent, à l’époque, les régions les plus peuplées de la planète.

Moïse et Aaron

Hommes de bonne volonté, leur histoire est connue. (On y reviendra à propos du rapport entre la Bible et l’Evangile). Moïse et Aaron sont les fils d’Imrân, fils de Kahet, fils de Lévi, fils de Jacob. Aaron est né trois ans avant Moïse. Eloquent et d’une volonté de fer il vécut cent vingt deux ans et mourut, dans le désert, onze mois avant son frère Moïse et bien avant la pénétration des Israélites en Palestine.

L’Envoyé de Dieu (sur lui le salut) a dit : «N’ayez point de préférence entre les Prophètes, car quand Dieu soufflera dans la corne, tous ceux qui se trouveront sous les Cieux et sur la Terre seront foudroyés, sauf ceux que Dieu voudra sauver. Puis il soufflera une seconde fois et voilà que je serai le premier à être ressuscité et que Moïse s’installera sur le  Trône. Je ne sais pas s’il va être jugé par ce foudroiement, le Jour du Jugement ou s’il va être ressuscité avant moi ! Je n’ai jamais dit que quelqu’un est meilleur que Jonas, fils d’Amittaï »(15)

Dhoul Kifli

Ibn Kathîr confirme que Dhou Al Kifli fut bien un Prophète, bien que certains érudits pensent qu’il s’agit- là d’un juste juif parmi tant d’autres. Le Saint-Coran se contente de le présenter parmi les justes les plus connus, ce qui fait dire à Ibn Kathîr que ce terme (les justes) sert à désigner ainsi les Prophètes : «Ismaël, Idriss, Dhoul Kifli sont non moins dignes d’être cités. Tous avaient fait preuve de constance. Ils furent accueillis en Nôtre grâce, étant du nombre des justes » [Les Prophètes : 85-86].

«Que l’on songe aussi à Ismaël, à Elisée, à Dhoul Kifli dont chacun fut un bon serviteur » [Çâd : 48]

On ignore ce que fut la mission de Dhoul Kifli.

David

Il est le fils de Jessé, de la progéniture de Yéhuda et Joseph.

Après le mort de Moïse et Aaron, les Hébreux furent guidés par Josué, fils de Noun qui rentra avec eux en Palestine, terre que Moïse leur a promise dans la Bible.

A la mort de Josué, des juges israélites prirent le pouvoir et régnèrent durant trois cent cinquante six ans. C’est l’époque du règne des juges. Les Hébreux faiblirent après avoir négligé la religion. Ils furent alors envahis par d’autres peuples tels que les Amalécites, les Araméens et les Philistins et ils eurent l’outrecuidance d’assassiner les Prophètes. Ils emportèrent avec eux «l’Arche d’alliance» ou «l’Arche sainte» qui contenait les tables de la Loi de Moïse et son bâton par lesquels ils aspiraient avoir la bénédiction de Dieu, mais le peuple de Gaza et d’Ascalon les leur confisquèrent, ce qui provoqua la mort, par affliction, de leur Roi. Ils se trouvèrent alors dans la situation d’un troupeau, sans Berger, jusqu’à ce que Dieu leur envoyât le Prophète Samuel.

Ils eurent, plus tard, Saül pour Roi. Celui-ci récupéra l’Arche qui leur a été confisqué, mais ils se révoltèrent contre lui. Dieu leur fit subir une dure épreuve en les privant d’eau. Il ne resta alors au Roi que trois cent dix neuf soldats sur quatre vingt mille pour combattre les Philistins idolâtres, ses ennemis. Ceux-ci étaient dirigés par Goliath qui demanda un duel. Un jeune soldat du nom de David se présenta au géant Goliath. La lutte se termina par la mort du géant. Vainqueurs, les Hébreux plébiscitèrent David qui devint leur Roi après la mort de Saül, à l’âge de trente ans. Il fut un Roi juste et équitable qui se servait de la Bible dans ses jugements jusqu’à ce que Dieu lui révélât les Psaumes à l’âge de quarante ans.

David possédait une belle voix. Quand il psalmodiait les Psaumes, les oiseaux cessaient de voler. Il vivait de son travail, fabriquait des boucliers et des épées pour subvenir à ses besoins, sans avoir à toucher aux deniers publics. Ibn ‘Abbâs rapporte -comme dans les deux SAHÎH- que le Prophète (sur lui le salut) a dit : «La prière la plus prisée chez Dieu est celle de David. Le jeûne le plus prisé chez Dieu est celui de David. Il dormait très peu la nuit et jeûnait un jour sur deux»(16).

Ce généreux Prophète fut victime de beaucoup de machinations. On raconte, par exemple, qu’il est tombé amoureux de l’épouse du chef de son armée, le nommé Urie. Pour se débarrasser de celui-ci, David l’aurait envoyé plusieurs fois au front avec l’intention qu’Urie finira par mourir, ce qui laissera à David le champ libre pour disposer de la veuve. C’est là un pur mensonge qui porte atteinte aux Prophètes que Dieu a protégés de la traîtrise et de la perfidie des hommes. Est-il raisonnable que le Prophète David - que la paix soit sur lui- trahisse son chef de l’armée qui l’aide dans le jihâd ?

Selon les gens du Livre, David aurait vécu soixante dix sept ans, mais Ibn Jarîr Attabarî affirme qu’il a vécu cent ans, se basant sur ce que rapporte Ahmad qui, à propos d’un Hadîth d’Adam, dit que Dieu prolongea la vie de David de quarante ans. Il aurait donc vécu cent ans(17).

Salomon

C’est à l’âge de douze ou treize ans que Salomon succéda à son père David. Malgré son jeune âge, il était intelligent, débrouillard, bon gestionnaire, sage et clairvoyant. Quatre ans après son intronisation, il reconstruisit Jérusalem et la Muraille, exécutant ainsi le testament de son père. Puis il demanda à Dieu de lui exaucer trois vœux comme cela est relaté dans son Hadîth :«Il lui en a exaucé deux. Et nous souhaiterions qu’il lui exauçât le troisième. Il a demandé à Dieu d’être bon juge et il l’a eu. Il lui a demandé un Royaume comme personne ne peut en avoir et il l’a eu. Il lui a demandé que l’homme qui, en sortant de sa maison, ne se voue qu’à la prière dans la mosquée ne soit plus coupable d’aucun péché comme s’il venait de naître. Nous souhaiterions que Dieu lui exauçât ce dernier vœu.»(18).

Après avoir achevé la construction de Jérusalem, il édifia, pendant treize ans, l’Autel et le Temple, c’est-à-dire le Palais Royal. Salomon disposait d’une flotte qui l’approvisionnait en or, argent et marchandises en provenance de l’Inde. Une de ses passions était l’équitation.

Salomon a vécu cinquante deux ans dont quarante comme Roi des Hébreux. Il était Roi et Prophète et Dieu l’avait doté de la faculté de comprendre la langue des oiseaux et des animaux. Il était également prince des djinns et aucun Prophète n’a eu de son royaume ce qu’il a eu du sien : «Seigneur! fit-il. Pardonne-moi mes excès. Accorde-moi un empire tel que nul après moi n’en aura de pareil! N’es-tu pas le Donateur Suprême?

Nous lui soumîmes alors le vent soufflant à son ordre, avec mesure, là où il voulait.

Et les génies, bâtisseurs et plongeurs.

Et d’autres démons encore enchaînés deux à deux.

Voici Nos largesses, Salomon. Dépense-les ou retiens-les à ta guise!

Nous tenons Salomon en haute estime, près de Nous et lui ménagerons un heureux destin» [Çâd : 35-40]

La tradition israélite rapporte des anecdotes bizarres sur l’anneau de Salomon et sa perte dans l’océan, ce qui lui fit perdre son empire, mais des savants tels qu’Ibn Kathîr, Ar-Râzî et Al Baydâwî démentirent tout cela.

Jonas

Certains auteurs l’appellent Bonan, fils d’Amittaï. Amittaï était sa mère. Jonas étais l’un des petits-enfants de Benjamin, frère de Joseph. Il fut envoyé chez le peuple de Ninive en Assyrie, district de Mossoul en Mésopotamie, au VIIIème siècle avant J.C. pour le dissuader de s’adonner à l’idolâtrie.

Il prêcha le monothéisme, mais en vain. Furieux et menaçant il quitta les lieux, sans avoir été autorisé par Dieu. On a dit que c’est Satan qui l’a induit en erreur. Après son départ, les mécréants eurent peur du malheur qui allait s’abattre sur eux. Ils se repentirent, demandèrent le pardon à Dieu. Cela leur fut accordé. Jonas se trouvait alors dans un bateau qui allait connaître le naufrage à cause de sa présence à bord. Les matelots qui savaient que le bateau était en péril à cause de Jonas durent le jeter par -dessus bord, présageant que malheur allait leur arriver. Jonas fut avalé par un gros poisson auquel Dieu ordonna de lui laisser la vie sauve. Des profondeurs sombres de la mer, Jonas appela Dieu : «Il n’est pas en dehors de Toi d’autre Divinité. Que Ton nom soit béni, Seigneur. Oui, j’ai été du nombre des injustes» [Les Prophètes : 87]

Le gros poisson  le rejeta. On dit que cela se passa en Mésopotamie. Jonas fut guéri et reconnut sa faute d’avoir quitté son peuple sans être autorisé par Dieu. Il retrouva son peuple qui s’était mis à prier Dieu, mais pour un temps seulement. Dieu fit détruire les agglomérations de ce peuple.

Zacharie et Jean

A propos de Zacharie, Ibn ‘Asâkir cite quatorze de ses petits enfants jusqu’à Salomon. Il ne s’agit pas ici de Zacharie, fils de Borgia qui vécut trois siècles environ avant Jésus-Christ.

Zacharie fut envoyé aux Israélites avant Jésus pour les détourner de la débauche, du libertinage et de l’immoralité. Les Israélites, à l’époque, combattaient sans pitié les Prophètes et les Serviteurs de Dieu. Le plus cruel d’entre eux fut Hérode, gouverneur de Palestine, dont on dit qu’il ordonna le massacre de Jean, fils de Zacharie. Jean fut effectivement décapité et sa tête fut remise, dans un plateau d’argent, à Hérode pour satisfaire sa bien-aimée Salome.

Le père de Marie, ‘Imran, était le grand érudit des rabbins dont Zacharie faisait partie. Quand il mourut, c’est Zacharie, époux de la tante de Marie, qui prit celle-ci en charge. On rapporte qu’il n’eut d’enfants qu’à l’âge de quatre vingt dix neuf ans, alors que sa femme était âgée de quatre vingt dix huit ans. Il eut comme enfant Jean qui fut tué du vivant de son père, lequel a été tué, à son tour, selon certaines sources.

Jean qui naquit trois mois avant Jésus devint Prophète à l’âge de trente ans. Dans sa jeunesse, il mena une vie ascétique dans le désert. Il se nourrissait d’herbe et de sauterelles. Il devint un érudit et une référence dans l’émission des fatwas.(19) Il prêcha aux juifs l’obéissance à Dieu et leur annonça la venue imminente du Messie.

Il baptisait par immersion dans l’eau du Jourdain. Jésus lui-même se fit baptiser par lui dans l’eau de cette rivière.

Le Messie «Jésus», fils de Marie

Après la mort de Jean, Dieu envoya Jésus. Les Juifs prétendront que ce dernier a été crucifié et tué : «Non! Ils ne l’ont pas tué, ni ne l’ont crucifié, mais furent le jouet d’une illusion » [Les Femmes : 57].

Les Chrétiens tissèrent autour de ce célèbre récit une multitude d’anecdotes imagées qu’ils consignèrent dans les Evangiles. Ils prétendirent que Jésus est le fils d’un jeune juif de la famille de David, nommé Joseph le menuisier - ou le charpentier - dont la fiancée était Marie avant qu’elle ne tombât enceinte de Jésus «Qui est pour Dieu pareil à Adam et qu’il conçut de la terre. Puis il lui a dit : «Sois! El il fut» [Le Coran].

Les Ecritures apportent des versions différentes quant à l’origine familiale de Jésus. Ainsi l’Evangile de Saint Mathieu mentionne que Jésus est le fils de Joseph le menuisier, lequel est le fils de Lévi... Les autres Evangiles disent qu’il fait partie de la progéniture de David, parent de Yéhuda.

Jésus fut envoyé aux Israélites après treize siècles de vie où ils ne virent aucun Prophète. Durant cette longue période, ils devinrent frustres et dénaturèrent la loi divine. Ils cessèrent de faire le Bien, décidèrent de faire du samedi une journée fériée et s’adonnèrent aux plaisirs de la vie et à la quête passionnée de l’argent(20).

Le Coran purifia Jésus et sa mère Marie de toutes les obscénités que leur colla leur entourage :«Vint un jour où le Seigneur dit à Jésus : «Est-ce toi, Jésus, le fils de Marie, qui a dit aux hommes de te prendre, toi et ta mère, pour divinités en dehors de Dieu?». Jésus répondit : «Que ton nom soit glorifié, Seigneur! Comment pourrais-je en vérité le proclamer, n’en ayant nullement le droit? Tu l’aurais su Seigneur, si je l’avais proféré, car tu connais le fond de ma pensée, mais je ne sais rien de la Tienne, il n’est point de mystère que Ta science ne puisse dévoiler» [La Table servie : 116].

Dieu a octroyé à Son Prophète et à la mère de celui-ci leur part d’honorabilité : “Marie entendit les anges lui dire : «O Marie! Dieu te fait une heureuse annonce, celle d’un Verbe de Lui, qui aura pour nom le Messie, Jésus, fils de Marie. Il sera illustre en ce monde et dans l’autre et fera partie des Elus»  [La Famille d’Imrân : 45].

«Et vint le jour où les Anges dirent à Marie : «O Marie! Dieu en vérité t’a choisie ; Il t’a purifiée, et de toutes les femmes de l’Univers, Il t’a élevée à Sa gloire»  [La Famille d’Imrân : 42].

Abû Hurayra rapporte ce Hadîth du Prophète (que la paix soit sur lui) : «Il n’y a pas d’être humain qui n’ait pas été touché, à sa naissance, par Satan et qui, à cause de cela, crie à tue-tête, sauf Marie et son fils.» Après avoir cité ce Hadîth, Abû Hurayra récita ce verset : «Je prie Dieu de préserver Marie et sa progéniture de Satan»(21).

Mohammad, sceau des Envoyés et des Prophètes

Il s’agit de Mohammad Ibn’Abd allah, Ibn’Abd Al Muttalib, Ibn Hâchem, Ibn’Abd Manâf, Ibn Kilâb, Ibn Murrah, Ibn Ka’b, Ibn Lu’y, Ibn Ghâlib, Ibn Fihr (Ghâlib Ibn Fihr porte le surnom de Quraïch, d’où la tribu qui porte ce nom), Ibn Mâlik, Ibn An-Nudr, Ibn Kinâna, Ibn Khuzaïma, Ibn Mudrikah, Ibn Ilyâs, Ibn Middir, Ibn Nizâr; Ibn Mu’idd, Ibn’Adnân...(22).’Adnân est un descendant d’Abraham. Il est le fils de Ad Ibn Humay-sa’, Ibn Salâmân, Ibn’Awas, Ibn Bawz, Ibn Qamwâl, Ibn Ubayy, Ibn’Awwâm, Ibn Nâchid, Ibn Nâhish, Ibn Mâkhî, Ibn’Ayd, Ibn’Abqar, Ibn’Ubayd, Ibn Addu’â, Ibn Hamdân, Ibn Sunbur, Ibn Yathrabî, Ibn Yahzan, Ibn’Aysar, Ibn Afnâd, Ibn Ayham, Ibn Muqsir, Ibn Nâhith, Ibn Zârih, Ibn Sumayy, Ibn Mazzîy,  Ibn’Awada, Ibn’Urâm, Ibn Qaydâr, Ibn Ismaël, Ibn Ibrâhim (Abraham), que la paix soit sur eux tous(23).

La famille de Mohammad s’appelle «la famille hachémite».

Mohammad naquit dans la famille de Banû Hâchem à la Mecque, le mois de Rabî’ 1er, l’année du premier anniversaire de l’événement de l’éléphant, ce qui coïnciderait avec le 20 ou le 21 ou le 22 avril 517 de l’ère chrétienne.(24) Les chroniqueurs citent généralement la date du 2 Rabî’ 1er. D’autres disent qu’il s’agit du neuf du même mois, alors que d’autres poussent cette date jusqu’au 12 du même mois. Il s’agirait sans doute du premier jour de la semaine, (le lundi).

Son père décéda quelques mois avant sa naissance. Quant à sa mère, elle mourut alors qu’il avait seulement trois ans.

Nous nous contentons ici de mentionner la famille à laquelle appartient le sceau des Prophètes et des Messagers, étant donné que le troisième chapitre de cet ouvrage abordera l’étude de la mission divine qui fut échue à Mohammad (sur lui la paix).

La Révélation

Le mot «Révélation» apparaît dans bon nombre de versets coraniques. Dieu a dit : «Dis : «Je ne fais que vous avertir par le moyen de ce qui m’est révélé». Mais comment des sourds que l’on avertit sauraient-ils percevoir un appel? » [Les Prophètes : 45].

«Dieu ne saurait parler directement à un mortel si ce n’est par révélation, ou par derrière un voile ou par l’envoi d’un messager qui révèle, avec Sa permission, Ses volontés à l’homme. Dieu est le Transcendant, le Sage»[La Délibération : 5].

«Par l’étoile quand elle décline! Votre compagnon ne s’égare point, ni n’est séduit par l’erreur. Ses propos ne procèdent pas de sa propre inspiration. C’est uniquement révélation inspirée.» [L’Etoile: 1-4].

Dans d’autres versets, le Coran parle de la Révélation en employant le terme «l’envoi» : «Il t’a envoyé le Livre, Message de vérité, confirmant les Livres antérieurs, comme Il avait révélé la Thorah et l’Evangile.» [La Famille d’Imrân : 1-4].

Ainsi donc, la véritable Révélation s’accomplit par l’intermédiaire d’un ange qui transmet le Verbe divin à l’Envoyé inspiré dont l’action est renforcée par des miracles. Chaque Envoyé voit sa mission renforcée par des actions qui conviennent à sa société et à son époque. Ainsi Jésus rendit-il la vue à ceux atteints par la cécité, la santé aux lépreux et la vie aux morts (résurrection). Quant au Coran, son éloquence inimitable est venue défier celle des Arabes. Le Coran est le Verbe divin révélé aux hommes tant dans son contenu que dans sa forme. C’est une émanation de Dieu.

Dans une de ses nombreuses acceptions, le vocable «Révélation» signifie l’inspiration innée chez l’homme et l’inspiration instinctive chez l’animal : «Ton Seigneur a inspiré aux abeilles...» [L’Abeille : 68], ou bien il signifie une simple suggestion.

L’inspiration innée et la voix de la conscience chez l’homme sont une sorte de Révélation qui diffère de la Révélation confiée aux Envoyés. Et, de la même manière que l’être humain dispose de sentiments qui le poussent à être capricieux, en proie aux esprits du mal qui l’incitent à commettre des turpitudes, il dispose également d’une raison, d’un cœur et d’une conscience qui lui tracent la voie du Bien comme le lui suggèrent les anges, autour de lui.

Nature profonde de la Révélation faite aux Messagers

La nature de la Révélation ne se saisit pas par le biais de la raison pure et des perceptions personnelles en partant du concret et en s’éloignant du monde suprasensible. Elle ne se saisit pas, non plus, par une simple gymnastique spirituelle en marge du monde de la matière. Et si l’on dit que la Révélation est une inspiration qui déborde du subconscient ou de l’âme spirituelle pour se refléter sur la conscience, cela signifie que la Révélation émane de la conscience du Prophète. Or, la vérité est que la Révélation atterrit à la conscience du Prophète en provenance du Ciel, par le truchement d’un archange qui n’est autre que Gabriel.

La nature de la Révélation faite aux Emissaires de Dieu est différente de celle à propos de laquelle Georges Post dit : «qu’elle est incarnation de l’esprit divin dans la muse des écrivains talentueux en vue de leur faire part des vérités spirituelles et suprasensibles.» (25). Ce point de vue a encouragé les détracteurs à considérer la Révélation comme une sorte d’hallucination et de psychose.

Certains philosophes ont corroboré cette vision des choses en attribuant la Révélation à la communion morale de la conscience humaine avec les âmes angéliques. Toutefois, ils ne font point de distinction entre la Révélation et l’inspiration.

Types de Révélations

La Révélation peut être soit une inspiration communiquée au cœur, soit des paroles éditées par l’intermédiaire d’un ange, soit une résonance d’une cloche. Il arrive que certains apôtres, Moïse par exemple, reçoivent des paroles divines non par inspiration, mais derrière le voile(26) Dieu a dit : «Dieu ne parle jamais à l’homme, si ce n’est par inspiration ou derrière un voile. Ou bien, il envoie un apôtre à qui il révèle ce qu’il veut.» [La Délibération : 51]

En tout cas, le Prophète Mohammad (sur lui la paix) a reçu la Révélation par l’intermédiaire de l’archange Gabriel, à l’état de veille, comme on peut le constater dans les Hadîths de ‘Aïcha (que Dieu soit satisfait d’elle)(27).

Le contenu de la Révélation

Dans les récits sur les Prophètes, le Saint-Coran recèle sa propre sagesse. C’est ainsi qu’il confirme l’existence de la Révélation, du message divin et de l’unicité des confessions abrahamiques. Il démontre le sens des missions des Prophètes et l’attitude des nations et des peuples face à ces missions, en même temps qu’il analyse l’attachement étroit entre les religions et qu’il met en relief l’ampleur du Bien qu’on tire de la Révélation qui est l’expression de la capacité divine à produire des prodiges(28). Dieu a dit : «Nous avons donné à Moïse et à Aaron le Livre de la Loi, lumière bénéfique et guide infaillible pour les pieux.» [Les Prophètes : 48]

«Nous avions mis, auparavant, sur la saine voie de droiture qui fut désormais la sienne, et Nous savions qu’il en était le plus digne.»  [Les Prophètes : 51]

«Il ne vous a rien commandé de difficile dans votre religion, dans la religion de votre père Abraham. Il vous a nommés musulmans.» [Le Pèlerinage : 78]

Révélation et religion

Le concept de la Révélation est lié à celui de la religion. Celle-ci est la somme de ce que Dieu révèle à Ses apôtres : «La vraie religion pour Dieu c’est l’Islam.» [La Famille d’Imrân : 19](29)

Pour certains philosophes, la religion serait une sorte d’entendement qui est hors de portée de la science et que la raison ne peut saisir(30).

L’affinité de la philosophie avec la religion vise, selon Mustapha ‘Abd Ar-Razek (31) à réaliser le bonheur par le biais de la croyance vraie et de l’action bienfaitrice. Cette même idée fut corroborée par As Chahrastânî (32) quand il affirma que l’aspect pratique de la philosophie (la praxis) est la bonne action et que son aspect scientifique est la connaissance de la vérité.

Ibn Hazm a dit : «Le sens de la philosophie et ce qu’on vise par son apprentissage n’est autre que l’amélioration de l’âme humaine. L’homme, en effet, doit être vertueux, ici-bas, exemplaire dans son comportement avec ses semblables et dans la cité pour qu’il puisse mériter la paix dans l’Au-delà. C’est exactement cela que vise également la religion.»

Avicenne, par contre, fait la distinction entre la religion et la philosophie. Il remarque que le but de la religion est originellement pratique, alors que celui de la philosophie est, de par son origine, théorique, mais il affirme en même temps que la religion tire profit des principes de la sagesse théorique et pratique.

Dans ses écrits sur Avicenne, Mustapha ‘Abd Ar-Razek rapporte que le grand philosophe acheta un livre d’Aristote sur «La métaphysique». Il passa un mois à le lire, sans rien y comprendre. Un matin, en revenant de la mosquée où il fit sa prière, il reprit la lecture de ce livre obscur. Très vite, il remarqua que l’hermétisme de celui-ci se dissipa. La sagesse pratique a eu un impact considérable sur la sagesse théorique(33).

Révélation et Apôtres

Le Messager est un homme parmi les hommes. Dieu l’investit d’une mission qu’il doit faire parvenir à ses semblables. Le Prophète, quant à lui, est chargé de diriger son peuple en se fondant sur une mission antérieure restée immuable et intégrale. Tout Messager est un Prophète et non le contraire.

Selon certaines traditions, il y aurait eu cent vingt quatre mille Prophètes dont trois cent quinze Messagers. C’est ce qui ressort du Hadîth d’Abû Dharr Al Ghiffârî, rapporté par l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal dans son «Musnad»(34).

Les hommes à la volonté ferme sont les Messagers les plus éminents, les plus forts et les plus patients. Mohammad (que la paix soit sur lui) est parmi ceux-là et Dieu lui a intimé l’ordre de suivre leurs pas : «Prends patience, comme prenaient patience les hommes courageux parmi les apôtres.» [Al Ahqâf : 35]

Mohammad est le sceau des Prophètes. Ceux-ci ont été appelés «les hommes déterminés» parce que leur volonté est ferme et leur endurance n’a pas de limite. «Les hommes les plus expérimentés, les plus outillés dans la vie sont les Prophètes. Il n’y a pas mieux qu’eux.» (35)

La prophétie est un droit exclusif de Dieu dont Il fait don à qui Il veut parmi ses serviteurs, de sexe masculin, les plus pieux : «Nous n’avons jamais envoyé avant toi que des hommes choisis parmi le peuple de différentes cités, auxquels nous révélions nos ordres.» [Joseph : 109]

L’infaillibilité : attribut essentiel des Prophètes et des Messagers :

Les vertus des Prophètes et des Messagers exposées dans le Livre Saint nous imposent de respecter ces hommes exceptionnels, de les aimer et de croire à leur message divin. Tous les Messagers sont des exemples à suivre par les fidèles : «Fais aussi mention d’Abraham dans l’Ecriture. Ce fut tout à la fois un Saint et un Prophète du Seigneur.» [Marie : 41]

«Abraham fut un exemple unique de soumission totale à Dieu, sans nulle compromission avec les païens.» [L’Abeille : 120]

«Dieu lui dit : «Je te fais mon élu, de préférence à tout autre mortel : Tu transmettras Mon message et communiqueras Ma parole.» [Al A’râf : 144]

«Evoque Ismaël dans l’Ecriture. Fidèle à ses serments, il fut un Messager de Dieu et un Prophète.» [Marie : 54]

«Souviens-toi aussi de Nos serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob, hommes aussi forts et clairvoyants.

Nous les avions pourvus d’une rare vertu : celle d’œuvrer uniquement pour le Royaume éternel.

Ils comptent, en vérité, près de nous parmi la fleur des élus.

Que l’on songe aussi à Ismaël, à Elysée, à Dhou Al Kifli dont chacun fut un bon serviteur.» [Çad : 45-48]

Dieu a ainsi mis en relief les vertus essentielles des Prophètes et des Messagers. Parmi ces vertus, et comme l’ont souligné les théologiens, il y a lieu de citer la probité, l’honnêteté, la chasteté, la clairvoyance, la droiture, l’infaillibilité... Par ces vertus, et bien d’autres semblables dans leur noblesse, les Prophètes et les Messagers se distinguèrent du commun des mortels. En ne commettant aucun péché et en évitant tout acte abject, ils devinrent l’incarnation même de la Perfection, aptes à guider l’Humanité vers le droit chemin.

Il est impératif de bannir tout écrit qui attribue des défauts aux Apôtres, car ce que l’on peut leur imputer comme vilenies est une pure création des hommes dont la visée est la propagation des faussetés et la dénaturation du contenu du message divin.

Il est aujourd’hui admis que si les hommes avaient consigné par écrit les messages originaux des Apôtres antérieurs à Mohammad (sur lui la paix) et que si ces documents avaient été conservés, on aurait constaté qu’ils soulignassent avec force la probité et la dignité des Messagers et des Prophètes, en leur qualité d’hommes exemplaires représentant les idéaux suprêmes de l’Humanité à travers son histoire. Malheureusement ces premiers écrits nous font actuellement défaut aujourd’hui et il est pratiquement impossible de les trouver. On ne possède actuellement aucun document original d’un texte d’une religion céleste telle qu’un Envoyé l’a transmise aux hommes et dont la langue est restée vivante jusqu’à nos jous, hormis le Saint-Coran qui a pu et su préserver à tous les apôtres leur dignité, leur fierté et leur infaillibilité.

L’Islam respecte tous les Messagers et les Prophètes. Il rappelle constamment leur mission et les principes qu’ils ont progagés pour guider les hommes. Dieu a dit : «Nous les avions institués chefs chargés de conduire les hommes, et nous leur avons inspiré la pratique des bonnes œuvres, l’accomplissement de la prière, ainsi que l’aumône, et ils nous adoraient.» [Les Prophètes : 73]

Le Messager ou le Prophète est un exemple à suivre. On ne peut le taxer d’une turpitude qui va à l’encontre de l’exemplarité des mœurs. S’il lui arrive parfois, en dehors de l’inspiration, de ne pas être précis dans ses estimations et juste dans ses appréciations, ces inexactitudes ne sont pas de nature à porter préjudice à la noblesse de son esprit et à sa moralité, tant qu’il demeure dans son état de Prophète ayant pour mission la guidance des hommes.

Mohammad est le sceau des Prophètes : «Non, Mohammad n’est le père d’aucun homme d’entre vous, mais le Messager de Dieu et le Sceau des Prophètes.» [Les Coalisés : 40] et il n’est pas permis aux hommes de préférer un Prophète à un autre: «Nous ne mettons point de différence entre les Envoyés célestes.» [La Vache : 285]

Le Prophète a dit : «Il est interdit à un serviteur de Dieu de dire : je suis meilleur que Jonas, fils d’Amittaï.»(36) Dieu, seul, a le droit de procéder à des préférences entre ses apôtres : «Nous élevâmes les prophètes les uns au-dessus des autres. Les plus élevés sont ceux à qui Dieu a parlé. Nous avons envoyé Jésus, fils de Marie, accompagné de signes évidents, et nous l’avons fortifié par l’esprit de sainteté.» [La Vache : 253]

«Nous avons assigné différents échelons aux Prophètes et fîmes don à David des psaumes.» [Le Voyage nocturne : 55]

La mission des Prophètes est toute entière flambeau de la guidance et de la vertu. Par compassion, Dieu ne punit aucun peuple avant de lui envoyer auparavant un Messager : «Nul peuple ne subit aucun châtiment qu’un Messager ne l’ait déjà averti.» [Le Voyage nocturne : 15] et il n’y a pas de peuple sur terre qui n’ait pas connu de Messagers : «Nous fîmes ainsi se succéder Nos messagers.» [Les Croyants : 44]

Cela fait partie de Sa sagesse que le Très-Haut choisit ses Messagers, non pas parmi les anges, mais bien parmi les humains afin que ceux-ci n’aient aucun argument à faire valoir s’il leur arrivait de braver la Loi divine. En effet, les humains pensent toujours que les anges obéissent aveuglément à Dieu du fait qu’ils ne sont pas pourvus d’instincts tels que ceux spécifiques à l’homme. La mission des Messagers-en plus de dévoiler et de clarifier les mystères suprasensibles dont la raison humaine est incapable de distinger entre leurs bons et leurs mauvais côtés- exige qu’on leur démontre de la soumission et que leurs actions soient de celles que les gens peuvent supporter. C’est grâce à leur chasteté, que s’accomplissent leur mission divine ici-bas, la guidance et l’orientation des hommes vers le droit chemin ainsi que l’avertissement de ces derniers sur leur sort après la mort et l’inéluctabilité de la résurrection et du Jugement dernier.

La Révélation peut-elle être envoyée au commun des mortels ?

Voir un ange n’exige pas qu’on soit obligatoirement Prophète ou Messager. La prophétie n’est pas seulement l’existence de la Révélation, comme le pensent beaucoup de gens, mais elle est, pour les Docteurs de la loi, inspiration de Dieu destinée à un homme pour accomplir une mission créatrice(37). A propos de l’explication du verset suivant : «Mais le Messager de Dieu et le Sceau des Prophètes» [Les Coalisés : 40], il a été dit que «La simple rencontre avec l’ange, le fait de lui parler et de s’inspirer de ses idées ne nécessite pas qu’on soit Prophète.»(35). Dans le «Sahîh» de Bukhârî, Abû Hurayra rapporte que le Prophète (sur lui la paix) a dit : «Dans les peuples qui vous ont précédés, il y avait des illuminés. S’il doit y en avoir un dans mon peuple, c’est bien de ‘Umar qu’il s’agirait.»(38).

La mère de Moïse n’était pas Prophète, mais elle fut inspirée par Dieu : «Nous inspirâmes à la mère de Moïse : «Allaites ton nouveau-né! Si tu crains pour ses jours, confie-le aux eaux du fleuve! N’aïe nulle crainte et ne t’afflige point! Nous te rendons ton enfant et en ferons l’un de Nos Messagers»  [Le Récit : 7]

Il est des inspirations divines qui ne sont point destinées à l’homme. Dieu a dit : «Ton Seigneur a inspiré aux abeilles»  [L’Abeille : 68]

«Il en fit sept cieux en deux périodes et révéla à chacun d’eux son statut propre» [Du Livre aux versets distincts : 12]

Autrement dit, Dieu fait don de la bonté naturelle qui est une sorte de Révélation.

Certains érudits distinguent entre la Révélation destinée aux Prophètes et aux Messagers d’une part et l’inspiration réservée aux Saints. A propos de la Révélation faite aux Prophètes, ils parlent de «parole divine» et, à l’inspiration destinée aux Saints, ils réservent le terme «dire». On est obligé de croire à «la parole divine», sinon on bascule dans l’impiété. Par contre, rejeter «un dire» ne signifie pas qu’on est hérétique(39).

Il a été confirmé, par le Livre sacré et la Sunna (la Tradition) que, parmi les croyants, il y en a qui ont vu les anges, sans qu’ils soient pour autant, des Messagers ou des Prophètes. Dieu a dit : «Qu’il soit fait aussi mention de Marie dans l’Ecriture. Elle alla s’isoler loin des siens dans un lieu situé à l’est de la ville. Elle étendit un voile entre elle et le monde. Nous lui envoyâmes alos Notre esprit qui revêtit pour elle une forme humaine accomplie. «Que puis-je faire contre toi, sinon me réfugier en la Miséricorde du Seigneur! Ah! Puisses-tu être pieux!»  [Marie : 16-18]

Dans l’explication qu’il a faite du verset suivant : «Ceux qui disent : Notre Maître, c’est Dieu,» puis se comportent avec droiture, verront affluer les anges du ciel...» (Du Livre aux versets distincts : 30), Al Qâdî Ibn Al’Arabî Al Ma’ârifî a dit : «Les exégètes disent que cela se produira après la mort, mais moi je dis que c’est une affaire quotidienne..»(40) Cette déclaration d’Ibn Al’Arabî est étayée par ce qui a été rapporté par Muslim dans son «Sahîh» où on peut lire que selon Abû Hurayra le Prophète a dit : «Un homme voulait rendre visite à son frère qui habitait un village lointain. Dieu lui envoya un ange qui lui dit : «Où te diriges-tu?» L’homme répondit : «Je voudrais rendre visite à mon frère dans ce village...» L’ange demanda : «Vas-tu chez lui pour qu’il t’offre un bien?». L’homme répondit : «Pas du tout  Je lui rends visite pour l’amour de Dieu. C’est mon frère». L’ange lui confia :«Dieu m’envoie vers toi pour te dire qu’il t’aime comme tu l’as aimé en ton frère»(41). An-Na Wawî a dit dans son commentaire sur l’opinion de Muslim :«Les êtres humains pourraient très bien voir les anges...»(42).

L’unité des religions célestes

La religion islamique admet l’existence de cent vingt quatre mille Prophètes que Dieu a choisis, sans toutefois les nommer tous. (41). Dieu a dit :«Bien des Prophètes ont reçu ainsi Notre message : un certain nombre d’entre eux ont été évoqués pour toi, d’autres ont été passés sous silence. Dieu se fit entendre clairement de Moïse» [Les Femmes : 164]

Le Prophète a dit : «Il y aurait cent vingt quatre mille prophètes dont trois cent cinquante Messagers…»(43)

Ceci nous incite à nous interroger sur l’identité de certains de ces Prophètes. L’histoire humaine cite les noms de beaucoup de Sages de renommée mondiale ainsi que les noms de réformateurs religieux qui ont, probablement, été les contemporains des Prophètes ou qui ont pu être mis au courant de leurs modes de pensée, de leurs maximes et de leurs sermons qui les ont inspirés pour écrire des ouvrages. C’est la cas de Zoroastre (il vécut au VIIème ou VIIIème siècle avant J.C.) qui est connu par son ouvrage «L’Avesta». C’est le cas également de ses disciples les Mazdéens qui furent considérés du temps de ‘Umar Ibn Al Khattâb et’Alî Ibn Abî Tâleb, parmi les gens du Livre soumis à la protection de l’Islam(44).

On peut citer aussi le cas de Confucius (VIème siècle avant J.C.). Quand on consulte certains de ses ouvrages, on constate qu’ils exposent une éthique qui confirme l’existence de liens étroits avec ce qui reste d’une révélation céleste. Son livre intitulé «Les entretiens» est un ouvrage socio-religieux qui cite des passages dont on est presque sûr qu’ils appartiennent à un Prophète de l’époque.

A la même époque (VIème siècle avant J.C. environ) vécut Pythagore connu par sa théorie sur l’immortalité de l’âme et sur l’ascétisme débouchant sur la purification du corps et de l’esprit. A noter ici que dans nombre de références islamiques, allusion fut faite à l’existence de Prophètes helléniques.

Dans le même ordre d’idées, on peut citer Socrate (399 avant J.C.) et son disciple Platon (428-347 avant J.C.). Ce sont les précurseurs de la pensée dialectique dont le fondement repose sur la nécessité du parallélisme entre l’ordre cosmique et l’existence de l’Etre suprême.

Toutes ces idées qui prônent le renoncement aux plaisirs terrestres et l’attachement à la spiritualité de l’âme ne peuvent être que le résultat d’une inspiration céleste qui a vu descendre l’âme de la voûte éthérée pour s’intégrer dans le corps. Avicennes a dit dans ce sens :

Elle descendit vers toi des hautes cimes

Comme une feuille légère qui ne résiste à rien.

L’ex-cheïkh (doyen) d’Al Azhar, Mustaphâ ‘Abd Ar-Raziq dit dans son ouvrage sur «le Maître» : «Avicennes se retira pendant quarante jours pour lire certains ouvrages. Il ne put les comprendre. Il se tourna vers Dieu et, un matin, à la prière de l’aube, Dieu l’inspira et il put comprendre ce qu’il ne comprenait pas auparavant... Des ouvrages philosophiques d’Avicennes se dégage l’idée qu’il n’existe aucune contradiction entre les données de la philosophie et la foi islamique. Il se pourrait que cette contradiction se manifeste uniquement sur le plan de l’expression et non de la substance. C’est une vue de l’esprit dont on peut se débarrasser par le recours à l’unité de la pensée religieuse et philosophique(45), car la philosophie n’est rien d’autre que l’étude des moyens qui permettent de concilier les hommes avec l’unicité de la création cosmique, la purification de l’âme, la reconnaissance de ses défauts et les moyens de les extirper(46).

Si Pythagore a longuement disserté sur la théorie astronomique dans laquelle la sphéricité et le mouvement de la terre sont affirmés, cela ne pouvait s’accomplir sans inspiration. Pythagore s’est peut-être inspiré des découvertes prodigieuses faites par le Prophète Idriss (que la paix soit sur lui) à propos des signes célestes qui ont fait que la mythologie a attribué à ce Prophète des miracles en astronomie, ce qui a poussé certaines personnes à oser le considérer comme le Dieu du Soleil parce que, selon leurs allégations, le soleil se trouve au quatrième ciel, là où Dieu a haussé Idriss (que la paix soit sur lui).

Le Saint-Coran est venu invalider ces allégations : «En vérité, nous avons paré le ciel le plus proche de planètes»  [Les Rangs : 6], par ce qui confirme la nouvelle théorie scientifique connue sous le nom de «système solaire» qui veut que tous les astres baignent dans le monde sublunaire.

Nous ne voulons pas dire que le Saint-Coran est un ouvrage de sciences naturelles. C’est un livre divin qui recèle sagesse et guidance pour les hommes et renferme des vérités scientifiques qui sont autant de signes cosmiques de la création divine.

Toutefois, certains prétendus scientifiques, tels que les naturalistes, adorateurs de la nature, dénient toute existence au surnaturel et attribuent tous les phénomènes relatifs à la vie et à la mort, au facteur temps.

Les penseurs du Moyen-Age qui ont analysé, avec objectivité les données de la pensée islamique, laquelle se caractérise par son universalité, ont eu toujours recours à cette pensée. Ainsi le philosophe chrétien Thomas d’Aquin (1225-1274) est en parfait accord avec la théorie d’Averroës que celui-ci expose dans son ouvrage : «fasl al maqâl...» (Fin de la polémique à propos des rapports entre la réalité et la foi).

L’Eglise elle-même fut astreinte à reconnaître les spécificités hautement nobles de la religion musulmane et ce, dans un document intitulé «Orientations» où elle affirme que l’Islam n’est pas une religion de terreur et d’intolérance, mais une religion d’amour et de fraternité. Elle réfuta les fausses idées que propagèrent les Chrétiens et les Juifs sur l’Islam, quand ils prétendirent que cette religion est exempte de toute vertu, se complaît dans la fatalité et le fanatisme religieux. Le «Jihad» écrit le Vatican dans ce document «n’est autre que celui de toute mission qui lutte pour la cause de Dieu en vue de répandre l’Islam et le soutenir partout». Le Vatican conclut : «A l’époque des Croisés, ce n’étaient nullement les Musulmans qui commettaient les crimes les plus odieux».

Jésus Christ (que la paix soit sur lui) a annoncé l’imminence du Royaume de Dieu qui révélera au monde le Prophète mentionné dans le Deutéronome (15-18). Il a prononcé un nom dont la signification veut dire : «personne digne de beaucoup d’éloges», c’est-à-dire «Mohammad» en langue arabe(47).

NOTES ET REFERENCES

1. Al Bukhârî : «Kitâb al manâqib», n° 3271 (Le livre des qualités). Muslim : «Al fadâil» (Les vertus) n° 4237.

2. Al Bukhâri : «Assalâtu» (La prière) n° 419. Muslim : «Al Masâjidu wa Mawâdi’u Assalâti», n° 810 (Les mosquées et les lieux de la prière).

3. Al Bukhâri : «Al Janâ‘izu» (Les obsèques), n° 1296 -Muslim : «Al Qadar» (Le livre du destin), chapitre : La signification de la bonté innée chez le nouveau-né.

4. «Al Bidâyatu wa Annihâyatu» (Le début et la fin) -Volume 1, p.75. L’Ancien Testament (2-8).

5. Ahmad : «Bâqi Musnadu al Ansâr» n° 21257.

6. L’Ancien testament - L’Exégèse : chapitre 3 : 24.

7. Al Bukhârî : «Hadiths des Prophètes» (Les dires des Prophètes), n° 3088. Ahmed : «Musnadu al Mukthirîna mina Assahâbati, n° 3450.

8. Voir les récits des Prophètes comme :«Badâi’Azzouhûri fi Waqâi’i Adduhri» (Les meilleures fleurs dans les événements des temps passés).

9. Voir «Tarikh al Houkama‘».

10. Confirmé par Ibn Khaldûn dans son introduction, chapitre sur l’exégèse.

11. L’Exégèse : chapitre 4.

12. Ibn Sulaymân Ar-Rawdânî : «Jam’ul Fawâ‘idi...»-Hadith n° 8321.

13. Mentionné par Al Qortobî dans son exégèse du verset 10 de la sourate «L’interdiction». Qûchaïrî dit qu’il y a là-dessus consensus de tous les exégètes.

14. Al Bukhârî : «Hadîths des Prophètes» n° 3138 -Attirmîdî : «Exégèse du Coran» n° 3041 - Ahmad : «Bâqî Musnadu al Mukthirîna mina Assahâbati» n° 5454.

15. Al Bukhârî : «Hadîths des Prophètes» n° 3162.

16. Al Bukhârî : «Le Vendredi», n° 1063. Muslim «Le Jeûne» n° 1969.

17. Ibn Jarîr : «Histoire des peuples et des Rois». Vol. 2, p. 116.

18. Ahmad : «Musnadu...» n° 6357. Ibn Mâja : «La prière selon la Sunna», n° 1398.

19. Ibn Jarîr : «Histoire des peuples et des Rois». Vol. 2,  p. 152.

20. L’Evangile de Matthieu. Chapitre 1 : 16-21..

21. Al Bukhârî : «Hadîths des Prophètes», n° 3177. Muslim : «Les vertus», n° 4363.

22. Biographie d’Ibn Hichâm 1/1-2. Al Mubârakfûrî : « Le jardin aux bonnes odeurs».

23. Voir le travail d’authentification effectué par Mohammad Sulaymân Al-Mansûrfori, chapitre : «Rahmatun lil’âlamîn.» 2/14-15-16-17. On y trouvera une énumération des différentes références historiques.

24. Authentifié par Mohammad Sulaymân Al Mansûr et Mahmûd Bâcha. Voir aussi «Le jardin aux bonnes odeurs.»

25. Son ouvrage : «Glossaire du Livre Sacré.»

26. Sourate «Les Femmes», verset 164. Exégèses du verset : «Dieu a directement adressé la parole à Moïse».

27. Al Bukhârî : «Le début de la Révélation», n° 4 et d’autres.

28. Voir Ibn Taymiyya : «Dar’u taàrudi al aqli wa annaqli» Tome 8, p. 503.

29. Exégèse d’Al Qortobi «Al Jâmiu liahkâmi alqurqâni». Tome 2,  Verset 19 - Sourate «Al Imrame»

30. Parmi eux Spencer et Muller.

31. La Religion, la Révélation et l’Islam. éd. Dâr Al Qâdirî, 1933, p. 47 (1413 de l’Hégire).

32. «Al Milalu wa Annihalu», de son auteur Achchahrastâni.

33. La Religion, la Révélation  et l’Islam. Op. cit., pp. 47 et suivantes.

34. Ahmad : «Bâqî Musnadu Al Ansâri», n° 21257.

35. Al Bukhârî : «Le livre des malades», Chapitre : «Les hommes les plus endurants sont les Prophètes...». Attirmîdî : «L’ascétisme selon l’Envoyé de Dieu», n° 2322. Ibn Mâja : «les séditions», n° 4013.

36. Al Bukhârî : «Les Hadîths des Prophètes», n°144. Muslim : «Les vertus», n° 4382.

37. Al Qarâfî : «Tanquih Al Ouçoul».

38. Al Bukhârî : «Kitâb al Manâqib» (Le livre des qualités), n° 3413. Ahmad : « Bâqî Musnadu Al Mukthirîna...», n° 8114.

39. Parmi eux, citons Cheïkh ‘Abdel Qâder Al Jilânî.

40. Voir l’exégère d’Ibn Al’Arabî. Sourate «Du Livre au versets distincts», verset 30.

41. Muslim : «Al Birru wa Assilâtu ...», n° 4656. Ahmad : «Bâqî Musnadu...», n° 8923.

42. Al Hâfiz As-Sayyûtî a écrit un ouvrage intitulé :«Tanwîru Al Halaki fi Ru‘yati Annabiyyi wal Malaki» où il explique les détails de cette question.

43. Ahmad : «Bâqî Musnadu al Ansârî», n° 21257.

44. Al Bukhârî «Al jizyatu», 2923. Mâlik «Azzakât» 544.

45. Louis Gardet «La pensée religieuse chez Avicennes», éd. Paris, 1951, p. 43.

46. Avicennes : «La guérison», traduction latine, éd. des Chamoines de St. Augustin, Venise 1808. (Traduction arabe, éd. 1886).

47. Voir le chapitre 43 de l’Evangile de Bernaba.


Organisation Islamique pour l'Education, les Sciences et la Culture - ISESCO -
Avenue des F.A.R, Hay Ryad, Rabat, Royaume du Maroc
Téléphone. : (212) 37 56.60.52/53
Fax. : (212) 37 56.60.12/13

Copyright ©2003 - ISESCO - tous droits réservés

Untitled Document