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CHAPITRE INTRODUCTIF
La Révélation dans la vie des hommes
Pr
Abdel Aziz Ben Abdallah
Préambule
Les
Prophètes ont parlé de l’existence d’un autre monde où
l’homme - après le jugement sur ses actes ici-bas - est
appelé à vivre soit dans la félicité, soit dans la pire des
souffrances.
Si
un inconnu venait nous avertir que des événements ont lieu à
un endroit que nous pensons visiter, nous prenons en
considération ce qu’il dit et nous nous apprêtons à y faire
face, même si nous ne sommes pas sûrs de l’existence de ces
événements. Si donc les attributs des Prophètes traduisent
leur sagesse, la noblesse de leur caractère et leur sens
aigu de la probité, pourquoi donc nions-nous l’existence de
l’Au-delà ?
Par
ailleurs, et comme nous héritons le savoir, depuis notre
naissance, des générations passées, recevant ainsi de nos
ancêtres la confirmation de l’existence d’un autre monde,
pourrions-nous prétendre que tout ce qui nous est ainsi
légué n’est que mensonge ? N’y avait-il pas, parmi nos Pieux
Anciens de généreux Prophètes ? Avons-nous des sources de
connaissances ou une science à notre portée en rupture
totale avec le passé, que celui-ci soit récent ou lointain ?
La
sagesse que l’homme doit suivre veut qu’il croit à l’Au-delà
et au Jour du Jugement Dernier. Il n’existe pas sur terre un
peuple qui ignore le sens du mot «Allah» (ou «Seigneur» ou
«Dieu»). Il est le Créateur de tout l’Univers et le seul
Juge qui aura à apprécier nos actes après notre mort. La
propagation de cette croyance parmi les peuples et les
Nations prouve qu’elle n’est pas le fait d’un seul individu.
Elle est parmi les vérités que l’homme connaît depuis son
existence et ceux qui n’y croient pas, qui nient la
résurrection et l’Au-delà ne possèdent aucune preuve à même
d’étayer leur athéisme. En plus, aucun individu n’est athée
parce qu’il ignore l’existence de Dieu. L’athéisme est une
attitude d’opposition et de non-reconnaissance d’un Etre qui
existe dans la conscience de l’athée. Celui-ci n’est pas
sans ignorer la signification du terme «Dieu», des attributs
du Créateur et de Son aptitude à conduire l’Univers. Le
Très-Haut n’a pas abandonné ses créatures et il n’existe pas
un homme ou un animal qui ne porte pas en lui une
intelligence qui lui permet de saisir l’existence de Dieu,
Sa grandeur et Sa sublimité.
Le
discours divin adressé aux hommes
La
Révélation est l’unique source des lois et des croyances
célestes et le Révélateur est «Allah» qui appelle à la foi
par Sa divinité, Son Unicité, Ses attributs, Ses anges, Ses
envoyés, et à la croyance par l’apport législatif original
des Livres célestes qui sont : les Psaumes, la Bible,
L’Evangile et le Coran, le dernier de ces Livres.
Les
ennemis de la religion n’ont, de tout temps, jamais cru à la
véracité de la Révélation, ce qui a incité les érudits et
les penseurs à invalider leurs thèses par la logique et les
arguments scientifiques. L’objectif de la propagation de ces
opinions erronées était de détruire le concept même de la
Révélation divine. Or, l’éternelle volonté divine s’est
manifestée, à travers la Révélation, dans une sublime
sagesse que ses propagateurs que sont les vénérables
Prophètes, ont successivement pris en charge. Le dernier
d’entre eux, à avoir brandi ce flambeau fut le Prophète
Mohammad (Que la prière et le salut de Dieu soient sur lui).
L’objectif de la succession des missions célestes était de
rappeler constamment aux hommes la sagesse divine dans la
création de l’Univers, l’omniscience de Dieu, Sa volonté, la
protection qu’Il assure aux hommes à travers le temps et ses
vicissitudes et l’appel constant - par l’incitation et
l’intimidation - au Jugement de l’Au-delà. C’est là une
philosophie qui se fonde sur le concept de la dynamisation
qui anime la vie de l’humanité :«Dès qu’un verset du Livre
se trouve abrogé ou devient caduc, un autre, meilleur ou
tout pareil vient le remplacer». [La Vache : 108]
Cette abrogation, appelée à être constante, ne concerne pas
les fondements immuables de la foi, mais vise certains
concepts ou des aspects pratiques de la religion : «Il
institue pour vous, en fait de religion, ce qu’Il avait
prescrit à Noé, ce qui t’est révélé à toi-même, ce qui fut
donné auparavant à Abraham, à Moïse, à Jésus.
Acquittez-vous, leur fut-il prescrit, du culte du Seigneur !
N’en faites point, entre vous, un sujet de division». [La
Délibération : 13]
La
religion abrahamique est une et immuable. Elle n’est appelée
à changer qu’en ce qui concerne certains aspects pratiques
imposés par les exigences de la vie qui se renouvelle. La
plupart des Envoyés sont venus, suite à des changements
naturels survenus, de par le monde, dans les habitudes des
êtres humains.
La
mission de Mohammad, la dernière des missions célestes, est
intervenue après avoir été annoncée par les Livres sacrés
d’autres confessions :«Non, Mohammad n’est le père d’aucun
homme d’entre vous, mais le Messager de Dieu et le sceau des
Prophètes». [Les Coalisés : 40]
Dans un Hadith, il est dit : «Mon cas, comme celui d’autres
Prophètes, ressemble à la situation d’un homme qui a
construit - avec passion et habileté - un édifice dont il ne
manquait qu’une brique dans un angle. Les hommes qui
visitaient cet édifice n’en tarissaient pas d’éloges, mais
faisaient cette remarque : «Mais où est donc cette brique
manquante?» Il répondit : «C’est moi la brique manquante et
je suis le sceau des Prophètes.»(1). Nous y reviendrons
là-dessus pour corroborer cela par des versets glanés dans
les Livres célestes.
Parce qu’elle est la dernière des missions prophétiques, la
mission de Mohammad se caractérise par deux traits
essentiels :
a)
Elle est adressée à tout le genre humain : «Nous ne t’avons
envoyé à la totalité du genre humain qu’uniquement pour
annoncer la bonne nouvelle et avertir». [Les Sabâ’ : 28]
Dans un Hadith non contesté, le Prophète (Que la paix soit
sur lui) a dit : «Jadis, le Prophète était envoyé à son
peuple. Quant à moi, je suis destiné à toute l’humanité
»(2).
b)
Elle est porteuse d’une foi simple qui a pour fondements :
-
La croyance en Dieu, en Son unicité, en Ses Prophètes et en
Ses Messagers.
-
La pratique de la prière rituelle.
-
L’acquittement de la Zakât (l’aumône légale).
-
La pratique du jeûne.
-
Le pèlerinage à la Mecque pour ceux qui en ont les moyens.
Accommodement des missions prophétiques avec l’histoire
humaine
Il
se pourrait qu’on s’interroge sur le pourquoi de la
multiplicité des missions prophétiques à des endroits
différents de la planète, et peut-être au même endroit et à
une même époque, qu’on s’interroge également sur le pourquoi
de la prolifération et la succession des Révélations … Celle
ci est-elle due au trépas des prophètes ou à l’effritement
de leurs missions et à la vétusté des concepts par eux
divulgués ? Auquel cas, le redressement, par le biais de
missions nouvelles, s’impose.
A
ce point de l’analyse, il est indispensable d’exposer la
raison de la succession des missions prophétiques et les
spécificités de chacune d’elles ainsi que les raisons de
l’envoi, l’un après l’autre, des Messagers afin que l’appel
divin parvienne à tous les hommes.
Pureté de l’innéité divine chez le genre humain
Au
début de l’histoire humaine, les hommes étaient
naturellement purs. Dieu a dit : «Une seule communauté, tels
furent les hommes à l’origine. Dieu leur envoya des
Prophètes annonciateurs de félicité et avertisseurs contre
les tourments. Par eux, Dieu révéla aux hommes les
Ecritures, pour leur servir de juge et trancher leurs
différends». [La Vache : 213]
Ceci veut dire que, depuis Adam, les hommes étaient sur le
droit chemin, mais qu’à travers les siècles, la discorde les
a séparés et Dieu leur a envoyé Ses Messagers.
Cette sollicitude divine concerne tous les hommes, car Dieu
les entoure tous de Son affection. Ils sont d’ailleurs
prédisposés, tout naturellement, à accepter le Bien. D’après
Abû Hurayra (Que Dieu soit satisfait de lui) le Prophète
(sur lui le salut de Dieu) a dit : «Chaque nouveau-né est
prédisposé à la bonté naturelle. Ce sont ses parents qui le
convertissent soit au judaïsme, soit au christianisme, soit
au mazdéisme».(3)
D’après Ibn ‘Abd El Barr, cette caractéristique est commune
à tous les nouveaux-nés. C’est un fait donc que chaque
nouveau-né est bon par nature, que ce sont ses parents qui
le soumettent au judaïsme par exemple et qu’à partir de la
puberté, il agit en tant que Juif. Pour ce qui est de
l’Islam, Dieu a affirmé qu’il est la religion de la bonté
innée : «Relève donc la tête pour te vouer au culte pur de
l’Un, selon la nature innée dont Dieu a pourvu les hommes en
les créant. Ce que Dieu a créé ne saurait être modifié.
Telle est la religion droite. Mais la plupart des hommes
n’en savent rien». [Les Byzantins : 30]
L’Islam
est la religion de l’unicité pour laquelle Dieu a envoyé
tous les Prophètes afin de la propager.
Succession des Prophètes et des Messagers
Nous commencerons par citer les noms des Prophètes et des
Messagers selon ce qui a été dit dans le Saint Coran :«Dites
: Nous croyons en Dieu, en la Révélation reçue par nous et
aux autres faites jadis à Abraham, Ismaël, Jacob, Isaac, les
douze fils de Jacob; en ce qui fut donné à Moïse, puis à
Jésus, et en toute la Révélation faite aux Prophètes par
leur Seigneur, ne faisant aucune distinction entre eux et
nous soumettant entièrement à Lui». [La Vache : 136]
«Dieu éleva au rang d’élus, par-dessus tout l’Univers, Adam,
Noé, la famille d’Abraham et celle d’Imrân». [La Famile d’Imrân
: 34]
«Des Révélations te sont faites de Notre part, comme nous en
fîmes à Noé et aux Prophètes qui l’ont suivi et telles qu’en
reçurent Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, les Prophètes des
douze tribus, Jésus, Job, Jonas, Aaron, Salomon et comme à
David furent donnés les Pasumes !
Bien des Prophètes ont reçu ainsi Notre message : un certain
nombre d’entre eux ont été évoqués pour toi, d’autres ont
été passés sous silence. Dieu se fait entendre clairement de
Moïse !
Tous, inspirés de Dieu ont eu pour mission d’annoncer la
bonne nouvelle aux hommes et en même temps de les avertir,
afin qu’ils n’aient, une fois la mission des Prophètes
accomplie, plus d’excuses à invoquer devant le Seigneur.
Dieu est Tout-Puissant. Il détient la Suprême Sagesse». [Les
Femmes : 163-164]
Après l’évocation des Messagers et des Prophètes dans la
sourate «Les Troupeaux», Dieu cita encore : «Zacharie, Jean,
Jésus, Elie, tous connus pour leur vertu. Il compta de même
au nombre des siens Ismaël, Elisée, Jonas et Loth qui, tous
bénéficièrent de Nos faveurs et furent élevés au rang
d’élus». [Les Troupeaux : 86]
«Ismaïl, Idriss, Dhoul Kifli sont non moins dignes d’être
cités. Tous avaient fait preuve de constance». [Les
Prophètes : 85]
Adam, le père de l’humanité
L’un des premiers de ces Prophètes fut Adam. Il est Prophète
parce qu’il est le père de l’humanité. Dieu le congédia du
paradis pour qu’il vive dans un endroit de la planète. Quel
est donc ce paradis ? Est-ce le paradis de l’Au-delà ou bien
s’agit-il de l’un de ces endroits paradisiaques de la
planète ?
L’ïmâm
Abû Hanîfa pense - d’après ce que rapporte Iban ‘Abbâs et
qui est mentionné dans «L’exégèse» de Mundir Ibn Sa’îd Al
Ballûtî - qu’Adam et Eve furent contraints de ne pas goûter
au fruit de l’arbre. Et l’on sait qu’il n’y a point de
contrainte dans le paradis éternel. Comment donc Iblis les
a-t-il rejoints dans ce paradis qui lui était interdit ?
Comment pouvait-il leur insinuer que la raison de
l'interdiction de manger le fruit interdit est leur
privation d’être éternels. Or, la vie dans le paradis
céleste est éternelle. Ceci est également mentionné dans
l’Ancien Testament(4).
Selon Abû Umâma, un homme a dit : «O Prophète de Dieu ! Adam
était-il un Prophète ?». Le Prophète répondit : «Oui, un
Prophète agissant». L’homme dit : «O Envoyé de Dieu ! Quel
fut le nombre des Prophètes ?». Le Prophète répondit : «Cent
vingt quatre mille dont trois cent quinze sont des
Messagers»(5).
Dans le deuxième chapitre de la Genèse, il est mentionné
qu’Adam vécut à la source du Tigre et de l’Euphrate, dans un
endroit choisi par Dieu et dont on ne connaît pas
l’emplacement. Il du lutter pour survivre. Il fut
cultivateur, se maria et eut beaucoup d’enfants. C’est de
cette époque que date le début de la constitution de la
société humaine qui dura, selon la Bible, neuf cent trente
années(6).
Le
premier problème qu’Adam du affronter fut le crime
fratricide commis par Caïn sur Abel.
Al
Bukhârî rapporte dans son «Sahîh» et Ahmad dans son «Musnad»
ce dire du Prophète (que le salut soit sur lui) : «Dans
chaque meurtre commis injustement, l’aîné d’Adam a une part
de responsabilité, car il fut le premier à instaurer le
crime».(7)
Idriss (Enoch)
Idriss devint Prophète après Adam et Seth, trois cent huit
ans après la mort d’Adam. Il naquit probablement à Babel.
Quand il devint Prophète, il commença à prêcher la bonne
religion. Il interdit aux corrompus de transgresser les
préceptes religieux que propagèrent Adam et Seth. Il
rencontra beaucoup de résistance. Sa prédication se répandit
partout. Il émigra alors vers l’Egypte où, pendant quatre
vingt deux ans, il enseigna la parole de Dieu avant qu’il ne
fût élevé à un haut rang :«Nous l’élevâmes à un rang
sublime». [Marie : 57]
C’est à son époque que le savoir et la sagesse commencèrent
à se constituer. Il fut le premier à user de la plume et à
se spécialiser dans l’astronomie et l’astrologie. On
rapporte qu’il fut l’initiateur de la science urbanistique
après avoir fondé cent quatre vingt huit centres urbains.
Cela fait partie, sans doute, des récits israélites que les
gens du Livre se transmettèrent de génération en génération
et qu’ils préservèrent, après leur islamisation, avant
qu’ils ne fussent consignés dans les biographies des
Prophètes.(8)
On
rapporte également qu’Idriss s’appelait Elie, connu sous le
nom d’Enoch dans la Genèse (5 : 24) et que les Sages
appelèrent «Le plus prestigieux des Hermès». Ils
prétendirent qu’il naquit en Egypte d’où il partit pour
prêcher, de par le monde.
Idriss fut connu par ses écrits littéraires et ses maximes
où il lança des appels en faveur de l’astronomie (notamment
l’observation du croissant et les signes du zodiac). Parmi
ses maximes que des générations entières de toutes les
confessions se transmettèrent, citons celles-ci :
-
«Le Bien de ce bas-monde est la peine et son Mal est le
regret».
-
«La vie de l’esprit c’est la sagesse et l’interdiction du
vin».
On
lui attribua à tort l’édification des pyramides et ses
détracteurs prétendirent qu’il y avait esquissé les croquis
de tous les appareils et métiers pour les éterniser, ce qui
est en contradiction avec ce que nous dit l’Histoire(9).
Ibn
Jarîr rapporte une autre version voulant qu’Elie n’est autre
qu’Ibn Yâcin Ibn Fanhâs Abû Al ‘Ayzurân Ibn Hârûn. Il est
donc un des Prophètes israélites qui prônèrent le
renoncement à l’idolâtrie. Lui a succédé Elisée, Prophète du
peuple de Ba’labek, à l’ouest de Damas, qui idolâtrait des
statues du nom de Baals(10).
Noé, le second père de l’Humanité
Les
sept commandements (ou lois) qui ont été révélés à Noé,
après le Déluge (Genèse : 9) interdisaient : le polythéisme,
l’homicide sans raison, l’outrage, la fornication, le vol,
la consommation de la viande crue(11), et recommandaient
l’instauration d’un système législatif pour l’Humanité. Ces
commandements précédaient les dix autres qui ont été révélés
à Moïse, selon l’Ancien Testament, quand Dieu lui adressa la
parole au Mont Sinaï.
Deux penseurs juifs contemporains, Moses Mendelssohn et
Herman Cohen, ont affirmé que les commandements de Noé
constituent le fondement éthique du rationalisme humain et
sont à l’origine du Décalogue, base de la Loi divine dans
les Livres révélés comme le Livre de Job et le Livre du
Jugement qui est une partie de l'Ancien Testament attribué à
Salomon comme on le verra.
Les
Docteurs de la Loi se demandent si le déluge de Noé a
concerné toute la planète, bien que la mission de ce
Prophète ne dépassât pas le cadre étroit d’une région
limitée. L’espèce humaine n’était pas encore disséminée
partout sur la terre et était concentrée à l’endroit atteint
par le déluge, là où l’Arche de Noé «jeta l’ancre» dans les
parages de «Diyâr Bakr» dans la presqu’île arabique. Le
Coran n’évoque pas l’emplacement géographique de cet
événement.
Certains arabisants ont manifesté leur désaccord quant à la
longévité de Noé évoquée dans le Coran : «Nous dépêchâmes
Noé en messager auprès de son peuple. Il vécut parmi eux
neuf cent cinquante ans; puis le déluge les surprit en
pleine iniquité». [L’Araignée : 14]
Toutefois, quelques médecins allemands ont déclaré que
l’homme de cette époque ne connaissait aucun souci et qu’il
était fort possible qu’il puisse vivre longtemps.
Houd
Sa
mission précéda celle de Noé. On dit qu’il fut envoyé aux
géants de ‘Ad dans les terres des Ahqâf à Hadramaout au
Yémen, dans les territoires déserts, contigus à Oman. Houd
n’est mentionné que dans le Coran (Sourate Houd). On dit
qu’il fut le premier à s’être exprimé en arabe. Les Arabes
ont, d’ailleurs, été les premiers à s’implanter à l’ouest de
l’Euphrate.
Sâleh
Quant à Sâleh et son peuple, leur époque n’est pas connue
avec exactitude. Les ruines n’en donnent aucune précision,
car la majorité de leurs motifs décoratifs nabatéens sont
des épitaphes qui datent de la naissance de Jésus. On dit
que Sâleh n’est autre qu’Ibn ‘Ubayd Ibn Âsif, un Arabe parmi
les descendants de ce qui reste de ‘Âd dont les habitants
sont connus pour leur goût de l’architecture taillée dans le
roc, dans la région située entre le Hijâz et la Grande
Syrie. La région de ‘Ad est connue aujourd’hui sous le nom
de «col de la chamelle», là où Sâleh construisit des villes,
à proximité du Golfe d’Aqaba. Cet endroit fut ainsi nommé,
car Sâleh fut l'auteur du miracle de la chamelle qui est la
preuve de l’authenticité de sa mission. La chamelle sortit
du roc et vécut un certain temps, puis les gens
l’immolèrent. Dieu leur envoya un ouragan qui les décima
complètement.
Abraham
Abraham est, selon la Bible, originaire du peuple «Feddan
Arâm» en Mésopotamie. Il émigra à Ur en Chaldée qui est une
cité située à la rive ouest de l’Eurphrate, puis s’installa
à Harân, en Palestine et enfin en Egypte vers 2200 avant
J.C.
Il
se rendit à la Mecque avec son fils aîné Ismaël qu’il eut de
Hajar, épouse qui lui a été offerte par le Pharaon. Ismaël
était alors enfant à l’époque. L’eau de Zem-Zem qui apparut
sous ses pieds fut un miracle et vint combler sa mère Hajar
qui implorait Dieu de lui envoyer de l’eau alors qu’elle ne
voyait devant elle que le mirage. L’apparition de cette eau
poussa la tribu de Jurhum à s’installer à la Mecque. C’est
au sein de cette tribu qu’Ismaël grandit et apprit à parler
l’arabe, abandonnant en même temps le syriaque, langue de
son père.
Abraham et son fils, Ismaël, construisirent la Ka’ba et
autorisèrent les gens à y accomplir le pèlerinage : «Appelle
les hommes au pèlerinage : ils y viendront, à pied ou à dos
de chameaux efflanqués, accourant des contrées les plus
lointaines». [Le Pèlerinage : 27]
Depuis cette époque, la visite de la Ka’aba devint un rite.
Un homme vint voir le Prophète (sur lui le salut) et dit :
«O, meilleur des êtres humains!». Le Prophète répondit : «Le
meilleur des êtres humains est bien Abraham, l’ami de
Dieu».(10)
Ismaël
Comme cela a été dit auparavant, il fut élevé au sein de
tribus arabes. Il vécut cent trente ans. Il mourut à la
Mecque et fut inhumé près de la tombe de sa mère Hajar. La
Bible mentionne qu’il est mort en Palestine.
Isaac
Il
fut envoyé aux Cananéens de la Syrie et de la Palestine.
Quand il naquit, son père avait déjà cent ans. Isaac vécut
cent quatre vingt ans et fut inhumé à Hébron, près de son
père. Il y eut des malentendus à propos du sacrifié. On
rapporte qu’Ibn ‘Abbâs croit que celui qui allait être
sacrifié est bien Isaac, mais d’autres sources assurent que
la personne concernée était Ismaël(12).
Loth
Il
s’agit d’Ibn Hârûn Ibn Târih. Il est le neveu d’Abraham avec
qui il émigra de la Mésopotamie. Dieu l’envoya au peuple de
Sodome qui vivait à l’Est de la Jordanie actuelle. Ce peuple
s’adonnait à la pratique de la pédérastrie (coït anal),
déviation sexuelle pour laquelle il fut totalement
exterminé. L’épouse de Loth était parmi les victimes, car
elle cautionnait la sodomie pratiquée par ses concitoyens.
Ses filles, quant à elles, furent sauvées avec lui de la
destruction de Sodome.
La
cité de Sodome était située au Sud de la Mer Morte. Quand
Dieu nivela le faîte des montagnes, la terre se trouva
au-dessous du niveau de la mer. Les eaux envahirent alors
les lieux … On a découvert, au bord de la Mer Morte, les
ruines de citadelles antiques appartenant au peuple de Loth.
Les
épouses de Noé et de Loth ne périrent pas à cause d’une
dépravation sexuelle, d’un crime d’adultère, mais parce
qu’elles n’ont pas cru en la mission prophétique de leurs
maris. Ibn ‘Abbâs avait bien raison de dire qu’«aucune
épouse d’un Prophète ne s’est adonnée à la
prostitution».(13)
Jacob
(Israël)
C’est le fils d’Isaac, enfant d’Abraham. Né en Palestine, il
émigra vers «Feddan Arâm» à Babylone en Mésopotamie, chez
son oncle Laban. Il eut un songe dans «la maison de Dieu»
qui est le site de Jérusalem, ville qu’il construisit plus
tard. Il s’installa en Mésopotamie où il épousa Léa et
Rachel, ses cousines. Le mariage avec deux sœurs n’était pas
considéré comme incestueux à l'époque, mais il fut abrogé
plus tard, par la Bible. Jacob eut de Rachel, son épouse
préférée, deux enfants : Joseph et Benjamin. Quand il
mourut, il fut inhumé auprès de son père, à Hébron.
Joseph
Il
est, comme l’a dit le Messager de Dieu (que le salut soit
sur lui), «le généreux, fils du généreux, fils du généreux,
fils du généreux”, Joseph fils de Jacob, fils d’Isaac, fils
d’Abraham(14). Homme vertueux et probe, il évita l'adultère
avec l’épouse du Pharaon qui l’éleva et le prit en charge.
Quand il rencontra son père, après s’être séparé de lui, ce
dernier était âgé de cent trente ans, et allait vivre encore
dix sept ans. Quant à Joseph, il vécut cent dix ans. Il
mourut en Egypte trois cent soixante et un an après la
naissance de son grand père Abraham et soixante quatre ans
avant la venue au monde de Moïse. Sa dépouille mortelle fut
transférée en Syrie du temps de Moïse et fut probablement
inhumée à Naplouse.
Choua
(Chouaïb)
On
l’appelle Choua, fils de Madian. Les exégètes disent de lui
qu’il est le plus éloquent des Prophètes. Il n’est pas le
gendre de Moïse, le père des deux femmes, car le père de
celles-ci est Yétron, neveu de Choua (selon Ibn Kathîr).
D’après Abû Al Baqâ, son origine n’est pas authentifiée. Ibn
‘Asâkir rapporte que sa mère est la fille de Loth …
Il
est vraisemblablement le fils de Michaël, petit-fils de
Madian, un des fils d’Abraham. Sa mère est la fille de Loth.
Sa mission précéda celle de Moïse, mais son cas créa
beaucoup de problèmes aux historiens qui ont cru que sa
mission est intervenue plusieurs siècles après celle de
Moïse. Il semble qu’ils l’ont confondu avec le Prophète
Isaïe.
Les
sites du peuple de Madian se trouvent au Hedzaz, du côté de
la Syrie, non loin du Nord du Golfe d’Aqaba et du Sud de la
Palestine. Le peuple de Madian était constituté de
commerçants et d’agriculteurs qui lésinaient sur ce qu’ils
vendaient. Cela se passait probablement après l’exode des
Israélites vers l’Egypte. Cette fraude dans le commerce
était à l’origine de l’envoi de ce Prophète, mais comme les
habitants de Madian refusaient de mettre un terme à leur
fraude, ils subirent beaucoup d’atrocités.
Job
Homme fortuné, mais généreux et reconnaissant, sa
progéniture fut nombreuse. Il fut durement frappé par le
malheur dans sa vie, mais il a toujours su rester serein et
patient. Dieu lui vint en aide et le sauva : «Rappelle-toi
Job, élevant sa plainte vers son Seigneur : Seigneur, je
suis éprouvé, je souffre. Tu es le Compatissant sans égal».
[Les Prophètes : 83]
La
tradition biblique prétend qu’il a été honni par les siens
quand il tomba gravement malade. Son corps se décomposa et
il fut jeté aux ordures, hors de la ville, selon la Bible.
L’Islam
qui sanctifie les Prophètes et les place au-dessus de toutes
les petitesses de la vie, réfute les allégations bibliques.
Job fut sans doute malade et sa maladie lui prit dix-huit
ans de sa vie qui dura quatre vingt treize ans. Il eut vingt
six garçons dont Bishr qui - dit-on - est Dhou Al Kifli que
le Coran cite parmi les Prophètes.
Il
fut envoyé aux Romains, mais son point de chute était Damas
et ses environs. Sa mission put atteindre la Perse et
l’Empire byzantin. C’est ainsi qu’on peut dire que les
missions prophétiques touchèrent, à l’époque, les régions
les plus peuplées de la planète.
Moïse
et Aaron
Hommes de bonne volonté, leur histoire est connue. (On y
reviendra à propos du rapport entre la Bible et l’Evangile).
Moïse et Aaron sont les fils d’Imrân, fils de Kahet, fils de
Lévi, fils de Jacob. Aaron est né trois ans avant Moïse.
Eloquent et d’une volonté de fer il vécut cent vingt deux
ans et mourut, dans le désert, onze mois avant son frère
Moïse et bien avant la pénétration des Israélites en
Palestine.
L’Envoyé
de Dieu (sur lui le salut) a dit : «N’ayez point de
préférence entre les Prophètes, car quand Dieu soufflera
dans la corne, tous ceux qui se trouveront sous les Cieux et
sur la Terre seront foudroyés, sauf ceux que Dieu voudra
sauver. Puis il soufflera une seconde fois et voilà que je
serai le premier à être ressuscité et que Moïse s’installera
sur le Trône. Je ne sais pas s’il va être jugé par ce
foudroiement, le Jour du Jugement ou s’il va être ressuscité
avant moi ! Je n’ai jamais dit que quelqu’un est meilleur
que Jonas, fils d’Amittaï »(15)
Dhoul
Kifli
Ibn
Kathîr confirme que Dhou Al Kifli fut bien un Prophète, bien
que certains érudits pensent qu’il s’agit- là d’un juste
juif parmi tant d’autres. Le Saint-Coran se contente de le
présenter parmi les justes les plus connus, ce qui fait dire
à Ibn Kathîr que ce terme (les justes) sert à désigner ainsi
les Prophètes : «Ismaël, Idriss, Dhoul Kifli sont non moins
dignes d’être cités. Tous avaient fait preuve de constance.
Ils furent accueillis en Nôtre grâce, étant du nombre des
justes » [Les Prophètes : 85-86].
«Que l’on songe aussi à Ismaël, à Elisée, à Dhoul Kifli dont
chacun fut un bon serviteur » [Çâd : 48]
On
ignore ce que fut la mission de Dhoul Kifli.
David
Il
est le fils de Jessé, de la progéniture de Yéhuda et Joseph.
Après le mort de Moïse et Aaron, les Hébreux furent guidés
par Josué, fils de Noun qui rentra avec eux en Palestine,
terre que Moïse leur a promise dans la Bible.
A
la mort de Josué, des juges israélites prirent le pouvoir et
régnèrent durant trois cent cinquante six ans. C’est
l’époque du règne des juges. Les Hébreux faiblirent après
avoir négligé la religion. Ils furent alors envahis par
d’autres peuples tels que les Amalécites, les Araméens et
les Philistins et ils eurent l’outrecuidance d’assassiner
les Prophètes. Ils emportèrent avec eux «l’Arche d’alliance»
ou «l’Arche sainte» qui contenait les tables de la Loi de
Moïse et son bâton par lesquels ils aspiraient avoir la
bénédiction de Dieu, mais le peuple de Gaza et d’Ascalon les
leur confisquèrent, ce qui provoqua la mort, par affliction,
de leur Roi. Ils se trouvèrent alors dans la situation d’un
troupeau, sans Berger, jusqu’à ce que Dieu leur envoyât le
Prophète Samuel.
Ils
eurent, plus tard, Saül pour Roi. Celui-ci récupéra l’Arche
qui leur a été confisqué, mais ils se révoltèrent contre
lui. Dieu leur fit subir une dure épreuve en les privant
d’eau. Il ne resta alors au Roi que trois cent dix neuf
soldats sur quatre vingt mille pour combattre les Philistins
idolâtres, ses ennemis. Ceux-ci étaient dirigés par Goliath
qui demanda un duel. Un jeune soldat du nom de David se
présenta au géant Goliath. La lutte se termina par la mort
du géant. Vainqueurs, les Hébreux plébiscitèrent David qui
devint leur Roi après la mort de Saül, à l’âge de trente
ans. Il fut un Roi juste et équitable qui se servait de la
Bible dans ses jugements jusqu’à ce que Dieu lui révélât les
Psaumes à l’âge de quarante ans.
David possédait une belle voix. Quand il psalmodiait les
Psaumes, les oiseaux cessaient de voler. Il vivait de son
travail, fabriquait des boucliers et des épées pour subvenir
à ses besoins, sans avoir à toucher aux deniers publics. Ibn
‘Abbâs rapporte -comme dans les deux SAHÎH- que le Prophète
(sur lui le salut) a dit : «La prière la plus prisée chez
Dieu est celle de David. Le jeûne le plus prisé chez Dieu
est celui de David. Il dormait très peu la nuit et jeûnait
un jour sur deux»(16).
Ce
généreux Prophète fut victime de beaucoup de machinations.
On raconte, par exemple, qu’il est tombé amoureux de
l’épouse du chef de son armée, le nommé Urie. Pour se
débarrasser de celui-ci, David l’aurait envoyé plusieurs
fois au front avec l’intention qu’Urie finira par mourir, ce
qui laissera à David le champ libre pour disposer de la
veuve. C’est là un pur mensonge qui porte atteinte aux
Prophètes que Dieu a protégés de la traîtrise et de la
perfidie des hommes. Est-il raisonnable que le Prophète
David - que la paix soit sur lui- trahisse son chef de
l’armée qui l’aide dans le jihâd ?
Selon les gens du Livre, David aurait vécu soixante dix sept
ans, mais Ibn Jarîr Attabarî affirme qu’il a vécu cent ans,
se basant sur ce que rapporte Ahmad qui, à propos d’un
Hadîth d’Adam, dit que Dieu prolongea la vie de David de
quarante ans. Il aurait donc vécu cent ans(17).
Salomon
C’est à l’âge de douze ou treize ans que Salomon succéda à
son père David. Malgré son jeune âge, il était intelligent,
débrouillard, bon gestionnaire, sage et clairvoyant. Quatre
ans après son intronisation, il reconstruisit Jérusalem et
la Muraille, exécutant ainsi le testament de son père. Puis
il demanda à Dieu de lui exaucer trois vœux comme cela est
relaté dans son Hadîth :«Il lui en a exaucé deux. Et nous
souhaiterions qu’il lui exauçât le troisième. Il a demandé à
Dieu d’être bon juge et il l’a eu. Il lui a demandé un
Royaume comme personne ne peut en avoir et il l’a eu. Il lui
a demandé que l’homme qui, en sortant de sa maison, ne se
voue qu’à la prière dans la mosquée ne soit plus coupable
d’aucun péché comme s’il venait de naître. Nous
souhaiterions que Dieu lui exauçât ce dernier vœu.»(18).
Après avoir achevé la construction de Jérusalem, il édifia,
pendant treize ans, l’Autel et le Temple, c’est-à-dire le
Palais Royal. Salomon disposait d’une flotte qui
l’approvisionnait en or, argent et marchandises en
provenance de l’Inde. Une de ses passions était
l’équitation.
Salomon a vécu cinquante deux ans dont quarante comme Roi
des Hébreux. Il était Roi et Prophète et Dieu l’avait doté
de la faculté de comprendre la langue des oiseaux et des
animaux. Il était également prince des djinns et aucun
Prophète n’a eu de son royaume ce qu’il a eu du sien :
«Seigneur! fit-il. Pardonne-moi mes excès. Accorde-moi un
empire tel que nul après moi n’en aura de pareil! N’es-tu
pas le Donateur Suprême?
Nous lui soumîmes alors le vent soufflant à son ordre, avec
mesure, là où il voulait.
Et
les génies, bâtisseurs et plongeurs.
Et
d’autres démons encore enchaînés deux à deux.
Voici Nos largesses, Salomon. Dépense-les ou retiens-les à
ta guise!
Nous tenons Salomon en haute estime, près de Nous et lui
ménagerons un heureux destin» [Çâd : 35-40]
La
tradition israélite rapporte des anecdotes bizarres sur
l’anneau de Salomon et sa perte dans l’océan, ce qui lui fit
perdre son empire, mais des savants tels qu’Ibn Kathîr,
Ar-Râzî et Al Baydâwî démentirent tout cela.
Jonas
Certains auteurs l’appellent Bonan, fils d’Amittaï. Amittaï
était sa mère. Jonas étais l’un des petits-enfants de
Benjamin, frère de Joseph. Il fut envoyé chez le peuple de
Ninive en Assyrie, district de Mossoul en Mésopotamie, au
VIIIème siècle avant J.C. pour le dissuader de s’adonner à
l’idolâtrie.
Il
prêcha le monothéisme, mais en vain. Furieux et menaçant il
quitta les lieux, sans avoir été autorisé par Dieu. On a dit
que c’est Satan qui l’a induit en erreur. Après son départ,
les mécréants eurent peur du malheur qui allait s’abattre
sur eux. Ils se repentirent, demandèrent le pardon à Dieu.
Cela leur fut accordé. Jonas se trouvait alors dans un
bateau qui allait connaître le naufrage à cause de sa
présence à bord. Les matelots qui savaient que le bateau
était en péril à cause de Jonas durent le jeter par -dessus
bord, présageant que malheur allait leur arriver. Jonas fut
avalé par un gros poisson auquel Dieu ordonna de lui laisser
la vie sauve. Des profondeurs sombres de la mer, Jonas
appela Dieu : «Il n’est pas en dehors de Toi d’autre
Divinité. Que Ton nom soit béni, Seigneur. Oui, j’ai été du
nombre des injustes» [Les Prophètes : 87]
Le
gros poisson le rejeta. On dit que cela se passa en
Mésopotamie. Jonas fut guéri et reconnut sa faute d’avoir
quitté son peuple sans être autorisé par Dieu. Il retrouva
son peuple qui s’était mis à prier Dieu, mais pour un temps
seulement. Dieu fit détruire les agglomérations de ce
peuple.
Zacharie et Jean
A
propos de Zacharie, Ibn ‘Asâkir cite quatorze de ses petits
enfants jusqu’à Salomon. Il ne s’agit pas ici de Zacharie,
fils de Borgia qui vécut trois siècles environ avant
Jésus-Christ.
Zacharie fut envoyé aux Israélites avant Jésus pour les
détourner de la débauche, du libertinage et de l’immoralité.
Les Israélites, à l’époque, combattaient sans pitié les
Prophètes et les Serviteurs de Dieu. Le plus cruel d’entre
eux fut Hérode, gouverneur de Palestine, dont on dit qu’il
ordonna le massacre de Jean, fils de Zacharie. Jean fut
effectivement décapité et sa tête fut remise, dans un
plateau d’argent, à Hérode pour satisfaire sa bien-aimée
Salome.
Le
père de Marie, ‘Imran, était le grand érudit des rabbins
dont Zacharie faisait partie. Quand il mourut, c’est
Zacharie, époux de la tante de Marie, qui prit celle-ci en
charge. On rapporte qu’il n’eut d’enfants qu’à l’âge de
quatre vingt dix neuf ans, alors que sa femme était âgée de
quatre vingt dix huit ans. Il eut comme enfant Jean qui fut
tué du vivant de son père, lequel a été tué, à son tour,
selon certaines sources.
Jean qui naquit trois mois avant Jésus devint Prophète à
l’âge de trente ans. Dans sa jeunesse, il mena une vie
ascétique dans le désert. Il se nourrissait d’herbe et de
sauterelles. Il devint un érudit et une référence dans
l’émission des fatwas.(19) Il prêcha aux juifs l’obéissance
à Dieu et leur annonça la venue imminente du Messie.
Il
baptisait par immersion dans l’eau du Jourdain. Jésus
lui-même se fit baptiser par lui dans l’eau de cette
rivière.
Le
Messie «Jésus», fils de Marie
Après la mort de Jean, Dieu envoya Jésus. Les Juifs
prétendront que ce dernier a été crucifié et tué : «Non! Ils
ne l’ont pas tué, ni ne l’ont crucifié, mais furent le jouet
d’une illusion » [Les Femmes : 57].
Les
Chrétiens tissèrent autour de ce célèbre récit une multitude
d’anecdotes imagées qu’ils consignèrent dans les Evangiles.
Ils prétendirent que Jésus est le fils d’un jeune juif de la
famille de David, nommé Joseph le menuisier - ou le
charpentier - dont la fiancée était Marie avant qu’elle ne
tombât enceinte de Jésus «Qui est pour Dieu pareil à Adam et
qu’il conçut de la terre. Puis il lui a dit : «Sois! El il
fut» [Le Coran].
Les
Ecritures apportent des versions différentes quant à
l’origine familiale de Jésus. Ainsi l’Evangile de Saint
Mathieu mentionne que Jésus est le fils de Joseph le
menuisier, lequel est le fils de Lévi... Les autres
Evangiles disent qu’il fait partie de la progéniture de
David, parent de Yéhuda.
Jésus fut envoyé aux Israélites après treize siècles de vie
où ils ne virent aucun Prophète. Durant cette longue
période, ils devinrent frustres et dénaturèrent la loi
divine. Ils cessèrent de faire le Bien, décidèrent de faire
du samedi une journée fériée et s’adonnèrent aux plaisirs de
la vie et à la quête passionnée de l’argent(20).
Le
Coran purifia Jésus et sa mère Marie de toutes les
obscénités que leur colla leur entourage :«Vint un jour où
le Seigneur dit à Jésus : «Est-ce toi, Jésus, le fils de
Marie, qui a dit aux hommes de te prendre, toi et ta mère,
pour divinités en dehors de Dieu?». Jésus répondit : «Que
ton nom soit glorifié, Seigneur! Comment pourrais-je en
vérité le proclamer, n’en ayant nullement le droit? Tu
l’aurais su Seigneur, si je l’avais proféré, car tu connais
le fond de ma pensée, mais je ne sais rien de la Tienne, il
n’est point de mystère que Ta science ne puisse dévoiler»
[La Table servie : 116].
Dieu a octroyé à Son Prophète et à la mère de celui-ci leur
part d’honorabilité : “Marie entendit les anges lui dire :
«O Marie! Dieu te fait une heureuse annonce, celle d’un
Verbe de Lui, qui aura pour nom le Messie, Jésus, fils de
Marie. Il sera illustre en ce monde et dans l’autre et fera
partie des Elus» [La Famille d’Imrân : 45].
«Et
vint le jour où les Anges dirent à Marie : «O Marie! Dieu en
vérité t’a choisie ; Il t’a purifiée, et de toutes les
femmes de l’Univers, Il t’a élevée à Sa gloire» [La Famille
d’Imrân : 42].
Abû
Hurayra rapporte ce Hadîth du Prophète (que la paix soit sur
lui) : «Il n’y a pas d’être humain qui n’ait pas été touché,
à sa naissance, par Satan et qui, à cause de cela, crie à
tue-tête, sauf Marie et son fils.» Après avoir cité ce
Hadîth, Abû Hurayra récita ce verset : «Je prie Dieu de
préserver Marie et sa progéniture de Satan»(21).
Mohammad, sceau des Envoyés et des Prophètes
Il
s’agit de Mohammad Ibn’Abd allah, Ibn’Abd Al Muttalib, Ibn
Hâchem, Ibn’Abd Manâf, Ibn Kilâb, Ibn Murrah, Ibn Ka’b, Ibn
Lu’y, Ibn Ghâlib, Ibn Fihr (Ghâlib Ibn Fihr porte le surnom
de Quraïch, d’où la tribu qui porte ce nom), Ibn Mâlik, Ibn
An-Nudr, Ibn Kinâna, Ibn Khuzaïma, Ibn Mudrikah, Ibn Ilyâs,
Ibn Middir, Ibn Nizâr; Ibn Mu’idd, Ibn’Adnân...(22).’Adnân
est un descendant d’Abraham. Il est le fils de Ad Ibn
Humay-sa’, Ibn Salâmân, Ibn’Awas, Ibn Bawz, Ibn Qamwâl, Ibn
Ubayy, Ibn’Awwâm, Ibn Nâchid, Ibn Nâhish, Ibn Mâkhî, Ibn’Ayd,
Ibn’Abqar, Ibn’Ubayd, Ibn Addu’â, Ibn Hamdân, Ibn Sunbur,
Ibn Yathrabî, Ibn Yahzan, Ibn’Aysar, Ibn Afnâd, Ibn Ayham,
Ibn Muqsir, Ibn Nâhith, Ibn Zârih, Ibn Sumayy, Ibn Mazzîy,
Ibn’Awada, Ibn’Urâm, Ibn Qaydâr, Ibn Ismaël, Ibn Ibrâhim
(Abraham), que la paix soit sur eux tous(23).
La
famille de Mohammad s’appelle «la famille hachémite».
Mohammad naquit dans la famille de Banû Hâchem à la Mecque,
le mois de Rabî’ 1er, l’année du premier anniversaire de
l’événement de l’éléphant, ce qui coïnciderait avec le 20 ou
le 21 ou le 22 avril 517 de l’ère chrétienne.(24) Les
chroniqueurs citent généralement la date du 2 Rabî’ 1er.
D’autres disent qu’il s’agit du neuf du même mois, alors que
d’autres poussent cette date jusqu’au 12 du même mois. Il
s’agirait sans doute du premier jour de la semaine, (le
lundi).
Son
père décéda quelques mois avant sa naissance. Quant à sa
mère, elle mourut alors qu’il avait seulement trois ans.
Nous nous contentons ici de mentionner la famille à laquelle
appartient le sceau des Prophètes et des Messagers, étant
donné que le troisième chapitre de cet ouvrage abordera
l’étude de la mission divine qui fut échue à Mohammad (sur
lui la paix).
La
Révélation
Le
mot «Révélation» apparaît dans bon nombre de versets
coraniques. Dieu a dit : «Dis : «Je ne fais que vous avertir
par le moyen de ce qui m’est révélé». Mais comment des
sourds que l’on avertit sauraient-ils percevoir un appel? »
[Les Prophètes : 45].
«Dieu ne saurait parler directement à un mortel si ce n’est
par révélation, ou par derrière un voile ou par l’envoi d’un
messager qui révèle, avec Sa permission, Ses volontés à
l’homme. Dieu est le Transcendant, le Sage»[La Délibération
: 5].
«Par l’étoile quand elle décline! Votre compagnon ne s’égare
point, ni n’est séduit par l’erreur. Ses propos ne procèdent
pas de sa propre inspiration. C’est uniquement révélation
inspirée.» [L’Etoile: 1-4].
Dans d’autres versets, le Coran parle de la Révélation en
employant le terme «l’envoi» : «Il t’a envoyé le Livre,
Message de vérité, confirmant les Livres antérieurs, comme
Il avait révélé la Thorah et l’Evangile.» [La Famille d’Imrân
: 1-4].
Ainsi donc, la véritable Révélation s’accomplit par
l’intermédiaire d’un ange qui transmet le Verbe divin à
l’Envoyé inspiré dont l’action est renforcée par des
miracles. Chaque Envoyé voit sa mission renforcée par des
actions qui conviennent à sa société et à son époque. Ainsi
Jésus rendit-il la vue à ceux atteints par la cécité, la
santé aux lépreux et la vie aux morts (résurrection). Quant
au Coran, son éloquence inimitable est venue défier celle
des Arabes. Le Coran est le Verbe divin révélé aux hommes
tant dans son contenu que dans sa forme. C’est une émanation
de Dieu.
Dans une de ses nombreuses acceptions, le vocable
«Révélation» signifie l’inspiration innée chez l’homme et
l’inspiration instinctive chez l’animal : «Ton Seigneur a
inspiré aux abeilles...» [L’Abeille : 68], ou bien il
signifie une simple suggestion.
L’inspiration innée et la voix de la conscience chez l’homme
sont une sorte de Révélation qui diffère de la Révélation
confiée aux Envoyés. Et, de la même manière que l’être
humain dispose de sentiments qui le poussent à être
capricieux, en proie aux esprits du mal qui l’incitent à
commettre des turpitudes, il dispose également d’une raison,
d’un cœur et d’une conscience qui lui tracent la voie du
Bien comme le lui suggèrent les anges, autour de lui.
Nature
profonde de la Révélation faite aux Messagers
La
nature de la Révélation ne se saisit pas par le biais de la
raison pure et des perceptions personnelles en partant du
concret et en s’éloignant du monde suprasensible. Elle ne se
saisit pas, non plus, par une simple gymnastique spirituelle
en marge du monde de la matière. Et si l’on dit que la
Révélation est une inspiration qui déborde du subconscient
ou de l’âme spirituelle pour se refléter sur la conscience,
cela signifie que la Révélation émane de la conscience du
Prophète. Or, la vérité est que la Révélation atterrit à la
conscience du Prophète en provenance du Ciel, par le
truchement d’un archange qui n’est autre que Gabriel.
La
nature de la Révélation faite aux Emissaires de Dieu est
différente de celle à propos de laquelle Georges Post dit :
«qu’elle est incarnation de l’esprit divin dans la muse des
écrivains talentueux en vue de leur faire part des vérités
spirituelles et suprasensibles.» (25). Ce point de vue a
encouragé les détracteurs à considérer la Révélation comme
une sorte d’hallucination et de psychose.
Certains philosophes ont corroboré cette vision des choses
en attribuant la Révélation à la communion morale de la
conscience humaine avec les âmes angéliques. Toutefois, ils
ne font point de distinction entre la Révélation et
l’inspiration.
Types
de Révélations
La
Révélation peut être soit une inspiration communiquée au
cœur, soit des paroles éditées par l’intermédiaire d’un
ange, soit une résonance d’une cloche. Il arrive que
certains apôtres, Moïse par exemple, reçoivent des paroles
divines non par inspiration, mais derrière le voile(26) Dieu
a dit : «Dieu ne parle jamais à l’homme, si ce n’est par
inspiration ou derrière un voile. Ou bien, il envoie un
apôtre à qui il révèle ce qu’il veut.» [La Délibération :
51]
En
tout cas, le Prophète Mohammad (sur lui la paix) a reçu la
Révélation par l’intermédiaire de l’archange Gabriel, à
l’état de veille, comme on peut le constater dans les
Hadîths de ‘Aïcha (que Dieu soit satisfait d’elle)(27).
Le
contenu de la Révélation
Dans les récits sur les Prophètes, le Saint-Coran recèle sa
propre sagesse. C’est ainsi qu’il confirme l’existence de la
Révélation, du message divin et de l’unicité des confessions
abrahamiques. Il démontre le sens des missions des Prophètes
et l’attitude des nations et des peuples face à ces
missions, en même temps qu’il analyse l’attachement étroit
entre les religions et qu’il met en relief l’ampleur du Bien
qu’on tire de la Révélation qui est l’expression de la
capacité divine à produire des prodiges(28). Dieu a dit :
«Nous avons donné à Moïse et à Aaron le Livre de la Loi,
lumière bénéfique et guide infaillible pour les pieux.» [Les
Prophètes : 48]
«Nous avions mis, auparavant, sur la saine voie de droiture
qui fut désormais la sienne, et Nous savions qu’il en était
le plus digne.» [Les Prophètes : 51]
«Il
ne vous a rien commandé de difficile dans votre religion,
dans la religion de votre père Abraham. Il vous a nommés
musulmans.» [Le Pèlerinage : 78]
Révélation et religion
Le
concept de la Révélation est lié à celui de la religion.
Celle-ci est la somme de ce que Dieu révèle à Ses apôtres :
«La vraie religion pour Dieu c’est l’Islam.» [La Famille d’Imrân
: 19](29)
Pour certains philosophes, la religion serait une sorte
d’entendement qui est hors de portée de la science et que la
raison ne peut saisir(30).
L’affinité de la philosophie avec la religion vise, selon
Mustapha ‘Abd Ar-Razek (31) à réaliser le bonheur par le
biais de la croyance vraie et de l’action bienfaitrice.
Cette même idée fut corroborée par As Chahrastânî (32) quand
il affirma que l’aspect pratique de la philosophie (la
praxis) est la bonne action et que son aspect scientifique
est la connaissance de la vérité.
Ibn
Hazm a dit : «Le sens de la philosophie et ce qu’on vise par
son apprentissage n’est autre que l’amélioration de l’âme
humaine. L’homme, en effet, doit être vertueux, ici-bas,
exemplaire dans son comportement avec ses semblables et dans
la cité pour qu’il puisse mériter la paix dans l’Au-delà.
C’est exactement cela que vise également la religion.»
Avicenne, par contre, fait la distinction entre la religion
et la philosophie. Il remarque que le but de la religion est
originellement pratique, alors que celui de la philosophie
est, de par son origine, théorique, mais il affirme en même
temps que la religion tire profit des principes de la
sagesse théorique et pratique.
Dans ses écrits sur Avicenne, Mustapha ‘Abd Ar-Razek
rapporte que le grand philosophe acheta un livre d’Aristote
sur «La métaphysique». Il passa un mois à le lire, sans rien
y comprendre. Un matin, en revenant de la mosquée où il fit
sa prière, il reprit la lecture de ce livre obscur. Très
vite, il remarqua que l’hermétisme de celui-ci se dissipa.
La sagesse pratique a eu un impact considérable sur la
sagesse théorique(33).
Révélation et Apôtres
Le
Messager est un homme parmi les hommes. Dieu l’investit
d’une mission qu’il doit faire parvenir à ses semblables. Le
Prophète, quant à lui, est chargé de diriger son peuple en
se fondant sur une mission antérieure restée immuable et
intégrale. Tout Messager est un Prophète et non le
contraire.
Selon certaines traditions, il y aurait eu cent vingt quatre
mille Prophètes dont trois cent quinze Messagers. C’est ce
qui ressort du Hadîth d’Abû Dharr Al Ghiffârî, rapporté par
l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal dans son «Musnad»(34).
Les
hommes à la volonté ferme sont les Messagers les plus
éminents, les plus forts et les plus patients. Mohammad (que
la paix soit sur lui) est parmi ceux-là et Dieu lui a intimé
l’ordre de suivre leurs pas : «Prends patience, comme
prenaient patience les hommes courageux parmi les apôtres.»
[Al Ahqâf : 35]
Mohammad est le sceau des Prophètes. Ceux-ci ont été appelés
«les hommes déterminés» parce que leur volonté est ferme et
leur endurance n’a pas de limite. «Les hommes les plus
expérimentés, les plus outillés dans la vie sont les
Prophètes. Il n’y a pas mieux qu’eux.» (35)
La
prophétie est un droit exclusif de Dieu dont Il fait don à
qui Il veut parmi ses serviteurs, de sexe masculin, les plus
pieux : «Nous n’avons jamais envoyé avant toi que des hommes
choisis parmi le peuple de différentes cités, auxquels nous
révélions nos ordres.» [Joseph : 109]
L’infaillibilité : attribut essentiel des Prophètes et des
Messagers :
Les
vertus des Prophètes et des Messagers exposées dans le Livre
Saint nous imposent de respecter ces hommes exceptionnels,
de les aimer et de croire à leur message divin. Tous les
Messagers sont des exemples à suivre par les fidèles : «Fais
aussi mention d’Abraham dans l’Ecriture. Ce fut tout à la
fois un Saint et un Prophète du Seigneur.» [Marie : 41]
«Abraham fut un exemple unique de soumission totale à Dieu,
sans nulle compromission avec les païens.» [L’Abeille : 120]
«Dieu lui dit : «Je te fais mon élu, de préférence à tout
autre mortel : Tu transmettras Mon message et communiqueras
Ma parole.» [Al A’râf : 144]
«Evoque Ismaël dans l’Ecriture. Fidèle à ses serments, il
fut un Messager de Dieu et un Prophète.» [Marie : 54]
«Souviens-toi aussi de Nos serviteurs, Abraham, Isaac et
Jacob, hommes aussi forts et clairvoyants.
Nous les avions pourvus d’une rare vertu : celle d’œuvrer
uniquement pour le Royaume éternel.
Ils
comptent, en vérité, près de nous parmi la fleur des élus.
Que
l’on songe aussi à Ismaël, à Elysée, à Dhou Al Kifli dont
chacun fut un bon serviteur.» [Çad : 45-48]
Dieu a ainsi mis en relief les vertus essentielles des
Prophètes et des Messagers. Parmi ces vertus, et comme l’ont
souligné les théologiens, il y a lieu de citer la probité,
l’honnêteté, la chasteté, la clairvoyance, la droiture,
l’infaillibilité... Par ces vertus, et bien d’autres
semblables dans leur noblesse, les Prophètes et les
Messagers se distinguèrent du commun des mortels. En ne
commettant aucun péché et en évitant tout acte abject, ils
devinrent l’incarnation même de la Perfection, aptes à
guider l’Humanité vers le droit chemin.
Il
est impératif de bannir tout écrit qui attribue des défauts
aux Apôtres, car ce que l’on peut leur imputer comme
vilenies est une pure création des hommes dont la visée est
la propagation des faussetés et la dénaturation du contenu
du message divin.
Il
est aujourd’hui admis que si les hommes avaient consigné par
écrit les messages originaux des Apôtres antérieurs à
Mohammad (sur lui la paix) et que si ces documents avaient
été conservés, on aurait constaté qu’ils soulignassent avec
force la probité et la dignité des Messagers et des
Prophètes, en leur qualité d’hommes exemplaires représentant
les idéaux suprêmes de l’Humanité à travers son histoire.
Malheureusement ces premiers écrits nous font actuellement
défaut aujourd’hui et il est pratiquement impossible de les
trouver. On ne possède actuellement aucun document original
d’un texte d’une religion céleste telle qu’un Envoyé l’a
transmise aux hommes et dont la langue est restée vivante
jusqu’à nos jous, hormis le Saint-Coran qui a pu et su
préserver à tous les apôtres leur dignité, leur fierté et
leur infaillibilité.
L’Islam
respecte tous les Messagers et les Prophètes. Il rappelle
constamment leur mission et les principes qu’ils ont
progagés pour guider les hommes. Dieu a dit : «Nous les
avions institués chefs chargés de conduire les hommes, et
nous leur avons inspiré la pratique des bonnes œuvres,
l’accomplissement de la prière, ainsi que l’aumône, et ils
nous adoraient.» [Les Prophètes : 73]
Le
Messager ou le Prophète est un exemple à suivre. On ne peut
le taxer d’une turpitude qui va à l’encontre de
l’exemplarité des mœurs. S’il lui arrive parfois, en dehors
de l’inspiration, de ne pas être précis dans ses estimations
et juste dans ses appréciations, ces inexactitudes ne sont
pas de nature à porter préjudice à la noblesse de son esprit
et à sa moralité, tant qu’il demeure dans son état de
Prophète ayant pour mission la guidance des hommes.
Mohammad est le sceau des Prophètes : «Non, Mohammad n’est
le père d’aucun homme d’entre vous, mais le Messager de Dieu
et le Sceau des Prophètes.» [Les Coalisés : 40] et il n’est
pas permis aux hommes de préférer un Prophète à un autre:
«Nous ne mettons point de différence entre les Envoyés
célestes.» [La Vache : 285]
Le
Prophète a dit : «Il est interdit à un serviteur de Dieu de
dire : je suis meilleur que Jonas, fils d’Amittaï.»(36)
Dieu, seul, a le droit de procéder à des préférences entre
ses apôtres : «Nous élevâmes les prophètes les uns au-dessus
des autres. Les plus élevés sont ceux à qui Dieu a parlé.
Nous avons envoyé Jésus, fils de Marie, accompagné de signes
évidents, et nous l’avons fortifié par l’esprit de
sainteté.» [La Vache : 253]
«Nous avons assigné différents échelons aux Prophètes et
fîmes don à David des psaumes.» [Le Voyage nocturne : 55]
La
mission des Prophètes est toute entière flambeau de la
guidance et de la vertu. Par compassion, Dieu ne punit aucun
peuple avant de lui envoyer auparavant un Messager : «Nul
peuple ne subit aucun châtiment qu’un Messager ne l’ait déjà
averti.» [Le Voyage nocturne : 15] et il n’y a pas de peuple
sur terre qui n’ait pas connu de Messagers : «Nous fîmes
ainsi se succéder Nos messagers.» [Les Croyants : 44]
Cela fait partie de Sa sagesse que le Très-Haut choisit ses
Messagers, non pas parmi les anges, mais bien parmi les
humains afin que ceux-ci n’aient aucun argument à faire
valoir s’il leur arrivait de braver la Loi divine. En effet,
les humains pensent toujours que les anges obéissent
aveuglément à Dieu du fait qu’ils ne sont pas pourvus
d’instincts tels que ceux spécifiques à l’homme. La mission
des Messagers-en plus de dévoiler et de clarifier les
mystères suprasensibles dont la raison humaine est incapable
de distinger entre leurs bons et leurs mauvais côtés- exige
qu’on leur démontre de la soumission et que leurs actions
soient de celles que les gens peuvent supporter. C’est grâce
à leur chasteté, que s’accomplissent leur mission divine
ici-bas, la guidance et l’orientation des hommes vers le
droit chemin ainsi que l’avertissement de ces derniers sur
leur sort après la mort et l’inéluctabilité de la
résurrection et du Jugement dernier.
La
Révélation peut-elle être envoyée au commun des mortels ?
Voir un ange n’exige pas qu’on soit obligatoirement Prophète
ou Messager. La prophétie n’est pas seulement l’existence de
la Révélation, comme le pensent beaucoup de gens, mais elle
est, pour les Docteurs de la loi, inspiration de Dieu
destinée à un homme pour accomplir une mission
créatrice(37). A propos de l’explication du verset suivant :
«Mais le Messager de Dieu et le Sceau des Prophètes» [Les
Coalisés : 40], il a été dit que «La simple rencontre avec
l’ange, le fait de lui parler et de s’inspirer de ses idées
ne nécessite pas qu’on soit Prophète.»(35). Dans le «Sahîh»
de Bukhârî, Abû Hurayra rapporte que le Prophète (sur lui la
paix) a dit : «Dans les peuples qui vous ont précédés, il y
avait des illuminés. S’il doit y en avoir un dans mon
peuple, c’est bien de ‘Umar qu’il s’agirait.»(38).
La
mère de Moïse n’était pas Prophète, mais elle fut inspirée
par Dieu : «Nous inspirâmes à la mère de Moïse : «Allaites
ton nouveau-né! Si tu crains pour ses jours, confie-le aux
eaux du fleuve! N’aïe nulle crainte et ne t’afflige point!
Nous te rendons ton enfant et en ferons l’un de Nos
Messagers» [Le Récit : 7]
Il
est des inspirations divines qui ne sont point destinées à
l’homme. Dieu a dit : «Ton Seigneur a inspiré aux abeilles»
[L’Abeille : 68]
«Il
en fit sept cieux en deux périodes et révéla à chacun d’eux
son statut propre» [Du Livre aux versets distincts : 12]
Autrement dit, Dieu fait don de la bonté naturelle qui est
une sorte de Révélation.
Certains érudits distinguent entre la Révélation destinée
aux Prophètes et aux Messagers d’une part et l’inspiration
réservée aux Saints. A propos de la Révélation faite aux
Prophètes, ils parlent de «parole divine» et, à
l’inspiration destinée aux Saints, ils réservent le terme
«dire». On est obligé de croire à «la parole divine», sinon
on bascule dans l’impiété. Par contre, rejeter «un dire» ne
signifie pas qu’on est hérétique(39).
Il
a été confirmé, par le Livre sacré et la Sunna (la
Tradition) que, parmi les croyants, il y en a qui ont vu les
anges, sans qu’ils soient pour autant, des Messagers ou des
Prophètes. Dieu a dit : «Qu’il soit fait aussi mention de
Marie dans l’Ecriture. Elle alla s’isoler loin des siens
dans un lieu situé à l’est de la ville. Elle étendit un
voile entre elle et le monde. Nous lui envoyâmes alos Notre
esprit qui revêtit pour elle une forme humaine accomplie.
«Que puis-je faire contre toi, sinon me réfugier en la
Miséricorde du Seigneur! Ah! Puisses-tu être pieux!» [Marie
: 16-18]
Dans l’explication qu’il a faite du verset suivant : «Ceux
qui disent : Notre Maître, c’est Dieu,» puis se comportent
avec droiture, verront affluer les anges du ciel...» (Du
Livre aux versets distincts : 30), Al Qâdî Ibn Al’Arabî Al
Ma’ârifî a dit : «Les exégètes disent que cela se produira
après la mort, mais moi je dis que c’est une affaire
quotidienne..»(40) Cette déclaration d’Ibn Al’Arabî est
étayée par ce qui a été rapporté par Muslim dans son «Sahîh»
où on peut lire que selon Abû Hurayra le Prophète a dit :
«Un homme voulait rendre visite à son frère qui habitait un
village lointain. Dieu lui envoya un ange qui lui dit : «Où
te diriges-tu?» L’homme répondit : «Je voudrais rendre
visite à mon frère dans ce village...» L’ange demanda :
«Vas-tu chez lui pour qu’il t’offre un bien?». L’homme
répondit : «Pas du tout Je lui rends visite pour l’amour de
Dieu. C’est mon frère». L’ange lui confia :«Dieu m’envoie
vers toi pour te dire qu’il t’aime comme tu l’as aimé en ton
frère»(41). An-Na Wawî a dit dans son commentaire sur
l’opinion de Muslim :«Les êtres humains pourraient très bien
voir les anges...»(42).
L’unité des religions célestes
La
religion islamique admet l’existence de cent vingt quatre
mille Prophètes que Dieu a choisis, sans toutefois les
nommer tous. (41). Dieu a dit :«Bien des Prophètes ont reçu
ainsi Notre message : un certain nombre d’entre eux ont été
évoqués pour toi, d’autres ont été passés sous silence. Dieu
se fit entendre clairement de Moïse» [Les Femmes : 164]
Le
Prophète a dit : «Il y aurait cent vingt quatre mille
prophètes dont trois cent cinquante Messagers…»(43)
Ceci nous incite à nous interroger sur l’identité de
certains de ces Prophètes. L’histoire humaine cite les noms
de beaucoup de Sages de renommée mondiale ainsi que les noms
de réformateurs religieux qui ont, probablement, été les
contemporains des Prophètes ou qui ont pu être mis au
courant de leurs modes de pensée, de leurs maximes et de
leurs sermons qui les ont inspirés pour écrire des ouvrages.
C’est la cas de Zoroastre (il vécut au VIIème ou VIIIème
siècle avant J.C.) qui est connu par son ouvrage «L’Avesta».
C’est le cas également de ses disciples les Mazdéens qui
furent considérés du temps de ‘Umar Ibn Al Khattâb et’Alî
Ibn Abî Tâleb, parmi les gens du Livre soumis à la
protection de l’Islam(44).
On
peut citer aussi le cas de Confucius (VIème siècle avant
J.C.). Quand on consulte certains de ses ouvrages, on
constate qu’ils exposent une éthique qui confirme
l’existence de liens étroits avec ce qui reste d’une
révélation céleste. Son livre intitulé «Les entretiens» est
un ouvrage socio-religieux qui cite des passages dont on est
presque sûr qu’ils appartiennent à un Prophète de l’époque.
A
la même époque (VIème siècle avant J.C. environ) vécut
Pythagore connu par sa théorie sur l’immortalité de l’âme et
sur l’ascétisme débouchant sur la purification du corps et
de l’esprit. A noter ici que dans nombre de références
islamiques, allusion fut faite à l’existence de Prophètes
helléniques.
Dans le même ordre d’idées, on peut citer Socrate (399 avant
J.C.) et son disciple Platon (428-347 avant J.C.). Ce sont
les précurseurs de la pensée dialectique dont le fondement
repose sur la nécessité du parallélisme entre l’ordre
cosmique et l’existence de l’Etre suprême.
Toutes ces idées qui prônent le renoncement aux plaisirs
terrestres et l’attachement à la spiritualité de l’âme ne
peuvent être que le résultat d’une inspiration céleste qui a
vu descendre l’âme de la voûte éthérée pour s’intégrer dans
le corps. Avicennes a dit dans ce sens :
Elle descendit vers toi des hautes cimes
Comme une feuille légère qui ne résiste à rien.
L’ex-cheïkh (doyen) d’Al Azhar, Mustaphâ ‘Abd Ar-Raziq dit
dans son ouvrage sur «le Maître» : «Avicennes se retira
pendant quarante jours pour lire certains ouvrages. Il ne
put les comprendre. Il se tourna vers Dieu et, un matin, à
la prière de l’aube, Dieu l’inspira et il put comprendre ce
qu’il ne comprenait pas auparavant... Des ouvrages
philosophiques d’Avicennes se dégage l’idée qu’il n’existe
aucune contradiction entre les données de la philosophie et
la foi islamique. Il se pourrait que cette contradiction se
manifeste uniquement sur le plan de l’expression et non de
la substance. C’est une vue de l’esprit dont on peut se
débarrasser par le recours à l’unité de la pensée religieuse
et philosophique(45), car la philosophie n’est rien d’autre
que l’étude des moyens qui permettent de concilier les
hommes avec l’unicité de la création cosmique, la
purification de l’âme, la reconnaissance de ses défauts et
les moyens de les extirper(46).
Si
Pythagore a longuement disserté sur la théorie astronomique
dans laquelle la sphéricité et le mouvement de la terre sont
affirmés, cela ne pouvait s’accomplir sans inspiration.
Pythagore s’est peut-être inspiré des découvertes
prodigieuses faites par le Prophète Idriss (que la paix soit
sur lui) à propos des signes célestes qui ont fait que la
mythologie a attribué à ce Prophète des miracles en
astronomie, ce qui a poussé certaines personnes à oser le
considérer comme le Dieu du Soleil parce que, selon leurs
allégations, le soleil se trouve au quatrième ciel, là où
Dieu a haussé Idriss (que la paix soit sur lui).
Le
Saint-Coran est venu invalider ces allégations : «En vérité,
nous avons paré le ciel le plus proche de planètes» [Les
Rangs : 6], par ce qui confirme la nouvelle théorie
scientifique connue sous le nom de «système solaire» qui
veut que tous les astres baignent dans le monde sublunaire.
Nous ne voulons pas dire que le Saint-Coran est un ouvrage
de sciences naturelles. C’est un livre divin qui recèle
sagesse et guidance pour les hommes et renferme des vérités
scientifiques qui sont autant de signes cosmiques de la
création divine.
Toutefois, certains prétendus scientifiques, tels que les
naturalistes, adorateurs de la nature, dénient toute
existence au surnaturel et attribuent tous les phénomènes
relatifs à la vie et à la mort, au facteur temps.
Les
penseurs du Moyen-Age qui ont analysé, avec objectivité les
données de la pensée islamique, laquelle se caractérise par
son universalité, ont eu toujours recours à cette pensée.
Ainsi le philosophe chrétien Thomas d’Aquin (1225-1274) est
en parfait accord avec la théorie d’Averroës que celui-ci
expose dans son ouvrage : «fasl al maqâl...» (Fin de la
polémique à propos des rapports entre la réalité et la foi).
L’Eglise
elle-même fut astreinte à reconnaître les spécificités
hautement nobles de la religion musulmane et ce, dans un
document intitulé «Orientations» où elle affirme que l’Islam
n’est pas une religion de terreur et d’intolérance, mais une
religion d’amour et de fraternité. Elle réfuta les fausses
idées que propagèrent les Chrétiens et les Juifs sur
l’Islam, quand ils prétendirent que cette religion est
exempte de toute vertu, se complaît dans la fatalité et le
fanatisme religieux. Le «Jihad» écrit le Vatican dans ce
document «n’est autre que celui de toute mission qui lutte
pour la cause de Dieu en vue de répandre l’Islam et le
soutenir partout». Le Vatican conclut : «A l’époque des
Croisés, ce n’étaient nullement les Musulmans qui
commettaient les crimes les plus odieux».
Jésus Christ (que la paix soit sur lui) a annoncé
l’imminence du Royaume de Dieu qui révélera au monde le
Prophète mentionné dans le Deutéronome (15-18). Il a
prononcé un nom dont la signification veut dire : «personne
digne de beaucoup d’éloges», c’est-à-dire «Mohammad» en
langue arabe(47).
NOTES
ET REFERENCES
1.
Al Bukhârî : «Kitâb al manâqib», n° 3271 (Le livre des
qualités). Muslim : «Al fadâil» (Les vertus) n° 4237.
2.
Al Bukhâri : «Assalâtu» (La prière) n° 419. Muslim : «Al
Masâjidu wa Mawâdi’u Assalâti», n° 810 (Les mosquées et les
lieux de la prière).
3.
Al Bukhâri : «Al Janâ‘izu» (Les obsèques), n° 1296 -Muslim :
«Al Qadar» (Le livre du destin), chapitre : La signification
de la bonté innée chez le nouveau-né.
4.
«Al Bidâyatu wa Annihâyatu» (Le début et la fin) -Volume 1,
p.75. L’Ancien Testament (2-8).
5.
Ahmad : «Bâqi Musnadu al Ansâr» n° 21257.
6.
L’Ancien testament - L’Exégèse : chapitre 3 : 24.
7.
Al Bukhârî : «Hadiths des Prophètes» (Les dires des
Prophètes), n° 3088. Ahmed : «Musnadu al Mukthirîna mina
Assahâbati, n° 3450.
8.
Voir les récits des Prophètes comme :«Badâi’Azzouhûri fi
Waqâi’i Adduhri» (Les meilleures fleurs dans les événements
des temps passés).
9.
Voir «Tarikh al Houkama‘».
10.
Confirmé par Ibn Khaldûn dans son introduction, chapitre sur
l’exégèse.
11.
L’Exégèse : chapitre 4.
12.
Ibn Sulaymân Ar-Rawdânî : «Jam’ul Fawâ‘idi...»-Hadith n°
8321.
13.
Mentionné par Al Qortobî dans son exégèse du verset 10 de la
sourate «L’interdiction». Qûchaïrî dit qu’il y a là-dessus
consensus de tous les exégètes.
14.
Al Bukhârî : «Hadîths des Prophètes» n° 3138 -Attirmîdî :
«Exégèse du Coran» n° 3041 - Ahmad : «Bâqî Musnadu al
Mukthirîna mina Assahâbati» n° 5454.
15.
Al Bukhârî : «Hadîths des Prophètes» n° 3162.
16.
Al Bukhârî : «Le Vendredi», n° 1063. Muslim «Le Jeûne» n°
1969.
17.
Ibn Jarîr : «Histoire des peuples et des Rois». Vol. 2, p.
116.
18.
Ahmad : «Musnadu...» n° 6357. Ibn Mâja : «La prière selon la
Sunna», n° 1398.
19.
Ibn Jarîr : «Histoire des peuples et des Rois». Vol. 2, p.
152.
20.
L’Evangile de Matthieu. Chapitre 1 : 16-21..
21.
Al Bukhârî : «Hadîths des Prophètes», n° 3177. Muslim : «Les
vertus», n° 4363.
22.
Biographie d’Ibn Hichâm 1/1-2. Al Mubârakfûrî : « Le jardin
aux bonnes odeurs».
23.
Voir le travail d’authentification effectué par Mohammad
Sulaymân Al-Mansûrfori, chapitre : «Rahmatun lil’âlamîn.»
2/14-15-16-17. On y trouvera une énumération des différentes
références historiques.
24.
Authentifié par Mohammad Sulaymân Al Mansûr et Mahmûd Bâcha.
Voir aussi «Le jardin aux bonnes odeurs.»
25.
Son ouvrage : «Glossaire du Livre Sacré.»
26.
Sourate «Les Femmes», verset 164. Exégèses du verset : «Dieu
a directement adressé la parole à Moïse».
27.
Al Bukhârî : «Le début de la Révélation», n° 4 et d’autres.
28.
Voir Ibn Taymiyya : «Dar’u taàrudi al aqli wa annaqli» Tome
8, p. 503.
29.
Exégèse d’Al Qortobi «Al Jâmiu liahkâmi alqurqâni». Tome 2,
Verset 19 - Sourate «Al Imrame»
30.
Parmi eux Spencer et Muller.
31.
La Religion, la Révélation et l’Islam. éd. Dâr Al Qâdirî,
1933, p. 47 (1413 de l’Hégire).
32.
«Al Milalu wa Annihalu», de son auteur Achchahrastâni.
33.
La Religion, la Révélation et l’Islam. Op. cit., pp. 47 et
suivantes.
34.
Ahmad : «Bâqî Musnadu Al Ansâri», n° 21257.
35.
Al Bukhârî : «Le livre des malades», Chapitre : «Les hommes
les plus endurants sont les Prophètes...». Attirmîdî :
«L’ascétisme selon l’Envoyé de Dieu», n° 2322. Ibn Mâja :
«les séditions», n° 4013.
36.
Al Bukhârî : «Les Hadîths des Prophètes», n°144. Muslim :
«Les vertus», n° 4382.
37.
Al Qarâfî : «Tanquih Al Ouçoul».
38.
Al Bukhârî : «Kitâb al Manâqib» (Le livre des qualités), n°
3413. Ahmad : « Bâqî Musnadu Al Mukthirîna...», n° 8114.
39.
Parmi eux, citons Cheïkh ‘Abdel Qâder Al Jilânî.
40.
Voir l’exégère d’Ibn Al’Arabî. Sourate «Du Livre au versets
distincts», verset 30.
41.
Muslim : «Al Birru wa Assilâtu ...», n° 4656. Ahmad : «Bâqî
Musnadu...», n° 8923.
42.
Al Hâfiz As-Sayyûtî a écrit un ouvrage intitulé :«Tanwîru Al
Halaki fi Ru‘yati Annabiyyi wal Malaki» où il explique les
détails de cette question.
43.
Ahmad : «Bâqî Musnadu al Ansârî», n° 21257.
44.
Al Bukhârî «Al jizyatu», 2923. Mâlik «Azzakât» 544.
45.
Louis Gardet «La pensée religieuse chez Avicennes», éd.
Paris, 1951, p. 43.
46.
Avicennes : «La guérison», traduction latine, éd. des
Chamoines de St. Augustin, Venise 1808. (Traduction arabe,
éd. 1886).
47.
Voir le chapitre 43 de l’Evangile de Bernaba. |