Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

 

 

Une Ecossaise embrasse l'islam et apprend l'arabe pour comprendre le saint Coran

Debbie Rodgers : "Je me suis attachée à convaincre mes parents ainsi que 30 personnes parmi mes amis

et voisins à embrasser l'islam"

 

Depuis sa plus tendre enfance, Debbie Rodgers cherchait à percer la vérité sur la question de foi, d'où son intérêt pour la religion. Adulte, elle se posait des questions difficiles et profondes, étulisant la Bible pour trouver des réponses convaincantes et rationnelles. Son engagement religieux, en tant que chrétienne, ne se limitait pas à la messe de dimanche et des autres occasions religieuses, mais à appliquer les enseignements de sa religion et à prêcher la voie de l'Evangile, sans pour autant trouver les réponses escomptées.

Lorsqu'elle songea à étudier l'islam, elle s'employa à apprendre la langue arabe afin de disposer de l'outil lui permettant de comprendre le saint Coran. A 17 ans, Debbie avait achevé la lecture du saint Coran en arabe. Et c'est dans le Livre Saint qu'elle trouva des réponses convaincantes aux difficiles questions qu'elles se posaient sur la foi, la vie, le jour du Jugement.

Cette lecture, qui réjouit son cœur, fut l'étincelle qui amorça son parcours religieux. Avec le nouveau tournant que prit sa vie, elle changea son nom qui devint Aicha. Elle ne se contenta pas seulement d'embrasser l'islam, mais s'y activa dans la prédication, amenant ses propres parents à embrasser la religion islamique. Il en fut de même pour un certain nombre de ses connaissances, amis et voisins, qui se convertirent. Debbie s'estime chargée de la mission divine d'appeler à la religion de Dieu.

Aicha était connue parmi ses connaissances comme une personne calme, à l'argumentation bienséante et attachée aux enseignements de sa nouvelle religion. Elle habite dans un modeste appartement à Glasgow, en Ecosse, où les murs sont couverts de versets coraniques, avec une grande horloge qui rappelle à la famille les heures de la prière ainsi que des posters de la ville sainte de la Mecque. Aicha est une écossaise aux yeux bleus perçants, une musulmane exaltée, avec le sourire resplendissant d'une femme attachée à sa religion. Son visage est, tout comme celui des filles écossaises énergiques, empreint d'une gravité que rebutent les billevesées et les futilités, et qu'elle prend un soin jaloux à couvrir avec le voile.

La société occidentale trouve anormal qu'une fille chrétienne attachée à sa religion se convertisse à l'islam et épouse un musulman. D'autant plus anormal est le fait qu'une telle fille s'évertue à convaincre ses parents à embrasser la religion islamique et s'escrime pieusement à y mener quelque 30 personnes parmi ses amis et ses voisins. Un tel fait n'est pas seulement atypique, mais suscite vraiment la stupeur. Mais c'est ce que Aicha a fait, œuvrant avec ferveur à la conversion des plus proches à la religion de Dieu.

La famille d’Aicha était chrétienne conservatrice. Son père, Rodgers, assistait régulièrement aux réunions de l'Armée du Salut. Contrairement aux adolescentes britanniques qui collaient sur les murs de leurs chambres la photo du chanteur George Michael et l’embrassaient avant de se mettre au lit, Debbie Rodgers accrochait, quant à elle, les images du Christ. Toujours est-il que le christianisme n'a pas été, en tant que religion, de taille à répondre à ses interrogations. Et celles-ci étaient nombreuses. Qui plus est, elle n’était pas satisfaite de ses convictions religieuses et qu'une reconsidération s'imposait.

"Je sens que je dois encore faire davantage et ne pas me contenter de faire mes prières quand j'en éprouve le désir."

Aicha a connu Mohamed Bahta, le musulman qui allait devenir son mari, alors qu'elle n'avait que dix ans. Elle se rendait au petit magasin qu'il tenait pour faire ses emplettes et où elle le voyait souvent prier. "Je remarquais alors la placidité et la sérénité qui se dégageaient de lui. Lorsque je lui ai demandé quelle était sa religion, il me répondit : "Je suis musulman". Je lui ai alors demandé ce que c'était qu'être musulman."

Plus tard et avec l'aide de Bahta, elle se mit à étudier sérieusement l'islam. A dix-sept ans, après avoir achevé la lecture du saint Coran en arabe, elle se rendit compte que tout ce qu'elle avait lu lui paraissait logique.

Elle n'avait pas encore seize ans lorsqu'elle décida d'embrasser l'islam. "Lorsque j'ai prononcé l'acte de foi (chahadat), ce fut comme un lourd fardeau qu'on otait de mes épaules. J'ai senti comme si je venais de renaître."

Mais en dépit de sa conversion à l'islam, les parents de Mohamed, son époux, s'étaient opposés à ce mariage, car à leurs yeux c'était une étrangère qui conduisait leur fils aîné à la perdition et, partant, elle jetterait l'opprobre sur la famille et ternirait sa réputation. Le père la considérait, quant à lui, comme l'ennemi suprême.

Quoiqu'il en soit, Mohamed et Aicha se marièrent à la mosquée. A cet occasion, Aicha porta une robe de mariée tissée par la mère de Mohamed et ses sœurs qui assistèrent au mariage, contre la volonté du père qui refusa d'y prendre part. La grand-mère de Mohamed intervint pour frayer la voie à la conclusion du mariage. Elle arriva du Pakistan, où le mariage mixte est pratiquement proscrit, et demanda à voir Aicha. La rencontre avec cette dernière lui laissa une bonne impression, surtout lorsqu'elle apprit que Aicha a étudié le Coran et la langue du Pendjab. Elle s'efforça alors à convaincre les autres membres de la famille d'accepter le mariage. Aicha, qui a 35 ans aujourd'hui, fait désormais partie de la famille.

Bien que les parents de Aicha, Michael et Marjorie Rodgers, ont assisté au mariage, ils étaient davantage ennuyés par les vêtements que leur fille portait lors de la célébration (des vêtements pakistanais traditionnels composés d'un pantalon large et une longue chemise auxquels s'ajoutait le voile). Ils étaient surtout inquiets des commentaires de leurs voisins à l'égard de cet habillement dans un jour de mariage. Six ans après son mariage, Aicha entama la mission d'amener ses parents et les autres membres de la famille à embrasser l'islam.

"Nous nous sommes attelés, mon mari et moi-même, à convaincre mes parents à se convertir à l'islam, en leur parlant de cette religion, car ils ont constaté à quel point ma conversion m'avait transformée."

La mère de Aicha a embrassé effectivement l'islam et son prénom, Marjorie, devint Somaya. C'est aujourd'hui une musulmane fidèle à sa nouvelle religion, portant le voile et faisant ses prières. Elle ne se préoccupe désormais que de ses relations avec le Seigneur.

Quand au père, il prouvera que sa mobilisation dans les rangs des musulmans est une tâche plus ardue. Aussi Aicha a-t-elle recouru à sa mère, qui venait récemment d'embrasser l'islam, pour convaincre le père. Sa mère mourut plus tard, terrassée par le cancer.

"On parlait, ma mère et moi, de l'islam avec mon père. Un jour, nous étions à la cuisine lorsqu'il nous a surprit en disant : "Quels sont ces mots qu'il faut prononcer pour devenir musulman ?" Nous avions sauté sur lui de joie, car Dieu l'a éclairé. Trois années plus tard, c'était mon frère qui se convertissait à l'islam, par téléphone. Il fut suivi par sa femme et ses enfants, ainsi que par ma nièce.

"Je n'ai pas interrompu l'appel à Dieu après la conversion de la majorité des membres de la famille, poursuit Aicha. Je me suis tournée vers mes amis, mes connaissances et mes voisins. J'ai même organisé une classe, tous les lundi, pour enseigner le Coran et l'islam à ceux qui le désiraient parmi les habitants du quartier où j'habitais à Glasgow."

Il semblerait que l'islam est une religion qui convient aux femmes écossaises perplexes, qui recherchent la délivrance spirituelle et l'apaisement moral pour échapper aux tribulations de la vie. Trudy, conférencière à l'université de Glasgow, assiste aux leçons de Aicha dans le cadre d'une recherche dont elle est chargée sur les nouvelles musulmanes écossaises qui participent à ces cours. Six mois après, elle déclara son islamité.

"Les classes religieuses, nous dit Aicha, ont été très favorablement accueillies par les filles musulmanes, surtout celles qui sont séduites par le mode de vie occidental mais voudraient adhérer au mode islamique. Elles ont besoin d'apprendre à concilier entre les deux modes de vie. Elles aspirent, en outre, à la mise en place d'un forum ouvert où leurs problèmes peuvent être débattus, car de tels espaces n'existent pas dans les mosquées, d'autant que ces dernières sont dominées par les hommes qui laissent peu de latitude aux femmes de gérer leurs affaires conformément aux enseignements de l'islam.

"Pendant ces cours, ajoute Aicha, j'incite les filles à rechercher dans l'islam les réponses aux questions qui les obsèdent, car je n'attends pas à ce que les gens aient foi en l'islam s'ils ne le connaissent pas."

 

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