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Le
chanteur britannique Stevens abandonne la célébrité
illusoire et adopte
les
enseignements et préceptes de l'islam
Yussuf
Islam : "Mon fils écoute mes vieilles chansons et Moon
shadow est sa chanson préférée"
Poursuivons le périple religieux qui a conduit le chanteur
britannique Cat Stevens à embrasser l'Islam et à changer son
nom après une lecture attentive du saint Coran où il s'est
appliqué à comprendre ses sens, ses préceptes et ses
enseignements. J'ai eu maintes occasions de discuter avec
lui, tant en Grande Bretagne qu'aux Etats-Unis, des étapes
de son parcours religieux et de son action islamique,
notamment dans la prédication. Il me raconta une bonne
partie de ce périple, ainsi que ce que la presse occidentale
a écrit sur lui et sur son islamité, étayée de cassettes
audio et vidéo, afin que je puisse me faire une image
exhaustive de ces racontars.
Bien
que sa conversion date de 1977, soit depuis quelque 23 ans,
elle fut riche en expériences et c'est ce qui nous amène à
consacrer à l'expérience de cet homme, qui a renoncé à la
célébrité en faveur de sa nouvelle religion, un traitement à
part dans cet ouvrage pour conter les détails d'un trajet où
il mit au service de la prédication islamique son énergie,
sa réputation et sa fortune.
Cat
Stevens, qui s'est converti à l'islam à la Mosquée du Centre
culturel islamique de Londres (à Regent Park) en 1977, a
passé sa jeunesse dans la passion de la chanson et de la
musique, dans une totale indifférence à l'endroit de la
religion. Il n'empêche, cependant, que des interrogations
émergeaient, çà et là, sur certaines questions auxquelles ni
les ouvrages philosophiques ni les livres de religion
n'apportaient de réponses. Jusqu'au jour où son frère lui
offrit comme cadeau de Noël un exemplaire du saint Coran.
"Il m'a semblé, nous dit-il, à travers ma lecture du saint
Coran, trouver des réponses à ces questions qui me rendaient
perplexes. C'est par cette lecture que s'est amorcée ma foi
en Dieu et, partant, ma conversion à l'islam."
Le
frère de Stevens a, lui aussi, vécu cette expérience qui le
mena à l'islam. Ils ont mis tout en oeuvre, son frère et
lui, pour persuader leurs parents à embrasser l'islam, et
ils y réussirent. Leur père, dans sa jeunesse, était hostile
à l'islam et aux musulmans. Il se convertit deux jours avant
son décès.
Après
avoir déclaré sa conversion à la religion islamique, Yussuf
Islam a décidé immédiatement de changer le cours de son
existence, et de vivre conformément aux enseignements de
l'islam. "Le saint Coran rend l'intérêt usuraire illicite.
Aussi me suis-je précipité à retirer mes comptes en
placement usuraire pour les mettre dans des comptes licites.
Mon comptable juif était abasourdi par ma décision, ignorant
qu'il était des raisons qui me dictaient cette conduite. Je
lui ai alors expliqué que ma nouvelle religion m'interdit de
toucher l'intérêt usuraire produit par mes capitaux, et que
je voulais vivre en harmonie avec les préceptes de ma
nouvelle religion.
"J'ai
compris aussi que le Prophète (PSL) nous enseigne que le
chant et la danse doivent se confiner aux litanies et au
dhikr (invocation des noms de Dieu). J'ai donc décidé
immédiatement de mettre fin à mes activités musicales et de
focaliser mon attention sur la prédication islamique. J'ai
mis en place, à cet effet, un cercle d'études où nous
étudions, avec mes nouveaux frères musulmans de
Grande-Bretagne, notre situation et la manière dont il faut
suivre notre nouvelle religion tant dans son orientation que
dans ses principes, et comment éviter les interdits."
Un jour
qu'on lui demanda s'il avait la nostalgie de la musique et
du chant traditionnel selon la conception occidentale, il
répondit : "Non… bien qu'il m'arrive parfois d'écrire de
nouvelles chansons qui expriment ma recherche spirituelle et
mes aspirations morales."
Yussuf
a tenté vainement, avant sa conversion, d'interdire la vente
de ses disques et cassettes. "J'ai écrit à la société de
disques avec qui j'avais passé un contrat pour
l'enregistrement de mes chansons en vue de stopper la
production et la vente des disques et cassettes, mais sans
succès. Aussi la société a-t-elle poursuivi la production et
la vente des disques et cassettes des chansons que j'avais
chantées avant ma conversion, et qui continuent à trouver
des acheteurs parmi la jeunesse britannique et quelques pays
occidentaux.
"Ce qui
m'étonne, ajoute Yussuf Islam, est que les chansons
enregistrées au nom de Cat Stevens continuent à enregistrer
des ventes appréciables. "Cet étonnement vient du fait que
les jeunes continuent à écouter ces chansons, en vogue dans
les années 60 et 70. Même son fils les écoute, en
particulier, la chanson Moon Shadow (L'ombre de la lune). A
cet égard, Yussuf nous dit qu'il ne voit pas d'inconvénient
à ce que son fils les écoute, car il tient à savoir ce que
faisait son père avant. "Lorsque je rentre à la maison,
cependant, je leur demande d'éteindre le magnétophone."
Le
journaliste britannique Francis Welsh, de l'hebdomadaire
anglais Sunday Telegraph, lui demanda, dans l'édition du 20
février 1994, s'il était vrai que les musulmans tuent les
apostats (c'était l'époque où une fatwa ordonnant la mort de
l'écrivain britannique d'origine indienne, Salmane Rushdie,
a été lancée suite à la publication de son livre Les versets
sataniques), Yussuf Islam a répondu en riant : "C'est ce
qu'ils disent : mais ils devront s'attendre au pire le Jour
du Jugement."
Concilier islamité et célébrité n'était pas chose aisée pour
Yussuf Islam, mais il n'a pas hésité à faire le choix
difficile, à savoir, celui de renoncer au chant et à la
musique et de poursuivre le parcours de la foi. Mais ce
choix ne s'arrête pas là, car il s'agit pour lui de mettre
ses moyens au service de l'islam et à la propagation de
l'appel islamique. Devenir musulman, pour Yussuf, ne
signifie pas seulement de s'appliquer à respecter ses
obligations religieuses, mais aussi de combattre pour la
cause de Dieu et de ses frères en islam.
C'est
ainsi qu'aussitôt converti à l'islam, Yussuf intensifia ses
visites au Centre culturel islamique de Londres, écoutant
les leçons religieuses, lisant les principaux ouvrages
islamiques afin d'assimiler un maximum de connaissances. Il
sentit le besoin d'instituer des cercles d'études dans la
mosquée destinés à enseigner aux nouveaux musulmans de
Grande-Bretagne des matières d'ordre cultuels, à les aider à
préserver leur islamité et à se maintenir dans la bonne
voie, et dont il étendit progressivement les activités.
C'est à partir de ces cercles qu'il pensa à l'éventualité de
créer des écoles islamiques pour aider la nouvelle
génération de musulmans de Grande-Bretagne à acquérir une
éducation religieuse. Plaçant l'enseignement et
l'établissement d'écoles islamiques au centre de ses
préoccupations, il s'attela à la mise en place d'une école
expérimentale. Mais il était loin d'imaginer l'affluence et
le succès qu'elle allait avoir, ainsi que le souci des
parents musulmans à inscrire leurs enfants dans de telles
écoles afin de préserver leur identité religieuse et
culturelle.
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