|

Le
musicien britannique "Hoyt" renonce
à la
musique et à l'alcool et se réfugie dans l'islam
Ibrahim :
"Les mosquées britanniques sont devenues
des
quartiers asiatiques qui jettent la suspicion autant sur les
musulmans blancs que noirs"
Rien
dans la vie ordinaire du musicien britannique, Brian Hoyt,
n'avait suscité la curiosité de la presse et des
journalistes jusqu'au jour où un journal local de la région
où il habite a publié en première page un article sous le
titre "Brian se tourne vers Dieu", annonçant sa conversion à
la religion islamique. Dès cet instant la vie de Brian se
transforma en une vie peu ordinaire.
Nous
allons suivre le périple religieux qui a conduit Hoyt à
embrasser l'islam, à changer son nom qui devint Ibrahim Hoyt,
et à renoncer à la musique, à l'alcool et aux nuits
licencieuses, s'attelant depuis à se conformer aux
injonctions de Dieu et à éviter les interdits.
C'est
en 1981 que Brian Hoyt a décidé d'embrasser la religion
islamique, se joignant ainsi aux dizaines de milliers de
britanniques qui se sont convertis au cours des deux
dernières décennies, délaissant l'univers de la musique
tapageuse où il faisait partie d'un orchestre militaire. De
même qu'il a démissionné de la compagnie d'assurance où il
travaillait afin de s'employer exclusivement à l'appel à
Dieu et d'apprendre davantage les enseignements et les
préceptes de l'islam.
Hoyt
est né à South Shields, mais il ne sait rien sur la
communauté yéménite résident en ce lieu. Or c'est l'une des
plus anciennes communautés musulmanes de Grande-Bretagne qui
s'installa, au début de son immigration il y a plus d'un
siècle, au Nord-Est du pays.
"Il est
possible qu'avant d'embrasser l'islam, explique Hoyt, je fus
d'un racisme extrême. Cette religion m'a appris le sens de
la tolérance et de la miséricorde entre les gens. Elle m'a
libéré des vices du racisme, de la haine et de la brutalité.
"Je
pense qu'en raison de mes sentiments de racisme et de
radicalisme, je n'ai pas adressé la parole à un non blanc
pendant 21 ans. J'étais altièrement fier de ma peau trop
blanche, vivant une vie saine et aristocratique,
m'appliquant dans mon travail, à l'instar des habitants du
Nord britannique. Pour moi, le monde s'arrêtait à la ville
britannique de Middlesbrough, où j'ai grandi et vécu."
En tant
que musicien expérimenté dans un orchestre militaire, il lui
arrivait de participer à des concerts avec d'autres
formations musicales. Il se rappelle avoir joué en 1975 avec
le groupe Sting dans l'un des concerts donnés à Albert Hall
à Londres, dans le cadre d'un concours pour la sélection du
meilleur groupe de chanson au niveau national.
Après
sa participation à cette manifestation musicale, Hoyt se
rendit à Johannesburg, en Afrique du Sud, pour visiter Abda,
qui deviendra son épouse. C'est dans cette ville qu'il
amorça son périple religieux lorsqu'il se rendit dans une
mosquée et aperçu les gens de races et de couleurs
différentes priant côte à côte.
"Lorsque j'ai vu ce spectacle invraisemblable, dit Hoyt, je
me suis interrogé sur la réalité de l'islam. Qu'est-ce cette
religion à même de réunir en Afrique du Sud des gens de
toutes races, couleurs et origines ? A mon retour en
Grande-Bretagne, j'étais décidé à entamer des lectures qui
me permettront de connaître la religion islamique.
"Influencé par le spectacle des gens dans cette mosquée de
Johannesburg priant Dieu, je me suis dit que cette religion
devait comporter assurément un prodigieux secret capable de
réunir cette multitude dans l'amour de Dieu et de Son
Prophète et d'oublier leurs différends et leurs
dissimilitudes. Après une étude approfondie de la religion
islamique, j'ai décidé de déclarer ma conversion. J'ai
éprouvé une satisfaction et un bonheur indicibles, car Dieu
m'a guidé vers cette décision. Je me suis précipité à
raccrocher mes instruments de musique, à renoncer à la
boisson et à la fréquentation des bars, et à délaisser les
nuits turbulentes. Mais ma vie n'était pas pour autant
facile, car mon père était offusqué et agacé par cette
décision. Il pensait que je suis devenu pakistanais, car
pour lui, embrasser l'islam équivaut à changer en
pakistanais. Il ignorait que l'islam est la religion de Dieu
pour tous, Pakistanais autant que Britannique, car aux yeux
du Seigneur, ils sont tous égaux, ne préférant l'un à
l'autre qu'en fonction de sa foi. Nous avons finalement
convenu, mon père et moi, de ne pas aborder la question de
ma conversion à l'islam.
"Il
sera superflu de dire qu'avant ma conversion en 1981, il
était impensable que les Pakistanais fissent partie du
cercle de mes amis."
Il
serait superflu de rappeler que Hoyt vit au Nord de Londres
et qu'il avait travaillé pendant deux ans comme l'assistant
personnel du prédicateur islamique Yussuf Islam qui, avant
de se convertir à l'islam, était connu sous le nom de Cat
Stevens, un célèbre chanteur populaire. Hoyt travaille
actuellement au Conseil islamique de l'Enseignement de
Grande Bretagne. Il a été plus d'une fois en pèlerinage. Il
n'en demeure pas moins, cependant, que sa transition de la
culture occidentale à la culture islamique n'a pas été chose
facile.
"Cette
transition, nous dit Hoyt, est l'une des expériences
difficiles que doivent traverser les nouveaux musulmans
britanniques, en particulier les Blancs qui, lorsqu'ils
pénètrent dans une mosquée pour faire la prière voient
toutes les têtes se tourner vers eux pour les regarder,
uniquement parce qu'ils sont blancs. Or ces regards
comportent un certain degré de méfiance et d'interrogation
indéfinies.
Il est
d'autant plus étranger que les Britanniques en particulier,
et les Occidentaux en général, se méfient des nouveaux
musulmans blancs, comme si l'islam est une religion qui se
restreint uniquement aux Noirs et aux hommes de couleurs,
aux pauvres et aux classes inférieures de la société. Or la
vérité est tout autre, car cette religion s'adresse à tous
les êtres humains. Le Seigneur ne dit-Il pas à cet égard :
"O hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femme,
et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour
que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d'entre vous,
auprès d'Allah, est le plus pieux. "(Al-Hujurat, 13). Le
Prophète (PSL) a dit : "C'est par la piété que se distingue
un Arabe d'un étranger et un Noir d'un Blanc" et "Les
musulmans sont tous égaux comme les dents d'un peigne."
"Vous
remarquerez, ajoute Hoyt, que l'on ne regarde pas un frère
musulman qui pénètre dans la mosquée comme on observe le
musulman blanc, tout comme lorsque la curiosité pousse ce
dernier à s'introduire dans un quartier asiatique, surtout
que bon nombre de mosquées en Grande Bretagne ressemblent
désormais à des quartiers asiatiques, car celles-ci ne sont
fréquentées que par des groupes asiatiques, à l'exclusion
des autres communautés musulmanes britanniques.
"Les
musulmans noirs, qui constituent le véhicule principal de
ceux qui sont guidés vers l'islam dans les communautés
occidentales, font également l'objet des regards méfiants
des asiatiques dans les mosquées de Grande-Bretagne, en
particulier ceux d'origine indienne, pakistanaise et
bangladeshi."
Hoyt a
appelé les musulmans de Grande-Bretagne à oublier les
différences de couleur et de race, à s'attacher aux
enseignements de l'islam qui excluent ces différences. De
même qu'il a critiqué les musulmans anglais qui ne saluent
pas leurs frères musulmans de la salutation immuable de
l'islam, assalamou alaïkoum wa rahmatou Allah wa
barakatouh(1). Il a également critiqué certains Asiatiques
qui adoptent avec les nouveaux musulmans des critères fondés
sur leur propre culture asiatique qui refusent de les
traiter comme leurs frères de religion et de foi s'ils
refusent de manger le "piquant" ou de glorifier leur culture
asiatique.
Il
convient de signaler ici que beaucoup de musulmans
britanniques sont confrontés à ces problèmes interculturels,
en particulier les Blancs. Il existe de grands écarts et des
différences fondamentales entre la culture occidentale dans
laquelle ils ont grandi et leur nouvelle culture, la culture
islamique, qu'ils s'efforcent d'adopter dans la mesure de
leurs possibilités. Aussi ces nouveaux musulmans
britanniques (les Blancs) sont-ils partagés entre ces deux
cultures. Ils consentent d'énormes efforts afin de trouver
des points communs entre les cultures occidentale et
islamique et à les harmoniser.
(1)
Paix sur vous, ainsi que la miséricorde et les bénédictions
d'Allah.
|