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La conversion à l'islam d'un écrivain américain de mère chrétienne

et de père juif

Michael Wolfy : "J'ai passé un moment à Marrakech à apprendre les rites du pèlerinage et les musulmans

étaient hospitaliers et généreux "

 

La saga religieuse qui a conduit l'écrivain américain, Michael Wolfy Sicter, à l'islam est différente de celles que nous avions abordées dans cet ouvrage. Celle que nous racontons dans le présent chapitre se distingue par le fait qu'elle intègre les trois religions célestes, car sa mère est de profession chrétienne, son père est juif et Michael est musulman. Examinons donc le périple de Sicter afin de mieux percevoir ses ramifications et ses sentiers.

Sicter savait qu'il ne pouvait avoir accès, quel qu'en soit le moyen, à la Ka'aba de la Mecque sans sa conversion à l'Islam, car le Saint Sanctuaire est interdit aux non musulmans. Aussi était-il décidé, dès sa conversion, à se rendre à la Mecque pour accomplir le pèlerinage, qui est l'un des cinq piliers de l'islam, et de voir la Ka'aba, vers laquelle s'orientent plus d'un milliard de musulmans, cinq fois par jour, pour accomplir leurs prières. Sa conversion lui permit ainsi de concrétiser un vieux rêve en se rendant à la Mecque avant d'entamer la rédaction d'un ouvrage sur l'itinéraire religieux vers les lieux saints, intitulé Le Pèlerinage à la Mecque, en langue anglaise, où il décrit avec force détails ce périple et passant en revue les aspects majeurs des principaux rites afférents au pèlerinage.

Dans ce livre, Michael Wolfy décrit la scène cinématographique montrant Richard Burton s'infiltrant subrepticement à l'intérieur de la Ka'aba, au centre du Saint Sanctuaire à la Mecque, qu'il n'en reste pas moins une action héroïque car il s'exposa au danger et si les musulmans avaient découvert sa fourberie, ils l'auraient tué. Michael n'a cependant pas eu besoin de se déguiser pour pénétrer dans le Saint Sanctuaire et suivre la procession autour de la Ka'aba, car c'est un musulman dévoué à sa religion, à l'instar des autres musulmans de cette ville sainte.

En se convertissant à l'islam, Michael Wolfy renonçait ainsi à la religion chrétienne de sa mère et à la religion israélite de son père. L'équivoque et le mystère dont les moines entourent le Christ (PSL) l'ont éloigné du christianisme, tout autant que le particularisme que les juifs confèrent à la religion hébraïque. Il a trouvé que l'islam se distingue par sa clarté et son ouverture, car c'est la religion d'Allah, laquelle est fondée sur un référentiel bien établi, à savoir le Livre de Dieu et la Sunna de Son Prophète (PSL), d'autant que le Livre Saint n'est pas en opposition avec la méthodologie scientifique qui prône l'étude de la création et de l'univers aux fins d'élucidation.

Lorsque Michael a informé l'un de ses amis arabes de son héritage spirituel christiano-judaïque qu'il a hérité de ses parents, son ami s'écria : "Mon ami, tu as combiné en ta personne les trois religions révélées. "Ceci le rendit encore plus humble et modeste.

Michael Wolfy assure qu'il n'a de cesse de déclarer que : "Je suis un homme ordinaire qui a hérité d'une double religion céleste de ses parents. Mon problème n'est pas avec Moïse ou Jésus. J'ai atteint avec ces deux religions l'extrême du supportable. Une voix intérieure m'appelait à changer de religion et m'aida dans cette orientation."

Après sa conversion, Michael songea sérieusement à accomplir le cinquième pilier de l'Islam, à savoir le pèlerinage à la Mecque pour ceux qui en ont les moyens. Ce pilier succède à celui de la profession de foi, la chahadat, à savoir qu'il n'y a qu'un seul Dieu et que Mohamed est l'Envoyé de Dieu, l'accomplissement de la prière, l'octroi de la Zakate et le jeûne du Ramadan. Il prit sa décision, et se prépara à aller à la Mecque et à quitter sa maison de Californie.

Michael se rendit au Royaume d'Arabie saoudite en passant par le Maroc. La première partie de son livre Le Pèlerinage à la Mecque décrit la joie et l'allégresse qui ont empreint son séjour parmi les Marocains avant de se joindre au contingent des pèlerins marocains. C'est à Marrakech qu'il a entamé les préparatifs du pèlerinage, conformément aux enseignements de sa nouvelle religion. "Je suis resté à Marrakech plusieurs jours à apprendre les rites du pèlerinage. Les musulmans étaient avec moi d'une grande bonté et amabilité, et d'une infinie générosité."

Lorsqu'il se trouva pour la première fois dans le Saint Sanctuaire, au milieu de quelque 300 mille Musulmans venus effectuer le "tour de l'arrivée"(*), Michael ressentit cette crainte révérencielle que dégage le Lieu saint. Il dit : "En dépit de toute cette foule, le calme régnait en ce lieu. Je n'ai pas plus sentit la compacité de la foule que son agitation." Il décrit dans son livre cette scène grandiose où il éprouvait l'extase de cette atmosphère hautement spirituelle.

L'ouvrage aborde également l'architecture et l'extension de ce haut lieu de l'islam afin d'accueillir le nombre croissant de visiteurs. Il s'intéresse également aux opérations de modernisation et d'extension entreprises par le gouvernement saoudien dans les Saints Sanctuaires, ainsi que des nouvelles technologies mises à contribution dans les domaines de la communication, du compactage des routes, de l'établissement des tunnels et des ponts, ainsi que l'amélioration des transports menant aux lieux saints, et ce, pour le bien-être des pèlerins et leur confort. Il souligne que le gouvernement saoudien œuvre inlassablement en vue d'atténuer la congestion et d'éviter les accidents, surtout lors du rite de la lapidation(*).

Michael Wolfy a donné, avec son souci du détail, une description minutieuse de la Ka'aba et du Sanctuaire, ainsi que de la ferveur religieuse pour dépeindre aux non musulmans la Maison de Dieu, mettant l'accent sur la Ka'aba et les "sept Tours" autour d'elle. Il eut souhaité cependant voir celle-ci de l'intérieur.

Ce pèlerinage fut, pour Michael, la concrétisation d'un vœu longtemps caressé, qu'il a pu réaliser après sa conversion à l'islam. Il estime que cette conversion n'est pas venue combler un quelconque vide spirituel, mais le libérer d'un désordre suscité par l'héritage spirituel. C'est ce désordre qui l'a conduit, en fin de compte, à étudier et à comparer la religion islamique et les autres religions. L'islam lui a apporté la foi et la quiétude, et la réalisation de son vœu de visiter la Maison de Dieu.


 (*) (NDT) Il s'agit de rîtes liés à l'accomplissement du pèlerinage.

  

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