La Foi islamique(Etude pour la correction des informations erronéesparues dans l’Encyclopédie de l’Islampubliée par la maison d’édition Brill, de Leiden) |
||
![]() |
XV. Nécessité de distinguer entre ce que les savants affirment dans leurs débats avec leurs détracteurs,et leur foi réelle Il arrive que certains savants aient recours à ce qu'il est convenu d'appeler “ la réfutation du faux par le faux” sans qu'ils soient nécessairement convaincus de ce qu'ils avancent et ce, dans le but de mettre leurs détracteurs au pied du mur. C'est ce que j'ai personnellement saisi quand j'ai eu à prendre connaissance des controverses de nos anciens et vénérables savants qui -lorsqu'ils avaient affaire aux athées, aux Djahmites, aux analogistes, aux corporéistes et aux exégètes- avaient recours à des moyens linguistiques et des interprétations qu'on ne leur reconnaît pas en temps ordinaire. C'est ainsi que le vénérable Imam Ahmad Ibn Hanbal-quand il a eu de vives discussions avec les mécréants et les Djahmites au cours desquelles ils lui avaient apporté des preuves puisées dans certains versets coraniques et dires du Prophète-fut contraint d'interpréter les textes selon les thèses soutenues par Hanbal. Or, il est de notoriété publique qu'Ahmad -que Dieu ait son âme- n'avait jamais recours à l'interprétation. Il ne faut donc pas aborder la vraie pensée des savants à travers ce qu'ils ont déclaré comme idées lors de leurs débats. L'on sait par exemple, qu'Al Ach'arî a combattu les Mu'tazilites en usant de leurs propres armes alors que dans la réalité, il épousait totalement la foi des pieux Anciens comme on peut s'en rendre largement compte dans l'ouvrage intitulé “Al Ibânatu”(210) Nul doute que les moments de discussion et de polémique enfantent un discours qui leur sont propres, qui n'est pas nécessairement celui des moments où les esprits sont calmes et sereins. Il faut donc se garder de confondre les deux discours, car beaucoup de savants scolastiques changent la portée idéologique de leur discours selon les situations et les interlocuteurs. Il faut donc être prudent quand il s'agit d'exposer leur véritable pensée. Le fidèle et sa foi en Dieu le Très-Haut Nous avons déjà abordé la méthode scientifique dans la compréhension du dogme islamique et nous avons démontré que ce dogme ne peut être puisé que dans ses sources limpides, à savoir le Livre sacré et la Tradition authentique. Le Saint-Coran a démontré que la foi du Musulman réside dans sa croyance en Dieu, par conviction totale, et dans son adhésion complète au Très-Haut, Créateur de l'Univers. Dieu est la seule divinité qui doit être adorée, car il n' y a d'autre divinité que Dieu, le Vivant, le Subsistant, l'Eternel, l'Audiant, le Voyant, le Seul, l'Unique qui n'a point d'associé ni à Son essence, ni à Ses attributs, ni à Ses actions. “Rien ne lui est comparable”. Il est l'Un, l'Unique et l'Absolu. “IL n'a pas engendré et n'a pas été engendré. Nul n'est à même de l'égaler”. Il est le Premier, le Dernier, l'Apparent, le Caché. Il est au courant de tout.(211). “Il sait ce qu'il y a dans la terre et ce qui en sort, ce qui tombe du ciel et ce qui' y bouge”. “Il détient les clefs de l'inconnu, Lui seul peut en percer le mystère. Il connaît ce que recèle la terre en son sein, l'océan dans ses abîmes. Nulle feuille ne choit sans qu'il le sache. Il n'est point de germes dans les entrailles du sol, ni de brindille verte ou desséchée qui ne soient dénombrés dans un livre explicite”(212) Dieu s'est décrit Lui-même dans une illustre sourate, celle de “la Foi pure” où il dit : “Dis : Il est Dieu, l'Un Dieu l'Absolu Il n'a pas engendré et n'a pas été engendré Nul n'est à même de l'égaler” Il a également décrit son essence dans un célèbre verset où Il dit : “Dieu! Il n' y a de Dieu que Lui! Dieu vivant, animateur de l'Univers. Point de prise n'ont sur Lui l'assoupissement, ni le sommeil. Tout dans les cieux et sur la terre Lui appartient; nul, hors sa permission n'intercèdera près de Lui. Il sait tout du présent et du passé des êtres, et ils n'appréhendent rien, en vérité, de Sa Science, hors ce qu'Il veut leur concéder. Son trône s'étend aux cieux et à la terre. Il les tient sans peine l'une et les autres sous Sa puissance. Il est l'Auguste, l'Infini”(213) A Dieu les beaux Noms et les plus nobles attributs que le Saint-Coran et la Tradition authentique se sont chargés d'évoquer. Dans la description qu'Il s'est faite de Lui-même, Dieu a affirmé a Sa Personne des attributs et Lui en a nié d'autres. Il a donc réuni entre la négation et l'affirmation. “Rien ne lui est comparable. Il entend tout, voit tout”(214). Dans le même ordre d'idées ,des Hadîths authentiques ont affirmé à Dieu l'existence de certains attributs. Le fidèle croit à ces attributs que reconnaissent le Saint-Coran et la Tradition authentique. Il les entend dans leur sens obvie, mais d'une façon qui convient à la Majesté de Dieu, loin de toute idée anthropomorphique, sans déformation et sans se poser des questions sur leur “comment”, car celui- ci nous est inaccessible comme on l'a déjà vu.(215) Il y a idée d'affirmation des attributs quand Dieu Dit de Lui-même qu'Il “est au courant de tout” et il y a l'idée de négation quand il dit “Point de prise n'ont sur Lui l'assoupissement, ni le sommeil”. Ce qu'il faut souligner ici c'est que la négation sert à exprimer l'éloge quand elle comporte l'idée d'affirmation de cet éloge. Aussi Dieu fait-il l'éloge de Lui-même quand Il se décrit comme n'ayant pas telle ou telle chose. Quand, par exemple, Il dit que “Point de prise n'ont sur Lui l'assoupissement, ni le sommeil”, il exprime par là la perfection de Sa Vie et Sa Responsabilité sur toute chose existante. Ce verset complète, par conséquent, ce qu'Il dit, ailleurs, de Lui-même quand Il se décrit comme étant “Le Vivant, le Subsistant”…De même lorsqu'Il dit :“Il tient sans peine l'une et les autres sous Sa Puissance”, Il exprime Son Aptitude à tout gérer sans aucune peine et cela est nécessaire à l'expression de la perfection de Sa Toute-Puissance. Par contre, pour être capable d'accomplir une action, la créature a besoin d'un effort pénible. Quand Dieu dit également :“ Ne Lui échappe guère le poids d'un atome, ni dans les cieux, ni sur la terre,” on comprend que sa Science lui permet d'être au fait du moindre atome, que celui-ci soit dans les cieux ou sur la terre. De même quand Il dit :“Il n'est point perçu par les yeux”, Il exprime Son Existence et Son Omniprésence, mais Il ne saurait être cerné par les yeux. C'est la raison pour laquelle Il a nié la possibilité qu'Il soit cerné, mais non la perception, car le néant ne peut être perçu, et échapper à la vue n'est pas un éloge, mais le fait que l'homme ne peut le cerner est l'expression de l'affirmation de la Majesté divine.(216) Quand les pieux Anciens parlent du sens exotérique (comprendre les attributs dans leurs sens exotérique), ils visent évidemment le sens propre des termes, mais avec cette remarque que ce sens doit être attribué à Dieu et à Sa Majesté. Il ne s'agit donc pas du sens exotérique que l'on attribue aux créatures pour exprimer les choses concrètes du monde sensible. Le sens provient du vocable tel qu'il se présente dans son contexte et dans son environnement linguistique et textuel. Le sens exotérique de “Dieu est Audiant” est que Dieu a réellement une ouïe, mais qui ne ressemble en rien à la nôtre qui s'accomplit par l'oreille. L'ouïe de Dieu Lui convient et nous ne savons pas comment elle se présente, car Dieu nous a bien démontré que “Nul ne Lui est comparable”. Sur un autre plan, le Saint-Coran ou la Tradition ont parlé de cet attribut en utilisant le vocable “ouïe” dans son sens propre et cela ne saurait être interpété comme étant de l'hérésie ou de l'inanité. C'est cela ce qu'on doit répondre à celui qui dit:“Si c'est bien le sens exotérique qu'on doit comprendre dans certains versets et Hadîths relatifs aux attributs, on sera acculé à l'anthropomorphisme, c'est à dire à la comparaison de Dieu avec Ses créatures”. C'est une hérésie et celui qui croit que le fait de parler des attributs divins au sens exotérique signifie qu'il s'agit d'attributs tels que l'on rencontre chez les créatures, se trompe énormément. Ce sens obvie n'est pas celui qu'il faut comprendre. Ce qu'il faut comprendre en fait, c'est que, par ce sens exotérique, on parle de Dieu, de ce qui Lui sied et de ce qui est spécifique à Sa Grandeur. On est donc tenu à garder cet emploi du sens obvie et on n'a le droit de ne plus en tenir compte que s'il y a une raison valable qui prouve qu'il n'est pas exact. Or, il n' y a rien, ni du côté de la raison, ni de celui de la Tradition, qui incite au rejet du sens obvie des attributs, car tant que l'essence de Dieu n'est pas identique à celle de Ses Créatures, tous Ses attributs essentiels, d'action et d'information sur Sa Personne n'ont eux non plus, rien d'identique avec les attributs de Ses créatures comme cela a été vu en détail, à propos de cette problématique fondamentale relative à la croyance à l'essence et aux attributs divins. L'essentiel reste de faire de cette croyance notre pratique quotidienne, notre éducation, notre comportement et surtout, d'exploiter l'apport de chaque attribut afin que la croyance qu'on en a puisse être efficace et avoir un impact positif sur notre vie. Pour s'exprimer autrement, il faut agir à la lumière des exigences de cette croyance ou pour parler à l'instar des rhéteurs, nous voudrions que la manière avec laquelle nous considérons les attributs soit sage, comme ces rhéteurs le déclarent eux-mêmes en citant ce verset : “Que peuvent signifier les phases de la lune ? Vous est-il demandé. Réponds : c'est un moyen pour les hommes de mesurer le temps et de fixer l'époque du pèlerinage”(217) Les gens dont parle le verset, ont demandé au Prophète (sur lui la prière de Dieu) des explications sur les phases que la lune traverse, l'intérêt et le bénéfice qu'on tire de la pleine lune et de son absence, la raison qui fait que la lune est un croissant au début du mois, et qu'elle prend des dimensions plus grandes au fur et à mesure que les jours passent…Dieu leur a démontré l'intérêt qu'ils en tirent, à savoir la gestion du temps, la reconnaissance des différentes périodes du mois, le moment où doit s'accomplir le pèlerinage et il leur a signalé que leur interrogation sur le but et l'intérêt des phases lunaires convenait beaucoup plus à leur situation que le fait de chercher à avoir des informations sur des détails anodins. Il était donc préférable pour eux de s'interroger sur le but et la sagesse du cycle lunaire afin qu'ils puissent profiter de la réponse sur un plan purement pratique… C'est là la démarche qu'adopte le Saint-Coran dans l'éducation du Musulman. Il en est ainsi en ce qui concerne la question des attributs divins dont le but majeur doit consister à amener les gens à y croire en toute sincérité sans tomber dans le travers du sophisme et des discussions philosophiques inutiles comme cela a été le cas des scolastiques qui ont fait du rapport de l'essence et des attributs divins une question cruciale, soulevant autour d'elle une grande polémique, vaine et oiseuse, dont la Umma en a pâti à cette époque, comme d'autres peuples en ont pâti auparavant, mais Dieu les a ruinés. La Umma, à cause de cette question, s'est donc livrée à de rudes batailles théologiques et s'est divisée en sectes et partis. Les événements ont même pris des tournures dramatiques avec la torture de savants attachés à leurs idées à l'instar du Vénérable Imâm Ahmad Ibn Hanbal, du savant Al Bowaytî et de bien d'autres, ce qui engendra des querelles obscurantistes qui ont détourné la Umma de son véritable objectif: l'édification de la civilisation islamique. Nous avons donc intérêt à tirer des leçons de ces événements dramatiques. Nous avons à en tenir à la démarche qu'adopte le Saint-Coran face à la croyance aux attributs afin que nous puissions en tirer profit dans notre comportement et dans notre action. Il faut que nous cherchions à voir plus clair -non pas dans la relation entre l'essence et les attributs- mais bien dans la relation entre l'homme et son Créateur et ce, à travers l'analyse de la pertinence de chaque attribut, de ses bienfaits et effets, de ses exigences et de ses implications. Dans leur nature véritable, les attributs divins renseignent l'être humain sur la façon qu'il se doit de suivre pour adorer Dieu et sur celle de se faire aider par Lui. Ils le renseignent également sur l'essence de Dieu, Sa perfection et Ses qualifications Sublimes qui ne souffrent d'aucune imperfection. Autrement dit, ces attributs sont l'expression de l'unicité de Dieu, de Sa Seigneurie, de Sa souveraineté et de Sa Divinité. Tout doit être remis à Dieu et tout doit lui être soumis. Chaque atome, dans ce monde, chaque décision, chaque création, etc., Dieu en est la Cause Première, l'Emanation et Il en est le Refuge Suprême. Tout, par conséquent Lui revient. L'adoration de l'homme, sa soumission, sa prière, son invocation doivent être adressées à Dieu seul. Aucune génuflexion, aucune prosternation, aucune inclination de quelque ordre qu'elle soit ne doivent être adressées à quelqu'un d'autre que Dieu. C'est en suivant cette voie que l'homme aura la tête haute et la conscience tranquille. Il acceptera donc son sort sans broncher et il saura supporter courageusement toutes les peines qui l'accablent et exprimer, en toute humilité, sa reconnaissance pour les bienfaits dont Dieu le comble. Ainsi n'aura t-il aucun regret pour ce qui est révolu, ni aucune joie pour ce qui se produira dans l'avenir : “ Ainsi ne regrettez pas un bien qui vous échappe, ni ne vous réjouissez à l'excès de celui qui vous échoit”(218). Toutes ces nobles valeurs se trouvent résumées dans cette parole emblématique de l'Islam : “Il n' y a d'autre divinité qu'Allah” et sont explicitées dans la sourate “l'Ouvertue” que Tout Musulman se doit de réciter à chaque génuflexion dans ses cinq prières quotidiennes comme le veut Dieu le Très-Haut : “ Louange à Dieu, Souverain Maître de l'Univers, Le Clément, le Miséricordieux, Arbitre Suprême du Jour du Jugement, Toi seul adorons, de Toi seul implorons le secours”. C'est pour cela que le Musulman visant à réaliser la plénitude du sens de la Divinité et de la Seigneurie, veille, avant toute chose, à mettre en exécution les exigences de ces valeurs. Pour ce faire, il s'en remet totalement à Dieu qu'il implore : “Dirige-nous dans le droit chemin”. Quiconque à une profonde croyance en l'unicité de Dieu et dans Sa Seigneurie verra se réaliser en lui-comme résultat de cette croyance- la symbiose de l'âme humaine. Tous ses penchants et ses sentiments seront à l'unisson avec sa bonté naturelle. Sa vie sera sans problèmes et toutes ses aptitudes et ses facultés morales et intellectuelles se conjugueront pour accomplir -sans hésitation, ni perplexité- les tâches qui lui incombent ici-bas, car elles tendent toutes vers un seul objectif et se soumettent toutes à un Dieu unique, Tout-Puissant et Maître de l'Univers. Quant au mécréant, il est constamment balloté entre des sentiments contraires. Sa bonté naturelle someillant dans son associationnisme lui dévoile, parfois, la nécessité de croire en un Dieu unique, notamment dans les moments d'affliction et de grande détresse. C'est alors qu'il implore Dieu, lui avouant fidélité en religion. Une fois sauvé de sa détresse et de son malheur, il renoue avec ses habitudes païennes et ses idylles avec ses nombreuses idoles. Tantôt il fait de sa tentation son dieu favori, tantôt ce sont la gloire, l'argent et les plaisirs… C'est ainsi qu'il se trouve tiraillé entre diverses tendances. Pareil individu pourrait-il être comparable à un homme dont la vraie religion s'est emparée de son coeur et qui a saisi le véritable sens da sa vie ici-bas : l'adoration d'un Dieu unique ? “Dieu vous propose en parabole un homme réduit à l'esclavage : il se trouve à la merci de plusieurs maîtres associés, se disputant sans cesse ses services, tandis qu'un autre esclave, son semblable, n'est soumis qu'à un maître unique. Leurs deux sorts seraient-ils identiques ? Dieu soit loué ! Trop peu d'hommes sont à même d'en décider !”(219). Il en est de même pour les Noms du Très-Haut et Ses attributs tels “ l'Omniscient”, “l'Audiant”, “le Clairvoyant”, “le Pardonneur”, jusqu'au dernier des Ses Beaux Noms et de Ses sublimes attributs. Le Musulman doit longuement réfléchir sur chaque attribut pris à part. Il doit y croire et s'en servir dans ses prières et ses implorations. Il doit, en plus, en tirer profit sur les plans éducationnel et comportemental et notamment pour consolider ses rapports avec le Très-Haut. C'est à cela que fait allusion ce verset coranique : “A Dieu les plus Beaux Noms, servez-vous en dans vos prières”. Ainsi, quand tu solliciteras la grâce divine, tu appelleras Dieu par ses Noms :“Le Pardonneur”, “Celui qui ne cesse d'absoudre” (al ghaffâr) et c'est sûr que tu l'auras. Puis tu l'appelleras par son Nom “Le Miséricordieux” et tu auras à coup sûr la miséricorde divine. Le Prophète (sur lui la prière de Dieu) a dit : “ Ceux qui ont pitié des gens, Dieu leur octroiera Sa Miséricorde. Ayez pitié de ceux qui vivent sur terre, vous aurez la Miséricorde de l'Etre Transcendant”. Là gît probablement le secret qui fait que Dieu a attribué à l'homme quelques-uns de Ses Noms comme le Savant, le Magnanime, le Clément, le Miséricordieux, etc… C'est pour cela que le Prophète (sur lui la prière de Dieu) dit dans un Hadîth authentique : “Dieu possède quatre vingt dix neufs Noms. Cent moins un. Quiconque en fera le recensement ira au paradis”. Dans une version de Muslim, on a “… Quiconque les mémorisera…”. C'est le sens à donner au vocable “le recensement”. Nul doute que la mémorisation ici signifie que le Musulman doit connaître ces Noms, les réciter de mémoire, s'en servir pour invoquer Dieu et s'en rapprocher. C'est ce que faisaient les vénérables Compagnons du Prophète. Sitôt qu'ils avaient appris dix versets coraniques, ils entreprenaient d'en saisir le sens profond et de mettre en pratique le message qui y est véhiculé, comme on l'a déjà vu. Ils adoptaient la même attitude face aux Beaux Noms de Dieu et à Ses Sublimes attributs.(220) C'est à travers les attributs divins que s'ancrent dans le coeur du Musulman une forte croyance et une profonde foi et que se réalisent en lui de belles idées, des idéaux sublimes et des valeurs d'une grande noblesse. Ainsi par exemple, c'est à travers la conviction profonde que c'est Dieu qui décide de tout, qu'Il est Celui qui donne et ôte la vie, Lui, le Subsistant, Celui dont dépendent la vie de l'homme et sa subsistance, c'est à travers cette conviction-là que la personnalité du Musulman acquiert sa force, sa vigueur et son optimisme. Ces vertus étant acquises, le Musulman ne craint que Dieu et, pour la cause de Dieu, il est prêt à tout affronter. C'est ce qui le pousse à faire face à l'oppression et à tenir tête aux oppresseurs, n'ayant aucune crainte de la mort ou d'une coupure éventuelle des vivres. Le Musulman n'a pas peur de la mort. Il est toujours prêt à rejoindre les champs de bataille, car il est fortement assuré que sa présence dans ces lieux ne précipitera pas sa mort. La mort n'arrive qu'une seule fois. Sa date ne peut être avancée, ni être reportée. Il en est de même du reste des attributs. En outre, il faut noter que les attributs divins se meuvent entre la Majesté et la Beauté, la Clémence et le Pardon, l'Assistance et la Charité, la Toute-Puissance et la Domination, l'Orgueil et l'Omnipotence. Quand les attributs de la Toute-Puissance, de la Domination et de la Rigueur sont évoqués, l'humilité du Musulman est à son comble. Son coeur palpite. Il a la chair de poule et le besoin d'invoquer Dieu se fait profondément sentir chez lui. Quand Dieu dit que Son châtiment est sévère et que Son jugement est celui d'un Tout-Puissant, le Musulman tremble de peur et de crainte. Son coeur s'emplit de chagrin et les larmes lui viennent aux yeux à la pensée du Jour du Jugement Dernier. Quand il médite sur les attributs de la Beauté, de la Miséricorde, du Pardon, de la Bienfaisance, de la Charité, de la Grâce, le Musulman aspire davantage au pardon et à la Miséricorde divines, et vit toujours entre la crainte et l'espoir. C'est ce que Dieu veut dire dans ce verset où il décrit les croyants sincères : “Seuls croient vraiment à Nos révélations, ceux qui se prosternent, en signe d'adoration, lorsqu'on leur en fait mention, célèbrent la louange de leur Maître et se dépouillent de tout orgueil. “ Leurs flancs s'arrachent à leurs couches : ils prient leur Maître, mus de crainte et d'espoir envers Lui, et distribuent en aumônes une partie de ce dont Nous les avons pourvus”.(221) Le Saint-Coran est la parole de Dieu où Il se présente à Ses serviteurs auréolé de Ses attributs. Tantôt, Il apparaît dans Sa Grandeur majestueuse. Les échines alors se plient, les âmes se rapetissent, les voix s'émeuvent et l'orgueil disparaît et fond à l'instar du sel dans l'eau. Tantôt Il apparaît dans Sa Beauté et Sa Perfection. C'est alors que le coeur du fidèle se vide complètement pour ne se remplir que de l'amour et de l'attachement à cette Beauté et à cette Perfection… L'amour du fidèle émane spontanément du fin fond de son coeur et il n'a rien d'artificiel. Quand Dieu apparaît dans Sa Miséricorde, Sa Bonté, Sa Générosité, Sa grâce, la force de l'ardeur jaillit du coeur du fidèle. Son espoir se déploie, ses espérances grandissent et toutes ses prières et ses implorations sont adressées au Très-Haut. Et plus l'espoir grandit, et plus le fidèle s'active au travail. Quand Dieu se présente à travers Ses attributs du Justice, de Punition, de Colère, de désapprobation, de Châtiment, les esprits pervers se recroquevillent et voient leur appétence vers le désir, la violence, le libertinage et les interdits divers diminuer ou disparaître. On ne lâche plus alors la bride à ses folies. La peur, la crainte et la prudence s'installent définitivement dans les coeurs. Quand Dieu se présente à travers Ses Commandements, Ses interdits, Son engagement, Ses conseils, l'envoi de Ses Prophètes, la révélation de Ses livres sacrés, l'instauration de Ses Lois, on est pris par une forte envie de se soumettre à Ses commandements, de les mettre en pratique, de les divulguer, de les recommander à autrui, de les réciter et de les avoir constamment à l'esprit. Ce message-là est tenu pour vrai. On sy conforme et tout interdit est évité. Quand Dieu se présente à travers les attributs de l'ouïe, de la vue et de la science, un fort sentiment de pudeur émane de l'être humain. Celui-ci éprouve de la honte à l'idée que Dieu le voit mal agir ou qu'il entend de lui ce qu'Il déteste ou qu'Il le désapprouve pour quelque chose qu'il garderait en secret. C'est ce qui fait que ses actions, ses paroles et ses pensées ne sont point mues par le hasard et les caprices, mais sont, au contraire, passées au crible de la loi divine avant qu'elles ne se dévoilent. Quand Dieu se présente à travers les attributs de la Générosité, de l'Amour, du Souci de satisfaire aux besoins et à la subsistance de Ses serviteurs et de les protéger contre les affres de l'existence ici-bas, le fidèle se voit contraint de s'en remettre à Lui, de tout Lui déléguer et d'accepter tout ce qui provient de Lui et qu'Il accomplit selon Ses désirs. Quand Dieu apparaît à travers les attributs de la Toute-Puissance et de l'Orgueil, l'âme sereine du fidèle livre tout ce qu'elle recèle comme humilité à Sa Grandeur, se fait petite face à Son Orgueil. Le coeur plein d'émotions, le fidèle est gagné dans tout son corps par un sentiment de sérénité et de respect totat.(222) L'unicité divine L'unicité divine est l'un des piliers les plus importants de la foi authentique. Elle fut l'objet de la mission des Prophètes et fut divulguée par toutes les Ecritures Sacrées, depuis le premier apostolat jusqu'à la dernière révélation : “ Il n'y eut pas un Envoyé avant toi à qui il ne fût révélé : “Il n'y a pas d'autre dieu que Moi. Que l'on M'adore”(223) “ Il institue pour vous, en fait de religion, ce qu'Il avait prescrit à Noé, ce qui t'est révélé à toi-même, ce qui fut donné auparavant à Abraham, à Moïse, à Jésus. “Acquittez-vous, leur fut-il prescrit, du culte du Seigneur ! N'en faites point, entre vous, un sujet de division!Combien doit être dure pour les païens cette foi à laquelle ils sont conviés.”(224) A noter ici que le paganisme a été le plus grand problème que l'Humanité a eu à endurer. les Envoyés de Dieu ainsi que leurs peuples en ont souffert. Le fait est que la plupart des gens sont des croyants, mais ils ont ce vice d'associer à Dieu d'autres divinités, de grande ou moindre importance : “La plupart d'entre eux ne croient en Dieu qu'en Lui associant leurs idoles.”(225) Ce qui est signifié par “l'unicité divine”, c'est le fait de considérer Dieu comme étant l'Unique Divinité dont l'essence, les attributs et les actions ne peuvent avoir aucun associé. Dieu est l'Un, l'Unique, l'Être Eternel dont “rien ne Lui est comparable”. Il est le Seul responsable de tout. La création est Son oeuvre et c'est grâce à Lui qu'on peut espérer le salut. L'adoration doit Lui être adressée, à Lui tout seul, Lui qui n'a moint d'associé, ni dans ce qu'Il crée, ni dans ce qu'Il décide. L'unicité divine implique l'unicité en trois choses : l'unicité de l'essence et des attributs de Dieu, l'unicité de Sa Divinité et l'unicité de Sa Seigneurie absolue.(226) 1. L'unicité de l'essence et des attributs C'est la croyance que Dieu est Un, qu'Il n'a pas d'associé et que personne ne Lui ressemble, ni dans son essence, ni dans Ses attributs. “ Rien ne Lui est comparable”. Cette unicité est si bien formulée dans la sourate “la Foi pure”, dans l'invocation (verset) dite du Trône et dans bien des versets coraniques et de Hâdiths du Prophète, comme on l'a déjà vu. 2. L'unicité de la Souveraineté absolue Par l'unicité de la Souveraineté absolue on entend qu'il revient à Dieu seul d'être le Maître de l'Univers, qu'Il est le Créateur, le Souverain, l'Intendant, le seul qu'on doive louer, remercier, implorer, prier et craindre. Beaucoup de gens, même les polythéistes parmi eux, croient à cette forme d'unicité et reconnaissent que Dieu est le Créateur de toute chose. Dieu dit, d'ailleurs, à propos de la foi ambiguë des païens : “Si vous leur demandez :“Qui donc vous a donné la vie?”, ils répondront :“C'est Dieu”. “Qui donc pour vous faire subsister, vous procure les dons du ciel et de la terre ? Qui peut disposer à son gré de l'ouïe et de la vue des hommes ? Qui fait surgir le vivant du mort et le mort du vivant ? Qui préside à l'ordre du Monde ? Ils répondront : "C'est Dieu”. Dis-leur : “Eh! Quoi ! Ne sauriez-vous le craindre”(227) Le Saint-Coran fait de cette unicité reconnue par la majorité des gens ou par ceux qui sont prédisposés à la foi, le fondement de la reconnaissance de la Souveraineté absolue de Dieu et de Son unicité. Ainsi trouve t-on que le peuple de Noé -le plus ancien des peuples dans l'histoire de l'Humanité- n'a pas nié l'existence du Seigneur, puisqu'il dit dans le Saint-Coran : “Cet homme n'est qu'un mortel comme vous qui prétend vous imposer sa loi. Dieu, s'Il l'avait voulu, aurait envoyé des anges pour nous prêcher”(228) C'est pour cela que Noé -que le salut de Dieu soit sur lu- a convié son peuple à n'adorer que Dieu : “Enfants de mon peuple, adorez Dieu. Vous n'avez d'autres divinités qui Lui” Son peuple répondit : “ Ne trahissez pas vos dieux ! N'abandonnez pas Wodd, Soâ, Yagouth, Yaoûq et Nesr”(229) Il en est ainsi de tous les peuples à qui Dieu a envoyé des prophètes. 3. L'unicité de la Divinité L'unicité de la Divinité signifie la croyance ferme au fait qu'Allah est le seul Dieu authentique et qu'il n'y a d'autres divinités qu'Allah. Personne d'autre que Lui ne mérite ni notre soumission, ni notre adhésion, ni nos prosternations, ni nos prières. Dans ce chapitre, la chose essentielle selon les versets coraniques, est de n'adorer que Dieu seul, de le considérer comme le seul soutien, le seul protecteur. C'est lui, en fait, qui protège les gens de toutes les calamités, qui règle toutes leurs affaires, qui exauce tous leurs voeux et qui est capaple de leur être utile ou de leur nuire. Cette forme d'unicité est considérée comme le pilier essentiel du monothéisme et c'est elle qui distingue les fidèles des mécréants associationnistes. C'est la raison pour laquelle les prédications authentiques lui font grand cas : “A chaque communauté, il fut envoyé par Nous un Prophète avec ce mot : “adorez Dieu ! Fuyez le culte des faux dieux”(230) Les associationnistes croyaient, certes, que le Très-haut est bien le Créateur des cieux et de la terre, mais ils Lui associaient d'autres divinités auxquelles ils vouaient leur culte, leur adoration et leur soumission. Dieu leur a bien démontré qu'ils étaient dans la contradiction la plus totale, car celui à qui on doit se soumettre est bien celui qui détient le Pouvoir absolu, les arrêts décisifs et le secret de la création. Le Saint-Coran a démontré par des arguments solides que seul Allah le Très-Haut détient tous les pouvoirs et toutes les décisions dans tout cet Univers. La création est Son domaine exclusif. La subsistance est entre Ses mains. Il est le responsable de tout, Celui qui détient la force et la puissance. Tout ce qui existe sur terre et dans les cieux se soumet à Lui, obéit -de force ou de gré- à Son Commandement. Personne d'autre que Lui ne possède le pouvoir et, seul Son jugement est mis à exécution sur terre et dans les cieux. Et puisqu'il en est ainsi, Il est le seul qui mérite adoration, soumission et adhésion totale. C'est Lui Seul qu'on doit implorer et c'est à Lui qu'on doit demander aide et soutien. Pour toutes ces raisons, Dieu a dit dans le Saint-Coran : “Celui qui crée tout, est-il l'égal de celui qui ne crée rien ? Ne pouvez-vous y réfléchir ?”(231) “Loin de pouvoir rien créer, ces divinités invoquées en dehors du Seigneur, sont elles -mêmes fabriquées de toutes pièces”(232) Beaucoup de versets font ainsi le lien entre les deux faits essentiels, à savoir la Divinité et le Pouvoir Suprême comme dans les sourates suivantes : - Les Anges, 3. - Les Troupeaux, 46-101-102. - Le Récit, 7-73. - Les Sabâ, 22-23. - Les Groupes, 5-6. - Les Fourmis,4-20 - La Distinction,2. - La Vache, 165. - Al Ahqâf, 4-5. - Les Prophètes, 2-22. - Les Croyants, 91. - Le Voyage nocturne, 42-43. Al Mawdûdî a dit : “Ainsi donc, dans ces versets, comme dans bien d'autres, on ne rencontre qu'une seule idée essentielle, à savoir l'interdépendance du Pouvoir Suprême et de la Divinité et leur indivisibilité. Ces deux notions ne présentent aucune différence quant à leur sens profond, car celui qui n'a pas de pouvoir ne peut prétendre être un dieu et ne doit, en aucune manière, être considéré comme tel. Il est bien évident que celui qui détient le pouvoir absolu est celui qui peut effectivement prétendre à la déité. C'est lui seul qui doit être adopté comme Dieu, car les besoins de l'homme relatifs aux choses divines ou pour lesquels il est contraint de prendre quelqu'un comme Dieu, ne peuvent être satisfaits que si le pouvoir existe. Il n' y a donc aucun sens à une divinité qui n'a point de pouvoir. C'est même un non-sens et, demander à une divinité dépourvue de pouvoir un quelconque service est une absurdité”.(233) Idées fondamentales mises en exergue par le Saint-Coran à propos de la Divinité 1- La satisfaction des besoins de l'homme, son salut, sa réussite, son succès, sa protection, l'exaucement de ses voeux, tout cela relève des prérogatives de la Divinité authentique. Il ne faut donc pas minimiser ces actions ou les attribuer à des divinités autres qu'Allâh le Très-Haut, qui n'ont aucun pouvoir réel en matière de création, dans la prise des décisions et dans la gestion de l'Univers. Dans plus d'un verset, Dieu s'est adressé aux associationnistes et polythéistes de tous bord, et leur a fait savoir que s'ils méditaient profondément tous les phénomènes qui paraissent simples et faciles, ils comprendraient que leur accomplissement est tributaire d'un faisceau complexe de facteurs qui se meuvent dans le cosmos. Par exemple, une simple petite gorgée d'eau qu'on boit, ou un insignifiant grain de blé dont on se nourrit sont le fruit d'une action dont l'accomplissement mobilise l'Univers tout entier. Que dire alors de l'action du soleil, de la terre, des vents et des océans dont les effets concernent notre existence ? La satisfaction de nos besoins implique un pouvoir capable de création et de dynamisme, un pouvoir à même de donner naissance aux vents et de faire tomber les pluies. Autrement dit, la satisfaction des besoins de l'homme sur terre implique la capacité de gérer le système complexe de l'Univers tout entier. 2- Le Saint-Coran démontre également, sur la base d'arguments irréfutables, que le pouvoir divin est indivisible et n'est, en aucun cas, susceptible d'être divisible. On ne peut concevoir que le pouvoir dans tout ce qui a trait à la création puisse être du ressort d'un Dieu parmi d'autres, que celui de la subsistance des créatures relève d'un autre Dieu ou que quelques galaxies et astres soient sous la responsabilité d'un troisème Dieu et que le reste des constellations soient sous celle d'une quatrième Divinité : “S'il y avait d'autres Dieu qu'Allâh dans les cieux et sur la terre, tout serait livré au chaos”(234). et, “D'aucuns en supplanteraient d'autres”(235) On ne peut concevoir, non plus, que la création de l'Univers soit le fait d'un Dieu, que la maladie et la guérison le fait d'un autre Dieu et que la vie et la mort soient du ressort d'un troisième Dieu. Si les choses se passaient ainsi, le système si complexe de notre Univers ne pourrait tenir un seul instant. Il faut donc absolument que tous les pouvoirs et toutes les prérogatives soient concentrés entre les mains d'un seul Souverain, à qui reviennent toutes les décisions que ce soit sur terre, dans les cieux ou entre cieux et terre, car l'organisation minutieuse du système de cet Univers exige que tout soit entre les mains d'un Dieu Unique. 3- S'il est donc attesté que le pouvoir dans la gestion de l'Univers tout entier est entre les mains de Dieu et que ce pouvoir est indivisible, il découlera de ces deux postulats une conséquence inéluctable, à savoir que la Divinité -dans toutes les acceptions de ce terme- est le propre de ce Dieu à qui reviennent la création, le pouvoir de décision et la Seigneurie absolue. Personne ne partage avec Lui ce pouvoir. Il n' y a donc d'autres divinités qu'Allâh. Personne d'autre que Lui ne peut guère te sauver et exaucer tes voeux, ou être ton protecteur et ton défenseur, ou être ton tuteur ou ton mandataire. Personne d'autre que Lui ne peut posséder le pouvoir de servir et de nuire. Aucune part du pouvoir de décision et du jugement ou de quelque chose de similaire concernant la gestion des affaires de notre Univers ne peut être délégué à quelqu'un d'autre que Dieu. Qui dit Divinité dit unicité de la Souveraineté absolue de Dieu. Ainsi donc, seul Dieu est capable d'édicter des Lois aux humains. Il est le Seul à pouvoir les guider sur le droit chemin. C'est pourquoi Il n'a point abandonné l'Humanité depuis qu'Il a donné naissance à Adam à qui Il a indiqué la voie du Bien et celle du Mal : “Nous dimes encore : Descendez Quittez ces lieux divins! Un jour peut-être un enseignement vous parviendra de Moi, vous guidant vers le Salut ! Ceux qui le suivront seront exempts de toute crainte et n'auront point à s'affliger”(236) Celui qui a institué l'ordre et l'équilibre dans l'Univers est bien Celui-là qui a établi la législation pour le bien de l'homme à qui Il a indiqué la voie du salut. Or, comme la législation est d'une importance extrême pour la vie de l'individu, de la société et des nations, Dieu s'en est chargé personnellement. Il faut dire que c'est là un droit parmi Ses droits. En effet, Dieu possède la Vérité, le pouvoir de décision et les secrets du monde suprasensible. Il est par conséquent le Seul à pouvoir instaurer parmi les hommes une législation à même d'organiser leurs affaires : “Dieu en décidera”(237) * * * “Non, par le Seigneur, ils ne seront de vrais croyants qu'autant qu'ils te soumettront leurs différends, accepteront sans rancoeur ta sentence et s'y soumettront entièrement”(238) * * * “Ceux qui prononcent des sentences sans se baser sur ce que Dieu a révélé, ceux-là sont des mécréants, des oppresseurs… et des prévaricateurs” C'est là la raison qui fait que Dieu considère comme faisant partie du polythéisme la législation qu'instaurèrent les moines en interdisant ce qu'Il a permis aux hommes et en leur permettant ce qu'Il a interdit : “Ils ont élevé au rang de divinité leurs docteurs et leurs moines ainsi que le Messie, fils de Marie, quand ils avaient reçu l'ordre de n'adorer qu'un dieu unique”.(239) Vu l'importance de l'unicité de la Divinité, la plupart des versets coraniques ne cessèrent d'y mettre l'accent. Il faut dire que la période mekkoise a beaucoup insisté sur cet aspect important de la foi islamique et ce, durant treize années consécutives. D'ailleurs, c'était là le point de départ par lequel Dieu a voulu que la prédication du Prophète (sur lui la prière de Dieu) débute jusqu'à ce que les impies finirent par admettre qu'il n'y a d'autres divinités qu'Allâh, et qu'ils comprirent -grâce à l'enseignement du Prophète- que l'unicité de la Divinité et le fait que Dieu soit le Seul à s'en prévaloir signifient la dépossession de tout pouvoir des mains des devins et des chefs de tribus et sa remise totale à Dieu seul. Les Arabes de l'époque ont bien compris tout cela et se sont bien rendus compte qu'ils s'agit-là d'une véritable révolution contre le pouvoir temporel qui spolie l'élément fondamental de l'unicité divine, une révolution contre tout ce qui s'édifie sur la base de cette spoliation et une insurrection contre des autorités qui gouvernent par des lois non admises par Allâh. C'est la raison pour laquelle ils ont âprement combattu ces lois. Le dogme islamique prend sa source dans la science, la preuve et la conviction Il est communément admis que la foi islamique a pour base des arguments rationnels convaincants et des critères logiques valides qui confondent les détracteurs de l'Islam et les mettent au pied du mur. Ainsi trouve t-on dans le Saint-Coran les sources de tous les arguments et critères qui permettent de prouver l'existence de Dieu et son unicité. Bien plus, le Saint-Coran mentionne expressément et stigmatise toutes les allégations des mécréants matérialistes, des athées, des païens, etc. Ceci est la plus grande preuve que la voie adoptée par le Saint-Coran est celle de la persuasion et que les thèses des athées sont fragiles et ne résistent guère aux preuves de la vérité et de la foi pure. C'est pour cette raison que le Saint-Coran exige qu'on s'adonne à l'analyse, à la réflexion, au raisonnement, à la quête du vrai savoir et au banissement de l'imitation servile et des habitudes aveuglément héritées du passé… Mieux encore, le saint-Coran a renié ceux qui ont suivi les coutumes de leurs ancêtres par simple imitation et ignorance et a démontré la sottise de leurs idées : “Ils n'en savent rien, au juste. Ce ne sont que suppositions arbitraires. Ont-ils jamais reçu, avant celle-ci une Ecriture dont ils puissent se prévaloir ? “Ils allèguent seulement : “Ce culte était celui de nos ancêtres : nous ne pouvons que nous attacher à leur pas ! “Il en fut toujours ainsi : jamais Nous n'avons dépêché avant toi un prophète pour prêcher une cité sans que ses enfants les plus opulents n'aient soutenu : Ce sont là les pratiques de nos pères : nous ne pouvons que suivre leur traces !”(240) Le saint-Coran a engagé des discussions avec ces imitateurs au sujet de ce qu'ils ont dit et pour savoir quelle était la source exacte de leurs propos. Sont-ce la raison, la science et la certitude ? “Dis-leur :“Apportez-en la preuve, si vous êtes véridiques”(241) Face à leur incapacité d'apporter une quelconque preuve sur le bien-fondé de leur foi païenne, le Saint-Coran leur a démontré que la source de cette foi provient de leur imitation servile et de leur soumission aveugle aux coutumes héritées du passé. Il en fut ainsi de toutes les nations antérieures qui ont nié la foi véritable. La foi islamique dont il est question ici repose sur le savoir. Les savants sont les premiers -comme le rappelle le Saint-Coran- à attester l'unicité divine : “Dieu est témoin et avec Lui les Anges et les initiés parmi les hommes qu'il n' y a de Dieu que Lui, Lui seul veillant au maintien de la Justice”(242) “Une Ecriture leur était parvenue, procédant de Notre science éternelle. Tout s'y trouvait exposé en détail ; Livre propre à servir de guide et de miséricorde aux croyants”(243) Il n' y a rien d'étonnant à ce que le Saint-Coran donne une telle importance aux initiés parmi les hommes, car la mission du Prophète a débuté par un verset coranique où Dieu demande à Ses fidèles de s'armer de savoir et de connaissances : “Lis, au nom de ton Maître, Celui qui a créé. Il a créé l'homme d'un caillot adhésif, Lis ! La bonté de ton Maître est infinie. C'est Lui qui fit de la plume un instrument du savoir, Et enseigna à l'homme ce qu'il ignorait”(244) Mieux encore, Dieu a voulu que la crainte qu'il inspire soit d'abord profondément ressentie par les savants qui ont pu reconnaître la grandeur de l'action de Dieu dans la création de ce monde avec ses montagnes, ses océans et ses intempéries : “Ne vois- tu pas que Dieu fait descendre du ciel une eau par laquelle Nous faisons croître des plantes aux fruits variés ? Les montagnes, de même, sont marquées de stries diaprées : d'aucunes blanches, d'autres d'un rouge aux tons divers, quelques-unes d'un noir foncé. “Et parmi les hommes, les animaux, le bétail, il s'en trouve de couleurs différentes. C'est ainsi que de tous les serviteurs de Dieu, seuls les vrais savants savent le craindre. Dieu est tout-puissant, tout enclin au pardon”(245) La foi islamique se consolide davantage à l'ère de la science. Dans l'ouvrage intitulé “Dieu se manifeste à l'ère de la science”, les auteurs de la trentaine d'études qu'il renferme et qui sont tous de grands savants appartenant à des spécialités différentes, confirment la foi en Dieu. Ils aboutissent à la certitude de l'existence de Dieu grâce à leur science, leurs découvertes et leurs inventions. Le savoir est donc le pilier fondamental de la foi. Il est le fondement de toute charge religieuse. C'est pourquoi l'Islam exige de nous que nous méditions sur l'Univers pour mieux connaître le Créateur, les attributs de Sa perfection et de Sa Grandeur que ne peut saisir la raison humaine. 'Abdallah Darrâz a dit : “La piété repose, dans son fondement, sur deux principes rationnels : le principe de causalité et le principe de finalité. Si ces deux principes sont bien compris dans ce qu'ils ont de parfait, ils conduisent aux cultes religieux les plus sublimes, à savoir l'Unicité et la Pérennité divines. Les cultes païens ne sont en fait que le résultat de la sottise ou la paresse de l'esprit qui font que leurs adeptes s'arrêtent à mi-chemin de la vertu. “La loi de causalité stipule que tout phénomène parmi les choses possibles ne se produit pas de lui-même. Autrement dit, tout phénomène a une cause. Il n'est donc pas autonome pour pouvoir produire un autre phénomène, car il n'est pas possible pour lui d'octroyer quelque chose qu'il ne possède pas lui-même comme un zéro tout seul ne peut produire un nombre positif. Il lui faut -pour son existence et son effet- une cause extérieure. Si celle-ci n'existe pas par elle-même, c'est qu'elle a besoin d'une autre cause. Il est par conséquent inévitable qu'on aboutisse à une cause indispensable à l'existence qui est la cause des causes, cela est nécessaire pour faire aboutir la chaîne du raisonnement et sortir du cercle vicieux. “Quant à la loi de finalité, son principe fondamental est que chaque système complexe, cohérent et stable ne peut se produire sans qu'il ait un rôle précis. Chaque rôle vise nécessairement un but. Si de ce but, il ne se réalise qu'une petite partie, l'être humain aspire alors à d'autres buts et persiste dans cette voie jusqu' à ce qu'il atteigne le but suprême qui est le but des buts…”(246) Mieux encore, l'Islam incite à viser la réalisation des trois niveaux avec lesquels se présente la certitude : - La connaissance sûre (la connaissance certaine) qui se réalise grâce aux arguments péremptoires tels les arguments rationnels. - L'information sûre (le Saint-Coran et la Tradition authentique) dont la signification ne souffre d'aucun doute. - La certitude physique qui signifie le savoir provenant de l'expérience (la vue par exemple). Ainsi il y va de notre connaissance du Paradis quand on l'aura vu le Jour du jugement Dernier, si Dieu le veut. Vient après, la certitude absolue qui est le savoir provenant du sens du goût et de l'expérience comme le fait de connaître le paradis après y avoir accédé et goûté à ses délices. L'idée de ces trois niveaux de la certitude provient du Saint-Coran : “ Oui, la vérité vous sera un jour dévoilé. Ah! Si vous pouviez la connaître réellement ! Vous verriez sûrement apparaître l'Enfer. Mais vous le verrez un jour sans équivoque.”(247) “ Car il est la vérité absolue.”(248) Dans son ouvrage intitulé “Madâriju assalikîna”, Ibn Al Qayyim écrit : “Les degrés sont de trois sortes : La connaissance certaine qui provient de l'information, puis par le dévoilement de la vérité de la chose dont on est informé jusqu' à ce que celle-ci devienne certitude physique. Celle-ci, à son tour - et après expérience vécue se transforme en certitude absolue. Ainsi la connaissance que nous avons maintenant du Paradis et de l'Enfer est une connaissance certaine, mais quand les fidèles accèderont au Paradis le jour du Jugement Dernier et que les mécréants verront de leurs propres yeux l'Enfer les engloutir, cela sera alors de la certitude physique”(249) C'est là un appel que lance l'Islam afin qu'on cherche à gravir les échelons de la certitude pour atteindre ses plus hautes cîmes. C'est dans ce but, d'ailleurs, que les élus parmi les hommes imploraient Dieu pour passer de la conaissance sûre acquise par l'information et l'expérience à la certitude physique acquise par la vue et le toucher. Ce fut le cas du père des prophètes, Ibrahîm, que le salut et la prière de Dieu soient sur lui : “Rappelle-toi enfin quand Abraham demanda au Seigneur comment les morts ressuscitent à Ton Appel :“Aurais-tu des doutes à ce sujet ?” dit le Seigneur. “Que non pas, fit Abraham, mais je veux en avoir le coeur net.”(250) Ce fut le cas également de Mûsâ (Moïse), que le salut et la prière de Dieu soient sur lui : “Montre-Toi à moi, que je puisse Te voir.!”(251) Dans les affaires relevant de la foi, l'Islam exige que l'on se base sur la certitude tant que cela est du domaine du possible. C'est pourquoi il blâme ceux qui sont la proie à la conjecture : “Ils n'en possèdent nulle science, mais suivent uniquement des conjectures, et certes la conjecture ne saurait tenir lieu de vérité”(252) “Si tu t'en refères à la majorité des mortels, ils auront tôt fait de l'égarer de la voie de Dieu. Qu'ont-ils, pour tout savoir, sinon que conjectures ou pures allégations”(253) Compatibilité de la Raison et de la Tradition “Raison” et “Tradition” sont des vocables fréquents en langue arabe. Par “Tradition”, on entend ce qui a été confirmé par le biais de l'information sûre (le Livre de Dieu et la Tradition authentique de Son Prophète). Par “Raison”, on entend ce qui a été confirmé par des arguments théoriques ayant pour fondement l'analyse, le discernement et la réflexion humaine. Ceci est ce qui est courant, mais la vérité est que cette correspondance est purement conventionnelle. Or, comme d'aucuns le disent, la convention est indiscutable. Il ne faut donc pas croire que la correspondance entre ces deux termes signifie qu'ils sont contradictoires et incompatibles. On peut même avancer que beaucoup de questions soulevées par la Traditon sont des arguments rationnels par eux-mêmes. Ainsi les versets coraniques démontrent-ils, par des arguments rationnels, l'existence de Dieu et Son unicité. Certes, il est vrai que la Tradition traite de certains phénomènes relatifs au monde suprasensible, tels l'Enfer et le Paradis que la raison pure ne peut saisir, mais dont elle ne saurait nier l'existence. De tels phénomènes peuvent bien exister par eux-mêmes. La raison, après avoir cru en Dieu, doit croire à ces phénomènes invisibles (le ghayb) et croire également à la totalité du message du Prophète, que la prière de Dieu soit sur lui. La méthode du Saint-Coran dans la consolidation de la foi Quand il s'adresse aux mécréants, aux païens et consorts, le Saint-Coran s'appuie sur une démarche globale qui ne fait pas seulement appel à l'aspect rationnel pur, aux expériences, à l'observation et à la matière sensible, mais se sert de tous les moyens qui stimulent et galvanisent tout ce qui habite les profondeurs de l'âme. Cette démarche ne s'adresse pas à une faculté parmi d'autres mais touche toutes les potentialités mentales des destinataires et ce qui affecte le plus leur sensibilité. Cela, il le fait par le truchement d'un style ensorcelant qui peut prendre différentes formes -tout en traitant d'un thème unique- selon les circonstances et les aptitudes mentales des destinataires. Tantôt le Saint-Coran dit : “Il est Dieu, l'Un”, tantôt, il déclare dans un autre contexte : “S'il y avait d'autres divinités que Dieu dans les cieux et sur la terre, tout serait livré au chaos”(254). L'on remarque ici que si le Saint-Coran fait de l'unicité divine son cheval de bataille, c'est parce que le polythéisme ne peut que conduire à la ruine et au chaos. Bien mieux, tout un chacun, d'après ses facultés mentales et ses connaissances, tire profit des textes coraniques, ce qui, d'ailleurs, confirme leur inimitabilité. En matière d'argumentation sur les preuves de l'existence de Dieu, le Saint-Coran fait appel au monde sensible avec tout ce qu'il comporte comme phénomènes cosmiques et créaturels pour mettre à la disposition de l'être humain les signes qui l'incitent à la méditation et à l'analyse afin de l'amener tout naturellement à croire à l'enseignement du Saint-Coran. Que l'on médite ensemble les versets suivants : “Dieu éleva les cieux sans le secours des piliers visibles, puis s'établit sur Son Trône. Il a soumis le soleil et la lune, l'un et l'autre gravitant jusqu'au terme préétabli.” “Dieu préside en maître à l'ordre universel. Il explique clairement Ses signes. Peut-être saurez-vous être sûrs de Sa rencontre. “C'est Lui qui étendit la terre. Il y implanta les montagnes et y fit couler les cours d'eau. Il y fit croître toutes les espèces de fruit, chacun distribué en deux sexes. Par son ordre, la nuit couvre le jour. Autant de signes pour un peuple qui réfléchit “Il est sur la terre une variété de terrains qui se touchent : vignobles, champs de céréales, jardins complantés de palmiers aux fûts en touffes ou espacés. Bien que la même eau les arrose, nous faisons venir certains fruits meilleurs et plus savoureux. N' y a t-il pas là des signes pour qui sait en méditer le sens ?”(255). Ainsi donc, comme on le constate, le Saint-Coran s'appuie sur les phénomènes cosmiques et humains pour affermir la foi authentique chez le fidèle. Il s'adresse à la raison, à la conscience, à la bonté innée de l'homme et à son affectivité. Mieux encore, il s'adresse à l'être humain dans sa totalité et le stimule afin de l'amener à réagir face aux arguments convaincants qui le poussent à reconnaître l'existence de Dieu et Son unicité. Que l'on médite, encore, cet autre verset : “Qui donc, sinon Dieu a assis fermement la terre, l' a faite sillonner de cours d'eau, y a solidement planté un relief, qui a su si bien séparer eaux douces et eaux salées ? Y aurait-il une divinité à côté de Dieu ? Mais la plupart d'entre eux n'en savent rien. Qui donc, en dehors de Dieu, exauce vos appels de détresse, impose un terme à vos souffrances et vous érige en Ses lieutenants sur terre ? Quel autre que Dieu en aurait-il le pouvoir ?- Mais combien peu vous y réfléchissez. “N'est-ce pas Lui qui vous dirige, en pleines ténèbres, sur le continent et en mer ? Lui encore qui suscite les vents annonciateurs de pluies bienfaisantes ? Y aurait-il donc une autre divinité à côté de Dieu ? Dieu est bien au-dessus de tout ce qu'on peut Lui associer. “Quelle autre divinité, hors de Dieu, serait capable de faire, puis de refaire la création. Quel autre que Lui peut vous nourrir des dons du ciel et de la terre ? Dis : “Produisez vos preuves, si vous pouvez vraiment en avoir!”.(256) C'est ainsi que, se basant sur les faits convaincants et en usant de moyens fort divers, le Saint-Coran touche les sentiments, éveille les esprits et gagne bien des âmes saines. A l'opposé, les démarches des scolastiques dans l'affirmation de l'existence de Dieu, se sont basées sur l'argument de la “substance unique” ou “la part insécable” qui repose sur l'idée qui veut que la substance unique subit nécessairement des états différents. Or, tant que ces états sont contingents, la substance l'est également. Toute chose contingente a un Créateur. Par conséquent, l'Univers a un Créateur qui est éternel. Les scolastiques ont fait valoir également l'argument dit de la possibilité. Toutefois, nombreux sont ceux qui ont critiqué les prédicats sur lesquels se fondent ces deux sortes d'arguments. C'est pour cette raison que la démarche véritable dans l'argumentation est celle du Saint-Coran qui est fondée sur les principes de causalité et de finalité, qui fait appel à l'observation des signes du monde sensible pour aboutir à l'affirmation du Créateur unique et qui interroge la bonté innée des gens, leurs sens, leurs sentiments et toutes leurs aptitudes en vue de les éveiller et de les inciter à la méditation, au discernement et à l'analyse aux fins d'aboutir à la Vérité. C'est ainsi que le Saint-Coran évoque-comme on l'a déjà vu- les réalités concrètes du monde sensible aux aspects multiples qu'il est impossible de nier. Puis il s'adresse à l'homme pour l'inciter à méditer et à réfléchir sur ces réalités afin qu'il n'ait plus de raison de nier quoi que ce soit, à moins qu'il ne soit vraiment opiniâtre et animé de l'esprit de contradiction. Dans d'autres versets, le Saint-Coran insiste sur ces idées en utilisant la notion de la création : “Ont-ils été créés par un hasard fortuit ? Ou bien sont-ils leurs propres créateurs ? Auraient-ils créé les cieux et la terre ? Que non! Mais ils n'en sont nullement convaincus. Auraient-ils par devers-eux les trésors de ton Maître ou seraient-ils les potentats de l'Univers. Useraient-ils de quelque tremplin pour accéder aux mystères du ciel ? Que celui d'entre eux qui en aurait percé le mystère en produise une preuve certaine”(257) Ces versets laissent entendre qu'il y a là plusieurs hypothèses qu'infirment la raison, la pensée et le coeur. Ils laissent entendre, par exemple, que l'homme est créé. Soit ! Mais la grande question à poser est de savoir qui a créé l'homme. A-t-il été créé sans aucune raison, ni aucune finalité ? Que non ! La raison et la Loi divine rejettent cela. Qui donc est le Créateur de l'homme ? Est-ce l'homme lui-même ? Personne n'a jamais prétendu cela, qui reste d'ailleurs du domaine de l'impossible. Le Créateur de l'homme n'est et ne peut être que Dieu. De la création de l'homme, le Saint-Coran passe à la création du cosmos avec tout ce que celui-ci comporte comme galaxies, astres et constellations…Qui a créé tout cela et qui détient les trésors de la création ? Qui détient la puissance et qui commande l'Univers ? C'est de cette manière donc que le Saint-Coran s'adresse à l'homme et fait appel à ses aptitudes et à toutes ses facultés pour l'amener à l'obéissance de Dieu et à la reconnaissance de Son existence, surtout quand on sait que la logique de la foi a ses points d'ancrage dans les âmes et que la bonté innée des gens a son terrain de prédilection dans leurs esprits et leurs coeurs. A propos de l'unicité divine, le Saint-Coran apporte comme exemples, les expériences réelles que l'Humanité a connues, comme la pluralité des gouvernants dans un seul pays et ce que cela entraîne comme conflits et litiges qui mènent au chaos et à la ruine. Dieu a dit : “S'il y avait d'autres divinités que Dieu dans les cieux et sur la terre, tout serait livré au chaos”. Les scolastiques ont appelé cela “l'argument d'incompatibilité”. Dans le même ordre d'idées, Dieu interroge les esprits, les âmes, les coeurs et la conscience pour les amener à reconnaître Son unicité et ce, dans nombre de versets qui apportent des preuves convaincantes pour les esprits avertis. Ceux-ci sont mis d'ailleurs au défi, par ces versets, d'apporter des preuves à même de démontrer que Dieu n'est pas unique. Après avoir exposé maints versets prouvant son unicité, Dieu dit : “Dis :“Produisez vos preuves, si vous pensez vraiment en avoir”.(258) Ainsi donc, comme on le constate, le Saint-Coran veille à ce qu'il y ait une étroite corrélation entre l'Univers tout entier et la foi authentique. Chaque atome et chaque phénomène si anodins soient-ils- appartenant à cet Univers est une preuve de l'existence et de l'unicité divines. Le Saint-Coran prend également comme exemple l'homme lui-même avec tous ses secrets et tous ses mystères pour prouver l'unicité de Dieu et montrer l'obligation où l'on se trouve de croire en Lui. Cette démarche se trouve donc liée aux découvertes scientifiques les plus précises dans le domaine de la cosmologie, notamment dans les sciences de la terre et de la mer et dans les sciences humaines avec tout ce que ces différentes sciences ont livré comme secrets et mystères. Tout cela constitue la démarche coranique dans l'affirmation de l'existence de Dieu, de son Unicité, des attributs de Sa perfection et son éloignement de toute imperfection. Notre religion est une science et notre science est une religion Parmi les questions qui font l'unanimité des Musulmans est qu'il n'y a absolument pas d'incompatibilité de la religion avec la science. Notre religion est une science et notre science est une religion. Notre religion a pour fondement la science, la raison et la persuasion. La recherche du savoir compte parmi les obligations religieuses individuelles en ce qui concerne les éléments fondamentaux de la religion et parmi les obligations religieuses solidaires quand il s'agit des intérêts des citoyens et de leurs pays. L'idée de l'incompatibilité de la science avec la religion s'est propagée au Moyen-Age dans toute la chrétienté, hostile à la science, et qui -comme on le sait- a érigé les tribunaux d'inquisition pour la répression des savants. Elle a été, malheureusement, introduite chez nous par les ennemis de l'Islam, avec le colonialisme et la domination occidentale pour éloigner les Musulmans de leur religion et pour leur démontrer que les expériences du passé sont témoins que l'Islam est la cause de leur sous-développement, alors que la réalité est que notre religion est une religion qui incite au savoir, à l'instruction et à la réflexion. Personne jusqu'à présent n'a pu relever une quelconque contradiction d'un précepte islamique avec une vérité scientifique bien établie. Ceci ne peut jamais se produire, car les préceptes religieux du Saint-Coran et les vérités scientifiques sont l'émanation de Dieu. Cette profonde vérité a poussé le savant français M. Bucaille à affirmer dans un ouvrage intitulé “La Bible, l'Evangille, le Coran et la science (Dâru Al Ma'ârif-Le Caire) que le seul Livre sacré où les vérités scientifiques sont concordants et ne présentent aucune contradiction avec les préceptes religieux est bien le Saint-Coran, contrairement à la Bible et l'Evangile qui sont truffés d'erreurs historiques et scientifiques. Par ailleurs, de sérieuses études scientifiques -couvrant tous les domaines de la science- ont démontré l'incohérence et la fragilité des arguments des athées matérialistes, la thèse futile du hasard et celle non moins scabreuse de la pérennité de la matière. Mieux encore, ces études ont clairement démontré qu'il y a obligation de croire à l'existence d'un Créateur éternel. A noter de même que la majorité des psychologues reconnaissent l'existence chez l'homme de la perception innée relative à la causalité et du sentiment de l'intuition incommensurable. Bien plus, les études scientifiques, aujourd'hui, dévoilent des vérités extraordinaires relatives à la foi, comme celles de C. Morrisson dans son ouvrage intitulé “La science incite à la foi” où il énumère sept raisons qui portent l'homme à croire en Dieu, et comme celles aussi d'Alexis Carrel dans l'ouvrage intitulé “L'homme, cet inconnu”, etc. Pour toutes ces raisons, nos savants ont toujours fait valoir le critère de la conciliation entre les textes religieux et la raison. Les savants spécialistes -et parmi eux Ibn Taymiyya- ont nié complètement l'existence d'une incompatibilité entre la raison et la Tradition authentique. C'est pour soutenir cette idée qu'Ibn Taymiyya a publié son intéressant ouvrage intitulé :“ Réfutation de l'incompatibilité de la raison avec la tradition”. Dans cette publication de onze tomes, Ibn Taymiyya s'applique à répliquer preuves à l'appui, à la thèse d'un groupe de scolastiques qui soutenaient “que lorsqu'il y a incompatibilité entre faits religieux et faits scientifiques péremptoires, ou bien on cherche à les concilier, ce qui est impossible, car l'on ne peut concilier deux faits contradictoires, ou bien on les rejette purement et simplement, ou bien on donne la préséance à la Tradition et on relègue ainsi au second plan la raison, ce qui est inadmissible, car la raison a la primauté sur la Tradition. Il faut donc donner d'abord la priorité à la raison, puis en second lieu à la Tradition…Ou bien il faut tout interpréter ou bien tout simplement s'en remettre à Dieu” Ibn Taymiyya réfuta point par point cette thèse,(259) et mentionna que ce qui a été dit dans ce discours a été basé sur l'élucidation de ce qui apparaissait ambigu dans son introduction. En effet, ce raisonnement se fonde sur plusieurs hypothèses : 1- L'affirmation de leur incompatiblité (raison et Tradition). 2- Limitation de l'énumération à ce qui a été mentionné des quatre éléments. 3- Irrecevabilité des trois éléments. Ces trois hypothèses sont fausses, car si l'on dit “qu'il y a incompatibilité entre l'argument d'autorité et l'argument rationnel”, il est obligatoire de dire : “Ou bien les deux doivent être péremptoires ou présomptifs, ou bien l'un doit être péremptoire et l'autre présomptif”. Quant aux deux arguments péremptoires, il n'est pas permis qu'ils soient incompatibles qu'il s'agisse-là de deux arguments rationnels ou de deux arguments d'autorité ou que l'un soit un argument rationnel et l'autre un argument d'autorité. Ceci fait l'unanimité des gens sages, car l'argument péremptoire est bien celui dont la teneur doit être confirmée, et il est impossible que sa signification soit fausse. Ainsi donc, si jamais il y a incompatibilité de deux arguments apparement péremptoires, il faut absolument les reconsidérer à fond pour aboutir à la conclusion que l'un des deux ou que tous les deux ne sont guère péremptoires. Dans le cas où il y a incompatibilité de deux arguments dont l'un est péremptoire et l'autre présomptif, il faut donner la priorité à l'argument péremptoire, qu'il soit rationnel ou d'autorité… Ceci fait l'unanimité de tous les sages, car la présomption n'ellimine pas la certitude. Si les deux arguments sont présomptifs, il y aura tendance à préférer l'un à l'autre. Celui vers lequel tendra notre préférence aura la priorité sur l'autre, peu importe s'il s'agit d'un argument d'autorité ou d'un argument rationnel. Il faut dire que certains savants spécialistes préfèrent l'argument présomptif dans les affaires relevant de la religion à l'argument présomptif dans les affaires relevant de la raison, jusqu'à ce que l'argument rationnel soit confirmé et se transforme en argument peremptoire ou bien s'effrite complètement, car notre attachement doit être porté avant tout à ce que nous avons de plus précieux : le Saint-Coran et la Tradition. A ce propos, Imâm Ghazzâli dit : “Notre attachement au Saint-Coran et à la Tradition nécessite qu'on préfère ce que nous avons en notre possession jusqu'à ce que le temps prononce son verdict au sujet de la doctrine scientifique…Il est probable que celle-ci soit réduite à néant, ou bien il est possible qu'elle acquière gain de cause, devient vérité sûre et, à ce moment-là, elle a la priorité sur ce qui est considéré comme présomptif chez nous”(260) A souligner ici que le professeur Mourad Hoffman (l'Ambassadeur allemand converti à l'Islam) a réservé dans son ouvrage “L'islam comme alternative” un chapitre fort intéressant sur la foi et la science où il a exposé un nombre important de textes qui indiquent la parfaite symbiose entre la foi et la science. Sur ce sujet, d'ailleurs, la littérature est d'une richesse considérable(261). Droit de Dieu et droit du serviteur Nombre de textes du Saint-Coran et de la Tradition affirment que le droit de Dieu sur Ses serviteurs est qu'ils croient en Lui, ne Lui associent personne, L'adorent, qu'ils aient foi en Ses Prophètes, en Ses Livres sacrés, en ce qu'Il a révélé, en le Prophète Mohammad (que la prière de Dieu soit sur lui) et qu'ils s'engagent à s'attacher à “la charî'a” par conviction et totale soumission. Dieu a dit : “C'est à seule fin qu'ils M'adorent que j'ai créé les génies et les hommes”(262) “A chaque communauté, il fut envoyé par Nous un prophète avec ce mot :“Adorez Dieu ! Fuyez le culte des faux dieux”(263). “Ton Seigneur a ordonné de n'adorer que Lui seul”(264). “Ceux qui, appelés à juger, ne suivent pas la Loi révélée, voilà les vrais infidèles”(265). “Non, par le Seigneur, ils ne seront de vrais croyants qu'autant qu'ils Te soumettront leurs différends, accepteront sans rancoeur Ta sentence et s'y soumettront entièrement”(266) Quant au droit que les fidèles réclament de Dieu-c'est là la faveur d'Allâh et son apanage- il consiste à ce que Dieu leur réserve le Paradis tant qu'ils L'adorent sans Lui associer personne. Al Bukhâri, Muslim et bien d'autres rapportent d'après Mu'ad qui dit : “Alors que je montais en croupe derrière le Prophète (sur lui la prière de Dieu)”, il me dit : “Mu'âd ! Sais-tu quel est le droit de Dieu sur Ses serviteurs et le droit de ceux-ci sur Lui ?”. Je répondis : “ Dieu et Son Envoyé en savent plus.” Il reprit : “ Le droit de Dieu sur Ses serviteurs est que ceux-ci L'adorent sans Lui associer une autre divinité. Quant au droit des serviteurs envers Dieu, il consiste à ce qu'Il ne fasse pas souffrir ceux qui ne Lui associent aucune divinité” Al Bukhârî rapporte d'après Horayra, d'après le Prophète (sur lui la prière de Dieu) qui dit : “Quiconque croit en Dieu et en Son Prophète, fait sa prière et jeûne pendant le mois du Ramadan, Dieu se doit de lui réserver le Paradis…” Ces Hadîths font allusion à un principe fondamental en Islam qui est celui des droits réciproques. La sagesse divine a voulu qu'il y ait entre les fidèles et leur Dieu des droits réciproques. Sur ce sujet, la littérature est abondante.(267) Bienfaits de l'attachement à la foi islamique 1. Cette foi universelle est explicite et répond à toutes les interrogations métaphysiques qui se posaient -de par le passé- au sujet du principe, du devenir et de la finalité de la création de ce monde. De même qu'elle répond aux questions qui se posent à propos de l'homme : d'où vient-il ? Comment est-il venu au monde ? Pourquoi y est-il venu ? Quelle est sa destinée ? Qui l'a fait surgir du néant et de l'inconnu ? Qui met un terme à sa vie ? Que devient-il après la mort ? Qui est le Créateur de tout cet Univers ? Comment celui-ci a-t-il été créé ? Quel rapport y a t-il entre le Créateur et les créatures ?(268) A toutes ces interrogations, le Saint-Coran apporte des réponses claires qui procurent paix et sérénité à l'âme humaine et éloignent d'elle l'angoisse et l'anxiété qui rongent les sociétés hérétiques où le suicide est monnaie courante. Dieu a dit : “Ceux qui croient et dont les coeurs s'apaisent au souvenir de Dieu. N'est-ce pas au souvenir de Dieu que s'apaisent les coeurs ?”(269) Dans ces réponses qu'apporte le Saint-Coran, on trouve également un raccourci au long itinéraire parcouru, pendant de longs siècles, par la philosophie, les théologiens et les métaphysiciens et où ils ont dilapidé toutes leurs énergies sans aboutir à des résultats concluants, comme on le sait. L'Islam -après avoir apaisé les esprits et après avoir convaincu les gens en les guidant sur la voie sûre de la foi islamique- a voulu les orienter vers la création et l'innovation dans le monde sensible sur lequel ils peuvent directement agir, en usant de toutes leurs forces et non pas seulement d'une partie de ces forces. 2- Dans l'unicité de la Divinité et de la Seigneurie authentique et dans l'attribution à Dieu seul du pouvoir de décision, de la création, etc…, réside l'affranchissement de toute l'Humanité du joug du despotisme et de tout pouvoir terrestre totalitaire. En effet, avec l'unicité divine, l'humilité de l'homme grandit et sa soumission à Dieu seul est totale. C'est alors qu'il s'émancipe entièrement, car personne parmi ses semblables ne peut l'assujettir et l'humilier après son assujettissement à Dieu, l'Unique, le Subsistant, le Créateur, Celui qui est capable de tout et dont l'existence lui est soumise. Par sa prosternation devant le Très-Haut, le fidèle est totalement libéré de toute idée de soumission à quelqu'un d'autre que Dieu, car il sait pertinemment que sa propre vie, sa destinée, sa subsistance, sa fin, sa prospérité et ses biens sont entre les mains du Très-Haut. Pourquoi donc se soumettre à d'autres que Dieu ? Pourquoi se prosterner devant d'autres que Dieu ? Pourquoi n'aurait-il pas confiance en Dieu seul ? La question de la prédestination est, comme on l'a déjà vu, une des principales causes qui sont à l'origine de l'existence d'une forte personnalité chez le Musulman. En effet, la prédestination exige de lui qu'il ait une attitude calme et confiante, qu'il ne s'effondre pas quand il est assailli par les calamités et les malheurs et qu'il ne se laisse pas enivré par les plaisirs et les joies de la vie. Dieu a dit : “Ainsi ne regrettez pas un bien qui vous échappe, ni ne vous réjouissez à l'excès de celui qui vous échoit”(270) 3- Tout changement radical qui portera ses fruits ici-bas et à l'au-delà ne peut se réaliser qu'à travers la foi authentique. C'est cela la philosophie adoptée par l'Islam et l'expérience menée par notre maître à penser, Mohammad (que la prière de Dieu soit sur lui) à qui le Très-Haut a demandé d'ancrer la piété authentique dans les coeurs des premiers Musulmans et de ne lésiner sur aucun moyen pour la répandre, car si la véritable foi est profondément installé dans les coeurs, la réalisation de toute chose est alors à notre portée. Quand le Prophète (sur lui la prière de Dieu) fut investi de sa mission, les Arabes -et le monde tout entier- souffraient de graves problèmes sur le plan confessionnel, social et moral. Il était alors possible, pour lui, d'axer sa prédication sur le redressement des moeurs corrompues de l'époque, d'assainissement de la société, la purification des âmes, l'ajustement des valeurs sociétales. Peut-être n'aurait-il trouvé aucune résistance, s'il avait suivi cette voie réformiste. Il aurait sans doute reçu beaucoup d'appui dans sa prédication. Malgré cela, Dieu a ordonné à son Envoyé d'inaugurer sa mission prophétique par cette déclaration symbolique :“ Il n' y a d'autres divinités qu'Allah”. Cette déclaration se heurta à une forte résistance de la part des individus concernés, car elle ébranlait leur foi, mettait en péril leur pouvoir politique et portait gravement préjudice à leurs habitudes ancestrales. Dieu sait, Lui, l'Omniscient, le Sage que, toute autre voie -exceptée celle de la foi pure- n'aurait mené le Prophète à aucun résultat positif et n'aurait abouti à aucun changement radical de la société dont on voulait changer les moeurs et les croyances. La morale -est-il besoin de le rappeler- ne peut être fondée que sur l'attachement aux valeurs saines, elles-mêmes fondées sur le pouvoir divin. C'est pourquoi, lorsque la foi islamique s'est consolidée et a acquis droit de cité après de pénibles efforts, que les gens se sont libérés du joug de la tyrannie et des convoitises et que la sentence emblématique de l'Islam “Il n' y a d'autres divinités qu'Allah” gagna largement les coeurs, il devint aisé de s'adonner au Bien et de s'éloigner du Mal. La terre fut alors débarrassée du despotisme des Byzantins et des Perses, non pas pour céder la place à la puissance des Arabes, mais pour qu' y règne le pouvoir d'Allah et pour que la communauté humaine soit complètement à l'abri de l'injustice sociale. C'est alors que le système islamique lança sa politique égalitaire basée sur la Loi divine et leva haut l'étendard de la justice sociale. Les âmes et les moeurs se purifièrent sans qu'on ait eu recours aux peines et aux châtiments, sauf pour les esprits pervers. L'Humanité connut alors d'immenses progrès dans ses moeurs et son mode de vie. Tout cela s'est accompli dans la probité et la droiture les plus totales, car ceux qui ont édifié cette foi sous la forme à la fois d'un Etat avec ses lois et d'une Religion avec ses pérceptes, avaient déjà édifié l'Etat islamique dans leur for intérieur, leur coeur et leur vie, sous la forme d'une foi, d'une éthique, d'une vénération et d'un comportement. Ainsi donc, lorsque la foi s'est profondément enracinée dans les coeurs, il devint aisé pour les fidèles d'exécuter les ordres du Très-Haut et d'éviter ses interdictions sans gêne aucune, car ils s'étaient réellement abandonnés à Dieu et avaient accepté de gaîté de coeur et avec grande satisfaction, la Loi islamique, nonobstant les difficultés apparentes de certaines de ses prescriptions. Dieu a battu en brèche toutes les habitudes païennes des Arabes, à savoir l'esprit du corps, le tribalisme, les boissons alcoolisées, le jeu de hasard, l'adultère, etc, par des versets coraniques auxquels ils ont adhéré. Quand Dieu a dit :“Les boissons enivrantes, les jeux de hasard, les sacrifices païens, la divination sont autant d'oeuvres infâmes inspirées du Démon. Fuyez-les : vous en serez plus près de la félécité“(271), et d'ajouter s'adressant aux païens : “Cessez-vous enfin de vous y livrer ?”(272), tous les païens répondirent : “O Seigneur ! Nous avons mis un terme à tout celà”. Ceci s'est produit depuis des lustres, alors que les gouvernements temporels d'aujourd'hui dépensent des sommes faramineuses pour éradiquer le fléau de la drogue et les effets néfastes de l'alcoolisme, sans aucun résultat concret. Le changement radical n'intervient réellement qu'une fois que la foi authentique est enracinée dans les coeurs des fidèles, foi efficiente et influente qui incite à l'action et au comportement exemplaire. C'est cela donc la voie sûre pour quiconque aspire à des changements de notre réalité. Dieu est notre soutien. C'est Lui que nous implorons pour que toutes nos oeuvres soient vouées à Lui Seul et pour qu'Il nous préserve de toute déviance dans notre foi, nos paroles et nos oeuvres. Notre ultime invocation est que la louange soit à Dieu, Maître de l'Univers, et que la prière et le salut soient sur Son Envoyé, sauveur de l'Humanité, sur sa famile, Ses Compagnons et ceux qui ont suivi sa voie.
|
|
Publications de l'Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture-ISESCO- 1428H/2008 |
|
| Copyright © ISESCO 2000 - 2012 |