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La Foi islamique

(Etude pour la correction des informations erronées

parues dans l’Encyclopédie de l’Islam

publiée par la maison d’édition Brill, de Leiden)

 

Table de matières

 

XII. Le juste milieu en toute chose : fondement de la véritable doctrine

Quand nous analysons les attitudes que les savants adoptent à propos des attributs divins, nous constatons qu'elles sont entachées d'abus et de laxisme. Certains de ces savants ont été négatifs face aux versets supposés être anthropomorphiques. Ils nient catégoriquement à Dieu les attributs de perfection et considèrent ces versets comme étant équivoques, ou bien ils confèrent des significations qui s'éloignent beaucoup de leur sens littéral en tordant les cous des textes, sans preuve. Ce sont là les partisans de la négation des attributs divins.

D'autres sont allés très loin dans l'exégèse au point que celle-ci est devenue, chez eux, synonyme de la déformation. D'autres encore ont été acculés au comparatisme et à l'anthropomorphisme. Or, il faut bien l'admettre, la doctrine des "gens de la vérité" repose sur le juste milieu qui n'est ni la négation des attributs, ni leur déformation, mais une situation intermédiaire qui se traduit par la compréhension des versets et des Hadîths des attributs anthropomorphiques d'après leur sens littéral que suggèrent les règles de la langue arabe, mais de la manière qui sied parfaitement à l'essence divine. D'une part, ils repoussent l'anthropomorphisme et toute comparaison de Dieu avec Ses créatures tant en ce qui concerne son essense que ses attributs "Rien ne Lui est comparable" et, d'autre part, ils reconnaissent l'existence des attributs que Dieu a affirmés à Lui-même dans de nombreux versets et dans plusieurs Hadîths authentiques.

Ibn Taymiyya a dit :

"Que Son arrivée ou Sa descente soient différents de ceux de Ses créatures, cela est l'évidence-même, qui fait l'unanimité des savants traditionnistes et de tous les sages. Les attributs et les actions font corps avec l'essence. Si son essence est différente des autres essences, si Elle est unique, il est tout à fait logique et dans l'ordre des choses que Ses attributs soient différents de ceux de Ses créatures et qu'entre eux, il n' y ait aucune ressemblance.

Nul doute qu'Il est le Tout-Puissant, qu'Il est au-dessus de tout, plus puissant que tout et que Son arrivée et Sa descente ne se produisent pas là où se trouvent Ses créatures ou que celles-ci soient plus puissantes et plus grandes que Lui. Cela est inimaginable”(194)

Il faut attirer l'attention ici que l'exégèse n'est pas à rejeter totalement, mais il faut veiller à ne pas faire supporter au génie de la langue arabe des fantaisies sémantiques et des acrobaties linguistiques qui lui sont étrangères. Ainsi peut-on remarquer par exemple que l'ellipse du nom complété est monnaie courante en arabe, comme dans le verset : “ Demande au village” qui veut dire “ demande aux gens du village”. C'est pourquoi Abû al Faraj a dû interpréter le verset :“ Qu'ont-ils à attendre sinon de voir soudain arriver vers eux Dieu et Ses Anges, à l'ombre des nuées…” par cette phrase :“ jusqu'à ce que le commandement de Dieu intervienne”. Par contre, il rejette l'interprétation de "l'établissement de Dieu sur le Trône” par “ la domination”

Dans une version de Hanbal, Ahmad interprète le verset “Ton Seigneur vint” par “le commandement de ton Seigneur intervint”(195) et le verset : “C'est Lui qui me nourrit et me donne à boire. Et quand je souffre d'un mal, Lui seul peut m'en guérir”(196), où il explique que le sens n'est pas que Dieu accomplit l'action de faire nourrir. Il s'agit-là tout simplement d'une métonymie. Le verset signifie que Dieu est la Source de tout. Tout émane de Lui et Il est le refuge Suprême. C'est de Lui que provient toute l'abondance des biens. Qui est à l'origine de toutes les causes qui permettent la production de la nourriture ? C'est bien le Très-Haut.

Le Saint-Coran, comme on le déduit des exemples précités, évite l'emploi des tournures de la langue arabe qui sont très fréquentes, ce qui n'est pas à considérer comme devant donner lieu à l'exégèse blâmable, car la métonymie, la métaphore, la comparaison et toute la panoplie des figures de style (objet de la rhétorique et de la philologie) font partie de l'appareillage de l'exégèse courante, tant qu'il existe des arguments rationnels et des arguments d'autorité qui incitent à donner à un vocable un sens autre que celui qui lui est propre comme dans le verset :“Il n'est que Dieu qui ait créé toute chose”(197) où la raison nous impose d'excepter le Créateur Lui-même de “toute chose ”, c'est à dire d'être le Créateur de Son Etre... etc.

 

   

Publications de l'Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture

-ISESCO- 1428H/2008

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