Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

   

La Foi islamique

(Etude pour la correction des informations erronées

parues dans l’Encyclopédie de l’Islam

publiée par la maison d’édition Brill, de Leiden)

 

Table de matières

 

XI. Les versets supposés être anthropomorphiques ne sont pas des versets équivoques, rebelles à l'exégèse

Les versets supposés être anthropomorphiques ne sont pas des versets équivoques dont on ignore le sens. Bien au contraire, ce sont des versets explicites tant du point de vue de la langue que celui de la compréhension. C'est pour cela qu'il n'y a pas eu de divergences à leur sujet ni chez les Vénérables Compagnons, ni chez leurs disciples. Pour ce qui est des versets équivoques, on peut dire que les vrais initiés en saisissent le sens. Telle est l'opinion dominante des Ulémas et celle de la plupart des Traditionnistes, car "il est inadmissible que Dieu ait révélé des Ecritures dont le sens ne soit pas compris. C'est pour cela que des savants comme Ahmad et bien d'autres parmi les pieux Anciens n'ont jamais dit qu'il "existe dans le Saint-Coran des versets dont le sens est ignoré du Prophète ou d'autres personnes, mais ils peuvent se trouver face à certains de ses termes dont ils ignorent le sens". L'interdiction de s'intréresser aux versets équivoques n'a, en fait, concerné que ceux qui les utilisent comme prétexte pour semer la zizanie autour d'eux et pour s'adonner aux plaisirs morbides de l'exégèse. C'est là l'objectif abject que poursuivent ceux qui veulent porter préjudice au Saint-Coran où ils ne voient que les versets équivoques, leur but étant non pas de les interpréter pour mieux comprendre la religion et par amour du savoir, mais pour semer la discorde parmi les gens. On comprend, dans ces conditions, pourquoi le Calife 'Umar -que Dieu soit satisfait de lui- a sévérement puni Subaygh Ibn 'Isl quand celui-ci lui a posé des questions sur les versets équivoques avec l'intention de nuire. Le Prophète -sur lui la prière de Dieu- a dit dans ce sens :

"Si vous rencontrez ceux qui s'intéressent aux versets équivoques, méfiez-vous d'eux, car ce sont ceux-là que Dieu a mis à l'index"(189).

Ce Hadîth invite à condamner ceux qui ne s'intéressent aux versets équivoques que dans le dessein de nuire aux gens et de semer la discorde parmi eux :

Ibn Taymiyya a dit :

"Quant à celui qui cherche à comprendre les versets équivoques pour en saisir le sens et chasser tout doute de son esprit, tout en connaissant parfaitement les versets explicites auxquels il croit, comme il croit aux versets équivoques par lesquels il ne vise à faire aucun mal autour de lui, celui-là n'est nullement blâmé par Dieu".

C'est cette sagesse que prônaient les Compagnons, que Dieu soit satisfait d'eux. On rapporte que Mu'âd Ibn Jabal a dit : "Il y a deux catégories de gens qui méditent sur le Saint-Coran. Il y en a qui le dissèquent et le passent au peigne fin avec l'intention morbide d'y trouver quelque aberration à faire éclater au grand jour. Ce sont les esprits pervers qui ne sauront point reconnaître la voie du salut. Il y en a ceux qui le lisent sans aucune intention de nuire à quiconque. Ils appliquent les préceptes qui leur paraissent clairs et s'en remettent à Dieu quand ils se trouvent face à des versets amphibologiques. Dieu finit toujours par leur apporter des renseignements à ce sujet, même s'ils doivent attendre, pour cela, de longues années"(190).

Dans ce Hadîth, Mu'âd blâme donc ceux qui s'arrêtent aux versets équivoques avec l'intention de semer la discorde parmi les gens. Quant à ceux qui cherchent à les comprendre pour plus de savoir et de rapprochement du Très-Haut, Mu'âd dit que Dieu les leur élucidera. Ils acquèreront ainsi un savoir que personne n'aura acquis. Une preuve à cela est que "lorsque l'un des Compagnons trouvait des difficultés à comprendre un verset ou un Hadîth, il demandait des explications au Prophète comme l'a fait 'Umar" et bien d'autres. Une autre preuve à cela fut le consensus des pieux Anciens. Ils ont tenu à commenter tout le Saint-Coran. Mujâhid a dit : "J'ai étudié le Livre sacré avec Ibn 'Abbâs dans sa totalité et je lui ai demandé des explications sur chaque verset".

Les Compagnons recevaient des explications sur le Saint- Coran de la bouche même du Prophète (sur lui la prière de Dieu) comme l'a affirmé Abû 'Abdarrahmân As-Sulamî :

"Ceux qui nous enseignaient le Saint-Coran, en l'occurrence 'Uthmân Ibn 'Affan et 'Abdallâh Ibn Mas'ûd et bien d'autres, nous disaient que lorsqu'ils apprenaient de la bouche du Prophète (sur lui la prière de Dieu) dix versets, ils ne cherchaient à en apprendre d'autres qu'une fois qu'ils en ont tiré la substantifique moelle. C'est ainsi que nous avons appris et le Saint-Coran et la théorie et la pratique".

C'est pour cela que les vrais savants pensent que la particule "et", dans le verset ci-après, est une conjonction de coordination :

"Son secret ne peut être percé que par Dieu et les plus versés dans la science qui disent : "nous croyons en le Saint- Coran, Révélation de notre Seigneur" (traduction littérale du traducteur).

Dans ce verset nous constatons que la proposition "les plus versés dans la science" est coordonnée à "Dieu". La particule "et" dans cette phrase est bien une conjonction de coordination. Quant à la proposition relative (qui disent...), elle est un complément circonstanciel d'état dans le texte arabe et non pas un prédicat.

Ce verset est semblable à cet autre :

"Aux pauvres émigrants et à ceux qui ont occupé la maison(...) aiment ceux qui émigrent vers eux..."

où nous remarquons que la particule "et" coordonne les deux phrases "Aux pauvres émigrants" et "à ceux qui...". Quant à la phrase "aiment ceux qui émigrent...", il s'agit là d'un complément circonstanciel d'état(191). Dans leur commentaire, les savants apportent cette précision : "Si la phrase "les plus versés dans la science..." n'était pas coordonnée à "Dieu", aucune, valeur ne serait donnée, dans ce verset aux plus versés dans la science. En effet, tous les fidèles, lettrés et analphabètes, disent qu'ils croient en le Saint-Coran. Or, ce qui donne à ce verset une importance particulière consiste en ce que "les très versés dans la science sont en mesure de percer les secrets du Saint-Coran, eux qui sont animés d'une foi solide et profonde. Cette foi, en plus du savoir qu'ils ont, leur donne plus de poids pour qu'ils méritent d'être au fait de l'exégèse coranique. C'est pour cette raison que le verset susmentionné se termine ainsi : "Seuls des esprits réfléchis savent se recueillir pour méditer", ce qui prouve qu'une importance toute particulière est donnée ici à ceux qui se recueillent pour méditer le Saint-Coran(192).

Le verset susmentionné est commenté par Al Bukhârî de la manière suivante : "Les plus versés dans la science" connaissent l'interprétation (du Saint-Coran) et disent : "Nous croyons en le Saint-Coran".

Du point de vue rationnel, il est inconcevable que le Saint- Coran puisse renfermer des paroles qui ne soient pas comprises du Prophète (sur lui la prière du Dieu), de ses Compagnons ou d'un membre de la Umma. Toutefois, il faut savoir faire la distinction entre la compréhension d'un vocable et la manière exacte dans laquelle se présente son signifié. Ainsi par exemple, nous comprenons bien les versets qui évoquent le Paradis et ses délices, mais nous sommes dans l'ignorance la plus totale en ce qui concerne la nature exacte de ces délices. De même, Dieu a déclaré qu'il existe des délices que nous, humains, ignorons complètement, bien que le discours dans lequel cette mention des délices a été faite, soit aisément à notre portée.

Notre objectif ici est de démontrer qu'il n'existe pas dans le Saint-Coran qui a été révélé pour que ses versets soient médités, des passages dont le sens échappe au Prophète (sur lui la prière de Dieu) et aux fidèles.

Ibn Taymiyya a dit :

"C'est ici que réside le scandale qui a été dénoncé par les érudits. Il existe, en effet, une grande différence entre ce dont nous n'avons pas été du tout informés par Dieu -et il n'y aucun mal à ce que nous ignorons cela- ou ce dont nous avons été partiellement informés concernant certains attributs, et ce dont nous avons été réellement informés et qui consiste en ces Ecritures en langue arabe révélées pour servir de guide aux problèmes de l'Humanité. Al Hassan a dit : "Dieu ne révèle un verset que parce qu'Il désire qu'on sache sa teneur et la raison pour laquelle ce verset a été révélé. Comment donc peut-on oser dire que tel verset n'est pas du tout compris par personne? Soulignons que ce qui a été dit à propos du verset susmentionné contredit la réalité, car les Hadîths du Prophète (sur lui la prière de Dieu) et les commentaires des pieux Anciens concernant ce verset et d'autres qui lui sont identiques, sont nombreux et connus"(193).

 

   

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-ISESCO- 1428H/2008

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