La Foi islamique(Etude pour la correction des informations erronéesparues dans l’Encyclopédie de l’Islampubliée par la maison d’édition Brill, de Leiden) |
||
![]() |
IX. La méthode authentique dans la compréhension de la foi La méthode authentique dans la compréhension de la foi qui se base, dans l'approche du Texte sacré, sur les règles exactes de la langue, des impératifs contextuels et des dispositions religieuses relatifs aux attributs de Dieu, lesquels attributs sont dépourvus de toute idée anthropomorphique d'une manière qui sied à la Majesté du Très-Haut, ne peut évidemment être que la méthode qui ne souffre d'aucune contradiction, ni d'aucun désaccord ni d'aucune ambiguïté et qui ne tient aucun compte des réactions subjectives et des partis pris à propos de l'épineuse question relative à l'essence et aux attributs divins, car il s'agit-là d'une méthode qui a affirmé à Dieu tous les attributs évoqués par le Livre et la Tradition authentique, loin de toute idée anthropomorphique et d'une manière qui convient parfaitement à la Majesté de Dieu comme on l'a dit précédemment. Par contre, toutes les autres méthodes ont connu des contradictions et des inconséquences et les idées qu'elles ont propagées ne sont -pour la plupart- que des réactions à ce qui a été soulevé comme problèmes par les athées, les libre-penseurs et les philosophes. Elles ont donné lieu à deux tendances diamétralement opposées : celle qui reconnaît les attributs divins et celle qui les nie. Ni l'une, ni l'autre n'a réussi à trouver une issue qui concilierait la raison et la religion à propos de ce problème épineux(184). Ainsi donc les Ash'arites et les Mâturidites affirment l'existence des attributs en lesquels ils reconnaissent des concepts qui se rapportent à l'essence. Pour eux, essence et attributs ont leur entité propre, mais dans la réalité, ils sont indissociables. Les deux écoles entrèrent, plus tard, en désaccord. Les Ash'arites n'ont plus reconnu que les attributs spécifiques, qui ajoutent des concepts à l'essence, lesquels concepts pour eux sont éternels, mais qui sont surajoutés à l'essence. Pour ce qui est des attributs d'action, les Ash'arites les ont considérés comme contingents, donc non éternels. Ils se sont ainsi trouvés en contradiction avec eux-mêmes, car ils se sont donné comme principe que le Très-Haut n'est pas l'Etre d'où émanent les événements cosmiques, bien qu'ils aient déployé beaucoup d'efforts pour concilier les deux attitudes du fait que, pour eux, les attributs d'action ne sont pas surajoutés. Toutefois, il faut bien noter qu'ils ne réussirent point dans cette direction. Quant aux Mâturidites, ils ne suivirent guère les Ash'arites dans leur raisonnement. Ils affirmèrent l'existence des attributs d'action qui, pour eux, sont éternels, mais ne constituent, en réalité, qu'une qualité intrinsèque désignée par eux sous le vocable "l'émanation". Les deux écoles, ash'arite et mâturidite, finirent par s'entendre sur la nécessité de recourir à l'exégèse en ce qui concerne les autres attributs tels que le visage, les mains, la descente et l'établissement sur le Trône, comme on l'a déjà vu. A cette distinction entre les attributs, il n'existe aucun argument convaincant, ni rationnel, ni religieux. Il s'agit d'une pure vue de l'esprit et elle reste foncièrement arbitraire. Les attributs divins, tous sans exception, ne sont guère identiques aux attributs humains. Comme Son ouïe et Son existence ne sont pas semblables à celles de Ses créatures, il en est de même pour tous les autres attributs tels que le pouvoir de créer, la descente, l'établissement sur le Trône, le visage, les mains, etc., comme on l'a déjà vu. Et comme Son essence n'a rien de pareil au nôtre, il en est de même pour Ses attributs. Pourquoi donc s'entêter à démontrer ce truisme? Quant aux Mu'tazilites, ils reconnaissent les Noms de Dieu tels que l'Omniscient, l'Audiant, le Clairvoyant, mais ils n'affirment pas l'existence d'attributs surajoutés à l'essence. Ils se sont ainsi trouvés dans un terrible guêpier : la non-distinction des deux concepts que sont "l'essence" et "l'attribut". Le fait qu'ils reconnaissent que Dieu est Savant n'a de sens dans la langue que parce que l'on reconnaît l'existence de l'origine de la dérivation de ce terme qui n'est autre que "la science". En outre, il faut bien convenir que leur idée voulant que la pluralité des attributs conduit à la pluralité des déités est la preuve qu'ils n'agissent pas en dehors de la peur des réactions d'autrui et qu'ils ne jugent pas ce problème à sa juste valeur. Or, les attributs d'un objet, même s'ils ne constituent pas eux-mêmes l'essence, ne peuvent que faire partie de cet objet, puisqu'ils sont différents et n'ont pas une existence autonome, en dehors de l'essence. L'essence est donc une, mais les attributs sont nombreux. Quoi de plus naturel que cela ? Le vénérable Prophète a admis la pluralité des attributs quand il a dit : "Dieu possède quatre vingt dix neuf Noms"(185). La pluralité des Noms et des attributs signifie-t-elle la pluralité des essences ? Je doute qu'il existe quelqu'un qui puisse prétendre cela.. De leur côté, les corporéistes ont été encore plus loin dans l'égarement, puisqu'ils ont affirmé à Dieu les attributs qu'ils se représentent sous une forme qui se rapproche beaucoup de celle des humains. Certains d'entre eux n'ont pas hésité à déclarer expressément que Dieu dispose d'attributs corporels. Il apparaît ainsi que les méthodes des scolastiques concernant cette importante question (l'essence et les attributs) n'ont pas été probantes. Ce qui est étonnant, c'est que tout le monde aspire, dans cette affaire, à un noble objectif : l'unicité divine et l'éloignement de Dieu de toute idée anthropomorphique au point que les Mu'tazilites ont cru devoir se considérer comme étant seuls les hommes de l'unicité divine, mais ils ont oublié qu'ils n'étaient véritablement que la secte qui nie les attributs divins dont parlent le Saint-Coran et la Tradition... Ils ont interprété les attributs au point de les dénaturer. Il n'y a, à vrai dire, que les pieux Anciens qui disposent d'une méthode cohérente dans la compréhension des attributs, comme on l'a déjà vu.
|
|
Publications de l'Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture-ISESCO- 1428H/2008 |
|
| Copyright © ISESCO 2000 - 2012 |