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La Foi islamique

(Etude pour la correction des informations erronées

parues dans l’Encyclopédie de l’Islam

publiée par la maison d’édition Brill, de Leiden)

 

Table de matières

 

IV. Absence de toute opposition entre les Musulmans à propos de l'obligation de la croyance en le message du Livre et de la Tradition authentique

La foi n'est totale que si l'on croit au message du Saint-Coran et à la Tradition. Quiconque conteste un verset ou un dire authentique ou le dogme islamique en général, est reconnu unanimement comme étant un mécréant(166).

Les causes des divergences entre les Musulmans -en matière de religion- proviennent de leur méthode d'exégèse ou de l'absence de celle-ci. Certains d'entre eux se refusent à toute exégèse à propos des versets supposés être anthropomorphiques. D'autres s'y adonnent largement. Parmi ces derniers, il y en a ceux qui ouvrent grandes les portes de l'exégèse, ceux qui les entrebaillent et ceux enfin qui les ferment à moitié. C'est là qu'interviennent les tendances naturelles de toutes les sectes religieuses, c'est-à-dire la propension à la tendance rationaliste chez certains, et à la tendance littéraliste, traditionniste chez d'autres. En plus de leurs méthodes relatives aux croyances qui furent adoptées dans l'approbation des Hadîths non transmis par un grand nombre de rapporteurs (mutawâtir), ou dans leur ignorance du Hadîth lui-même ou de son affirmation, de son authenticité et de l'intinéraire qui a été le sien, sans oublier le rôle de l'imitation et du suivisme.

L'Imâm Abû Al Hassan Al Ach'arî dit à ce propos :

"Bon nombre de ceux qui s'écartèrent du droit chemin -parmi les Mu'tazilites et les partisans du libre-arbitre- se sont laissés séduire par les idées de leurs chefs et de leurs ancêtres. Dans le sillage de ces derniers, ils ont interprété le Saint-Coran d'une manière déconcertante, sans apporter à leurs interprétations aucune preuve et sans se référer ni à l'Envoyé du Maître de l'Univers, ni aux premiers érudits de l'Islam. Ils ont ainsi déformé les récits des Compagnons sur le Prophète…"(167).

Le grand érudit, Ibn Taymiyya, dit à son tour :

"Beaucoup d'entre eux ne comprennent du Saint-Coran et du Hadîth que ce qui a été agréé par ceux qui épousent la même doctrine qu'eux. Ils s'approprient leurs exégèses, prenant appui sur les textes qui leur conviennent et interprètent à leur façon ceux qui contredisent leur doctrine. Beaucoup d'entre eux n'avaient absolument aucune intention de se plier à la teneur d'un texte. C'est le cas des "Ar-Râfida" (ceux qui refusent) et des "Jahmiyya". Or, celui qui instaura le refus (rafd) était un hérétique qui, de propos délibéré, adopta le mensonge grossier, sachant bien que c'était du mensonge. Vinrent après, ceux qui ont cru au mensonge, mais qui sont restés la proie du doute à ce sujet, comme le dit le Saint-Coran".

"Ceux qui, à leur suite ont hérité de l'Ecriture, sont à son sujet dans un doute troublant"(168).

Les Jahmiyya étaient comme eux".(169).

Il est à noter ici que les intentions de la plupart des sectes religieuses étaient nobles en elles-mêmes, mais des erreurs ont été commises dans les méthodes utilisées ou dans la compréhension du sens exact. Pour les Kharijites, par exemple, ce qui comptait le plus c'était l'affirmation de la Souveraineté totale à Dieu. Ceci est certes la vérité, mais dont ils n'ont compris ni la teneur, ni les procédés légaux. Ce qu'ils visaient, dans le non rachat du pécheur était -comme disait Ibn Taymiyya- de suivre l'enseignement du Saint-Coran tant sur le plan ésotérique qu'exotérique, mais ils ont commis des erreurs dans sa compréhension. C'est pourquoi on ne les tient pas pour des mécréants(170). Il en est de même des Qadirites qui pensent que l'homme est l'auteur de ses actes et nient, par conséquent, la prédestination. En fait, leur objectif majeur était tout simplement la glorification du commandement, de l'interdiction, de la promesse et du châtiment, mais ils ont très mal compris le Saint-Coran, car ils n'ont pas tenu compte d'autres preuves qui attribuent toute chose à Dieu et qui affirment par conséquent la prédestination. Ibn Taymiyya dit :"Ainsi, l'intention profonde de 'Amr Ibn "Ubayd et de ceux qui pensaient comme lui n'était pas de contrecarrer la mission du Prophète (sur lui la prière de Dieu) à l'instar de celui qui instaura le refus (rafd)".

De leur côté, les Murdji'ites ont subi l'influence négative des Kharijites qui refusent l'expiation des pécheurs. Ils disaient : "De la même manière que la désobéissance à Dieu, quand on a la foi, ne peut nuire, la bienfaisance, quand on ne croit pas en Dieu, ne sert absolument à rien".

Même les Mu'tazilites, au début de leur mouvement, visaient à sauvegarder la religion et à faire face aux abus des philosophes en usant de tout l'arsenal méthodologique de ces derniers au point qu'ils se sont fait nommer "les apôtres de la justice et de l'unicité divine". Leur défaut est qu'ils ont exagéré la glorification de la raison et se sont lancés dans la philosophie scolastique au point qu'ils sont allés jusqu'à dénier à Dieu les attributs essentiels tout en maintenant la reconnaissance de Ses Noms, comme on l'a déjà vu.

Pour toutes ces raisons, les érudits traditionnistes n'ont jamais taxé ces sectes d'hérésie, mais ils les ont considérées comme faisant partie des soixante douze sectes que compte la Umma de Mohammad (sur lui la prière de Dieu). Toutefois, il ne s'agit pas là de sectes qui ont échappé au naufrage et dont la doctrine est basée sur la vérité parfaite(171). D'ailleurs, chercher à taxer autrui d'athéisme ne faisait pas partie de la méthode de travail des pieux Anciens. Toutefois, quand il leur arrivait de le faire, c'était face à des cas d'athéisme flagrant.

 

   

Publications de l'Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture

-ISESCO- 1428H/2008

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