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La judaïsation culturelle et médiatique
de la ville d'Al-Qods et de son patrimoine
Dr Khalid 'Azab (*)
L'on entend par judaïsation l'action visant à dépouiller al-Qods de son cachet islamo-chrétien et à l'imprégner du cachet dit judaïque. La judaïsation d'al-Qods s'inscrit dans un processus ciblant l'ensemble de la Palestine. Concernant al-Qods, ce processus commence par le changement du nom de cette ville, qui devient Ertz Yisrael, puis ouvre à altérer son histoire pour, enfin, procéder à la destruction des villages arabes et leur remplacement par des colonies juives dans lesquelles s'installeront les nouveaux colons invités à peupler la Palestine(1).
Ce processus de judaïsation, amorcé dès 1948, s'est intensifié et a pris de l'ampleur depuis juin 1967. Israël, dont la politique est axée sur l'altération structurelle du cachet démographique et architectural d'Al-Qods, prit donc possession de la plupart des grands édifices de la ville, en procédant à la destruction des institutions en place en vue de leur remplacement par des institutions juives. De même qu'il a confisqué les terres appartenant aux Arabes, chassant ceux-ci et les remplaçant par les sionistes.
La judaïsation culturelle et médiatique constitue l'un des axes majeurs de la politique israélienne. Ce processus concerne, dans une grande mesure, le patrimoine de la ville, qui est l'expression vivante de son identité. Devenu une obsession constante dans le discours hébreu quotidien sur la ville, ce patrimoine s'est transformé chez les juifs en une préoccupation permanente. Ils tentent de temps à autre de trouver des réponses aux interrogations qu'ils se posent sur l'histoire et le patrimoine d'al-Qods, ainsi que sur son caractère juif. La judaïsation culturelle et médiatique revêt différentes formes : tantôt elle est culturelle, tantôt elle touche l'essence même et les frontières d'al-Qods, tantôt elle s'attelle à l'altération des réalités historiques, surtout celles concernant l'âge de la ville, tantôt elle se focalise sur le Temple en cherchant, par exemple, à savoir s'il existe un emplacement sacré sur lequel il doit être reconstruit.
L'éducation est un autre moyen vital pour ancrer les idées et les croyances voulues dans l'esprit des gens. D'où le souci des juifs à diffuser, par le biais des cursus scolaires et des livres d'enfants, tout ce qui est de nature à étayer leurs allégations à l'endroit d'al-Qods et de la Palestine. Dans le roman "Le petit David", par exemple, l'histoire met l'accent sur l'ancienneté de la présence juive en ces termes : «En cette année, à Urshalim -al-Qods- David était encore très jeune lorsque les Romains détruisirent et brûlèrent le magnifique Temple de Salomon. Sur ordre de l'empereur Titus, ils tuèrent et pillèrent ; leurs soldats coupèrent(2) de leurs épées aiguisées les têtes des petits enfants. Ils ne laissèrent que quelques pierres que nous appelons le "Mur des Lamentations". Or comme le petit David était rusé et courait très vite, il a réussi à échapper aux bourreaux romains. Les juifs qui ont survécu se sont dispersés à travers le monde, et cet exode s'appelle la diaspora. Les voilà donc les juifs sans patrie, mais le petit David dit qu'il sera l'année prochaine à Urshalim. Après les Romains, c'était le tour des envahisseurs byzantins, puis perses, ensuite les Croisés, qui étaient des Français, des Anglais et des Allemands et qui prétendaient délivrer le tombeau du Christ. Ils portaient des croix sur leurs poitrines et leurs épées. Ils étaient effroyables et tuèrent beaucoup de juifs. Pour se justifier, ils déclarèrent ne pas les distinguer des Arabes. Puis ce fût la conquête turque, qui dura très longtemps. Mais ces derniers laissèrent les notables juifs embrasser le Mur des Lamentations. Ils ont construit une belle muraille entourant Urshalim. Le petit David demeure cependant sans patrie et continue à dire qu'il sera l'année prochaine à Urshalim».
Il est aussi une autre dimension qui s'applique à imprimer un cachet scientifique à la vision judaïque d'al-Qods, et que l'on peut clairement percevoir à travers les activités universitaires et institutionnelles israéliennes. En effet, en dépit de l'échec avoué des archéologues juifs à trouver ne fût-ce qu'une seule pierre de tout bâtiment attribué par la Tora au prophète Salomon, et malgré des décennies d'intenses fouilles archéologiques israéliennes dans bon nombre de sites à al-Qods, rien de significatif n'a été trouvé pour confirmer l'origine juive de la ville. Les juifs attribuent à l'ère de Salomon une pierre trouvée à al-Qods sur laquelle les noms des anciens mois étaient gravés en caractère hébraïque antique, qui dérive de l'alphabet phénicien ; il en est de même d'une autre pierre, trouvée dans un caniveau à l'extérieur d'al-Qods, dont les gravures la rattachent au prophète Ezéchiel(3). Les fouilles effectuées près de la Mosquée al-Aqsa ont débouché sur trois palais de princes omeyyades qui ont gouverné la ville, suscitant ainsi, outre la déception de l'université hébraïque et l'Association archéologique d'Israël qui a entrepris les fouilles, l'amertume chez la Direction de l'Archéologie israélienne dont dépend actuellement cette région. Ladite association avait soutenu le programme de Benyamin Mazar, professeur à l'Université hébraïque qui mit au point un projet de fouilles à la recherche du soubassement du temple sur le site même de la Mosquée al-Aqsa et dans le pourtour, entraînant ainsi la démolition d'un grand nombre de monuments islamiques dans la zone des fouilles. Là encore, les juifs n'ont trouvé aucun vestige remontant à l'ère du prétendu temple.
Juifs et archéologues ont ainsi eu l'occasion de mettre la Tora à l'épreuve à travers les fouilles archéologiques visant à trouver des traces du Royaume d'Israël. Bien que leurs recherches n'aient rien donné de significatif, ils continuent à donner au projet de reconstruction du temple juif une dimension scientifique. C'est ainsi que la Société géographique israélienne a consacré en 1996 un numéro spécial de sa revue scientifique à la reconstruction du temple. Ce numéro proposait une entrevue avec un architecte juif sur ce sujet, des résultats des recherches sur les premier et second temples, ainsi que des modèles contemporains du temple à rebâtir à l'emplacement même du Dôme du Rocher, en plus d'une étude archéologique comparée du Temple de Hérode, tel que les juifs le conçoivent, et le vieil Aqsa composé d'une série de voûtes représentant un caveau au niveau inférieur de la Mosquée al-Aqsa et du Mur al-Bouraq (mur des Lamentations)(4). Ce numéro, publié par une revue scientifique reconnue et respectée en Occident, met en évidence le caractère sérieux des allégations israéliennes, d'autant qu'il sert de référence aux articles de presse et aux émissions de télévision.
Bien plus encore, la supercherie a été poussée jusqu'à l'organisation d'expositions de certains résultats des fouilles archéologiques d'al-Qods imputés à tort aux juifs. Ces expositions, durant lesquelles sont disséminées les conclusions scientifiques par diverses langues internationales, tentent en vérité de faire une publicité à connotation scientifique.
Les juifs ont recouru à l'archéologie comme moyen pour étayer leurs thèses sur al-Qods. En effet, les découvertes archéologiques constituent un facteur décisif à la fois pour construire l'identité politique et réaffirmer le présent. Aussi font-ils en sorte que tous les symboles nationaux israéliens, notamment les armes du pays, les médailles, les insignes, les timbre-poste, la monnaie..etc, s'inspirent d'éléments à caractère patrimonial.
Les Arabes, quant à eux, sont quasi absents du domaine des études archéologiques relatives à la Palestine, surtout celles relatives à la période protohistorique. Mais, c'est justement sur cette période que les juifs s'appuient pour prouver leur présence en Palestine, et particulièrement à al-Qods. Mieux encore, l'intérêt porté au patrimoine de la ville islamique ne dépasse pas les limites du Sanctuaire Noble. Il est donc capital que l'attention se focalise sur ce point et que cette question soit intégrée pour toujours dans le discours politique islamique et arabe relatif à al-Qods. Il faudra également élaborer une carte topographique mettant en évidence l'évolution architectonique d'al-Qods depuis les temps protohistoriques jusqu'à nos jours, surtout quand il est question des biens du Waqf islamique de la ville saisis par Israël. Vu la disponibilité de documents du waqf remontant aux ères Ayyoubide, Mamelouk et Ottomane(5) et décrivant avec force détails l'urbanisme de la ville pendant ces époques ainsi que l'appartenance des terres, bâtiments et zones mitoyennes, devenus désormais partie intégrante de la ville, cette action sera certainement utile aux chercheurs et politiciens qui pourront alors défendre, preuves à l'appui, le statut de la ville en tant que partie intégrante des sanctuaires et des biens des musulmans, qui ne peut faire l'objet d'aucune aliénation ou désistement.
Al-Qods se distingue par son patrimoine architectural unique, à commencer par le Sanctuaire et jusqu'aux différents monuments historiques de la ville, dont voici les plus importants :
1. Les Bimarestan(6), dont le plus célèbre est le Bimarestan Salahi, établi en 583H/1187 par le sultan Salah al-Din al-Ayyoubi (Saladin) après sa conquête d'al-Qods. A son départ d'al-Qods, le sultan confia au juge Ibn Shaddad la gestion du bâtiment. Il l'immobilisa au profit des habitants d'al-Qods pour qu'ils puissent s'y faire soigner gratuitement. Détruit au neuvième siècle de l'hégire (XV° siècle) par un tremblement de terre, il n'en reste plus qu'une infime partie utilisée actuellement comme bazar.
2. Les Khan(7), souks et agences. Dr Kamel Jamil Assali en a répertorié seize à al-Qods(8). Dans son inventaire, l'auteur ne distingue pas entre Khan (marchés construits) et agences, une confusion due à l'interdépendance des fonctions de ces services publics gérés par des établissements caritatifs et religieux de la ville. Parmi les plus importantes, citons la Qissaria al-Sultan, édifiée par le sultan mamelouk Barquq en 788H, Souq al-Qattanîn, fondé par le prince mamelouk Tenkiz à proximité du Sanctuaire Noble, ainsi que Khan al-Fahm (magasin de charbon) et Khan al-Khasskiya.
3. Les Hammam, notamment Hamman Aïn al-Shifa, Hamman al-'Aïn, Hamman Bab al-Asbât, Hammam al-Sultan, et Hammam al-Sayyida, entre autres.
4. Les Sabil (fontaines publiques)(9) étaient répandus à al-Qods. Le Sabil du sultan Qaitbay était le plus célèbre de la ville. Situé près du Sanctuaire Noble, il était surmonté d'un superbe dôme en pierre qui attirait l'attention des voyageurs étrangers. Parmi les autres Sabil d'al-Qods, citons ceux de Bab al-Nazer, al-Khalil, al-Badiri, Bab Khan al-Zeyt, Dorj al-Wâd, ainsi que Bab Hottah et Sayyida Maryam.
5. Les Takiyya (dervicheries), dont la plus réputée est celle de Khaski Sultan, construite par Hürrem (plus connue du nom de Roxelane), épouse du sultan ottoman Soliman le Magnifique (surnommé le législateur). Cette Takiyya consistait en un immense complexe architectural entouré de nombreuses dépendances dont une école, des locaux pour l'accueil et l'hébergement des visiteurs d'al-Qods, en plus d'une cuisine pour l'alimentation des hôtes de la Takiyya et des pauvres de la ville. Le document du waqf de ladite Takiyya, rédigé en turc et traduit en arabe, est inscrit aux registres du Tribunal de jurisprudence islamique d'al-Qods(10).
6. Les mosquées. Al-Qods comptait beaucoup de mosquées, dont la plus célèbre est la mosquée Omar ibn al-Khattab, construite à l'endroit même où ce grand calife musulman pria après avoir pris les commandes de la ville. Omar ibn al-Khattab avait refusé de prier à l'église du Saint Sépulcre (ou église de la Résurrection) par respect pour les lieux de culte des autres religions, mais aussi pour que les musulmans ne construisent pas une mosquée à l'endroit où leur calife faisait sa prière. Le geste du calife était une reconnaissance implicite du droit autant des chrétiens que des musulmans à pratiquer librement leur culte dans la ville Sainte.
Depuis sa construction, cette mosquée a fait l'objet d'une attention particulière de la part des musulmans qui l'ont rénovée en 589H/1193, durant l'ère ayyoubide. Le minaret a été reconstruit en 870H/1465, du temps des Mamelouk. Il s'agit d'un minaret de forme carrée et de belle facture. Outre le fait qu'elle soit un lieu de prière des conquérants musulmans d'al-Qods, la Mosquée revêt une signification politique hautement symbolique, en ce sens qu'elle incarne la politique adoptée par les musulmans envers les autres religions de la ville.
7. Les écoles. Les musulmans nantis et leurs dirigeants avaient pris soin de construire des écoles à al-Qods, en particulier dans le Sanctuaire et la région attenante. Dans ces écoles, on enseignait les sciences jurisprudentielles, l'astronomie, les mathématiques, la médecine et autres disciplines(11). Les plus connues de ces écoles sont, notamment, l'école al-Ashrafiya, construite par le Sultan Qaitbay, l'école Tenkiziya, fondée par le prince Tenkiz al-Nassiri, et l'école Jawiliya, créée par le prince 'Ilm al-Din Singer al-Jawily.
Ces nombreux édifices s'ajoutent aux églises et cathédrales des différentes fractions chrétiennes qui abondent dans la ville(12). Citons, à titre d'exemple, l'église du Saint-Sépulcre (ou la basilique de la Résurrection) qui renferme, selon les chrétiens, le tombeau du Christ, et les églises bordant le Chemin de la Croix. La ville compte aussi de nombreux lieux de culte coptes dont, en particulier, Deir al-Sultan (cathédrale du Sultan), qui jouxte la basilique du Saint-Sépulcre du côté Sud-est. Cette cathédrale comprend deux églises : l'Eglise de l'Ange et l'Eglise des quatre animaux. Citons aussi la cathédrale Saint-Antoine, surnommée la Grande Cathédrale, qui est aussi mitoyenne du Saint-Sépulcre du côté Nord-est. Cette dernière comporte également deux églises : l'Eglise Saint-Antoine et l'Eglise de la Reine Hélèna. Il convient de rappeler que l'église copte a décidé d'interdire l'accomplissement du pèlerinage aussi longtemps qu'al-Qods restera sous domination de l'Etat juif, et ce, en dépit de l'importance de ce rite pour les comptes.
Nous pouvons donc, en nous basant sur la documentation et les monuments architecturaux, tant islamiques que chrétiens, que la ville conserve à ce jour(13), tracer les contours d'al-Qods à travers les différents âges et y déterminer la nature de la propriété foncière, en particulier les biens et immeubles inscrits en tant que Waqf islamique. Les registres du Waqf et du Tribunal de droit islamique d'al-Qods définissent les limites de chaque bâtiment, ses dimensions, les chemins qui la bordent, ses composantes ainsi que les terrains où il est érigé, qu'il s'agisse d'un édifice religieux, caritatif ou économique générateur de revenu. Cette carte topographique historique aidera, sans le moindre doute, à récupérer les terrains spoliés par les autorités d'occupation israéliennes, que ce soit à al-Qods ou dans le reste des territoires palestiniens occupés. D'ailleurs, c'est parce que les juifs ont bien compris l'importance que revêtent les documents d'al-Qods qu'ils ont mis la main, le 18 novembre 1991, sur un certain nombre d'entre eux dans le bâtiment du tribunal de droit islamique de la ville sainte.
Dans l'optique israélienne, al-Qods serait une ville inhabitée et non urbanisée. Cette vision a été confirmée par une maison d'édition occidentale qui a publié l'ouvrage de David Robert «La Terre Sainte». l'auteur, un voyageur écossais, a peint bon nombre de tableaux sur l'Egypte et la Palestine entre 1838 et 1839, assortis de ses impressions sur les lieux qu'il a visités. Jusqu'ici, rien d'anormal. Mais lorsque la maison d'édition a réimprimé ces peintures et commentaires en 1990, elle n'a pu s'empêcher de les assortir d'une narration historique du père Crolly qui n'a aucun fondement archéologique mais s'inspire des récits et mythes de l'époque médiévale. En effet, celui-ci n'évoque jamais les Arabes quand il parle de la ville, mais parle plutôt des Saraïens, ou descendants de Sarah, appellation erronée utilisée sciemment par certains Européens. Ainsi, les Saraïens ne sont donc évoqués que pour porter l'accusation d'être, jadis, la cause des souffrances de la ville Sainte -al-Qods- jusqu'à l'arrivée des Croisées pour la délivrer !
La description des lieux, puisée dans l'imaginaire de Crolly, est inspirée des récits de la Tora. Or les récentes études archéologiques mettent en doute l'authenticité de ces récits. Plus encore, de nombreux archéologues occidentaux évitent aujourd'hui de s'appuyer sur la Tora comme source de référence dans leurs fouilles archéologiques en Palestine, en raison des contradictions qu'elle présente à la lumière des récentes découvertes.
Les peintures de David Robert représentent des scènes de vie à l'intérieur des murs plutôt qu'en dehors. Elles dépeignent souvent les gens dans des attitudes nonchalantes. Le paysage autour d'al-Qods évoque la désolation, comme s'il était dépouillé d'urbanisme et de population. La maison d'édition a exploité ces images pour jouer le jeu subtil de la terre dépeuplée, que la propagande sioniste a tôt fait de propager. Il est ainsi aisé de faire la comparaison entre un endroit quasi désertique des années 30 du XIX° siècle et le même endroit abondamment peuplé de la fin du XX° siècle. Cette image ne fait que confirmer la vision défendue et répandue par les sionistes quant aux efforts qu'ils ont déployés pour construire la Palestine en général et al-Qods en particulier.
Le livre en question s'apparente donc a une image reformulée pour s'adapter à la situation sioniste actuelle, comme le souligne l'écrivain palestinien Mohamed al-Ass'ad, non seulement parce que les commentaires de Crolly évoquent "la terre d'Israël" bien avant la création d'un Etat portant ce nom, mais parce que tout doit sous-entendre que la terre vide vue et peinte par Robert ne l'est plus. C'est probablement pour cette raison que les éditeurs ont sciemment réédité l'ouvrage assorti d'un avant-propos du maire d'al-Qods occupé, Teddy Kollek, et appuyé par des cartes de la Terre Sainte où la géographie naturelle de la Palestine a été remodelée de manière à correspondre à la géographie fictive de la Tora. Mais ce livre n'est qu'un échantillon parmi des dizaines d'autres destinés à endoctriner l'esprit culturel occidental, c'est-à-dire à concevoir une vision culturelle occidentale qui ne voit dans la scène culturelle arabe qu'une transposition de l'histoire de la Tora.
L'image projetée ici est donc celle d'une nouvelle al-Qods que les juifs s'efforcent de répandre dans le monde à travers le livre qui dépeint, pour les chrétiens, le chemin du pèlerinage tel qu'il a été perçu par les voyageurs du XIX° siècle ou par une maison d'édition du XX° siècle. C'est celle d'une al-Qods devenue la capitale éternelle d'Israël et que les juifs s'évertuent à consacrer, à telle enseigne que nous-mêmes, les Arabes, commençons à considérer ces racontars comme une vérité authentique et immuable. Ainsi, continuer à parler de deux al-Qods, l'une orientale et l'autre occidentale, relève de l'absurdité car il n'y a qu'une seule al-Qods, c'est-à-dire la vieille ville et sa banlieue, capitale de la Palestine occupée. Ce sont les politiciens et les médias qui sont à l'origine de cette erreur largement répandue. Car jusqu'en 1917, il n'y avait qu'une seule ville nommée al-Qods. Mais, depuis, l'identité arabo-islamique de la ville a commencé à s'altérer, notamment sous le Protectorat britannique imposé en vertu d'un mandat de la Société des Nations en 1922. La conséquence en fût l'accroissement du nombre de juifs immigrés en Palestine, perturbant ainsi la situation démographique de la ville. En effet, le nombre des juifs dans la ville s'est multiplié entre 1917 et 1948, passant de trente mille à quelque cent mille à la fin du protectorat. Les Juifs ont usurpé la ville d'al-Qods en deux étapes : la première en 1948, lorsqu'ils ont envahi la nouvelle al-Qods et y ont annexé les villes arabes avoisinantes. La ville était alors occupée par des Palestiniens arabes et des Juifs. La majorité des citoyens arabes d'al-Qods habitaient dans quinze faubourgs de la nouvelle ville, et possédaient les trois-quarts des terrains et des bâtiments. Ces faubourgs étaient totalement livrés à eux même et sans protection, ce qui a permis à Israël de s'emparer facilement de treize faubourgs. C'est donc une aberration que d'imaginer que les Juifs aient occupé, en 1948, la partie occidentale hébraïque de la ville et que les Arabes aient imposé leur domination sur la partie arabe.
Dès qu'ils ont pris possession de la ville Sainte, les Juifs ont adopté la politique du fait accompli, en y installant leur appareil d'Etat, quand bien même al-Qods ne représente, de leur point de vue, "qu'une ville à la limite de toute chose, dépourvue de toute base économique et souffrant d'une pénurie de terres"(14). Ben Gurion n'a-t-il pas déclaré à la Knesset, le 24 juin 1948, que «ce qui est discutable, ce n'est pas tant l'annexion d'al-Qods à Israël, mais plutôt les moyens de le faire» ? Al-Qods a donc été déclarée capitale d'Israël le 23 janvier 1950 et, après la défaite de juin 1967, les médias israéliens ont commencé à parler de «libération» et non d' «occupation» d'al-Qods. Depuis, la ville est tombée intégralement sous domination juive et sa judaïsation prit une dimension alarmante à travers le projet de la «grande al-Qods». Ce projet prévoyait de fondre la vieille ville à majorité arabe et comportant les lieux sacrés et les sites archéologiques islamiques et chrétiens dans une grande ville où elle se réduira à un simple "point" ou "quartier minuscule". C'est ainsi que 17 colonies juives ont été établies au Nord et 8 au Sud de la ville, reliées entre elles par un réseau d'autoroutes morcelant la grande ville, y compris l'autoroute al-Qods, et contribuant à enclaver la vieille ville et les villages arabes l'entourant. D'autres colonies ont été implantées à l'intérieur d'al-Qods orientale dans l'intention de la vider de sa population arabe et d'effacer ses caractéristiques arabes, brisant ainsi l'unité démographique de la vieille ville. Cette opération s'est déroulée sur différentes étapes. La première étape, visant à rétablir l'équilibre démographique entre Arabes et juifs, s'est effectuée entre 1967 et 1977, a été déclenchée lorsque le maire travailliste de Jérusalem, Teddy Kollek, obtint l'approbation de Golda Meir, alors premier ministre israélien, concernant le programme d'installation, sur une durée de vingt ans, de 120.000 juifs dans des colonies situées dans la zone orientale d'al-Qods. Lorsque la coalition travailliste revint au pouvoir en 1992, elle lança -simultanément avec le processus d'Oslo- un projet de construction de trente mille unités d'habitation pour le logement de 120.000 juifs dans la Grande al-Qods. Depuis 1993, le nombre de juifs habitant la partie orientale de la ville a dépassé le nombre de musulmans et de chrétiens, soit 165.000 juifs contre 160.000 arabes. Or si le nombre d'habitants juifs de la partie occidentale est aujourd'hui supérieur à celui des habitants de la partie orientale (230.000 contre 190.000), cette tendance est appelée à s'inverser dans les prochaines années. A compter de 2003, en effet, la population juive de la partie orientale d'al-Qods devait dépasser celle de la partie occidentale, la majorité des habitants étant des juifs orthodoxes fanatiques.
Si pour ces derniers, al-Qods est une ville sainte, en revanche, le patrimoine juif dit autre chose. En effet, le Pentateuque(15) ne dit nulle part qu'al-Qods est une ville sainte pour les juifs. Al-Qods n'apparaît que dans quatre Livres : les Premier et Second Livres de Samuel et les Premier et Second Livres des Rois. Il est, dès lors, clair que les arguments produits actuellement par les juifs proviennent des Livres de Samuel. Or les théologiens juifs affirment que ces deux Livres ont été écrits par le prophète Samuel lui-même, considéré comme le dernier juge des israélites. Cependant, les deux Livres comportent des éléments qui contredisent cette affirmation. En effet, dans le chapitre 25 du premier Livre de Samuel, il est dit que : «Samuel mourut, et les gens d'Israël se réunirent pour le pleurer et l'enterrer dans sa demeure», sachant que l'histoire de la construction d'al-Qods est citée dans le second Livre. Alors si Samuel mourût avant d'avoir achevé le premier Livre, qui a achevé celui-ci et écrit intégralement le second Livre ?! La réponse est que les deux Livres de Samuel comportent des annexes qui ont été ajoutés ultérieurement pour servir les objectifs et appuyer les thèses politiques nationales des Juifs, d'autant que nombre de passages de leurs textes sacrés comportent des insultes à l'égard de la ville sainte.
Les Juifs étaient des tribus de bédouins nomades. Partant, l'idée de s'établir dans un lieu déterminé et d'y fonder leur propre civilisation ne les effleurait même pas. Ils n'ont connu la stabilité qu'après leur entrée en Egypte où ils ont conservé leur cohésion tribale durant toute la période qu'ils y demeurèrent. Mais en quittant l'Egypte, cette cohésion éclata puisque des Egyptiens qui ont répondu à l'appel de Moïse (que Dieu l'agrée) firent le voyage avec eux, et ceux-ci étaient évidemment porteurs de l'influence de la civilisation égyptienne. Les fouilles archéologiques ont démontré que les textes sacrés des juifs ont été très influencés par la tradition narrative et dogmatique héritée tant de l'Egypte que de l'Irak(16).
Mais, d'abord, qu'est-ce que le Temple chez les Juifs ? Les juifs nomades admettent qu'ils n'ont jamais eu de lieu de culte fixe et sacré, depuis l'époque de Moïse jusqu'à l'avènement de Salomon. Les Tables de la Loi (Dix Commandements) étaient tout simplement déposées dans un coffre connu sous le nom de l'Arche d'Alliance(17) qui, lui, était placé à son tour sous une tente spéciale appelée Tabernacle, que les juifs transportaient au gré de leurs déplacements. Où est donc cette "sainteté" que les juifs attribuent à un quelconque édifice à al-Qods ? Le fait est que le Temple, construit pour abriter l'Arche d'Alliance et être la Maison du Dieu des juifs, est une conséquence de l'influence exercée sur les juifs par la vie urbanistique à al-Qods(18). Or Salomon a construit le temps à al-Qods sur une parcelle de terrain dont le lieu est inconnu. Mieux encore, il n'existe aucune preuve que le second temple ait été construit sur le site du premier. L'histoire de la construction du temple à al-Qods date de l'époque où le culte des israélites est passé du stade de l'adoration nomade ambulante au stade de l'adoration eucharistique centrale. Il convient de rappeler ici que les juifs, pendant leur captivité babylonienne, et pour éviter qu'ils ne se dissolvent dans la terre d'exil qu'était la Mésopotamie, ont créé bon nombre de constantes auxquelles ils croient aujourd'hui, telles que la terre promise ou la sainteté du lieu du temple.
Plus encore, à une époque historique ultérieure, le temple a été négligé tant et si bien qu'il devint l'objet de raillerie des juifs. En outre, la ville d'al-Qods a été détruite plusieurs fois au cours de l'histoire, de sorte qu'il est difficile maintenant de déterminer le site du temple. Sans compter que l'Ancien Testament a subi de nombreuses altérations pendant la période de la captivité babylonienne, ce qui met aujourd'hui en doute bon nombre des postulats juifs. Ces conclusions ont été confirmées par l'archéologue accadien Friedrich Dilitch qui, à travers ses publications sur Babylone et le Livre Saint, est sorti avec la conclusion que l'Ancien Testament s'inspire dans une certaines mesure des croyances babyloniennes.
La question de la reconstruction du temple constitue l'un des principaux points de divergence antre deux catégories de juifs : les sionistes et les non sionistes. Ces derniers contestent l'idée de retour et, partant, de reconstruction même du temple. Par contre, pour les sionistes et les organisations sionistes, la reconstruction du temple est une question centrale qui revêt une priorité absolue. C'est ce qui explique le fait que la destruction des sites islamiques présents sur le lieu présumé du temple soit l'un des objectifs majeurs des sionistes extrémistes.
A cet égard, il faudra rappeler que les groupes sionistes ont tenté à plusieurs reprises de faire exploser ou brûler les lieux saints islamiques d'al-Qods. Il y eut même une tentative avortée de lâcher une bombe par avion sur ces lieux. Une organisation juive qui se donne pour nom "les Fidèles du Mont du Temple", financée par le millionnaire américain (un fondamentaliste chrétien) Terry Razenhover, fait de la construction du troisième temple son principal objectif. Pour ce faire, elle a créé deux écoles talmudistes près du mur des lamentations, où deux cents étudiants apprennent les rites du culte sacerdotal, spécifiques au temple. L'une de ces écoles, l'Institut du Temple (Yeshivat Habeit), a pour mission principale d'accélérer la construction du temple. Cette école a commencé effectivement la préparation des instruments nécessaires au culte sacerdotal, au nombre de 103. Au fur et à mesure qu'ils sont achevés, ces instruments sont placés dans un musée. En 1990 s'est tenue une conférence des juifs qui se croient issus des prêtres du temple. Une petite maquette du temple est d'ailleurs exposée dans le hall de l'hôtel du Temple à al-Qods. Il est prévu, par ailleurs, de construire une maquette plus grande dont le coût, estimé à un million de dollars, est en cours de collecte auprès des juifs de par le monde.
Le mouvement des Fidèles du Mont du Temple a procédé, vers la mi-octobre 1989, à la pose de la première pierre du troisième temple lors d'une cérémonie présidée par le chef du mouvement, Gershom Salomon, en présence d'un rabbin en tenue ecclésiastique spéciale, en toile de lin à six fils tressés, fabriquée dans l'Institut du Temple. Les participants ont utilisé à cette occasion certains récipients rituels, dont la corne de bélier (shofar), et des instruments de musique tels l'accordéon. Quant à la première pierre, d'un volume d'un mètre cube, il a été conçue par deux foreurs juifs d'al-Qods sans l'aide d'outils en fer (comme l'exige le rite). Empêchés par la police israélienne d'accéder au mur des Lamentations, ils ont porté la pierre jusqu'à l'atelier des foreurs où elle fût déposée. Un jardin fleuri est prévu autour du lieu. A noter que le mouvement des Fidèles du Mont du Temple bénéficie du soutien de certains membres de l'establishment religieux en Israël.
En dépit de ces divergences sur la reconstruction du temple, il n'en demeure pas moins que certaines thèses, considérées naguère comme une sorte d'hallucination religieuse fanatique, sont aujourd'hui tolérées, voire intégrées dans le discours politique sioniste ou dans les programmes des partis modérés. Nous ne devrons donc pas nous étonner de voir les sionistes dans leur ensemble (minorité religieuse et majorité non religieuse) approuver un jour la reconstruction du temple, d'autant plus qu'il s'agit là d'une question centrale qui donne toute sa raison d'être à la doctrine sioniste(19). Mieux encore, les chrétiens fondamentalistes, qui estiment que la reconstruction du temple est une condition sine qua non du second retour du Christ, voient dans la création d'Israël en 1948 une confirmation des prédictions de la Tora sur la fin du monde et l'instauration d'un nouveau royaume qui devra coïncider avec le second avènement du Messie en terre sainte. Le christianisme sioniste attend ainsi, et depuis la création d'Israël, la concrétisation du plan divin. Aussi, la victoire d'Israël en juin 1967 et son occupation du reste de la Palestine, en particulier d'al-Qods, et d'autres terres arabes constituent-elles, à ses yeux, un indice de plus sur la véracité des prédictions de la Tora et une preuve que la fin de l'Histoire est toute proche(20). Les organisations fondamentalistes américaines ont produit maints films et programmes pour appuyer et propager cette idée. Signalons à cet égard, notamment, l'émission télévisuelle produite par le prédicateur américain Mike Evans, intitulée "Israël, clé de la survie pour l'Amérique". En 1983, cette émission d'une heure était retransmise quotidiennement et simultanément par 50 chaînes de télévision dans 25 Etats. Evans assurait que Dieu lui avait clairement ordonné de protéger et de soutenir Israël et que son émission s'inscrivait dans ce cadre. Pour lui, Israël joue un rôle déterminant dans l'avenir spirituel et politique de l'Amérique et que l'abandon par Israël de la Cisjordanie provoquerait la destruction d'Israël d'abord et des Etats-Unis d'Amérique ensuite. Il publia, en décembre 1983, une annonce d'une page entière dans le New York Times, où l'on peut lire que "la survie d'Israël est vitale pour notre survie ; croire en Israël renforce la position des Etats-Unis d'Amérique". De même, il produit un film intitulé "Jérusalem, capitale de David", dans lequel il établit le lien entre l'Amérique, sa capitale Washington et al-Qods.
Dans notre dialogue avec les Autres pour les sensibiliser à notre cause, le discours civilisationnel fait aujourd'hui défaut, alors qu'hier nos aïeux savaient s'en servir dans l'intérêt de la ville sainte d'al-Qods. C'est ainsi que Abdelmalik ibn Marwane a réussi, dans le cadre du conflit qui l'opposait à l'Etat byzantin et à travers l'intérêt qu'il porta aux monuments sacrés d'al-Qods, à transmettre un message médiatique, civilisationnel et patrimonial aux Byzantins. Bien que nous continuions aujourd'hui à tirer profit de ce message, qui s'inscrit dans le plan d'Abdelmalik visant à construire le Sanctuaire noble d'al-Qods, nous n'avons pas réussi à retenir les enseignements qui s'imposent.
Le Dôme du Rocher et le Sanctuaire Noble qui l'entoure constituent l'un des principaux édifices à dimension civilisationnelle grandiose. La construction du Dôme remonte à l'ère Omeyyade, laquelle s'était caractérisée par la lutte acharnée entre l'Etat omeyyade et l'Etat byzantin pour la conquête du monde antique. Ce conflit prenait multiples formes, de l'arabisation des papyrus, qui étaient fabriqués en Egypte(21), à l'arabisation de la monnaie. Par cette démarche, Abdelmalik Ibn Marwane entendait, à la fois, satisfaire les aspirations religieuses et politiques des musulmans et reprendre, en sa qualité de calife des musulmans, le droit de frapper la monnaie, sachant que ce droit est l'un des symboles du pouvoir et de l'autorité inhérents à ce poste, d'autant que beaucoup de gouverneurs et de rebelles avant lui avaient fini par l'arracher. D'ailleurs, cette réforme monétaire a joué un rôle essentiel dans l'élimination de l'anarchie et l'instauration de la stabilité politique. En effet, la monnaie arabe pure incarnait la souveraineté de l'Etat et prouvait que celui-ci a bien réussi à se libérer de l'influence économique byzantine. Grâce à l'arabisation de la monnaie et l'indépendance économique qui s'en suivit, Abdelmalik a pu ainsi unifier le système monétaire d'un empire qui s'étendait sur une très vaste superficie(22).
Dans le cadre de ce plan global, Abdelmalik Ibn Marwane a ensuite concentré son action sur le domaine architectura, lequel symbolise la souveraineté de l'Etat et traduit son orientation intellectuelle. C'est ainsi qu'il a mis en ouvre à al-Qods un projet à dimensions politique, religieuse et civilisationnelle, dont le pivot central était le Sanctuaire Noble, et tout particulièrement le Dôme du Rocher et la Mosquée al-Aqsa, cette dernière ayant une très forte symbolique dans la religion islamique. En effet, n'est-elle pas la première des deux Qibla et le lieu où l'Envoyé de Dieu dirigea la prière des autres prophètes et l'endroit où s'était achevé le Voyage nocturne (al-Israâ) et commença l'Ascension (al-Mi'raaj)(23)? Or à cette époque, le Sanctuaire était un édifice d'une architecture très simple, incompatible avec la grandeur et la magnificence des églises qui l'entouraient, surtout l'Eglise du Saint-Sépulcre vénérée par les Chrétiens. Craignant le sentiment d'amertume que cette situation pouvait engendrer chez certains musulmans, et dans le souci de réaffirmer la nouvelle identité civilisationnelle de la ville(24), Abdelmalik a mis au point le projet de construction du Dôme du Rocher et de la Mosquée al-Aqsa.
Principal monument du Sanctuaire, achevé en 72H/692, le Dôme du Rocher s'impose par son architecture qui inspire la fierté. Visible de très loin, le Dôme, construit au-dessus d'un rocher sacré, s'élève majestueusement au centre du Sanctuaire Noble sur l'une des collines d'al-Qods. La coupole, d'une conception architectonique qui brille par sa magnificence et la perfection de ses lignes, était ornée de mosaïques sur toutes ses surfaces, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Elle n'a cessé de fasciner les visiteurs, à telle enseigne que d'aucuns n'ont pu s'empêcher de lui conférer tous les attributs de la sublimité et de l'élégance. Malheureusement, on ne sait pas grand-chose de ce que représentaient ces mosaïques, d'autant qu'une grande partie de celles-ci, datant de l'époque des Omeyyades, a disparu. Néanmoins, la mosaïque du pavillon intérieur nous donne les outils nécessaires pour comprendre la symbolique politique qu'elle recèle.
Le plan du Dôme n'est pas aussi étranger qu'il n'apparaît aujourd'hui. Certains orientalistes et archéologues arabes estiment que le plan de la coupole est inspiré de celui du "mausolée du Martyres", d'origine romaine. Sa fonction donc est d'ordre rituel et processionnel. C'est pour cette raison que ce modèle fut utilisé, pendant la première période chrétienne tant dans le Levant que dans l'ensemble du territoire byzantin, dans la construction de bon nombre de cathédrales importantes, telles la Cathédrale de Bossra à Hauran dont on peut encore admirer aujourd'hui les vestiges, et l'Eglise du Saint-Sépulcre, toutes deux datant de l'époque byzantine sous le règne de l'empereur Justinien (557-565 après J.-C.). Le Dôme du Rocher est, cependant, le plus équilibré de toutes ces constructions du point de vue architectural, et ceci s'explique sans doute par le désir de lui conférer un trait distinctif par rapport à la coupole du tombeau du Christ dans l'Eglise du Saint-Sépulcre, qu'il surplombe du haut du Mont Moriah(25). Dr Farid Chafei estime, à cet égard, que le plan du Dôme du Rocher ne ressemble à aucun des plans architecturaux byzantins, pas plus au Levant qu'ailleurs, et que ses concepteurs se sont simplement inspirés de ceux-ci uniquement pour l'usage auquel était destiné le Dôme, c'est-à-dire contenir le Rocher, lieu béni d'où le Prophète Mohammed (Paix et salut sur lui) monta au ciel après avoir accompli le Voyage nocturne de Makkah à al-Qods. Aussi le plan veille-t-il à contenir ce lieu sacré puis à assurer l'espace nécessaire à la circumambulation, ce qui tranche carrément avec le but pour lequel sont construits les autres édifices byzantins qui, malgré la similitude du plan, sont en arceaux et ne disposent pas d'autant d'entrées que le Dôme du Rocher. Quoiqu'il en soit, le plan de ces édifices religieux byzantins n'est ni d'inspiration byzantine ni syrienne, mais plutôt d'origine romaine, sachant que les Romains l'avaient, eux-mêmes, copié sur les Grecs(26).
Sur le plan artisanal professionnel, la mosaïque du Dôme du Rocher représente un prolongement de la mosaïque byzantine au Levant et à Byzance. On en retrouve de nombreux exemples dans les églises de Syrie et de Constantinople, particulièrement Aya Sofia et les églises de Thessalonique, en Grèce. Néanmoins, les mosaïques du Dôme du Rocher se distinguent par leur complexité tant au niveau de la fabrication que de la symbolique. En effet, contrairement aux modèles byzantins, dont ils partagent la technicité, les tableaux du Dôme du Rocher traitent des thèmes abstraits, se limitant aux inscriptions coraniques, transcriptions, arabesques, images florales et certaines figures indéfinies et à la signification imprécise, mais qu'on pourrait considérer comme une déformation d'images représentant des couronnes et objets connexes, tels que les sceptres, les bijoux, etc.
De nombreuses interrogations subsistent donc tant sur le plan de l'architecture de l'édifice que sur sa symbolique. Les versets coraniques minutieusement sélectionnés pour orner le sanctuaire sont très révélateurs de l'orientation politique et médiatique et de l'orientation religieuse. Il en est de même pour les couronnes royales autour du dôme et sur la façade opposée. Le texte coranique compte tous les versets qui évoquent le Christ mais dans un point de vue islamique, en sa qualité d'Envoyé de Dieu(27). Les couronnes ressemblent à s'y méprendre aux couronnes réelles des rois mongols vaincus par les empereurs romains et byzantins et que ceux-ci exposaient dans leurs temples et églises comme des trophées de victoire symbolisant la suprématie de leur religion. On peut ainsi considérer ces deux éléments ornementaux comme étant, pour les concepteurs du Dôme du Rocher, un moyen d'exalter leur religion et leur Etat victorieux, surtout si l'on prend en compte le fait que ce monument a été construit à Al-Qods, cité dont la majorité des habitants étaient chrétiens et devaient encore l'allégeance à l'empereur de Byzance et ce, à l'époque où l'Etat omeyyade était en plein conflit avec les byzantins au Nord du Levant(28). Dans ce contexte, la symbolique politique du Dôme traduit la volonté de l'Etat omeyyade d'insuffler à la ville une civilisation nouvelle qui serait l'expression de ses habitants et, en même temps, envoie aux autres un message sur la puissance de l'Etat. Avec sa coupole dorée, surmontée du croissant orienté vers la Qibla, le Dôme est resté, pendant longtemps, le symbole de la ville sainte. Lorsque les Croisés conquirent celle-ci, ils arrachèrent le croissant qu'ils remplacèrent par une croix en or. Après la reprise de la ville par Saladin, en 1187, des musulmans escaladèrent le Dôme d'où ils enlevèrent la croix et le remplacèrent de nouveau par le croissant(29). C'est ainsi que fut construite la symbolique politique du site.
Ceci nous amène à formuler quelques propositions pour lutter contre la judaïsation médiatique et culturelle de la ville d'al-Qods et de son patrimoine, notamment :
- Procéder à l'examen des études israéliennes et celles de l'Institut archéologique américain d'al-Qods, relatives à l'histoire et au patrimoine d'al-Qods et de la Palestine, et allouer des bourses aux jeunes archéologues pour mener cette mission, en veillant à mettre l'accent sur les périodes préhistoriques que les juifs s'efforcent d'altérer aujourd'hui pour servir leur cause ;
- Entreprendre l'étude de la topographie d'al-Qods à travers les vestiges et documents historiques traitant des différentes époques, vu l'imprécision et l'insuffisance des études arabes effectuées dans ce domaine. Ce travail de recherche doit être accompagné d'études exhaustives sur le patrimoine d'al-Qods depuis la préhistoire jusqu'à l'ère contemporaine ;
- Nécessité d'utiliser ces études pour renforcer les sites web arabes et islamiques ;
- Lancer un appel à la Fédération des Universités arabes et à la Fédération des Universités du Monde islamique pour dédier un festival culturel dans les universités arabes et islamiques à al-Qods et pour concevoir un manuel scolaire sur al-Qods qui sera intégré dans le cours d'histoire enseigné dans les écoles arabes et islamiques ;
- Charger l'Organisation des capitales et des villes islamiques ainsi que l'Organisation des villes arabes d'organiser une conférence mondiale, à Gaza ou dans l'une des villes de Cisjordanie, sur al-Qods et son patrimoine architectural, de façon à mettre en exergue l'importance de cette ville tant pour les Arabes que pour les Musulmans.
(*) Membre du Conseil supérieur égyptien de l'Archéologie, rédacteur de la rubrique Al-Turath dans le journal londonien Al-Hayat, membre de l'Association des archéologues arabes, membre de l'Association égyptienne des études historiques et Directeur de la Direction de l'Information à la Bibliothèque d'Alexandrie.
(1) Dr Abdel Wahab Massiri. Encyclopédie des Juifs, du judaïsme et du sionisme, Vol. 4, p. 127, Dar al-Shuruq, 1999.
(2) Xavier Antomarchi, Le petit David ou Israël raconté aux enfants, Paris, 1969, pp. 4-100.
(3) Ibrahim Abdel Karim. Histoire de la fondation d'Israël telle qu'elle est racontée aux jeunes juifs, p. 151, revue «Affaires arabes», n° 76, décembre 1993, Le Caire; Dr Abdel Hamid Zayed, Al-Qods al-Khalida (Jérusalem éternelle), p. 84, Organisation générale égyptienne du Livre, 1974, Le Caire.
(4) Eretz , The Geographic Magazine from Israel, Numéro spécial, mai 1996.
(5) Il existe à al-Qods un nombre incalculable de documents des Waqf immobiliers en faveur d'al-Aqsa, décrivant les différents lieux de culte dans la ville, en particulier le Sanctuaire d'al-Qods, ainsi que les autres édifices religieux et les constructions (hammams, agences, hôtels, caravansérails.) dont le revenu était immobilisé au profit de ces édifices. Ces documents sont éparpillés dans la ville sainte, et une bonne partie est conservée au Musée islamique d'al-Qods, les autres étant inscrits sur les registres du tribunal de droit musulman d'al-Qods ou parmi les documents du Ministère égyptien du Waqf au Caire. Le plus important en est le document du sultan mamelouk Qaitbay, qui décrit son école d'al-Qods et qui est conservé sous le numéro 887. Il existe également d'autres documents à Istanbul, parmi les pièces justificatives ottomanes en la matière. Bien que certains chercheurs aient publié quelques uns de ces documents, les institutions tant arabes qu'islamiques n'ont pas accordé, à ce jour, suffisamment d'intérêt à la publication des conclusions des études sur ces documents.
(6) Bimarestan est un mot persan composé de Bimar (malade) et Stan (lieu), c'est-à-dire Foyer des malades. Prononcé Bimarestan ou Marestan, il s'agit d'un hôpital général où sont traitées toutes sortes de maladies. Ce type d'établissement a été fondé par les Omeyyades. Voir Dr Mohamed Amine et Leila Ibrahim, «La terminologie architecturale dans les documents des Mamelouk», p. 24, Editions de l'Université américaine du Caire, 1990.
(7) Le Khan est un terme persan arabisé qui signifie "boutique" ou "magasin". Son usage a été élargi dans les documents écrits pour comprendre les agences et les hôtels. Les Khan sont des bâtiments consacrés à l'accueil des commerçants et des marchandises, ainsi que des visiteurs. Ils se composent, outre le rez-de-chaussée comportant des échoppes et magasins pour exposer et stocker les marchandises, d'une mosquée et d'étages supérieurs pour loger les commerçants et les visiteurs. Mohamed Amine, op. cit., p. 39.
(8) Dr Kamel Jamil Assali, Min Athâruna fi Beyt al-Maqdis, Amman, 1983, pp. 39-96.
(9) Sabil, qui signifie fontaine, est un terme qui exprime le caractère licite de la chose, dans le sens qu'elle a été autorisée pour la cause de Dieu. Le terme a été admis en tant qu'unité architecturale destinée à approvisionner les gens en eau. Le Sabil, en tant qu'installation architecturale, se compose d'un réservoir pour le stockage de l'eau, surmonté d'un local pour fournir l'eau aux passants. Les Sabil s'alimentait soit par l'eau pluviale, comme c'est le cas des Sabil d'al-Qods, ou par le biais des rivières comme c'est le cas au Caire. Mohamed Amine, op. cit., p. 62.
(10) Ce document, daté de l'an 946 de l'Hégire, est inscrit aux registres du Tribunal de jurisprudence islamique d'al-Qods sous le numéro 270, p. 49-18.
(11) Ali Sayed Ali, Al-Qods à l'époque des Mamelouks, Dar al-Fikr liddirasaat, le Caire, 1986, pp. 161-166.
(12) Concernant ces églises et cathédrales, voir Histoire d'al-Qods, 'Aref al-'Aref, Dar al-Mâarif, le Caire, 1951, pp. 239-242; voir également Dr Abdel Hamid Zayed, Al-Quds al-Khaalida, Organisation générale égyptienne du Livre, 1974, pp. 258-259.
(13) Concernant les documents d'al-Qods, voir (à titre d'exemple) Dr Kamel Jamil 'Assali, Wathaîq Maqdisiya, en quatre volumes, Amman, 1983.
(14) Le quotidien israélien Lahaf, édition du 19 juin 1966.
(15) L'authenticité du texte hébraïque de la Tora est mise en question, en particulier celui qui aborde la guerre et l'extermination au niveau tant des guerres internes que de l'invasion extérieure. Vers le début du premier siècle de l'ère chrétienne, les juifs se mirent à rassembler les textes sacrés, oraux et écrits. Des rivalités éclatèrent à ce sujet entre les écoles orientales bibliques et les écoles occidentales. Puis il y eut les manuscrits découverts en 1947 à Wadi Qumrân, près de la Mer Morte. En outre, la Tora sumérienne ne concorde que partiellement avec les Livres deutérocanoniques de la Bible (ou Septante grecque) traduits en Alexandrie. Dr Abdel Hamid Zayed estime qu'il est impossible qu'un livre, dont la genèse a duré mille ans, n'ait pas subi de nombreuses altérations, d'autant qu'il n'existe aucune unité organique entre les différents Livres. James Pritchard, The Ancient Near East : An Anthology of Texts, p. 2, traduit et commenté par Dr Abdel Hamid Zayed, Direction égyptienne de l'Archéologie, 1987, Le Caire.
(16) Dans son ouvrage "La Tora hiéroglyphique", Dr Fouad Hassanein ne nie pas le fait que la Tora fût révélée à Moïse ou que celui-ci ait reçu des textes. Mais la Tora hébraïque que nous connaissons et à laquelle croient les juifs et autres n'est pas celle qui fût révélé à Moïse et ce, pour une raison bien simple : cette Tora est écrite en hébreu, alors que ni Moïse ni les israélites ne connaissaient d'hébreu à l'époque, puisque Moïse vit et mourut avant que l'hébreu n'apparaisse. En effet, les sources nous apprennent que Moïse est né et a vécu en Egypte, et c'est l'égyptien qu'il a appris à parler et à écrire, à l'instar de tous les hébreux ayant vécu en Egypte. Et quand bien même Moïse et les hébreux d'Egypte ne parleraient pas l'égyptien, ce serait l'araméen qu'ils parleraient et non l'hébreu. Le terme "hébreu" signifie la langue des israélites que ces derniers empruntèrent aux Cananéens lorsqu'ils s'infiltrèrent dans le pays de Canaan vers la fin du XIII° siècle avant J.-C. Il n'y a cependant aucune trace de cette appellation dans l'Ancien Testament. En revanche, elle appelée «langue de Canaan» dans le Livre d'Isaïe (Livre de Canaan) ou "langue judaïque" dans le Second Livre des Rois. Dans les Livres ultérieurs, la langue judaïque est désignée sous le nom de "Lashun Haqudish" ou la langue sacrée. La langue cananéenne, qui est la langue mère dont dérivent l'hébreu et le moabite phénicien, a conservé quelques unes de ses spécificités dans cet ensemble lexicographique qui se retrouve dans l'égyptien antique. Les israélites ont emprunté cette langue cananéenne originale après leur brassage avec les Cananéens à l'époque de Joshua, fils de Noun, et ce, après la mort de Moïse. Ce sont donc ces israélites qui ont enrichi l'hébreu avec les termes égyptiens anciens. L'on peut ainsi déduire que la langue hébraïque n'est apparue qu'assez tardivement, non seulement longtemps après la mort de Moïse mais aussi en raison de l'entrée dans le pays de Canaan de ceux qui ont quitté l'Egypte en même temps que lui. Donc, les livres et la Tora de Moïse n'ont pas été rédigés en hébreu mais en égyptien ancien. Voir Dr Fouad Hassanein, la Tora Hiéroglyphique, pp. 57 et s., Dar al-Kitab al-Arabi, le Caire, 1968.
(17) La description de l'Arche d'Alliance ou Arche du Témoignage (Aron ha'Edout, en hébreu) figure dans le Livre de l'Exode. Il s'agit d'un coffre de bois, long de deux coudées et demi, soit trois pieds et trois-quarts, recouvert d'or de l'extérieur et de l'intérieur. Son couvercle est surmonté de deux chérubins (Kérubim) déployant leurs ailes. L'Arche symbolise, pour le peuple élu, le trône divin. L'on dit que Dieu avisa Moïse qu'Il allait le rencontrer entre les deux anges. Dieu n'autorisait nul être à toucher le coffre, qui était tabou. Le coffre contenait de la manne, la canne d'Aaron et les Tables de la Loi ou de l'Alliance, en plus de la Tora. La manne et la canne disparurent sous le règne de Salomon. Il est clair que cette description est imprégnée des valeurs et de l'imaginaire de la phase complexe qui a suivi l'étape de perdition, laquelle se caractérisait par le nomadisme et la simplicité. Mais avec l'évolution de la religion juive, l'Arche trouva une explication plus sophistiquée. C'est ainsi qu'il devint un objet sacré construit par Moïse sur ordre de Dieu (afin qu'il y place les deux Tables contenant les Dix Commandements) pour qu'il soit porté par les membres de la communauté de Yesraël pendant leur exode. Salomon conserva l'Arche dans le Saint des Saints, au Temple. Abdel Wahad Massiri, L'Encyclopédie, Vol. 4, p. 158.
(18) Dans la construction de leur Temple, les juifs ont été influencés par les peuples qui les entouraient, notamment les Cananéens. Dr Philipe Hatti signale, dans la première partie de son livre "Histoire de la Syrie, du Liban et de la Palestine", que "l'ornementation du Temple s'inspire des modèles cananéens contemporains. Les rites et sacrifices du Temples illustraient les pratiques cananéennes. Même le terme temple est d'origine cananéenne." Dans son ouvrage "Histoire de la civilisation", Will Durant avance que le modèle architectural du Temple est celui copié par les Phéniciens sur l'Egypte, auquel ils ont ajouté des motifs inspirés par les Assyriens et les Babyloniens.
(19) Abdel Wahab Massiri, L'encyclopédie, Vol. 4, p. 169.
(20) Majdi Shendi, «Avant qu'al-Qods ne soit perdue», pp. 77-90, le Caire, 1992 ; Reda Hilal, "Le Christ juif et la fin du monde : Le christianisme politique et le fondamentalisme en Amérique", Librairie al-Shuruq 2000, pp. 83-161, Le Caire.
(21) Dr Saïd Mghawri, "Les papyrus arabes dans l'Egypte islamique", Direction générale des Palais de la Culture, 1996, pp. 135-136, Le Caire.
(22) Dr Raâfat Nebrawi, Histoire de la première monnaie arabe en Islam, Revue al-Quds, n° 134, 1988, pp. 58-62.
(23) Al-Zarkachi Mohamad ibn Abdullah, I'lâm al-Sajid bi Ahkam al-Masajid, révision d'Abul Wafa al-Maraghi, Conseil supérieur des affaires islamiques, 1403H, pp. 275-298.
(24) Dr Yusuf Chawqi, Le Dôme du Rocher, Ministère de l'Information, Sultanat d'Oman, 1987, p. 16.
(25) Nasser al-Ribat, Vers une réévaluation de la culture artistique omeyyade, Revue Abwab, n° 19, Dar al-Saqi, 1999, Londres, pp. 99-100.
(26) Dr Farid Chafei, L'architecture arabe en Egypte musulmane, Organisation générale égyptienne du Livre, 1994, pp. 40-41 et 77-78.
(27) Oleg Grabar a publié l'ensemble de ces textes dans son livre sur l'architecture d'al-Qods. Il s'agit globalement de textes exaltant l'unicité de Dieu, réaffirmant que Mohamed est l'Envoyé de Dieu et que Dieu n'a pas engendré d'enfants, et invitant les chrétiens à adorer Dieu de façon sincère. Oleg Grabar, The shape of the Holy: early Islamic Jerusalem, pp. 184-186.
(28) Ibid., p. 101.
(29) Dr Yusuf Chawqi, op. cit., p. 64.
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