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La jeunesse du Monde islamique
et les défis de la mondialisation
Dr Abdul-Salam al-Abadi(*)
Avant d'aborder le thème du présent article, il convient tout d'abord d'éclaircir quelques concepts que voici :
1. la jeunesse, les défis et les risques y associés et l'intérêt que voue l'islam à la jeunesse.
2. la définition de la mondialisation
3. les risques et les défis inhérents à la mondialisation et auxquels la jeunesse fait face.
4. comment faire face à ces risques et comment en préserver la jeunesse ?
5. l'importance de l'éducation et de la culture religieuses dans l'immunisation de la jeunesse contre les risques de la mondialisation
1. La jeunesse, les défis et les risques y associés et l'intérêt que voue l'islam à la jeunesse
La jeunesse est une phase cruciale dans la vie de l'Homme(1). En effet, c'est durant cette phase que commence le processus de maturation, mais c'est aussi la période où augmentent les risques et l'influence exogènes, du fait de l'ouverture sur le monde extérieur, et où les sens sont au sommet de leur épanouissement et la curiosité est poussée à l'extrême. Durant cette étape, les désirs et les caprices peuvent amener le jeune à adopter des comportements et des prises de position dangereuses, de même que la curiosité peut le pousser vers l'inconnu ou provoquer chez lui des déviations dangereuses, à défaut de repères stables ou de garde-fous solides. Et si l'on sait que les jeunes représentent une tranche non négligeable de la population de la majorité des pays arabes et islamiques (environ 30%) le problème prend alors une dimension préoccupante et appelle des solutions urgentes et efficaces.
Il va sans dire que l'islam a accordé un grand intérêt à la jeunesse, eu égard au rôle important que les jeunes jouent dans la marche et le développement de la société, de même qu'il a recommandé de leur prodiguer une bonne éducation selon des règles et des normes bien définies. Dans le verset suivant, le Coran souligne le courage et la détermination avec lesquels les jeunes assument leurs convictions religieuses : «Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Dieu»(2). Dans son exégèse de ce verset, Al-Qortobi explique que le Coran a qualifié ces personnes de «jeunes gens» parce qu'ils ont cru en Dieu de leur propre chef, sans intermédiation aucune»(3).
Le prophète (Paix et Salut sur lui) a également expliqué l'immense récompense que Dieu a réservée au jeune qui, laissant de côté des penchants naturels et bridant la fougue de la jeunesse, se consacre à adorer Dieu et à appliquer scrupuleusement ses enseignements. Il a ainsi indiqué que le jeune qui grandit dans la dévotion et se consacre à l'adoration du Créateur figure parmi les sept catégories de gens qui seront ombragées, le jour de la Résurrection, par l'ombre de Dieu dans ce hadith : «Sept personnes seront ombragées par l'ombre de Dieu, le jour où il n'y aura d'ombre que la Sienne (.) 2) un jeune homme qui a grandi dans l'adoration de Dieu honoré et glorifié»(4).
A partir de là, l'on mesure toute l'importance et la pertinence de l'autre hadith authentique dans lequel le Prophète (Paix et Salut sur lui) s'adresse aux jeunes en ces termes : «O jeunes gens ! Quiconque parmi vous possède la capacité physique et les moyens financiers nécessaires au mariage, qu'il se met en ménage. Certes, le mariage contraint les regards lascifs et préserve la chasteté. Quant à celui qui n'en possède pas les moyens, qu'il jeûne, car le jeûne le protégera contre la tentation»(5).
Le Prophète (Paix et Salut sur lui) comptait beaucoup sur les jeunes et leur confiait parfois des missions difficiles. Citons à cet égard l'exemple d'Oussama Ibn Zayd, à qui le Prophète confia le commandement de l'armée qu'il a décidé de dépêcher au Levant au lendemain de la bataille de Mo'ta. Oussama avait à peine dix-sept ans, alors que l'armée comptait plusieurs grands compagnons du Prophète. Toutefois, le Prophète mourut avant que l'armée n'eut le temps de faire mouvement, et il a fallu attendre Aboubakr As-siddiq pour prendre la mission en main(6).
2. Définition de la mondialisation
La mondialisation a réduit le monde à un petit village planétaire où toute action intellectuelle, culturelle ou socioéconomique se passe au vu et au su du monde entier et appelle forcément une réaction positive ou négative. En somme, toute action, quelle qu'elle soit, doit être conçue et entreprise en tenant compte de la dynamique des sociétés humaines et des mutations qui s'y opèrent sur tous les plans.
A partir de là, les plans d'éducation et d'enseignement, au même titre que les programmes d'orientation et d'information, devront prendre en compte cette réalité découlant de la mondialisation et s'y adapter.
En d'autres termes, nous devons appréhender la réalité de la mondialisation et, partant, élaborer les plans et les programmes appropriés pour y faire face, à défaut de quoi nous nous exposerons à des risques et des défis majeurs, susceptibles d'entraver la mise en place des conditions d'une vie saine et normale pour les peuples et la Oumma islamique.
Dans une étude approfondie sur la réalité de la mondialisation et les moyens d'y faire face, que j'ai présentée à la 14ème session de l'Académie internationale du fiqh islamique, relevant de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI), tenue du 11 au 16 janvier 2003 à Doha, capitale de l'Etat du Qatar, j'ai expliqué que les avis ne sont pas unanimes quant à l'apparition et la signification du terme «mondialisation». Si la majorité soutient qu'il s'agit d'un terme récent, mais dont la signification n'est pas encore suffisamment claire, bien que les manifestations du phénomène auxquelles il renvoie soient de plus en plus nombreuses, d'autres, en revanche, soulignent que le concept ne souffre d'aucune ambiguité et que sa naissance remonte à la fin du siècle dernier, à l'époque où l'avancée technologique et le développement du savoir ont marqué de leurs empreintes tous les domaines de la vie humaine. Néanmoins, ceux-ci n'ont pu former un avis unanime quant à la signification du terme «mondialisation» : voudrait-il dire que le monde est devenu une seule entité, ce qui faciliterait le contact entre ses différentes composantes, tel un petit village ? Renvoie-il à un ensemble d'idées et de principes socioéconomiques -propres à la civilisation occidentale contemporaine en général ou à une grande puissance proprement dite, en l'occurrence les Etats-Unis d'Amérique- qui ont envahi le monde et essayent de s'imposer en tant que comportement et manière de penser et d'agir ?
Certains chercheurs vont même jusqu'à soutenir que la mondialisation est un phénomène qui date de plus de cinq siècles. Certains autres affirment que le monde avait connu, dans le temps, la mondialisation arabe, la mondialisation grecque et la mondialisation romaine et que, selon cette logique, nous vivons aujourd'hui l'ère de la mondialisation européenne mais que celle-ci est, à son tour, condamnée à disparaître un jour comme celles qui l'ont précédée.(7)
D'autres n'hésitent par à souligner que ce phénomène est exagéré et qu'on ne doit pas y accorder plus d'importance qu'il ne mérite. En effet, les peuples et les nations continueront à préserver leur identité et seront toujours en mesure d'affronter les dangers et de se défendre contre les menaces extérieures, et cette hégémonie exercée par la civilisation occidentale s'essoufflera tôt ou tard du fait des contradictions, des défaillances et des éléments destructeurs qu'elle porte en son sein.
Un des faits notables est que la plupart des études, des conférences et des colloques qui se sont penchés sur le thème de la mondialisation n'ont traité de celle-ci que les aspects relatifs à l'hégémonie exercée par la civilisation occidentale contemporaine en général ou une grande puissance en particulier, et le danger qu'elle représente pour les particularités et les spécificités des peuples et des nations.
Ainsi, dans l'étude qu'il a présentée à la 4ème Conférence générale de la Ligue du monde islamique, tenue à Makkah Al-Mokarrmah en avril 2002, feu Dr Mane' bin Hamad Al-Johani, que Dieu l'ait en sa sainte miséricorde, estime que la définition la plus correcte, d'un point de vue islamique, de la mondialisation est celle du Dr Zanidi, qui définit celle-ci comme étant «cette tendance et ce courant cherchant à façonner la vie des êtres humains selon les valeurs et le mode de vie occidentaux et détruire les spécificités des différentes nations, de gré ou de force». Dénonçant les avis qui assimilent la mondialisation à l'universalité, Dr Zanidi précise que la mondialisation cherche à imposer le modèle occidental et les valeurs occidentales même dans le mode de vie. Et d'affirmer que «la mondialisation est l'un des différents outils, qui se renouvellent sans cesse, conçus par les ennemis du monde islamique sous une forme séduisante et resplendissante pour combattre les fidèles, les détourner de leur religion, exploiter leurs richesses et dominer leur pays(8). Certains, voulant être plus précis, désignent ce processus par le terme «américanisation», en allusion à la volonté d'imposer le modèle économique et intellectuel américain sur le monde».
Il a passé en revue les politiques et les mesures pratiques adoptées sur les plans politique, culturel, économique et médiatique afin de dominer les peuples et les nations à travers la mondialisation.
L'amalgame qui empêche toutefois la définition correcte de la mondialisation trouve son origine dans l'association faite entre le progrès scientifique et l'exploitation qu'en font les puissances occidentales pour imposer leur mode de pensée, leur culture et leurs us et coutumes aux autres peuples du monde.
De fait, bien que nous approuvions le souci du chercheur concernant la protection et la préservation de l'identité de la Oumma, nous ne partageons pas cependant sa définition de la mondialisation. En effet, nous estimons que celle-ci n'est pas plus qu'un ensemble de formules et de mécanismes dont l'objectif est de faciliter la mobilité des personnes, des biens, des idées et des cultures. Avant l'apparition de ce concept, les sociétés humaines étaient disparates et distinctes. Ces formules et ces mécanismes -entre autres, les chaînes satellitaires, l'internet, les satellites, les missiles intercontinentaux, les moyens de transport à grande vitesse, les multinationales, les groupements internationaux, les technologies de l'information et de la communication et tous types de transmissions- ont donc été l'outil pour uniformiser ces sociétés et, partant, transformer le monde en un petit village planétaire où les grandes puissances, qui contrôlent déjà une grande part des richesses des peuples et des nations, utilisent ces mécanismes pour servir leurs intérêts et diffuser leurs idées et leur culture.
L'économie est l'un des plus importants secteurs où cette hégémonie se manifeste de façon plus notable. En effet, les multinationales, après avoir réussi à supprimer les barrières douanières, à annuler le protectionnisme et à instituer la libre concurrence, ont pu contrôler la quasi-totalité de l'activité économique mondiale, causant ainsi la faillite de beaucoup d'entreprises et d'industries nationales et favorisant ainsi le contrôle par les grandes puissances de l'économie mondiale.
Partant de ces faits, ladite étude a conclu que la mondialisation est différente de ce que l'on appelle le nouvel ordre mondial et que les chercheurs tardent toujours à définir de façon unanime. En effet, ce concept renvoie-t-il aux organisations internationales et leur action conforme au droit, ou signifie-t-il l'affaiblissement de ces organisations et la violation des conventions internationales pour permettre à un Etat donné d'imposer son hégémonie au monde et mettre celui-ci au service de ses intérêts ? L'étude a donc démontré que le nouvel ordre mondial, selon la première conception, est acceptable dans la mesure où il traduit la nécessité de mettre en place une forme d'entente internationale basée sur le respect de la souveraineté des Etats, de leurs spécificités culturelles, de leurs valeurs et de leurs croyances, à l'image de ce qui est censé être le cas au niveau des communautés locales au sein d'un même Etat où doit prévaloir le respect entre les différentes composantes de la société, dans le cadre d'un système ayant comme objectif d'assurer le bien et le progrès de la société. Quant à la deuxième conception, l'étude a démontré qu'elle est inacceptable vu qu'elle expose la société humaine à des risques majeurs, voire à la destruction, et qu'elle permet à un seul Etat ou à un ensemble d'Etats de mettre la main sur les richesses et les potentialités des peuples et des nations et de les exploiter pour son propre compte et pour servir ses propres intérêts.
Ceci nous amène à nous nous interroger sur les raisons ayant motivé l'attribution du qualificatif «nouvel» à cet ordre mondial. Celui-ci a-t-il atteint un stade où le monde serait devant une sorte de gouvernement mondial couvrant tous les secteurs de la vie humaine ? il est clair que l'hégémonie des grandes puissances mènera le monde à une situation où même l'Organisation des Nations Unies sera à son tour sous leur contrôle. D'où l'importance pour la communauté internationale en général et les pays en développement en particulier d'adopter une position ferme devant les tentatives des grandes puissances pour imposer leur hégémonie à l'humanité et exploiter les richesses des peuples et des nations pour leurs propres intérêts.
Il est donc clair que la mondialisation est totalement différente de l'universalité qui est une caractéristique majeure de l'islam, cette religion venue apporter le salut à l'humanité tout entière. De fait, l'universalité de l'islam impose aux musulmans le devoir de diffuer leur religion et d'appeler les gens à l'embrasser. Dieu n'a-t-il pas, en effet, dit dans le Saint Coran : «Et Nous ne t'avons envoyé qu'en tant qu'annonciateur et avertisseur pour toute l'humanité»(9) ; «Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux»(10). L'islam a donc établi des bases et des règles strictes pour gérer les relations entre les peuples et les nations, de même qu'il a expliqué de manière claire les droits dûs aux non musulmans vivant dans les sociétés islamiques.
En analysant la mondialisation, le chercheur a fait deux constats d'une extrême importance :
1. les grandes puissances tentent, de nos jours, d'exploiter toutes les opportunités possibles afin d'étendre leur hégémonie à plusieurs secteurs de la vie humaine.
2. ces puissances exploitent leur avancée technologique pour mettre au point davantage de mécanismes, de formules et de pratiques à même d'augmenter leurs capacités et aptitudes, d'un côté, et de renforcer davantage leur hégémonie sur la vie humaine de l'autre côté. C'est ainsi que le développement technologique a été mis au service des visées hégémoniques de ces puissances.
Cette analyse de la mondialisation, telle que présentée dans l'étude, rompt tout lien entre les mécanismes, les formules et les outils de la mondialisation et les contenus, les philosophies et les idées qu'elle véhicule et dont elle facilite la diffusion dans les quatre coins du globe. Ceci veut dire que l'imposition de ces contenus, philosophies et idées ne peut se faire indépendamment desdits outils, moyens et formules.
D'un autre côté, il apparaît clairement que les autres forces culturelles, intellectuelles et civilisationnelles hostiles à la mondialisation ont commencé à prendre conscience de l'importance et des énormes opportunités qu'offrent ces outils. C'est ainsi que l'on a commencé à voir de plus en plus de sites web islamiques sur la toile mondiale. De même, les chaînes satellitaires islamiques se sont multipliées et essayent tant bien que mal de jouer leur rôle dans la lutte contre la vague de la civilisation occidentale contemporaine. Mais ces efforts demeurent insuffisants et nécessitent l'appropriation de la technologie dans le monde arabo-islamique afin de favoriser les initiatives locales créatives visant à faire face à la déferlante de la mondialisation et les tendances hégémoniques.
Même au niveau de la mobilité des marchandises dans le cadre de l'Organisation mondiale du Commerce et de la suprématie des biens et services produits par les pays occidentaux avancés, il est à noter que certaines industries arabo-islamiques ont commencé à s'imposer au niveau international à travers l'exportation. Dans la même lignée, les pays arabo-islamiques ont commencé à se fédérer dans le cadre de groupements économiques, et des zones franches se multiplient partout dans les pays du monde islamique et les pays en développement, ce qui prouve que les possibilités de concurrence avec les pays occidentaux sont bien réelles et qu'il suffit juste, pour cela, de consentir les efforts nécessaires.
De fait, il s'agit là d'un défi qui interpelle les dirigeants du monde arabo-islamique, lesquels devront assumer d'énormes responsabilités à deux niveaux importants :
1. immuniser les générations actuelles et montantes de la Oumma et mieux les outiller pour faire face aux défis de la mondialisation occidentale. Il s'agit là d'une mission qui exige d'immenses efforts, notamment dans les domaines de l'enseignement, l'éducation, l'information et la culture, afin de façonner la personnalité islamique moderne de façon à la rendre apte à relever les différents défis avec sagesse et détermination, en adoptant le juste-milieu et la modération et en alliant science et foi, authenticité et modernité, attachement aux constantes de la Oumma et ouverture sur les progrès de l'époque.
2. s'imprégner de l'esprit d'initiative et d'entreprenariat dans le comportement à adopter vis-à-vis de la mondialisation. En effet, ce phénomène doit être appréhendé suivant une approche globale qui s'adresse à la société islamique moderne de la façon et avec le langage qu'elle comprend le mieux, loin de toute improvisation. Il s'agit aussi de se fixer des objectifs scientifiques et économiques à atteindre, en veillant à mettre à disposition les moyens qu'il faut pour cela, d'autant que la Oumma dispose de ressources aussi riches que diversifiées, qui devraient lui permettre, surtout en présence d'une volonté sincère et d'une détermination sans faille, de réaliser ses ambitions les plus grandes et les plus légitimes.
D'aucuns diront que ces propos demeurent des voux pieux devant la performance matérielle occidentale et devant l'étendue de la dépendance du monde islamique vis-à-vis de l'Occident. De fait, ceci est vrai tant que l'on continue à parler et à théoriser à l'infini. Mais, le jour où l'on décide de passer à l'acte et où l'on commence à mettre au point des plans et des programmes bien ficelés, il est certain que le Tout-puissant nous accordera succès. Notre religion peut jouer un rôle de première importance dans l'éducation, la préparation et la motivation des musulmans afin qu'ils puissent réaliser une renaissance islamique à même d'ouvrir devant la Oumma les perspectives du progrès et du développement. Ceci prouve que les plans et les programmes d'éducation, d'information et d'orientation face aux dangers de la mondialisation ne sont pas des projets utopiques ou impossibles à réaliser, tant s'en faut. Mieux encore, les opportunités que recèle la mondialisation elle-même sont susceptibles de garantir le succès de ces plans et programmes, pour peu qu'ils soient bien étudiés et bien conçus par les décideurs du monde islamique.
Cet objectif est d'autant plus réalisable qu'il y a eu des cas où des efforts, quoi que modestes et sporadiques, ont porté leurs fruits et ont permis, dans une certaine mesure, à la Oumma de préserver son identité et son patrimoine, voire influencer le cours des choses. En voici d'ailleurs quelques exemples cités dans l'étude en question :
1. préserver l'identité de beaucoup de musulmans dans les sociétés islamiques modernes en dépit de tous les défis auxquels ils font face et de l'invasion culturelle dont ils font l'objet, notamment par l'intermédiaire de certains moyens d'information qui propagent l'immoralité et la dépravation.
2. influer sur beaucoup de citoyens occidentaux en dépit du confort matériel dont ils jouissent. Cette influence a même été, dans certains cas, grande au point d'amener certains d'entre eux à se convertir à l'islam et à en devenir de fervents défenseurs.
3. favoriser l'apparition, y compris dans les pays occidentaux développés, de plusieurs formations et courants sociaux et intellectuels qui se déclarent ouvertement hostiles à toutes formes d'hégémonie, de domination et d'exploitation des peuples et des nations.
4. un certain nombre de pays islamiques ont pu accomplir des réalisations distinguées dans plusieurs domaines scientifiques, ce qui prouve que la renaissance et le développement sont possibles chaque fois que les moyens sont mobilisés et que la volonté est présente.
5. dans le domaine social, à titre d'exemple, des tentatives ont eu lieu pour imposer à la société humaine des concepts et des visions contraires aux enseignements de la religion et aux principes moraux, notamment dans le domaine de la famille et de la relation entre l'homme et la femme. Mais la résistance farouche des gens de la foi a mis en échec les plans machiavéliques internationaux visant à désintégrer la famille et propager l'immoralité. En effet, les intellectuels musulmans et les représentants d'un certain nombre d'églises occidentales ont dénoncé ces abus et ces dépassements dans les conférences sur la population au Caire et à Pékin et ont réussi à inclure explicitement leur position dans les documents de ces conférences, à savoir que les recommandations de ces conférences sont acceptables et applicables tant qu'elles ne sont pas en contradiction avec les croyances et les certitudes des pays et des sociétés. Il n'en demeure pas moins que les réalisations sont très limitées et que les efforts dans ce sens laissent à désirer.
L'étude a conclu que la mondialisation a, certes, ses avantages, mais aussi que ses inconvénients sont innombrables. Pour les avantages, il faut reconnaître que la mondialisation a joué un rôle des plus louables dans la diffusion de la connaissance et du savoir, la réalisation du progrès technologique, la facilitation des contacts entre les gens, la diffusion des idées, des connaissances et des programmes éducatifs, d'information et d'orientation. Mais, de l'autre côté, elle favorise la diffusion de l'immoralité et ouvre la voie devant le contrôle par les forces occidentales des richesses et des ressources des peuples et des nations et l'atteinte à la souveraineté des Etats. Aussi, il nous importe de veiller à tirer profit des bienfaits de la mondialisation et à lutter contre ses inconvénients, le tout selon un plan pratique et global, à même de mobiliser toutes les forces et toutes les potentialités afin de construire une personnalité islamique créative, entreprenante et suffisamment outillée pour affronter toutes formes de domination et d'exploitation et réaliser la prospérité et le développement de l'humanité tout entière.
A la lumière de cette étude sur la mondialisation que j'ai présentée à l'Académie internationale du Fiqh islamique, et sur la base d'autres études présentées à l'Académie, celle-ci a rendu sa décision n°134 (14/8) relative au nouvel ordre mondial, à la mondialisation et aux groupements régionaux. Dans le préambule de la décision, on peut lire que : «De par sa forme et ses manifestations, la mondialisation signifie la mobilité des idées et des marchandises et la disparition des barrières entre les peuples, tant et si bien que le monde est devenu un petit village planétaire en raison du développement technologique moderne et des diverses formes d'organisation des relations internationales, notamment les groupements régionaux internationaux, l'Organisation mondiale du commerce et les multinationales. Parallèlement, les grandes puissances et les grands acteurs et décideurs internationaux ont exploité ces nouvelles opportunités pour leur propre intérêt, ce qui leur a permis d'exercer leur contrôle et d'asseoir leur hégémonie sur la plupart des secteurs de la vie humaine. En outre, ces puissances ont pris le soin de s'approprier les fruits du développement technologique afin de mettre au point de plus en plus de mécanismes et de formules à même de leur permettre, d'une part, de développer leurs aptitudes et, d'autre part, de renforcer leur domination et leur hégémonie sur tous les secteurs de la vie humaine».
«Dans le sillage de la mondialisation s'inscrit ce qui est communément appelé "le nouvel ordre mondial", fondé sur les organisations internationales et les conférences mondiales dans lesquelles sont examinées et débattues différentes questions d'ordre éducatif, économique, social, démographique et environnemental. Toutefois, toutes ces questions sont traitées selon la vision occidentale dont le souci majeur est de préserver, avant tout, les intérêts des grandes puissances et diffuser les principes de la civilisation matérielle occidentale moderne», peut-on encore lire dans le texte de la décision.
«Ainsi définie, la mondialisation représente un défi pour la Oumma islamique, laquelle est investie d'un message divin et se prévaut d'une glorieuse civilisation qui a apporté le bien et le bonheur à l'Homme. Cette situation interpelle les ulémas, les politiciens, les penseurs et les dirigeants de la Oumma islamique qui doivent assumer d'énormes responsabilités et consentir de grands efforts dans les domaines politique, culturel, éducatif, économique et informationnel afin de réaliser une renaissance islamique globale à même d'ouvrir les perspectives de développement et de progrès devant la Oumma», poursuit la décision.
Ceci se manifeste à travers deux actions principales :
Premièrement : Immuniser des générations de la Oumma pour qu'ils puissent faire face aux défis d'une mondialisation moderne à tendance occidentale, ce qui nécessite de grands efforts pour construire une personnalité islamique contemporaine capable de réagir à cette déferlante en connaissance de cause et sur la base d'un islam modéré et équilibré. Il s'agit en effet de concilier science et foi, tradition et modernité et d'adhérer aux constantes tout en s'ouvrant sur le monde moderne. Pour ce faire, force est d'accorder un intérêt suprême aux programmes d'éducation et d'enseignement, notamment à travers le renforcement des matières religieuses et le refus de toute intervention de la part des puissances étrangères.
Deuxièmement : Maîtriser l'usage des outils de la mondialisation et de ses mécanismes en adoptant des plans globaux qui s'adressent aux sociétés humaines contemporaines, de manière intelligible et avec une langue claire, loin de toute improvisation et de toute superficialité, en englobant tous les domaines de la pensée, de la culture et de l'information. Le but de cette démarche est d'aller vers plus de créativité et réussir dans les domaines scientifiques et économiques afin d'assurer une vie digne à tout individu dans la société.
Ensuite, l'Académie du fiqh a formulé un ensemble de recommandations qui s'inscrivent dans une perspective large visant à réaliser la renaissance islamique globale, une renaissance qui propulse la Oumma vers le progrès et la prospérité. Cela constituera une importante avancée vers un engagement islamique conscient qui protège les différentes générations de la Oumma contre les dangers de la mondialisation. L'Académie a, en outre, affirmé que ces résolutions rentrent dans le cadre des plans globaux requis et part du principe que l'islam est une religion pratique qui vise le bien et le bonheur des gens ici-bas et dans l'au-delà. L'islam est le sceau des religions et Dieu n'accepte aucune autre religion hormis l'islam. Abondant dans le sens du présent article, les principales recommandations formulées à partir de la décision rendue par l'Académie du fiqh se déclinent comme suit :
1. Faire connaître l'universalité de l'islam et les solutions qu'il apporte aux problèmes humains conformément à une méthode scientifique et objective.
2. Ouvrer au perfectionnement des compétences scientifiques et technologi-ques des pays islamiques et s'atteler sérieusement à l'acquisition des technologies modernes.
3. Ouvrer au renforcement des relations entre les peuples islamiques et réaliser l'unité des rangs des musulmans face aux différents défis.
4. Insister sur les éléments d'authenticité et de modernité dans le discours islamique de manière à rendre les musulmans plus conscients et faire connaître les positions islamiques à la communauté humaine en se fondant sur le message de cette religion, le but étant le bien et le progrès de l'humanité, loin de toute surenchère et de tout extrémisme d'une part, de toute insuffisance et de tout relâchement d'autre part.
5. Ouvrer à la consécration des principes de l'ijtihad dans les établissements d'enseignement de la loi islamique et dans les universités, les facultés, les instituts, les conseils de l'ifta et les académies du fiqh afin que la Oumma puisse être capable de faire face aux problèmes nouveaux d'un point de vue légal et global pour proposer des solutions adéquates.
6. Tirer avantage des outils médiatiques modernes afin de présenter l'aspect rationnel de l'islam et mettre en relief l'image rayonnante de cette religion, notamment à travers les chaines satellitaires et le réseau internet.
7. Etablir impérativement une coordination entre les Etats islamiques et les organisations bénévoles lors de la participation aux conférences internationales pour mettre en avant les positions islamiques distinguées et protéger l'humanité contre les dangers qui menacent le développement de l'humanité.
Troisièmement : les dangers et les défis de la mondialisation :
La protection des jeunes contre les dangers de la mondialisation est une obligation nationale et un devoir éducatif dicté par l'impératif de construire un homme de qualité, utile à sa société.
Les dangers de la mondialisation peuvent se résumer comme suit :
1. L'égarement intellectuel à travers l'invasion intellectuelle qui met en doute les principes, les valeurs et les piliers de l'islam à travers les différents médias, en particulier à travers l'internet et les chaines satellitaires ; les tentatives de déformation de l'image de l'islam dans les esprits des générations de la Oumma vise à ébranler la foi des musulmans et endiguer l'expansion de l'islam auprès des gens, sous prétexte d'en contrecarrer les dangers.
2. La corruption et le relâchement des mours à cause de la poursuite des plaisirs d'ici-bas, contenant ainsi les énergies et favorisant la propagation de maladies, notamment les maladies sexuellement transmissibles, en plus de la diffusion de l'homosexualité, des drogues, des crimes et de bien d'autres maladies de la civilisation contemporaine. Dieu dit : «Ceux qui se laissent dominer par leurs passions veulent vous entraîner sur une pente dangereuse».(11) Dieu dit encore : «La corruption est apparue sur la terre et dans la mer du fait des agissements des hommes. Dieu leur fera expier une partie de leurs péchés, afin qu'ils reviennent peut-être de leurs erreurs».(12)
3. L'adhésion aux idées importées comme la modernité qui veut occulter la culture, l'histoire et le patrimoine de la Oumma sans conscience ni discernement et l'adoption des idées laïques qui sont hostiles à la religion et à ses valeurs. Ces idées sont dangereuses car elles prennent le contrepied de la culture de la Oumma et de sa civilisation sous prétexte de la marche vers le développement et la réforme, ce qui remet en cause l'appartenance sincère des jeunes à leurs patries et leur Oumma. D'où la nécessité de fournir des efforts intellectuels qui clarifient notre position vis-à-vis des idées de la modernité, une position qui repose sur l'accueil favorable de toute idée qui ne se contredit pas avec les préceptes de l'islam et de ses règles immuables, la base étant l'adhésion indéfectible aux constantes tout en s'ouvrant sur les moyens modernes qui enrichissent l'humanité et favorisent le progrès et le développement. En plus, ces efforts intellectuels doivent montrer que l'islam appelle à l'intérêt pour toute ouvre scientifique et que le progrès scientifique ne s'oppose pas aux vérités de la foi et de l'islam, bien au contraire la science est légalement requise et sert à approfondir la foi en Dieu Tout Puissant sans s'y opposer ni de près ni de loin..Dieu a dit : «Nous continuerons à leur montrer Nos signes, aussi bien dans l'Univers qu'en eux-mêmes, jusqu'à ce qu'ils reconnaissent que ce Coran est bien la Vérité»(13) le Très-Haut dit aussi : «Il est ainsi des signes sur la Terre pour ceux qui croient avec certitude. Et il en est aussi en vous-mêmes. N'en êtes-vous donc pas conscients?».(14)
4. Certaines réactions adoptées par certaines franges de la Oumma vont dans le sens du repli sur soi et de la léthargie sous prétexte de protéger l'identité et de s'attacher au passé, sans faire de distinction entre l'authenticité et l'urgent, le bon et le mauvais, l'utile et le nuisible. Les phénomènes de dépravation et d'extrémisme dans certains aspects de la mondialisation pourrait pousser les jeunes à se replier sur eux-mêmes pour soit disant défendre l'identité et le patrimoine. Le fait est que la religion refuse le repli sur soi et appelle à l'ouverture positive sur la vie et le monde. Cette ouverture revêt plusieurs aspects : une relation de bénédiction et un acte de générosité du Très Haut et non pas une relation d'inimitié et de lutte. Dieu Dit : «Ne voyez-vous pas que Dieu a mis à votre service tout ce qui est dans les Cieux et sur la Terre, et qu'Il vous a prodigué Ses bienfaits aussi bien apparents que cachés?»(15). Dieu dit aussi : «Dis : «Qui a déclaré illicites les parures et les mets succulents dont Dieu a gratifié Ses serviteurs?».(16)
De plus, le musulman veille à l'observation des principes de coopération et de solidarité et l'assistance aux enfants de la société. Il ne se dissocie pas et ne s'éloigne pas de gens. Bien plus, il est un partenaire actif dans la société et la Oumma. Les textes légaux qui appellent à l'adoption de cette attitude sont bien connus.
5. Les réactions de certains groupes qui adoptent des idées extrémistes et fanatiques, et versent dans ce qu'on appelle ces jours-ci «terrorisme». Or, la diffusion de ces idées d'extrémisme et de terrorisme entre les musulmans est un phénomène auquel aspirent les ennemis de l'islam dans le cadre de leur action soutenue pour la déformation de l'image de cette religion et mettre en avant des pratiques erronées commises en son nom. Ainsi, plusieurs outils de la mondialisation diffusent la pensée extrémiste et appellent à la consacrer à travers des pratiques inadmissibles. Ceci nécessite de grands efforts pour immuniser les jeunes contre ces appels destructifs dans le cadre d'une sensibilisation engagée et d'un éclairage sage qui sont de nature à protéger la jeunesse contre la violence, l'extrémisme et les écarts de conduite qui leur sont nuisibles et qui portent préjudice à leur religion, à leurs nations et à leur Oumma.
J'avais présenté une étude sur la position de l'islam par rapport à l'extrémisme, et au fanatisme et à ce que l'on appelle aujourd'hui «terrorisme». Dans cette étude, j'ai abordé cette question et j'ai montré les réactions pratiques aux idées d'extrémisme et de terrorisme. J'ai, en outre, présenté un ensemble de recommandations à la septième conférence de l'Académie internationale du fiqh islamique qui s'est tenue à Amman, Royaume Hachémite de Jordanie, du 28 Joumada I au 2 Joumada II 1427 (24-28 juin 2006). Avec d'autres études, elle a incité l'Académie à prendre une décision importante concernant l'extrémisme, le fanatisme et le terrorisme. Il convient de s'y référer pour son importance et pour son caractère global.
Dans le présent article, il est nécessaire de s'attarder quelque peu sur les conditions qui exacerbent les dangers de la mondialisation pour la jeunesse de la Oumma, compte tenu de la conjoncture contemporaine. Parmi ces conditions, citons :
1. L'ignorance qui frappe de larges franges de la Oumma concernant les préceptes, les objectifs et les fins de la religion dans la société humaine. Le fait est que cette ignorance est ce qui permet à la mondialisation d'être menaçante pour les générations de la Oumma, ce qui exige de grands efforts pour faire connaître de manière consciente les préceptes de la religion. C'est ce qui sera éclairé plus loin dans cet article. En effet, priver les générations montantes de cette connaissance c'est comme laisser un verre vide qui peut être rempli avec n'importe quel liquide, même avec du poison. Ainsi, faire connaître la véritable image de cette religion à travers des programmes éducatifs et pédagogiques et à travers les différents médias est la meilleure immunisation de la Oumma contre les aspects dangereux de la mondialisation.
2. L'oisiveté : le sentiment d'oisiveté et la répugnance à fournir des efforts pour des actions utiles est une véritable calamité. Car ceci peut pousser à la délinquance intellectuelle, à des troubles psychiques et à d'autres mauvaises actions. Il est donc indispensable de prévoir des activités utiles et des programmes bien étudiés pour meubler le temps libre des jeunes, les écouter et communiquer avec eux par le langage qu'ils comprennent. C'est ici qu'intervient le rôle de l'orientation religieuse, laquelle peut jouer un rôle primordial pour stimuler les jeunes et exploiter leur potentiel, tout en tirant profit des avantages qu'offrent la modernité, en les exploitant de manière utile dans les programmes et les activités de la jeunesse. Le Prophète (PSL) a attiré l'attention sur l'importance de mettre à contribution les potentialités disponibles et de profiter du temps libre pour les exploiter dans le bien des individus et des collectivités. Le Prophète dit à ce propos : «Deux biens ne sont pas appréciés à leur juste valeur par beaucoup de gens : la santé et le temps libre». ainsi, éducateurs et orienteurs pédagogiques ne doivent épargner aucun effort pour se rendre utile dans ce domaine. Les programmes consacrés à l'environnement et aux activités sociales, culturelles et sportives doivent prévaloir dans le cadre de la complémentarité consciente du corps, de la raison et de l'esprit.
3. La pauvreté et la dureté des conditions de vie : ces conditions sont exploitées de manière indigne dans nos sociétés contemporaines. C'est pour cette raison que l'on doit tout faire pour assurer une vie digne à chaque individu dans nos programmes économiques et de développement en offrant des opportunités d'emploi, en luttant contre le chômage et en multipliant les programmes de formation. Le domaine est ici vaste et mérite un débat plus large avec les spécialistes du développement global.
IV. Les moyens de lutte et la manière d'immuniser et de protéger la jeunesse :
Il est clair que les plans conçus pour faire face à ces dangers et aux conditions qui les rendent plus graves doivent mettre en ouvre tous les moyens possibles. Pour ce faire, il est impératif de mettre à contribution la famille, l'école, les médias et les multiples acteurs sociaux, sans négliger les programmes d'orientation religieuse dans les mosquées et autres lieux.
Concernant les défis et les dangers de la mondialisation, un forum a été tenu à Doha sous le thème : «les chaines satellitaires et les problèmes des valeurs et de la morale auxquels fait face la jeunesse du Golfe : une campagne médiatique pour lutter contre les chaînes immorales». Ce forum a été couronné par la Déclaration de Doha qui a formulé vingt recommandations dans ce domaine et dans les domaines connexes. En tête de ces recommandations, une recommandation qui : «appelle le Secrétariat général du Conseil de la Coopération du Golfe à assurer le suivi de l'initiative adoptée par le forum en lançant une campagne médiatique au niveau des pays du Golfe pour faire face aux chaines satellitaires immorales et faire face aux défis moraux qui touchent les jeunes et les enfants dans la société du Golfe». Le Forum a invité à ne pas laisser certaines chaînes satellites qui, en déviant de leur vocation scientifique et pédagogique, détruisent les fondements moraux et sociaux de nos sociétés. Par conséquent, il convient d'établir un juste équilibre entre, d'une part, la liberté d'émission par satellite, la responsabilité sociale, la liberté d'informer et le droit d'émission satellitaire et, d'autre part, la protection des valeurs morales de la société, de manière à ne pas détruire la jeunesse des points de vue moral et matériel. Le forum a également appelé à la promotion du rôle de la famille, des responsables pédagogiques et éducatives compétentes et des institutions de la société civile dans la protection de la sécurité culturelle, sociale et économique de la jeunesse et de la protéger contre les mauvaises influences des programmes émis via satellite. Le forum a, par ailleurs, appelé à accorder davantage d'intérêt aux programmes qui reflètent les valeurs et la morale, et attiré l'attention sur l'importance de mettre en place un système médiatique international qui consacre les valeurs humaines universelles(17).
L'immunisation de la jeunesse est un processus global qui s'appuie sur une construction éducative intégrée et qui doit tenir compte des dimensions spirituelles, intellectuelles et corporelles sans perdre de vue l'aspect intégré de l'identité humaine. Cette démarche s'inscrit dans un cadre destiné à éviter l'égarement intellectuel, l'exploitation du temps libre. A cet égard, il faut tirer profit des aspects positifs de notre époque de manière à assimiler toutes les possibilités et mettre en ouvre toutes les énergies disponibles au profit des jeunes, en offrant les conditions d'une vie digne pour eux et leur famille, à travers des plans bien étudiés et des programmes mis en ouvre par des établissements spécialisés qui bénéficient du soutien continu et du financement nécessaire.
V. L'importance de l'éducation et de la culture religieuse dans la lutte contre les dangers de la mondialisation :
Il faut attirer l'attention ici sur le fait que l'éducation et la culture religieuses reçues par les jeunes à travers l'éducation, l'enseignement et à travers la famille et les différents medias, sont fondamentales dans la formation d'une personnalité équilibrée. D'où l'importance de s'intéresser à cette culture et d'en rehausser la qualité afin de doter l'individu d'une personnalité distinguée, celle que nous appelons tous de nos voeux.
C'est de là que vient l'intérêt pour les programmes éducatifs et d'enseignement en général, et pour les programmes de l'éducation et de la culture religieuse en particulier. On a commencé à parler d'un discours islamique contemporain et d'une presse islamique contemporaine comme on a commencé à parler de l'importance de former des oulémas et des prédicateurs pour s'attacher aux constantes et préserver notre identité tout en s'ouvrant sur l'époque actuelle.
J'avais présenté une étude assez globale sur le développement des moyens de la Daawa islamique et de ses modes dans la société contemporaine à la treizième session de la réunion de la commission de coordination de l'action islamique commune, relevant de l'Organisation de la Conférence islamique, sur invitation de la Ligue du Monde islamique à Makkah Al Mukarrramah du 19 au 22 mai 2003.
J'ai montré dans cette étude la nature de la société humaine contemporaine, et j'ai précisé que ce que l'on entend par société humaine c'est un ensemble d'individus, de collectivités et d'entités humaines qui vivent sur cette terre, y compris les tribus, les peuples et les nations, qu'il s'agisse d'entités indépendantes ou non. C'est de ces individus que le Tout-Puissant fait allusion quand il dit : «Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux».(18) Dieu dit encore : «Et Nous ne t'avons envoyé qu'en tant qu'annonciateur et avertisseur pour toute l'humanité».(19) Ce sont eux qui forment la société humaine et c'est à eux que s'adresse le message divin. On n'entend pas par société uniquement ceux qui la composent mais on entend par là des collectivités qui ont leurs conditions de vie, leurs habitudes, leur statut intellectuel, culturel, politique et social. En effet, chaque société possède sa personnalité propre, mais il est clair que le discours religieux s'adresse aux gens qui forment la société, sachant que les sociétés diffèrent les unes des autres en termes de composantes différentes et de spécificités. Aussi, est-il nécessaire que le discours soit différent d'une société à une autre en fonction de la situation de chaque société.
La société contemporaine s'entend de la société humaine contemporaine, avec tout ce qu'elle englobe en termes de spécificités, de composantes et de circonstances qui la distinguent des autres sociétés.
Certes, cette société a atteint un important degré de développement dans certains domaines, mais elle a accusé des faiblesses dans d'autres domaines. C'est ce qui explique sa différence en termes de spécificités, de relations et d'intérêts avec les sociétés humaines précédentes. C'est une société avancée qui a réalisé un développement extraordinaire, ce qui a eu un profond impact sur certains aspects de la vie humaine, déterminant ainsi son mode d'existence et ses valeurs. Les connaissances humaines se sont ainsi démultipliées, des principes et des idées qui n'existaient pas dans les sociétés précédentes sont devenues le moteur des sociétés modernes : le progrès technologique qui a couvert plusieurs aspects de la vie, la connaissance humaine qui a évolué à tous les niveaux, notamment sur les plans du discours, de la communication et de la transmission des connaissances. De plus, la société contemporaine se distingue par le vaste espace consacré aux droits de l'homme et à ses libertés, le développement des relations entre individus, la formation de la famille et des relations entres Etats. Elle a également des zones d'ombre comme la menace qui pèse sur les us et coutumes des individus et des collectivités, la résurgence de nouveaux modes d'existence qui sont sorties des usages auxquels l'humanité s'est habituée et conformée pendant plusieurs siècles que ce soit au sein du même Etat ou entre Etats. Cette situation a causé dans la société plusieurs maux organiques, psychologiques et sociaux à nuls autres pareils dans l'histoire de l'humanité. Or, la mondialisation est un trait distinctif de cette société. C'est ce qui rend le discours islamique de cette société délicat au point de nécessiter de grands efforts pour développer les moyens et les approches qui le sous-tendent. De fait, c'est ce que j'avais abordé en détail dans l'étude susmentionnée. En effet, j'ai précisé à la lumière de ces changements qu'il était nécessaire de revoir les programmes de formation des prédicateurs et des programmes de prédication dans les sociétés humaines contemporaines, à travers des équipes de travail qualifiées qui s'attèleront à l'analyse de ce phénomène et voir son influence sur le mouvement de la société et ses intérêts. En effet, ces programmes de formation doivent analyser ces influences une par une et mettre en place une stratégie prédicative contemporaine qui prend en compte les changements et conçoit les moyens de les traiter et d'analyser leur impact sur la société humaine contemporaine. A la tête de ces démarches, il convient de réactiver l'institution de l'ijtihad afin de faire face aux questions d'actualité dans des domaines aussi divers que la médecine, l'économie, la société et bien d'autres. Nous en avons absolument besoin, tant et si bien qu'il faut développer nos potentialités à travers nos établissements pédagogiques et à travers la promotion du travail collectif qui offre de grandes possibilités dans ce domaine(20).
Il est également nécessaire de s'intéresser aux établissements médiatiques pour faire face aux campagnes hostiles qui sont menées contre l'islam ces jours-ci. De même qu'il faut s'intéresser à l'unité des musulmans, approfondir les relations de coopération et de complémentarité entre eux, ce qui confirme notre besoin d'un mode de prédication nouveau pour la Oumma, un mode qui unit au lieu de désunir, qui mobilise les énergies et les forces au lieu de les disperser. Pour cela, les responsables de l'appel islamique devraient tenir des colloques sur le dialogue islamique : le dialogue pour le rapprochement entre les madhahibs islamiques, la mobilisation de la Oumma et l'unité des rangs pour faire face aux défis et aux dangers qui menacent la Oumma, surtout que les relations internationales se fondent aujourd'hui sur les grands blocs politiques, économiques et militaires. Ce rapprochement entre les différentes catégories de la Oumma sert les intérêts suprêmes de celle-ci dans une conjoncture aussi délicate. En effet, nous avons absolument besoin d'approfondir les principes communs afin d'établir des relations de coopération de manière plus globale et plus profonde, le renforcement de la foi, fondement de notre union et de notre unité. La complémentarité et la solidarité de la Oumma est donc un besoin fondamental pour réaliser sa stabilité et sa force, construire son identité et la mettre sur le chemin du progrès.
Le présent article insiste sur le fait que les normes de développement des moyens de prédication et de ses modes dans la société contemporaine. Il s'agit d'un ensemble de principes et de fondements qu'il faut respecter dans les processus de développement. Ces normes se déclinent comme suit :
1. Adopter un mode de prédication qui vise à faciliter au lieu de compliquer l'existence des individus et susciter leur peur ; utiliser la sagesse et le bon exemple en se gardant d'offenser ses interlocuteurs. En effet, comment un prédicateur peut-il réussir s'il éprouve de l'inimitié pour son interlocuteur en mettant des obstacles entre eux ? tous les textes corroborent ce principe. Le meilleur exemple en est le verset coranique suivant : «Appelle à la Voie de ton Seigneur avec sagesse et par de persuasives exhortations. Sois modéré dans ta discussion avec eux»(21) et ce hadith du prophète (PSL) : «Rendez les choses faciles et ne les compliquez pas, prévenez-les de la bonne nouvelle mais ne les faites pas fuir»(22).
2. Bien comprendre la méthode de l'appel à l'islam et être conscient de la réalité sociale sous toutes ses dimensions, s'adapter aux conditions et aux moyens disponibles en déterminant les priorités et en insistant sur les aspects positifs. Cela nous amène à un point d'extrême importance : celui d'éviter la confusion entre les moyens et les fins. Mais c'est là un sujet qui demande d'être traité de manière indépendante.
3. S'intéresser aux méthodes de prédication indirecte, donner des exemples pratiques et des solutions réalistes aux problèmes quotidiens et s'adresser à chaque catégorie de la société en fonction de ses centres d'intérêt.
4. Utiliser tous les moyens offerts par les mass médias, télévision, radio, cinéma, vidéo, journaux, revues, etc. dans la prédication de manière à toucher le téléspectateur.
L'étude a montré les raisons pour lesquels il est nécessaire de développer les méthodes de prédication, d'en diversifier les moyens et de fournir tous les efforts possibles pour réaliser ses objectifs dans la communauté humaine. J'ai également montré les effets de cette approche sur l'orientation des jeunes. D'où les considérations suivantes :
1. Il est nécessaire d'élargir le cercle de l'orientation islamique pour qu'il puisse englober tous les enfants de la société, car l'établissement d'une société forte nécessite de s'intéresser à l'ensemble de ses enfants, en tête desquels la jeunesse, pour que leurs efforts soient concertés et pour qu'ils passent à l'action sans divergence ni conflits. Ceci appelle l'utilisation de moyens modernes pour profiter à tous les individus de la société.
2. Dans ce contexte, l'étude a montré que l'évolution rapide de nos sociétés vers le développement et le progrès, l'annonce de plans et de programmes de développement, nécessitent d'accorder un véritable intérêt aux valeurs religieuses et morales pour ne pas sombrer dans une tendance matérialiste pure. Il faut ainsi être parfaitement conscient des problèmes engendrés par cette tendance et de ses effets destructeurs sur la société humaine, ce qui confirme la nécessité d'assortir l'éducation et l'orientation islamiques aux plans de développement économique et social, de sorte à favoriser le développement global sans dégâts collatéraux qui pourraient menacer les valeurs de la société et sa morale et provoquer la mise en panne des plans et des programmes de développement eux-mêmes.
3. Comme l'a montré l'étude, l'établissement d'une société islamique forte et vertueuse nécessite d'accorder à l'homme l'attention qu'il mérite, sans négliger les différents aspects de la personnalité humaine afin de lui permettre de se développer de manière cohérente et globale. Ceci doit être pris en considération car c'est actuellement la meilleure façon de traiter la personnalité humaine sous ses différents aspects, et conformément à des programmes bien étudiés.
4. L'étude a insisté sur la nécessité de protéger la Oumma à travers ses générations de l'invasion intellectuelle et culturelle qui vise à détruire la personnalité islamique et déstabiliser la société islamique. En effet, laisser certaines catégories de la société en proie aux idées importées, menace l'indépendance de la Oumma et son identité et met en danger sa sécurité et sa stabilité. Cela nécessite la connaissance de ces idées et y faire face par des moyens modernes.
5. La privation des différentes franges de la société de l'orientation islamique engendre la négligence de l'intérêt général, ce qui se répercute négativement sur le progrès de la société, plombe les plans de développement et provoque des abus des biens publics et l'absence de sincérité et d'intégrité dans les différents métiers et professions. L'homme qui a grandi à la lumière de l'orientation islamique sauvegarde les intérêts de la Oumma et s'attache à sa civilisation et à son patrimoine, s'acquitte consciencieusement de son travail, défend sa patrie, ne trahit pas et sauvegarde les intérêts des autres comme ses propres intérêts, voire plus. Le prophète (PSL) a dit : «Nul d'entre vous n'a la vraie foi s'il ne désire pas pour son prochain ce qu'il désire pour lui-même»(23).
Tout cela nous pousse à donner l'extrême priorité à la prédication et à l'orientation islamiques, nous incite à développer ses modes et moderniser ses méthodes car grandes sont les responsabilités qui nous incombent en la matière.
Il est clair que la voie vers l'islam et la conservation de la foi revient à ne ménager aucun effort pour en faire connaître les principes et les vérités en utilisant une méthode qui s'adresse à la raison et à l'esprit par une langue simple et une approche persuasive. Cela demande que l'on oeuvre, conformément à des études scientifiques de qualité, à mettre en place des plans et des programmes à même de réaliser cet objectif en mettant à profit tout ce que les études modernes ont présenté à cet effet.
L'étude s'est également intéressée à montrer les phases qui ont été franchies dans le domaine du développement des méthodes de prédication. Elle a montré qu'au cours des dernières années, des opérations de développement et de modernisation ont eu lieu dans les domaines de la prédication et de l'orientation islamiques. Ainsi, on a créé des associations, des clubs, des centres et des institutions qui travaillent dans ces champs, on a produit des films et des programmes pour le cinéma, la télévision et la radio, des radios coraniques ont été crées, des journaux, des revues et des livres ont été publiés. Les chercheurs et les personnes intéressées ont présenté des travaux de recherche et des propositions pour améliorer les moyens de la prédication et de la renaissance avec les méthodes de wa'ad et du irshâd. Le fait est que cela nécessite davantage d'attention et d'intérêt et la voie est encore ouverte pour plus d'études et de mises en pratique.
En fait, plusieurs parties responsables de la da'awa et de l'orientation islamique dans le monde ont introduit ces dernières années, dans le cadre de ses activités et de ses actions, beaucoup de pratiques qui enrichissent le domaine de la da'awa et apportent une valeur ajoutée aux domaines de l'orientation islamique. Ces images et ces pratiques se trouvent dans certains pays à l'exclusion d'autres, ce qui nécessite d'oeuvrer pour les généraliser et échanger les savoir- faire dans ce domaine entre les Etats musulmans.
Mon étude susmentionnée a présenté une série de propositions et de recommandations dans ce domaine, en mettant l'accent sur la nécessité de fournir davantage d'efforts pour le développement des moyens et des méthodes de la da'awa. J'ai demandé que l'accent soit porté sur l'importance des programmes religieux dans les institutions médiatiques. En effet, ils ont besoin d'être revus de manière globale pour en développer le contenu. La raison en est que les programmes religieux dans les médias revêtent une importance particulière et remplissent un rôle actif dans la sensibilisation des musulmans aux préceptes de leur religion. Il s'agit également de présenter des solutions pratiques à leurs problèmes quotidiens dans différents domaines de la vie. D'où l'attention particulière que l'on doit accorder à ce programme, conformément à une conception qui vise constamment à développer les formules de ces programmes et le mode de les présenter aux individus dans la société, afin qu'elle les attire davantage. Ces programmes devraient ainsi se focaliser sur les problèmes de la vie dont se plaignent les individus de la société comme les accidents de la circulation, l'expansion de la criminalité, la santé, la protection de l'environnement et des biens publics, la réalisation du développement socio-économique global, la protection de l'agriculture, l'industrie, l'artisanat, la lutte contre le monopole, la hausse des prix, l'intérêt pour la science et la connaissance, l'acquittement des tâches avec probité, l'intérêt pour la construction éducative de l'homme sur la base de la justice, la tolérance, la sauvegarde des droits, le traitement des problèmes de la famille et des problèmes sociaux sous toutes leurs formes, à condition que ce soit dans le cadre de la modération et du juste milieu, loin de toutes les formes d'extrémisme et de fanatisme qui ne se fondent sur aucune preuve légale ni logique acceptable.
En conclusion, je voudrais préciser que les questions que j'ai suscitées ne sont que des exemples et que le domaine est tellement vaste qu'on pourrait en citer plusieurs autres car l'islam se caractérise par sa globalité et pour l'intérêt qu'il porte à l'organisation de la vie humaine sous toutes ses dimensions.
(*) Secrétaire général de l'Académie internationale du fiqh islamique.
(1) Les avis diffèrent quant à la tranche d'âge associée à la «jeunesse». D'aucuns la situent entre 15 et 39 ans, et d'autres entre 15 et 24 ans. Si l'on adopte la première conception, les statistiques nous apprennent que les jeunes représentent 33% de la population du monde arabe. Par contre, selon la deuxième conception, ce taux n'est plus que de 21%. Quant au taux de la population de moins de 24 ans, les statistiques le situent à 70 %. Voir Dr Ali Zaghal, la jeunesse en Jordanie, pp. 10-12.
(2) Sourate Al-Qahf, verset 13.
(3) Interprétation d'Al-Qortobi, v.10, p.364. Voir aussi l'interprétation d'Al-Qasimi, v.11, p.4027.
(4) Rapporté par Boukhari et Musilm, Allu'lu' wal marjane fima ittafaqa 3alayhi achykhaane, v. 1, p.216.
(5) Rapporté par Boukhari et Muslim, Mokhtassar sahih Muslim, Al-Mandiri, p. 207, Al-Fath alkabir, Nabhani, v.3, p. 402.
(6) Ibn Katir, Al-bidaya wa annihaya, v.6, p.371.
(7) Voir l'introduction des Actes de la conférence sur «les Arabes et la mondialisation», p.10 et suivantes.
(8) Dr Mani' Al Johani, Les Musulmans et les défis de la mondialisation, p.5.
(9) Sourate Saba', verset 28.
(10) Sourate Al-Hujurat, verset 13.
(11) Sourate An-Nissa, verset 27
(12) Sourate Ar-Roum, verset 41
(13) Sourate Fussilat, versets 53
(14) Sourate Ad-Dâriât, versets 20-21
(15) Sourate Luqmân, verset 20
(16) Sourate Al-A'râf, verset 32
(17) Pour la présentation et les recommandations de ce forum, voir le quotidien Al-Hayat, numéro du 15/1/2008.
(18) Sourate Al-Hujurat, verset 13
(19) Sourate Saba', verset 28
(20) Voir la communication intitulée : «la vérité de l'ijtihad et son rôle dans l'édification islamique», présentée au colloque sur l'ijtihad en islam. Ce colloque a été organisé par l'Académie royale des études sur la civilisation islamique, Fondation Al Al-Bayt, Sultanat d'Oman, Actes de colloque, 1419 H/1991, pp. 226-246.
(21) Sourate An-Nahl, verset 125.
(22) Rapporté par Al-Boukhari, Muslim et Ahmad.
(23) Rapporté par Al-Boukhari, Muslim et Ahmad, Al Fath Al Kabir, Tome 3, p. 351.
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