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L'architecte en civilisation
islamique
Dr Khaled Azab(*)
Le rôle
distingué que les architectes musulmans ont longtemps joué
est resté méconnu des chercheurs d'aujourd'hui qui
l'assimilent à celui de l'architecte tel qu'il est défini
actuellement. Selon Al Qalqachandi, l'architecte est :
«celui qui se charge de la conception et de l'appréciation
des ouvrages bâtis et en évalue la maîtrise d'œuvre»(1).
Pour Ibn Khaldûn, l'architecte est celui qui «pratique
l'architecture» et l'architecture est une science qui
embrasse des domaines aussi divers que le bâtiment, la
construction, l'aménagement du territoire, l'aménagement des
rivières, la canalisation, la conception des ponts
etc...(2) L'architecte était alors dit maître-constructeur
ou maître-maçon(3).
Le dessin architectural :
Aucun dessin
architectural de l'époque ne nous est malheureusement
parvenu. Mais les ouvrages islamiques que l'on apprécie
encore aujourd'hui montrent que les architectes musulmans
utilisaient la technique du dessin architectural. Ce constat
transparaît à travers trois axes principaux:
Le premier axe :
Les ouvrages architecturaux qui ont résisté au temps
montrent la précision de l'architecte musulman et l'harmonie
qui caractérisait ses œuvres, de la conception à la
construction(4). La fonctionnalité et l'environnement de
l'ouvrage bâti étaient également pris en considération. La
créativité des architectes musulmans s'est exprimée dans
toute sa splendeur, entre autres, à travers l'architecture
militaire de l'époque. Les murailles du Caire en sont la
parfaite illustration. Construits par Badr Al Jamali sous la
dynastie fatimide (480-485 H/1087-1092 G), ces murailles ont
fait l'objet d'innovations architecturales de toute beauté,
comme le grand escalier en colimaçon qui, de l'intérieur,
relie le sol à la terrasse de la Porte de la Victoire. Cet
escalier se déploie en hélice autour d'un imposant pilier en
pierre, solidement construit et finement sculpté. Une voûte
en demi-cercle surmonte l'escalier et s'incline de manière à
décrire deux arcs, donnant lieu à des terrasses rondes. Ce
style rend l'exécution de l'ouvrage d'autant plus difficile.
Cette inventivité traduit une grande maîtrise architecturale
et une parfaite connaissance de la géométrie descriptive.
Une autre invention architecturale consiste en la cavité de
la muraille qui se situe au dessus de l'angle de réfraction
et vis-à-vis du minaret de la mosquée d'Al-Hakem(5).
D'autres
créations architecturales attestent du fait que les
Musulmans avaient une maîtrise parfaite de la géométrie
descriptive, l'une des disciplines les plus difficiles
actuellement. A l'époque mamelouke, les architectes ont
développé des styles de construction en pierre. L'architecte
Ibn Suyufi a utilisé ce matériau dans la conception et la
construction des illustres minarets mameloukes, le premier
fut le minaret de la medersa Al-Aqbaghawiya. La tradition
voulait que les minarets soient construits en briques mais
l'utilisation de la pierre dans la construction des minarets
mameloukes a développé leur mode de construction, en
exploitant les avantages de la construction en pierre. Ce
nouveau mode de construction s'est répercuté sur la forme et
les dimensions et ce développement trouve son expression la
plus achevée dans le minaret d'Al-Ghouri. C'est un minaret à
double tête et à deux étages, revêtu d'un carrelage en
faïence et surmonté d'un deuxième étage conçu en seize
côtés(6).
Le deuxième axe
: Il s'agit des écrits architecturaux qui nous sont parvenus
- ou qui ne nous sont pas parvenus mais qui ont été cités
dans des ouvrages historiques de référence- dont certains
n'ont pas de lien direct avec la question du dessin
architectural mais avec l'architecture en tant qu'art et
science. Parmi ces écrits, citons l'ouvrage d'Abu Al wafa'a
Al Yuzjani, mort en 998, intiulé : ma yahtaju lahou al
sunna'a min aamal al handassa(7) et les livres d'Ahmad Ibn
Omar Al Karaysi intitulé : hissab Ad-dour et misahat al
halaka(8). Citons également quelques ouvrages qui traitent
de l'aspect juridique de l'architecture comme kitabu al
i'lân bi ahkam al binyan d'Ibn Arrâmi. Par ailleurs, de
courtes monographies existent, qui traitent de points
d'architecture comme celle d'Ibn Rajab intitulée Rissalat Al
badhahanj, sans oublier le manuscrit d'Abou Nasr Mansour Ibn
Ali, intitulé : Rissalat al massâ'il al handassia, qui
contient quinze problèmes qu'Abou Mansour, a grand renfort
d'outils et de théories géométriques, s'est escrimé à
résoudre. Les problèmes présentent un niveau de complexité
assez élevé et illustrent les difficultés rencontrées par
les architectes de l'époque(9).
Le manuscrit
d'Abu Al Wafa Al Youjzani contient des démonstrations
géométriques à l'attention des architectes. Ce manuscrit
rapporte un dialogue entre un architecte et un artisan et
montre la relation étroite qui existait entre ces deux
intervenants dans l'acte de construire. C'est l'une des
rares discussions rapportées par les livres anciens. Ce
manuscrit, qui ressemble plutôt à un guide pratique à
l'usage des architectes, contient treize chapitres dont un
sur l'usage de la règle et du compas, un chapitre sur les
figures isométriques, un chapitre sur la construction du
cercle circonscrit aux autres figures, un chapitre sur la
construction de carrés circonscrits aux carrés(10). Du livre
de Rachiduddine Al Miaamari al Farisi (XIIIème siècle de
l'ère chrétienne), il ne nous est parvenu que la table des
matières qui contient les règles relatives à la construction
des maisons et des bâtiments religieux, des forteresses et
d'autres informations sur la construction des mausolées. Le
livre de Safar Afandi sur l'œuvre de Mahmoud Agha, grand
architecte de l'emprire othoman au XVIIème siècle, contient
plusieurs théories architecturales. Il y traite de
l'imprécision du lien entre les modèles architecturaux et
les ouvrages des architectes musulmans. Quant à l'ouvrage de
l'architecte persan Ghyatuddine Al Qachi, commis en 1423, il
montre à travers diverses planches la technique utilisée
dans le dessin des voûtes(11).
Le troisième axe
: Les faits historiques confirment que les architectes
musulmans utilisaient le dessin architectural pour exécuter
les ouvrages de construction. Avant la construction de la
ville de Bagdad, le calife Al Mansour a désigné quatre
architectes : Abdullah Ibn Mihraz, Al Hajjaj Ibn Yûsuf,
Umran Ibn Waddah et Chihab Ibn Katir. Il leur a donné
instruction d'élargir les échoppes et de faire en sorte que
les boulevards, les rues et les impasses soient assez vastes
pour contenir des maisons. Chaque rue devait porter le nom
du chef qui y habite, d'un homme probe ou de la tribu dont
sont originaires les habitants. Il a fixé la largeur des
avenues à cinquante coudées et à seize celle des rues. A
chacun des quatre architectes désignés, il a assigné un
quart de la ville pour y accomplir son œuvre. Chaque
architecte est assisté par deux hommes du calife pour
superviser les chantiers(12). Cela montre que l'architecte
s'occupait de la planification et de la supervision de
l'exécution et avait des assistants pour l'aider dans sa
tâche. Cette anecdote montre que le maître d'ouvrage peut
donner des directives à l'architecte qui les respecte lors
du dessin des plans(13). Le Calife Abu Jaafar Al Mansour a
demandé aux architectes de lui soumettre les plans. Il s'est
familiarisé avec les avenues et les artères de la nouvelle
ville, adopté les plans et ordonné la mise en œuvre du
projet(14) .
Dans la même
veine, le calife Al Ma'amoun donna à son architecte les
instructions suivantes : «Fais en sorte que l'édifice
construit résiste à l'épreuve du temps»(15). Quand Ahmad Ibn
Tûlûn commença la construction de la mosquée d'Al-Qata'i
(Vieux Caire) en 263 H/876G, son architecte lui adresse une
missive dans laquelle on peut lire : «je te construirai une
mosquée comme tu les aimes, sans piliers si ce n'est les
deux piliers de la qibla. Je suis en train de la dessiner
pour que tu puisses en apprécier les plans». Il a donc
demandé à ce qu'on lui apporte les plans qu'il a d'ailleurs
hautement appréciés(16). Le plus ancien plan architectural
qui nous fût parvenu remonte au VIIIème siècle de l'Hégire
(XVIème G). Ce plan qui est conservé à l'Institut uzbek pour
les études orientales montre que les architectes de l'époque
utilisaient le carreau comme unité de représentation(17). La
planche retrouvée contient les plans d'un jardin en
Afghanistan. Ce système de représentation utilisait des
carreaux de 42 à 62 mm de côté.
Ibn Khaldûn nous
rappelle que l'utilisation des figures géométriques dans
l'architecture de son temps demandait une excellente
maîtrise des échelles et du système métrique afin que les
formes puissent être représentées de manière concrète. Or,
la maîtrise de l'échelle passe par la maîtrise de la
géométrie. Les architectes musulmans ont parfait leur
savoir-faire en matière de dessin architectural sous les
Ottomans. Sinan, le célèbre architecte de l'empire ottoman,
s'est rendu célèbre par la phrase suivante : «Et sur le
champ, j'ai dessiné une belle mosquée que le sultan a
beaucoup appréciée.» Sous l'empire ottoman, les architectes
ne dessinaient que les gros oeuvres et, tout au plus, des
façades simplifiées ; ils ne reportaient sur leurs planches
que les dimensions principales. L'architecte étant à la fois
concepteur et maître d'œuvre, il ne travaille sur les
détails qu'une fois sur le terrain. Le Palais de Topkapi
Saray à Istanbul renfermerait de nombreux exemples de
dessins architecturaux de l'époque ottomane. La lecture des
nombreux documents conservés par les waqfs nous permet
d'apprécier la précision terminologique avec laquelle sont
décrits les ouvrages architecturaux et leurs ornementations.
L'existence d'une terminologie aussi précise montre que
l'architecture était élevée au rang de science à part
entière.
Sous le règne
des Mamelouks, l'architecture atteint son apogée. Encouragée
par les sultans de cette dynastie, l'architecture s'est fait
de plus en plus inventive et l'importance de l'architecte
devenait de plus en plus manifeste. L'architecte est celui
qui dresse les plans et veille à la mise en œuvre du projet,
il est l'expert que les princes et les sultans consultent
pour l'exécution de leurs projets de construction. Lorsque
le sultan Zahir (Baybars) voulut construire sa célèbre
mosquée au Caire en 665H/1266, il a envoyé l'atabek
Farisuddine Akatay, le sahib Fakhruddine fis du sahib
Baha'udinne et un groupe d'ingénieurs pour choisir le site
sur lequel sera construite la mosquée. Le jeudi 8 Rabia II
665H/1266G., le sultan les a accompagnés pour constater le
lieu sur lequel le choix a été porté. Ils lui ont soumis un
devis et des plans. Le sultan a recommandé de construire le
portail de la mosquée sur le modèle de la medersa Az-zahiriya
à Damas et ordonné que son mihrab soit surmonté d'un dôme
aux dimensions semblables à celles du dôme de l'imam Chafei
(18).
Les architectes
exécutaient les dessins d'édifices déjà construits. Ainsi,
en 916 H, lorsque le sultan Al-Ghouri voulait connaître le
plan d'Alexandrie, il a chargé l'architecte Hassan As-sayyed
de lui construire une maquette de la ville. Celui-ci a
choisi un terrain au lieudit Al Matariya où il monta en
plâtre la maquette d'Alexandrie avec tours, portes,
murailles et maisons. Quand l'ouvrage fut terminé,
l'architecte invita le sultan de venir voir son ouvrage. Le
19 Rajab 916 H/1510G, le roi descendit de son fort pour
apprécier l'ouvrage. Cette reconstitution de la ville
d'Alexandrie lui a plu(19).
Certains princes
aimaient à exécuter les dessins des édifices qu'ils
comptaient construire. Ainsi, le prince Ala'eddine Al A'ama,
administrateur des waqfs à Al Qods et Al khalil au XVIIème
siècle H/XIVème G., a dessiné de ses propres mains les
fondations et tracé les bornes à l'aide du plâtre à
l'attention des maîtres-maçons(20). La pratique qui consiste
à tracer les limites des fondations à l'aide du plâtre
existe encore de nos jours (21).
Al Baghdadi le
confirme, qui dit : «Quand ils veulent [les habitants
d'Egypte] construire une résidence, une propriété ou une
galerie, ils recourent à un architecte. Celui-ci aménage le
terrain suivant les consignes du maître d'ouvrage. Il
commence par construire complètement une partie du bâtiment
avant de passer aux autres parties. La partie achevée doit
être parfaitement fonctionnelle et habitable par le
propriétaire. Il s'occupe des autres parties de l'ouvrage
jusqu'à ce qu'il soit exécuté dans sa totalité et suivant
l'esthétique prévue au départ, sans défaut de construction
ni réajustement(22). Cette méthode de construction a été
favorisée par l'utilisation de techniques architecturales
telles les murs porteurs et les coins d'angle. Notons que
cette méthode permettait d'inaugurer les bâtiments avant
l'achèvement des travaux car à l'époque on avait tendance à
fêter la construction d'un édifice avant qu'il fût
complètement achevé, notamment lorsqu'il s'agit d'édifices
religieux qui s'ouvrent en général dès la construction du
pavillon de la qibla(23).
Al Ulfi, l'un
des plus grands princes mamelouks de l'époque ottomane, a
entrepris la construction d'un palais à Al Azbekia au Caire.
Il a dessiné ce palais sur une grande planche avant d'en
déléguer la construction à Katakhda Dhul Faqar. Mais
celui-ci ne l'a pas exécuté suivant les critères requis. Le
palais fut alors démoli puis reconstruit(24).
Sur les
chantiers, les travaux de construction s'accomplissaient sur
un mode parallèle. Ainsi, en 690H/1290G, le prince
Ilm'uddine Al Chuja'i, maître d'ouvrage du projet de Dar Al
Saltana, dans la forteresse de Damas, voulant terminer
l'ouvrage en peu de temps, a exhorté tous les ouvriers du
chantier à exécuter leurs travaux rapidement. Ainsi, au
moment même où les ouvriers creusaient les fondations, les
menuisiers commençaient déjà à préparer le bois pour les
plafonds et autres commodités. Or, cette méthode de travail
n'aurait pas été possible si les plans détaillés du bâtiment
n'avaient pas été élaborés au préalable(25).
Les maquettes :
Les architectes
musulmans ne s'étaient pas limités au dessin architectural.
Ils se sont appliqués à la réalisation de maquettes. Les
dirigeants musulmans de l'époque affectionnaient ce mode de
représentation et en faisaient souvent usage. La plus
ancienne maquette connue en architecture islamique -qui
existe encore- est celle du Dôme de la Chaîne (koubat al-silsila).
Ce monument a servi de modèle au Dôme du Rocher qui fut
construit en 172 H/961G. En effet, avant de construire le
Dôme du Rocher, Abdullah Ibn Marwane a réuni ses architectes
pour leur décrire le modèle sur lequel il voulait construire
la mosquée. Ces derniers lui ont confectionné la maquette du
Dôme de la Chaîne. Abdelmalek apprécia beaucoup la maquette
et donna ses ordres pour que le Dôme du Rocher soit
construit sur celui du Dôme de la Chaîne(26).
En 422H/1030G,
quand le minaret de la mosquée de Tozeur (Tunisie) a atteint
son point le plus élevé, le maître d'œuvre, sentant qu'il
allait mourir, résolut de confectionner trois modèles en
cire reproduisant la coiffe du minaret pour permettre à son
successeur de choisir celle qui lui conviendrait le plus. Il
a par la suite recommandé un maître-maçon de Kairouan pour
terminer l'ouvrage(27) .
L'intérêt du
Sultan marocain Abu Inân Al-Marini pour Gibraltar après son
réaménagement en 733H/1332G fut tel qu'il a commandé une
maquette représentant le Rocher avec ses forteresses, ses
tours, ses portes, sa maison d'artisanat, ses mosquées et
plusieurs autres détails. Il n'y eut pas jusqu'à la terre
rouge qui ne fût reproduite. Ibn Battûta qui a vu la
maquette, reconnut la beauté de l'œuvre et admira le doigté
des artisans qui l'ont confectionnée, rappelant que seuls
ceux qui ont vu Gibraltar peuvent vraiment apprécier la
maquette à sa juste valeur(28). Les maquettes en bois
fabriquées avant la construction étaient utilisées par les
architectes pour convaincre le maître d'ouvrage. Les
maquettes furent utilisées dans la construction du Taj Mahal
par exemple en Inde. L'utilisation des maquettes était très
en vogue à l'époque ottomane ; les modèles en bois et en
argent connurent un grand succès et ont servi dans la
construction de la mosquée Izet Bacha. D'autres sources
indiquent que les maquettes étaient fabriquées en cire. On
sait également que le sultan ottoman Mehmet Ier ne fut
convaincu de la construction de l’un des grands ouvrages
ottomans qu'après en avoir apprécié la maquette(29).
Devis et comptes de clôture
L'architecte
évaluait le coût de la construction à partir des plans qu'il
a exécutés et suivant les prix des matières de construction
et des salaires des ouvriers. En effet, il établissait un
«devis» afin de tenir le maître d'ouvrage informé du coût
global du projet. Ainsi, lorsque l'architecte Salah Ibn
Nafi'a a conçu les plans pour le jardin et le palais d'Al
Ikhchid à Rawda, au Caire, ce dernier a exprimé sa
satisfaction et demanda à l'architecte de lui en établir un
devis. Celui-ci s'élevait à trente mille dinars. Al Ikhchid
a demandé de commencer les travaux après une remise de
prix(30).
Dans son livre
Sana al barq al Chami, Al Bandari rapporte que Imaduddine Al
Katib Al Asfahani, homme d'Etat sous Salaheddine Al-Ayoubi,
cite un texte très important sur la muraille du Caire,
construite par Salaheddine pour protéger cette ville des
croisés. Dans ce texte, on peut lire : «Quand, par la
volonté de Dieu, le sultan Salaheddine conquit l'Egypte
après y avoir défait ses ennemis, il réalisa que Masr(31) et
le Caire étaient, chacune, entourés de murailles qui ne leur
assuraient pas grande protection. Il pensa alors : «Si
chacune de ces deux villes avait sa propre muraille, cela
nécessiterait un grand nombre de soldats et beaucoup plus de
vigilance. Le mieux c'est qu'elles soient entourées d'une
seule et même muraille qui s'étendra de l'océan à l'océan.
Ainsi seront-elles plus protégées avec l'aide de Dieu.».
Salaheddine a donc donné l'ordre de construire la citadelle
qui portera son nom(32) au niveau de la mosquée de Saad
Addawla sur le mont Al Muqattam. La citadelle commence au
Caire avec une tour au quartier Al Muqassam et finit à la
partie la plus élevée de Masr où plusieurs tours ont été
érigées. Un document qui date de l'époque du Sultan
Salaheddine nous est parvenu, qui décrit avec force détails
cette citadelle de vingt-neuf mille trois cent deux coudées.
Ainsi, une distance de dix mille cinq cents coudées sépare
la forteresse Al Muqassam, située sur la rive du Nil, et la
Tour du monticule rouge sur le littoral. Huit mille
quatre-vingt douze coudées est la longueur qui sépare la
forteresse Al Muqassam et le mur de la citadelle située sur
le mont de la Mosquée Saad Addawla et une longueur de sept
mille deux cent dix coudées entre le mur de la citadelle du
côté de la mosquée de Saad Addawla et la tour du monticule
rouge. Effectuées en adoptant la coudée hachémite, ces
mesures qui comprennent la longueur des arcades, les tours
du Nil au Nil, furent supervisées par le prince Baha Eddine
Qaraqouch(33) .
Il convient de
signaler que la description que fait Imadeddine Al Katib de
la citadelle n'est pas une description de visu mais se
référait aux écrits qu'il eut l'occasion de consulter dans
le cadre de la fonction qu'il occupait au secrétariat du
diwan, y compris la correspondance de Salaheddine concernant
le projet de la citadelle et autres devis y afférents. Cela
apparaît à travers les détails qu'il a mentionnés sachant
que la grande muraille est restée inachevée, contrairement
aux plans établis.
A cette époque,
il était d'usage que l'architecte ou le maître d'œuvre
soumette au maître d'ouvrage, un compte faisant état de tous
les frais occasionnés par le projet réalisé. La petite
histoire raconte que dame Zubayda, épouse de Harûn Al Rachîd,
jeta dans le fleuve les cahiers des comptes qu'on lui remit
pour l'informer des frais engagés pour la construction du
canal de Zubayda, acheminant l'eau vers la Mecque à partir
de Baghdad. Elle préféra «laisser les comptes pour le Jour
du grand jugement». Le Sultan Noureddine Mahmoud eut la même
attitude lorsqu'on lui remit l'état final des dépenses
engagées pour la construction de sa mosquée à Mossul alors
qu'il était assis au bord de l'Euphrate. Il dit : «Nous
avons édifié cette mosquée par dévouement pour Dieu, laisse
les comptes au Jour du jugement dernier». Puis jeta dans
l'Euphrate les papiers qu'on lui remit(34).
L'architecte expert
Les tribunaux de
droit islamique recouraient aux architectes en tant
qu'experts pour statuer sur les conflits d'ordre immobilier
qui pouvaient survenir entre individus ou entre Etat et
individus. Cette collaboration étroite entre la justice et
la fonction d'architecte influait effectivement sur le
développement urbanistique de la cité(35). Les archives des
waqfs rapportent quelques cas où il a été fait recours à
l'expertise de l'architecte. Ainsi, avait-on fait appel aux
architectes Ahmed Ibn Ali et Ahmed Ibn Mohammad Ibn Othman
pour donner leur avis sur l'ouverture d'une fenêtre qui
donne sur une maison mitoyenne. Or, c'est là un acte qui
était considérée comme préjudiciable au voisinage(36) et
qui nécessitait l'avis d'un expert(37). Et en l'occurrence,
les architectes jouent le rôle d'experts qui sont sollicités
par le muhtasib (contrôleur du marché), le juge ou toute
autre autorité compétente. Ibn Rami, architecte tunisien du
14ème siècle H/XIVème G, avait un droit de regard sur les
constructions de routes, de marchés et de bâtiments. Il a
été chargé par les juges de donner son avis d'expert sur de
nombreuses affaires(38) d'ordre immobilier. Sous le règne
ottoman, les tribunaux se sont assignés de nouvelles
compétences, dont celle du muhtasib qui contrôlait les corps
de métiers et les travaux de construction(39).
Le muhtasib
s'assurait par exemple de la qualité des matières de
construction(40). Le mi'amar pashi, président de l'ordre des
architectes, le prince Sankar bin Ali Jawish, contrôlait les
prix et la qualité des matières de construction(41). Les
registres des tribunaux ottomans renseignent sur la nature
de la relation qui existait entre les architectes et les
tribunaux qui recourraient à leurs services pour déterminer
les prix de l'immobilier ainsi que leurs emplacements, ou
encore pour déterminer le préjudice qu'il peuvent causer aux
voisins et aux passants et, le cas échéant, déterminer les
dommages-intérêts en faveur de la partie lésée. C'est ce que
les architectes Abdeljawad bin Mohammad Al Tawil et Barakat
bin Ali, architecte-expert commis par le tribunal du Caire,
ont fait(42). On faisait également appel aux architectes
pour régler les problèmes de bornage. C'est à ce titre que
Mohammed Bin Nassouh saisit le tribunal d'Al Bab Al Ali au
Caire pour réparer le préjudice causé par un certain
Abdelghani Al Assil au waqf du dénommé Ibrahim Abi Ousbou'a.
Dans cette affaire, on a encore une fois eu recours aux
architectes experts en matière de construction et
d'immobilier. Après l'expertise des architectes Al Charif
Hijazi Al Karafi, Nassef Bin Abdel Daim et Chehatha bin Abi
Al Nasr Al Toulouni, il s'est avéré que le bâtiment et la
parcelle de terre, objet du litige, reviennent de droit à
Abi Usbu' attendu que les différentes parties du bâtiment
sont reliées entre elles aussi bien sur la largeur que sur
la hauteur. Le mode de construction traditionnel en est une
preuve(43). Il est à noter que Chehata Ibn Nasr Al-Toulouni
descend d'une famille d'architectes qui a exercé cette
profession depuis l'époque des mamelouks. Le métier
d'architecte se transmettait en effet de père en fils.
Les documents
des tribunaux montrent l'existence d'architectes qui
organisent la profession et l'entretiennent et octroient le
titre d'architecte aux professionnels qualifiés. Ces ordres
ne se sont pas limités au grandes villes mais se sont
étendus aux moyennes et petites agglomérations comme l'ordre
des architectes de la ville de Fawa'a en Egypte. Le chef de
l'ordre des architectes occupait une place de premier ordre
dans la ville de Fawa'a, si bien que le tribunal l'a chargé
de donner son avis sur la salubrité des bâtiments construits
ou répartir les immeubles par décision du tribunal. Des
documents nous informent de la désignation de l'architecte
Zini Abderrahmane Ibn Abdellatif al Banna Al Chihabi Ahmed
Ibn Abdelkarim Al Banna en tant que chef de l'Ordre des
architectes à Fawa'a. Les avis du président de l'Ordre des
architectes étaient mis en application et il avait le droit
de superviser le maintien des lieux publiques à Fawa'a tels
les mosquées, les rues etc. C'est ainsi que le président des
architectes a supervisé la reconstruction de la chaussée qui
se situe à côté de la mosquée Abu Al Najat et la
restauration de son minaret(44).
Les grands architectes
Plusieurs noms
d'architectes musulmans nous sont parvenus, les plus
distingués étant ceux de l'époque récente, notamment ceux
qui ont construit des ouvrages pour les sultans, les rois et
les princes. Mais cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas
construit des ouvrages pour le public. Il en ont construit
mais dans bien des cas, il s'agissait d'architectes,
fonctionnaires de l'Etat comme ce fut le cas à l'époque de
Nasser Mohammad Bin Qalawûn qui a consacré un livre aux
ouvrages bâtis. Et durant la période ottomane où les
architectes officiels disposaient d'un cabinet qui leur
était propre, présidé par un mi'imar pachi. Les noms de
plusieurs architectes nous sont parvenu, qui ont réalisé des
bâtiments publics à travers les documents des waqfs et
registres des tribunaux légaux. Certains architectes se sont
rendus célèbres par la construction d'ouvrages distingués,
dont à titre d'exemple l'architecte des ponts Abu Bakr Ibn
al Bassissi, l'architecte du port d'Akka Abou Bakr Al
Maqdissi Al Banna(45). Nous allons nous arrêter sur une
pléiade d'architectes musulmans qui ont laissé des ouvrages
qui témoignent de leur créativité et de leur génie :
l'architecte Ibrahim bin Ghan'im Bin Said est l'un des
architectes du septième siècle de l'hégire. Il était très
lié au Sultan Al Dhahir Birs Al Bandakdari, pour lequel il a
construit à Damas et dont le nom reste encore gravé sur le
fronton de l'école Al Dhahiriya à Damas(46) .
Ibn Tûlûn Al
Salihi a parlé d'un palais édifié par Ibn Ghana'im à la
demande de Dhahir à Damas. Les musulmans ont connu
l'hérédité des métiers, c'est-à-dire que les métiers se
transmettaient de père en fils. Si bien que les techniques
et les savoir-faire propres à chaque métier étaient
considérés comme des secrets dont héritaient les seuls
initiés. C'est ce qui explique le peu d'ouvrages techniques
qui nous sont parvenus sur les différents métiers. A cet
égard, la famille Al Tûlûni, alors célèbre sous les
Mamelouks, représente l'une des familles qui se sont
transmis les secrets de l'architecture. Cette famille
d'architectes a continué de régner en maître sur le monde de
l'architecture en Egypte jusqu'à l'avènement des Ottomans.
L'une des figures célèbres de cette famille reste Chihab
Eddine Ahmad Ibn Mohammad Ibn Ali Al Tûlûni, architecte en
chef sous le sultan mamelouk Al Dhahir Barkouk. Dans sa
biographie, Ibn Hajr Al Askalani le décrit comme un
architecte en chef qui maîtrisait son métier. Il a atteint
une reconnaissance telle que le sultan lui donna la main de
sa fille. Il se vit confier la maîtrise d'œuvre du haram al
makki(47), ce qui lui valut plusieurs voyages à la Mecque où
il mourut en l'an 801H(48) après y avoir achevé les travaux
de construction(49).
Al Sajini :
Ahmad Ibn Ubaydallah Ibn Mohammad. Originaire de Sijin,
région d'Al Gharbia, en Egypte(50). Il s'est intéressé à
plusieurs disciplines scientifiques ; il a excellé en
arithmétique, en géométrie et en chronométrie. Il s'installa
ensuite au Caire, ce qui lui a valu le surnom de «Al kahiri»
(le cairote). Il séjourna deux ans environ à Médine pour y
achever un certain nombre de projets architecturaux avant de
retourner au Caire. Son art et son savoir-faire étaient
prisés par ses paires qui venaient le voir pour en apprendre
davantage sur le métier. Vers la fin de sa carrière, il fut
victime d'une chute qui causa l'invalidité de sa jambe
gauche. Il mourut en 855 H après une longue maladie(51).
L'édification
des institutions officielles et des résidences des princes
et des notables reposait sur le savoir-faire des architectes
alors que la construction des logements des gens du peuple
était confiée aux architectes de moindre envergure.
L'architecte s'occupait lui-même de la maîtrise d'ouvrage et
c'est pour cette raison qu'on l'appelait souvent Al mu'alim
(maître-artisan) ou Al ustad al bana'a (maître d'oeuvre).
Inversement, dans certaines régions rurales du monde
islamique, le maître d'oeuvre établissait lui-même les plans
de construction et supervisait l'avancement des travaux.
Jusqu'à récemment, cette manière de faire avait cours dans
la campagne égyptienne où le maître maçon dessinait
lui-même, à même le sol, les plans des maisons à construire
en utilisant la chaux. Les plans étaient conçus en
concertation avec le maître d'ouvrage avant d'entamer les
travaux de construction. Cette méthode avait cours à Matoubs
où certaines familles se sont transmises ce savoir-faire de
père en fils, comme la famille Othman. On appelait Al Mualim
celui qui pratiquait ce métier et y excellait. Cette
pratique, on la retrouvait également à Najd dans la
péninsule arabique(52). Parfois, le propriétaire se faisait
aider par des voisins qui ont une expérience dans les
travaux de la construction(53). Jusqu'à récemment, existait
encore une génération d'architectes qui ont hérité du
savoir-faire de leurs aînés, comme Mohamed Ghatass,
sculpteur qui a participé à la restauration de plusieurs
édifices au Caire. Il a déconstruit puis refait, après en
avoir redessiné les plans, le khankat (lieu de culte et de
recueillement pour soufis) de Faraj Ibn Barkouk. Il a
également dessiné les plans de la porte nord-ouest de cette
même enceinte. Cette porte dotée de crénelures compte
d'ailleurs parmi les plus belles du Caire. Citons également
Mohammed Al Habal qui a hérité du métier de ses ascendants
familiaux et qui a poursuivi son œuvre de restaurateur
jusqu'à sa mort. Celui-ci a dessiné l'entrée du palais de
Qarsûn et celle de la medersa du Sultan Hassan, deux œuvres
difficiles à réaliser(54) .
Tout ce qui
précède montre le rôle de l'architecte en civilisation
islamique, dans une société où il est né et qui l'a façonnée
si bien qu'il était capable de produire des oeuvres
nettement particulières et qu'il évoluait au fur et à mesure
qu'évoluait la société. C'est ainsi qu'il transforme la
matière brute et la rend fonctionnelle pour le consommateur
final. En effet, c'est la transformation de l'état d'une
matière brute naturelle à travers un savoir-faire appris et
hérité et amélioré par la pratique. Cette production est
déterminée par trois facteurs :
- l'exécutant,
architecte ou artisan, et le récepteur qui consomme le
produit architectural.
- Le besoin
social qui consiste en l'identification des besoins de la
société en produits architecturaux et la tentative de
satisfaire ce besoin en prenant en considération les
conditions offertes par la société concernée. Cela comporte
les volets matériel et moral ainsi que la prise en compte
des facteurs affectif, identitaire et esthétique.
- La technique
sociale dont les composantes sont : la matière brute, la
connaissance des caractéristiques de cette matière, la
manière d'approcher cette matière, l'identification des
attentes sociales et l'attitude de la société(55).
L'architecture
islamique a tenu compte de ces facteurs avec beaucoup de
compétence. En effet, l'architecte s'est adapté à la
structure sociale, il a pris en considération les exigences
du consommateur et a su adapter la matière première aux
ouvrages bâtis. Mais, petit à petit, cet état de fait a
commencé à disparaître au XIXème siècle. L'originalité du
style musulman a cédé la place au style occidental à
l'époque où l'Occident a commencé à exercer une véritable
fascination sur les architectes. D'ailleurs, c'est par
l'architecture que la pensée occidentale a véhiculé ses
valeurs et ses principes. Cependant, il serait absurde de
rejeter en bloc l'architecture étrangère car force est de
constater que dans l'architecture occidentale, il existe des
expériences qui proposent des modèles utiles à l'humanité.
Qu'il s'agisse de la conception de nouveaux matériaux de
construction, pratiques et peu coûteux, ou de la conception
de nouveaux plans. Le problème concerne plutôt les
architectes qui se sont investis corps et âme dans le modèle
occidental sans prendre conscience des différences
environnementales par exemple ou des différences des
valeurs, des coutumes et des traditions.
(*) Chercheur
égyptien en archéologie islamique.
(1) Al-Qalqachandi,
Sobh Al-A'acha, vol 3, p. 667.
(2) Hassan Al-
Bacha, Al wadâ'if wa al-alkâb, vol 3, p. 1111. Chez les
Musulmans, l'architecture se définit également comme «la
science qui renseigne sur les matériaux, les accessoires,
leur agencement, leur quantité et leurs spécificités. C'est
aussi la science qui renseigne sur les données géométriques
(ligne, surface, angles, points et figures). L'architecture
permet de se renseigner sur les cas cités et aide à mieux
concevoir les ouvrages car on s'accorde à dire que la
géométrie est l'une des sciences les plus probantes.
L'architecture est une science exacte qui ne laisse rien au
hasard et partant, fait triompher le rationnel sur
l'irrationnel.
(3) Ibid.
(4) Dr Ali
Ghaleb, At-tanasub fi imarat madaris al- asr al mamlouki fi
al qahira, révisé par Dr Amal al-Omari. En cours de
publication, série «Al mi'at kitab», Haut Conseil égyptien
des Antiquités.
(5) Dr Farid
Châfi'i, Al imara al-arabia al-islamia : mâdiha, hâdiruha wa
mustaqbaluha, pp. 75-76, Université Roi Saoud, Riyad, 1982.
(6) Mohammad
Abdel Sattar Othman, An-Nadhariatu al wadifiya bi al-ama'iri
ad-dinia al bâqia bi madinati al Qahira, p. 241, édition Dar
al wafa'a, Alexandrie, 2000.
(7) Charbel
Daghir, Al fannu al islami fi al masadir al arabia, sina'at
az-zina wa al jamal, Dar al athar al islamia, Koweït, 1999.
(8) Hassan
Abdelwahab, Ar-rusumat al handassia lil imara al islamia, p.
77, revue Sumer, vol. I et II.
(9) Ibn Iraq,
Abou Nasr Mansour Ibn Ali, Rissalat al-massa'il al
handassia, Da'irat Al Maarif Al othmania, Haydarabad, Inde.
(10) Charbel
Dagher, op. cit, pp. 46-47
(11) Ronald
Lewcock, Materials and techniques, p. 132.
(12) Al-Yacoubi,
Ahmed Ibn Abi Yacoub Ibn Wadih Al Katib, Al bouldane, pp.
241-243, Leyde, 1982 ; Hassan Abdelwahhab, Ar-russumat al
handassia, p. 78 ; Mustapha Al Moussaoui, Al awâmil
at-târikhiya li nach'at wa tatawur al mudun al arabiya al-
islâmiya, p. 135, Dar al Rachid, 1982.
(13) Mohammad
Abel Sattar Othman, An-Nadhariatu al wadifiya bi al-ama'iri
ad-dinia al bâqia bi madinati al Qahira, p. 233.
(14) Hassan
Abdelwahab, op. cit, p. 81
(15) Al Tabari,
Abu Jaafar Muhammad Ibn Jarir, Tarikh Ar-rusul wa al-mulûk,
vol. 9, p. 261, Hassan Abdelwahab, op. cit, p. 78.
(16) Al Makrizi,
Al khutat, vol. 2, pp. 264-265.
(17) Ronald
Lewcock, Materials and techniques, p. 32.
(18) Ibid, p.
300.
(19) Ibn Iyas,
Bada'i Az-zohour, vol. 4, p. 196. Al Jabarti, Aja'ib Al
Athar, vol. 3, p. 175. Hassan Abdelwahab, p. 82. Mohammad
Abdessatar, “ Al wadifia”, p. 236.
(20) Hassan
Abdelwahab, op. cit., pp. 81-82
(21) Mohammad
Abdessatar, op. cit., p. 234.
(22) Al baghdadi
Abdellatif bin Yusuf, Al Ifada wa al I'tibar fi Omouri Al
mouchahadati wa al hawadhiti al mou'ayanati bi ardi Misr, p.
41, 1988.
(23) Mohammad
Abdessatar, op. cit., p. 234.
(24) Al Jabarti,
Aja'ib Al âthar, vol. 4, p. 27.
(25) Hassan
Abdelwaheb, Al russumat al handassiya, p. 83
(26) Ibid, p.
85.
(27) Ibid, p.
86.
(28) Ibn Battûta,
Tuhfatu an-nadhar fi ghar'ibi al amsar, vol. 2, p. 179
(29) Pelagia
Astmidou, The architect in ottoman period, p. 113, Fondation
Attamimi pour la recherché scientifique, en hommage à
Michael K
(30) Al Maqrizi,
Al khutat, vol. 2, p. 181.
(31) Misr, dite
Al fastat, a fini, avec le temps, par désigner le pays
entier car cette ville fut le centre du pouvoir et de
l'économie. Misr est actuellement connu sous le nom de Misr
al kadima (vieux Misr).
(32) La
Forteresse de Salaheddine Al Ayoubi existe encore.
(33) Al-Bandari
Ibn Ali Ibn Muhammad, Suna Al barq Al Chami, p. 119, établi
et annoté par Fathia Al-Nabrawi, Librairie Al Khanji, le
Caire 1979, Oussama Tala'at, Aswar Salaheddine wa atharuha
fi imtidad al kahira hatta asr al mamalik, p. 26, mémoire de
maîtrise, université du Caire, Faculté d'archéologie, 1992.
(34) Hassan
Abdelwahab, op. cit, p. 84.
(35) Khaled Azab,
Fiqh al imara al islamiya, p. 50, Dar Nachr lil jami'at, la
Caire, 1997.
(36) Le
préjudice consistait à avoir une vue sur la maison du voisin
à travers la fenêtre. Les ouvrages de fiqh ont abordé ce
sujet, notamment le faqih Chams Eddine Bin Al Minhaji Al-Assiyouti,
historien du XIXème siècle. Il soutient que : «le
propriétaire a le droit de disposer de sa propriété sans
porter préjudice à son voisin». Or, les docteurs de droit
islamique divergent sur l'interprétation de l'expression
«porter préjudice à son voisin». Si les imams Abu Hanifa et
Al-Chafe'i n'y voient pas de préjudice, l'imam Malek et
Ahmed pensent, en revanche, qu'ouvrir une fenêtre sur la
maison du voisin est un acte illicite. Les docteurs de droit
musulman se sont accordés sur le fait que le musulman peut
surélever la terrasse de sa maison à condition de ne pas
transgresser l'intimité du voisin. Si sa terrasse est plus
élevée que celle de son voisin, Malek et Ahmed soutiennent
qu'il peut «placer une cloison qui sauvegarde l'espace privé
de son voisin». Abu Hanifa et Al Chafe'i pensent que «l'on
n'y est pas obligé». D'où leur divergence. Khaled Azb, op.
cit, p. 48, le Caire, 1997.
(37) Al Chîzari,
Abderrahmane Ibn nasr, Nihayat ar-rutba fi talabi al hisba.
(38) Ibn Rami,
Al i'lâne bi Ihkâm al binyane, p. 15, établi et annoté par
Dr Farid Suleyman, Centre de publication universitaire,
Tunis, 1999.
(39) Par
exemple, en 590 H, sur ordre du sultan. Le muhtassib devait
interdire la construction de bancs de pierre dans les
marchés. Cf : Dr Hassan Al Bacha, op. cit, vol. 3, p. 1035.
(40) Ibn Al
Akhwa, Ma'alim Al qurba fi ahkâm al hisba, pp. 234-235,
établi et annoté par Robin Lowe, Librairie Al Mutanabi, le
Caire, sans date.
(41) Registres
du Tribunal, le Caire, registre 323, art. 453, p.137.
(42) Ibid,
registre 323, art. 582, p.173.
(43) Tribunal Al
Bab Al Ali, registre 144, article 746, p. 229.
(44) Khaled Azb,
Al khasa'is al mi'maria wa al fania li masajid fawa al
atharia, pp. 36-37, colloque sur l'architecture des
mosquées, vol. 7, université du Roi Saoud, Riyad, 1999.
(45) Mohammad
Qurd Ali, Khutat Al Sham, vol. 5, pp. 284-300.
(46) Sur
l'architecture de cette école, voir : Akram Al Albi, Khutat
Dimashq, pp. 135-136, Dar Al tiba'e, Damas, 1989
(47) Ahmad
Taymour, les architectes musulmans, p. 76, revue
«l'architecture», n° 2, février 1923.
(48) Al Askalani,
Al Hafid Bin Hajr, Inba'e Al ghamr bi Inba'e al amr, vol. 2,
pp. 58-59, établi par Dr Hassan Habachi, Conseil supérieur
des affaires islamiques, le Caire, 1994.
(49) Ahmad
Taymour, op. cit, p. 80
(50) Département
du delta du Nil.
(51) Ahmad
Taymour, op. cit, p. 79.
(52) Dr Mohammad
Bin Abdullah Nouaysir, «Caractéristiques du patrimoine
architectural en Arabie Saoudite (Région de Najd), p. 147,
Riyad, 1999.
(53) Ibid.
(54) Hassan
Abdelwahab, les dessins architecturaux, p. 167, revue Abwab
, n° 18, 1998.
(55) Rifat Al
Jadardji, «la dimension social du bâtiment», p. 167, in
revue Abwab, n° 18, 1998.
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