|
Dialogue serein avec Sa Sainteté le
Pape
Cheikh Mohamed Sayed Tantaoui(*)
-I-
Lors du voyage
qu'il a effectué en Egypte en janvier 2000, feu le souverain
pontife, a rendu visite au Cheikh d'Al Azhar Al Cahrif. La
rencontre fut cordiale, des paroles de courtoisie ont été
échangées et les deux parties ont réaffirmé leur engagement
pour le respect des religions révélées par Dieu à ses
envoyés, que la bénédiction soit sur eux. Ces relations
amicales entre le souverain pontife et Al-Azhar Al-Charif se
sont maintenues, jusqu'à dernièrement(1), quand Sa Sainteté
le Pape actuel a donné une conférence magistrale dans l'une
des universités allemandes sur le thème «la Foi, la Raison
et l'Université». Il s'agissait d'un exposé théologique et
philosophique sur l'essence de la divinité du point de vue
chrétien et sur les différents courants médiévaux du
christianisme. Ayant rappelé des réminiscences et souvenirs
personnels, le souverain pontife a déclaré ; «Cela m'est
revenu alors que je lisais récemment le livre de Théodore
Khoury où il a mentionné une polémique qui a eu lieu l'hiver
de 1391, entre l'empereur byzantin Manuel II et un savant
persan. Cette polémique avait pour objet la réalité de
l'islam et du Christianisme.
Selon ce que
Théodore Khoury a souligné dans son ouvrage, l'empereur a
abordé, à un moment du débat, la question du Jihad. Il était
évident qu'il connaissait le verset coranique «Point de
contrainte en matière de religion» (Al-baqarah (2), 256),
sourate qui appartient à «la période initiale où le Prophète
était toujours impuissant et sous la menace». L'empereur
connaissait également les sourates révélées ultérieurement
et qui comportaient les lois relatives au Jihad. Le propos
de l'empereur interpellant le savant perse sur le rapport
entre la religion et la violence : «Montre-moi donc ce que
Mohammed a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement
des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de
diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait», était prononcé
de manière si peu amène.
Le reproche que
nous faisons à Sa Sainteté le Pape, c'est d'avoir cité des
paroles désobligeantes qui portent atteinte au Prophète (PSL),
que l'empereur en mal de vengeance a proférées contre
l'Islam et son Prophète (PSL), sans aucun commentaire qui
pouvait laisser deviner sa désapprobation et sa condamnation
de ces propos tendancieux.
N'est-il pas,
communément admis, que celui qui fait une citation sans y
apporter de commentaires ni la réfuter en assume la pleine
responsabilité ?
Nous aurions
préféré que le souverain pontife ne commette guère une telle
erreur, si contraire à l'éthique religieuse et à la rigueur
scientifique, d'autant plus que sa conférence portait sur la
Chrétienté, sa foi et sa vision de la raison, et il n'y
avait pas lieu d'y mêler l'Islam.
L'empereur
byzantin a déclaré que l'Islam a été diffusé par la
contrainte et la violence et imposé par la force de l'épée.
Le souverain pontife a rapporté les propos de l'empereur
telles qu'il les avait lus dans l'ouvrage de Khoury, ce qui
semblait dire qu'il y adhérait.
Nous signalerons
à Sa Sainteté, dans cet article, en toute sincérité et en
toute objectivité, un ensemble de vérités rationnelles
puisées dans le Coran qui prouvent incontestablement que
l'Islam est une religion qui s'est propagée dans les quatre
coins du monde grâce à la force de la conviction et non de
la contrainte, du libre choix et non de la coercition, de
l'acceptation et non du refus.
Première vérité
Tous les
prophètes, que la bénédiction soit sur eux, ont été envoyés
par Dieu à leurs peuples en annonciateurs et avertisseurs et
nullement pour les contraindre à les suivre. Parmi les
versets coraniques qui le prouvent, on trouve : «En
conséquence, celui qui croit et s'amende nulle crainte à se
faire pour lui, non plus qu'il n'éprouve regret» (Al-An'âm(6)
verset 48).
Ce verset
signifie qu'Allah envoie ses prophètes et messagers pour
annoncer aux honnêtes croyants la bonne nouvelle et avertir
les impies polythéistes des affres du châtiment.
Celui qui croit
en Dieu et s'amende n'a nulle crainte à se faire au sujet de
son avenir ni sera affligé de ce qui a précédé.
A ce propos
Dieu, Gloire à Lui, a dit également «au titre d'envoyés pour
faire l'annonce et donner l'alarme, afin que les hommes ne
puissent opposer à Dieu aucun argument après (la venue) des
envoyés. Dieu est tout Puissant et Sage» (Sourate An-nissae
(4) verset 165)
La signification
du verset : Dieu dit que Sa sagesse ainsi que Sa tradition
inaliénable et inchangeable ont voulu qu'Il envoie à Ses
créatures de nombreux messagers, dont le nombre n'est connu
que par Lui seul, afin d'annoncer le bien aux vertueux et
d'avertir les pervers du triste sort qui les attend. Allah
est toujours puissant dans Son royaume et Sage dans Ses
actes et paroles ainsi que dans la gouvernance des affaires
de Ses serviteurs.
Citons également
le verset suivant : «Les hommes ne formaient qu'une
communauté unique. Alors Dieu envoya les envoyés leur porter
la bonne nouvelle et leur donner l'alarme» (Al-Baqara (2),
213)
Ce verset
signifie que les gens formaient une réelle communauté qui
s'entendait et s'accordait pour adorer Dieu, l'Unique, le
Dominateur ; puis des divergences liées aux croyances et aux
attitudes les ont opposées, et c'est pourquoi Dieu a envoyé
Ses prophètes et messagers pour annoncer opulence et
bienfaits à ceux qui croient et font le bien et pour avertir
ceux qui Lui associent d'autres Dieux du triste sort qui les
attend.
Ces versets
coraniques prouvent bien que la mission du Prophète (PSL)
consiste à annoncer le bien aux croyants vertueux et à
mettre en garde les mécréants et les pernicieux de la
punition qui les attend et en aucun cas contraindre les gens
à suivre leur message ou à se convertir.
Deuxième vérité
Le Saint Coran,
dans divers versets, notamment ceux qui parlent des
Prophètes, affirme que la mission de ces derniers s'adresse
à tous les humains, voire aux humains et même aux génies, et
que leur message est fondé sur l'appel à la pure adoration
de Dieu Seul et à l'exhortation au bien, en prêchant la
bonne parole, des enseignements justes et l'art de la
controverse. En effet, cette mission n'a jamais été fondée
sur la contrainte, la cœrcition ou sur l'utilisation de la
force, quelle qu'en soit la nature. Parmi les multiples
versets qui le prouvent, on peut citer :
«Nous
t'envoyâmes le Vrai, porter la bonne nouvelle et donner
l'alarme, sans que tu aies à répondre des compagnons de la
Géhenne» (Sourate Al Baqara(2), 119) ;
«Nous ne
t'avons envoyé aux humains qu'en leur totalité, pour porter
l'annonce et donner l'alarme, mais la plupart ne le savent
pas» (Sourate Sabaa (34), 28) ;
«Prophète, Nous
t'avons envoyé pour témoigner, porter la bonne nouvelle,
donner l'alarme, appeler à Dieu, sur Son ordre, être un
flambeau rayonnant» (Sourate Al Ahzab (33), 45 et 46) ;
«Dis, Je ne
m'arroge personnellement ni avantage ni dommage, sinon ce
que Dieu voudra. Si j'avais connaissance du mystère,
j'abonderais en bien, nul mal ne m'effleurerait, Mais je ne
suis là que pour donner l'alarme, porter l'annonce à un
peuple capable de croire» (Sourate Al Aaraf (7), 188) ;
«N'adorez que
Dieu, moi je vous porte en Son nom l'alarme et la bonne
nouvelle» (Sourate Hud, 2) ;
«Que Nous te
fassions voir une part de ce que Nous leur promettons ou
qu'auparavant Nous te récupérions pour toujours, à toi la
communication seule incombe, à Nous le compte» (Sourate
Arraad (13), 40) ;
«S'ils se
dérobent, aussi bien nous t'avons-Nous pas envoyé pour les
garder. Seule t'incombe la communication» (Sourate Ashura
(26), 48) ;
«Lance donc le
Rappel : tu n'es là que celui qui rappelle, tu n'es pas pour
eux celui qui régit» (Sourate Al Ghashiya, (88), 21-22) ;
«Mieux que
personne, Nous savons ce qu'ils disent. Tu ne disposes pas
sur eux de coercition. Par le Coran porte au Rappel
quiconque redoute Ma menace» (Sourate (50), Al Qaf, 45)
«Si ton Seigneur
le voulait, il est sûr que les habitants de la terre
croiraient tous jusqu'au dernier. Mais toi, peux- tu
contraindre les gens à croire ? Il n'est au pouvoir d'aucune
âme de croire si ce n'est sur licence de Dieu. Dieu jette
l'opprobre sur ceux qui se refusent à la raison» (Sourate
Younès, (10), 99-100).
Ces versets
coraniques démontrent bien que la mission du Prophète
Mohamed (PSL) est fondée sur la sagesse, l'exhortation à
faire le bien et l'argumentation constructive, loin de toute
coercition, contrainte ou recours à la force.
Lorsqu'on
analyse ces versets on est frappé de voir que toutes
ordonnent au Prophète (PSL) de s'en tenir à appeler les gens
à Dieu par la persuasion, l'instruction spirituelle, en
donnant le bon exemple grâce à un comportement
irréprochable et par tout autre moyen. Il use tantôt, de
l'annonce de la bonne nouvelle ou l'avertissement, tantôt de
la communication du message de Dieu sans jamais demander de
comptes. Il souligne d'autres fois qu'il est celui qui
rappelle et qui montre la route, et non celui qui régit ou
domine. Il proclame maintes fois qu'il est au pouvoir de
Dieu d'amener tous les habitants de la terre à croire en Lui
et que lui, le prophète, ne peut contraindre aucune âme à le
suivre ni à embrasser sa confession.
Troisième vérité
S'agissant du
verset cité par l'empereur byzantin comme preuve, à savoir
«Point de contrainte en matière de religion», et qu'il a
décrit comme appartenant à la première période où le
Prophète «était toujours impuissant et sous la menace», je
voudrais, en quelques mots, apporter les rectifications
suivantes sur les propos de Sa Sainteté le Pape :
Premièrement :
Le verset complet est «Point de contrainte en matière de
religion : droiture est désormais bien distincte d'insanité.
Dénier l'idole, croire en Dieu, c'est se saisir de la ganse
solide, que rien ne peut rompre. Dieu est Entendant et
Connaissant» (Sourate Al Baqara (2), 256)
Deuxièmement :
La sourate Al Baqara, dont ce verset, est reconnue comme
appartenant à la période de la révélation coranique qui
correspond à l'ascendant politique et militaire du prophète.
En effet, ce verset fait partie des versets révélés aux
prophètes (PSL) après son arrivée à Médine, soit quinze ans
après le début de sa mission. Le dernier verset révélé fait
d'ailleurs partie de cette sourate «Prémunissez-vous contre
le Jour où il sera de vous fait à Dieu retour, ou toute âme
recouvrera ses acquis, sans la moindre injustice» (Sourate
Al Baqara (2), 281). C'est un verset qui fut révélé neuf
nuits avant le décès du prophète.
Troisièmement :
La révélation de la sourate Al Baqara, la plus longue parmi
les sourates du Coran, s'est étalée sur plusieurs années, il
est donc possible que le verset «Point de contrainte en
matière de religion» soit l'un des derniers versets révélés.
Quatrièmement :
Les plus anciens exégètes du Coran ont rapporté qu'un
habitant de Médine qui s'était converti à l'Islam et qui
avait deux fils qui ne voulaient pas s'y convertir, est allé
voir le Prophète pour lui demander «Ô Prophète, mes deux
fils risquent la Géhenne et, moi, je me contente de les
observer. Prophète je veux les contraindre par la force à se
convertir à l'Islam», c'est alors que le verset «Point de
contrainte en matière de religion : droiture est désormais
bien distincte d'insanité» fut révélé au prophète.
Cinquièmement :
la brève exégèse de ce verset : Contraindre autrui à se
convertir et à embrasser l'Islam par la force est une notion
étrangère à l'Islam, tellement ses directives sont
convaincantes, ses préceptes justes et claires et ses
recommandations tolérantes. Ces versets sont la
démonstration même que le vrai se distingue du faux, et que
le droit chemin se distingue clairement du chemin de
l'égarement. Celui qui renie tout ce qu'il idolâtrait par le
passé et ne croit qu'en Dieu, en son Unicité et sa
Puissance, celui-là s'est amendé et est sur le droit chemin.
Il s'est saisi de l'anse la plus solide, qui ne peut se
briser. Et Dieu est Entendant des dires de Ses serviteurs et
Connaissant de leurs actes et intentions et les rétribuent
en retour.
En résumé, ce
que l'empereur a mentionné concernant ce verset et la
sourate à laquelle il appartient, à savoir qu'il s'agit
d'une sourate de la première période où le prophète était
toujours impuissant et sous la menace, est incorrect et
j'espère avoir pu, grâce à ces éclaircissements, montrer au
souverain pontife le sens exacte de ce verset souvent mal
interprété et expliqué de façon erronée et inconcevable.
Quatrième vérité
La loi islamique
considère comme vains toute parole, tout acte ou croyance
obtenus par la contrainte ou la coercition ou tout autre
moyen similaire. Elle ne prend en compte que les actes de
l'homme lorsqu'ils émanent de son propre gré ou sont les
résultats de sa propre conviction. Bien plus, la loi
islamique autorise ses adeptes à prononcer des propos qui
sont en contradiction avec leur foi, s'ils subissent des
sévices et une torture tels qu'il y va de leur survie. Ces
propos, ainsi prononcés, n'entament en rien leur foi, vu que
leur cœur demeure plein de profonde certitude et d'une
croyance inébranlable. Pour preuve, on peut citer le verset
suivant : «Quiconque renie Dieu après avoir cru en Lui, à
l'exception de celui qui y fut forcé et de qui leur cœur
resta imperturbable dans sa foi, mais s'il s'est complu au
reniement dans son cœur, sur ceux-là pèsera le courroux de
Dieu : ils vont à un châtiment terrible» (Sourate An-nahl,(16),
106).
Pour expliquer
ce verset, les exégètes ont rapporté plusieurs histoires.
L'une de ces histoires raconte que les infidèles ont fait
subir à Amar Ibn Yasser une telle torture, qu'il a failli
perdre la vie et l'ont obligé à proférer des propos
contraires aux préceptes de la loi islamique, propos qu'il a
fini par prononcer. Des musulmans sont alors venus rapporter
ce fait au prophète (PSL) : «Prophète Amar a renié
l'Islam». Le prophète a répondu : «Certainement pas, le cœur
de Amar est rempli d'une véritable croyance, il respire la
foi». Plus tard Amar est venu lui-même voir le prophète en
pleurs. Ce dernier a essuyé ses larmes en disant : «Amar,
que ressens-tu au fond de ton cœur ? Amar lui a répondu :
«Je suis très serein de ce côté, car mon cœur déborde de
foi», le prophète (PSL) lui a alors rétorqué : «S'ils
recommencent tu n'as qu'à refaire la même chose». En
d'autres termes, s'ils te torturent encore une fois tu
céderas à leur volonté. Ce sont là les raisons de la
révélation de ce verset et l'on peut en résumer la
signification ainsi : Celui qui renie Dieu après avoir cru
en Son unicité et en l'authenticité de ce que Son prophète a
transmis à Son sujet, est un traître et un apostat et mérite
le pire des châtiments. En revanche, celui qui est contraint
par la force à blasphémer alors qu'au fond de son cœur sa
foi demeure inaltérable, celui-là n'a commis aucun péché. Le
péché est voué à celui qui se complait dans l'apostasie et
dont le cœur se réjouit de l'impiété et adhère à sa
véracité.
De nombreux
savants ont conclu, en se fondant sur ce verset, qu'il est
permis de proférer des propos contraires à la foi musulmane,
lorsque la contrainte constitue une menace pour la vie de la
personne. Il s'agit alors d'un acte qui ne peut être
assimilé à une apostasie, du moment que la personne ayant
subi la torture, reste au fond d'elle-même, fidèle à sa
croyance et à sa foi.
Cinquième vérité
Tout être
raisonnable sait que la contrainte en matière de croyances
et de convictions, ne peut absolument pas produire de bons
croyants. Bien au contraire, elle ne peut engendrer que des
hypocrites qui disent le contraire de ce qu'ils pensent.
L'Islam honnit cette catégorie de personnes, plus qu'il
n'abhorre ceux qui font état en toute franchise de leur
impiété. En effet, on est toujours prudent face à celui qui
proclame son impiété, alors que le danger que peut présenter
une personne qui prétend, parce qu'elle a été contrainte, ou
parce que c'est dans sa nature, des croyances contraires à
ses convictions, est encore plus pernicieux et son animosité
plus virulente. Cette personne peut s'avérer plus funeste et
nuisible à la religion. Des dizaines de versets coraniques
réprouvent l'hypocrisie et les hypocrites et mettent en
garde les croyants contre leur perfidie. Dieu a dit à ce
propos «Quand les hypocrites te sont venus, ils ont dit :
nous témoignons que tu es l'Envoyé de Dieu. Or Dieu sait que
tu es bien Son Envoyé et Dieu témoigne que les hypocrites,
pour sûr, ne font que mentir. La foi n'était pour eux qu'une
couverture ; ils se sont détournés du chemin de Dieu :
qu'affreuses était leur action ! C'est qu'ils ont cru, puis
dénié : un sceau fut alors posé sur leur cœur, de sorte
qu'ils ne peuvent rien pénétrer». (Sourate Al Munafiqûn,
(63), 1-3) ;
Il a également
dit «Il s'en trouve parmi les gens pour dire : nous croyons
en Dieu et au Jour dernier, sans être pour cela des croyants
trahissant Dieu et ceux qui croient, ils ne trahissent
qu'eux-mêmes et n'en ont pas conscience» (Sourate Al Baqara,(2),
8-9) ;
Il a également
dit : «Les hypocrites cherchent à abuser Dieu : C'est Lui
qui les abuse ! Quand ils se lèvent pour prier, ils le font
languissamment, et seulement pour la montre. Ils ne
rappellent pas le nom de Dieu, sauf rarement. Ils oscillent
dans leur choix sans aller aux uns ni aux autres. Celui que
Dieu égare, tu ne lui trouveras pas de chemin» (Sourate
Annissa', (4), 142-143).
On peut donc
déduire de ces nobles versets que la coercition va à
l'encontre des préceptes de la Loi islamique qui ne
reconnaît que la croyance qui émane de la volonté, du libre
choix et de la conviction de l'individu. Cette foi qui
pousse le croyant à s'engager sur la voie de la croyance
authentique, de l'amendement et du comportement raisonnable,
montrant ainsi que ses actes traduisent bien ses
convictions.
Plus grave
encore, la coercition en matière de croyance, comme le
soulignent de nombreux savants, est vaine du point de vue de
la foi et des actes. La contrainte ne signifie-t-elle pas
contraindre quelqu'un par la force à croire en des choses
auxquelles il n'adhère pas et à agir en conséquence ?
Certes, il est facile d'amener l'autre à faire ce qu'il te
plaît qu'il fasse, mais il est difficile, voire impossible
de le forcer à croire malgré lui et de l'amener à agir selon
tes propres convictions.
Sixième vérité
Il est
historiquement affirmé que les musulmans n'ont, à aucun
moment, eu recours à la force pour convertir qui que se soit
à l'Islam. Quand ils triomphaient d'un pays, ils
présentaient et proposaient l'Islam à ses habitants, tant
mieux si ces derniers choisissaient de l'embrasser. S'ils
insistaient pour garder leur propre confession, les
musulmans les laissaient tranquilles et les traitaient avec
équité, conformément à la loi islamique.
Nous avons déjà
montré, en parlant de la raison de la révélation du verset
«Point de contrainte en matière de religion», comment le
prophète (S.B) a refusé que l'homme converti à l'Islam
contraigne ses deux fils à renier leur confession pour
embrasser l'Islam.
Les historiens
rapportent que Omar ibn Al-Khattab (qu'Allah soit satisfait
de lui) voyant passer une vieille femme mécréante. lui dit :
«Ô vieille femme convertis-toi à l'Islam pour te préserver».
Elle lui a répondu : «Je suis vieille, je sens la mort qui
s'approche et j'aimerais bien garder ma religion». Omar a
alors dit : «Ô Dieu! Atteste que j'ai communiqué le
message».
En revanche, si
d'aucuns avancent que le prophète (PSL) a dit dans un
hadith authentique : «Il m'a été ordonné de combattre les
gens jusqu'à ce qu'ils témoignent que nul n'est en droit
d'être adoré qu'Allah et que Muhammad est l'Envoyé d'Allah,
qu'ils accomplissent la prière, qu'ils s'acquittent l'aumône
légale. S'ils font cela, ils auront préservé vis-à-vis de
moi et leur sang et leurs biens, sauf ce que l'Islam permet
d'en prélever légalement». En apparence, ce hadith pourrait
sembler en contradiction avec le verset "point de contrainte
en matière de religion" car la lutte pourrait signifier la
contrainte.
Nous réfutons
cette présomption en soulignant que ce que l'on entend par
«gens» dans le hadith, d'après les érudits, se sont ceux qui
combattent l'appel à l'Islam par tous les moyens et ceux qui
proclament leur adversité à l'Islam et lui portent davantage
d'hostilité dans leur coeur. Ce sont ces derniers qui sont
visés par le prophète (PSL) dans le hadith "il m'a été
ordonné de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils témoignent
que nul n'est en droit d'être adoré qu'Allah et que Muhammad
est l'Envoyé d'Allah". Dieu nous ordonne de contrecarrer
leur agression pour préserver notre honneur.
Quant aux autres
qui ne sont ni nos coreligionnaires ni nos concitoyens, mais
nous nuisent cependant, le Coran dit : «Tant qu'ils sont
droits envers vous, soyez droits envers eux. Car Allah aime
les pieux».
Pour les autres
dont la religion est différente de la nôtre, mais avec qui
nous partageons la même patrie, entretenons des intérêts
communs, la règle qui s'applique est celle qui dit : «ils
ont les mêmes droits que nous et les mêmes obligations».
L'histoire ne
mentionne le cas d'aucun musulman, soit-il gouverneur ou
gouverné, qui ait contraint un non musulman à se convertir à
l'Islam. En effet, le vrai musulman est celui qui met en
pratique ce que Dieu, Gloire à Lui, dit : «Dieu ne vous a
pas interdit, ceux qui ne vous combattent pas pour cause de
religion, ni ne vous évincent de votre habitat, de vous
montrer envers eux vertueux,
équitables. Dieu
aime les équitables. Il interdit seulement, ceux qui vous
combattent pour cause de religion, vous évincent de votre
habitat ou concourent à votre éviction, de pactiser avec
vous. Qui pactisent avec eux. Ceux-là sont les iniques»
(Sourate Al-Mumtahanah, (60), 8-9)
Septième vérité
S'il est
effectivement et historiquement démontré que les musulmans,
gouverneurs et gouvernés, n'ont jamais contraint ni forcé
quiconque à se convertir à l'Islam, comme nous l'avons
montré dans la sixième vérité, je voudrais en revanche
préciser au souverain pontife un fait historiquement établi
et avéré, à savoir que des milliers de personnes se sont
converties à l'Islam par conviction personnelle et de leur
propre chef. Ces personnes sont venues par milliers de pays
différents à la Direction d'Al-Azhar Al-Charif pour
proclamer leur Islam, comme en témoignent les chiffres
suivants :
En 2000, le
nombre de convertis, originaires de 90 pays a atteint 938
personnes.
En 2001, le
nombre de convertis, originaires de 91 pays a atteint 860
personnes.
En 2002, le
nombre de convertis, originaires de 93 pays a atteint 1116
personnes.
En 2003, le
nombre de convertis, originaires de 98 pays a atteint 1344
personnes.
En 2004, le
nombre de convertis, originaires de 122 pays a atteint 1671
personnes.
En 2005, le
nombre de convertis, originaires de 104 pays a atteint 2052
personnes.
Toutes ces
personnes sont venues à Al Azhar, d'elles mêmes, sans y être
contraintes ni par l'épée ni par aucun autre moyen de
coercition, comme l'avait prétendu l'empereur byzantin, pour
proclamer leur conversion à l'Islam. Cela prouve,
raisonnablement que la loi islamique juge vaine toute
croyance qui résulte de la contrainte et de la coercition,
car cela s'oppose à l'essence même de l'Islam fondé sur le
raisonnement, la réflexion, le libre choix et la conviction.
Par ailleurs, il apparaît clairement que tous ceux qui
prétendent que l'Islam s'est propagé par la force du glaive
ou par la contrainte, profèrent des mensonges et des
contrevérités. Dieu guide celui qu'Il choisit vers le droit
chemin.
-II-
Nous allons
expliquer à Sa Sainteté le Pape, en toute sincérité et
objectivité, les vraies finalités de la légitimité du Jihad
dans l'Islam, finalités que les écrivains occidentaux et non
occidentaux ignorent. Sa Sainteté comprendra alors que le
Jihad a été autorisé par la Charia pour défendre la
religion, mener la lutte spirituelle contre soi-même, et
pour préserver ses biens, porter secours à l'opprimé et
défendre la dignité humaine, bref, défendre tout ce qui
mérite raisonnablement, légitimement et traditionnellement
d'être défendu. L'Islam n'a jamais légitimé l'assassinat des
personnes pacifiques, ni permis de les terroriser ou les
humilier, ni encore moins de les agresser comme d'aucuns le
prétendent. Permettez moi de souligner quelques vérités qui
en attestent:
Première vérité :
Le vocable
«Jihad» en langue arabe est dérivé de «Juhd» dans le sens de
l'effort en vue d'atteindre un objectif donné, qu'il
s'agisse, par exemple, d'acquérir un bien ou exceller dans
une discipline. Cet effort peut être un effort physique,
comme dans certaines compétitions sportives ou moral comme
dans les débats qui nécessitent, pour convaincre
l'interlocuteur, d'exceller dans l'art de l'argumentation et
de la persuasion. Dieu a dit à ce propos : «Ne cède pas aux
dénégateurs. Par ceci combats-les d'un grand combat (Sourate
Al furqân (25), 52). L'anaphore (bihi) «par ceci» ici
renvoie au Saint-Coran.
La signification
de ce verset : Nous t'avons révélé, Ô Mohamed le Saint
Coran, qui contient tout ce qu'il faut pour établir la
vérité et réfuter le mensonge, fais en ton arme, et ce
faisant n'obéis pas aux infidèles lorsqu'ils cherchent à te
faire dire des contrevérités et à faire des actions
réprouvées. Bien au contraire, déploie tout ce dont tu es
capable pour transmettre ce que Dieu t'a révélé et mène ta
lutte contre les infidèles en utilisant le Coran, et
n'hésite pas à leur rappeler tous les versets coraniques
pour réfuter leur arguments et mettre au jour leurs
mensonges.
Les savants
divisent le Jihad dans la Charia en trois catégories :
L'effort sur soi
(Jihad An-nafs) qui signifie se livrer un combat à soi-même,
et mener la lutte intérieure, spirituelle, contre ses
propres travers, en vue d'un perfectionnement dans la voie
de Dieu. Dieu a dit «Par l'âme et ce qui l'équilibre, lui
inspire la luxure ou de se prémunir, bienheureux sera qui
la purifie, confondu sera qui l'opacifie» (Sourate Ash-shams
(91), 7-10)
La signification
: par l'âme et Celui qui l'a harmonisée et l'a façonnée afin
qu'elle puisse distinguer le bien du mal ; par Celui qui l'a
inspiré pour reconnaître le vrai du faux, Par Dieu Gloire à
Lui, celui qui purifie son âme, s'amende en s'engageant
dans la voie de Dieu est victorieux, alors que celui qui la
corrompt par le péché et les forfaitures s'égare.
Il existe un
autre Jihad, le jihad contre Satan, qui consiste à mener la
lutte de la droiture contre ce démon pour ne pas se
laisser prendre par ses artifices et échapper aux fortitudes
que l'on peut commettre sous son emprise.
Dieu a dit :
«Satan vous est ennemi. Traitez- le en ennemi. Il n'appelle
que sa clique à devenir des compagnons de l'Enfer.» (Sourate
(35) Fatir, 6)
Le jihad, la
lutte contre les oppresseurs et les nuisibles, ceux qu'il
faut empêcher, par tous les moyens que Dieu a autorisés, de
faire du mal et répandre souffrances et faussetés.
Parmi les
versets qui incluent ces trois notions du jihad dans la
Charia, citons le verset suivant : «Tandis que ceux qui en
Nous firent effort, oui guidons-les sur Nos chemins.
Assurément que Dieu est avec les bel-agissants» (Sourate Al
Ankabut, (29), 69»
La signification
de ce verset : Quant aux vrais croyants, ceux qui luttent
de toutes leurs forces pour Notre cause, et pour préserver
leur âme de toute forfaiture Nous les guiderons certes sur
Nos sentiers, Allah est en vérité avec les bienfaisants, Il
les assiste et leur garantit la victoire.
La polémique
autour du mot «Jihad » dans l'Islam et le fait que ce
vocable ait subi un glissement de sens pour ne plus
signifier que guerre constituent une erreur commune commise
par les écrivains occidentaux. Le grand savant Mohamed Ali a
déjà souligné cela dans son ouvrage La religion
Musulmane(2). Ainsi dans la page 413 il dit : «Un grand
malentendu entoure le sens de l'obligation du jihad dans
l'islam et semble assez répandu. Ce malentendu consiste à
considérer le mot jihad comme un synonyme de guerre. Les
grands chercheurs européens, eux-mêmes, ne se sont pas
donnés la peine de consulter l'un des dictionnaires arabes,
le Saint coran pour déterminer le sens exact de ce mot.
Cette mauvaise interprétation s'est répandue partout.
Le jihad et Al
mujahada signifient s'efforcer et déployer tous ses efforts
pour atteindre un but. Le jihad se divise en trois
catégories : Le premier renvoie à la lutte contre l'ennemi
apparent, le deuxième signifie la lutte contre Satan et le
troisième signifie «consentir un effort sur soi»
Deuxième vérité
La règle dans la
loi islamique est la paix (Assalam) le Jihad dans le sens de
lutte armée est l'exception, et n'a de raison d'être que
lorsqu'il s'agit de résister à l'ennemi, de combattre
l'injustice, la subversion et la désobéissance. Quelle
meilleure preuve sinon le mot «islam» que Dieu a choisi pour
qualifier la religion qu'Il a agréée. Dieu a dit : «La
religion en Dieu est l'Islam» (Sourate Al Imran (3), 19). Le
vocable Islam est dérivé de Salam. Ces deux vocables Al
Islam et As-salam convergent dans leur extension sémantique,
lorsqu'ils signifient l'obligation de garantir la sécurité,
la sérénité et l'entraide entre les humains. Dieu a dit :
«Humains prémunissez-vous envers votre Seigneur. Il vous a
créés d'une âme unique, dont il tira pour celle-ci une
épouse ; et de l'une et de l'autre Il a répandu des hommes
en nombres et des femmes» (Sourate Annissa (4), 1)
L'occurrence du
mot «As-salam» dans le Coran se retrouve dans plus de
trente endroits différents. Les nombreuses occurrences de ce
mot à diverses occasions et sous des formes multiples,
soulignent ce noble principe, alertent les esprits sur la
nécessité de cultiver la fraternité et de partager les
bienfaits que Dieu a mis à la disposition des humains et les
incitent à oeuvrer à préserver la tranquillité et la
sérénité entre eux.
Le vocable «As-salam»
est béni à plus d'un titre. Il fait partie des plus beaux
attributs d'Allah. Le Très-Haut dit : «Il est Dieu, il n'y a
de Dieu que Lui. Il est le Roi, le Très Saint, le
Dispensateur de Salut, l'Avérateur de la croyance,
l'Englobant, le Dominateur, l'Irrésistible, le Magnanime.
Soit exaltée Sa transcendance, bien loin de tout ce qu'ils
Lui Associent» (Sourate Al Hashr (59), 23)
C'est le terme
utilisé pour se saluer entre croyants. Ainsi lorsqu'un
musulman croise un autre, il dit As-salamu Alaykum (la paix
sur vous), autrement dit que la paix soit avec vous et avec
nous. Le Hadith As-sharif «Dieu a fait de «As-salam» (paix)
le terme de la salutation pour notre nation et de sérénité
pour ceux qui jouissent de notre protection».
Lorsque le
musulman fait sa prière, il lit la Fatiha et quelques
versets coraniques, puis passe à la salutation de paix sur
le prophète, sur lui-même et sur les intègres. A la fin de
la prière il se tourne sur sa droite et sur sa gauche en
prononçant la salutation finale :
«Que le salut
et la miséricorde d'Allah soit sur vous.» «Assalamou 'alaykum
wa rahmatullah».
La salutation
que les croyants reçoivent de leur Créateur lorsqu'ils sont
dans l'Eden : Dieu a dit «La parole qui va les accueillir,
le Jour où ils Le rencontreront, c'est : «salam !» (Sourate
Al Ahzab (33), 44) Autrement dit, la salutation au jour où
les croyants rencontreront Leur Dieu sera : «Salam» [paix],
un gage de protection des affres de l'Enfer et une généreuse
récompense, à savoir l'Eden.
Salutations des
Anges adressées aux croyants à leur arrivée au paradis : As-salam
(paix). Dieu a dit : «Ceux qu'auront recouvrés les anges en
état de bonté, ils leur diront : «Salut sur vous, entrez au
Jardin, par cela même que faisiez» (Sourate An-nahl (24)
32). Il a également dit «Tandis que ceux qui se sont
prémunis envers leur Dieu sont poussés au Paradis par
vagues, de sorte que quand ils y arrivent, les portes s'en
ouvrent largement et les gardiens leur disent : salut soit
sur vous ! paix sur vous ! entrez-y pour l'éternité»
(Sourate Azummar (39), 73).
Salutations des
Anges adressées aux croyants quand ils se trouvent au
Paradis est «Salam». Dieu a dit «Ils y entrent (Les Anges
entrent en leur honneur par chaque porte : Salut sur vous,
pour votre patience ! félicité dans l'ultime demeure !»
(Sourate Arraad (13), 23-24).
L'invocation
des croyants dans le paradis : est «Gloire à Dieu». Dieu a
dit «Leur appel ne consiste qu'à proclamer : «transcendance,
ô mon Dieu!» ; un «salut !» les y accueille, leur appel se
conclut sur : Louange à Dieu, Seigneur des univers !»
(Sourate Yûnus (10), 10). Autrement dit leur invocation est
«Gloire à Toi, Allah», et salutations adressées à Dieu et
aux Anges. Les salutations échangées entre eux est As-salam
et la fin de leur invocation : «Louange à Allah, Seigneur de
l'Univers».
Les paroles que
les croyants s'échangent lorsqu'ils sont au paradis : Salam
(paix) Dieu a dit «On y entend point verbiages : rien que
«Salut!»Ils y auront soir et matin leur attribution»
(Sourate Myriam (19) 62). Ce qui signifie : Ceux qui sont au
paradis n'y entendent nulle parole insignifiante ; seulement
: «Salam» ; et ils auront là leur nourriture, matin et soir.
Dieu a dit également : «Ils n'entendent là verbiage non plus
qu'incitation au péché mais seulement une antienne : Salam !
Salam !» (Sourate Al Waqiaa (56) 25-26). Ce qui signifie :
Ils n'y entendront ni futilité ni blasphème ; mais seulement
les propos «Salam! Salam!»... [Paix! paix!].
La nuit du
destin (d'Al-Qadr) est meilleure que mille mois : Dieu a dit
: «Salut soit-elle jusqu'au lever de l'aube!» ( Sourate Al
Qadr ( 97), 5)
La demeure de la
paix : l'un des noms du paradis, comme dans le verset :
«Dieu convie à la demeure de paix. Il guide qui Il veut à
une voie de rectitude.» (Sourate Yûnus (10), 25). Ce qui
signifie que Dieu appelle ses sujets à la demeure de la paix
en ayant foi et en agissant en bien et Il guide qui Il veut
vers le droit chemin.
Invocation du
prophète qu'il répétait souvent : Ô Seigneur, Tu es la paix
et de Toi procède la paix, Salut nous ô Seigneur par la
paix»
Il apparaît donc
clairement que la loi islamique (charia) considère la paix (assalam)
comme le fondement même des relations humaines alors que le
jihad, au sens de la lutte armée, n'est qu'une chose
imprévue et on ne doit y recourir qu'exceptionnellement
lorsque cela s'avère indispensable.
Troisième vérité
Toutes les
incursions et attaques qui ont eu lieu à l'époque du
prophète étaient destinées à combattre l'injustice et à
résister à l'ennemi. Jamais elles n'étaient justifiées par
l'ambition, l'oppression ou le simple besoin de faire couler
le sang ni la volonté de terroriser les personnes paisibles.
Les preuves attestant de cette vérité sont multiples :
A) S'agissant
de la bataille de Badr, première bataille livrée par les
musulmans, ce sont les impies Kourachites qui ont déclenché
les hostilités. Les musulmans n'avaient de choix que de
riposter à l'attaque et de relever le défi. En effet les
Kourachites étaient bien à l'origine de cette bataille et ce
pour une raison majeure, que de nombreux historiens ont
d'ailleurs omis. En effet, suite au départ du prophète vers
Médine (l'hégire), les impies ont assailli les musulmans qui
sont restés à la Mecque et les ont tellement opprimés que
leur situation était devenue insoutenable et qu'ils ont
commencé à invoquer Dieu en ces termes «Notre Seigneur,
fais-nous sortir de cette ville aux habitants iniques.
Commets-nous de Ton sein un protecteur. Commets-nous de Ton
sein un secourant» (Sourate Annissaa (4), 75) Dieu a exaucé
les vœux de ces musulmans qui sont restés à la Mecque et
n'ont pu joindre leurs frères à Médine. Il a ordonné à Son
prophète (PSL) et ses compagnons de porter assistance à
leurs frères opprimés. Il s'est adressé à eux dans un style
empreint d'exhortation : «Qu'avez-vous à vous abstenir de
combattre sur le chemin de Dieu, quand il est tant
d'opprimés d'entre les hommes et les femmes et les enfants»
(Sourate Annissaa (4), 75). Autrement dit : Vous croyants
qui êtes partis à Médine et vos compagnons, combattez pour
venir à l'aide de vos frères qui n'ont pu partir avec vous,
et qui sont tellement opprimés par les impies de la Mecque,
leur ennemis, qu'ils ont imploré votre aide en ces termes
«faites -nous sortir de cette ville aux habitants injustes».
En conclusion,
on peut souligner, que la bataille de Badr, première du
genre entre musulmans et infidèles, fut livrée pour assister
les opprimés qui n'ont pu se rendre à Médine et courir à
leur secours. Ainsi Dieu a préparé les conditions
nécessaires pour venir en aide à ces hommes et femmes
opprimés lors de la bataille de Badr.
B) S'agissant
de la bataille d'Uhud, les musulmans n'ont cherché à
attaquer personne. Se sont les impies de la Mecque, qui un
an après leur défaite à Badr, ont mobilisé leur force,
hommes et femmes, grands et petits, et ont formé, avec le
renfort de leurs alliés, une armée de plus de trois mille
hommes et se sont dirigés vers Médine pour y attaquer les
musulmans. Ces derniers se sont alors concertés avec le
prophète (PSL) : «Fallait-il aller à la rencontre des
ennemis qui se sont approchés de Médine ou fallait-il les
attirer à l'intérieur de la ville et livrer un combat de
rues auquel les femmes participeraient du haut des terrasses
des maisons ?» Le prophète était du deuxième avis, alors que
les jeunes préféraient sortir et rencontrer les ennemis et
leur livrer bataille en dehors de la ville. Ils avaient
tellement insisté que le prophète (PSL) a fini par céder à
leur requête et la bataille s'est soldée par de nombreux
martyrs musulmans.
C) S'agissant
de la bataille des Ahzab (coalisés), plus dune dizaine de
milliers de personnes appartenant à différentes tribus et
soutenues par les juifs, se sont mobilisées et se sont
dirigées vers Médine pour attaquer les musulmans. Ayant
appris la nouvelle, le prophète convoqua ses compagnons afin
de les consulter sur la façon dont ils devaient s'y prendre
pour se défendre contre l'ennemi et triompher de lui. Salman
Al Farissi a suggéré de ne pas combattre sur un terrain
découvert, et qu'il était préférable de creuser des
tranchées autour de Médine afin de la protéger contre
l'ennemi.» Cette suggestion plut beaucoup au Prophète (paix
et bénédictions d'Allah soient sur lui) ; les musulmans
s'attelèrent à la tâche, en chantant pour ces quelques
couplets se donner du courage :
Gloire à Toi
Seigneur, sans Ta lumière nous n'aurions pu suivre le droit
chemin ;
Sans Ton
flambeau nous n'aurions fait ni aumône ni prière ;
Octroi-nous ô
Seigneur la quiétude, et face à l'ennemi la vaillance ;
Les impies nous
persécutent, ils veulent semer le trouble ;
Et nous, nous
nous y refusons.
Ils ont creusé
des tranchées autour de la ville. Le Prophète lui-même
participa aux travaux. L'issue fut la victoire pour les
musulmans. Les polythéistes perdirent la bataille et furent
forcés de se replier sans avoir pu mettre à exécution leurs
funestes intentions. Dieu a dit «Dieu a renvoyé les
dénégateurs enragés de n'être arrivés à rien de bon. Les
croyants, au combat, ont fait de Lui leur suffisance»
(Sourate Al Ahzab (33), 25)
Il est donc
clair que les batailles livrées par le Prophètes le firent
soit pour porter assistance aux opprimés, soit pour se
défendre et défendre sa croyance, ou la dignité humaine.
Jamais ces batailles n'avaient pour visée d'agresser ou
d'opprimer.
La quatrième vérité
La loi islamique
a codifié la guerre et contraint les croyants de se tenir
aux règles établies. Comme en témoigne ces versets :
«Combattez sur le chemin de Dieu ceux qui vous combattent,
sans pour autant commettre d'agression : Dieu déteste les
agresseurs» (Sourate Al-Baqara (2), 190).
Le sens du mot
Qital (combat) est de combattre celui ou celle qui vous
combat, alors que le mot «muqatala» signifie que deux
personnes se livrent un combat et que chacun combat l'autre.
Par «n'agressez pas» Dieu proscrit l'agression sous toutes
ses formes, plus particulièrement l'agression dans le
combat.
L'agression
signifie outrepasser ce que Dieu a ordonné et ce qu'il a
proscrit.
Le sens de ce
verset : vous croyants, combattez ceux qui vous attaquent et
qui violent ce qui est sacré pour vous. Ne transgressez pas
en tuant les gens paisibles, hommes, femmes et enfants ni
les personnes âgées, les malades et ceux qui souffrent de
quelque déficience que se soit. Sachez croyants que Dieu
n'aime pas les transgresseurs !
Al Imam Ibn
Kathîr dans son interprétation de ce verset a dit : «C'est
pour cela qu'il est mentionné dans le Sahih de Muslim, selon
Burayda, que le prophète(PSL) disait à ses compagnons «Ne
trahissez point, ne vous appropriez pas indûment ce qui ne
vous appartient pas; ne pratiquez pas la tromperie et les
mutilations ; ne tuez pas les gens paisibles, hommes,
femmes, enfants et vieillards ; ne déracinez ni brûlez un
palmier ; ou ne coupez pas des arbres portant des fruits.
Vous rencontrerez des moines qui se sont retirés dans des
ermitages ; laissez-les accomplir le but pour lequel ils ont
fait ceci».
Parmi les
versets coraniques qui montrent bien que l'Islam a imposé
des règles strictes pour codifier la guerre, Dieu a dit
«Dieu prend la défense de ceux qui croient, Il n'aime pas
l'homme de traîtrise et de dénégation. Permission est donnée
à ceux qui combattent pour avoir subi l'iniquité… Dieu de
les secourir est capable.. A tous ceux qui furent évincés de
leurs demeures à contre-droit, et seulement parce qu'ils
disaient : «Notre Seigneur est Dieu» (Sourate Al Haj (22),
38-40).
La signification
de ce verset : Dieu Tout Puissant dans Sa bienfaisance et Sa
grâce préserve ses croyants de l'agression des vicieux et
des apostats, car Dieu n'aime pas les traîtres et les
ingrats. Dieu a permis à ses croyants de se défendre, de
combattre les ennemis qui les persécutent et leur annonce
qu'Il est capable de les mener à la victoire, car Dieu
soutient, certes, et récompense ceux qui soutiennent Sa
Religion. Dieu a précisé les conditions où Il a légitimé le
jihad pour soutenir la vérité. Dieu a dit : «ceux qui furent
évincés de leurs demeures à contre-droit», sans raison et
contre toute justice, simplement parce qu'ils disaient :
«Allah est notre Dieu».
Si Dieu
n'envoyait pas aux oppresseurs quelqu'un pour les humilier
et les réprimer, ils sèmeraient la corruption sur la terre,
détruiraient les lieux du culte, églises, synagogues et
monastères. Dieu est tout Puissant.
Tous ces nobles
versets montrent clairement et sans équivoque, que Dieu
défend ceux qui croient en lui et qu'Il les autorise à
combattre les oppresseurs et les despotes qui persécutent
les croyants et les évincent de leurs demeures. Sans les
commandements justes que Dieu a prescrits pour triompher de
ceux qui sont dans le mensonge, la terre aurait été
complètement corrompue.
La cinquième vérité
La religion
islamique incite ses adeptes à la conciliation et à la
courtoisie. Elle leur ordonne de mettre fin à la guerre dès
que leurs adversaires le demandent si cette trêve n'est pas
contraire à leurs intérêts. Dieu a dit «En revanche s'ils
penchent pour la paix, penches y toi-même, sans cesser de
faire confiance à Dieu, qui est l'Entendant, le connaissant.
S'ils voulaient te duper, qu'il te suffise de Dieu, Lui qui
t'a déjà soutenu de Son aide victorieuse et des croyants»
(Sourate Al anfal (8), 61-62)
La
signification du verset : S'adressant au prophète Dieu lui
dit : si tu es en guerre et que tes ennemis souhaitent la
paix, accepte cette trêve, du moment qu'elle ne nuit ni à
toi ni à tes compagnons et place ta confiance en Dieu. Ne
crains pas leur duperie car s'ils veulent te tromper, alors
Allah te suffira, Lui l'Etendant et l'Omniscient.
Si en réclamant
la fin de la guerre ils cherchent à te duper, ignore leur
tromperie et accepte la paix, si cette conciliation va dans
le sens de tes propres intérêts et ceux de tes compagnons.
Ne crains rien, Dieu te suffira. C'est Lui qui t'a soutenu
par Son secours, ainsi que par l'assistance des croyants,
ceux-là mêmes qui se précipitent vers les bonnes actions et
sont les premiers à les accomplir.
Ce verset est un
encouragement pour le prophète afin qu'il persévère dans la
voie de la paix qui préserve les intérêts des musulmans.
C'est une promesse qu'il sera vainqueur même si ses
adversaires essaient en proposant une solution pacifique de
le duper.
Sixième vérité
La loi islamique
prévoit des règles d'éthique de la guerre qu'il est
nécessaire de respecter.
La première
règle consiste à respecter les accords et les pactes signés.
Les musulmans sont tenus d'honorer scrupuleusement tout
engagement qu'ils prennent. Le prophète (PSL) a d'ailleurs
donné le meilleur exemple de loyauté. En effet, l'accord de
la trêve d'Al Hudaybiya stipulait que les Kurachites,
pouvaient ne pas renvoyer un musulman envoyé chez eux, alors
que les musulmans devaient renvoyer un Kurachite qui se
rendrait chez eux. Lorsque Abou Rafie fut ainsi envoyé au
prophète, il fut touché par la foi et a demandé au prophète
de se convertir à l'Islam et de rester parmi les musulmans,
mais le prophète lui a rétorqué : «je ne déroge jamais à un
pacte que j'ai conclu, retourne donc chez eux en paix, tu
pourras ; plus tard, si tu le désires toujours, nous
rejoindre».
On peut
également citer parmi ces règles d'éthique de la guerre, la
recommandation de ne pas s'en prendre à celui qui ne combat
pas, l'interdiction de mutiler, d'achever un blessé, de
couper les arbres, d'empoisonner les puits, de démolir les
maisons et de traiter les prisonniers avec dignité. Et si un
adversaire demande la protection, il faut accéder à sa
demande et lui garantir la protection. Il ne faut en aucun
cas le combattre, car Dieu a dit «Si quiconque parmi les
associants te demande sauvegarde, accorde-lui sauvegarde
pour lui permettre d'entendre la parole de Dieu, voire
fais-lui regagner son lieu de sûreté, considérant qu'ils
sont un peuple dénué de science» (Sourate At-tawba (9), 6)
Dieu s'adresse
au prophète et lui dit : si l'un des associants te demande
l'asile, accorde-le lui, afin qu'il entende la parole de
Dieu et la médite. S'il embrasse ta religion il deviendra
l'un de tes fidèles, sinon assure sa protection et fais-le
parvenir à son lieu de sécurité.
En conclusion on
peut dire que le jihad dans l'Islam n'a été autorisé que
pour défendre la vérité, aller au secours de l'opprimé,
diffuser la paix et la sérénité sur terre et pour donner des
leçons aux malfaisants perfides qui autrement ruineraient la
terre.
A tous ceux qui
prétendent le contraire, nous répondons en citant les
paroles de Dieu : «C'est là une énormité de langage qui sort
de leur bouche, même s'ils ne font que mentir» (Sourate Al
Kahf (18), 5)
Il apparaît donc
clair pour tout être sensé, que la guerre dans la loi
islamique n'est pas la règle mais bien au contraire
l'exception. C'est la paix qui est la règle et l'origine.
-III-
Je vais réfuter
un autre mensonge qui est encore plus ignominieux. Il s'agit
des propos de l'empereur byzantin qui en s'adressant au
savant perse dit : «Montre-moi donc ce que Mohammed a
apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses
mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par
l'épée la foi qu'il prêchait».
Le reproche que
nous adressons à votre Sainteté, c'est d'avoir cité ces
propos sans aucun commentaire équitable qui puisse montrer
que vous n'êtes pas d'accord avec les propos de cet empereur
en mal de vengeance. Vous avez Votre Sainteté repris ces
propos sans commentaire comme si vous y adhériez. Puisque
vous n'avez pas daigné faire de commentaire, permettez-moi
de vous fournir ces preuves irréfutables et multiples qui
témoignent en toute clarté, sans aucune équivoque ni
ambiguïté, que «le prophète Mohamed (paix et salut sur lui)
a été envoyé à l'humanité entière pour lui apporter le bien
ainsi que toutes les vertus et toutes les nobles qualités».
Il est le
Messager qui a apporté toutes les grâces. Les trois livres
sacrés n'ont-ils pas tous annoncé son avènement et ne lui
ont-ils pas attribué les meilleures vertus et les plus
nobles qualités qui poussent toute personne sage à le croire
et à adopter sa confession.
Dieu a dit : «En
faveur de ceux qui suivent l'Envoyé, le Prophète natif,
qu'ils trouvent chez eux inscrit dans la Torah comme dans
l'Evangile: il leur commande le convenable et leur proscrit
le blâmable, leur rend licites les choses bonnes, illicites
les pernicieuses, et fait d'eux tomber les pesanteurs et les
entraves qui les écrasaient ; Oui, en faveur de ceux qui
croient en lui, le soutiennent, l'assistent, suivent la
lumière descendue avec lui ; tous ceux-là sont, eux, les
triomphants» (Sourate Al Aaraf (7), 157)
En effet dans ce
verset Dieu a décrit le prophète Mohamed en utilisant de
nobles qualificatifs :
Premièrement :
il est l'envoyé de Dieu a adressé en qualité
d'annonciateur et d'avertisseur à l'humanité entière ;
Deuxièmement :
Il est celui à qui Dieu a révélé une religion (charia)
complète et éternelle ;
Troisièmement :
il est illettré, ne sachant ni lire ni écrire et n'ayant
bénéficié d'une éducation. Cependant Dieu lui a révélé le
Saint coran qui est un guide sur le sentier de Dieu et le
miracle des miracles. Dieu lui a permis, par sa grâce,
d'assimiler plusieurs sciences pleines de sagesse pour
exceller et dépasser ainsi toutes les créatures de Dieu. Son
analphabétisme était bien la preuve que ce qu'il disait lui
a été révélé par Dieu.
Quatrièmement :
son nom figure dans l'Evangile et la Torah, comme en
témoigne ce passage, qui est l'un des plus complets de la
Torah, rapporté également par l'Imam Boukhari : J'ai lu dans
la Torah l' attribut du prophète : mon messager et le
résigné à ma volonté. Tu n'es ni brutal, ni inhumain, ni
querelleur dans les souks. Tu ne rends pas le mal pour le
mal, mais tu pardonnes et tu excuses.
Cinquièmement :
il est le messager envoyé pour se convertir aux vertus et
s'éloigner des vices.
Sixièmement : il
est celui a qui Dieu a révélé une religion tolérante,
caractérisée par la facilité et non la difficulté, empreinte
de flexibilité et non de rigidité.
Dieu a conclu ce
noble verset en soulignant que ceux qui croient au prophète
et le soutiennent, ceux-là même sont les heureux.
L'avènement du
noble prophète a été accompagné des bienfaits qu'il a
apportés à l'humanité. Ceci est d'ailleurs clair si l'on
considère que Jésus fils de Marie, également un envoyé de
Dieu, avait annoncé sa venue et l'a nommé. Dieu a dit :
«Lorsque Jésus fils de Marie dit : fils d'Israël, je suis
l'envoyé de Dieu vers vous, venu confirmer la Torah en
vigueur et faire l'annonce d'un envoyé qui viendra après moi
et dont le nom sera Ahmed» (Sourate Assaf (61), 6)
Signification :
Dans ce verset Dieu s'adresse au prophète Mohamed en lui
disant de rappeler à ses disciples la parole de Jésus fils
de Marie lorsqu'il a dit : “ Enfants d'Israël, je suis le
Messager de Dieu qui vous est envoyé, confirmateur de la
véracité de l'Evangile qui m'a été révélé, et confirmateur
de la Torah, antérieur à moi, et révélée à Moïse, et
annonciateur d'un Messager à venir après moi, dont le nom
sera «Ahmad».
Feu Imama Al
Alûssi , disait que cet auguste nom « Ahmad », est un prénom
de notre prophète. Selon les deux Sahih, le prophète a dit
dans un hadith : « Je suis Mohamed (le louangé), je suis
Ahmed (le plus glorieux), je suis Al Hachir autour de qui
les gens sont rassemblés au jour du jugement, je suis Al
Mahi par qui Dieu efface l'infidélité et je suis Al âqib,
aucun prophète ne sera envoyé après moi».
Ce verset montre
sans aucune équivoque, que Jésus a annoncé à son peuple,
l'avènement du prophète. Cette bonne nouvelle, de part sa
forme et son sens, signifie qu'un prophète leur sera envoyé,
pour leur apporter toutes les grâces, les sortir des
ténèbres du polythéisme, pour les faire accéder à la lumière
du monothéisme, les sortir de leur croyances saugrenues pour
les faire goûter aux bienfaits de la connaissance, les
éloigner des pratiques de débauche et les guider vers le
droit chemin et le sentier de Dieu.
Le prophète
Mohamed a chanté les louanges de Jésus fils de Marie
également Messager de Dieu et a dit à ce propos «Nul n'est
en droit de se réclamer de Jésus fils de Marie que moi-même,
car entre lui et moi il n'y a aucun prophète». Il a
également loué Jésus fils de Marie, comme lui messager de
Dieu et célébré sa mère Marie : «parmi les gens du Paradis,
ne sont parfaites que quatre femmes, : Khadija fille de
Khuwaylid, Fatima Fille de Mohamed, Marie, fille de 'Imrân
et Assiya, fille de Muzâhim femme de Pharaon.
Notre noble
prophète (PSL) a été le porteur de toutes les grâces et de
toutes les faveurs, car son Message est l'ultime message
envoyé par Dieu. C'est le message qui vient compléter toutes
les religions et lois divines.
Tous les
prophètes ont été envoyés par Dieu à l'origine, pour
transmettre un seul et même message, à savoir : adorer Dieu,
l'Unique et le Tout-Puissant en toute sincérité, et agir en
êtres vertueux. Un tel message ne peut qu'être bénéfique
pour l'humanité et ne peut être que source de bonheur. Ce
message ne peut être, autre chose, qu'un phare qui guide
cette humanité vers la sagesse, qui la purifie de toutes
les animosités, toutes les rancoeurs et toutes les
injustices. Il ne peut que permettre à ceux qui roient aux
prophètes et qui suivent le droit chemin, de vivre dans la
sérénité, la prospérité et le bien-être. Dieu n'a-t-Il pas
dit : «Qui effectue l'œuvre salutaire, fût-il male ou
femelle, s'il est croyant, Nous lui ferons vivre une vie
bonne : Ô Nous les rétribuerons d'un salaire plus beau que
ce qu'ils faisaient» (Sourate An-nahl (1-), 97)
Les nobles
prophètes : ils sont les élus de Dieu, ceux qu'Ils a choisis
parmi Ses sujets. Ils sont la voie pour obtenir Son pardon
et atteindre sa grâce.
Les noble
prophètes : Ils sont les purs parmi les purs, choisis par le
Créateur pour transmettre Sa révélation, indiquer aux
humains la bonne voie, leur apporter toutes Ses grâces, les
sortir des ténèbres pour les faire accéder à la lumière, les
éloigner des pratiques de débauche et les guider vers la
pureté et la vraie croyance.
Les nobles
prophètes : Ils sont ceux que Dieu a distingués par une
bonté incommensurable, une intelligence supérieure, une
raison profonde, une sensibilité exquise, un caractère
physique et moral égal et exquis.
Les nobles
prophètes : Ils sont ceux que Dieu a préservé de toute forme
de vice. La compassion, la générosité et l'honneur étaient
leurs attributs avant et après leur mission.
Les nobles
prophètes : Dieu a clôt le cycle des missions des prophètes
par le message du prophète Mohamed. Sa religion fut ainsi la
dernière brique dans l'édifice constitué par les religions
monothéistes.
Le prophète
Mohamed (PSL) a dit à ce propos : «Les prophètes qui m'ont
précédé et moi, sommes pareils à un homme qui a construit
une demeure, l'a embellie et parée, à l'exception de
l'emplacement d'une brique qu'il a laissé vide.
Les gens qui
visitaient cette demeure s'exclamaient, quelle belle demeure
se serait s'il n'y manquait pas cette brique ; et se
demandaient : «pourquoi n'a-t-on pas placé cette brique ?'
Or, je suis cette brique et je suis le dernier des
Prophètes»
Le prophète a
apporté plusieurs bienfaits, et n'a apporté rien de mauvais.
En effet, il fut envoyé par Dieu pour transmettre sa parole
après une pause de l'envoi des messagers ; Dieu a dit : «Ô
gens du livre, Notre Envoyé vient à vous pour vous porter
l'explicitation, après une pause (dans la succession) des
prophètes, afin que vous ne disiez pas : «Il ne nous vient
plus d'annnociateur ni de donneur d'alarme» ; eh bien !il
vous est venu un annonciateur, un donneur d'alarme. Dieu est
Omnipotent». (Sourate Al maida (5), 19)
Ce verset
s'adresse donc aux gens du Livre en leur disant : «gens du
Livre, un Messager (Muhammad) est venu pour vous éclairer,
vous apporter la vérité et vous guider dans la voie de la
croyance et de la moralité après une période d'interruption
entre son message et celui de Jésus. Nous avons agi de la
sorte afin que vous ne disiez pas : «Il ne nous est venu ni
annonciateur ni avertisseur». Voilà, certes, que vous est
venu, six siècles après Jésus, Notre Messager Mohamed vous
appelant à suivre le sentier de Dieu».
Son avènement à
cette époque précise de l'histoire de l'humanité s'imposait,
étant donné la désolation, l'obscurantisme, l'ignorance et
les tueries qui prévalaient alors.
Le monde avant
la venue du prophète Mohamed était le théâtre de nombreuses
séditions et conflits. La guerre entre les Romains et les
Perses était à son apogée. Les croyances avaient atteint un
tel degré de déliquescence et de décadence que l'homme qui
est le représentant de Dieu sur terre en était réduit à
idolâtrer les statues, les vaches, les arbres et le feu.
La morale
n'obéissait qu'aux convoitises, à la concupiscence et aux
désirs égoïstes qui nuisent et détruisent.
Les habitants de
la Péninsule arabique, et à leur tête les Mecquois,
n'étaient pas mieux lotis. Ils se faisaient la guerre pour
les raisons les plus futiles et vénéraient des idoles qui ne
pouvaient leur être d'aucune utilité et disaient : «Ceux-ci
sont nos intercesseurs auprès d'Allah». «Nous ne les
vénérons que pour qu'elles nous rapprochent d'Allah
davantage». En effet, ils baignaient dans la débauche et le
vice et procédaient à des rites désuets. Ils passaient leur
temps à se glorifier de leurs ancêtres sans accorder de
l'importance aux valeurs de la bonne morale et de la
justice. Mais ceci n'empêchait pas une minorité, parmi les
Mecquois, d'abhorrer les polythéistes, leur débauche et leur
tribalisme exacerbé, tels Zayd Ibn Omar, Qas Ibn Saida et
Waraqa Ibn Nawfal. Le grand poète, Ahmed Shawqi, a
majestueusement décrit ce monde d'avant l'avènement du
prophète Mohamed dans son magnifique poème Nahj Al burda :
Vous êtes venus
alors que le chaos battait son plein ;
Des idoles,
partout, vénéraient d'autres idoles ;
Et l'injustice
en tout lieu sévissait;
Les tyrans de
leurs sujets disposaient ;
Le roi de Perse
baignait dans l'arbitraire ;
Et l'empereur
Romain dans l'orgueil ;
Tous deux en
torture rivalisaient ;
Sacrifiant les
gens tels des offrandes ;
Les forts
écrasaient les faibles sans vergogne ;
On dirait des
prédateurs qui dévorent leur proie.
La mission du
prophète Mohamed est venue, à point nommé, sortir l'humanité
de l'obscurantisme dans lequel elle était plongée. La
finalité de cette noble mission est de faire accéder les
humains à la lumière, les sortir des ténèbres du polythéisme
pour les gratifier des bienfaits de l'islam et quitter
l'oppression pour l'équité et la justice.
Ces grâces liées
à la mission du prophète furent évoquées dans de multiples
versets coraniques. Dieu a dit : «Dieu fut libéral envers
les croyants de mander parmi eux un Envoyé de leur race pour
leur réciter Ses signes, les épurer, leur enseigner
l'Ecriture, la sagesse, bien qu'ils eussent été auparavant
dans un criant égarement». (Sourate Al Imran, (53), 164)
Ce verset
signifie que Dieu a très certainement fait une faveur aux
croyants lorsqu'Il leur a envoyé un messager des leurs, qui
leur récite des versets coraniques, les purifie et leur
enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu'ils fussent
auparavant dans un égarement évident.
Dieu a également
dit dans ce même contexte : «Lui qui a envoyé au sein des
incultes un Envoyé des leurs pour leur réciter ces signes,
les purifier, leur enseigner l'écrit et la sagesse, bien que
naguère ils fussent dans un égarement flagrant». (Sourate Al
Jumua, (62), 2).
En conclusion,
la mission du prophète fut synonyme de grâces et de
bienfaits, à une époque où la vilénie régnait partout. Elle
était la lumière qui a éclairé la terre entière dissipant
les ténèbres. Notre prophète Mohamed a apporté le bien et en
aucun cas le mal, car la mission que Dieu lui a confiée est
dans son essence fondée sur le bien. Il est donc impossible
qu'elle comporte des choses mauvaises. C'est un appel aux
humains pour qu'ils vouent à Dieu un culte sincère et qu'ils
deviennent des êtres vertueux, celui qui lance un tel appel
ne peut qu'être dépourvue de tout mal, quel qu'il soit.
Tous les
prophètes, et à leur tête le meilleur parmi eux, le dernier
des messagers, le prophète Mohamed, sont infaillibles et ne
peuvent commettre aucune vilénie, ni avant leur mission ni
après elle, car Dieu les a choisis. Ce sont ses élus, Il les
a purifiés et préservés de tout ce qui est mauvais. Tous
ceux qui ont lu la biographie du prophète savent qu'il était
surnommé par les siens, même avant sa mission, le sincère
digne de confiance (As-sadiq al amin). Dieu ne l'a-t-Il pas
dit de lui : «Tu es porté par un caractère magnanime»
(Sourate Al qalam (62), 4)
Le caractère,
selon Al Imam Fakhr Ar-razi, est une faculté é spirituelle
qui permet à celui qui la possède de dire et de faire le
bien. La magnanimité est toute chose caractérisé par la
grandeur d'âme. L'usage de la périphrase commençant par la
préposition «laala» met en exergue cette magnanimité du
prophète. Il est impossible d'expliciter tout ce que ce
verset coranique comporte, comme louange des vertus du
prophète et sa célébration.
Imam Ibn Kathir,
a expliqué ce verset, en soulignant : «Quelqu'un a demandé a
Aicha le sens de ce verset. Elle lui a répondu : «Ne lis-tu
pas le Saint coran ? Certes a-t-il rétorqué. Alors elle dit
: «Les vertus du prophète c'est le Coran». Le sens que l'on
doit déduire, est que suivre scrupuleusement les préceptes
du Coran en respectant ses commandement dans les faits et
dans le discours et en s'éloignant de tout ce qu'il
proscrit, faisait la nature et était le caractère même du
prophète. Des vertus telle la générosité, la sagesse, le
courage, l'équité, la dignité et la pureté sont autant de
qualités dont Dieu a gratifié le Prophète. Comment ne pas
être doté de toutes ces vertus, lorsqu'on est celui dont
Dieu dit : «J'ai été envoyé pour parfaire les bonnes
moeurs». Quel hommage plus éloquent que la parole de Dieu :
«Nous ne t'avons envoyé que par miséricorde pour les
univers» (Sourate Al Anbiya (21), 107) S'adressant au
prophète, Dieu lui dit : Nous ne t'avons envoyé que pour
apporter aux croyants ce qui peut faire leur bonheur sur
terre et dans les cieux s'ils suivent ta prêche et tes
commandements. Le Prophète -Paix et bénédictions sur lui-
est venu nous enseigner la miséricorde. Il dit de lui-même :
«Je suis la miséricorde offerte [à l'ensemble des
créatures]» Son message est miséricorde, une miséricorde qui
bénéficie à celui qui croit alors que le mécréant qui ne
croit pas à son message s'en trouvera privé. L'Imam
Zamakhchari dans son Tafssir al kachâf expliquant ce verset
précise : «Dieu a envoyé son messager par miséricorde à
l'ensemble des créatures car il leur a apporté ce dont
elles ont besoin pour être heureuses. Ceux qui n'y croient
pas se font du tort à eux-mêmes».
On peut à ce
propos faire l'analogie suivante : C'est comme si Dieu avait
fait jaillir une source d'eau vive, ceux qui l'utilisent
pour arroser leurs récoltes et désaltérer leur bétail en
tirent un grand profit alors que d'autres l'ignorent et
perdent ainsi ce bénéfice. La source qui jaillit est en soi
une grâce de Dieu, Exalté soit-Il, aux deux parties, mais
les derniers se sont privés, par leur propre paresse, de ce
bienfait.
Dieu a choisi
l'attribut de la miséricorde pour son message et le prophète
a dit de lui-même : «Je suis la miséricorde offerte» car ce
qualificatif résume à lui seul tout le bien. Celui dont la
miséricorde est une vertu ne peut porter une once de mal en
lui.
La miséricorde
est une perfection du caractère et une noblesse des
sentiments qui rend l'être soucieux des maux d'autrui et
compatissant pour ses égarements. Dieu dans sa grande
miséricorde, a voulu pour ses sujets un messager qui puisse
dissiper leurs chagrins et les guider dans le droit chemin,
il a donc envoyé son prophète Mohamed avec la guidée et la
religion de vérité, faisant de lui l'homme dont le coeur
était le plus ouvert. Celui dont le caractère était le plus
doux, et qui dans ses relations se montrait le plus
généreux. Dieu a dit : «C'est par quelque miséricorde venue
de Dieu que tu te montres si accommodant à leur égard ;
eusses-tu fait preuve de rudesse, de dureté de cœur, qu'ils
se seraient dispersés d'autour de toi. Efface leurs fautes,
implore pour eux le pardon, consulte les sur la tactique.
Mais quand tu aurais pris ta décision, remets t'en à Dieu.
Dieu aime ceux qui s'en remettent à Lui» (Sourate Al Imran
(3), 159)
La signification
: C'est par une grande miséricorde de la part de Dieu que
toi (Muhammad)tu as été si doux envers les tiens. Mais si tu
étais rude avec de la dureté au coeur, ils se seraient
enfuis de ton entourage. Puisque tu es généreux et noble
pardonne-leur donc, et implore pour eux le pardon (de Dieu).
Consulte-les puis une fois que tu t'es décidé, confie-toi
donc à Dieu, Dieu aime, en vérité, ceux qui Lui font
confiance. Toi prophète qui est compatissant, miséricordieux
et plein de sollicitude, intercède auprès de Dieu pour leur
pardonner à cause de leur perdition et consulte-les. Et
lorsque tu arrives à une décision relative à leur salut tu
devras t'en remettre à Dieu Lui qui est ton soutien.
Le prophète a
toujours été effectivement un exemple vivant de miséricorde.
Même lorsqu' il traversait les moments les plus difficile.
Ainsi, suite à la traître agression des impurs, après son
arrivée à Tayef, il ne les a pas maudits, au contraire il a
demandé à Dieu de les ramener à Sa voie. Il a dit «Ô Dieu,
guide mon peuple vers le bon chemin, pardonne-leur car ils
ne savent pas».
Exaltant cette
vertu de la compassion le prophète a également dit : «L'œil
pleure, le cœur ressent du chagrin, mais nous ne disons que
ce qui satisfait notre Seigneur. O Ibràhim! Ta séparation
nous remplit certainement de chagrin».
Le prophète a
toujours fait preuve de générosité et de miséricorde envers
l'orphelin et les pauvres. On raconte qu'un homme alla se
plaindre au Prophète de la dureté de son coeur; le Prophète
lui dit :«Si tu veux que ton coeur s'attendrisse, caresse la
tête d'un orphelin et nourrit un pauvre, tu recevras un
bienfait pour chaque cheveu que ta main aura touché». Dans
ce même ordre d'idée il a également dit : «Si ton frère t'es
soumis, autrement dit, à ton service, donne lui à manger de
ta nourriture et habille le de tes propres vêtements et ne
lui fait pas faire des travaux qu'il est incapable
d'entreprendre et aide-le».
Le prophète
était également compatissant envers les animaux. Il a dit à
ce sujet : «Une femme est entrée en Enfer à cause d'une
chatte qu'elle avait attachée; elle ne l'avait pas nourrie
et ne l'avait laissée manger les insectes de la terre»,
autrement dit elle ne lui a pas permis de manger la
nourriture qu'elle pouvait trouver.
Nous voyons
clairement que la compassion et la pitié comptent parmi les
vertus du prophète et s'étendent à tous les aspects de la
vie. C'est une marque d'affection de sa part de s'intéresser
au sort de tous les gens qu'ils soient jeunes ou âgés, amis
ou étrangers ainsi qu à tous les animaux. Quand il dirigeait
la prière, lui le fervent adorateur de Dieu, dont le plaisir
est dans la prière ; il lui arrivait de l'abréger lorsqu'il
entendait pleurer un enfant par compassion envers cet enfant
et pour libérer au plus vite sa mère.
N'est-ce pas un
hommage inégalable que cette parole de Dieu : «Il vous est
venu un Envoyé élu parmi vous-mêmes. Lourdes lui sont vos
fatigues. Vous êtes sa passion. Aux croyants vont sa
tendresse et sa miséricorde» (Sourate Atawba (9, 128).
Bien entendu, la
compassion n'était pas la seule vertu du prophète, il
possédait, bien au contraire, toutes les vertus et toutes
les qualités nobles. Ces vertus sont également rappelées
dans le poème de la Burda (le manteau), poème dans lequel Al
Busairi chante la gloire du prophète :
Parez le de
toutes les vertus morales ;
Usez de tous les
attributs de noblesse ;
Vous ne pourriez
lui rendre justice ni hommage ;
Lui le plus
généreux des humains.
Il découle de ce
qui vient d'être exposé, que les propos de l'empereur
byzantin en s'adressant au savant perse : «Montre-moi donc
ce que Mohammed a apporté de nouveau, et tu y trouveras
seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son
mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait» est un
mensonge encore plus ignominieux que les autres.
Nous avons
montré, en détail, que l'Islam a été diffusé par la voie de
la conviction et du libre choix et non par la coercition et
le glaive.
Nous avons
également démontré que le jihad en Islam n'a été autorisé
que pour défendre la vérité d'aller au secours de l'opprimé,
de diffuser la paix et la sérénité sur terre et pour donner
des leçons aux malfaisants perfides qui, autrement, auraient
ruiné la terre.
Nous aurions
aimé que Sa Sainteté le Pape n'introduise pas l'histoire de
cet empereur en mal de vengeance, dans sa conférence qui
traitait du christianisme, car elle n'y avait pas sa place.
Il aurait été plus élégant, de la part de Sa Sainteté, lui
le théologien et le philosophe, de commenter ces propos de
façon à montrer qu'il n'y adhérait pas.
Sa Sainteté n'en
a rien fait, aussi devions-nous rappeler à Sa Sainteté le
vrai du faux. En effet celui qui ne réfute pas un mensonge
est un démon muet. Salut sur ceux qui s'amendent et suivent
le droit chemin.
-IV-
On est en droit
d'inférer, dès lors, des propos tenus par le souverain
pontife qu'il existe des savants en théologie qui estiment
que le questionnement de (Dieu) est une nécessité
rationnelle du point de vue du christianisme et que Sa
sainteté, soulignant la relation privilégiée entre la
tradition rationaliste et la religion pour contrer la pensée
pessimiste pour qui (Dieu n'existe pas), est de cet avis.
D'autres
théologiens pensent, au contraire que le questionnement de
(Dieu) par la raison n'est ni nécessaire ni même utile. Des
orientalistes ont souligné que le philosophe arabe Ibn Hazm
défendait de ce point de vue….
Permettez-moi,
votre Sainteté, d'exposer d'une façon synthétique le
concept de croyance dans la jurisprudence islamique et la
place de la raison dans cette religion.
Croyance : c'est
l'acte de croire de toute son âme, et pour différentes
raisons, en certaines idées, principes et opinions que l'on
intériorise défend comme l'on défend sa propre vie.
On dit croire en
quelque chose pour dire y faire confiance et croire en sa
véracité qui sont autant d'expressions signifiant la même
chose.
Le mot
«croyance» dans le dictionnaire «Muajam al wassit» volume
II, page 614 signifie «Jugement qui ne tolère aucun doute
chez celui qui y adhère. Dans son acception religieuse, ce
terme signifie, la croyance sans la pratique, comme croire
en l'existence de Dieu et en Ses envoyés»
Croyance
religieuse : Un besoin spirituel dominant chez l'homme dont
il ne peut se passer pour vivre une vie spirituelle normale.
Ceux qui prétendent s'être libérés des croyances ne font que
prétendre. En effet, ils adhèrent au fond d'eux-mêmes à des
mythes et à des fables et sont mus par des convoitises et
pensent à tord qu'ils possèdent la vérité.
Le grand maître
Abass Al Aqqad a écrit dans son ouvrage intitulé : Allah
(page 14) : «L'être humain a, par nature, besoin de croire
comme il a besoin de se nourrir. On peut même dire que l'âme
souffre de la faim tout comme le corps et que la quête pour
nourrir l'âme ressemble à la quête pour nourrir son corps,
ce qui montre clairement que le sens religieux est bien
enraciné chez les humains, et que croire et disposer d'une
foi pour vivre dans ce monde est un droit non négociable. Si
la foi est une chose nécessaire pour sa survie, la faiblesse
de la foi est contraire à la nature de l'être et traduit un
dysfonctionnement de la personne. Les spécialistes de la
théologie comparée s'accordent pour dire que la croyance est
au cœur de la nature des hommes depuis les époques les plus
anciennes».
La croyance
religieuse est donc une nécessité spirituelle que la nature
même de l'homme exige. Elle concerne, à la fois, sa raison,
sa conscience et ses émotions. C'est une éternelle quête, si
l'homme ne l'a pas il l'invente. Chaque homme a sa propre
croyance qu'il défend, fût-elle erronée et non fondée du
point de vue rationnel, traditionnel et logique.
L'homme se bat
pour sa croyance, même si elle est erronée, et l'on veut
pour preuve, les multiples versets coraniques qui montrent
que les prophètes de Dieu, lorsqu'ils ont appelé leurs
peuples à croire en un seul Dieu et à s'amender, ont été
souvent combattus par ces derniers et traités de déments,
sinon d'impudents et d'égarés.
La croyance pure
est celle que Dieu a révélée à ses prophètes et leur a
commandé de transmettre. Il s'agit de croire en un seul Dieu
Unique, en la véracité de ses prophètes et en le Jour du
jugement dernier.
Dieu a dit :
«L'Envoyé croit en ce dont la descente s'opère sur lui de la
part de son Seigneur. Ainsi font les croyants : tous croient
en Dieu et ses Anges, Ses écritures, Ses envoyés, sans faire
aucune différence entre Ses envoyés : Tous ont dit :
«Entendre c'est obéir !»Ton pardon notre Seigneur. Tu es la
destination de tout» (Sourate Al baqara, (2), 185). Selon un
hadith charif : «La vraie Foi est de croire en Dieu, en Ses
anges, en Ses écrits, en Ses prophètes et en le Jour du
jugement dernier» (Hadith Sahih)
La Foi véritable
et la croyance sincère deviennent complémentaires lorsque
l'homme a sincèrement foi en l'Unicité de Dieu ; lorsqu'il
croit que c'est Lui qui a créé les cieux et la terre, qui
est Le premier et Le dernier, Le Visible et Le Caché, qui'
Il connaît tout. Elles sont complémentaires lorsque le
fidèle a foi en les anges de Dieu qui ne transgressent aucun
de Ses ordres et font ce qu'Ils leur demandent, et qu'il
croit aux livres révélés à Abraham, le Psautier (zabour) à
Dawûd, la Torah à Moïse, l'Evangile à Jésus et le Coran a
Mohamed, sur eux tous le salut et la bénédiction.
La foi est
véritable lorsque le fidèle atteste que tous les prophètes,
notamment, Mohamed le dernier des envoyés de Dieu et le
«sceau» des prophètes, ont transmis leur message et accompli
leur mission. La foi véritable suppose également qu'il croit
en le jugement dernier, atteste que le Paradis est vérité,
que le l'Enfer est vérité et croit en l'appréciation que
Dieu porte à toute chose et que ce qu'Il décide arrive.
C'est la
croyance juste, telle qu'on la retrouve dans l'Islam, une
religion qui glorifie, Allah en tant que seul Dieu véritable
qui mérite d'être adoré. Dieu a dit: «Qui soupire après une
religion autre que l'Islam, cela de lui ne sera point
accepté, et dans la vie dernière, il sera parmi les
perdants» (Sourate Al Imran (3), 85). Il convient de
souligner ici que l'Islam, dans le sens d'une adoration de
Dieu, est la religion de tous les prophètes. Ainsi Noé a dit
en s'adressant à son peuple : «Si vous faites volte-face, eh
bien ! je ne vous ai pas demandé de salaire : mon salaire
n'incombe qu'à Dieu. J'ai reçu commandement d'être au
premier rang de ceux -qui se soumettent. (Sourate Yûnus
(10), 72), de même que lorsque Dieu demanda à Abraham de se
soumettre il obéit : «Je me soumets au Seigneur des univers
(Sourate Al baqara (2), 131). On peut également citer les
paroles de Moïse s'adressant à son peuple : «ô mon peuple,
si vous croyez en Dieu, eh bien! Remettez-vous en à lui,
pour autant que vous soyez de ceux qui se
soumettent»(Sourate Yûnus (10), 84) et ceux de Jésus quand
il n'a senti que dénégation de son peuple : «Qui prend mon
parti pour aller à Dieu ? Les apôtres dirent : nous prenons
le parti de Dieu. Nous croyons en Dieu. Témoigne que nous
sommes ceux qui se soumettent» (Sourate Al Imran' (3), 52).
On peut en
conclure que tous les prophètes ont apporté la même foi et
la même croyance qui est l'islam, dans le sens de vouer à
Dieu un culte sincère, ne l'adorer que Lui seul et attester
qu'Il est le Seigneur de tous les univers et qu'Il est
l'Omniscient, l'Omniprésent.
C'est là le sens
profond de la notion de La vraie Foi dans la jurisprudence
islamique : croire en Dieu, en Ses anges, en Ses écrits, en
Ses prophètes et en le Jour du jugement dernier et croire
que ce que Dieu décide advient inéluctablement. Dieu dit :
«N'est-il pas le maître de la création et du décret ? Exalté
soit Dieu Seigneur des univers» (Sourate AlAaraf (7), 54)
Le mot raison ('aql)
signifie en langue arabe l'entendement et la cognition ou
dans le sens de (al-man' wa al-habs) ce qui empêche l'homme
de commettre des actes condamnables et à éviter les perils.
Le verbe 'aqala s'utilise pour signifier comprendre et
assimiler comme dans ('aqala al mas'ala), il a compris le
problème, ainsi que pour signifier attacher comme dans ('aqala
dabatahu) il a attaché sa monture. Le cerveau est dénommé ('aql)
en arabe, car il est l'organe de la réflexion et du jugement
approprié. C'est la qualité la plus précieuse que Dieu a
octroyée à l'homme pour distinguer le bien du mal, pourvoir
réfléchir et s'abstenir de commettre des actes que Dieu
reprouve. C'est une grâce divine. Sa présence rend l'être
humain responsable de ses actes et devant en assumer les
conséquences en bien ou en mal. Son absence le délie de
toute responsabilité. Quelque soit l'activité, qu'il
s'agisse de la prière, du commerce ou de tout autre
transaction, elle requiert la raison et la maturité.
Une nation qui
dispose de beaucoup d'hommes et de femmes intelligents est
une nation qui est prospère et stable où la production
agricole, industrielle et scientifique se développe.
L'intelligence transforme le désert en terre fertile. Par
contre, la nation qui ne dispose pas de ressources humaines
dotées d'intelligence est une nation où tout devient aride.
Et si l'on examine, de près, le Coran on trouvera que
plusieurs de ses versets se terminent par l'expression «Ne
raisonnez-vous donc pas ?» ou «Ils ne raisonnent pas»
Parmi ces verset
on peut citer : «Iriez-vous prescrire à autrui la piété en
vous oubliant vous-même, maintenant que vous pouvez réciter
l'Ecrit ? Ne raisonnez-vous pas ? (Sourate Al-Baqara, (2),
44, ainsi que le verset : «sourds, muets, aveugles,
incapables sont-ils de raisonner ? (Sourate Al-Baqara, (2),
171). Les gens de l'enfer n'ont-ils pas reconnu que le
châtiment qu'ils subissent est dû à leur manque
d'entendement et à leur bêtise comme en témoigne le verset :
«Ils disent: «Si nous avions entendu ou bien raisonné, nous
ne serions point des hôtes de la fournaise ! C'est là
reconnaître leur faute, Arrière donc les hôtes de la
fournaise» (Sourate Al Mulk (67), 10 et 11). Les «hadith
charif» qui soulignent que la raison est une immense grâce
divine sont nombreux. Le prophète a dit : «En dehors de la
dévotion de Dieu, l'homme ne dispose, de rien de plus
important que la raison qui le guide vers le droit chemin et
l'éloigne de l'égarement» Il a également dit : «Dieu n'a
rien crée de plus noble que la raison».
On raconte qu'un
sage a vu un jour un jeune homme qui lui semblait très
intelligent et lui a demandé : «Jeune homme accepterais-tu
de posséder cent mille dinars et être stupide ?» Le jeune
homme a répondu : «certainement pas». Alors le sage lui a
demandé : «et pourquoi donc ?» il lui a répondu : «J'ai peur
qu'à cause de cette stupidité, on me dépouille de mon
argent, je perdrai alors l'argent, et je n'aurai plus que la
stupidité».
Cependant aussi
grande soit-elle, l'intelligence de l'homme, ne peut créer
les religions divines y compris les cultes et les pratiques
religieuses. En effet, ces religions ont été révélées par
Dieu à Ses prophètes pour qu'ils les transmettent à leurs
peuples et pour qu'ils les guident dans le sentier de Dieu,
les exhortant à faire ce que Dieu leur commande et à éviter
ce qu'Il a interdit pour leur propre salut.
Une lecture
attentive du Saint Coran montre que de nombreux versets
exposent des preuves rationnelles tangibles sur l'Unicité de
Dieu, sur la véracité du Jour du jugement dernier et
démontrent clairement que les prophètes ont accompli leur
mission en toute loyauté et que ce Coran est parole de Dieu.
Les preuves concernant l'Unicité de Dieu sont parfois
exposées de façon provocatrice comme dans le verset : «Voilà
la création de Dieu. «Faites moi donc voir ce qu'ont créé
ceux qui ne sont pas Lui !» Mais quoi ! les iniques sont
dans un égarement manifeste». (Sourate Loqman (31), 11).
Autrement dit, tout cet univers avec sa terre, ses cieux ses
montagnes et ses océans, ses êtres vivants, tout cela est
bien la création d'Allah tout Puissant. Montrez-Moi donc
vous, qui adorez les idoles, ce qu'elles ont créé. Ces
idoles ne servent à rien et ne peuvent rien, alors comment
votre intelligence vous a -t-elle permis de les adorez ? La
forme interrogative utilisée est une forme d'emphase
utilisée par Dieu pour chapitrer les impies et les blâmer.
La signification
de ce verset est donc : comment peut-on comparer celui qui
est capable de créer cet univers magnifique, et qui n'est
autre que Dieu, Gloire à lui , avec ces idoles futiles que
les dénégateurs adorent.
Aucune personne
douée de raison n'accepterait de mettre sur le même plan
Celui qui a créé l'univers et les créatures inefficaces. Les
deux versets suivants abondent dans le même sens : «Dis :
«Louange à Dieu ! Salut sur Ses élus d'entre Ses adorateurs
» Dieu ne vaut- il pas mieux que cela que vous Lui associez
?...» Lui qui créa les cieux et la terre, et fait pour vous
descendre une eau du ciel, dont nous faisons pousser des
vergers merveilleux, quand il n'était pas en votre pouvoir
d'y faire pousser les arbres…Avec Dieu peut-il y avoir un
Dieu ? Mais non ! C'est un peuple d'obliquité. Lui qui rend
stable la terre, la sillonne de rivière, la fixe par des
ancrages, interpose un seuil entre les deux mers, avec Dieu
peut il y avoir un Dieu ? Mais la plupart ne le savent…Lui
qui exauce quand on L'invoque dans la nécessité, dissipe le
mal, établit les hommes lieutenants sur la terre, avec Dieu
peut il y avoir un dieu ? Mais combien peu vous méditez !
Lui qui vous dirige dans les ténèbres du continent et la la
mer, envoie les vents s'épandre aux devants de Sa
miséricorde, avec Dieu peut-il y avoir un dieu ? Dieu si
Haut par-dessus tout ce que L'on Lui associe… Lui qui
instaure la création, puis la recommence, vous attribue des
biens du ciel et de la terre, avec Dieu peut -il y avoir un
Dieu ? Dis produisez vos arguments, si vous êtes véridiques
!» (Sourate An-naml (27), 59-64). En effet, quiconque médite
sur ces versets ne peut que proclamer, haut et fort, que
Dieu est Seul et Tout Puissant. Il est le Seigneur.
Les preuves
rationnelles de l'Unicité de Dieu sont parfois données à
travers des paraboles concrètes, comme c'est le cas dans le
verset suivant. Dieu a dit : «Dieu use de la semblance d'un
homme qui dépend d'associés exigeants et d'un autre, lige
d'un seul : sont-ils égaux en semblance ? Louange à Dieu !
Mais la plupart ne le savent pas» (Sourate Az-zumar (39),
29).
La signification
: Parlant de ceux qui adorent d'autres dieux que Lui, Dieu a
cité la parabole de l'homme qui a eu plusieurs maîtres ayant
en commun droit sur lui, ses maîtres se disputent l'un avec
l'autre à son sujet et lui donnent des ordres
contradictoires, et d'un homme qui appartient à un seul
maître ; il le sert avec loyauté et son maître le récompense
bien. A travers cette parabole, le verset montre
l'incertitude et l'hésitation de l'associant et la sérénité
et la stabilité du croyant.
Les preuves
rationnelles qui attestent de Son Unicité et de Sa Grandeur
résident des fois dans la présentation de toute cette
formidable création qui est l'univers, des cîmes jusqu'aux
profondeurs et qui est l'œuvre de Dieu et soumise à son
Commandement. Pour le confirmer, citons le verset suivant :
«S'il y avait aux cieux et sur la terre des dieux et non
Dieu Seul, quel ravage là-haut comme ici bas !» (Sourate
Al-Anbiyya (21), 22). S'il y avait dans le ciel et la terre
d'autres divinités, les deux connaîtraient certes un grand
désordre et perdraient cette harmonie si parfaite qui les
maintient. La multiplicité des dieux ne génère que discorde,
dysfonctionnement et corruption. S'il y avait un autre dieu
que lui dans le ciel et sur la terre, ils auraient déjà
péri. La gloire du maître du trône est au-dessus de ce
qu'ils lui attribuent. Un autre verset qui atteste de cette
vérité : «Dieu ne s'est pas donné de progéniture ; Il n'y a
pas avec Lui d'autre dieu. Sans quoi chaque dieu
accaparerait sa création, l'un cherchant à surpasser
l'autre. A la transcendance de Dieu ne plaise, en dépit de
leur affabulation!» (Sourate Al Muminûn (23), 91).
Par ailleurs,
les preuves rationnelles, apportées par le Coran, pour
attester la vérité du Jour de la résurrection où les gens
seront équitablement jugés pour leurs actes, sont
nombreuses. Ainsi Dieu a dit : «L'homme ne voit-il donc pas
que Nous l'avons créé d'un peu de liquide et voici qu'il
devient contestataire déclaré ! Il Nous applique une
semblance, il oublie d'avoir été crée, disant : «qui fera
vivre des os une fois désagrégés !» dis : «celui-là les fera
vivre qui une première fois les a mis au jour. Il est de
toute création Connaissant» c'est Lui qui pour vous loger du
feu dans des fragments de l'arbre vert, et voici que vous en
tirez la flamme quoi ! Celui qui a crée les cieux et la
terre ne serait plus capable d'en créer la pareille ? Mais
si : puisqu'Il est le Créateur Connaissant. Son ordre, quand
Il veut une chose, tient à ce qu'Il dise : «Sois» et elle
est. Gloire à la transcendance de Celui qui a dans Sa main
la souveraineté de toute chose : et c'est à Lui que de vous
il sera fait retour» (Sourate Yassin (36), 77-83). On
raconte pour expliquer la raison de la révélation de ces
versets qu'un inique est venu voir le prophète et avait dans
la main un vieil os qu'il effritait et dont il soufflait la
poussière sur le visage du prophète en disant :
«Prétends-tu, ô Mohamed, que lorsque je serais réduit en
poussière tel cet os, que votre dieu me ramènera à la vie» ;
le prophète lui a répondu : «Oui Dieu te fera mourir, te
ressuscitera et te fera subir Son châtiment».
L'homme ne
voit-il pas que Nous l'avons créé d'une goutte de sperme ?
et qu'il est en notre pouvoir de le ressusciter. S'il était
raisonnable il aurait compris cela. Cet homme arrogant nous
donne un exemple avec des ossements réduits en poussière
oubliant Que nous sommes le grand Créateur. C'est Lui qui,
de l'arbre vert, a fait pour vous du feu. Il suffit que l'un
de vous frotte de branches d'arbres verts pour disposer du
feu dont vous avez besoin au quotidien. Dieu capable de
faire du feu à partir d'un arbre vert, malgré son humidité,
est capable de ramener les morts à la vie.
Il s'agit là
d'un exemple par lequel le Coran atteste la vérité
irréfutable du Jour de la résurrection, Jour dont seul Dieu
possède la science.
On retrouve ces
preuves rationnelles rapportées par le Coran et qui
attestent la vérité du Jour du jugement dernier dans
d'autres sourates.
S'agissant de
preuves qui témoignent que les prophètes envoyés par Dieu
ont scrupuleusement accompli leur mission, elles sont très
nombreuses. On peut citer à titre d'exemple que chaque
prophète a réussi à convaincre son peuple de sa sincérité,
qu'il a été envoyé pour les mettre sur le droit chemin et
qu'il ne demande aucune rétribution pour sa mission. Ainsi,
la sourate «les poètes» fait le récit de nombreux prophètes
essayant de convaincre les leurs qu'ils n'ont été envoyés
par Dieu que pour leur salut et leur amendement. Dieu a dit
: «Ceux de Tamûd ont démenti les envoyés. Salih, leur frère
leur dit : «Pourquoi ne pas vous prémunir ? je suis pour
vous un sûr envoyé prémunissez-vous envers Dieu et
m'obéissez. Je ne vous demande pour autant nul salaire ; mon
salaire n'incombe qu'au Seigneur des univers. (Sourate
As-shuara (26), 141-145)
Chacun des
prophètes a dit à son peuple : N'adorez que Dieu seul.
Chacun d'eux l'a appelé à s'amender et chacun d'eux a usé de
l'argumentation fondée sur la raison et des miracles pour le
convaincre de la véracité de leur mission.
L'une des
preuves qui attestent que le Saint Coran est parole de Dieu
et non écrit par un humain, qu'il est, par conséquent, le
miracle de miracles attestant de la vérité de la mission du
Prophète Mohamed, est qu'il a défié les humains à produire
quelque chose d'équivalent mais ils n'ont pas pu. Il les a
défiés à produire ne serait ce que dix sourates semblables,
ils n'ont pas pu. Dieu a dit : «Au cas où vous douteriez de
ce que nous faisons descendre sur notre Serviteur, produisez
une sourate semblable à ceci ! Appelez vos témoins en dehors
de Dieu, pour autant que vous soyez véridiques, à défaut de
le faire, et point ne le ferez, prémunissez-vous contre ce
Feu qui a pour combustible aussi bien des humains que des
pierres, et qui est tout apprêté pour les dénégateurs
(Sourate Al Baqara (2), 23-24). La preuve que le Saint coran
est révélé par Dieu est donc établie. Fût-il la création de
quelqu'un d'autre que Dieu, il aurait été plein de
contradictions inadmissibles par la raison.
Telle est, votre
sainteté, la vraie croyance que Dieu a commandé à son
messager Mohamed (PSL) de diffuser. Elle consiste à croire
en l'Unicité de Dieu Omnipotent, à s'amender, à ne dire que
la vérité et ne faire que le bien, à faire preuve de
modération et à s'engager dans le droit chemin.
La raison est
l'essence de la mission. Seuls les raisonnables qui savent
distinguer entre le bien et le mal, peuvent être chargés
d'une pareille mission.
Mais dans la loi
islamique, la raison a ses limites quand il s'agit des voies
impénétrables que seul Dieu est capable de percevoir. Dieu a
dit «Connaisseur du mystère, Il ne laisse dès lors
surplomber Son mystère par personne sauf par celui qu'Il
agrée parmi Ses envoyés, et encore plisse-t-il devant et
derrière lui des guetteurs pour savoir s'ils ont bien
communiqué les messages de leur Seigneur, car Il embrasse
tout ce qui est en eux, dresse le compte de toute chose».
(Sourate Al Jin (72), 26-28). Que Dieu nous guide vers le
droit chemin.
-V-
Je souhaiterais
préciser à Vote Sainteté, la place du dialogue dans la
charia islamique, après vous avoir entendu réaffirmer lors
d'une conférence que vous avez donnée dans une université
allemande, l'importance du dialogue entre les religions,
«Dans ce grand Logos, dans cette amplitude de la raison».
Votre Sainteté avait conclu : «Nous invitons nos
interlocuteurs au dialogue des civilisations». Et d'ajouter
: «Force donc est d'aboutir à un dialogue franc avec les
différentes cultures. Et c'est là où réside la grande
mission de l'université.».
Je suis, pour ma
part, tout à fait d'accord avec votre Sainteté quand vous
affirmez la nécessité de procéder à un dialogue franc et
le plus large possible, entre les différentes cultures, les
différentes civilisations et institutions scientifiques et
théologiques.
Mes propos, que
je souhaite partager avec Votre Sainteté à ce sujet, dans ce
cinquième et dernier chapitre, vont s'articuler
exclusivement autour des points suivants :
a) l'importance
du dialogue.
b) les
fondements du dialogue.
c) le
vocabulaire du dialogue.
a) Le dialogue
est très important, car tant qu'il y a des êtres vivants sur
terre, le dialogue s'avèrera nécessaire. Nul ne peut vivre
isolé. Nous avons tous besoin de l'autre pour échanger nos
biens, nos idées et nos opinions. Parmi les fondements
essentiels de la vie, on trouve le dialogue, la controverse
et la différence des points de vue entre les êtres, les
nations et les peuples ; ainsi qu'entre les spécialistes en
matière de religion, de politique, d'économie et de science.
Le Coran a,
maintes fois, fait référence à la place importante qu'occupe
le dialogue dans la vie des gens. A titre d'illustration,
citons le verset suivant : «Humains nous vous avons crées
d'un mâle et d'une femelle ; si Nous avons fait de vous des
peuples et des tribus c'est en vue de votre connaissance
mutuelle. Le plus digne au regard de Dieu, c'est celui qui
se prémunie davantage. Dieu et Connaissant, Informé»
(Sourate Al Hujarât (49), 13).
Signification :
Nous vous avons créés les êtres humains d'un même père Adam
et d'une même mère Eve, vous descendez tous de la même
origine, et Nous avons fait de vous, grâce à la
reproduction, de nombreuses nations et tribus qui se sont
ramifiées. Dans Notre sagesse, Nous avons voulu que vous
vous entreconnaissiez, que vous communiquiez entre vous et
que vous vous entraidiez. Sachez que Dieu est l'Omniscient à
Qui rien n'échappe. Il connaît toutes vos paroles, tous vos
actes et même vos intentions. L'islam a en effet accordé
une place de choix au dialogue et aux débats d'idées. C'est
là un style éloquent utilisé par le Saint Coran pour
convaincre et persuader que cet univers a un Créateur
Omniscient et Omnipotent : «La création et le commandement
n'appartiennent qu'à lui. Toute gloire à Dieu, Seigneur de
l'Univers». Les occurrences de l'entré (qawl» et ses dérivés
tels qala, qul… signifiant le dialogue, le débat et
l'échange entre les gens, sont nombreuses dans le Coran.
Ceci constitue, s'il en faut, une preuve supplémentaire, de
l'importance du dialogue. Dieu a dit : «N'as-tu pas vu celui
qui tirait argument contre Abraham, à propos de son
Seigneur, de ce que Dieu lui eut donné la royauté ? Lors
Abraham dit : «Mon Seigneur est Celui qui fait vivre et
mourir. C'est moi dit l'autre, qui fait vivre et mourir.
Abraham dit : «Dieu amène le Soleil de l'Orient. Amène- le
donc de l'Occident !» Confondu fut le dénégateur, Dieu ne
guide pas le peuple des iniques» (Sourate Al Baqara, (2),
258)
Le mot (qul) est
cité dans le Coran dans cinq cent occurrences. Dieu dit :
«Dis : que peut-il y avoir de plus auguste comme témoignage
?» dis : «Dieu témoigne entre vous et moi que ce Coran m'est
révélé pour que je vous donne l'alarme, à vous et à
quiconque atteindra son message. et vous, allez vous
témoigner qu'il est avec Dieu d'autres dieux ?» Dis : «je me
refuse un tel témoignage !» Dis : de Dieu unique, il n'est
que Lui. Je me proclame innocent de ce que vous Lui
associez.» (Sourate Al ana'âm (6), 19)
Les occurrences
du mot (qalu) sont au nombre de trois cents. Parmi les
passages où ce mot a été utilisé, la parole de Dieu : «Ils
disent dieux s'est donné un enfant». A sa transcendance ne
plaise ! Bien plutôt disons qu'Il possède tout ce qui est
aux cieux et sur la terre, et que tout lui rend dévotion.
Créateur intégral des cieux et de la terre, dès qu'Il
décrète une chose, Il n'a qu'à dire : «sois» et elle est.»
(Sourate Al Baqara (2), 116-117)
En conclusion,
on peut dire que le dialogue est aussi nécessaire aux gens
que la nourriture et la boisson.
b) Les
fondements du dialogue : Parmi ces fondements on peut
mentionner :
1. La sincérité
: Le Coran a rapporté de nombreux dialogues entres les
prophètes et leurs peuples. Tous ces dialogues, pour peu que
l'on prenne la peine de les étudier, montrent que ces
prophètes ont toujours étaient sincères dans tout ce qu'ils
ont dit. Le dialogue entre Moïse et son peuple en témoigne :
Le Pharaon a dit à Moïse : «Qui donc est votre Seigneur, ô
Moïse ?». Moïse a répondu : «Notre Seigneur est celui qui
donne à toute chose sa nature, et encore une guidance»
(Sourate Taha (20), 50). La réponse de Moïse est donc que
notre Dieu à tous est Allah qui a donné à toute créature une
forme et une nature appropriée, ainsi que toutes les
facultés nécessaires à l'accomplissement de la fonction pour
laquelle elle a été créée. Cette réponse de Moïse est la
vérité même.
Puis Pharaon a
posé une autre question : «Qu'en est-il donc des générations
premières ?», Moïse dit : «Science d'elles ne réside qu'en
mon Seigneur, sur un Livre. Mon Seigneur ne s'égare ni
n'oublie» Moïse a donc répondu que le sort des générations
anciennes est auprès du Seigneur. Moïse a donc répondu que
le sort des générations anciennes est auprès du Seigneur.
«La connaissance de leur sort est auprès de mon Seigneur,
dans un livre. Mon Seigneur ne commet ni erreur ni oubli»
C'est également une réponse qui témoigne de la sincérité et
de la sagesse de Moïse. Les prophètes ont toujours répondu à
ceux qui les interrogent avec sincérité et en leur indiquant
le droit chemin.
2. L'objectivité
: Par objectivité nous entendons le fait de s'en tenir au
sujet de la controverse ou du conflit. Car on a tendance, de
plus en plus, lorsqu'on dialogue, de brouiller les cartes.
Une lecture
attentive du Coran montre que jamais les prophètes dans les
différents dialogues qu'ils ont eus avec les leurs ne sont
sortis du sujet. A ce propos, l'histoire de Noé racontée
dans le Coran est édifiante. Lorsqu'il a appelé son peuple
à croire en l'unicité de Dieu le Seul et Unique, ils ont
répondu avec beaucoup de sarcasme et de dérision : «Nous
voyons bien que tu es dans l'égarement» et «Ô mon peuple,
dit-il, il n'y a point en moi d'égarement. Tout au
contraire, je suis un envoyé du Seigneur des univers»
(Sourate AL Aaraf (7), 60- 62)
Il en va de même
pour le peuple de Hûd. Lorsqu'il les appela à croire en
l'Unicité de Dieu et d'abandonner l'adoration des idoles,
son peuple lui dit : « Nous te voyons en plein absurdité.
Nous sommes convaincus que tu es un imposteur» Il leur
répondit : «ô mon peuple, il n'y a point d'absurdité en moi.
Tout au contraire, je suis un envoyé du Seigneur des
univers, venu vous communiquer des messages de mon Seigneur,
et je suis pour vous un sûr conseiller»
Les prophètes en
en essayant de convaincre par le dialogue leurs peuples, les
appellent au droit chemin en utilisant les styles les plus
éloquents et en s'en tenant, avec rigueur, au sujet de
discussion. Ils font preuve d'objectivité quand des
différends apparaissent. Et c'est cette objectivité qui est
le fondement même du dialogue.
3) La recherche
de la vérité doit représenter la finalité du dialogue et non
pas la vantardise et le besoin de notoriété. Tout dialogue
ne doit viser qu'à trouver la vérité, même si c'est l'autre
partie qui nous y amène. C'est d'ailleurs ce qui émerge des
différences entre les Compagnons du prophète dans leurs
débats autour de plusieurs questions. A titre d'exemple, on
peut citer le débat qu'il y a eu entre Aboubakr et Omar
autour de la question de la compilation du Coran suite à la
mort du prophète. Aboubakr s'y opposait au début, mais Omar
a su le convaincre et il a fini par accepter. L'inverse fut
également vrai. En effet durant le combat contre les
apostats qui refusaient de verser la Zakat, et disaient
«Nous ferons la prière mais pas le zakat», Aboubakr
insistait pour les combattre, alors que Omar s'y opposait au
début. Mais lorsqu'il fut convaincu que Aboubakr avait
raison il s'est rallié à son opinion. Ainsi, comme
l'explique si bien Imam Al Ghazali, ce qui importe tellement
c'est d'arriver à la vérité.
On raconte, dans
ce même ordre d'idée, que Omar voulait fixer, dans l'une de
ses prêches, le taux de la dote, alors une femme lui a dit :
comment est-ce possible alors que Dieu dit : «Si vous voulez
substituer une épouse à une autre, eussiez-vous donné à
l'une d'elles un quintal d'or, n'en récupérez pas une
miette.» (Sourate An-nissa (4), 20). Omar reconnaissant
qu'il avait eu tort et que la femme avait raison était
revenu sur sa décision. Imam Chafii disait également : «je
n'ai jamais débattu d'un sujet avec quelqu'un que dans
l'espoir que Dieu allait faire apparaître la vérité, et peu
importe si c'est l'autre ou moi qui la prononçons»
4) La modestie :
Il s'agit d'une vertu obligatoire pour la réussite d'un
dialogue, alors même que l'arrogance et la vanité conduisent
le dialogue à l'impasse.
Le Coran fait
référence à de nombreux dialogues qui ont abouti parce que
fondés sur la modestie. On peut mentionner le merveilleux
dialogue entre Sulaiman et la huppe. Sulaiman procédait à la
revue de ses troupes et ne voyant pas la huppe, il dit,
après avoir cherché parmi les oiseaux : «comment ne vois-je
pas la huppe ? Serait-elle parmi les manquants ? Que je lui
inflige une punition sévère ! ou même l'égorge, à moins
qu'elle ne me présente une justification explicite».
(Sourate An-naml (27), 20-21) La huppe après une absence qui
n'a duré qu'un petit moment, était revenue et a
courageusement dit à Sulaiman : «J'ai embrassé de mon savoir
ce que tu ne sais pas. Je t'arrive de Saba avec une
information de certitude. J'ai trouvé qu'une femme est leur
reine : elle est comblée de tout, possède un trône
magnifique» (Sourate An-naml (27), 22). Ainsi, dans une
nation où règne la justice et la foi, un soldat, aussi petit
soit-il dans la hiérarchie, peut répondre à un supérieur et
se défendre en toute liberté. Le supérieur, pour sa part,
accepte la réponse en toute modestie et permet à ses
subordonnés d'exposer leurs arguments, qu'il pourra vérifier
par la suite
Un dialogue,
lorsqu'il est fondé sur la modestie et le respect mutuel,
aboutit à un succès, alors qu'il est voué à l'échec s'il est
empreint de vanité et d'arrogance. D'ailleurs, les personnes
raisonnables évitent le dialogue avec les vaniteux, car
elles connaissent pertinemment l'issue néfaste de ce genre
de dialogue. Elles préfèrent s'en remettre à Dieu ignorant
ces vaniteux, qui tout en soutenant le faux, proclament haut
et fort qu'ils ont raison.
c) Il s'agit là
des fondements du dialogue et de ses règles et nous avons
déjà eu l'occasion d'en parler en détail dans notre ouvrage
intitulé «Ethique du dialogue dans l'Islam»(3).
Le lexique du
dialogue. Le champ lexical relatif au dialogue dans l'Islam
est très étendu et riche. Les unités lexicales qui le
constituent couvrent différents aspects associés à cette
question.
Parmi ces
aspects et modèles que l'on retrouve dans le Coran :
1. Dialogue
entre Dieu et certaines de Ses créatures. Il s'agit des
histoires auxquelles le Saint coran fait référence et qui
concernent des interpellations que Dieu a adressées à ses
sujets sur des questions dont Il est Seul, gloire à lui,
connaisseur. C'est le cas lorsque Dieu interroge, le Jour de
la résurrection, ses prophètes, Lui l'Omniscient à Qui rien
n'échappe : «Quelle était la réponse de vos peuples quand
vous les appelez à croire en Mon Unicité ?» Dieu a dit : «Au
jour où Dieu rassemble les envoyés et dit : «Quelle réponse
avez-vous reçue ? Nous n'en avons aucune science,
disent-ils, c'est Toi le Connaisseur des mystères» (Sourate
Al Mâida (5), 109)
Signification :
Rappelle-toi le jour où Dieu rassemble tous les messagers,
et qu'Il demandera : «Que vous a-t-on donné comme réponse ?»
Ils diront : «Nous n'avons aucun savoir : c'est Toi,
vraiment, le grand connaisseur de tous les mystères Toi a
qui rien n'échappe».
On peut
également rappeler les paroles de Dieu dans un dialogue avec
Son prophète Jésus : «Alors Dieu dit : «Jésus fils de Marie,
est-il vrai que tu aies dit aux hommes : «Tenez-nous, ma
mère et moi pour deux dieux en place de Dieu»? A Ta
transcendance ne plaise ! dit Jésus, il n'est pas en mon
pouvoir de m'arroger ce qui n'est point à moi en vérité. Si
je l'avais dit, Tu l'aurais su, puisque Tu connais ce qui
est en moi, quand moi j'ignore ce qui est en Toi : n'es-Tu
pas le Connaisseurs des mystères ? Je ne leur ai dit que ce
que Tu m'as commandé : «Adorez Dieu mon Seigneur et Le
vôtre». J'étais leur témoin tant que je fus parmi eux. Et
quand tu m'eus recouvré, c'est Toi qui fus leur Surveillant,
puisque c'est Toi qui de toute chose et témoin». (Sourate Al
Mâida (5), 116-117)
Il s'agit dans
ce verset de blâmer les impies parmi le peuple de Jésus et
de réfuter tout ce qui a été attribué à Jésus ainsi qu'à sa
mère, et ce le Jour de la résurrection. Jésus va nier cette
allégation. Le recours à la négation comme réponse à cette
question directe est plus éloquent qu'un simple désaveu.
Ainsi, soulignant l'omniscience et chantant Sa gloire, Jésus
a répondu qu'il ne lui appartient pas de déclarer ce qu'il
n'a pas le droit de dire ! S'il l'avait dit, Dieu l'aurait
certes su, et a ajouté : Je ne leur ai dit que ce Tu m'avais
commandé, à savoir : Adorez Dieu, mon Seigneur et votre
Seigneur. Et je fus témoin contre eux aussi longtemps que je
fus parmi eux. Puis, quand Tu m'as rappelé, c'est Toi qui
fus leur observateur attentif. Puis Jésus s'en est remis à
Dieu. Dieu a dit : « Dieu dit : «Si Tu les châties, ne
sont-ils pas Tes esclaves ? Si Tu leur pardonnes, n'es-Tu
pas le Tout-Puissant, le Sage» et de conclure : «Voilà un
jour où l'esprit de vérité aura servi les êtres de vérité»
(Sourate Al Maida (5), 118-119).
Médite avec moi,
honorable lecteur ces versets coraniques, encore et encore,
et dis moi s'il y a un dialogue plus noble ou plus sublime
que ce dialogue entre Jésus et son Dieu ?
Les de dialogues
qui exaltent la foi des croyants sont nombreux dans le
Coran. En témoigne, ce dialogue que Noé a eu avec son
Créateur lorsque son fils a péri dans le déluge et qu'il
s'est adressé en toute humilité à son Dieu : «Seigneur, dit
il, mon fils est de ma race, Ta promesse n'en est pas moins
le Vrai: Tu es le Juge entre tous à rendre justice».
(Sourate Hûd (11) 45). Autrement dit, certes mon fils est de
ma famille et Ta promesse est vérité. J'implore Ta
miséricorde. Noé dans sa grande sagesse et son humilité face
à son créateur, s'était contenté de dire “mon fils est de ma
famille» sans préciser l'objet de sa prière, à savoir le
salut de son fils. Ceci prouve, si besoin est, la noblesse
de l'attitude des prophètes face à Dieu, et le discours
respectueux dont ils usent quand ils s'adressent à Lui.
On peut
également nous référer à un dialogue qui s'était déroulé
entre Abraham et son Créateur. Ainsi Abraham a dit : «Mon
Seigneur fais moi voir comment Tu ressuscites les morts».
Dieu lui répond : «tu ne croirais plus ?» autrement dit «ne
crois-tu pas encore». A quoi Abraham répondit : «Mais si !
Ce n'est que pour tranquilliser mon cœur». La réponse
d'Abraham fut donc que, certes, il croyait mais voulait
juste que son cœur soit rassuré. Dieu lui a alors dit:
«Prends quatre oiseaux, serre-les contre toi», Dieu lui a
donc demandé de prendre quatre oiseaux de les égorger et de
les couper en morceaux puis de disperser les morceaux sur
des collines différentes : «Puis places-en un tronçon sur
chaque colline», Il lui a ensuite demandé de les rappeler :
«et puis appelle-les. Ils te viendront à tire d'aile ; sache
que Dieu est puissant et Sage» (Sourate Al Baqara (II), 260)
La morale de ce
dialogue : Donner une preuve irréfutable de la
Toute-Puissance de Dieu et son Unicité et en même temps
montrer que Dieu répond aux interrogations des bons pour
consolider leur foi, et qu'Il est ouvert à tout
questionnement. Plus encore, Dieu a ouvert la voie du
dialogue avec Satan lui-même. Les versets qui en témoignent
sont nombreux. Ainsi Dieu a Dit : «Nous vous avons créés, et
de plus façonnés. Et pour comble, Nous dîmes aux anges :
«Prosternez-vous devant Adam». Ils le firent, à l'exception
d'Iblis, qui n'était pas des prosternants. Dieu lui dit :
«Qu'est ce qui t'empêche de te prosterner, quand Je te l'ai
enjoint ? - «Je vaux mieux qu'Adam, dit il, Tu m'as créé de
feu, lui d'argile». Dieu a dit : «Alors, descends d'ici : tu
n'es pas en mesure d'y faire l'orgueilleux. Sors abject
sois-tu entre tous !» Satan dit : «Ajourne-moi au Jour de
leur résurrection» Dieu dit: «Ajourné sois- tu» il dit : «De
ce même égarement dont Tu m'as affligé, je veux hanter pour
eux Ta voie de rectitude, que dis-je fondre sur eux de
devant, de derrière, de droite et de gauche : Tu n'en
trouveras pas beaucoup pour T'être reconnaissants» Dieu dit
: «Sors d'ici dans la déchéance et l'exil. Quiconque parmi
eux te suivra, que de vous tous ensemble J'emplisse la
Géhenne !» (Sourate Al Aaraf (7), 11-18). Dans ce verset, le
mot «qala» (a dit) a été répété six fois : trois fois c'est
Dieu qui dit et les trois autres c'est Satan (Iblis).
Tous ces
dialogues que nous avons mentionnés, témoignent que Dieu
ouvre la voie du dialogue et de la discussion avec ses
sujets pour consolider leur foi, et les amener à en tirer
des leçons pour leur bien-être et leur salut éternel.
2. Parmi les
dialogues mentionnés par le Coran, plusieurs versets
coraniques font état de dialogue entre les prophètes et
leurs peuples. Il y a ceux qui ont été raconté par les
prophètes en général et ceux qui ont été racontés par
chaque prophète.
Parmi les
versets qui attestent des dialogues entre les prophètes en
général et les leurs, le verset suivant : Dieu a dit : «Nous
vous est-elle pas arrivée, l'histoire des devanciers, les
peuples de Noé, de 'Ad, de Tamud, et de ceux qui vinrent
après eux et que connaît Dieu seul ? Leurs envoyés leurs
sont venus avec des preuves, mais eux de porter leurs mains
à leur bouche, en disant : Nous dénions ce pour quoi vous
fûtes envoyés. Nous restons, sur ce à quoi vous nous
conviez, dans un doute sceptique. Leurs envoyés dirent :
«Peut- il y avoir un doute sur Dieu, en tant qu'Il a créé de
rien les cieux et la terre, et vous convie au pardon de tels
de vos péchés, et vous ajourne à temps fixe» ?» Ils dirent :
«Vous n'êtes que des hommes comme nous, vous voulez faire
obstacle à ce qu'adoraient nos pères. Produisez-nous
justification explicite» Leurs envoyés leur dirent : «Bien
sûr nous ne sommes que des humains comme vous. Mais Dieu
comble quiconque Il veut d'entre ses adorateurs. Nous
n'avons pas à vous produire de justification, si ce n'est
sur licence de Dieu. A Dieu s'en remettent assurément les
croyants. Il n'est pas en notre pouvoir de ne point nous en
remettre à Dieu, puisque c'est Lui qui nous guide sur nos
chemins. Puissions-nous prendre en patience le mal que vous
allez nous affliger. Qu'à Dieu s'en remettent tous ceux qui
ne peuvent que s'en remettre à Lui» (Sourate Ibrahim (14),
9-12)
C'est un bel
exemple de dialogue entre les prophètes et leurs peuples en
général. Ils soulignent la noble mission de ces messagers de
Dieu qui consiste à les conduire dans la voie de Dieu, avec
sagesse et raison et l'attitude déplorables de leurs
peuples.
S'agissant des
dialogues entre chaque prophète et son peuple, là encore les
versets sont nombreux, et nous nous contenterons de
mentionner celui entre Chuayb et son peuple lorsque les gens
d'Al-Aïka traitèrent de menteurs les Messagers. Dieu a dit
: «Ceux de la brousse ont démenti les envoyés» (Al Aïka est
une région où il y a beaucoup d'arbres) Il a églement dit :
«Shu'ayb leur dit : «Pourquoi ne pas vous prémunir ? Je suis
pour vous un sûr envoyé, Prémunissez vous envers Dieu et
m'obéissez, je ne vous demande pour cela nul salaire : mon
salaire n'incombe qu'au Seigneur des univers.. Faites juste
mesure, ne soyez pas fraudeur invétérés, pesez sur la droite
balance ne lésez pas les gens dans leurs intérêts, ne faites
pas dégât sur la terre par l'exaction. Prémunissez vous
envers celui qui vous a créé de la pâte même des anciens».
C'est avec ces conseils et dans ce style si éloquent et si
poignant que Chuayb s'es adressé aux siens. Mais ils furent
condescendants et humiliants : Ils dirent : «Tu es
fameusement ensorcelé, tu n'es qu'un humain comme nous sauf
que nous te tenons pour un menteur fieffé. Fais donc tomber
sur nous un pan du ciel, si tu es véridique». Il dit : «Mon
Seigneur connaît mieux que personne vos agissements». Eux
donc le démentirent, les saisit le châtiment du jour de
l'ombre, ce fut le châtiment d'un jour terrible. En quoi
réside un signe : la plupart ne croit pas pour autant. Ton
seigneur n'en est pas moins le Tout-Puissant, le
Miséricordieux».(Sourate Achu'ara (26), 176-191)
Outre ces
dialogues, le Coran fait référence à plusieurs autres types
de dialogue avec les dénégateurs, avec les impies et avec
les gens du Livre. Tous ces dialogues, sans exception,
visent de ramener les gens sur le droit chemin.
A travers cet
article J'ai voulu montrer, à Votre Sainteté, que le
dialogue que vous appelez de vos vœux, l'Islam l'a exigé
bien avant, et de façon encore plus complète, plus
pertinente et plus juste. En effet, le dialogue en Islam est
fondé sur le principe que les humains appartiennent, tous,
à une seule et même origine et que la différence des
croyances ne doit en rien les empêcher de s'entraider.
L'Islam, dans le sens de vouer l'adoration à Dieu Seul et
d'être sincère dans cette adoration, est la religion de tous
les prophètes. Ils ont tous apporté le même message : croire
en l'Unicité de Dieu et s'amender.
Permettez-moi,
Votre Sainteté, de vous rappeler, vous qui ne cessez
d'appeler au dialogue, que je vous ai adressé depuis
quelques mois, par le biais de votre ambassadeur au Caire,
suite aux caricatures qui ont porté atteinte au prophète (PSL),
une lettre dans laquelle je vous exprimais mon désir de
débattre avec vous de ces sujets qui touchent à la dignité
des prophètes. Je n'ai reçu de Votre part aucune réponse.
Est-ce là une des règles déontologiques du dialogue que vous
appelez de vos voeux ? J'espère que nos paroles, nous hommes
de religion, soient à la mesure de nos actes. Que Dieu nous
assiste tous et nous guide vers le droit chemin.
(*) Cheikh d'Al
Azhar Al Charif, le Caire, République arabe d'Egypte.
(1) Le 12
novembre 2006.
(2) Paru en
langue anglaise en 1936 à Lahore.
(3) La première
édition fut publiée en 1997, Dar Nahdat Misr, le Caire.
|