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Connaissance
des pays islamiques
La République
Algérienne Démocratique et Populaire
Premièrement : Carte d’identité
- Appellation officielle : République Algérienne
Démocratique et Populaire
- Superficie : 2 381 741 Km2 (rang : 2ème au niveau de
l’Afrique et 11ème à l’échelle mondiale).
- Nature du régime politique : républicain.
- Capitale : Alger.
- Villes principales : au nord : Oran, Constantine, Annaba.
au sud : Ghardaïa, Adrar, Tamanrasset
- Président de la république : Abdelaziz BOUTEFLIKA.
- Chef du gouvernement : Abdelaziz Belkhadem
- Age légal de vote : 18 ans.
- Langues nationales : l’arabe, tamazight.
- Langue officielle : l’arabe.
- La monnaie nationale : le dinar algérien (100 centimes).
- Fêtes religieuses : le 1er moharam - Achoura - naissance
du saint prophète - Aïd Al Fitr - Aïd Al Adha (fête du
sacrifice).
- Fêtes officielles : fête du nouvel an - 1er mai (fête du
travail) - 1er novembre (fête de la révolution) -
5 juillet (fête de l’indépendance).
- Temps : Greenwich + 1 heure
- Population : 32 814.160 (recensement de 2003), 34ème rang
mondial.
- Densité de la population : 13 habitants au Km2 (2003).
- Taux de croissance annuel : 1,53 % (2003)
- Espérance de vie : 74 ans (2004).
- Taux de la population urbaine : 58,3 %, taux de la
population rurale : 41,7 %.
- Produit Intérieur Brut par habitant : 2093 dollars (2003).
- Excédent de la balance commerciale : 8,9 milliards de
dollars (2003), soit 13,7 % du PIB.
- Taux d’inflation : 2,2 % (2004).
- Volume de la dette : 21,4 milliards de dollars (2004).
- Service de la dette : 12,6 % des exportations (2004).
- Le plus haut sommet : le mont Tahat à Hakkar, soit 2918
mètres.
- La zone la plus basse : Chott Mliligh (40 mètres)
- La plus longue rivière : Oued Chélif (700 kilomètres).
Deuxièmement : Volet géographique
A) Situation :
1. Situation géographique : l’Algérie se situe au
coeur du monde et occupe une grande partie de l’Afrique du
nord. Elle est le deuxième pays africain au niveau de la
superficie et occupe le 11ème rang mondial.
L’Algérie est bordée du côté nord par le bassin ouest de la
Méditerranée, sur une longueur de 1200 kilomètres (745,65
miles).
Elle se situe au milieu des pays du Grand Maghreb et ceux du
Sahel avec des frontières globales atteignant 6343
kilomètres (3941,36 miles). Elle est limitée à l’est par la
République Tunisienne (965 kilomètres) et la Jamahiriya
libyenne (982 kilomètres), à l’ouest par le Royaume du Maroc
(1559 kilomètres), au sud-est par la République du Niger
(956 kilomètres) et au sud-ouest par la République du Mali
(1376 kilomètres), ainsi que par la République de Mauritanie
(463 kilomètres).
2. Position géographique
L’Algérie est située entre 9° ouest et 12° est de longitude
et 18° et 38° nord de latitude. D’où la superficie énorme
qu’occupe l’Algérie, puisque elle s’étend du nord au sud et
de l’ouest à l’est sur une superficie approximative allant
de 1500 à 2000 kilomètres.
3. Importance de la position de l’Algérie
L’Algérie se distingue par une position stratégique
importante dans le monde. En effet, elle est située au
milieu de trois continents (Afrique - Asie - Europe), et est
bordée par une mer vaste, à savoir la méditerranée qui
débouche sur trois principaux océans (océan Atlantique -
océan Indien - océan Pacifique). Carrefour des anciennes
civilisations, l’Algérie est aussi le portail de l’Afrique
par rapport à l’Europe, et actuellement elle focalise
l’attention des pays avancés, grâce à son aspect
géographique diversifié et ses innombrables ressources
naturelles.
4. Le relief en Algérie
Le relief en Algérie se distingue par sa richesse et sa
grande diversité. Du nord au sud, on note la présence de
chaînes de montagne de formation récente et d’autres plus
vieilles, de plaines, de bas bassins, de larges plateaux, un
desert rocheux et pierreux et des dunes mouvantes.
On peut diviser l’Algérie, en ce qui concerne le relief, en
deux régions distinctes, à savoir : l’Algérie du nord,
caractérisée par sa structure sinueuse de formation récente
et l’Algérie du sud, déserte et ayant une structure
ancienne.
4.1 Région du nord : qui représente 16 % de la superficie
globale (381741 Km2), son relief se présente sous forme de :
- Plaines littorales : étroites, discontinues, basses et
fertiles, comme les plaines de Mtija, d’Oran et d’Annaba.
- Plaines intérieures : discontinues, plus larges et plus
élevées, leur altitude variant entre 500 et 700 mètres,
telles les plaines de Tlemcen, de Sidi Bel Abbas, de Tiaret,
de Stif et de Constantine .
- Hauts plateaux (hautes plaines ou steppes) : S’étendent
sur l’Atlas tellien et l’Atlas Saharien, leur altitude est
comprise entre 700 et 1000 mètres. Ils sont larges à l’ouest
et étroits à l’est. Ils se caractérisent aussi par la
présence de lacs salins et peu profonds, connus sous le nom
de Chott, dont les plus importants sont le Chott Al Hodna,
le Chott est et le Chott ouest.
- La chaîne de montagnes (l’Atlas tellien) : Baignée
directement par la méditerranée elle se caractérise par ses
hauts sommets, et s’étend de l’ouest à l’est, sa largeur du
nord au sud variant entre 70 et 150 kilomètres. L’altitude
moyenne y est de 1820 mètres. Ses Montagnes les plus
importantes sont l’Atlas Blidi, les monts de Bibane, les
monts d’Ounchrisse, les monts de Jirjra où se trouve le
point culminant (lalla Khadija), soit 2308 mètres.
- La chaîne de montagnes (l’Atlas Saharien) : elle s’étend
au sud des hauts plateaux, sur une superficie de 700
kilomètres. Parmi ses montagnes les plus importantes, on
citera Ammour, Ouled Naïl et Aurès où se trouve le plus haut
sommet (Chelya), culminant à 2328 mètres.
4-2. Région du sud (saharienne) : elle représente 84 % de la
superficie de l’Algérie (2 000 000 Km2). Il s’agit d’un
plateau excessivement large, plat et peu élevé, excepté le
haut massif Hagar, où on peut distinguer 4 zones
différentes.
- Le bassin nord-est : Il s’agit d’une région basse dont
l’altitude est inférieure à 200 mètres, sillonnée par
quelques Chotts, comme le Chott Melghigh situé à 35 mètres
au-dessus du niveau de la mer. Ce bassin se caractérise
aussi par la présence d’une nappe phréatique très proche de
la surface. Il comprend, par ailleurs, un certain nombre
d’oasis tels Biskra, Ourgla, El Ouadi et Hassi-Messaoud.
- La région du plateau rocheux (Hammada) : au nord et au
centre, comme le plateau de Tadmaït au nord de Aïn Salah,
dont l’altitude est estimée à 762 mètres.
- Les plaines subsidentes : elles occupent la plus grande
partie du Sahara et sont couvertes de sables appelés ergs,
dont notamment : le grand erg est, le grand erg ouest, erg
Chech.
- Les hauts massifs à l’angle sud-est : formés des montagnes
Tassili et Hagar où se trouve le plus haut sommet en Algérie
(le mont Tahat), soit 2918 mètres.
Les formations qui couvrent la surface du Sahara diffèrent
d’un endroit à l’autre. Elles sont de trois sortes : Hammada,
Erg, Reg (régions larges, plates et pierreuses).
B) Le climat :
L’Algérie comporte deux régions climatiques distinctes,
l’une modérée et humide au nord, et l’autre chaude et sèche
au sud, séparées par un climat semi aride. Le volume des
précipitations diminue de l’est à l’ouest et du nord au sud.
1. le climat humide de la méditerranée : il prévaut dans la
région tellienne et se caractérise par une saison estivale
chaude et sèche et un hiver modéré et pluvieux. La quantité
des précipitations varie entre 400 et 1000 mm, et atteint
dans les massifs de l’est plus de 1000 mm.
2. le climat semi aride de la méditerranée : qui prévaut
dans les hauts plateaux et l’Atlas Saharien. Il se
caractérise par la chaleur et la sécheresse en été et par le
froid et des précipitations limitées en hiver. La quantité
des précipitations varie entre 200 et 400 mm par an.
3. le climat saharien : il prévaut au sud et se caractérise
par une température élevée et la sécheresse tout au long de
l’année, ainsi que par la rareté des précipitations. La
pluviométrie est inférieure à 50 mm, tandis qu’elle atteint
100 mm dans les montagnes.
C) Les cours d’eaux :
Les cours d’eau en Algérie sont courts, peu profonds et très
sinueux. Ils puisent leur matière dans les sources
naturelles. Leur profusion ou leur rareté dépend de la
régularité des précipitations.
En général, les cours d’eau tarissent en été, et ne reste
que très peu d’eau dans la plupart d’entre eux. Par contre,
en hiver ils sont souvent torrentiels. Suivant leur
embouchure, l’on peut les classer comme suit :
1. Oueds du nord (oueds de la région tellienne) : leur
source, dans leur majorité, est située en Atlas tellien se
jettent dans la mer. Les plus importants sont : Oued Tafna -
Sbek - Chélif - Yassr - Soummam - Oued Lakbir - Sibouss.
2. Oueds intérieurs (Oueds des hauts plateaux) : leur
source, dans leur majorité, est située dans l’Atlas tellien
et saharien et leur embouchure dans les Chotts. Les plus
importants sont : Oued Jdi - Oued Al Arab - Oued El Kasab.
3. Oueds sahariens : ils puisent leurs eaux dans les monts
de Hagar ou dans l’Atlas saharienn, et s’éparpillent dans
les sables. Citons-en notamment Oued Aghrghar, Oued Saoura
et Oued Tamanrasset.
D) La flore :
L’importance et la diversité de la flore sont tributaires
des pluies ainsi que de l’altitude. En effet, les forêts de
pin maritime et de pin d’Alep ainsi que les arbres de chêne
et de liège abondent sur le littoral. Quant aux montagnes,
on y trouve à foison des forêts de hêtre et de chêne vert,
tandis que celles dont l’altitude dépasse les 1300 mètres
abondent en forêts de cèdre.
Pour ce qui est des hauts plateaux, on y trouve les plantes
d’alfa. Au Sahara, les palmiers et certaines plantes
sétacées jalonnent les oasis.
Troisièmement : L’aspect démographique :
1. Population :
Si la population de l’Algérie à la fin de la guerre de
libération était de l’ordre de 9 millions de personnes, elle
a dépassé le seuil de 30 millions en 2000 (30 170 000 au
mois de janvier 2001). Ce nombre est évalué à la fin de 2005
à 33 200 000 personnes, et il atteindra 50 millions à
l’horizon 2050. Ainsi, la population de l’Algérie aura été
multipliée par trois et demi entre 1962 et 2003.
2. Concentration de la population :
La majorité de la population algérienne est concentrée au
nord du pays (65 %), sur une superficie ne dépassant guère 4
% de la superficie globale du pays, notamment dans la région
tellienne où se trouvent le littoral, l’eau en abondance,
ainsi que 70 % des terres arables. La densité atteint dans
cette zone 245/Km2. 25 % des habitants sont disséminés dans
la région des hauts plateaux qui représente 9 % de la
superficie globale et où se concentrent les terres
pastorales. Tandis que le reste (10 %) est réparti au Sahara
qui représente 87 % de la superficie globale du pays, avec
une densité de moins d’un habitant au kilomètre carré,
notamment dans les oasis où l’eau existe.
3. Croissance démographique de la population
:
Le taux de croissance démographique qui était parmi les plus
élevés dans le monde, avec 3,4 %, a connu une baisse
sensible à la fin de 2003, passant à 1,53 % et ce, en raison
du recul de la moyenne d’âge de mariage, laquelle est
devenue 29 ans pour les filles et 33 ans pour les garçons.
En outre, on a noté une baisse notable du taux de fécondité,
sachant que le pays compte environ 4,5 millions de ménages.
4. Habitat :
Si la majorité des Algériens sont propriétaires de leur
logement (plus de 70 %), cependant le taux d’occupation de
ceux-ci a augmenté considérablement (7 personnes par
habitation). Ceci étant, on assiste depuis cinq années au
démarrage de chantiers de construction de 150 000 logements
par an.
5. Emploi et chômage :
Au cours de la semaine référentielle de septembre 2004, la
catégorie active a atteint 24,4 % de la population (7 800
000 personnes) avec un taux de croissance de 3,2 %.
Le Bureau International du Travail estime le nombre
d’habitants actifs en Algérie à 9 500 000 personnes, soit un
taux de 42,1 % au cours du troisième trimestre de l’année
2004, contre 39,8 % en septembre 2003, tandis que le nombre
de chômeurs est estimé à 1 700 000 personnes, accusant ainsi
une régression sensible par rapport à l’année 2003.
Par ailleurs, on note une progression dans le recrutement
des femmes, puisque leur nombre a atteint 1 400 000 femmes,
contre 933 000 au cours de l’année 2003.
On constate, pour ce qui est de la répartition des
travailleurs sur les secteurs économiques, que le secteur
tertiaire s’est accaparé le plus grand nombre de main
d’ouvre, avec un taux de plus de 50 %, alors qu’une certaine
amélioration a été enregistrée au niveau du secteur
industriel, essentiellement dans les BTP, où le taux est
passé de 24 % en 2003 à 26 % en 2004.
6. Santé :
L’espérance de vie chez les Algériens augmente constamment.
En effet, en 2003, elle a atteint 73,4 ans, puis elle est
passée à 74,8 ans en 2004 (73,9 ans pour les hommes et 75,8
pour les femmes) en raison de l’amélioration des conditions
de vie de la population.
Le secteur de la santé publique en Algérie a connu, à
l’instar des autres secteurs, un développement sensible.
Les dépenses en matière de santé représentent plus de 4,1 %
du PIB. 75 % sont consenties dans le secteur public et 25 %
dans le secteur privé.
Quant à l’infrastructure de santé, l’état des lieux en 2002
se présente ainsi :
- 13 centres universitaires hospitaliers, avec une capacité
de 13 236 lits.
- 32 établissements hospitaliers spécialisés, avec une
capacité de 5 960 lits.
- 372 maternités publiques, avec une capacité de 3 316 lits.
- 513 polycliniques.
- 1281 centres de santé et 4 228 salles de soins.
7. Réforme du système d’enseignement :
La constitution algérienne garantit l’enseignement gratuit
et obligatoire à tous les enfants en âge de scolarisation
(sept ans) jusqu’à l’âge de seize ans. L’Etat a accordé un
intérêt particulier à ce secteur depuis l’indépendance, à
travers une politique éducative appuyée par des réformes
dans chaque étape, en vue de hisser l’école en Algérie au
rang de celles qui existent dans les pays avancés, en
mettant en place un système éducatif moderne et ouvert, ce
qui a amené le président à le placer au centre des ses
intérêts. Ainsi, il a institué un comité national chargé de
la réforme du système éducatif.
Sur la base des résultats obtenus par le comité, le
ministère de l’éducation nationale a procédé, à travers ses
différentes institutions et ses cadres, à tous les niveaux,
à la supervision d’une série d’opérations majeures relatives
à la réforme du système, à commencer par le développement et
l’amélioration des méthodologies de l’enseignement, la
modernisation des outils pédagogiques et la formation des
ressources humaines dans le but de relever les défis dans le
cadre du processus d’édification continue.
On note la scolarisation de 7 741 099 élèves, avec une
régression de -2,15 % par rapport à l’année écoulée. A
signaler que 578 824 élèves ont été inscrits pour la
première fois dans le cycle primaire, accusant ainsi un
recul de 3,13 %.
En outre, on note l’inscription de 642 439 nouveaux élèves
en première année du collège, soit une baisse de -1,64 %,
contrairement à la situation de l’enseignement secondaire et
supérieur, où on constate une augmentation du nombre des
élèves en première année secondaire de 23,02 %. Leur nombre
a atteint, en effet, au cours de cette année (2005) 402 976
élèves.
De façon générale, on note chaque année une baisse du nombre
des élèves et des enseignants, suite à la baisse de la
croissance démographique de la population, au moment où une
hausse du nombre des établissements d’enseignement est
enregistrée chaque année, dans le cadre du développement du
secteur de l’enseignement.
Quatrièmement : l’organisation
administrative
L’organisation administrative en Algérie consiste en des
entités administratives appelées (wilaya - arrondissement-
municipalité), la wilaya étant composée d’un ensemble
d’arrondissements, chaque arrondissement étant subdivisé en
municipalités, et chaque municipalité comporte des villes et
villages.
1. La wilaya : représente une circonscription
administrative de l’Etat. Il s’agit d’une collectivité
publique régionale, dotée de la personnalité morale et d’une
autonomie financière, et qui jouit de prérogatives
politiques, économiques, sociales et culturelles. La wilaya
est dirigée par un conseil exécutif composé de directeurs
représentant les différents ministères, avec à sa tête le
gouverneur qui est désigné par le président de la
république, ainsi que le conseil populaire élu par les
habitants de la wilaya.
2. L’arrondissement : se compose d’un ensemble de
municipalités. Sa fonction réside dans la coordination entre
les municipalités, il est dirigé par le chef de
l’arrondissement qui est désigné par le président de la
république.
3. La municipalité : Noyau de l’organisation
administrative, elle est considérée comme étant
principalement une collectivité régionale, politique,
administrative, économique et culturelle. Elle est dirigée
par le conseil populaire municipal, élu par les habitants
résidant dans la municipalité.
Dans l’esprit de proximité de l’administration par rapport
au citoyen, l’organisation administrative en Algérie a connu
plusieurs amendements. En effet, si jadis l’Algérie était
composée de 15 wilayas et de 676 municipalités après
l’indépendance, le nombre des entités administratives a
connu une progression, passant à 31 wilayas et 704
municipalités en 1974, puis à 48 wilayas et 1541
municipalités en 1984.
Cinquièmement : la situation économique
A) La situation économique au lendemain de
l’indépendance :
La situation économique en Algérie au lendemain de
l’indépendance s’est caractérisée par :
- une économie effondrée, dépourvue de base industrielle.
- une production suspendue dans plusieurs unités
industrielles et minières, suite à des actes de sabotage et
au départ des cadres étrangers.
- des caisses vides et une pénurie aigue de devises
étrangères, les colons ayant tout emporté avec eux.
- une disparité au niveau du revenu par individu ainsi
qu’entre les wilayas, avec comme conséquence l’exacerbation
du phénomène de l’exode rural et de l’immigration à
l’étranger.
- un déséquilibre entre la croissance économique et la
croissance démographique, et l’apparition de problèmes dont
celui de l’habitat, de la santé et du chômage.
- un sous-développement scientifique et culturel résultant
de la politique de la colonisation française consacrant
l’ignorance. Pour preuve, le taux d’analphabétisme
atteignait 90 % à cette époque.
B) Le développement dans le cadre du régime
socialiste :
L’Algérie a adopté le socialisme comme un mode de
développement global, et ce en :
- appliquant le processus de nationalisation : à commencer
par les terres des colons et les biens en déshérence (les
propriétés des colons ayant pris la fuite, comme les
habitations, les magasins et les usines). La nationalisation
des mines (6/5/1966), ainsi que la Banque d’Algérie,
transformée en Banque Centrale d’Algérie, puis la
nationalisation des banques étrangères (1966), des
compagnies d’assurance, du commerce extérieur, des secteur
du transport et des hydrocarbures (24/2/1971).
- adoptant le système d’autogestion (gestion des terres
agricoles nationalisées) (décrets de mars 1963).
- attribuant la gestion des biens en déshérence à des
cabinets publics spécialisés.
- améliorant les conditions de vie des agriculteurs et en
luttant contre l’exode rural et l’exploitation par
l’adoption du projet de mille villages agricoles et
socialistes.
- créant différentes sociétés nationales auxquelles il a été
octroyé le droit de monopole du marché et des biens
d’équipements en vue d’encourager la production nationale.
- Jetant les bases d’une industrie lourde nationale, telle
que l’industrie de transformation en tant que base pour les
industries légères.
- adoptant une politique de planification dans le but
d’orienter et d’organiser l’économie nationale, à travers le
plan triennal (1967-1969), le premier plan quadriennal
(1970-1973), et le deuxième plan quadriennal (1974-1977).
C) les mutations économiques :
L’adoption de la politique socialiste en développement a eu
un certain nombre d’inconvénients, dont notamment :
- le retard accusé dans l’édification des institutions
constitutionnelles (la constitution en 1976 - l’instance
législative en 1977….).
- le non encouragement du secteur privé -du moins dans le
domaine des industries légères et moyennes- afin de
parachever le choix de l’industrie lourde.
- l’échec de la politique de la révolution agricole, dont le
résultat a été une pénurie chronique en produits agricoles.
- l’échec du programme de lutte contre la rareté, lequel a
entraîné un engouement pour la consommation des biens aussi
bien essentiels que superflus (1979-1988).
- l’échec de la politique de restructuration des grandes
sociétés nationales, dont chacune s’est scindée en plusieurs
sociétés.
Ceci s’est accompagné d’une forte baisse imprévue des prix
du pétrole sur les marchés internationaux, un coup dur pour
l’économie algérienne, basée fondamentalement sur les
hydrocarbures qui constituent 98 % des revenus à l’export.
Cette grave crise, qui a pesé lourdement sur les différentes
mutations en cours, n’a pas tardé à se transformer en
contestations populaires ayant abouti à l’amendement de la
constitution, à la suite duquel ont été instaurés le
multipartisme et l’accès à l’économie de marché.
L’accès à l’économie de marché a nécessité :
- la restructuration des établissements à activité
industrielle.
- La privatisation de certaines petites et grandes sociétés.
- La promotion du secteur privé national et étranger.
- La promotion de l’initiative privée.
- L’instauration d’un partenariat avec l’Union Européenne.
- l’amorce des démarches en vue de l’accès à l’Organisation
Mondiale du Commerce.
A partir de 2000, la politique de réforme appuyée par le
Fond Monétaire International, le rééchelonnement de la dette
extérieure par le Club de Paris et l’augmentation soutenue
des prix du pétrole ont abouti à une amélioration de la
situation économique et financière du pays. Parallèlement,
la politique fiscale adoptée a entraîné la baisse de la
dette, le redressement de la balance commerciale et la
constitution d’importantes réserves de devises étrangères.
Le plan quinquennal (2005-2009) a été mis au point en vue de
consolider la croissance, avec une enveloppe budgétaire de
l’ordre de 60 milliards de dollars.
D) Les secteurs économiques du pays
1. L’agriculture :
- la superficie des terres arables est estimée à 40 735 920
hectares, soit 17 % de la superficie globale.
- l’Algérie comptait 52 barrages jusqu’à fin 2003.
- parmi les plus importantes cultures en Algérie, en termes
de production annuelle : 5,19 millions de quintaux de
céréales, 38 millions de quintaux de légumes, 11,7 quintaux
de fruits, 5 millions de quintaux d’agrumes et 142 mille
tonnes de poissons.
- L’Algérie exporte les dattes et certaines quantités de
légumes
2. L’industrie :
2-1. Les mines : parmi les plus importantes mines produites
par l’Algérie : le fer (1378 mille tonnes), le plomb
concentré (mille tonnes), le zinc (2800 tonnes), les
phosphates (905 mille tonnes, dont 722 mille tonnes
destinées à l’export).
2-2. L’Energie :
- les hydrocarbures : l’Algérie occupe le cinquième rang
mondial pour ce qui est des réserves de gaz naturel et
représente le deuxième pays exportateur de cette matière, de
même qu’elle occupe le quatorzième rang mondial au niveau
des réserves de pétrole. L’économie algérienne est basée
principalement sur les hydrocarbures qui représentent plus
des 2/3 des recettes fiscales nationales et plus de 95 % des
recettes en devise. Elles constituent aussi 46 % de la
plus-value globale des secteurs en 2004.
- L’électricité et le gaz : grâce à une production effective
qui dépasse 7000 mégawatts, la couverture du pays en
électricité a atteint 95 %, un taux similaire à celui
enregistré dans certains pays de l’Organisation de la
Coopération et du Développement économiques (OCDE). Cinq (5)
millions de familles bénéficient des services du réseau
électrique. La distribution de l’électricité est assurée par
la société Sonelgaz. Par ailleurs, 1,7 million de familles
bénéficient de l’approvisionnement direct en gaz naturel,
tandis qu’un programme de raccordement est en cours de
réalisation, qui ambitionne l’approvisionnement de 70 % des
ménages à la fin de l’année 2005, pour atteindre 100 % en
2015.
2-3. l’industrie
L’Algérie dispose d’un important parc industriel national. A
cet égard, 70 zones industrielles ont été recensées ainsi
que 500 zones d’activité, sur une superficie qui dépasse 22
000 hectares. Parmi les plus importantes industries de
production en Algérie : les industries d’acier,
métallurgiques, mécanique, électrique et électronique,
l’industrie chimique, pneumatique et plastique, l’industrie
agro-alimentaire et autres, comme les industries du cuir,
des chaussures, du textile, du bois, du liège et du papier.
3. L’infrastructure et les équipements :
3-1. Les routes : le réseau des autoroutes demeure encore
faible, dans la mesure où il ne représente que quelques
centaines de kilomètres (en cours un projet d’autoroute
est-ouest s’étendant sur 1216 kilomètres, qui sera renforcée
par une route parallèle traversant les hauts plateaux, dont
les travaux seront achevés vers l’année 2009). Par ailleurs,
le pays dispose d’un excellent réseau de routes goudronnées,
le plus dense en Afrique avec 100 000 kilomètres. Le parc
national d’automobiles compte, quant à lui, 3 027 445
unités, dont 40 % utilitaires.
3-2. Le transport ferroviaire : ce réseau s’étend sur 3572
kilomètres, sachant qu’une infime partie en est électrifiée.
En cours d’étude un projet de consolidation de la ligne
liant la Tunisie au Maroc, dans le cadre d’un projet de
train maghrébin.
3-3. Le transport aérien : l’Algérie dispose de 35
aéroports, dont 13 répondant aux normes internationales. Le
réseau de transport aérien interne est, quant à lui, très
développé.
3-4. Les ports les plus importants : Alger, Oran, Annaba et
Jinjin qui assurent 75 % du trafic maritime. Les ports
d’Alger, Annaba, Oran, Arziou, Skikda et Bejaia sont
utilisés pour l’exportation des hydrocarbures.
3-5. Les télécommunications : le parc de la téléphonie fixe
compte 2,2 millions de lignes, dont 30 % utilisées par les
administrations, les commerçants, les services et les
établissements. Le taux de raccordement au téléphone est
très faible, soit moins de 30 %.
Le secteur de la téléphonie mobile a connu un progrès
fulgurant, avec plus de 7 millions d’abonnés et deux
opérateurs étrangers (l’égyptien ORASCOM et le koweitien
Wataniya), en plus de l’opérateur national MOBILIS. Ceci
étant, on œuvre actuellement en vue de doter l’Algérie d’un
réseau de télécommunications moderne, au moment où
l’opération de la conversion numérique du téléphone fixe,
grâce à un réseau de fibres optiques, a été achevée en 2001.
A signaler que le réseau de la téléphonie fixe couvre
l’ensemble du territoire national, malgré quelques
contraintes dues au nombre insuffisant de relais et de
lignes.
Sixièmement : le volet historique
L’histoire de l’Algérie remonte à des époques très
lointaines, au cours desquelles le peuple algérien a connu
des moments de gloire et de prospérité. Ces époques furent
également riches en production intellectuelle et
civilisationnelle
A) Les Algériens contribuent à l’édification
de la civilisation humaine :
1. L’histoire de l’Algérie remonte aux ères
préhistoriques : la majorité des archéologues sont
unanimes à considérer les anciens habitants de l’Afrique du
nord comme appartenant à la race blanche qui a contribué à
poser les premiers jalons de la civilisation humaine.
Ces scientifiques considèrent que l’Homme a peuplé au tout
début l’Afrique du nord, premier berceau de la race blanche
à partir duquel il a émigré en Europe. Ils ont étayé leur
théorie par ces découvertes archéologiques faites par
l’archéologue Arambourg en 1954 dans les environs de la
ville de Mascara à l’ouest d’Alger, sur le site Ternifine,
sous forme d’ossements dont l’origine remonte à 45 000
années avant Jésus Christ. Cet archéologue a découvert
également, sur le même site, un autre squelette daté de près
de 500 000 ans, accompagné d’outils acheuléens, à savoir des
haches et des couteaux en pierre.
Ces objectifs archéologiques ont été attribués à l’Homme
Atlanthropus mauritanicus (l’Homme de l’Atlas mauritanien).
Ils attestent que l’Algérie actuelle est bien le berceau de
la race humaine civilisée, qui a contribué à l’édification
des civilisations au cours des différentes ères
paléolithiques, telles la civilisation moustérienne, la
civilisation atérienne, la civilisation oranienne et la
civilisation capsienne et autres civilisations ayant régné
dans différentes régions du territoire algérien, au nord
comme au sud, à l’est comme à l’ouest (Tabsa, Ternifine,
Tassili, Mechta Arabi, Sétif…), jusqu’à l’aube de
l’histoire, avec l’invention de l’écriture ( lettres
Tifinagh).
Par ailleurs, l’Algérie a vécu des époques difficiles, au
cours desquelles elle a engagé des guerres féroces et une
lutte acharnée contre les tentatives d’invasion impérialiste
et d’occupation étrangère. A travers toutes ces batailles,
le peuple algérien a fait montre de son attachement
indéfectible à la liberté et à l’indépendance, ainsi que sa
disposition à défendre sa patrie, sa souveraineté et son
honneur.
Les caractéristiques de base de l’Algérie se sont formées
progressivement sous l’influence de son environnement
géographique et des courants intellectuels qui ont dominé
l’Afrique, l’Orient et le bassin méditerranéen. En effet,
les Algériens ont toujours interagi avec les événements dans
ces régions, sous l’effet des vagues d’immigration humaine
et des influences culturelles en provenance de l’Orient et
de certaines régions africaines vers les pays de l’Afrique
du nord et vice versa. C’est ce que montrent les dessins,
comme ceux de la région de Tassili et autres, les outils,
les anciens modes de vie qui ont subsisté et les différentes
croyances dans la région.
2. Les Amazighs sont les populations aborigènes : les
Grecs puis les Romains appelaient les habitants de l’Afrique
du nord (Berbères), qui veut dire Hommes étrangers ne
sachant pas parler leur langue.
Cependant, ces habitants préféraient s’appeler (Amazighs),
qui signifie hommes libres. C’est ce qu’a confirmé une
délégation des habitants de l’Afrique du nord au calife Omar
Ibn Al-Khattab suite à la conquête de l’Egypte, en se
présentant sous le nom d’Amazighs au lieu de (Berbères).
B) Les Amazighs passent du système tribal à
l’édification de royaumes
A l’instar des autres pays du monde, l’Algérie a connu, au
début de son entrée dans les ères historiques, plusieurs
royaumes fondés sur le système tribal. Néanmoins,
l’attachement des Amazighs à la liberté et à la défense de
leur patrie, outre leur lutte contre l’occupation et ce qui
en a découlé, ont vite abouti à la constitution d’un système
de valeurs ayant favorisé, par la suite, l’unification du
commandement, en prélude à la création d’un Etat organisé, à
savoir l’Etat de Numidie.
1. L’Etat de Numidie : (III° et II° siècles avant
J.C) : La Numidie a engagé la bataille pour son édification
en tant qu’Etat sur plusieurs fronts, notamment sous le
règne de Masinissa, lequel a déployé tous les moyens
politiques, militaires et diplomatiques en vue de réussir
l’unité nationale. Ainsi, il a construit une forte armée
terrestre et une flotte maritime, afin de contrecarrer
l’occupation et assurer la sécurité des routes du commerce
extérieur. Il a en même temps encouragé la sédentarisation
des nomades en leur apprenant les techniques d’agriculture.
Il a, de surcroît, procédé au développement des réseaux
d’irrigation, ce qui a favorisé un essor économique
considérable.
Aussi, l’Etat de Numidie n’a-t-il pas tardé à s’imposer en
tant que puissance redoutable dans le bassin de la
méditerranée, craint par Carthage et courtisé par Rome.
Certains royaumes grecs étaient même fiers de conclure des
alliances avec lui, vu qu’il assurait la sécurité des routes
de l’économie mondiale.
En adoptant la devise (l’Afrique aux Africains) Massinissa
traduisait son souhait de préserver l’indépendance de l’Etat
de Numidie et sa détermination à mobiliser l’ensemble du
peuple en vue de faire face aux convoitises étrangères.
Ainsi, il était la première voix à avoir crié haut et fort
le droit des Africains à assumer à eux seuls la gestion de
leurs affaires et à être maîtres de leurs territoires.
L’Etat de Numidie a perduré jusqu’au règne de Jugurtha.
Cependant, l’expansion de l’empire romain et la décadence de
Carthage ont amené Rome à imposer son hégémonie à la
Numidie, convaincue qu’elle était que si cette dernière
gardait sa puissance et son indépendance, cela aurait pour
conséquence de compromettre ses plans expansionnistes dans
les territoires de l’Afrique du nord qu’elle considérait
comme un réservoir pour ses besoins alimentaires et une
profondeur stratégique.
2. Les Algériens étaient en guerre permanente contre les
envahisseurs étrangers : les Algériens ont prouvé qu’ils
avaient une forte personnalité et qu’ils formaient une
nation indépendante. Afin de préserver leur identité, leur
langue, leurs us et coutumes, ils étaient en guerre
permanente contre les envahisseurs étrangers, tels les
Carthaginois, les Romains (46 avant J.C/ 429), les Vandales
(431-453) et les Byzantins (534 -647).
Le peuple est parvenu, sous le commandement de Jugurtha
(petit-fils de Masinissa), pendant de nombreuses années, à
repousser l’occupation romaine (la plus grande puissance à
cette époque), défendant par là le patrimoine de ses
ancêtres. C’est ainsi qu’il est parvenu à préserver l’unité
de l’Etat, abolir la tutelle de Rome sur la Numidie et
assurer son indépendance.
La guerre contre l’occupation romaine a duré, en effet,
jusqu’au IV° siècle à travers un certain nombre
d’insurrections populaires sous le commandement de
Takfarinas et de ses successeurs. L’Algérie s’est
transformée -tout au long de l’occupation romaine, vandale
et byzantine- en un champ de bataille enflammé, ce qui
prouve que les valeurs de résistance et de lutte pour la
libération par les moyens disponibles contre les
envahisseurs sont restées vives dans la conscience du peuple
tout au long de ces ères.
C) La conquête islamique : (647) :
La conquête islamique de la région et la conversion à
l’Islam de ses habitants, outre le lien étroit entre l’Islam
et la langue arabe qui est la langue du Saint Coran, fut le
début d’une nouvelle ère ayant entraîné un changement
radical de la société musulmane en fusionnant sa structure
socio-économique et culturelle dans le creuset de la
civilisation arabo musulmane.
Les Algériens formèrent donc une nouvelle société dont les
traits sont puisés dans la civilisation islamique. Et
l’Algérie reprit, dans le cadre du Maghreb arabe et
musulman, sa marche qui était entravée par l’hégémonie
romaine.
1. L’Etat Rostomide : (767-909) : Si l’Algérie a
connu des tentatives de fondation d’un pouvoir local dans le
but de mettre fin au pouvoir central en vertu duquel les
pays du Maghreb arabe étaient soumis à l’autorité de la
capitale du califat islamique en Orient(1), aussi bien en
termes de gouvernance, d’administration que d’orientation,
elle ne faisait que suivre la traces des autres pays
islamiques, d’autant plus que ces tentatives, que ce soit à
l’Orient, au Maghreb ou en Andalousie, ont été amorcées dans
le cadre des principes et des préceptes de l’Islam et ne
représentaient ni une rébellion ni une déviation par rapport
à sa doctrine.
L’Etat Rostomide fut le premier Etat de l’ère islamique en
Algérie à avoir connu la fondation d’un pouvoir national
administrativement autonome par rapport au pouvoir central
islamique.
Sa capitale (Tahart) a aussitôt connu un essor économique
considérable, dont l’importance dépassa les frontières de l’Etat.
Il va sans dire que le contrôle par Tahart de ce qu’on
appelait la route de l’or, reliant l’Afrique à la
méditerranée, a constitué un facteur principal ayant
contribué à cet essor économique à double dimension
culturelle et urbanistique.
2. l’Etat Ziride - Hammadide (1007-1052) : l’Etat
fondé par Beni Ziri était connu sous le nom d’Etat Ziride,
et sa première capitale fut Achir puis Kairouan. Sous le
règne de Beni Hammad, la première capitale fut Qalâa des
Beni Hammad, dont l’importance tenait à sa position qui
contrôlait une importante route reliant le Sahara algérien
aux pays africains situés au sud, ainsi qu’au Sahel qui
entretenait des relations économiques avec l’Europe. C’est
pourquoi l’Etat Hammadide a fondé la ville de Nassiria ou (Béjaia)
sur les vestiges de la ville phénicienne Saldaye, qui
deviendra plus tard la capitale de l’Etat, où les Italiens
ont appris les mathématiques, puis l’ont diffusé partout en
Europe.
L’Etat Hammadide a connu un grand essor économique et
culturel, ainsi qu’un progrès considérable en matière
d’urbanisme, qui se traduisèrent par la prospérité et le
développement de plusieurs villes, comme Biskra, Stif,
Miliana, Media et Alger.
3. Les Almohades et l’édification du Maghreb arabe
(1121-1235) : Fondé à partir de la ville de Marrakech au
Maroc, sur les vestiges de l’Etat (Ziride - Hammadide) en
Algérie, l’Etat (Ziride - de Badisse) en Tunisie et l’Etat
Almoravide au Maroc, cet Etat est parvenu à concrétiser
l’unité du Maghreb arabe pour la première fois au cours de
sa longue histoire, soumettant ainsi à son autorité
l’ensemble de la région, le nord comme le sud, l’est comme
l’ouest.
Cette unité, qui a englobé même l’Andalousie, a contribué à
la dynamisation de l’urbanisme et à la prospérité de
l’économie, de même qu’elle a entraîné un développement
culturel et scientifique sans précédent. C’est aussi à
travers elle que le Maghreb arabe a contribué par ses
importants apports civilisationnels qui se sont traduits par
l’émergence de sommités en matière de sciences, de lettres
et de théologie, ainsi que de philosophes de renommée
universelle, tels Ibn Rochd, Ibn Toufail, Ibn Baja et
autres.
Le succès de l’Etat Almohade est dû au génie intellectuel de
Mahdi Ben Toumart, au génie politique de Abdelmoumen Ben Ali
ainsi qu’à son expérience militaire.
L’Etat Almohade était devenu la plus importante puissance
politique dans la méditerranée, ce qui a poussé Salah-Eddine
Al-Ayoubi à demander en (585 de l’hégire/1190) à son chef,
le Sultan Yacoub El Mansour, de l’aider à couper la route de
la Syrie devant les armées des Croisés.
Cependant, l’affaiblissement de l’Etat Almohade a entraîné
le morcellement de celui-ci en plusieurs Etats, chacun
aspirant à l’unification du Maghreb arabe sous sa bannière,
mais en vain : Il s’agit de l’Etat Mérinide au Maroc, l’Etat
Zianide en Algérie et l’Etat Hafside en Tunisie.
4. L’Etat Zianide (1235-1556) :
L’Etat Zianide, qui a pris comme capitale Tlemcen, fut la
force politique et civilisationnelle la plus importante en
Algérie après l’effondrement du pouvoir Almohade.
Cette époque fut marquée par la personnalité d’Ibn Khaldoun,
cet éminent savant dont la pensée avant-gardiste a constitué
une révolution universelle dans le domaine de la sociologie.
D) L’Algérie dans l’histoire contemporaine :
1. L’Etat algérien contemporain sous le règne ottoman
(1518-1830) : la stérilité intellectuelle et le repli de
l’Ijtihad (la jurisprudence) ont plongé le monde musulman
dans une crise civilisationnelle qui n’a pas épargné les
pays du Maghreb arabe. Il s’en est suivi une dégradation de
la situation politique de ces derniers ainsi qu’une
multiplication de ceux qui convoitaient le pouvoir, plus
particulièrement après la chute de Grenade et le
déclenchement d’une nouvelle vague de croisades contre le
Maghreb islamique, dont l’importance stratégique n’a pas
échappé à l’Europe chrétienne. C’est ainsi que l’Algérie est
devenue une cible privilégiée de l’expansion chrétienne.
Ce ne fut pas une simple coïncidence si l’Espagne a pu, 13
années après la chute de Grenade, s’emparer de Mers Lekbir
puis d’Oran et cibler un certain nombre de ports algériens
non seulement dans le but de les coloniser, mais aussi pour
christianiser leurs habitants, comme en témoignent les
rapports des responsables espagnols de cette époque.
Les franges populaires ont trouvé, grâce à leur bon sens,
dans les deux frères Arrouj et Kheir-Eddine Barbarous de
sérieux leaders politiques capables de garantir leur union.
En effet, l’Algérie fut annexée à l’Etat ottoman par les
soins des deux frères à partir de 1518. Très vite, l’Algérie
se dota d’une flotte maritime qui devint aussitôt une force
de dissuasion dans le bassin méditerranéen, et aida à poser
les jalons d’un pouvoir qui fut à la base de ce qu’il est
permis d’appeler sans exagération l’Etat algérien moderne
sous le règne ottoman, avec son régime indépendant et ses
institutions bien réelles.
Cet Etat s’est basé sur sa puissante flotte dans
l’organisation du Djihad maritime afin de contrecarrer les
convoitises étrangères et faire échouer les nouvelles
tentatives des Croisés.
Pendant cette période, l’Algérie a réussi à s’affirmer en
tant qu’Etat redoutable, avec ses caractéristiques propres
et des frontières bien délimitées, ainsi qu’à se distinguer
en tant qu’un Etat puissant au sens moderne du terme,
jouissant d’une personnalité reconnue à l’intérieur comme à
l’extérieur des territoires de l’empire ottoman.
2. Les convoitises colonialistes européennes : les
dernières années dans l’existence de l’Etat algérien moderne
et indépendant dans le cadre du califat ottoman étaient
marquées par la décadence intellectuelle du monde islamique,
au moment où l’Europe réalisait un progrès économique
significatif et s’apprêtait à vivre la révolution
industrielle. C’est à partir de là que l’Europe commença à
réfléchir aux moyens de contrôler les autres régions du
globe afin de satisfaire ses désirs expansionnistes. Aussi,
l’intervention de l’Europe dans les affaires de l’Algérie
commença-t-elle à devenir plus flagrante depuis le début du
19ème siècle, plus particulièrement lorsque la conférence de
Vienne, tenue en 1815, décida de frapper la force maritime
algérienne, sous prétexte de combattre la piraterie.
3. L’occupation française en 1830 : Après que
l’Algérie eut parvenu à repousser les vagues successives
d’incursion, elle fut contrainte d’entrer en guerre non
seulement afin de défendre son honneur et sa souveraineté à
l’intérieur de ses frontières, mais également dans le but de
repousser les agressions contre les pays voisins et le monde
islamique. C’est ce qui l’amena à engager sa flotte dans la
bataille maritime de Navarine (octobre 1827). Néanmoins
cette bataille fut inégale, et la conséquence en fut la
destruction de la majorité des unités de la flotte
algérienne et ottomane par les flottes alliées de la France,
de la Grande Bretagne et de la Russie.
La France, qui complotait depuis longtemps pour occuper
l’Algérie, a profité de la situation pour l’envahir vers la
fin de juin 1830, avant de l’occuper à partir du 5 juillet.
E) La lutte contre l’occupation française :
1. La résistance populaire sous le commandement d’Ahmed
Bey et de l’Emir Abdelkader : Dès la capitulation de Dey
Houssine en vertu du traité de 5 juillet 1830, les français
ont pris l’initiative de violer ledit traité. Loin de
s’avouer vaincu, le peuple algérien porta les armes,
répondant ainsi à l’appel du Djihad.
En effet, la résistance populaire ne tarda pas à s’organiser
dans tout le nord du pays, et les populations engagèrent la
première guerre de libération dès les premiers jours de
l’occupation, sous le commandement d’Ahmed Bey dans la
région orientale et de l’Emir Abdelkader à l’ouest et au
centre. Celui-ci entendait à la fois contrecarrer les forces
de l’occupation et reconstruire l’Etat qui a duré jusqu’en
1848. Pour ce faire, il forma un gouvernement et un conseil
consultatif, organisa l’armée, fonda une industrie militaire
et frappa la monnaie. Il a également intensifié ses contacts
diplomatiques et conclu plusieurs traités.
2. La résistance populaire se généralise dans tout le
pays : Après la résistance d’Ahmed Bey et de l’Emir
Abdelkader, la lutte se poursuivit dans tout le pays sous
forme d’insurrections populaires armées sous divers
commandements nationaux : El Mokrani et Cheikh Haddad
(1871-1872), Lalla Fatima Nsoumer (1851-1857), Bouamama
(1881-1908), Ouled Sidi Cheikh (1864-1881), l’oasis Zaâtcha
(1849), l’Aurès (1916) et Benacer Ben Chohra. La lutte a
continué jusqu’en 1920 avec la fin de la résistance de
Cheikh Amoud à Tassili, au sud du Sahara.
Si ces insurrections n’ont pu aboutir à la victoire
escomptée, cependant elles ont eu le mérite d’empêcher la
progression de la colonisation française de l’Algérie avec
la facilité espérée.
3. Le peuple algérien change la tactique de la résistance
(1900-1954) : l’irrégularité des insurrections
populaires et la multiplicité de leurs commandements n’ayant
pu aboutir à la victoire, l’élite intellectuelle décida de
changer la tactique de la résistance, en adoptant
différentes formules (partis - associations - clubs - presse
- éducation). Ainsi, un bon nombre mouvements et instances
politiques verront le jour entre la première et la seconde
guerre mondiale, contribuant, à des degrés variables, à
cultiver le sens du patriotisme.
En effet, le mouvement Etoile de l’Afrique du Nord sous le
commandement de Messali El-Hadj avança, à ses débuts, l’idée
du recouvrement de l’indépendance à l’échelle du Maghreb
arabe, puis devint un mouvement purement algérien, auquel
succéda le parti du peuple algérien qui prônait l’idée de
l’indépendance de l’Algérie à travers une large formation
populaire. Par ailleurs, un autre mouvement est apparu, qui
croyait à la possibilité d’un compromis devant garantir
l’égalité entre Algériens et Européens dans un cadre
français, avec à sa tête Ben Jeloul puis Farhat Abbas. Quant
à l’Association des Ulémas Algériens et Musulmans, elle
s’est attelée à la réforme à travers ses journaux, clubs et
mosquées indépendants, ainsi qu’à l’enseignement de la
langue arabe et de l’histoire nationale au sein de ses
écoles, afin de sauvegarder l’identité nationale.
4. Le peuple algérien livre la bataille fatidique et en
sort vainqueur (1954-1962) : L’ensemble des partis,
mouvements et instances ayant échoué à trouver la formule
idoine à même d'unifier les rangs du peuple algérien et le
pousser à livrer la bataille décisive contre le
colonialisme, un groupe de militants conscients des
exigences de la phase historique et résolus passer à
l’action décidèrent, à travers le Comité Révolutionnaire de
l'Unité et de l'Action, puis le Groupe 22, de passer à la
lutte armée et annoncèrent le début de la révolution armée
la veille du premier novembre 1954, à travers un communiqué
émis par le Front de Libération Nationale, qui annonça les
objectifs de la révolution et la tactique de la lutte à
adopter.
Le Front de Libération a réussi une mobilisation populaire
interne sans précédant, notamment suite à la tenue de la
conférence de l’Oued Soummam, le 20 août 1956, dans la
mesure où il est parvenu aussi bien à fonder des structures
civiles à l'intérieur qu'à créer des organes le représentant
à l'étranger et ce, dans le but de mettre à profit cette
mobilisation, favoriser la solidarité arabo- musulmane,
ainsi que celle des mouvements de libération nationale et de
toutes les forces éprises de liberté et de paix dans le
monde. Ainsi, il a pu -grâce à l'héroïsme des soldats de
l'Armée de Libération Nationale dans les montagnes, des
volontaires et des résistants dans les campagnes et les
villes- s'imposer à l'ennemi qui fut obligé, en fin de
compte, de le reconnaître et de négocier avec lui, avant
d’admettre l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962.
Septièmement : le régime politique
Le régime politique de l’Algérie est républicain,
constitutionnel, démocratique et pluraliste.
A) La politique interne : En ce qui concerne son
évolution politique, l’Algérie a connu deux étapes
distinc |