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| Éditorial : Alliance des civilisations  |

| Le rapprochement : conceptions et objectifs 'Dr Abdulaziz Othman Altwaijri  |

| Quelques réflexions sur l’islam et la violence 'Dr Youssef El Qardaoui  |

| Les valeurs humaines communes et leur rôle dans le renforcement de la solidarité entre les peuples et les nations  'Ayatollah Cheikh Mohamed Ali Taskhiri |

| Le monde islamique et les défis de la mondialisation 'Dr Mahmoud Hamdi Zaqzouq |

| Les fondements d’un discours islamique moderne 'Dr Abbas Jirari |

| La modération islamique 'Dr Mohamed Imara|

| La demande de pardon pour le passé : une manière de consolider la cohabitation et relancer le dialogue 'Mohammed Larbi Messari  |

| Connaissance des pays islamiques : La République Algérienne Démocratique et Populaire |

 

Connaissance des pays islamiques

La République Algérienne Démocratique et Populaire

 

 

Premièrement : Carte d’identité

- Appellation officielle : République Algérienne Démocratique et Populaire

- Superficie : 2 381 741 Km2 (rang : 2ème au niveau de l’Afrique et 11ème à l’échelle mondiale).

- Nature du régime politique : républicain.

- Capitale : Alger.

- Villes principales : au nord : Oran, Constantine, Annaba. au sud :                Ghardaïa, Adrar, Tamanrasset

- Président de la république : Abdelaziz BOUTEFLIKA.

- Chef du gouvernement : Abdelaziz Belkhadem

- Age légal de vote : 18 ans.

- Langues nationales : l’arabe, tamazight.

- Langue officielle :  l’arabe.

- La monnaie nationale : le dinar algérien (100 centimes).

- Fêtes religieuses : le 1er moharam - Achoura - naissance du saint prophète - Aïd Al Fitr - Aïd Al Adha (fête du sacrifice).

- Fêtes officielles : fête du nouvel an - 1er mai (fête du travail) - 1er            novembre (fête de la révolution) - 5 juillet (fête de l’indépendance).

- Temps : Greenwich + 1 heure 

- Population : 32 814.160 (recensement de 2003), 34ème rang mondial.

- Densité de la population : 13 habitants au Km2  (2003).

- Taux de croissance annuel : 1,53 % (2003)

- Espérance de vie : 74 ans (2004).

- Taux de la population urbaine : 58,3 %, taux de la population rurale : 41,7 %.

- Produit Intérieur Brut par habitant : 2093 dollars (2003).

- Excédent de la balance commerciale : 8,9 milliards de dollars (2003), soit 13,7 % du PIB.

- Taux d’inflation : 2,2 % (2004).

- Volume de la dette : 21,4 milliards de dollars (2004).

- Service de la dette : 12,6 % des exportations (2004).

- Le plus haut sommet : le mont Tahat à Hakkar, soit 2918 mètres.

- La zone la plus basse : Chott Mliligh  (40 mètres)

- La plus longue rivière : Oued Chélif (700 kilomètres).

Deuxièmement : Volet géographique

A) Situation :

1. Situation géographique : l’Algérie se situe au coeur du monde et occupe une grande partie de l’Afrique du nord. Elle est le deuxième pays africain au niveau de la superficie et occupe le 11ème rang mondial.

L’Algérie est bordée du côté nord par le bassin ouest de la Méditerranée, sur une longueur de 1200 kilomètres (745,65 miles).

Elle se situe au milieu des pays du Grand Maghreb et ceux du Sahel avec des frontières globales atteignant 6343 kilomètres (3941,36 miles). Elle est limitée à l’est par la République Tunisienne (965 kilomètres) et la Jamahiriya libyenne (982 kilomètres), à l’ouest par le Royaume du Maroc (1559 kilomètres), au sud-est par la République du Niger (956 kilomètres) et au sud-ouest par la République du Mali (1376 kilomètres), ainsi que par la République de Mauritanie (463 kilomètres).

2. Position géographique

L’Algérie est située entre 9° ouest et 12° est de longitude et 18° et 38° nord de latitude. D’où la superficie énorme qu’occupe l’Algérie, puisque elle s’étend du nord au sud et de l’ouest à l’est sur une superficie approximative allant de 1500 à 2000 kilomètres.

3. Importance de la position de l’Algérie

L’Algérie se distingue par une position stratégique importante dans le monde. En effet, elle est située au milieu de trois continents (Afrique - Asie - Europe), et est bordée par une mer vaste, à savoir la méditerranée qui débouche sur trois principaux océans (océan Atlantique - océan Indien - océan Pacifique). Carrefour des anciennes civilisations, l’Algérie est aussi le portail de l’Afrique par rapport à l’Europe, et actuellement elle focalise l’attention des pays avancés, grâce à son aspect géographique diversifié et ses innombrables ressources naturelles.

4. Le relief en Algérie

Le relief en Algérie se distingue par sa richesse et sa grande diversité. Du nord au sud, on note la présence de chaînes de montagne de formation récente et d’autres plus vieilles, de plaines, de bas bassins, de larges plateaux, un desert rocheux et pierreux et des dunes mouvantes.

On peut diviser l’Algérie, en ce qui concerne le relief, en deux régions distinctes, à savoir : l’Algérie du nord, caractérisée par sa structure sinueuse de formation récente et l’Algérie du sud, déserte et ayant une structure ancienne.

4.1 Région du nord : qui représente 16 % de la superficie globale (381741 Km2), son relief se présente sous forme de :

- Plaines littorales : étroites, discontinues, basses et fertiles, comme les plaines de Mtija, d’Oran et d’Annaba.

- Plaines intérieures : discontinues, plus larges et plus élevées, leur altitude variant entre 500 et 700 mètres, telles les plaines de Tlemcen, de Sidi Bel Abbas, de Tiaret, de Stif et de Constantine .

- Hauts plateaux (hautes plaines ou steppes) : S’étendent sur l’Atlas tellien et l’Atlas Saharien, leur altitude est comprise entre 700 et 1000 mètres. Ils sont larges à l’ouest et étroits à l’est. Ils se caractérisent aussi par la présence de lacs salins et peu profonds, connus sous le nom de Chott, dont les plus importants sont le Chott Al Hodna, le Chott est et le Chott ouest.

- La chaîne de montagnes (l’Atlas tellien) : Baignée directement par la méditerranée elle se caractérise par ses hauts sommets, et s’étend de l’ouest à l’est, sa largeur du nord au sud variant entre 70 et 150 kilomètres. L’altitude moyenne y est de 1820 mètres. Ses Montagnes les plus importantes sont l’Atlas Blidi, les monts de Bibane, les monts d’Ounchrisse, les monts de Jirjra où se trouve le point culminant (lalla Khadija), soit 2308 mètres.   

- La chaîne de montagnes (l’Atlas Saharien) : elle s’étend au sud des hauts plateaux, sur une superficie de 700 kilomètres. Parmi ses montagnes les plus importantes, on citera Ammour, Ouled Naïl et Aurès où se trouve le plus haut sommet (Chelya), culminant à 2328 mètres.

4-2. Région du sud (saharienne) : elle représente 84 % de la superficie de l’Algérie (2 000 000 Km2). Il s’agit d’un plateau excessivement large, plat et peu élevé, excepté le haut massif Hagar, où on peut distinguer 4 zones différentes.

- Le bassin nord-est : Il s’agit d’une région basse dont l’altitude est inférieure à 200 mètres, sillonnée par quelques Chotts, comme le Chott Melghigh situé à 35 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce bassin se caractérise aussi par la présence d’une nappe phréatique très proche de la surface. Il comprend, par ailleurs, un certain nombre d’oasis tels Biskra, Ourgla, El Ouadi et Hassi-Messaoud.

- La région du plateau rocheux (Hammada) : au nord et au centre, comme le plateau de Tadmaït au nord de Aïn Salah, dont l’altitude est estimée à 762 mètres.

- Les plaines subsidentes : elles occupent la plus grande partie du Sahara et sont couvertes de sables appelés ergs, dont notamment : le grand erg est, le grand erg ouest, erg Chech.

- Les hauts massifs à l’angle sud-est : formés des montagnes Tassili et Hagar où se trouve le plus haut sommet en Algérie (le mont Tahat), soit 2918 mètres.

Les formations qui couvrent la surface du Sahara diffèrent d’un endroit à l’autre. Elles sont de trois sortes : Hammada, Erg, Reg (régions larges, plates et pierreuses).

B) Le climat :

L’Algérie comporte deux régions climatiques distinctes, l’une modérée et humide au nord, et l’autre chaude et sèche au sud, séparées par un climat semi aride. Le volume des précipitations diminue de l’est à l’ouest et du nord au sud.

1. le climat humide de la méditerranée : il prévaut dans la région tellienne et se caractérise par une saison estivale chaude et sèche et un hiver modéré et pluvieux. La quantité des précipitations varie entre 400 et 1000 mm, et atteint dans les massifs de l’est plus de 1000 mm.

2. le climat semi aride de la méditerranée : qui prévaut dans les hauts plateaux et l’Atlas Saharien. Il se caractérise par la chaleur et la sécheresse en été et par le froid et des précipitations  limitées en hiver. La quantité des précipitations  varie entre 200 et 400 mm par an.

3. le climat saharien : il prévaut au sud et se caractérise par une température élevée et la sécheresse tout au long de l’année, ainsi que par la rareté des précipitations. La pluviométrie est inférieure à 50 mm, tandis qu’elle atteint 100 mm dans les montagnes.

C) Les cours d’eaux :

Les cours d’eau en Algérie sont courts, peu profonds et très sinueux. Ils puisent leur matière dans les sources naturelles. Leur profusion ou leur rareté dépend de la régularité des précipitations.

En général, les cours d’eau tarissent en été, et ne reste que très peu d’eau dans la plupart d’entre eux. Par contre, en hiver ils sont souvent torrentiels. Suivant leur embouchure, l’on peut les classer comme suit :

1. Oueds du nord (oueds de la région tellienne) : leur source, dans leur majorité, est située en Atlas tellien se jettent dans la mer. Les plus importants sont : Oued Tafna - Sbek - Chélif - Yassr - Soummam - Oued Lakbir - Sibouss.

2. Oueds intérieurs (Oueds des hauts plateaux) : leur source, dans leur majorité, est située dans l’Atlas tellien et saharien et leur embouchure dans les Chotts. Les plus importants sont : Oued Jdi - Oued Al Arab - Oued El Kasab.

3. Oueds sahariens : ils puisent leurs eaux dans les monts de Hagar ou dans l’Atlas saharienn, et s’éparpillent dans les sables. Citons-en notamment Oued Aghrghar, Oued Saoura et Oued Tamanrasset.

D) La flore :

L’importance et la diversité de la flore sont tributaires des pluies ainsi que de l’altitude. En effet, les forêts de pin maritime et de pin d’Alep ainsi que les arbres de chêne et de liège abondent sur le littoral. Quant aux montagnes, on y trouve à foison des forêts de hêtre et de chêne vert, tandis que celles dont l’altitude dépasse les 1300 mètres abondent en forêts de cèdre.

Pour ce qui est des hauts plateaux, on y trouve les plantes d’alfa. Au Sahara, les palmiers et certaines plantes sétacées jalonnent les oasis.

Troisièmement : L’aspect démographique :

1. Population :

Si la population de l’Algérie à la fin de la guerre de libération était de l’ordre de 9 millions de personnes, elle a dépassé le seuil de 30 millions en 2000 (30 170 000 au mois de janvier 2001). Ce nombre est évalué à la fin de 2005 à 33 200 000 personnes, et il atteindra 50 millions à l’horizon 2050. Ainsi, la population de l’Algérie aura été multipliée par trois et demi entre 1962 et 2003.

2. Concentration de la population :

La majorité de la population algérienne est concentrée au nord du pays (65 %), sur une superficie ne dépassant guère 4 % de la superficie globale du pays, notamment dans la région tellienne où se trouvent le littoral, l’eau en abondance, ainsi que 70 % des terres arables. La densité atteint dans cette zone 245/Km2. 25 % des habitants sont disséminés dans la région des hauts plateaux qui représente 9 % de la superficie globale et où se concentrent les terres pastorales. Tandis que le reste (10 %) est réparti au Sahara qui représente 87 % de la superficie globale du pays, avec une densité de moins d’un habitant au kilomètre carré, notamment dans les oasis où l’eau existe.

3. Croissance démographique de la population :

Le taux de croissance démographique qui était parmi les plus élevés dans le monde, avec 3,4 %, a connu une baisse sensible à la fin de 2003, passant à 1,53 % et ce, en raison du recul de la moyenne d’âge de mariage, laquelle est devenue 29 ans pour les filles et 33 ans pour les garçons. En outre, on a noté une baisse notable du taux de fécondité, sachant que le pays compte environ 4,5 millions de ménages.

4. Habitat :

Si la majorité des Algériens sont propriétaires de leur logement (plus de 70 %), cependant le taux d’occupation de ceux-ci a augmenté considérablement (7 personnes par habitation). Ceci étant, on assiste depuis cinq années au démarrage de chantiers de construction de 150 000 logements par an.

5. Emploi et chômage :

Au cours de la semaine référentielle de septembre 2004, la catégorie active a atteint 24,4 % de la population (7 800 000 personnes) avec un taux de croissance de 3,2 %.

Le Bureau International du Travail estime le nombre d’habitants actifs en Algérie à 9 500 000 personnes, soit un taux de 42,1 % au cours du troisième trimestre de l’année 2004, contre 39,8 % en septembre 2003, tandis que le nombre de chômeurs est estimé à 1 700 000 personnes, accusant ainsi une régression sensible par rapport à l’année 2003.

Par ailleurs, on note une progression dans le recrutement des femmes, puisque leur nombre a atteint 1 400 000 femmes, contre 933 000 au cours de l’année 2003.

On constate, pour ce qui est de la répartition des travailleurs sur les secteurs économiques, que le secteur tertiaire s’est accaparé le plus grand nombre de main d’ouvre, avec un taux de plus de 50 %, alors qu’une certaine amélioration a été enregistrée au niveau du secteur industriel, essentiellement dans les BTP, où le taux est passé de 24 % en 2003 à 26 % en 2004.

6. Santé :

L’espérance de vie chez les Algériens augmente constamment. En effet, en 2003, elle a atteint 73,4 ans, puis elle est passée à 74,8 ans en 2004 (73,9 ans pour les hommes et 75,8 pour les femmes) en raison de l’amélioration des conditions de vie de la population.

Le secteur de la santé publique en Algérie a connu, à l’instar des autres secteurs, un développement sensible.

Les dépenses en matière de santé représentent plus de 4,1 % du PIB. 75 % sont consenties dans le secteur public et 25 % dans le secteur privé.

Quant à l’infrastructure de santé, l’état des lieux en 2002 se présente ainsi :

- 13 centres universitaires hospitaliers, avec une capacité de 13 236 lits.

- 32 établissements hospitaliers spécialisés, avec une capacité de 5 960 lits.

- 372 maternités publiques, avec une capacité de 3 316 lits.

- 513 polycliniques.

- 1281 centres de santé et 4 228 salles de soins.

7. Réforme du système d’enseignement :

La constitution algérienne garantit l’enseignement gratuit et obligatoire à tous les enfants en âge de scolarisation (sept ans) jusqu’à l’âge de seize ans. L’Etat a accordé un intérêt particulier à ce secteur depuis l’indépendance, à travers une politique éducative appuyée par des réformes dans chaque étape, en vue de hisser l’école en Algérie au rang de celles qui existent dans les pays avancés, en mettant en place un système éducatif moderne et ouvert, ce qui a amené le président à le placer au centre des ses intérêts. Ainsi, il a institué un comité national chargé de la réforme du système éducatif.

Sur la base des résultats obtenus par le comité, le ministère de l’éducation nationale a procédé, à travers ses différentes institutions et ses cadres, à tous les niveaux, à la supervision d’une série d’opérations majeures relatives à la réforme du système, à commencer par le développement et l’amélioration des méthodologies de l’enseignement, la modernisation des outils pédagogiques et la formation des ressources humaines dans le but de relever les défis dans le cadre du processus d’édification continue.

On note la scolarisation de 7 741 099 élèves, avec une régression de -2,15 % par rapport à l’année écoulée. A signaler que 578 824 élèves ont été inscrits pour la première fois dans le cycle primaire, accusant ainsi un recul de 3,13 %.

En outre, on note l’inscription de 642 439 nouveaux élèves en première année du collège, soit une baisse de -1,64 %, contrairement à la situation de l’enseignement secondaire et supérieur, où on constate une augmentation du nombre des élèves en première année secondaire de 23,02 %. Leur nombre a atteint, en effet, au cours de cette année (2005) 402 976 élèves.

De façon générale, on note chaque année une baisse du nombre des élèves et des enseignants, suite à la baisse de la croissance démographique de la population, au moment où une hausse du nombre des établissements d’enseignement est enregistrée chaque année, dans le cadre du développement du secteur de l’enseignement.

Quatrièmement : l’organisation administrative

L’organisation administrative en Algérie consiste en des entités administratives appelées (wilaya - arrondissement- municipalité), la wilaya étant composée d’un ensemble d’arrondissements, chaque arrondissement étant subdivisé en municipalités, et chaque municipalité comporte des villes et villages.

1. La wilaya : représente une circonscription administrative de l’Etat. Il s’agit d’une collectivité publique régionale, dotée de la personnalité morale et d’une autonomie financière, et qui jouit de prérogatives politiques, économiques, sociales et culturelles. La wilaya est dirigée par un conseil exécutif composé de directeurs représentant les différents ministères, avec à sa tête le gouverneur qui est désigné par le président de la république, ainsi que le conseil populaire élu par les habitants de la wilaya.

2. L’arrondissement : se compose d’un ensemble de municipalités. Sa fonction réside dans la coordination entre les municipalités, il est dirigé par le chef de l’arrondissement qui est désigné par le président de la république.

3. La municipalité : Noyau de l’organisation administrative, elle est considérée comme étant principalement une collectivité régionale, politique, administrative, économique et culturelle. Elle est dirigée par le conseil populaire municipal, élu par les habitants résidant dans la municipalité.

Dans l’esprit de proximité de l’administration par rapport au citoyen, l’organisation administrative en Algérie a connu plusieurs amendements. En effet, si jadis l’Algérie était composée de 15 wilayas et de 676 municipalités après l’indépendance, le nombre des entités administratives a connu une progression, passant à 31 wilayas et 704 municipalités en 1974, puis à 48 wilayas et 1541 municipalités en 1984.

Cinquièmement : la situation économique

A) La situation économique au lendemain de l’indépendance :

La situation économique en Algérie au lendemain de l’indépendance s’est caractérisée par :

- une économie effondrée, dépourvue de base industrielle.

- une production suspendue dans plusieurs unités industrielles et minières, suite à des actes de sabotage et au départ des cadres étrangers.

- des caisses vides et une pénurie aigue de devises étrangères, les colons ayant tout emporté avec eux.

- une disparité au niveau du revenu par individu ainsi qu’entre les wilayas, avec comme conséquence l’exacerbation du phénomène de l’exode rural et de l’immigration à l’étranger.

- un déséquilibre entre la croissance économique et la croissance démographique, et l’apparition de problèmes dont celui de l’habitat, de la santé et du chômage.

- un sous-développement scientifique et culturel résultant de la politique de la colonisation française consacrant l’ignorance. Pour preuve, le taux d’analphabétisme atteignait 90 % à cette époque.

B) Le développement dans le cadre du régime socialiste :

L’Algérie a adopté le socialisme comme un mode de développement global, et ce en :

- appliquant le processus de nationalisation : à commencer par les terres des colons et les biens en déshérence (les propriétés des colons ayant pris la fuite, comme les habitations, les magasins et les usines). La nationalisation des mines (6/5/1966), ainsi que la Banque d’Algérie, transformée en Banque Centrale d’Algérie, puis la nationalisation des banques étrangères (1966), des compagnies d’assurance, du commerce extérieur, des secteur du transport et des hydrocarbures (24/2/1971).

- adoptant le système d’autogestion (gestion des terres agricoles nationalisées) (décrets de mars 1963).

- attribuant la gestion des biens en déshérence à des cabinets publics spécialisés.

- améliorant les conditions de vie des agriculteurs et en luttant contre l’exode rural et l’exploitation par l’adoption du projet de mille villages agricoles et socialistes.

- créant différentes sociétés nationales auxquelles il a été octroyé le droit de monopole du marché et des biens d’équipements en vue d’encourager la production nationale.

- Jetant les bases d’une industrie lourde nationale, telle que l’industrie de transformation en tant que base pour les industries légères.

- adoptant une politique de planification dans le but d’orienter et d’organiser l’économie nationale, à travers le plan triennal (1967-1969), le premier plan quadriennal (1970-1973), et le deuxième plan quadriennal (1974-1977).

C) les mutations économiques :

L’adoption de la politique socialiste en développement a eu un certain nombre d’inconvénients, dont notamment :

- le retard accusé dans l’édification des institutions constitutionnelles (la constitution en 1976 - l’instance législative en 1977….).

- le non encouragement du secteur privé -du moins dans le domaine des industries légères et moyennes- afin de parachever le choix de l’industrie lourde.

- l’échec de la politique de la révolution agricole, dont le résultat a été une pénurie chronique en produits agricoles.

- l’échec du programme de lutte contre la rareté, lequel a entraîné un engouement pour la consommation des biens aussi bien essentiels que superflus (1979-1988).

- l’échec de la politique de restructuration des grandes sociétés nationales, dont chacune s’est scindée en plusieurs sociétés.

Ceci s’est accompagné d’une forte baisse imprévue des prix du pétrole sur les marchés internationaux, un coup dur pour l’économie algérienne, basée fondamentalement sur les hydrocarbures qui constituent 98 % des revenus à l’export. Cette grave crise, qui a pesé lourdement sur les différentes mutations en cours, n’a pas tardé à se transformer en contestations populaires ayant abouti à l’amendement de la constitution, à la suite duquel ont été instaurés le multipartisme et l’accès à l’économie de marché.

L’accès à l’économie de marché a nécessité :

- la restructuration des établissements à activité industrielle.

- La privatisation de certaines petites et grandes sociétés.

- La promotion du secteur privé national et étranger.

- La promotion de l’initiative privée.

- L’instauration d’un partenariat avec l’Union Européenne.

- l’amorce des démarches en vue de l’accès à l’Organisation Mondiale du Commerce.

A partir de 2000, la politique de réforme appuyée par le Fond Monétaire International, le rééchelonnement de la dette extérieure  par le Club de Paris et l’augmentation soutenue des prix du pétrole ont abouti à une amélioration de la situation économique et financière du pays. Parallèlement, la politique fiscale adoptée a entraîné la baisse de la dette, le redressement de la balance commerciale et la constitution d’importantes réserves de devises étrangères.

Le plan quinquennal (2005-2009) a été mis au point en vue de consolider la croissance, avec une enveloppe budgétaire de l’ordre de 60 milliards de dollars.

D) Les secteurs économiques du pays

1. L’agriculture :

- la superficie des terres arables est estimée à 40 735 920 hectares, soit 17 % de la superficie globale.

- l’Algérie comptait 52 barrages jusqu’à fin 2003.

- parmi les plus importantes cultures en Algérie, en termes de production annuelle : 5,19 millions de quintaux de céréales, 38 millions de quintaux de légumes, 11,7 quintaux de fruits, 5 millions de quintaux d’agrumes et 142 mille tonnes de poissons.

- L’Algérie exporte les dattes et certaines quantités de légumes

2. L’industrie :

2-1. Les mines :  parmi les plus importantes mines produites par l’Algérie : le fer (1378 mille tonnes), le plomb concentré (mille tonnes), le zinc (2800 tonnes), les phosphates (905 mille tonnes, dont 722 mille tonnes destinées à l’export).

2-2. L’Energie :

- les hydrocarbures : l’Algérie occupe le cinquième rang mondial pour ce qui est des réserves de gaz naturel et représente le deuxième pays exportateur de cette matière, de même qu’elle occupe le quatorzième rang mondial au niveau des réserves de pétrole. L’économie algérienne est basée principalement sur les hydrocarbures qui représentent plus des 2/3 des recettes fiscales nationales et plus de 95 % des recettes en devise. Elles constituent aussi 46 % de la plus-value globale des secteurs en 2004.

- L’électricité et le gaz : grâce à une production effective qui dépasse 7000 mégawatts, la couverture du pays en électricité a atteint 95 %, un taux similaire à celui enregistré dans certains pays de l’Organisation de la Coopération et du Développement économiques (OCDE). Cinq (5) millions de familles bénéficient des services du réseau électrique. La distribution de l’électricité est assurée par la société Sonelgaz. Par ailleurs, 1,7 million de familles bénéficient de l’approvisionnement direct en gaz naturel, tandis qu’un programme de raccordement est en cours de réalisation, qui ambitionne l’approvisionnement de 70 % des ménages à la fin de l’année 2005, pour atteindre 100 % en 2015.

2-3. l’industrie

L’Algérie dispose d’un important parc industriel national. A cet égard, 70 zones industrielles ont été recensées ainsi que 500 zones d’activité, sur une superficie qui dépasse 22 000 hectares. Parmi les plus importantes industries de production en Algérie : les industries d’acier, métallurgiques, mécanique, électrique et électronique, l’industrie chimique, pneumatique et plastique, l’industrie agro-alimentaire et autres, comme les industries du cuir, des chaussures, du textile, du bois, du liège et du papier.

3. L’infrastructure et les équipements :

3-1. Les routes : le réseau des autoroutes demeure encore faible, dans la mesure où il ne représente que quelques centaines de kilomètres (en cours un projet d’autoroute est-ouest s’étendant sur 1216 kilomètres, qui sera renforcée par une route parallèle traversant les hauts plateaux, dont les travaux seront achevés vers l’année 2009). Par ailleurs, le pays dispose d’un excellent réseau de routes goudronnées, le plus dense en Afrique avec 100 000 kilomètres. Le parc national d’automobiles compte, quant à lui, 3 027 445 unités, dont 40 % utilitaires.

3-2. Le transport ferroviaire : ce réseau s’étend sur 3572 kilomètres, sachant qu’une infime partie en est électrifiée. En cours d’étude un projet de consolidation de la ligne liant la Tunisie au Maroc, dans le cadre d’un projet de train maghrébin.

3-3. Le transport aérien : l’Algérie dispose de 35 aéroports, dont 13 répondant aux normes internationales. Le réseau de transport aérien interne est, quant à lui, très développé.

3-4. Les ports les plus importants : Alger, Oran, Annaba et Jinjin qui assurent 75 % du trafic maritime. Les ports d’Alger, Annaba, Oran, Arziou, Skikda et Bejaia sont utilisés pour l’exportation des hydrocarbures. 

3-5. Les télécommunications : le parc de la téléphonie fixe compte 2,2 millions de lignes, dont 30 % utilisées par les administrations, les commerçants, les services et les établissements. Le taux de raccordement au téléphone est très faible, soit moins de 30 %.

Le secteur de la téléphonie mobile a connu un progrès fulgurant, avec plus de 7 millions d’abonnés et deux opérateurs étrangers (l’égyptien ORASCOM et le koweitien Wataniya), en plus de l’opérateur national MOBILIS. Ceci étant, on œuvre actuellement en vue de doter l’Algérie d’un réseau de télécommunications moderne, au moment où l’opération de la conversion numérique du téléphone fixe, grâce à un réseau de fibres optiques, a été achevée en 2001. A signaler que le réseau de la téléphonie fixe couvre l’ensemble du territoire national, malgré quelques contraintes dues au nombre insuffisant de relais et de lignes.

Sixièmement : le volet historique

L’histoire de l’Algérie remonte à des époques très lointaines, au cours desquelles le peuple algérien a connu des moments de gloire et de prospérité. Ces époques furent également riches en production intellectuelle et civilisationnelle 

A) Les Algériens contribuent à l’édification de la civilisation humaine :

1. L’histoire de l’Algérie remonte aux ères préhistoriques : la majorité des archéologues sont unanimes à considérer les anciens habitants de l’Afrique du nord comme appartenant à la race blanche qui a contribué à poser les premiers jalons de la civilisation humaine.

Ces scientifiques considèrent que l’Homme a peuplé au tout début l’Afrique du nord, premier berceau de la race blanche à partir duquel il a émigré en Europe. Ils ont étayé leur théorie par ces découvertes archéologiques faites par l’archéologue Arambourg en 1954 dans les environs de la ville de Mascara à l’ouest d’Alger, sur le site Ternifine, sous forme d’ossements dont l’origine remonte à 45 000 années avant Jésus Christ. Cet archéologue a découvert également, sur le même site, un autre squelette daté de près de 500 000 ans, accompagné d’outils acheuléens, à savoir des haches et des couteaux en pierre.

Ces objectifs archéologiques ont été attribués à l’Homme Atlanthropus mauritanicus (l’Homme de l’Atlas mauritanien). Ils attestent que l’Algérie actuelle est bien le berceau de la race humaine civilisée, qui a contribué à l’édification des civilisations au cours des différentes ères paléolithiques, telles la civilisation moustérienne, la civilisation atérienne, la civilisation oranienne et la civilisation capsienne et autres civilisations ayant régné dans différentes régions du territoire algérien, au nord comme au sud, à l’est comme à l’ouest (Tabsa, Ternifine, Tassili, Mechta Arabi, Sétif…), jusqu’à l’aube de l’histoire, avec l’invention de l’écriture ( lettres Tifinagh).

Par ailleurs, l’Algérie a vécu des époques difficiles, au cours desquelles elle a engagé des guerres féroces et une lutte acharnée contre les tentatives d’invasion impérialiste et d’occupation étrangère. A travers toutes ces batailles, le peuple algérien a fait montre de son attachement indéfectible à la liberté et à l’indépendance, ainsi que sa disposition à défendre sa patrie, sa souveraineté et son honneur.

Les caractéristiques de base de l’Algérie se sont formées progressivement sous l’influence de son environnement géographique et des courants intellectuels qui ont dominé l’Afrique, l’Orient et le bassin méditerranéen. En effet, les Algériens ont toujours interagi avec les événements dans ces régions, sous l’effet des vagues d’immigration humaine et des influences culturelles en provenance de l’Orient et de certaines régions africaines vers les pays de l’Afrique du nord et vice versa. C’est ce que montrent les dessins, comme ceux de la région de Tassili et autres, les outils, les anciens modes de vie qui ont subsisté et les différentes croyances dans la région.

2. Les Amazighs sont les populations aborigènes : les Grecs puis les Romains appelaient les habitants de l’Afrique du nord (Berbères), qui veut dire Hommes étrangers ne sachant pas parler leur langue.

Cependant, ces habitants préféraient s’appeler (Amazighs), qui signifie hommes libres. C’est ce qu’a confirmé une délégation des habitants de l’Afrique du nord au calife Omar Ibn Al-Khattab suite à la conquête de l’Egypte, en se présentant sous le nom d’Amazighs au lieu de (Berbères). 

B) Les Amazighs passent du système tribal à l’édification de royaumes

A l’instar des autres pays du monde, l’Algérie a connu, au début de son entrée dans les ères historiques, plusieurs royaumes fondés sur le système tribal. Néanmoins, l’attachement des Amazighs à la liberté et à la défense de leur patrie, outre leur lutte contre l’occupation et ce qui en a découlé, ont vite abouti à la constitution d’un système de valeurs ayant favorisé, par la suite, l’unification du commandement, en prélude à la création d’un Etat organisé, à savoir l’Etat de Numidie.

1. L’Etat de Numidie : (III° et II° siècles avant J.C) : La Numidie a engagé la bataille pour son édification en tant qu’Etat sur plusieurs fronts, notamment sous le règne de Masinissa, lequel a déployé tous les moyens politiques, militaires et diplomatiques en vue de réussir l’unité nationale. Ainsi, il a construit une forte armée terrestre et une flotte maritime, afin de contrecarrer l’occupation et assurer la sécurité des routes du commerce extérieur. Il a en même temps encouragé la sédentarisation des nomades en leur apprenant les techniques d’agriculture. Il a, de surcroît, procédé au développement des réseaux d’irrigation, ce qui a favorisé un essor économique considérable.

Aussi, l’Etat de Numidie n’a-t-il pas tardé à s’imposer en tant que puissance redoutable dans le bassin de la méditerranée, craint par Carthage et courtisé par Rome. Certains royaumes grecs étaient même fiers de conclure des alliances avec lui, vu qu’il assurait la sécurité des routes de l’économie mondiale.

En adoptant la devise (l’Afrique aux Africains) Massinissa traduisait son souhait de préserver l’indépendance de l’Etat de Numidie et sa détermination à mobiliser l’ensemble du peuple en vue de faire face aux convoitises étrangères. Ainsi, il était la première voix à avoir crié haut et fort le droit des Africains à assumer à eux seuls la gestion de leurs affaires et à être maîtres de leurs territoires.

L’Etat de Numidie a perduré jusqu’au règne de Jugurtha. Cependant, l’expansion de l’empire romain et la décadence de Carthage ont amené Rome à imposer son hégémonie à la Numidie, convaincue qu’elle était que si cette dernière gardait sa puissance et son indépendance, cela aurait pour conséquence de compromettre ses plans expansionnistes dans les territoires de l’Afrique du nord qu’elle considérait comme un réservoir pour ses besoins alimentaires et une profondeur stratégique.

2. Les Algériens étaient en guerre permanente contre les envahisseurs étrangers : les Algériens ont prouvé qu’ils avaient une forte personnalité et qu’ils formaient une nation indépendante. Afin de préserver leur identité, leur langue, leurs us et coutumes, ils étaient en guerre permanente contre les envahisseurs étrangers, tels les Carthaginois, les Romains (46 avant J.C/ 429), les Vandales (431-453) et les Byzantins (534 -647).

Le peuple est parvenu, sous le commandement de Jugurtha (petit-fils de Masinissa), pendant de nombreuses années, à repousser l’occupation romaine (la plus grande puissance à cette époque), défendant par là le patrimoine de ses ancêtres. C’est ainsi qu’il est parvenu à préserver l’unité de l’Etat, abolir la tutelle de Rome sur la Numidie et assurer son indépendance.                    

La guerre contre l’occupation romaine a duré, en effet, jusqu’au IV° siècle à travers un certain nombre d’insurrections populaires sous le commandement de Takfarinas et de ses successeurs. L’Algérie s’est transformée -tout au long de l’occupation romaine, vandale et byzantine- en un champ de bataille enflammé, ce qui prouve que les valeurs de résistance et de lutte pour la libération par les moyens disponibles contre les envahisseurs sont restées vives dans la conscience du peuple tout au long de ces ères.

C) La conquête islamique : (647) :

La conquête islamique de la région et la conversion à l’Islam de ses habitants, outre le lien étroit entre l’Islam et la langue arabe qui est la langue du Saint Coran, fut le début d’une nouvelle ère ayant entraîné un changement radical de la société musulmane en fusionnant sa structure socio-économique et culturelle dans le creuset de la civilisation arabo musulmane.

Les Algériens formèrent donc une nouvelle société dont les traits sont puisés dans la civilisation islamique. Et l’Algérie reprit, dans le cadre du Maghreb arabe et musulman, sa marche qui était entravée par l’hégémonie romaine.

1. L’Etat Rostomide : (767-909) : Si l’Algérie a connu des tentatives de fondation d’un pouvoir local dans le but de mettre fin au pouvoir central en vertu duquel les pays du Maghreb arabe étaient soumis à l’autorité de la capitale du califat islamique en Orient(1), aussi bien en termes de gouvernance, d’administration que d’orientation, elle ne faisait que suivre la traces des autres pays islamiques, d’autant plus que ces tentatives, que ce soit à l’Orient, au Maghreb ou en Andalousie, ont été amorcées dans le cadre des principes et des préceptes de l’Islam et ne représentaient ni une rébellion ni une déviation par rapport à sa doctrine. 

L’Etat Rostomide fut le premier Etat de l’ère islamique en Algérie à avoir connu la fondation d’un pouvoir national administrativement autonome par rapport au pouvoir central islamique.

Sa capitale (Tahart) a aussitôt connu un essor économique considérable, dont l’importance dépassa les frontières de l’Etat. Il va sans dire que le contrôle par Tahart de ce qu’on appelait la route de l’or, reliant l’Afrique à la méditerranée, a constitué un facteur principal ayant contribué à cet essor économique à double dimension culturelle et urbanistique.

2. l’Etat Ziride - Hammadide (1007-1052) : l’Etat fondé par Beni Ziri était connu sous le nom d’Etat Ziride, et sa première capitale fut Achir puis Kairouan. Sous le règne de Beni Hammad, la première capitale fut Qalâa des Beni Hammad, dont l’importance tenait à sa position qui contrôlait une importante route reliant le Sahara algérien aux pays africains situés au sud, ainsi qu’au Sahel qui entretenait des relations économiques avec l’Europe. C’est pourquoi l’Etat Hammadide a fondé la ville de Nassiria ou (Béjaia) sur les vestiges de la ville phénicienne Saldaye, qui deviendra plus tard la capitale de l’Etat, où les Italiens ont appris les mathématiques, puis l’ont diffusé partout en Europe.

L’Etat Hammadide a connu un grand essor économique et culturel, ainsi qu’un progrès considérable en matière d’urbanisme, qui se traduisèrent par la prospérité et le développement de plusieurs villes, comme Biskra, Stif, Miliana, Media et Alger.

3. Les Almohades et l’édification du Maghreb arabe (1121-1235) : Fondé à partir de la ville de Marrakech au Maroc, sur les vestiges de l’Etat (Ziride - Hammadide) en Algérie, l’Etat (Ziride - de Badisse) en Tunisie et l’Etat Almoravide au Maroc, cet Etat est parvenu à concrétiser l’unité du Maghreb arabe pour la première fois au cours de sa longue histoire, soumettant ainsi à son autorité l’ensemble de la région, le nord comme le sud, l’est comme l’ouest.

Cette unité, qui a englobé même l’Andalousie, a contribué à la dynamisation de l’urbanisme et à la prospérité de l’économie, de même qu’elle a entraîné un développement culturel et scientifique sans précédent. C’est aussi à travers elle que le Maghreb arabe a contribué par ses importants apports civilisationnels qui se sont traduits par l’émergence de sommités en matière de sciences, de lettres et de théologie, ainsi que de philosophes de renommée universelle, tels Ibn Rochd, Ibn Toufail, Ibn Baja et autres.

Le succès de l’Etat Almohade est dû au génie intellectuel de Mahdi Ben Toumart, au génie politique de Abdelmoumen Ben Ali ainsi qu’à son expérience militaire.

L’Etat Almohade était devenu la plus importante puissance politique dans la méditerranée, ce qui a poussé Salah-Eddine Al-Ayoubi à demander en (585 de l’hégire/1190) à son chef, le Sultan Yacoub El Mansour, de l’aider à couper la route de la Syrie devant les armées des Croisés.

Cependant, l’affaiblissement de l’Etat Almohade a entraîné le morcellement de celui-ci en plusieurs Etats, chacun aspirant à l’unification du Maghreb arabe sous sa bannière, mais en vain : Il s’agit de l’Etat Mérinide au Maroc, l’Etat Zianide en Algérie et l’Etat Hafside en Tunisie.

4. L’Etat Zianide (1235-1556) :

L’Etat Zianide, qui a pris comme capitale Tlemcen, fut la force politique et civilisationnelle la plus importante en Algérie après l’effondrement du pouvoir Almohade.

Cette époque fut marquée par la personnalité d’Ibn Khaldoun, cet éminent savant dont la pensée avant-gardiste a constitué une révolution universelle dans le domaine de la sociologie.

D) L’Algérie dans l’histoire contemporaine :

1. L’Etat algérien contemporain sous le règne ottoman (1518-1830) : la stérilité intellectuelle et le repli de l’Ijtihad (la jurisprudence) ont plongé le monde musulman dans une crise civilisationnelle qui n’a pas épargné les pays du Maghreb arabe. Il s’en est suivi une dégradation de la situation politique de ces derniers ainsi qu’une multiplication de ceux qui convoitaient le pouvoir, plus particulièrement après la chute de Grenade et le déclenchement d’une nouvelle vague de croisades contre le Maghreb islamique, dont l’importance stratégique n’a pas échappé à l’Europe chrétienne. C’est ainsi que l’Algérie est devenue une cible privilégiée de l’expansion chrétienne.

Ce ne fut pas une simple coïncidence si l’Espagne a pu, 13 années après la chute de Grenade, s’emparer de Mers Lekbir puis d’Oran et cibler un certain nombre de ports algériens non seulement dans le but de les coloniser, mais aussi pour christianiser leurs habitants, comme en témoignent les rapports des responsables espagnols de cette époque.

Les franges populaires ont trouvé, grâce à leur bon sens, dans les deux frères Arrouj et Kheir-Eddine Barbarous de sérieux leaders politiques capables de garantir leur union.

En effet, l’Algérie fut annexée à l’Etat ottoman par les soins des deux frères à partir de 1518. Très vite, l’Algérie se dota d’une flotte maritime qui devint aussitôt une force de dissuasion dans le bassin méditerranéen, et aida à poser les jalons d’un pouvoir qui fut à la base de ce qu’il est permis d’appeler sans exagération l’Etat algérien moderne sous le règne ottoman, avec son régime indépendant et ses institutions bien réelles.

Cet Etat s’est basé sur sa puissante flotte dans l’organisation du Djihad maritime afin de contrecarrer les convoitises étrangères et faire échouer les nouvelles tentatives des Croisés.

Pendant cette période, l’Algérie a réussi à s’affirmer en tant qu’Etat redoutable, avec ses caractéristiques propres et des frontières bien délimitées, ainsi qu’à se distinguer en tant qu’un Etat puissant au sens moderne du terme, jouissant d’une personnalité reconnue à l’intérieur comme à l’extérieur des territoires de l’empire ottoman.

2. Les convoitises colonialistes européennes : les dernières années dans l’existence de l’Etat algérien moderne et indépendant dans le cadre du califat ottoman étaient marquées par la décadence intellectuelle du monde islamique, au moment où l’Europe réalisait un progrès économique significatif et s’apprêtait à vivre la révolution industrielle. C’est à partir de là que l’Europe commença à réfléchir aux moyens de contrôler les autres régions du globe afin de satisfaire ses désirs expansionnistes. Aussi, l’intervention de l’Europe dans les affaires de l’Algérie commença-t-elle à devenir plus flagrante depuis le début du 19ème siècle, plus particulièrement lorsque la conférence de Vienne, tenue en 1815, décida de frapper la force maritime algérienne, sous prétexte de combattre la piraterie. 

3. L’occupation française en 1830 : Après que l’Algérie eut parvenu à repousser les vagues successives d’incursion, elle fut contrainte d’entrer en guerre non seulement afin de défendre son honneur et sa souveraineté à l’intérieur de ses frontières, mais également dans le but de repousser les agressions contre les pays voisins et le monde islamique. C’est ce qui l’amena à engager sa flotte dans la bataille maritime de Navarine (octobre 1827). Néanmoins cette bataille fut inégale, et la conséquence en fut la destruction de la majorité des unités de la flotte algérienne et ottomane par les flottes alliées de la France, de la Grande Bretagne et de la Russie.

La France, qui complotait depuis longtemps pour occuper l’Algérie, a profité de la situation pour l’envahir vers la fin de juin 1830, avant de l’occuper à partir du 5 juillet. 

E) La lutte contre l’occupation française :

1. La résistance populaire sous le commandement d’Ahmed Bey et de l’Emir Abdelkader : Dès la capitulation de Dey Houssine en vertu du traité de 5 juillet 1830, les français ont pris l’initiative de violer ledit traité. Loin de s’avouer vaincu, le peuple algérien porta les armes, répondant ainsi à l’appel du Djihad.

En effet, la résistance populaire ne tarda pas à s’organiser dans tout le nord du pays, et les populations engagèrent la première guerre de libération dès les premiers jours de l’occupation, sous le commandement d’Ahmed Bey dans la région orientale et de l’Emir Abdelkader à l’ouest et au centre. Celui-ci entendait à la fois contrecarrer les forces de l’occupation et reconstruire l’Etat qui a duré jusqu’en 1848. Pour ce faire, il forma un gouvernement et un conseil consultatif, organisa l’armée, fonda une industrie militaire et frappa la monnaie. Il a également intensifié ses contacts diplomatiques et conclu plusieurs traités.

2. La résistance populaire se généralise dans tout le pays : Après la résistance d’Ahmed Bey et de l’Emir Abdelkader, la lutte se poursuivit dans tout le pays sous forme d’insurrections populaires armées sous divers commandements nationaux : El Mokrani et Cheikh Haddad (1871-1872), Lalla Fatima Nsoumer (1851-1857), Bouamama (1881-1908), Ouled Sidi Cheikh (1864-1881), l’oasis Zaâtcha (1849), l’Aurès (1916) et Benacer Ben Chohra. La lutte a continué jusqu’en 1920 avec la fin de la résistance de Cheikh Amoud à Tassili, au sud du Sahara.

Si ces insurrections n’ont pu aboutir à la victoire escomptée, cependant elles ont eu le mérite d’empêcher la progression de la colonisation française de l’Algérie avec la facilité espérée.

3. Le peuple algérien change la tactique de la résistance (1900-1954) : l’irrégularité des insurrections populaires et la multiplicité de leurs commandements n’ayant pu aboutir à la victoire, l’élite intellectuelle décida de changer la tactique de la résistance, en adoptant différentes formules (partis - associations - clubs - presse - éducation). Ainsi, un bon nombre mouvements et instances politiques verront le jour entre la première et la seconde guerre mondiale, contribuant, à des degrés variables, à cultiver le sens du patriotisme.

En effet, le mouvement Etoile de l’Afrique du Nord sous le commandement de Messali El-Hadj avança, à ses débuts, l’idée du recouvrement de l’indépendance à l’échelle du Maghreb arabe, puis devint un mouvement purement algérien, auquel succéda le parti du peuple algérien qui prônait l’idée de l’indépendance de l’Algérie à travers une large formation populaire. Par ailleurs, un autre mouvement est apparu, qui croyait à la possibilité d’un compromis devant garantir l’égalité entre Algériens et Européens dans un cadre français, avec à sa tête Ben Jeloul puis Farhat Abbas. Quant à l’Association des Ulémas Algériens et Musulmans, elle s’est attelée à la réforme à travers ses journaux, clubs et mosquées indépendants, ainsi qu’à l’enseignement de la langue arabe et de l’histoire nationale au sein de ses écoles, afin de sauvegarder l’identité nationale.

4. Le peuple algérien livre la bataille fatidique et en sort vainqueur (1954-1962) : L’ensemble des partis, mouvements et instances ayant échoué à trouver la formule idoine à même d'unifier les rangs du peuple algérien et le pousser à livrer la bataille décisive contre le colonialisme, un groupe de militants conscients des exigences de la phase historique et résolus passer à l’action décidèrent, à travers le Comité Révolutionnaire de l'Unité et de l'Action, puis le Groupe 22, de passer à la lutte armée et annoncèrent le début de la révolution armée la veille du premier novembre 1954, à travers un communiqué émis par le Front de Libération Nationale, qui annonça les objectifs de la révolution et la tactique de la lutte à adopter.

Le Front de Libération a réussi une mobilisation populaire interne sans précédant, notamment suite à la tenue de la conférence de l’Oued Soummam, le 20 août 1956, dans la mesure où il est parvenu aussi bien à fonder des structures civiles à l'intérieur qu'à créer des organes le représentant à l'étranger et ce, dans le but de mettre à profit cette mobilisation, favoriser la solidarité arabo- musulmane, ainsi que celle des mouvements de libération nationale et de toutes les forces éprises de liberté et de paix dans le monde. Ainsi, il a pu -grâce à l'héroïsme des soldats de l'Armée de Libération Nationale dans les montagnes, des volontaires et des résistants dans les campagnes et les villes- s'imposer à l'ennemi qui fut obligé, en fin de compte, de le reconnaître et de négocier avec lui, avant d’admettre l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962.

Septièmement : le régime politique

Le régime politique de l’Algérie est républicain, constitutionnel, démocratique et pluraliste.

A) La politique interne : En ce qui concerne son évolution politique, l’Algérie a connu deux étapes distinc