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Revue l'islam aujourd'hui N° 23-1427H/2006

 

Les fondements d’un discours islamique moderne
Dr Abbas Jirari(*)

 

Quiconque médite sur la crise que traversent les musulmans aujourd’hui aboutira à la conclusion qu’aucune issue, ni solution à leurs problèmes épineux ne sont possibles que par le biais d’une réforme.

Cette réforme est devenue inéluctable  non seulement en raison de cette règle éternelle qui rend nécessaire l’évolution de la vie, mais également parce que la réalité des peuples islamiques l’exige, sans oublier les contraintes de la mondialisation qui incitent à  l’action dans ce sens.

Cependant, cette action ne peut être pertinente, c’est-à-dire bénéfique à ces peuples que si elle se fonde sur les valeurs qui les caractérisent et à leur tête la culture. Celle-ci doit être forte afin de pouvoir participer à cette ère moderne, voire relever ses défis et être capable, avant tout, de tirer profit des aspects positifs de cette mondialisation. En effet, y prendre part permettra de consolider l’idée de réforme interne et l’adapter au changement escompté.

Cette initiative sortira alors du domaine du rêve et de l’imaginaire, du sentiment de dépit et du rejet pur et simple, pour entrer dans la phase de la contribution active au changement. Pour ce faire,  force est de commencer par une auto-critique, condition sine qua non de toute participation positive à ce processus.

Ils est vrai que les musulmans aujourd’hui -en raison des circonstances et des changements complexes qu’ils traversent à l’intérieur comme à l’extérieur -doivent incessamment entamer une phase de réforme radicale où ils seront contraints de réviser leurs systèmes politique, économique, social et autres. Mais ceci ne pourra s’effectuer correctement que si l’on commençait par la culture.

Il est également vrai que ces derniers temps, on a largement discuté de la réforme à tous les niveaux. Mais, ces discussions prennent souvent l’allure d’une propagande qui ne peut être qualifiée que de négative car guidée de l’extérieur, voire imposée par certaines parties qui l’utilisent comme moyen d’intimidation et de menace. Or l’objectif est de corriger de l’intérieur les notions, les idées et les modes de comportement, aussi bien au niveau des responsables qu’au niveau de toutes les instances de la société, tous courants et tous individus confondus, afin de faire face aux défis nationaux non par de simples slogans réformistes mais par l’adoption de solutions sérieurses et efficaces.

Ainsi, les responsables doivent être convaincus que la réforme ne peut être entamée sans communiquer et sans coopérer avec les forces internes, et à leur tête les forces culturelles. Il est à rappeler que même ceux qui n’appréhendent la réforme qu’à travers son côté politique ou économique, doivent tenir compte du lien de ces deux aspects avec les domaines culturels et sociaux qui ont une influence, voire un pouvoir de direction et de contrôle.

Il est de notoriété publique que l’élément culturel est à l’origine de la divergence de vues sur la mondialisation au niveau des nations et des peuples. Ceux-ci  sont convaincus de la nécessité du pluralisme culturel qu’ils pratiquent d’ailleurs avec fierté, tout en s’attachant à leur culture spécifique car elle constitue l’une des composantes primordiales de leur identité.

Lorsqu’elle prend appui sur la culture, notamment sur sa dimension corrective, la réforme contribue sans doute à la renforcer dans tous les domaines lui permettant de rayonner et de créer, grâce à ce rayonnement, les conditions d’un épanouissement intellectuel qui lui permet de jouer le rôle qui lui est assigné et résister à toute idéologie adverse.

L’idée que la culture doit constituer le point de départ de toute réforme globale, provient de la conviction que toute réforme est vaine si elle ne porte pas un regard sur la société, ses valeurs, ses besoins et tous les objectifs auxquels elle aspire à court terme et à long terme. Or, ce but ne peut être atteint qu’à travers la culture, clé du progrès et du développement.

La question qui se pose aux musulmans d’aujourd’hui est de savoir comment satisfaire à cette exigence qui se fait de plus en plus pressante tant à l’intérieur qu’à l’extérieur et à laquelle il faut absolument trouver une solution efficace.

Cette solution consiste à concilier les besoins de la réforme et les moyens à mettre en œuvre pour la réaliser, la réalité vécue et les constantes identitaires. Cela tient au fait que bien des aspects de cette réforme sont liés à un Autre qui part d’une identité et de constantes différentes, sans oublier qu’avant tout, il est motivé par des intérêts qu’il tente d’atteindre quel que soit le prix à payer par la partie la plus faible.

La religion est la première constante que l’on ne peut supprimer ou délaisser étant donné son profond enracinement dans la société et son caractère historique. En outre, la religion a toujours constitué un paravent contre les crises qui ont touché la société comme lors de la lutte contre le colonialisme.

Aussi, la religion est-elle souvent placée -à tort- dans une situation de conflit avec la modernité qui est elle-même liée -à tort également- à l’athéisme et au laïcisme.

La réforme à laquelle aspire la Oumma islamique n’est possible que si l’on adopte, comme point de départ, la révision de notre culture et du discours qui la sous-tend. L’innovation de ce discours, qui doit être islamique et contemporain, est la base de toute tentative de modernisation. Ayant fait l’objet de beaucoup de discussions et d’appels venant d’Orient et d’Occident, l’imposition de cette modernisation aux musulmans à partir de l’extérieur se fait d’une manière qui ne leur sied pas toujours.

Il va sans dire que ce discours, à caractère islamique, doit être puisé dans la pensée musulmane, avec tout le pluralisme et la diversité dont il a hérité grâce à l’assimilation des cultures des peuples qui ont fait profession d’islam.

Il doit être également capable de trouver une formule adéquate qui lui permettra de distinguer entre les constantes de l’Islam et tous les intrus et les innovations sur lesquelles on a beaucoup insisté et que l’on a mis en relief durant les périodes de décadence, ce qui a abouti à des traditions figées ayant touché l’essence même de la religion et exacerbé les divergences entre musulmans.

Les objectifs de ce discours ne seront pas atteints si ce dernier n’attirait pas l’attention sur l’importance de la culture, c’est-à-dire sur la pensée, le savoir, le patrimoine, la recherche scientifique et, corrélativement, sur les instituts et les universités qui souffrent malheureusement d’une carence dans le domaine des études scientifiques sérieuses. Ces lieux du savoir sont négligés et manquent d’encouragement en dépit d’une pléthore d’enseignants-chercheurs en mal de motivation au point qu’ils se voient contraints d’émigrer vers des pays étrangers qui leur offrent ce qu’ils n’ont pas dans leur pays.

Aujourd’hui, la pensée islamique n’est plus confinée dans des sciences et des connaissances limitées comme ce fut le cas naguère, où les savants étaient capables d’acquérir et de transmettre le savoir quel que soit sa variété. Car leur savoir les menait du fiqh à la logique en passant par la littérature et l’art. Notons à ce propos que les sciences religieuses constituaient une passerelle vers les autres disciplines.

C’est ce qu’il faut tenir en compte avec l’élargissement des champs du savoir et l’extension des horizons de la pensée humaine, notamment après que des voix se sont élevées, ici et là, appelant à éloigner la religion des autres domaines en prétendant qu’autrement aucune promotion ne serait possible.

En adoptant le nouveau discours islamique à la lumière de cette pensée élargie et pour que cette adoption puisse être fructueuse, il est nécessaire d’effectuer une autocritique mais sans miner l’identité ni s’abandonner au sentiment d’échec et de frustration que génère le sous-développement. De même qu’il ne faut pas verser dans l’autocélébration excessive en vantant les gloires du passé et en diffusant des slogans condescendants, sans contenu et sans objet parce qu’ils ne se prêtent plus à la conjoncture actuelle.

Si nous soulevons avec insistance la question de l’auto-critique, c’est parce que nous la jugeons nécessaire car nous ne voulons pas que les générations actuelles et futures soient gagnées par un sentiment de faiblesse et de défaite. En fait, nous sommes capables non seulement de faire face à l’Autre mais de nous confronter à nous-mêmes dans le but d’œuvrer sérieusement à nous amender et à rectifier notre situation. Les penseurs doivent assumer cette responsabilité dans ses multiples dimensions (politiques, économiques, sociales et autres) en la défendant avec optimisme.

Cette attitude objective sera sans doute de nature à mettre fin à toute attaque ou rejet de cet Autre qui détient les  ficelles du développement et préside au destin des peuples sous-développés en leur dictant ses consignes afin d’améliorer leur situation. Mais il va sans dire qu’en agissant dans ce sens, l’Autre se doit de ne pas dépasser certaines limites. Si un tel dépassement survient, une réaction est de mise. A cet égard, l’affaire de la profanation du Saint Coran est encore dans les esprits(1).

Il est certain que cette attitude tolérante nous incitera à maîtriser les ressorts du développement, des sciences et du savoir et adopter les valeurs qui préconisent la discipline, la droiture et l’incitation au travail et à la production. Or, l’Islam avait déjà prêché ces valeurs qui ont permis aux premiers musulmans de fonder une grande civilisation et une culture raffinée.

Ce qui précède nous incite à chercher les véritables facteurs qui ont poussé les musulmans à ne plus accompagner la brillante marche civilisationnelle et culturelle de l’humanité. A ce propos, une question se pose avec récurrence à savoir : «pourquoi les Musulmans ne se sont pas développés comme les autres ?».

Dans ce contexte, il apparaît que le renouvellement du discours islamique doit prioritairement tenir compte de la conjoncture historique, avec tous les problèmes et les crises qu’elle implique, comme la question du régime politique ou du gouvernement en Islam(2). Outre un effort de  jurisprudence, ces questions nécessitent une préparation psychologique et intellectuelle afin d’atténuer la confrontation et le rejet qu’elles suscitent aussi bien chez les ennemis de l’Islam que chez les sceptiques parmi les musulmans. Adeptes de la laïcité, ceux-ci craignent que ce système ne se transforme en un système totalitaire ou en un régime qui se servirait de la religion et des hommes de religion pour masquer son totalitarisme, voire le justifier.

Le renforcement de l’esprit religieux à travers les valeurs de la société et les fondements de la vie privée et publique serait le moyen qui permettra aux institutions de suivre la voie de l’Islam dans tous les domaines, notamment politique et économique, sans se soucier de faux problèmes visant uniquement à bafouer les affaires religieuses et irriter les musulmans, comme la question de savoir si la femme peut accéder à  la dignité d’imam, ce qui n’est en fait qu’une simple invention tendant à dévier leur attention de la réalité amère et des différentes crises dont ils souffrent.

Afin que le discours escompté puisse remplir sa fonction, il doit procéder d’un courage intellectuel lui permettant d’apporter aux vrais problèmes les vraies solutions. C’est ainsi que l’on pourra entrevoir l’avenir et y déceler les zones d’ombre qui nécessitent une planification pour éviter qu’elles se manifestent et qu’elles s’aggravent ; mêmes s’il s’avère nécessaire de chercher des alternatives à la plupart des choix existants et dont les expériences nombreuses et répétitives ont montré qu’elles étaient infructueuses, car elles ne font que répéter des slogans pour calmer les esprits. Or, ces slogans ne jouissent d’aucune crédibilité car elles émanent de personnes ne disposant pas des qualifications requises ni de l’esprit islamique de base.

Aussi, le discours islamique moderne doit-il être mené par de véritables savants, capables de l’orienter et de le guider en harmonie avec les principes de la Oumma, loin de toute ignorance ou confrontation et avec une disposition à le défendre, à continuer sa construction et poursuivre son développement. Il s’agit aussi de faire face à tous les défis, à commencer par effacer les contre-vérités que l’on veut attribuer à l’Islam, notamment l’extrémisme et le terrorisme, phénomène universel né en dehors des pays islamiques et dont les causes et les motivations sont connues.

Etant donné que l’objectif de cette déformation est d’éloigner les musulmans de leur religion qui est innocente d’une telle accusation, le nouveau discours islamique  doit commencer par raviver la dimension spirituelle dans l’esprit du musulman en consolidant notre lien avec le Très-Haut et avec Sa religion sacrée. Cela se concrétise par une compréhension correcte du culte et de son rôle, non seulement en ce qui concerne notre relation avec Dieu, mais aussi en ce qui a trait au comportement envers soi et envers autrui, en mettant en œuvre tout ce qui peut redresser ce comportement et l’orienter vers l’établissement de relations humaines utiles visant à diffuser le bien et à ressusciter l’espoir chez les générations montantes.

Pour cette raison, nous voulons que ce discours résorbe le sentiment de désespoir, d’angoisse, de mal-être et d’aliénation qui mine les membres de la Oumma et annihile les causes de l’échec et de l’exclusion qui les habitent. Nous voulons un discours qui leur rende confiance en eux-mêmes, en leur religion, patrie, langue et culture et qui les revitalise en leur donnant les moyens d’être  suffisamment entreprenants pour progresser et se développer.

Ce discours réformiste sera convaincant non seulement pour ceux qui le supervisent et ceux qui essaient d’y contribuer, mais également pour l’ensemble des membres de la Oumma car cela leur permettra d’interagir en toute conscience et en connaissance de cause. Mais d’abord, force est de comprendre la problématique du sous-développement, de ses causes (internes et externes) et des moyens à mettre en œuvre pour y remédier et satisfaire aux exigences du progrès tel que nous l’avons déjà précisé.

Cependant, la persuasion par le discours ne doit pas sombrer dans une plate littérature ni dans des prescriptions destinées à être glorifiées. Au contraire, ce discours doit véhiculer un projet de réforme globale qui vise le renouvellement, le changement et la discipline au travail. C’est un projet qui appelle à la contribution, l’enthousiasme et le patriotisme de tous dans un espace de liberté élargi. Pour ce faire, force est de s’appuyer sur les divers outils de télécommunication, notamment l’Internet, la télévision et les médias de manière générale car ils ont un impact certain sur la communication, sans négliger les moyens d’information traditionnels.

Si ces dimensions sont nettement précisées, le discours islamique escompté n’en sera que plus convaincant, non seulement pour ceux qui croient à la voie islamique, mais  également pour ceux qui rejettent cette voie parmi les intellectuels musulmans qui voient dans la culture occidentale l’unique issue pour s’affranchir du sous-développement. Bien qu’ils ne soient pas nécessairement opposés à cette voie, ils estiment cependant qu’elle est passée de mode et que toute tentative de la réformer serait vaine.

L’objectif de cette persuasion est de trouver un consensus entre les différentes composantes et structures de la société. Ce consensus suppose en principe que le discours englobe tout ce qui unit les musulmans et rejette tout ce qui est susceptible de les diviser ; mais requiert en même temps d’accepter les différences en tenant compte des intérêts futurs de ladite société et en établissant des canaux de communication à cet effet.

Par voie de conséquence, il faut, à travers ces canaux, se mettre en relation  avec les non musulmans à travers les valeurs qui constituent la base de tout dialogue et de toute coopération. Pour ce faire, on doit fixer  les priorités sur lesquelles il faut se concentrer pour répondre aux exigences de l’étape historique et délicate que traverse le monde d’aujourd’hui. Les musulmans ne doivent pas être à la traîne, ils doivent intégrer le progrès en devenant des partenaires qui contribuent avec leurs moyens au développement et non pas des individus à la charge de la société.

Par ailleurs, se fait sentir le besoin d’un discours islamique qui donne une nouvelle image de nos valeurs, de nos principes et de notre réalité et fait connaître les aspirations de nos peuples à court et à long terme.

Une telle image ne peut être juste que si elle nous permet de croire en nous-mêmes et reconnaître les maux qui nous rongent et nous tirent vers le bas, c’est-à-dire vers plus de sous développement et de déclin ; l’image que l’on renvoie de nous-mêmes doit inciter les autres à nous traiter avec plus de confiance de manière à adhérer à notre discours moderne, par opposition au discours traditionnel tel qu’on le présente encore,  malgré la contradiction qui caractérisent ces deux discours.

Telle est la responsabilité de nos ouléma et intellectuels qui sont appelés à se débarrasser de l’oisiveté, du sentiment d’incapacité et de désespoir qui les accule, aux mieux, à commenter les événements ou à adopter une attitude de  spectateur tant qu’ils ne sont pas concernés par la réalité.

Ils sont également appelés à reprendre leur rôle de pionniers puisqu’ils sont considérés comme le moteur qui met en marche la société en exposant les problèmes et en essayant d’y remédier  à travers une vision optimiste et prometteuse tournée vers l’avenir et garante de la modernité. C’est ainsi qu’ils doivent s’investir dans la société par leur pensée et leur conscience en prenant soin de ne pas laisser le terrain libre à ceux qui veulent le fourvoyer à coup d’appels mensongers et de slogans vides de sens.

Cela signifie qu’ils doivent renouveler leur lien avec la société et ne pas s’en dissocier à cause d’un soi-disant niveau d’instruction ou d’un quelconque statut social ou encore par refus de certaines traditions. Ils doivent également faire preuve de flexibilité et de tolérance envers eux- mêmes, envers leurs paires et envers les autres. De même qu’ils sont tenus de bémoliser leur fort attachement aux idées, systèmes et méthodes anciennes pour les uns, idées et théories nouvelles et séduisantes, pour les autres.

Ainsi, pourraient-ils  développer une nouvelle pensée islamique,  capable d’activer la réforme et concrétiser la modernisation, mais sans se départir des principes qui les rapprochent de leur société et leur permettent d’accomplir leur mission (éclairer les esprits) dans le cadre de la confiance mutuelle qui devrait procéder du nouveau discours islamique.

Dans ce discours, la confiance est un élément qui doit participer -comme souligné précédemment d’une lecture réaliste de notre temps, c’est-à-dire de la période actuelle qui, malgré les crises et défis auxquelles font face les musulmans, montre l’Islam sous une image qui incite à l’optimisme ; elle apparaît notamment à travers le nombre croissant des conversions à l’Islam et une diffusion sans précédent auprès des jeunes générations de musulmans. Cet état de fait dénote un éveil islamique porteur de promesses, qui servira sans doute les intérêts des musulmans sous peu qu’il soit appréhendé avec rationalisme et qu’il reprenne les valeurs de l’islam en l’immunisant de toute déviation ou déformation. Cette renaissance sera en même temps, un catalyseur pour la réforme et le progrès.

Aussi, avons-nous grandement besoin d’une pensée islamique moderne véhiculée par un discours qui tienne compte de tous les changements qu’a connus l’humanité, avec toutes les innovations qui les ont accompagnés, adopte une démarche attrayante et traite les questions politiques, économiques, sociales et culturelles actuelles avec un esprit scientifique qui recourt à l’effort intellectuel(3) en s’appuyant sur les constantes de la Charia, les exigences de la Raison et prend en compte les intérêts vitaux. Pour ce faire, il faut adopter une approche globale fondée sur la facilitation et la simplification dans le but de concilier religion et réalité dans un cadre pratique qui se prête à la coexistence, sans contradiction ou confrontation susceptibles de mener au rejet. Le but de la manœuvre est de redynamiser le texte religieux, mettre en relief sa dimension réaliste, le maintenir en vie et le doter d’un effet positif sur la vie du musulman. Car il demeure, dans le cadre de sa référence et de son idéal, capable non seulement d’accompagner la modernité et de s’y adapter, mais également de la contenir et de l’assimiler, de différencier entre l’utile et l’inutile, d’en développer les côtés positifs et de l’enrichir afin de continuer sur la voie du progrès et aller, avec l’Islam, au-delà de la modernité.


(*) Conseiller de Sa Majesté le Roi du Maroc, membre de l’Académie Royale du Maroc, professeur titulaire d’une chaire à l’Université Mohammed V.

(1) Ce crime abominable a été commis en Palestine par les forces d’occupation israéliennes.

(2) Cf. Islam et laïcité, coll : Connaissance de l’Islam, Rabat, 2003, Publications Club Jirari- n° 26 et L’Etat en Islam coll. Vision moderne, Rabat, 2004, Publications Club Jirari, n° 27.

(3) Voir au sujet de l‘Ijtihad (l’effort intellectuel) ce que l’auteur a publié dans les deux ouvrages précédemment cités, ainsi que dans : Pas d’extrémisme ni terrorisme en Islam, Rabat, 2004, publications Club Jirari, n° 30.

  

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