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Quelques réflexions sur
l’islam et la violence
Dr Youssef El Qardaoui(*)
Le terme "violence" :
Selon le dictionnaire, le mot violence (‘unf) est l’antonyme
de douceur. Violence signifie rudesse et cruauté. Dans
certains hadiths du prophète, la violence s’oppose à la
douceur. Le prophète que la prière et la paix soient sur lui
a dit : «Dieu est doux et aime la douceur. Il récompense la
douceur et non la violence»(1).
Le prophète, qui aimait la douceur et abhorrait la violence,
exhortait ses compagnons à adopter la douceur en toutes
circonstances. L’épouse du prophète, Aicha, rapporte ces
hadiths : «autant la douceur rend toute chose belle, autant
la violence l’enlaidit»(2), «Dieu récompense la douceur et
non la violence et Dieu accorde la douceur à ceux qu’Il
aime. Quiconque est privé de douceur est privé du bien»(3).
J’ai, en outre, remarqué que le mot violence ne figure dans
le coran, ni comme substantif, ni comme adjectif et encore
moins comme verbe.
La "Violence" à notre époque : terme et concept :
De nos jours, la notion de violence est très présente et
revêt un sens très péjoratif. On la rencontre à plusieurs
niveaux :
- Familial : elle concerne les relations conjugales et
filiales et les relations entre le chef de famille et ses
domestiques.
- Social : elle se manifeste dans la relation entre
employeurs et employés et entre les personnes en position de
force et celles en position de faiblesse de manière
générale.
- Educatif : elle marque la relation entre les enseignants
et les élèves.
- Dans le domaine législatif : notamment dans la chari’â
islamique dont les sanctions pénales sont jugées trop
sévères par certains occidentaux.
- C’est surtout en politique que cette notion est la plus
courante. Elle est même incriminée depuis quelques années,
même si le concept n’a pas été défini.
Ce sont particulièrement les musulmans qui sont taxés de
violence, notamment par les occidentaux qui, en réalité,
sont les plus violents, tandis que les musulmans n’en sont
que les victimes à travers le monde.
Notre propos ici portera sur la violence politique et
l’attitude des musulmans vis-à-vis de ce type de violence.
Qu’entendons-nous donc par cette violence politique tant
décriée, incriminée même ? Cette accusation est-elle fondée
? Si tel est le cas, l’Islam en est-il la cause ?
Essayons donc de définir, ne serait-ce qu’approximativement,
le terme "violence", tel que nous l’entendons dans cet
exposé.
Au sens courant, la violence est le recours à la force
matérielle ou militaire pour vaincre l’ennemi, sans
considérations légales ou éthiques et sans égard pour les
civils et les innocents. Elle peut émaner de personnes, de
groupes ou de gouvernements. Toutefois, certains groupes
sont accusés à tort de violence.
A mon sens, la violence consiste à adopter d’une façon
gratuite et excessive une attitude de rigueur et de cruauté
dans des lieux et à des moments inappropriés, sans aucun
respect des limites.
J’ai employé dans ma définition le mot "rigueur" plutôt que
l’expression "emploi de la force matérielle et militaire"
comme le font la plupart, car la violence, selon l’islam ne
se limite pas à cela. Elle se manifeste aussi dans les
débats et les polémiques.
L’islam prohibe la violence gratuite tant dans la parole que
dans l’acte. Partant, la prédication en islam est fondée sur
la douceur, non sur la violence comme Dieu a dit dans ce
verset : "Par la sagesse et la bonne exhortation appelle
(les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux
de la meilleure façon" [Annaml : 125] et : "Et dis à Mes
serviteurs d'exprimer les meilleures paroles, car le Diable
sème la discorde parmi eux. Le Diable est certes, pour
l'homme, un ennemi déclaré" [Al-israe : 53].
Dieu a ordonné aux musulmans de veiller, en s’adressant aux
peuples d’autres religions, à choisir, non seulement des
propos agréables, mais les meilleurs propos qui soient.
Le musulman doit donc, dans ses propos, ou même en répondant
à une offense, choisir les meilleures paroles comme a dit
Dieu : "La bonne action et la mauvaise ne sont pas
pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur" [Fussilat
: 34].
Le prophète que la prière et la paix soient sur lui donnait
aux musulmans le bon exemple en incarnant les valeurs et les
idéaux coraniques dont il puisait sa conduite. El Boukhari
rapporte dans son Sahih, selon Aicha que Dieu soit satisfait
d’elle : «Un groupe de juifs a demandé au prophète la
permission d’entrer. En guise de salut, ils ont dit : la
mort soit sur vous (assamou alaikom) au lieu de que la paix
soit sur vous (assalamou alaikom). J’ai alors dit : mort et
malédiction sur vous-mêmes ! Le prophète a dit : «ô Aicha,
Dieu aime la douceur en tout. J’ai dit : ne les as-tu pas
entendu ? Il a dit : j’ai dit : et sur vous!»(4).
Ces juifs mal intentionnés n’ont pas respecté les règles de
bienséance qu’il faut adopter en présence du prophète. Ils
ont mal prononcé l’expression Assalamou alaikoum qui est
devenue sur leur langue Assamou alaikoum. Mais, le prophète
qui n’a pas voulu que cette erreur délibérée soit un motif
de conflit, s’est contenté de leur répliquer : Et sur vous !
ce qui revient à dire : que la mort soit sur nous et sur
vous ! Il a ainsi appris à sa jeune épouse, emportée,
comment rester aimable et bienveillante quoiqu’il arrive.
Il va sans dire donc que l’islam n’admet pas la violence
verbale, encore moins l’usage inapproprié de la force
matérielle et militaire et ce, à tort ou à raison.
La violence chez les arabes durant la période preislamique
A cette époque, les Arabes se vantaient d’être puissants et
cruels, et non d’être justes et cléments. Certains d’entre
eux tuaient leurs enfants -les filles notamment- par
pauvreté ou par peur de la pauvreté. Ils allaient même
jusqu’à les enterrer vivantes : "et qu'on demandera à la
fillette enterrée vivante, pour quel péché elle a été tuée"
[Attakwir : 8-9].
Le poète Zuhair Ben Abi Salma écrit à l’époque, dans sa
muâlaqa :
Quiconque ne défend pas son territoire par les armes sera
détruit
Et quiconque n’agresse pas sera agressé.
C’est ce même sens qui ressort du proverbe arabe :
"Attaque ton ennemi avant qu’il ne le fasse".
Amr Ibn Keltoum, un autre poète, a dit dans sa muâlaqa :
A nous la vie
Nous attaquerons tant que nous pouvons le faire
Nous voulons être injustes
Et si nous ne le sommes pas encore
Nous allons bientôt nous y mettre.
Il a aussi dit :
Nous nous abreuverons d’eau pure
Et nous ne laisserons à nos ennemis qu’une
Eau trouble et boueuse.
Ces mêmes comportements fanatiques, aveugles qui consistent
à défendre les siens même à tort, ressortent dans le
proverbe : «Prends toujours le parti de ton frère, qu’il
soit ou non dans son droit».
Et dans ces vers :
On n’exige de son frère aucune preuve
Même lorsqu’il commet un crime.
Plus encore, pour décrire un chef arabe de l’époque, on
disait de lui que c’était un homme dont la colère mobilisait
celle de cent mille épées qui ne lui demandaient pas les
raisons de sa colère.
Lorsque, grâce à Dieu, ces arabes se sont convertis à
l’islam, leurs croyances, leurs idées et leurs comportements
ont changé. L’islam leur a enseigné la droiture de l’esprit
et la bonne conduite. Il leur a appris comment être justes
par égard pour Dieu, même à leur dépens ou au dépens de
leurs parents ou proches. Aussi, traiteront-ils tout le
monde équitablement, même leurs ennemis. Ils se placent
toujours du côté du droit et ne brandiront leurs armes que
pour défendre un droit ou combattre une injustice. Le
prophète que la prière et la paix soient sur lui a par
ailleurs autrement interprété le proverbe : "prends le parti
de ton frère qu’il soit ou non dans son droit!". Prendre le
parti de quelqu’un, d’après le prophète, c’est l’empêcher de
commettre une injustice au lieu de l’encourager.
L’islam a aboli les guerres de l’époque antéislamique. Il a
appelé les croyants à adhérer tous à la paix, à se soumettre
à la force du Droit, non à la loi du plus fort. Il a préféré
la paix à la guerre, la tolérance au fanatisme.
Excepté dans le cas de force majeure : pour repousser un
ennemi, empêcher la discorde, défendre les faibles, l’islam
rejette l’emploi de la force : "Le combat vous a été
prescrit alors qu'il vous est désagréable" [Al-bakara :
216].
Dieu commente ainsi la bataille de Al-ahzab où il n’y a pas
eu de confrontation sanglantes : "Et Allah a renvoyé, avec
leur rage, les infidèles sans qu'ils n'aient obtenu aucun
bien, et Allah a épargné aux croyants le combat. Allah est
Fort et Puissant." [Al-ahzab : 25].
Quelle beauté et quelle éloquence dans ce verset qui prouve
combien l’islam tient à la paix "Et Allah a épargné aux
croyants le combat."
La conquête de Houdaibia prit fin sans effusion de sang
alors que la guerre était imminente et que les compagnons du
prophète promirent sous l’arbre, de mourir en martyrs. La
sourate Al-Fath fut alors révélée au prophète. Elle salue
cet armistice historique "En vérité Nous t'avons accordé une
victoire éclatante" [Al Fath :1].
L’un des compagnons du prophète interrogea : «est-ce une
conquête ?». Il répondit : oui, c’en est une(5). Le
compagnon n’imaginait pas qu’il peut y avoir une conquête
sans bataille. Le prophète enseigne ceci à ses compagnons :
«Ne souhaitez pas vous retrouver face à l’ennemi. Implorez
Dieu de vous procurer la santé, mais si vous affrontez
l’ennemi, armez vous de patience et sachez que le paradis
est sous l’ombre des épées»(6).
Pour le prophète que la prière et la paix soient sur lui, la
paix équivaut à la santé. Le musulman la souhaite et prie
Dieu de la lui accorder pour toujours dans la vie d’ici bas
et de lui accorder la grâce dans l’au-delà : «Accordez-moi
mon Dieu la santé et la grâce»(7).
Le noble prophète détestait le mot "guerre" et ne voulait
même pas l’entendre. C’est pourquoi, il a dit : «les prénoms
préférés de Dieu sont Abdullah et Abdurrahman, ceux qu’Il
n’aime pas sont Harb (guerre) et Murra»(8).
Néanmoins, à l’appel de la guerre, quand il s’agit de
défendre la religion, la patrie, les leurs et les lieux
saints, les musulmans doivent répondre à l’appel sans la
moindre hésitation ou recul : "Ô vous qui croyez!
Qu'avez-vous? Lorsque l'on vous a dit : "élancez-vous dans
le sentier d'Allah" ; vous vous êtes appesantis sur la
terre. La vie présente vous agrée-t-elle plus que l'au-delà?
- Or, la jouissance de la vie présente ne sera que peu de
chose, comparée à l'au-delà! Si vous ne vous lancez pas au
combat, Il vous châtiera d'un châtiment douloureux et vous
remplacera par un autre peuple. Vous ne Lui nuirez en rien.
Et Allah est Omnipotent" [Attawba : 38-39].
Les Musulmans sont-ils violents de nature ?
Ce qui précède nous révèle la nature des Musulmans.
Malheureusement, les occidentaux les présentent sous
l’aspect de lions féroces pour qui la violence est un
héritage culturel et religieux inculqué dès leur plus jeune
âge et jusqu’à leur vieillesse.
Pour les occidentaux, la foi en islam serait fondée sur la
croyance en un Dieu fort, omnipotent et vengeur. A leurs
yeux, il est exigé des Musulmans d’être forts et vengeurs à
l’image de leur Dieu, et donc d’être capables de se
défendre. C’est pourquoi, ils n’ont pas de compassion pour
les ennemis de Dieu. Aussi, interprètent-ils de façon
erronée le verset suivant révélé au prophète que la prière
et la paix soient sur lui : "Ô Prophète, lutte contre les
mécréants et les hypocrites, et sois rude avec eux" [At-tawba
: 73].
Traiter ainsi les musulmans de peuples violents est certes
aussi faux qu’injuste. Car autant Dieu est puissant et
vengeur, autant Il est clément, miséricordieux et
bienfaisant : "Sachez qu'Allah est sévère en punition, mais
aussi Allah est Pardonneur et Miséricordieux" [Al-maida :
98], "Ton Seigneur est prompt en punition, Il est aussi
Pardonneur et Miséricordieux" [Al-anâm : 165], "Ton Seigneur
est Détenteur du pardon pour les gens, malgré leurs méfaits.
Et ton seigneur est assurément dur en punition" [Ar-raâd :
6], "Informe Mes serviteurs que c'est Moi le Pardonneur, le
Très Miséricordieux et que Mon châtiment est certes le
châtiment douloureux" [Al-Hijr : 49-50], et contemple ici
comme la clémence est de ses attributs et la punition est de
ses actes : "Le Pardonneur des péchés, l'Accueillant au
repentir, le Dur en punition, le Détenteur des faveurs" [Ghafir
: 3].
On en déduit qu’il existe un équilibre entre ces attributs
de force, de clémence, de majesté et de beauté, tels que les
nomment les ulémas.
Quiconque médite le coran s’apercevra que les attributs de
beauté, clémence, bonté y sont les plus dominants et les
plus récurrents.
Le nom de Dieu (Al Jabbar), le Contraignant n’a été cité
qu’une seule fois à la fin de la sourate Al-hachr parmi
d’autres noms : "C'est Lui, Allah. Nulle divinité que Lui ;
Le Souverain, le Pur, L'Apaisant, Le Rassurant, le
Prédominant, Le Tout Puissant, Le Contraignant,
L'Orgueilleux. Gloire à Allah! Il transcende ce qu'ils Lui
associent. C'est Lui Allah, le Créateur, Celui qui donne un
commencement à toute chose, le Formateur. A Lui les plus
beaux noms. Tout ce qui est dans les cieux et la terre Le
glorifie. Et c'est Lui le Puissant, le Sage" [Al-hachr :
23-24]. Le Contraignant signifie celui qui dispose de
l’autorité pour soumettre tous les autres à sa volonté(9) et
leur impose obéissance. C’est pourquoi ce nom est placé
entre les noms Le Tout Puissant et L’Orgueilleux. Ces noms
dénotent la Puissance Divine, capable de réprimer
l’injustice et l’abus des tyrans et orgueilleux pour que
ceux-ci réalisent leur faiblesse et leur petitesse devant la
force infinie de Dieu.
Malgré cela, Dieu a aussi comme noms (Assalam) "l’Apaisant",
Il n’est donc pas étonnant que seuls les musulmans se
prénomment Abdessalam ; (Al Mouamin) "le Rassurant" qui
réconforte les gens en leur octroyant la foi et la sécurité
; (Al KAhhar) "le Dominateur Suprême" dont l’occurrence est
seulement de six fois dans des contextes appropriés "Dis :
"Allah est le Créateur de toute chose, et c'est Lui
l'Unique, le Dominateur suprême" [Ar-raâd : 16].
Egalement, dans l’histoire de Joseph qui dit aux deux païens
qui étaient avec lui en prison : "Ô mes deux compagnons de
prison! Qui est le meilleur : des Seigneurs éparpillés ou
Allah, l'Unique, le Dominateur suprême?" [Yussuf : 39] pour
qu’ils comparent entre leurs présumés Dieux et le Dieu Tout
Puissant.
Dans la sourate [Sad : 65], Dieu dit : "Dis : "Je ne suis
qu'un avertisseur. Point de divinité à part Allah, l'Unique,
le Dominateur Suprême". Dans ce verset, Dieu ordonne au
prophète de renier tout attribut divin, de se considérer
comme un avertisseur, car Dieu est unique. Et tous les noms
de Dieu sont placés dans un contexte précis.
Quant au non de "Détenteur du pouvoir de punir", il apparaît
en ces termes : (Dou Intikam) qui veut dire littéralement
"celui qui se venge". En dénonçant les mécréants et les
injustes, Dieu leur dit : "Ceux qui ne croient pas aux
Révélations d'Allah auront, certes, un dur châtiment! Et,
Allah est Puissant, Détenteur du pouvoir de punir" [Al Imran
: 4].
Dans la sourate Ibrahim, Dieu dénonce les injustes et leurs
attitudes envers les envoyés de Dieu et ses prophètes : "Ne
pense point qu'Allah manque à Sa Promesse envers Ses
messagers. Certes Allah est Tout Puissant et Détenteur du
pouvoir de punir" [Ibrahim : 47]. Dans la sourate Az-zumar,
Dieu répond à ceux qui faisaient peur au prophète par leurs
idoles : "Allah ne suffit-Il pas à Son esclave [comme
soutien]? Et ils te font peur avec ce qui est en dehors de
Lui. Et quiconque Allah égare n'a point de guide. Quiconque
Allah guide, nul ne peut l'égarer. Allah n'est-Il pas
Puissant et Détenteur du pouvoir de châtier?" [Az-zumar :
36, 37]. Ce nom est au pluriel "Qui est plus injuste que
celui à qui les versets d'Allah sont rappelés et qui ensuite
s'en détourne? Nous nous vengerons certes des criminels" [As-sajda
: 22] et "Le jour où Nous userons de la plus grande violence
et Nous Nous vengerons" [Ad-dukhan : 16].
Tous ces noms signifient la Majesté de Dieu. Il y a aussi
des noms qui signifient la noblesse "plein de majesté et de
noblesse" [Ar-rahmane 27].
Les attributs de miséricorde, compassion, clémence, charité,
patience, bonté et d’autres sont récurrents dans le coran.
En outre, cent treize sourates dans le coran commencent par
les attributs : "Au nom d’Allah, le Tout miséricordieux, le
très miséricordieux", on les trouve dans la Fatiha que tout
musulman lit dans la prière 17 fois au moins par jour
"Louange à Allah, Seigneur de l'univers, Le Tout
Miséricordieux, le Très Miséricordieux" [Alfatiha : 2-3).
Outre les 113 fois en tête de sourates, ces deux attributs
paraissent ensemble 5 fois dans le verset " Et (Allah) dit :
"Je ferai que Mon châtiment atteigne qui Je veux. Et Ma
miséricorde embrasse toute chose" [Al aâraf : 156]. Dieu a
lié le châtiment à la volonté. Par contre, il n’a lié la
clémence à aucune autre condition. La clémence apparaît
aussi lorsque les anges prient pour les croyants "Seigneur!
Tu étends sur toute chose Ta miséricorde et Ta science.
Pardonne donc à ceux qui se repentent et suivent Ton chemin
et protège-les du châtiment de l'Enfer" [Ghafir : 7].
La sourate Ar-rahmane commence par ce même nom "Le Tout
Miséricordieux, Il a enseigné le Coran, Il a créé l'homme,
Il lui a appris à s'exprimer clairement" [Ar-rahmane : 1-4].
Cet attribut est considéré dans le coran comme l’un des noms
propres de Dieu, tel Allah "Dis : "Invoquez Allah, ou
invoquez le Tout Miséricordieux. Quel que soit le nom par
lequel vous l'appelez, Il a les plus beaux noms" [Al-israe :
110]. Arrahmane (le tout Miséricordieux) est cité 57 fois
dans le coran, outre que dans la basmala. (Arrahim) le très
Miséricordieux est cité 95 fois y compris dans la basmala,
le très Miséricordieux est tantôt juxtaposé au tout
Miséricordieux, tantôt au pardonneur : "Dis : "Mes
serviteurs qui avez commis des excès à votre propre
détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car
Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui le Pardonneur,
le Très Miséricordieux" [Az-zumar : 53], tantôt au
compatissant. (Dieu ne manquera pas de vous récompenser pour
votre foi, Dieu est compatissant et très miséricordieux),
tantôt au charitable : "Antérieurement, nous L'invoquions.
C'est Lui certes, le Charitable, le Très Miséricordieux" [At-tour
28], tantôt à l’accueillant au repentir "Allah est
L'accueillant au repentir, le Miséricordieux" [Attawab 118],
au Tout Puissant "C'est une révélation de la part du
Tout-Puissant, du Très Miséricordieux" [Ya-Sin : 5]. Le plus
miséricordieux des miséricordieux est répété 5 fois, le
meilleur des miséricordieux 2 fois.
De quel droit les occidentaux prétendent-ils que le Dieu des
Musulmans n’a d’attributs que la cruauté, la punition, la
rudesse et l’esprit vindicatif et que les musulmans ont par
conséquent les mêmes attributs ?
Pire encore, dans l’Exode, l’un des Livres de la Torah,
commun aux chrétiens et aux juifs, Dieu est décrit comme
étant si jaloux, si vengeur qu’il punit les enfants pour les
crimes de leurs pères, les petits fils de la quatrième
génération des crimes de leurs aïeux : (Car moi, l’Eternel,
ton Dieu, je suis un Dieu jaloux qui punis l’iniquité des
pères sur les enfants jusqu’à la 3ème et la 4ème générations
de ceux qui me haïssent)(10).
Dans le coran, chaque être humain répond de ses actes.
Personne d’autre que lui-même n’en est responsable : "Toute
âme est l'otage de ce qu'elle a acquis" [Al Moudathir : 38],
"Chacun n'acquiert [le mal] qu'à son détriment : personne ne
portera le fardeau (responsabilité) d'autrui" [Al-anâm :
164].
Ceci est d’après le coran, commun aux autres livres saints.
"Ne lui a-t-on pas annoncé ce qu'il y avait dans les
feuilles de Moïse, et celles d'Abraham qui a tenu
parfaitement [sa] promesse de transmettre, qu'aucune [âme]
ne portera le fardeau (le péché) d'autrui" [An-najm :
36-38].
Le coran affirme que le message du prophète Mohamed est une
miséricorde à l’humanité toute entière : "Et Nous ne t'avons
envoyé qu'en miséricorde pour l'univers" [alanbyae : 107].
Le prophète a parlé de lui-même, «Je suis miséricorde qui
vous est accordée»(11) Dieu l’a loué également : "C'est par
quelque miséricorde de la part d'Allah que tu (Muhammad) as
été si doux envers eux! Mais si tu étais rude, au coeur dur,
ils se seraient enfuis de ton entourage" [Al Imran : 159].
Le prophète que la prière et la paix soient sur lui, en qui
Dieu a mis sa miséricorde, a fait preuve de cette qualité
tout au long de sa vie(12) et son message en est grandement
empreint : «Le Miséricordieux accorde sa miséricorde aux
gens miséricordieux. Soyez miséricordieux entre vous ici
bas, Dieu le sera avec vous dans l’au-delà»(13). «Dieu est
impitoyable envers ceux qui sont impitoyables envers les
autres»(14).
Dieu a loué les gens charitables : "et offrent la
nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l'orphelin et au
prisonnier en disant que c'est pour Allah que nous vous
nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni
gratitude" [Al-insane : 8-9]. Il a critiqué les israéliens à
cause de leur inhumanité : "Puis, et en dépit de tout cela,
vos coeurs se sont endurcis ; ils sont devenus comme des
pierres ou même plus durs encore". [Albakara : 74].
Il a considéré la cruauté comme un châtiment divin qu’il a
infligé aux israéliens : "Et puis, à cause de leur violation
de l'engagement, Nous les avons maudits et endurci leurs
cœurs" [Almaida : 13].
Dieu a aussi dit : "Vois-tu celui qui traite de mensonge la
Rétribution, C'est bien lui qui repousse l'orphelin, et qui
n'encourage point à nourrir le pauvre" [Al-maûn : 1-3]. Dans
ce verset, Dieu considère comme mécréant toute personne que
la cruauté pousse à maltraiter l’orphelin et à ne pas
nourrir le mendiant.
La civilisation occidentale est elle chretienne ?
Les occidentaux prétendent être chrétiens et que leur
civilisation actuelle est chrétienne.(15).
Ils se vantent aussi de leur christianisme qu’ils
considèrent comme une religion de paix et d’amour. Ils
affirment que Jésus n’a jamais brandi l’épée en face de qui
que ce soit. Il aurait même dit à ses apôtres : «Si
quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi
l'autre, Si quelqu'un te force à faire un mile, fais-en deux
avec lui et si quelqu'un veut prendre ta tunique,
laisse-lui encore ton manteau»(16)!
Ainsi, on ne répond pas au mal par le mal, ni à la force par
la force. Au contraire, Jésus invitait ses apôtres à aimer
leurs ennemis et à bénir ceux qui les maudissent !(17).
Quelle est la part de vérité dans ce qui vient d’être dit ?
Les occidentaux sont-ils réellement des chrétiens ? Le
christianisme et les commandements -tels qu’ils sont parus
dans la Bible- ont-ils un impact sur la vie des occidentaux
?
Les apôtres ont-ils appliqué ces commandements dans leurs
vies et dans leurs relations avec les autres nations et les
peuples d’autres religions ? Les ont-ils seulement appliqué
entre eux ?
L’histoire et les faits réels nous apprennent, dans de
nombreuses occasions, que les chrétiens, dans leur majorité,
étaient loin d’appliquer ces commandements. Aucun d’eux n’a
tendu sa joue gauche à celui qui l’a giflé sur sa joue
droite. Ils ont, par contre, commencé par gifler les autres
sur leurs deux joues, sans raison valable, sinon par
hostilité.
Au cours de l’histoire, les chrétiens ont horriblement
massacré les peuples de religions différentes. Ils se sont
même entretués par millions. L’histoire récente évoque
encore ces massacres inoubliables.
Dans les premières années du protestantisme, les catholiques
ont tué des millions de protestants. Ces derniers, après
leur victoire sur les catholiques, en ont tué des
millions(18).
Au vingtième siècle, ils se sont entretués durant les deux
guerres mondiales quoiqu’ils soient tous chrétiens, croyants
à la Bible et à Jésus que la paix soit sur lui. Selon un
chercheur européen chrétien : "les prophéties de Jésus ne se
sont pas réalisées, à l’exception de cette phrase : "je ne
suis pas venu apporter la paix ; mais l’épée"(19).
L’histoire et la réalité ont prouvé que les adeptes de cette
religion d’amour et de paix sont les plus sanguinaires, les
plus prompts à provoquer des conflits, les plus cruels
envers les autres.
La violence dans la torah :
Pour connaître l’apport important de l’Islam dans la réforme
et la moralisation des relations avec les peuples de
religions différentes, il convient de jeter un coup d’œil
sur le Pentateuque actuel, celui que les juifs et chrétiens
considèrent comme leur Livre Saint, que Dieu a révélé à
Moïse que la paix soit sur lui et où Jésus déclare qu’il
n’était pas venu contrecarrer la Loi de Moïse, mais la
compléter(20).
J’ignore si les occidentaux qui accusent l’islam d’être une
religion d’épée et qui prétendent croire au (Livre Saint)
dont la Torah, ont lu ces textes ; et si oui, s’ils les ont
compris.
Je t’invite, cher lecteur, à contempler ces textes de la
Torah sur la guerre et l’emploi de la force contre les
peuples des autres religions.
Dans la Torah, chapitre 20, (Deutéronome) il est probable
que les auteurs de ce titre en soient les éditeurs - au
dixième paragraphe :
«Quand tu t’approcheras d’une ville pour l’attaquer, tu lui
offriras la paix.
Si elle accepte la paix et t’ouvres ses portes, tout le
peuple qui s’y trouvera te sera tributaire et asservi.
Si elle n’accepte pas la paix avec toi et qu’elle veuille te
faire la guerre, alors tu l’assiégeras.
Et après que l’Eternel, ton Dieu, l’aura livrée entre tes
mains, tu en feras passer tous les mâles au fil de l’épée.
Mais tu prendras pour toi les femmes, les enfants, le
bétail, tout ce qui sera dans la ville, tout son butin, et
tu mangeras les dépouilles de tes ennemis que l’Eternel, ton
Dieu, t’aura livrés.
C’est ainsi que tu agiras à l’égard de toutes les villes qui
sont très éloignées de toi, et qui ne font point partie des
villes de ces nations-ci».
C’est en ces termes que la Torah s’adresse aux israéliens ou
aux juifs croyants à la Loi de Moïse, à propos du siège et
de la conquête des villes lointaines. Si elles répondent à
l’appel de la paix et de la réconciliation, ses habitants
sont esclaves. Si elles ne se rendent pas, ils seront
combattus. Si la ville est conquise, tous ses habitants
seront tués à l’épée. Par ailleurs, ces habitants n’ont
d’autres alternatives que d’embrasser le judaïsme sous peine
d’être massacrés, n’épargnant ni vieux ni enfants. Ce qui
s’oppose foncièrement à l’esprit de l’islam qui permet aux
peuples conquis de garder leur religion à condition de payer
la capitation.
Cependant, on lit dans le Coran "Lorsque vous rencontrez (au
combat) ceux qui ont mécru frappez-en les cous. Puis, quand
vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite,
c'est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu'à
ce que la guerre dépose ses fardeaux" [Mohammed : 4]. Le
coran s’est ainsi contenté d’appeler à affaiblir l’ennemi en
l’emprisonnant au lieu de le tuer : "Combattez ceux qui ne
croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent
pas ce qu'Allah et Son messager ont interdit et qui ne
professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont
reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par
leurs propres mains, après s'être humiliés" [attawba : 29].
Le Coran a accordé aux ennemis une chance d’échapper à la
mort. Il ne les contraint pas à se convertir à l’islam, il
va même jusqu’à assurer leur protection à condition qu’ils
versent un impôt modique.
Les lois régissant le siège et la conquête des villes de la
terre promise
A propos des peuples de la région appelée (la Terre
Promise), on peut lire dans la Torah : "Détruisez les villes
que Dieu vous lègue et tuez -en- les peuples, n’en laissez
aucun en vie. Détruisez les villes toute entière, comme les
villes des Héthiens, Amoréens, Cananéens, Phéréziens,
Héviens et des Jébusiens etc, comme Dieu vous
l’ordonne"(21).
Ces peuples, au nombre de six, doivent être exterminés. Ils
n’auront pas la vie sauve quand bien même ils se
convertissent ou ils paient un impôt. Le sort de ces pauvres
peuples est la mort et la destruction totale. Leur seul
péché est d’habiter la Terre Promise.
Les Docteurs juifs de la Torah commentent ce paragraphe :
comment un Dieu très Miséricordieux peut-il ordonner la
destruction de lieux peuplés ? C’est pour empêcher les
Israéliens d’adorer les statues qui allaient sans doute les
entraîner vers la déchéance (18-20).
Selon eux, si les israéliens n’exterminaient pas ces peuples
maléfiques comme le leur ordonne leur Dieu, ces derniers les
persécuteraient et les massacreraient sans relâche. Il
fallait donc avant tout qu’ils obéissent aux commandements
divins !
Ces commentateurs justifient l’extermination totale de ces
peuples au nom de Dieu. Ils ont même exprimé leur regret de
voir vivants quelques peuples parmi ceux que les israéliens
n’ont pas atteints.
Autant dire que la loi coranique est totalement différente
de celle de la Torah.
Les peuples de la Terre Promise comme l’appellent les
Docteurs juifs ou la terre proche doivent tous être tués.
Les chrétiens d’Europe, à leur arrivée en Amérique du Nord,
ont fait périr les indigènes ; les Anglais qui ont découvert
l’Australie y ont tué les populations d’origine d’une façon
inhumaine, immorale tels des animaux sauvages- quoique les
animaux sauvages ne tuent que par besoin, car une fois
rassasiés, ils cessent de tuer alors que les humains tuent
sans relâche et restent toujours assoiffés de sang.
L’idée de l’extermination des autres peuples est une idée
qu’on retrouve chez les juifs et les chrétiens et que
l’islam rejette entièrement. Elle ne concerne pas les
groupes humains uniquement, mais les animaux tout autant.
L’islam interdit l’extermination d’une espèce animale ou
d’un groupe d’animaux pour des raisons injustifiées. Le
prophète Mohammed que la prière et la paix de Dieu soient
sur lui a dit à ce sujet : «si les chiens ne constituaient
pas un groupe vivant à part entière, j’aurais ordonné qu’on
les tue»(22), c'est-à-dire, qu’il aurait donné son aval pour
qu’on s’en débarrasse et pour qu’on se protège contre leurs
maux. Mais, le prophète que la prière et la paix de Dieu
soient sur lui porte sur les chiens un regard plus profond,
les considère comme une communauté - selon les termes du
Coran- dotée de caractéristiques particulières et de
propriétés qui la distinguent des autres espèces créées par
Dieu, et que le Tout Puissant a créé pour une raison valable
que certains savent et que d’autres ignorent. Dieu dit
d’ailleurs : "Nulle bête marchant sur terre, nul oiseau
volant de ses ailes, qui ne soit comme vous en communauté" [Al-Anâme
; 38].
Par sa vision noble des choses, l’islam devance son temps
d’environ quatorze siècles. Ainsi, l’appel lancé aujourd’hui
en faveur de la nécessité de préserver centaines espèces
vivantes menacées de disparition remonte à (l’époque de Noé
que la paix soit sur lui)(23), quand celui-ci, pour sauver
certaines espèces menacées de disparaître à jamais par le
déluge, emmena avec lui dans son arche un couple d’animaux
de chaque espèce.
Méditez cette noblesse de l’islam et sa haute considération
de tous les êtres vivants (humains et animaux), quand il
veille à la protection des différentes espèces animales
qu’il considère comme des communautés au même titre que les
hommes, et faites la comparaison entre cet esprit et la
bassesse des occidentaux qui ont puisé de la Torah l’idée de
l’extermination de l’autre et ont commis des massacres
abominables dont l’histoire a honte. Nous sommes tous
témoins des crimes barbares perpétrés par les juifs et les
sionistes contre le peuple palestinien dont ils ont tué
femmes, enfants, vieux, civils sans relâche, sans pitié et
sans aucune considération de l’être humain comme ils l’ont
fait à (Dir yacine) et ailleurs. Ils ont même tué de sang
froid, les femmes enceintes, leurs fœtus, les enfants devant
leurs parents et les parents devant leurs enfants. En semant
la terreur dans le cœur des palestiniens, ils les ont chassé
de leur territoire et les ont occupés. Par leur acte
barbare, ils ont appliqué la loi de la Torah qu’on leur a
apprise, ils ont tout exterminé sans y laisser aucun être
vivant !
Telle est la loi de la Torah selon ces peuples. Tout
détruire et tout massacrer. Ainsi fut selon eux, l’ordre
donné par Dieu à Moise, son peuple et ses adeptes, de
détruire et de tuer sans autre alternative que l’épée.
Moise(24), Josué et David ont appliqué ces commandements à
la lettre et ont exterminé des dizaines voire des centaines
de milliers de ceux qui s’opposaient à eux sans relâche et
sans pitié. Ils étaient donc d’une cruauté indescriptible
comme le dit Dieu en s’adressant aux israéliens : "Puis, et
en dépit de tout cela, vos coeurs se sont endurcis; ils sont
devenus comme des pierres ou même plus durs encore" [La
Génisse : 74].
Le Coran est loin de cette loi énoncée dans la Torah.
Méditons les paroles de Dieu : "Combattez dans la cause de
Dieu ceux qui vous combattent. N’agissez point en agressifs
; car Dieu hait ceux qui dépassent les limites.
Combattez-les, mettez-les à mort où vous les rencontreriez
et expulsez-les d’où ils vous ont expulsé. La torture est
pire que le meurtre. Ne leur livrez point de combat auprès
de la mosquée Sacrée, à moins qu’ils ne vous y combattent".
[La Génisse : 190,191].
Le Coran ne permet donc pas qu’on soit agressif envers les
ennemis même ceux qui nourrissent une haine implacable
envers les musulmans et qui les empêchent de pratiquer leur
culte dans la mosquée Sacrée, comme le dit le Tout-puissant
: "Que la haine que vous éprouvez contre un peuple, pour
vous avoir empêché l’accès de l’Oratoire Sacré, ne vous
porte pas à les attaquer les premiers" [Almaida : 2].
Où sont toutes les accusations qu’ils adressent au Coran-
qu’ils ont même surnommé verset de l’épée- dans ces paroles
: "Et si l'un des associateurs te demande asile, accorde-le
lui, afin qu'il entende la parole d'Allah, puis fais-le
parvenir à son lieu de sécurité" [At-tawba : 6].
Et dans ce verset : "S’ils te proposent la paix, accepte-la
et fie-toi à Dieu. Il entend et sait tout. S’ils méditent
une trahison, Dieu te suffira ; c’est déjà Lui qui t’a donné
une assistance et celle des fidèles" [Al-anfale : 61-62].
Il ressort des versets coraniques donnés en exemple que
l’islam a fixé une moralité de la guerre, qui consiste à
livrer le combat à ceux qui nous combattent et de ne pas
tuer les femmes, les enfants, les vieux, les aveugles, les
handicapés, les prêtres ou les paysans qui labourent la
terre et les civils qui n’ont aucun rapport avec la guerre.
Le Coran invite les musulmans quand ils sont en guerre à
combattre leurs ennemis jusqu’à ce qu’ils les affaiblissent.
Une fois l’ennemi soumis, les musulmans doivent cesser de
combattre et recourir à son emprisonnement. Les musulmans
peuvent alors relâcher les prisonniers sans contrepartie ou
les échanger contre une somme d’argent ou contre des
prisonniers musulmans. Dieu dit : "Lorsque vous rencontrez
(au combat) ceux qui ont mécru frappez-en les cous. Puis,
quand vous les avez dominés , enchaînez-les solidement.
Ensuite, c'est soit la libération gratuite, soit la rançon,
jusqu'à ce que la guerre dépose ses fardeaux" [Mohammed :
4].
Y a-t-il un lien entre le coran et ce que nous avons lu dans
la Torah qui dit : exterminez-les tous ?
La loi islamique dicte d’emprisonner l’ennemi après l’avoir
soumis et de le traiter correctement. Le prophète a ordonné
à ses compagnons d’être bienveillants vis-à-vis des
prisonniers de la bataille de Badr. En louange aux personnes
charitables, Dieu dit : "et offrent la nourriture, malgré
son amour, au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier" [Al-insane
: 8].
La loi islamique interdit par ailleurs aux musulmans de se
venger de l’ennemi en mutilant les cadavres. Le prophète et
les califes ont dans ce sens mis en garde les guerriers
contre de tels actes.
Quand le premier calife Abou bakr, recevra la tête du chef
d’une troupe adverse, ce dernier s’indigna et dit : vous
avez dépassé les limites ! Il a aussi dit : «ne ramenez pas
des charognes à la cité du prophète»(25).
Quand ils lui ont dit : ils font ainsi des têtes de nos
chefs. Il répondit : «vous voulez agir comme les persans et
les romains ? Je ne permets plus un tel comportement
barbare, il suffit de m’informer»(26).
(*) Directeur du Centre des Etudes sur la Sunna et la Sira à
l’Université de Qatar et Président de la Fédération mondiale
des ulémas musulmans.
(1) Rapporté par Muslim in le Sahih citant Aicha n° (2593).
(2) Rapporté par Muslim de Aicha s/n° (2594).
(3) Rapporté par Muslim de Jarir s/n° (2592).
(4) Rapporté par Al-bukhari dans Kitab Al-adab (6024), et
par Muslim dans Kitab As-salam (2165) citant Aicha.
(5) Rapporté par Abu Daoud dans Al-jihad (2736) citant Majmâ
Ibn Jaria.
(6) Hadith de Abdellah Ibn Abi Aoufa, communément validé et
rapporté par Al-bukhari (2966) et Muslim (1742).
(7) Rapporté par Abu Daoud (5074), Ibn Maja (3871) et
Al-hakim et révisé de Ibn Omar (517/1).
(8) Rapporté par Abu Daoud in Al-adab (4950) citant Abi Wahb
Al-jachami.
(9) Certains interprètent le mot (Al-jabbar) par son autre
sens (Le consolateur) : celui qui réconforte les affligés et
leur apporte soutien, même si ce sens reste loin de celui du
contexte du verset. Cf : le Commentaire d’Al Qortobi, fin de
la sourate Al Hachr.
(10) l’Exode (5/20).
(11) Rapporté par Al Hakim (35/1), révisé et validé par
Ed-dahbi, citant Abi-Huraira.
(12) Cf : "de la violence et la vengeance vers la douceur et
la miséricorde" de mon livre "l’Eveil Islamique de
l’adolescence à la maturité", éd. Dar Achorouk, le Caire.
(13) Rapporté par Abdellah Ibn Amr par Abu Daoud (4941) et
At-tirmidi (1925).
(14) Rapporté par Ahmed, les deux Cheikhs et At-tirmidi
citant Jarir, et rapporté par Ahmed et At-tirmidi citant Abi
Saîd (Sahih Al Jamiâ) (6597).
(15) La civilisation occidentale est loin d’être une
civilisation chrétienne. Elle est purement matérialiste
alors que le christianisme est une religion profondément
spirituelle. La civilisation occidentale autorise le
libertinage et la décadence morale alors que Jésus dit :
"quiconque lève ses yeux pour regarder commet l’adultère !".
J’ai toujours affirmé que la civilisation occidentale n’est
pas celle de Jésus mais celle de l’antéchrist, qu’elle est
aveuglée par le matérialisme pur et dur. Cf "l’Esprit de la
civilisation contemporaine" de mon livre "l’Islam, la
Civilisation de Demain", pp. 11-25, publié par la librairie
Wahba, le Caire, et la Fondation Arrissala, Beyrout. (en
arabe)
(16) Cf. Evangile de Mathieu, Chapitre 5, paragraphes 39-42,
et l’Evangile de Luc : 6 : 29-30
(17) Evangile de Mathieu : 5, 43-44, et l’Evangile de Luc :
6 : 27-28.
(18) Cf. : Rapporté par Cheikh Al-hindi dans son livre "Idhar
Alhak" par les faits et les chiffres extraits des livres des
chrétiens citant les massacres et les injustices perpétrées
par les catholiques contre les protestants au tout début du
protestantisme. La victoire des protestants sur les
catholiques a suscité la colère et la vengeance sans
pareille de ces derniers. pp. 509-528, édité par Idarat
Ihyae Atturat Al-islami, Qatar.
(19) Evangile de Mathieu : 10, 34, et l’Evangile de Luc : 12
: 51.
(20) Evangile de Mathieu : chapitre 5 (ne croyez pas que je
sois venu pour abolir la Loi et les prophètes, je suis venu
pour les compléter), paragraphe 17. Voir aussi l’Evangile de
Marc : 9 paragraphe : 50 et l’Evangile de Luc : 14,
paragraphes : 34-35.
(21) Cf. : Le Livre Saint - la Torah, Deutéronome, chapitre
20 : 10-17, pp. 392-393.
(22) Rapporté par Abu Daoud (2845), at-tirmidi (1489),
An-nissai (4285) et Ibn Maja (3204) in Kitab As-sayd citant
Abdellah Ibn Mughaffal. At-tirmidi l’a validé et Al-albani
l’a mentionné dans Al Sahih Al Jâmi’i Al-Saghir (5321).
(23) Cf. : "la protection de l’écosystème" in le Respect de
l’environnement dans la chari’â islamique , Dar
Achorouk, le Caire, 2003, p. 152. (en arabe)
(24) Nous rejetons totalement les fausses allégations
imputées au prophète Moise, que la paix soit sur lui. Le
coran et la sunna le présentent comme étant irréprochable et
loin de toutes ces allégations.
(25) Cf. Almusannaf de Abderrazak (5/306), Al-atharayn :
9701-9702.
(26) Rapporté par Saîd Ibn Mansour in Assunan, Tome 3,
Al-athar n° (2636), et Al-baykahi in Assunan Al-kubra
(9/132).
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