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Note

ÉDITORIAL

Le dialogue des cultures et  des civilisations, une nécessité humaine

 

Le besoin pour un dialogue constructif entre les cultures et les civilisations procède essentiellement de la nature même de cette époque marquée par les rivalités entre les États, les nations et les peuples, la propagation des conflits d'intérêt, de prises de position et de politiques, à un moment où les relations entre les hommes, à de multiples niveaux, sont empreintes de violence, alors que reculent les nobles valeurs humaines qui prêchent la tolérance et la compassion et prônent l'abnégation et la générosité.

Or s'il est un besoin croissant pour un dialogue sérieux entre les cultures et les civilisations à même de jeter les ponts de l'entente entre les peuples et les nations afin d'atteindre un niveau adéquat de coexistence culturelle et civilisationnelle, il n'en reste pas moins nécessaire, voire impératif, d'instaurer un climat propice à ce dialogue et de fixer des conditions qui soient de nature à l'orienter dans une direction qui mène à la réalisation des objectifs escomptés.

Des conditions objectives, fondées sur le respect mutuel des idées, des principes et des conceptions, associées à un degré suffisant d'objectivité et de sérieux, ainsi qu'une détermination rigoureuse des objectifs, sont, à notre sens, les meilleurs garants pour aboutir à une conviction commune sur une série de résultats pouvant contribuer à renforcer les efforts sincères déployés en vue de consolider la paix, dans son acception la plus large, et la sécurité, dans son acception civilisationnelle globale.

La détermination des objectifs, principaux et subsidiaires, du dialogue interculturel et civilisationnel est une condition préalable à l'établissement de la liste des sujets et questions que le dialogue doit aborder. En vérité, la nature même de l'époque où nous vivons nous commande de faire de sorte que la coexistence culturelle et civilisationnelle entre les peuples soit une finalité qui devrait requérir l'unanimité de l'élite pensante et la volonté des décideurs, pourvu que nous soyons d'abord persuadés de l'unicité de la race humaine, convaincus du droit de l'individu à vivre en harmonie et avec lui-même et avec son prochain, et, enfin, à jouir des fruits d'une paix intégrale à même de lui préserver sa dignité et son humanisme.

La coexistence culturelle et civilisationnelle est la conséquence naturelle de la coopération qui doit régir les relations entre les nations et les peuples, et au sein de laquelle la vie humaine doit s'épanouir, empreinte des valeurs d'une fraternité universelle, englobant toutes les expressions de l'amour, du bien, de la vérité, de la justice, de la vertu et de la beauté.

Le droit international a toujours été fondé sur l'assise intellectuelle de la justice, de la vérité et de l'égalité de tous devant le droit, assise qui constitue un principe constant de l'Islam qui vient apporter la miséricorde à l'humanité et appeler les hommes à faire régner la justice et l'équité.

Si le dialogue entre les cultures et les civilisations est fondé sur cette base légale qui régit, ou doit régir, les relations internationales, en vue de renforcer ces concepts, et notions de base, ce dialogue pourrait, alors, atteindre les objectifs de bien-être continu pour l'humanité, tant au présent qu'à l'avenir.

Nous  pensons que le dialogue entre les cultures et les civilisations doit se pencher, dès le départ, sur des problèmes vitaux, des questions pratiques et des thèmes d'intérêt commun. Il doit éviter de basculer dans des controverses qui ne peuvent qu'entraîner des résultats négatifs. Ce dialogue doit transcender toutes les susceptibilités qui se sont accumulées à travers les âges, conséquence inéluctable de facteurs subjectifs érodés par le temps. Si nous nous attachons  à cette approche logique et avançons dans la bonne direction, il serait alors possible de surmonter tous les obstacles qui jalonnent actuellement un parcours que nous voulons voir aboutir à un niveau de compréhension qui soit de nature à assurer la coexistence souhaitée et garantir la sécurité et la stabilité sur la terre.

Cette méthode civilisationnelle progressiste, qu'il convient d'adopter, a été, dans bien des cas, ébranlée à plus d'un niveau par les velléités hégémoniques et convoitises de certaines personnes qui font prévaloir les intérêts matériels temporaires aux dépens des valeurs, principes et droits de l'humanité tout entière.

C'est précisément la non application de cette méthode civilisationnelle du dialogue qui justifie les accusations portées à l'encontre de la civilisation occidentale de vouloir imposer sa culture aux autres civilisations et cultures. Mais reconnaissons, pour être honnêtes et sincères avec nous-mêmes, que ce désir caressé par certains cercles occidentaux est bel et bien une réalité incontestable dont les effets sont on ne peut plus tangibles. D'où notre appel pour un enrichissement du dialogue entre les civilisations et cultures, dans le cadre du respect mutuel et des relations internationales saines fondées sur le droit international.

Avec cette saine orientation en vue, nous pouvons abolir bien d'obstacles et relever les nombreux défis qui n'ont cessé de saper le bonheur et la sérénité des hommes.

Les musulmans prônent le dialogue, l'entente, la coexistence et la coopération parmi les hommes. Ce faisant, ils se conforment aux principes et enseignements de leur religion, ainsi qu'aux idéaux de la civilisation islamique au sein de laquelle toutes les croyances, confessions, cultures et civilisations ont toujours coexisté dans un esprit de fraternité et de coopération pour leur bien-être mutuel.

Aussi, l'idée née au lendemain de la chute du communisme, aujourd'hui largement répandue, que l'Islam est désormais l'ennemi de l'Occident au lieu du communisme, est-elle une aberration, une hallucination qui obsède l'esprit de certains décideurs, suivis par une cohorte de penseurs.

Ce soi-disant danger ne doit pas commander l'esprit des occidentaux, pas plus qu'il ne doit sous-tendre leur dialogue avec le monde islamique ou la Oumma , laquelle est la gardienne et l'héritière de la culture et de la civilisation islamiques. Les occidentaux ne doivent pas considérer comme étant islamiques les actes de certaines factions appartenant au monde islamique, des actes que l'Islam réprouve car allant à l'encontre de sa nature tolérante et son sens de la justice. Les occidentaux, en agissant de la sorte, portent des accusations arbitraires et des généralisations abusives injurieuses pour des centaines de millions de musulmans à travers le monde.

Aujourd'hui, le dialogue entre les cultures et les civilisations est une nécessité humaine. C'est ce qui a conduit l'Organisation islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture à l'inscrire dans son plan d'action et l'insérer dans l'un de ses programmes culturels.

 

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