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Othman Altwaijri' |
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culture islamique : ses caractéristiques et les voies et
moyens pour son développement, 'Mohamed Larbi Khattabi' |
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de coopération entre le Monde islamique et les autres
sociétés, perçues à travers le dialogue, 'Dr. Ahmed Sidqi Dajjani' |
| L'avenir de l'Islam face aux
puissances hostiles, 'Dr. Mohamed Dassuqi' |
| Les Droits de l'Homme : Évolution, principes et
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Ahmed Ali' |
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Syrienne | |
ÉDITORIAL
Sciences sociales et concepts islamiques
Par le Dr. Abdulaziz Othman Altwaijri
Les sciences sociales, de par leur importance et
l'impact qu'elles exercent sur les sociétés humaines, connaissent un véritable
essor dans le vaste champ culturel et scientifique contemporain. Elles
constituent pour l'activité spirituelle et culturelle dans ses différentes
espaces un catalyseur d'une part, et sont à même d'autre part de cristalliser
l'opinion publique dans ses représentations des sociétés actuelles.
Les sciences exercent une influence déterminante
dans la prise des décisions et l'adoption des orientations générales à
différents niveaux de la vie en société, d'autant plus qu'elles ont l'homme pour
thème et objet, pour but et objectif, pour moyen et pour fin.
Elles représentent par conséquent un moyen
efficace au service des sciences juridiques, politiques et humaines.
En outre, ces sciences connaissent une
consécration telle qu'elles commencent à occuper, à l'échelle des connaissances
humaines et dans le domaine de la recherche, une place de choix qui incite les
nations développées à lui accorder au moins autant, sinon plus, d'importance
que les sciences exactes.
Il serait aisé d'expliquer les causes d'une telle
impulsion si l'on mesure le degré d'importance de toute activité cognitive à
l'aide des divers paramètres d'évaluation : l'objet auquel elle s'intéresse, les
méthodes qu'elle utilise, et les résultats qui en découlent.
Pour ce qui est de l'objet, les sciences sociales,
dans l'acception générale du terme, ont pour objet l'homme dans les aspects de
sa vie psychique et intellectuelle, sociale et économique, cognitive et morale.
Il est clair que l'existence de l'homme en société constitue l'essence même de
la civilisation, car il en représente le pivot, le moyen et la finalité. Voilà
pourquoi ces sciences, en prenant pour objet l'homme en société, deviennent
l'une des plus belles réalisations qu'une civilisation puisse concevoir. Cette
réalisation témoigne d'un très haut niveau de développement dans la connaissance
de l'homme ; elle témoigne également des énigmes qu'il dissimule, des capacités
insoupçonnées qu'il recèle, de ses relations avec son espèce et de son
comportemnt avec son environnement, que ce soit la nature, la culture ou
l'univers.
Quant à la méthode, ces sciences comme toutes les
autres ont opté pour un processus qui convienne à l'objet de leur étude, cet
objet désignant l'homme en societé et tout ce qui le diffère des autres
créatures ; elles ont, contrairement aux sciences expérimentales, écarté toute
expérimentation matérielle et toute statistique chiffrée, étant donné leurs
différences quant au sujet et l'objet qu'elles s'assignent.
Il est certain que les méthodes utilisées par les
sciences sociales : inductions, déductions, suppositions et analyses font
qu'elles sont en relation intime avec le cadre général de la connaissance et
avec les règles culturelles, religieuses et morales. Par conséquent, elles se
fondent obligatoirement sur une certaine idée de l'homme, du cosmos et des
relations qu'ils entretiennent entre eux. Elles se caractérisent également par
une position exprimée ou tacite concernant les grandes questions liées à
l'existence du Créateur, à la résurrection et à l'existence même de l'homme sur
terre...
Les conclusions qui découlent des études des
sciences sociales ne sont, quant à elles, nullement un amas de connaissances
sans impact sur la réalité. Bien au contraire, elles influent sur l'orientation
de la vie des gens et sur leur devenir civilisationnel. Elles agissent sur les
choix à opérer, que ce soit au niveau des appareils d'orientation générale comme
le système éducatif, les moyens d'information et les modèles culturels. Elles
agissent aussi au niveau de la prise de décision grâce aux nombreux et
différents appareils qui représentent le canal par lequel passent les
composantes de la pensée et des croyances religieuses.
Ce canal draine également d'autres concepts
généraux des sciences sociales. Aussi, participent-t-elles pour une large part à
l'ébauche du présent et du futur des sociétés et à l'adaptation des orientations
qui contrôlent les différents aspects de l'activité humaine.
Aujourd'hui, les nations musulmanes n'épargnent
aucun effort pour recouvrer leur glorieuse identité culturelle passée et
reprendre la place qui leur échoit dans le concert des nations. Elles devraient,
dans un monde où la science, dans son acception la plus large, constitue un
vecteur essentiel de développement et de progrès, accorder aux sciences sociales
toute l'importance qu'elles méritent en les adaptant et en les développant afin
qu'elles soient à même de participer largement à la renaissance
civilisationnelle tant souhaitée.
La place qu'occupent les sciences sociales dans le
monde islamique et la réelle situation culturelle et scientifique de celui ci
appellent quelques remarques d'ordre général qu'il convient de soulever ici.
Du temps où la civilisation musulmane brillait de
tout son éclat par sa puissance et sa prospérité, les peuples islamiques avaient
pu, dans le domaine des sciences sociales, entre autre, produire une œuvre des
plus généreuses qui n'a pas manqué d'imprégner profondément les autres nations
jusqu'à ce jour.
Cette nation a donné naissance à d'éminents
savants dans divers domaines : Psychologie et éducation, économie et sociologie,
médecine, astronomie et mathématiques, politique et morale...Il suffit de
considérer l'œuvre du génial Abderrahmane Ibn Khaldoun, dont les théories en
philosophie de l'histoire sont toujours actuelles ; ce qui prouve non seuleument
la sagacité de son esprit, mais aussi la grandeur de la civilisation qui l'a
enfanté et l'excellence de la religion qui a généré cette civilisation.
Puis les nations islamiques ont connu la décadence
pendant de nombreux siècles et dans tous les domaines. Période pendant laquelle
leurs sources avaient tari, leur génie s'était flétri pour faire place au
mimétisme et à la redondance.
Cette situation a eu pour conséquence d'annihiler
les potentialités du patrimoine scientifique de la communauté islamique et de
permettre au sous-développement de gagner tous les domaines de sa vie active.
Puis vint l'agression coloniale qui visait aussi
bien le territoire que l'âme même et l'honneur de notre nation. Cette occupation
s'assignait pour principal objectif de porter atteinte aux valeurs
civilisationnelles des pays conquis et de ruiner les sources et les racines de
leur authenticité, les obligeant ainsi à adopter le modèle occidental aux
niveaux de la pensée et de la croyance religieuse, de l'économie et de la
politique, de l'éthique et de la morale.
Les sciences sociales occidentales se prétendent
scientifiques et objectives et se réclament de l'impartialité et de la
neutralité, ce qui est totalement faux, car elles ont servi au colonisateur pour
réprimer outrageuseument la volonté des peuples et concourir à la réalisation de
ses desseins. La colonisation a trouvé alors en ces sciences un instrument de
domination et d'asservissement des peuples colonisés, car elles lui permettaient
d'étudier -en vue de les mieux connaître- les sociétés qu'elle voulait exploiter
davantage.
Après la décolonisation, l'impact des sciences
sociales occidentales sur les nations musulmanes s'était maintenu et prolongé au
point qu'on le retrouvait dissimulé dans les systèmes d'enseignement implantés
par l'occident dans ces pays alors nouvellement indépendants, et qui n'étaient
pas encore en mesure de se rendre compte des séquelles laissées par ces systèmes
sur leur esprit et leur croyance. Ces séquelles contenaient la marque du passé
culturel et religieux de l'Europe exprimée dans la lutte entre l'Eglise et la
Science et qui posait les assises d'un esprit scientiste et athée, et d'une
vision matérialiste et utilitariste de l'homme fondée uniquement sur la
puissance égoiste des biens d'ici-bas.
Après les étapes de confrontation avec le
colonialisme, Dieu a voulu que ces nations, en dépit des épreuves endurées,
prennent clairement conscience qu'elles se devaient de se libérer également des
nouvelles formes que prenait la domination intellectuelle et culturelle qui
comporte encore plus de danger que la domination militaire ou économique.
En effet, savants, dirigeants, militants et
réformateurs, se sentant concernés par ce grave problème, ont fourni de louables
efforts devant le défi que constituait ce danger qui menaçait les générations
montantes de leur pays. Ils avaient appelé à restituer aux sciences sociales
leur caractère authentique et les adapter à la méthodologie islamique. Leurs
efforts ont été couronnés de succès divers, et il s'en est suivi le sentiment de
la nécessité que les nations s'unissent en une ligue islamique au niveau
international. Ce rassemblement a donné naissance à l'Organisation Islamique
pour l'Education, les Sciences et la Culture -ISESCO-, chargée de l'orientation
et de la coordination de cette noble mission.
L'un des principaux objectifs de l'ISESCO, comme
le spécifie sa Charte, est de faire de l'éducation islamique le pivot des
programmes d'enseignement des pays membres d'une part, et de renforcer d'autre
part l'identité culturelle de ces pays en développant leurs énergies et leurs
capacités scientifiques et éducatives.
Il résulte de cette orientation que l'ISESCO est
appelée à veiller au développement des sciences humaines dans le monde islamique
dans une véritable perspective islamique qui tienne compte d'une part de
l'authenticité de la doctrine et de la charia, et d'autre part, du développement
méthodologique qui correspond aux réalités contemporaines.
Ainsi, en rattachant la Oumma à son patrimoine, on
la pourvoit convenablement afin qu'elle puisse relever les défis du siècle, et
on la dote des moyens nécessaires qui lui permettront de mener à terme
l'édification de la société sur des bases solides.
Les efforts de l'Organisation Islamique pour
promouvoir les sciences sociales dans le monde islamique ont prit diverses
formes. La plus importante a consisté en la préparation d'un programme commun
pour l'enseignement de ces sciences dans les pays membres, et en assurer la
publication et la diffusion. Ce programme est en mesure de susciter une prise de
conscience et de créer le climat idéal à la réalisation du développement
équilibré de l'éducation et de la civilisation.
En plus de cette démarche fondée sur la
planification, l'authentification et l'établissement des bases islamiques dans
l'enseignement des sciences sociales, l'ISESCO a distribué un grand nombre de
bourses à des étudiants des pays membres et à des communautés islamiques à
l'étranger afin qu'ils se spécialisent dans le domaine des sciences sociales et
pour qu'ils puissent, par la suite, participer à leur développement et à leur
authentification à partir d'une approche islamique.
L'Organisation Islamique est déterminée à accorder
encore plus d'intérêt à ces programmes et à renforcer son activité dans ce
domaine pour le rendre plus efficace. Elle est également déterminée à consolider
à ce sujet la coopération, la concertation et la coordination avec les instances
scientifiques et éducatives à l'échelle du monde islamique.
Si le développement des sciences sociales ne se
réalise pas en se basant sur les données de la civilisation islamique, il
déviera de la voie droite qui lui a été tracée. Un pareil développement
s'opposera à la volonté du monde musulman d'atteindre le développement, de
réaliser le progrès et de promouvoir son nouvel essor.
C'est pourquoi, l'Organisation Islamique
s'emploie, à travers ses divers plans d'action, à implanter les jalons du
développement sientifique, culturel et éducatif sur la base de l'équilibre entre
l'authenticité selon les critères de la véritable pensée islamique d'une part,
et de la modernité définie par les paramètres du progrès réel à même d'assurer
au monde musulman le bien-être matériel et spirituel d'autre part.
Il est d'ailleurs temps de redéfinir, à la lumière
de ces critères et de ces paramètres, les nombreux et divers concepts des
sciences sociales, de prendre en considération le fait que ces sciences, de par
la diversité de leurs branches et leurs spécialités, s'appuient à l'heure
actuelle sur des programmes purement occidentaux. Ces programmes ne sont pas
sans contenir les manifestations du matérialisme qui écartent dans leurs
réflexions et préoccupations, totalement ou partiellement, la révélation divine.
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