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Chapitre V
La place du Chrétien dans l’Islam
Quelle place occupe le Chrétien dans l’Islam ?
A l’adresse du lecteur voici quelques éléments de réponse :
- Le verset 72 de la sourate “La Table servie”, que nous
venons de reproduire dit : “Ils sont mécréants ceux qui
disent que Dieu est le Christ, fils de Marie”.
Une catégorie de chrétiens - considérés par l’Eglise comme
hérétiques - déclarèrent, autrefois, (au Vè siècle) que
“Dieu était le Christ”, reniant, à travers ce dire, la
nature humaine dans la personne du Christ, et refusant que
“l’Esprit de Dieu et le Verbe de Dieu” soient incarnés dans
un être humain. Il est à remarquer que Dieu, dans le verset
72 sus-visé, ne cite pas les chrétiens par leur nom, mais :
“ceux qui dirent …".
Un tel texte coranique désigne spécifiquement et
particulièrement une catégorie déterminée, et n’a point de
portée générale englobant les chrétiens dans leur totalité
et leur ensemble.
Le Dieu des Chrétiens et des Musulmans est le même :
Créateur des Cieux et de la terre, de l’univers visible et
invisible …
Ceux qui disent que le Messie (ou le Christ) est Dieu sont,
pour le christianisme, des hérétiques, et pour l’Islam des
mécréants. Ils sont rejetés aussi bien par l’Islam que par
le Christianisme, égalitairement.
Dans le verset 73 de la même sourate, nous lisons ce qui
suit : “Ils sont mécréants ceux qui dirent que Dieu est le
Troisième de trois …". Faisons remarquer que les Chrétiens
disent que Dieu est la première personne de la Sainte
Trinité, et non point la “Troisième des Trois”. La secte
chrétienne qui dit que Dieu est le “Troisième de Trois” est,
du point de vue de l’orthodoxie chrétienne, considérée comme
hérétique, c’est-à-dire mécréante.
Quant au “Troisième des Trois”, c’est l’Esprit Saint (ou le
Saint Esprit) que le Coran cite de nombreuses fois : “Et à
Jésus, fils de Marie, Nous avons donné des preuves, et Nous
l’avons aidé de l’Esprit Saint …", [La Vache : 87]. De même
: “Et quand Il dit : O Jésus, fils de Marie, rappelle-toi
mon bienfait sur toi et sur ta mère, quand je t’ai soutenu
de l’Esprit Saint …" [Table servie : 110].
Nous trouvons dans le Coran de nombreux versets qui
considèrent les chrétiens comme des croyants, au même titre
que les musulmans. Ce qui prouve que l’Islam ne les
considère pas, globalement et absolument, comme des
mécréants :
A titre d’exemples :
1- “Les Croyants (les Musulmans), les Juifs, les Chrétiens
et les Sabéens, quiconque croit en Dieu et au Jour Dernier
et fait le bien, trouvera sa récompense chez Dieu; nul
crainte pour lui, et ne sera point affligé”, [La Vache :
62].
Ce verset se dispense de commentaire. Les Chrétiens sont des
croyants.
2- “Parmi les gens du Livre se trouve une communauté ferme
(dans sa foi) qui, la nuit, en se prosternant, récite les
versets de Dieu. Ils croient en Dieu et au Jour Dernier …"
Nous avons déjà reproduit ces deux versets - qui se passent
aussi de commentaires - dans notre allusion aux moines.
3- Dans les us et coutumes des Arabes, la nourriture commune
est un gage d’amitié et d’association dans la vie :
“Aujourd’hui vous sont permises les succulentes choses. La
nourriture des Gens du Livre vous est permise, et votre
nourriture leur est permise”, [Table servie : 5].
Il est inconcevable que la nourriture des mécréants soit
licite pour les Croyants, et que la nourriture de ceux-ci
soit licite pour ceux-là.
4- Le Coran autorise un Musulman à épouser une chrétienne :
“Vous sont permises (en mariage licite) les vertueuses
musulmanes et les vertueuses chrétiennes (des gens du Livre)
…", [Table servie : 5].
Alors que nous observons que le mariage avec les
“associatrices” - tant qu’elles n’ont pas embrassé l’Islam -
est interdit : “Et n’épousez les associatrices que
lorsqu’elles deviennent Croyantes”, [La Vache : 221].
Si la Chrétienne était associatrice, le Coran lui aurait
imposé ce qu’il impose à l’associatrice : qu’elle devienne
Croyante, c’est-à-dire qu’elle embrasse l’Islam afin que son
mariage avec un Musulman soit autorisé.
5- Alors que le Coran, dans le verset 57 de la sourate “la
Table servie”, interdit aux musulmans de prendre les Juifs
et les mécréants pour amis, nous observons que, dans un
autre verset (78) de la même sourate, il fait -
indirectement mais clairement - l’éloge du Christ, fils de
Marie, qui les a maudits :
- “O Vous qui croyez (les Musulmans)! Ne prenez pas pour
amis ceux qui - parmi les gens du Livre - ont pris en
raillerie et jeu votre religion, ni les mécréants …", [57].
- Puis : “Furent maudits par David et le Christ, fils de
Marie, ceux qui, parmi les Fils d’Israël (les Juifs) ont
mécru; et cela à cause de leur rébellion et de leur
malveillance”, [78].
Le sens qui prévaut dans ces deux versets est clair, net et
précis : Les Juifs et les mécréants, d’un côté; les Croyants
(les Musulmans) et les Chrétiens, de l’autre :
- “Tu trouveras que les Juifs et les associateurs sont les
ennemis les plus virulents des Croyants; et tu trouveras que
ceux qui disent qu’ils sont Chrétiens sont les amis les plus
affectueux des Croyants; c’est que, parmi eux, se trouvent
des saints et des moines, et ne s’enflent point d’orgueil”,
[La Table servie : 82].
Il est clair, ici aussi, comme dans les deux versets
reproduits ci-dessus, que le sens, ou l’esprit, qui prévaut
dans ce verset 82 est évident; les chrétiens sont des
croyants.
- Nous avons dans la Sourate [Al Bourouj] (les
Constellations) - dont il sera question au chapitre suivant
- la meilleure preuve que, pour le Coran, les chrétiens sont
des croyants. |