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Le Coran, Livre du Chrétien et du Musulman
Cette attitude empreinte d’amitié, de considération et de
louange prise par l’Islam -Coran et Sunna- à l’égard des
chrétiens fut, elle aussi, parmi les causes qui me portèrent
à me rapprocher, en pensée, esprit et foi, de l’Islam et de
m’y introduire le plus loin possible, et d’étancher ma soif
en buvant de son eau limpide et douce.
L’Islam, en tout cas, ne se confine pas dans des
généralités; ainsi il consacre au Christ, à Marie et aux
moines d’éloquents versets, en disant d’eux de belles
paroles, élevant Marie, tout particulièrement, à un niveau
qu’aucune autre femme dans l’Histoire n’a jamais atteint.
Pour les Chrétiens, le Christ est l’alpha et l’omega. Pour
cette raison, les Chrétiens se sont appelés de son nom, afin
d’illustrer cette relation très solide, voire organique, qui
les relie, dès l’origine, au Christ personnellement.
Contrairement aux Musulmans qui, à raison, refusent de
s’appeler Mahométans, les Chrétiens considèrent que leur
appellation constitue une condition essentielle de leur
appartenance religieuse et doctrinale.
Partant de là, le Chrétien est positivement sensible à tout
écrit louant le Christ et qui dit de lui de belles paroles.
Dans ce contexte, tout particulièrement, et dans d’autres en
général, le Coran devient, non point le Livre des Musulmans
exclusivement, mais aussi le Livre des Chrétiens.
Ainsi, à travers ma connaissance du Coran, en général, et de
ce qu’il contient de versets relatifs aux Chrétiens, au
Christ, à Marie et aux moines, particulièrement, j’ai
commencé à réaliser que je possède une quote-part dans le
Livre de Dieu : Il ne m’est point étranger, et je ne suis
pas étranger à lui.
Il est “mon livre”, comme il est le Livre du Musulman. A
travers ma quote-part - et elle est importante - je le
considère adressé, dès l’origine, à tout être humain croyant
en Dieu et au Jour Dernier. A cet égard, il est important de
remarquer que l’Islam respecte le dogme chrétien - et il est
essentiel - qui se résume en ce que le Christ n’a point de
père selon la chair. Partant de là, l’Islam respecte, d’une
manière indirecte mais claire, le dogme chrétien de
“l’Immaculée Conception”, inhérent à Marie, mère du Christ,
paix sur eux. Ainsi le Christ, nommé Issa dans le Coran, et
quelquefois Messie (Al Masih), est invariablement et
constamment désigné par les mots “Fils de Marie”; non point
parce qu’il est de père inconnu - Dieu est Omniscient, si le
Christ avait un père Il l’aurait désigné par son nom dans le
Coran - mais parce que, en vérité, il n’a point de père
selon la chair. Cela signifie que Marie, contrairement à
toutes les femmes des mondes, n’a point été enceinte du fait
d’un homme - “aucun homme ne l’a touchée”-, mais du fait
d’une intervention divine, à travers l’Esprit Saint, comme
nous allons ci-dessous l’expliquer.
Les versets dans lesquels le Christ est appelé “Fils de
Marie” sont nombreux. Nous en citerons quelques uns :
“Et Nous avons envoyé sur leurs traces Jésus, Fils de Marie
…", [La Table servie : 46].
“… et de leur parole : Nous avons tué le Christ, Fils de
Marie, le Messager de Dieu …", [Les Femmes : 157].
“O Marie ! Dieu t’annonce un Verbe de Lui qui s’appelle le
Christ, Fils de Marie …", [Al Imrâne : 45].
“Les mécréants des enfants d’Israël furent maudits par Moïse
et Jésus, fils de Marie …", [La Table servie : 78].
La Naissance du Christ (la Nativité) dans le Coran, de par
son essence originelle et sa relation directe avec Dieu, est
la même que dans l’Evangile. Elle est liée à Marie que Dieu
a choisie pour cet événement exceptionnel.
Pour ces motifs, nous constatons que le Coran insiste,
maintes et maintes fois, sur la pureté de Marie qui, en
vérité, est une perle unique dans le Livre de Dieu.
Ecoutons ce que Dieu nous dit :
“Et lorsque les anges dirent : O Marie ! Dieu t’a élue, et
purifiée. Il t’a élue au dessus des femmes des mondes”, [Al
Imrâne : 42].
De ce verset, nous apprenons que Dieu - béni soit son nom -
a élu, ou choisi, Marie et l’a purifiée. Puis, après l’avoir
purifiée, Il l’a élue - et ce n’est point ici une répétition
de forme, mais une confirmation spirituelle - “au dessus des
femmes des mondes”.
La répétition du mot “élue” - une fois, seule, et une autre
fois “au dessus des femmes des mondes” - nous permet
d’affirmer que le sens, la première fois, est tout autre que
celui de la seconde. Dieu, l’Omniscient, l’Omnipotent,
l’Infaillible, ne se répète pas vainement. Il ne parle point
pour ne rien dire, si une telle expression est permise. Le
mot “élue” - le premier - signifie que Dieu a choisi Marie
avant la Création, antérieurement au péché originel
consécutif à la désobéissance d’Adam et d’Eve qui furent
chassés du Paradis pour avoir enfreint les ordres du
Créateur.
Ainsi, le péché originel n’a point touché Marie, car Dieu
l’a purifiée dès l’origine, avant la Création, comme nous
venons de le dire. Pourquoi, donc, Dieu a purifié Marie dès
l’origine ? La réponse est claire : Pour qu’Il l’élise, par
la suite, au dessus des femmes des mondes.
Et pourquoi Dieu l’a-t-il élue au dessus des femmes des
mondes ? La réponse, ici, est claire aussi : parce qu’Il l’a
destinée à être un jour la mère du Christ.
Dans le Coran, Marie est la “fille d’Imrâne”; sa mère est la
“femme d’Imrâne”.
Dieu, dans Son Livre, a consacré une sourate à la “Famille
d’Imrâne”, qui porte son nom.
De cette famille - celle d’Imrâne - Dieu dit : “Dieu a élu
Adam et Noé et la famille d’Abraham et la famille d’Imrâne
au dessus des mondes, et tant que descendance les unes des
autres; Dieu écoute et sait”, [Al Imrâne : 33-34].
Ainsi Marie, dans son origine, revient à Adam, à travers
Imrâne, Abraham et Noé, lesquels, tous, - depuis Adam
jusqu’à Imrâne - ont été élus par Dieu, les uns descendants
des autres.
A Dieu, l’épouse d’Imrâne, mère de Marie, s’adresse, en
disant : “Seigneur! Je t’ai voué ce qu’il y a dans mon
ventre, libre de tout lien. Accepte, donc, de moi, Toi,
Celui qui entend, qui sait … Et je l’ai nommée Marie, et je
l’ai placée, avec sa descendance, sous Ta protection contre
le diable maudit. Son Seigneur l’accueillit, donc, du
meilleur accueil, et la fit croître de la belle croissance”,
[Al Imrâne : 35-37].
Les commentateurs et les exégètes ont émis une opinion que
nous pourrions résumer comme suit : “Tout nouveau-né est
touché par Satan - d’où ses pleurs lorsqu’il arrive dans ce
monde - à l’exception de Marie et de son fils. Ce qui
signifie que Satan cherche à séduire et à égarer tout
nouveau-né afin qu’il en soit impressionné, sauf Marie et
son fils que Dieu a préservés par la grâce de son secours”.
“Marie a parlé, alors qu’elle n’était qu’un bébé, comme le
Christ, paix sur lui. Elle n’a sucé aucun sein; sa
nourriture lui descendait du Ciel”.
… Au fil du temps, Marie croissait et grandissait.
Lorsqu’elle atteignit l’âge du mariage, les anges lui
annoncèrent une nouvelle extraordinaire, unique dans son
genre depuis que la terre est habitée par les hommes -
depuis Adam - qui allait faire d’elle et de son fils deux
créatures différentes de toutes les autres : “Et les anges
dirent : “O Marie ! Voilà que Dieu t’annonce un Verbe de sa
part, dont le nom est le Messie, Jésus, fils de Marie,
illustre dans ce monde et dans l’au-delà, et du nombre des
rapprochés; dans le berceau, et dans l’âge adulte, il
parlera aux gens; et il fera parti des gens de bien. Elle
dit : “Mon Seigneur ! D’où me viendra-t-il un enfant, quand
aucun homme ne m’a touchée ?” - “C’est ainsi”, lui dit-Il.
Dieu crée ce qu’Il veut. Quand Il décide d’une chose Il lui
dit : “Sois”; et elle est”, [Al Imrâne : 43-47].
Dans d’autres versets éloquents, l’Annonciation atteint le
summum de la spiritualité : “Et mentionne dans le Livre
Marie quand elle s’éloigna des siens vers un lieu situé à
l’Orient; elle mit entre elle et eux un voile. Nous lui
envoyâmes Notre Esprit; il prit pour elle la forme d’un être
humain normal(1). Elle dit : “Je cherche en Dieu
un refuge contre toi, si tu es pieux”. Il dit : “Je suis le
messager de ton Seigneur pour te faire don d’un enfant pur”.
Elle dit : “D’où me vient-il un enfant alors qu’aucun homme
ne m’a touchée, et que je ne suis point une prostituée”! Il
dit : Ainsi ton Seigneur a dit : “cela est aisé pour Moi; et
Nous en ferons un signe pour les gens et une miséricorde de
Notre part”. et il en fut ainsi. Elle en devint enceinte, et
se retira avec lui en un endroit éloigné. Les douleurs lui
vinrent auprès du tronc du dattier; elle dit : “Que ne
suis-je morte avant cela ! et que ne suis-je oubliée à
jamais !”. Quelqu’un (l’enfant conçu, Jésus)(2)
au dessous d’elle l’appela et lui dit : “Ne t’afflige pas.
Ton Seigneur a fait couler une source au-dessous de toi.
Secoue, donc, le tronc du dattier, il fera tomber sur toi
des dattes mûres bonnes à cueillir. Puis mange et bois et
sois tranquille. Si ensuite tu vois un quelconque être
humain, alors dis : “J’ai voué un jeûne au Miséricordieux,
je ne parlerai aujourd’hui à personne”. Puis elle prit le
bébé et partit chez les siens. Ils (lui) dirent : “O Marie !
Tu as commis une chose condamnable. O sœur d’Aaron ! Ton
père n’était pas un homme de mal; et ta mère ne fut pas une
prostituée”. Elle fit alors un signe vers lui (le bébé); ils
dirent : “Comment parlerons-nous à un bébé au berceau ?” Il
(le bébé) dit : “Je suis l’esclave (ou l’adorateur) de Dieu.
Il m’a apporté le Livre et fait de moi un prophète; et un
homme béni, où que je sois; et m’a recommandé la prière et
la dîme tant que je vivrai; et d’être charitable avec ma
mère; et n’a pas fait de moi un oppresseur malheureux. Et
paix sur moi le Jour où je naquis, et le jour où je mourrai
et le jour où je serai ressuscité à la vie”, [Marie :
16-33].
De ces versets, et de ceux qui les ont précédés, il est
affirmé qu’aucun homme n’a touché Marie et que, nonobstant
cela, elle a conçu et enfanté son fils, le Christ, Issa,
paix et prière sur lui. Elle a conçu de Dieu, et son fils
fut, ainsi, le “Verbe de Dieu”.
Tel est, dans son essence, le dogme chrétien relativement à
Marie personnellement.
Dans ce domaine, le Coran va plus loin : le surréalisme que
l’Occident n’a connu qu’au XXème siècle se manifeste dans
les paroles divines suivantes : “Et celle qui préserva son
vagin; Nous insufflâmes en elle Notre Esprit et Nous en
fîmes, avec son fils, un signe pour les mondes”, [Les
Prophètes : 91].
Le chrétien qui lit, attentivement, de telles paroles
émanant de Dieu, le Tout Puissant, pourra-t-il se considérer
étranger au monde de l’Islam et des Musulmans ? Le Coran ne
serait-il pas, du moins en ce qui concerne Marie, son Livre,
au même titre que l’Evangile ? Et que lit le Chrétien dans
l’Evangile concernant ce fait précisément ? Ecoutons Luc
nous parler de l’Annonciation faite à Marie :
“Le sixième mois l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une
ville de Galilée du nom de Nazareth à une vierge fiancée à
un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom
de la vierge était Marie. Il entra chez elle et dit : “Salut
toi qui es comblée de faveur; le Seigneur est avec toi; “à
cette parole elle fut toute troublée et elle se demandait ce
que signifiait cette salutation. Et l’ange lui dit : “Sois
sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu concevras et enfanteras un fils, que tu
appelleras du nom de Jésus. Il sera grand et on l’appellera
Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de
David son père. Il règnera sur la maison de Jacob
éternellement, et son règne n’aura pas de fin”. Mais Marie
dit à l’ange : “Comment cela sera-t-il puisque je ne connais
pas d’homme ?” Et, répondant, l’ange lui dit : “L’Esprit
Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te
prendra sous son ombre … Car rien n’est impossible à Dieu”,
[I : 26-35].
- “Comment cela sera-t-il possible puisque je ne connais pas
d’homme”, dit l’Evangile.
- “D’où me vient-il un enfant, alors qu’aucun homme ne m’a
touchée ?”, dit le Coran.
- “L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du
Très-Haut te prendra sous son ombre”, dit l’Evangile.
- “Nous lui envoyâmes Notre Esprit … Nous insufflâmes en
elle de Notre Esprit”, dit le Coran.
- “Car rien n’est impossible à Dieu”, dit l’Evangile.
- “Ainsi ton Seigneur a dit : C’est aisé pour moi”, dit le
Coran.
… Mon attachement à l’Islam devient de plus en plus fort
quand je constate qu’il a pour Marie une telle vénération,
alors que certaines communautés chrétiennes ne font preuve à
son égard d’aucun respect ni d’aucune considé-ration, et ne
s’interdisent pas d’en minimiser la valeur et, quelquefois,
de lui décocher des flèches empoisonnées.
Aussi serait-il utile de noter que le Coran condamne les
Juifs et va jusqu’à les traiter de mécréants pour avoir
proféré à l’encontre de Marie des paroles calomnieuses, (Les
Femmes : 156).
En plus de ce qui précède relativement à la pureté de Marie
et à son élection par Dieu qui l’a prédestinée à être, avec
son fils, un signe pour les mondes, nous trouvons dans le
Coran des versets qui nous renseignent que Dieu s’est occupé
d’elle, alors qu’elle n’avait que quelques mois. Il lui a
assuré sa nourriture et l’a portée à se rendre compte
qu’elle est élue et destinée à s’acquitter d’une mission
exceptionnelle.
Ainsi, dans le Coran, nous l’entendons, âgée de quelques
mois, parler et tenir des propos dont seules les personnes
adultes et sages sont capables : “Son Seigneur l’accueillit
du meilleur accueil, et la fit croître de la plus belle
croissance. Et il la confia à Zacharie. Chaque fois que
Zacharie entrait près d’elle au Sanctuaire, il trouvait chez
elle de la nourriture. Il dit : “O Marie ! Comment as-tu eu
cela ?” Elle dit : “C’est de la part de Dieu. Dieu donne à
qui Il veut sans compter”. (Famille d’Imrâne : 37).
Il est beau et sublime que Dieu charge Zacharie, ou tout
autre humain, de veiller sur Marie. Mais il est plus beau et
plus sublime encore que Marie, n’ayant que quelques mois,
dise des paroles qui sont l’apanage des sages de ce monde :
“Dieu donne à qui Il veut sans compter”. Ainsi la toute
petite Marie ne parle point seulement, ne dit pas des mots
enfantins, mais parle avec sagesse, et réalise
l’intervention de Dieu dans sa conception, sa naissance et
son destin … Elle réalise, depuis qu’elle était bébé - et
ceci ne fut donné à aucun être humain, hormis elle et son
fils - que Dieu donne et reprend, élève et abaisse, accorde
la vie et condamne à la mort.
Après Marie, voici le Christ-enfant, encore dans son
berceau, qui parle comme les grandes personnes : “Je suis
l’esclave de Dieu. Il m’a apporté le Livre et fait de moi un
prophète, et un homme béni où que je sois; et m’a recommandé
la prière et la dîme tant que je vivrai; et d’être
charitable avec ma mère; et n’a pas fait de moi un
oppresseur malheureux. Et paix sur moi le jour où je naquis,
et le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité
à la vie”, [Marie : 30-33] (versets déjà reproduits)”.
Ainsi par la volonté de Dieu - dont la puissance d’action
est sans limites - Jésus apprend, dès sa venue au monde, que
Dieu lui a apporté le Livre, et fait de lui un prophète et
un homme béni où qu’il soit …
Dans sa vénération du Christ, l'Islam va plus loin : il lui
reconnaît le pouvoir de faire des miracles, précisant que
Dieu l’a investi de ce pouvoir : “Et messager aux enfants
d’Israël, je vous ai apporté un signe de votre Seigneur :
pour vous je pétris de glaise une figure d’oiseau, je
souffle dedans et le voilà un oiseau, avec la permission de
Dieu; et je guéris l’aveugle et le lépreux et ressuscite les
morts avec la permisison de Dieu … En cela, il y a un signe
pour vous, si vous êtes croyants”, [Al Imrâne : 49].
… Le chrétien qui lit les versets coraniques - révélation de
Dieu - relatifs aux chrétiens, au Christ et à Marie, devrait
procéder à une auto-critique, à un examen de conscience,
afin de se rendre compte si ses attitudes vis-à-vis de
l’Islam, à travers les siècles, sont équitables et conformes
à la vérité coranique qui se manifeste dans ces versets ou
si, au contraire, elles sont tendancieuses et contraires à
cette vérité.
L’Islam se distingue par son respect de tous les prophètes,
sans exception, depuis Abraham jusqu’au Christ, qui sont
apparus avant Mohammad, les considérant, tous, comme des
prophètes de l’humanité, et les Messagers ou Envoyés
d’Allah, le Tout Puissant, le Miséricordieux, le Dieu des
mondes.
Comme nous l’avons déjà signalé, le Christ occupe une place
spéciale dans cette chaîne bénie, la chaîne des prophètes et
des Messagers divins dont l’Islam vénère et respecte
indistinctement tous les maillons.
* * *
Plus particulièrement, l’Islam vénère une catégorie
déterminée de Chrétiens; il en dit les plus belles paroles,
et leur prodigue des grandes louanges : "Parmi les Gens du
Livre se trouve une communauté ferme (dans sa foi), qui
récite la nuit, en se prosternant, les versets de Dieu. Ils
croient en Dieu et au Jour Dernier, et ordonnent ce qui est
convenable, et interdisent ce qui déplait à Dieu, et
s’empressent à faire le bien; ceux-là font partie des
justes. Et tout le bien qu’ils feront, ils en seront
récompensés. Et Dieu connaît les pieux”. [Al Imrâne :
113-115].
Dans ces versets qui, sans conteste, font partie des plus
magnifiques passages coraniques relatifs aux Chrétiens, nous
trouvons la description d’une classe d’entre eux qui se
vouèrent, corps et âmes au renoncement et aux sacrifices;
ils quittèrent le monde et vécurent une vie de pauvreté et
d’isolement, supportant les malheurs avec abnégation et
patience, se soumettant à la volonté de Dieu, renonçant au
monde afin de gagner l’au-delà.
Telle fut la classe des moines qui, dans les premiers
siècles chrétiens, connurent leur âge d’or. Ils
resplendirent, en ces temps-là, d’une lumière spirituelle
étincelante, à nulle autre pareille. A l’un de ces moines -
qui s’appelait Maron - remonte, dans son origine, la
communauté maronite, l’une des communautés dont se compose
la famille libanaise.
Le chrétien, en général, et le maronite, en particulier,
sont sensibles à tout ce qui se rapporte au monde monastique
et monacal.
La prolifération des monastères au Liban n’est qu’une preuve
de ce lien intime, voire organique, qui relie et rattache le
maronite à son origine et à ses racines.
Pour ces motifs, les versets que nous avons reproduits plus
haut apparaissent au Maronite comme une partie de son
patrimoine lequel, dans son essence, appartient à sa mémoire
collective et relève de son histoire.
(1) Bien fait.
(2) Ou le nouveau-né (difficile de trancher -
tout, dans cet événement extraordinaire, baigne dans le
merveilleux). |