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Chapitre II
Les Juifs de la Peninsule … Les Chrétiens
D’une manière générale, les Juifs de la Péninsule arabique
prirent à l’encontre du Prophète une attitude pleine
d’hostilité.
Parmi les tribus juives qui se rallièrent aux Mouchrikines(1)
et combattirent les Croyants à Ohod(2) se
distinguent les Bani Nadir qui tentèrent, après Ohod,
d’assassiner le Prophète à Yathreb(3), en jetant
sur lui une grosse pierre du haut d’un mur auprès duquel il
se reposait.
La réponse du Prophète à cette criminelle tentative fut une
sommation qu’il adressa aux Bani Nadir de quitter la ville (Yathreb).
Face à leur refus, il les cerna empêchant tout secours de
leur parvenir. Au bout de six jours, ils se soumirent. Il ne
leur fit aucun mal et leur permit de partir avec tout ce que
leurs chameaux pouvaient porter de leurs biens. Ils
quittèrent Yathreb et partirent, la plupart, pour Khaïbar,
et une minorité pour Damas.
A Khaïbar ils reprirent leurs complots, se joignant, avec
Bani Qouraïza - une autre tribu juive - à l’armée des
Mouchrikines, forte de dix mille combattants commandés par
Abi Soufiane qui vint mettre le siège devant Yathreb pendant
vingt jours au bout desquels il se vit contraint de se
retirer à cause d’un large fossé que le Prophète avait, au
préalable, fait creuser tout autour de la ville, et d’une
pluie torrentielle, accompagnée d’orages et de tonnerres,
qui finit par décourager les assaillants et entraîner leur
déroute.
Après la “journée” (bataille) du “Fossé”(4), le
Prophète attaqua Bani Qouraïza et les cerna durant vingt
cinq jours. Ils finirent par se rendre.
… Lorsque l’alliance entre les juifs et les mouchrikines se
solda par un échec, ils formèrent une nouvelle alliance
entre eux, à cent pour cent juive groupant leurs tribus non
éloignées de Yathreb, et dont les Bani Nadir, installés à
Khaïbar, constituaient l’épine dorsale. En apprenant qu’ils
s’apprêtaient à attaquer Yathreb, le Prophète les devançant,
alla à leur rencontre, à la tête de l’armée des Croyants.
Telle fut l’expédition (ghazwat) de Khaïbar qui eut lieu en
629, au cours de laquelle Dieu accorda la victoire à ceux
qui combattaient pour sa gloire.
… Quant aux Chrétiens, leur attitude vis à vis du Prophète
fut empreinte d’affection et de considération. Des témoins
oculaires ont rapporté que le Prophète déploya sa cape par
terre afin que les membres d'une délégation de chrétiens qui
sont venus le voir à Yathreb s’asseoient dessus, voulant par
ce geste leur témoigner son affection et son estime.
De même les chroniqueurs racontent que le chef des Chrétiens
d’Ayala (ou ‘Aqaba) alla, en ces temps-là, à la rencontre
des musulmans leur exprimer son amitié et sa sympathie, et
que le Prophète écrivit aux Chrétiens des lettres d’Amane
(sauvegarde et garantie), et les traita avec beaucoup
d’égards et de bienveillance. (Hitti, “Histoire détaillée
des Arabes”, 1949, T.I., 164).
De même, il nous paraît authentique, et solidement étayé, le
Hadith qui dit : “Quiconque porte préjudice à un chrétien je
serai son adversaire le Jour du Jugement dernier”.
Lorsque la pression des mouchrikines et de leurs alliés se
fit de plus en plus forte, mettant les croyants à rude
épreuve, un certain nombre de ces derniers, parmi lesquels
se trouvait Jaafar bin Abi Taleb, émigrèrent en Ethiopie,
suivant, en cela, les conseils du Prophète qui, en cette
occasion, leur dit qu’ils y trouveront un roi juste qui ne
fait de tort à personne.
Dans sa lettre au Najachi (le roi de rois abyssins), portée
par Omar bin Oumayya al Damri, le Prophète écrit, entre
autres : “… Et je témoigne qu’Issa, fils de Marie, est
l’Esprit de Dieu et Son Verbe déposé en Marie, la vierge, la
bonne, la chaste, qui fut enceinte d’Issa que Dieu créa de
son Esprit et insuffla, comme il créa Adam et l’insuffla …".
De même, en réponse à une question posée par le Najachi,
Jaafar bin Abi Taleb dit : “Nous disons du Christ ce que
notre Prophète nous a enseigné : il est le Serviteur de
Dieu, Son Prophète, Son Esprit et Son Verbe déposé en Marie
la vierge, la chaste”. Le Najachi dit : “Par Dieu, Jésus
fils de Marie, est exactement tel que vous le décrivez”. Al
Tabari raconte que le Prophète fit part aux musulmans du
décès du Najachi en des termes émouvants. De même, Ibn
Hicham rapporte des paroles de Aïcha(5)
desquelles il ressort qu’une lumière continua à jaillir du
tombeau du Najachi pendant une période assez longue qui
suivit sa mort.
(1) Les associateurs, car ils adoraient Dieu et lui
associaient des idoles.
(2) Seconde bataille (en 625) que le Prophète mena contre
les Mouchrikines, et qu’il perdit. (Note du traducteur).
(3) Ou Médine (al Madina all Mounawwara); seconde (après la
Mecque) en importance parmi les Lieux Saints musulmans. Le
Prophète y mourut et y fut enterré. (Note du traducteur).
(4) Al Khandaq.
(5) Troisième épouse du Prophète. (Fille d’Abou Bakr, 3ème
Calife Rachidine) : Note du traducteur. |