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Chapitre XVIII
La femme en Islam

 

De nombreux écrivains occidentaux critiquèrent l’attitude de l’Islam par rapport à la femme et à son rôle dans la société, ainsi qu’aux droits qui lui sont reconnus, en comparaison avec les droits de l’homme, et avec ceux d’autres femmes appartenant à d’autres sociétés ne professant pas l’Islam pour religion.

Quelle est, en réalité, l’attitude de l’Islam par rapport à la femme ?

Nous référant aux textes coraniques, nous constatons :

- Que la femme, comme l’homme, est, dans l’au-delà, récompensée pour le bien qu’elle fait dans ce monde : “Et quiconque - homme ou femme - fait de bonnes œuvres, et qui est croyant, entrera au Paradis et ne sera pas lésé d’un brin de paille”, [Les Femmes : 124].

De même aussi - et la répétition systématique des deux genres masculin et féminin n’est pas dénuée d’intérêt : “Les soumis et les soumises, les Musulmans et les Musulmanes, les pieux et les pieuses, les loyaux et les loyales, les patients et les patientes, les humbles des deux sexes, ceux et celles qui pratiquent l’aumône, les chastes, hommes et femmes, les invocateurs et les invocatrices du nom de Dieu, Dieu leur a réservé pardon et magnifique récompense”, [Les Coalisés : 35].

- A l’égal de l’homme, la femme jouit du droit d’”engagement” (promesse, ou obligation d’allégeance envers le Prophète). Celui-ci, en effet, prit pour ligne de conduite de demander aux hommes, ainsi qu’aux femmes, de lui promettre obéissance et respect des dispositions de la Chari’a (Loi islamique) : “O Prophète! Si les Croyantes venaient à toi, s’engageant à ne rien associer à Dieu, à ne pas voler, à ne pas commettre d’adultère, à ne pas tuer leurs enfants … accepte leur engagement et implore pour elles le pardon de Dieu; Dieu est pardonneur et miséricordieux”, [L’Examinée, ou l’Epreuve : 12].

- A l’égal de l’homme, la femme participe aux activités sociales et y joue le rôle qui lui est imparti : “Les Croyants et les Croyantes sont les amis les uns des autres; ils ordonnent de faire le bien, et interdisent de faire le mal; ils pratiquent la prière, payent la dîme, et obéissent à Dieu et à son Prophète; Dieu leur fera miséricorde”, [Le Repentir : 71].

Ainsi, la femme et l’homme s’entraident, à parts égales, dans l’accomplissement de tout ce qui est bénéfique à eux, ainsi qu'à la société. La femme, comme l’homme, a le droit d’interdire le mal et d’ordonner le bien, c’est-à-dire qu’elle a le droit de traiter des problèmes des gens, de les guider, afin qu’ils marchent dans le droit chemin et qu’ils fassent des œuvres pies. Dans la société, elle ne fait pas figure de membre insignifiant et rejeté, vivant en marge de cette société. A l’instar de l’homme, elle descend dans l’arène.

Il est de commune renommée que certaines tribus arabes de la période préislamique recouraient, pour plus d’un motif, à l’enterrement des filles nouvellement nées; comme si les filles n’avaient pas droit à la vie, à l’égal des garçons! L’Islam interdit cette pratique criminelle.

“Et si on annonce à l’un d’eux la naissance d’une fille, son visage devient sombre et noir, comprimant sa colère. Il se tient loin des gens à cause de la mauvaise nouvelle qu’il a reçue. Doit-il la garder avec la honte, ou bien l’ensevelir ? Ah combien détestables sont leurs jugements!”, [Les Abeilles : 58-59].

Quelquefois, la pauvreté était en tête des causes de cette pratique de l’enterrement des filles “nouveau-nées”, les parents se trouvant dans l'impossibilité de subvenir aux besoins de leurs enfants au cas où ils seraient nombreux. L’Islam est venu rappeler à ces parents pauvres que Dieu était là pour y subvenir :

- “Et ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté. Nous pourvoirons (à leurs besoins), avec vous. Les tuer est une grande faute”, [Le Voyage Nocturne : 31].

- Avant l’Islam, les femmes arabes étaient exclues de tout héritage. L’Islam est venu réparer cette injustice, en fixant à la femme - épouse, mère, sœur et fille - sa quote-part :

- “Aux hommes une part de ce qu’ont laissé les père et mère et les proches; et aux femmes une part de ce qu’ont laissé les père et mère et les proches; que cela soit peu ou beaucoup, une part déterminée”, [Les Femmes : 7].

- Les Arabes héritaient les femmes (les recevaient en héritage) avec répugnance; ainsi l’ayant droit héritait la femme (veuve) de cujus comme il héritait de ses biens; elle devenait sa propriété dont il usait à son gré, comme il usait de ce qu’il a hérité et de ce qui lui appartenait : il l’épousait, s’il le voulait; il la mariait, s’il le voulait, retenant pour lui sa “dot”; et s’il le voulait, il lui interdisait tout mariage, pensant, ainsi, qu’elle se libérerait en échange d’une somme d’argent qu’elle lui payerait, ou qu’elle mourrait, et, ainsi, il hériterait d’elle.

Tout cela fut interdit par l’Islam : “O les Croyants! il ne vous est pas permis licitement d’hériter de (vos) femmes contre leur gré; ne les empêchez pas de se remarier afin de vous emparer d’une partie de ce que vous leur avez donné”, [Les Femmes : 19].

- Certains Arabes héritaient (recevaient en héritage) les épouses de leurs pères, comme un objet parmi d’autres laissés par le défunt; elles devenaient, ainsi, leurs épouses. L’Islam interdit cela catégoriquement :

“Et n’épousez pas les femmes que vos pères ont eues pour épouses - excepté ce qui est déjà accompli - c’est une abomination détestable et un acte condamnable, et une mauvaise conduite”, [Les Femmes : 22].

- Le Coran considère l’homme et la femme sur un même pied d’égalité; ils sont égaux devant Dieu qui instaura, entre eux, l’affection et la miséricorde, et créa, pour les Croyants, des époux(1) choisis parmi eux, afin qu’ils y trouvent paix et miséricorde : “Et l’un de ses Signes est d’avoir créé pour vous, de vous-mêmes, des époux(1), afin que vous trouviez confiance et quiétude auprès d’eux; et Il a établi entre vous affection et miséricorde; en cela il y a des Signes pour les gens bien pensants”, [Les Byzantins : 21].

En Islam se noue entre les deux époux une relation qui prend sa source, non point dans des intérêts matériels terre à terre, ni dans des appétits sexuels et corporels, - lesquels, tous, sont voués à disparaître avec le temps - mais une relation, d’affection et de miséricorde qui, au fil du temps, devient de plus en plus forte, comme tout ce qui est précieux et cher.

La grandeur de cette affection et de cette miséricorde réside dans le fait qu’elles sont un don de Dieu, le Miséricordieux, le Clément. C’est Lui - béni soit son nom - qui instaure entre eux affection et miséricorde, et non les simples mortels.

Et c’est Dieu, loué soit-il, qui créa pour l’homme une épouse de lui-même, c’est-à-dire de la même nature et de la même essence que lui, afin d’y trouver un refuge de paix morale, et de quiétude intellectuelle et sentimentale.

Elle est, par rapport à son mari, un havre de sécurité dans lequel il jette l’ancre de son propre être, afin de le soustraire au tumulte des vagues, et à la colère des ouragans et des orages.

Dans le verset 187 de la sourate “La Vache”, Dieu fait des deux époux deux égaux, à travers des termes admirables dans leur simplicité et leur force évocatrice profonde : “Elles sont pour vous un vêtement, et vous êtes pour elles un vêtement”.

L’habit (le vêtement) couvre le corps et le met à l’abri des souillures; il lui confère beauté et splendeur, et le protège contre toute attaque, ou toute agression, de quelque nature qu’elle soit.

Le sens du mot “vêtement”, dans ce verset, est large et profond : c’est aussi une cuirasse sur laquelle se casseront les flèches du destin et de l’homme.

Il est de commune renommée, dans les sociétés des humains, que l’homme est la cuirasse protectrice de la femme, ainsi que son “vêtement” et son défenseur … Mais, dans ce contexte et d’autres, l’Islam met la femme au même niveau que l’homme.

Dans l’Islam, le principe c’est l’égalité entre les époux, en droits et en obligations, avec une prééminence pour l’homme en sa qualité de chef de famille; ce qui est naturel.

- “Et elles (les épouses) ont des droits équivalents à leurs obligations, et les hommes ont le pas sur elles (littéralement : et aux hommes sur elles un degré)", [La Vache : 228].

Il est clair que la femme jouit des mêmes droits que l’homme, et qu’elle est soumise aux mêmes obligations; l’homme ne peut imposer à sa femme ce qu’il ne s’impose pas à lui-même.

Quant au degré (ou échelon), il est dévolu à l’homme en sa qualité de chef de famille, comme il est coutume de l’appeler, étant donné qu’il est responsable, par son argent et son travail, de l’entretien de sa famille. C’est lui qui en assume les dépenses; il est tout à fait naturel qu’en échange de cela, il lui soit reconnu le droit de contrôle : “Les hommes sont supérieurs aux femmes par le fait qu’Allah en a élevé plusieurs au-dessus des autres; et par le fait qu’ils dépensent de leur argent”, [Les Femmes : 34].

- Physiologiquement, la femme est autrement constituée que l’homme; elle conçoit, porte son enfant dans son sein; elle enfante et elle allaite. Ce sont là des particularités et des spécialités naturelles inhérentes à ladite constitution, et qui prennent une bonne partie de son temps, sans parler des perturbations physiologiques auxquelles elle est confrontée et soumise, pendant quelques jours, tous les mois, jusqu’à un âge relativement avancé.

Du point de vue de l’Islam, l’homme n’est pas, mentalement, intellectuellement, corporellement, supérieur à la femme. Toutefois, la réalité sociale, dans le monde entier, et tout au long de l’Histoire, depuis ses origines intelligibles, démontre qu’il y a des missions, ou des charges assumées par l’homme exclusivement (sans la femme), avec, bien entendu des exceptions qui n’altèrent point la force probante du principe.

Si nous observons les pays les plus évolués du monde, comme l’Europe et l’Amérique du Nord, par exemple, où les hommes et les femmes sont à égalité numérique, nous constaterons ce qui suit :

1- Les Assemblées nationales et les Sénats comptent une majorité d’hommes dépassant quelquefois 90% de la totalité de leurs membres respectifs. Dans l’avant dernière Assemblée Nationale française élue en avril 1993, on dénombrait 35 femmes sur un total de 577 députés, c’est-à-dire 7% environ.

2- Les effectifs de l’armée française, depuis le sommet de la pyramide jusqu’à sa base, sont composés dans la même proportion, au delà de 95% d’hommes.

3- Il en est de même des Forces de la Sécurité intérieure : police, gendarmerie, pompiers …

4- De même aussi dans la magistrature(2) et les administrations publiques.

5- La proportion des femmes est grande - elle dépasse celle des hommes - dans les besognes relativement faciles, qui ne requièrent pas des efforts physiques importants, comme les vendeuses des magasins de toutes catégories, les secrétaires des sociétés et des entreprises, les employées de banques, les dactylos et similaires, les standardistes … Ceci constitue un aveu indirect de la part de ces pays “évolués”, de l’inégalité de l’homme et de la femme dans plusieurs domaines, comme ceux que nous avons ci-haut énumérés, à titre d’exemples, et non restrictivement.

L’Islam, Coran et Sunna, recommande de bien traiter la femme : “Et vivez en bons rapports avec elles”, [Les Femmes : 19].

De même : “Gardez-les (vos épouses) convenablement, ou répudiez-les convenablement”, [La Vache : 231].

L’Islam impose à l’époux d’entretenir, avec largesse, son épouse et ses enfants, “sans parcimonie, mais sans outrance” :

“Que celui qui est dans l’aisance dépense selon son aisance; et que celui qui n’a que le strict nécessaire, dépense de ce que Dieu lui a donné; Dieu n’impose à l’homme que dans les limites de ce qu’Il lui a donné”, [Le Divorce : 7].

Un verset du Coran autorise l’époux - dans des cas exceptionnels - à frapper son épouse : “Et celles dont vous craignez l’infidélité, sermonnez-les et abandonnez-les dans les chambres à coucher, et frappez-les; si elles vous obéissent, ne cherchez plus à les maltraiter”, [Les Femmes : 34].

Ce verset - comme on devait s’y attendre - suscita plus d’une question; voire plus d’une critique. Il a même déterminé certaine presse à mener une campagne de calomnie contre l’Islam, et à le présenter comme la religion du régressisme.

Tout en faisant remarquer que de nombreux pays évolués ont, assez longtemps, autorisé une telle pratique, puis l’ont interdite pour être en conformité avec l’évolution sociale imposée par sa propre logique, il est de notre devoir d’attirer l’attention sur ce qui suit :

- Le verset en question commence par conseiller le “sermon” : Sermonnez-les, c’est-à-dire que l’homme, qui craint l’inconduite (l’infidélité) et son épouse, se doit de commencer par la sermonner afin de la convaincre, par la parole édifiante, de marcher dans le droit chemin. Après le sermon vient l’abandon de l’épouse, toute seule, dans la chambre conjugale; ce qui, pour la femme, constitue une peine d’un impact violent, car elle atteint une arme des plus incisives que possède la femme : l’arme de la séduction, de l’excitation et de la tentation piégeante.

L’abandon dans le lit nuptial n’est point seulement une peine à caractère sexuel qui prive la femme d’une jouissance physique; elle est plutôt une peine psychologique et morale qui atteint la femme dans sa féminité, son orgueil et son capital-prestige.

Après cette peine - qui, sans conteste, est la plus sévère des peines que puisse encourir une femme encore jeune et possédant ses atouts séducteurs - vient la peine de la “frappe”.

La femme, insensible aux sermons et à l’abandon, fait, sans nul doute, partie des “poids lourds” que l’homme ne peut, sans faillir, porter et supporter; il ne lui reste, dans pareil cas, que de recourir à une mesure dissuasive : ou bien il frappe son épouse, espérant que cela sauvera son mariage - car frapper est moins pire que divorcer - ou, alors, recourir au divorce.

Faisons observer au lecteur que l’Islam n’autorise pas la “frappe” comme si elle était une mesure légale. Le Prophète a critiqué et détesté une telle mesure; il ne l’a, d’ailleurs, jamais pratiquée avec ses épouses. Il a fait comprendre aux Croyants qu’elle était, comme le divorce, la mesure légale la plus détestée de Dieu. Aussi a-t-il dit : “Les meilleurs d’entre vous ne frapperont pas … N’avez-vous pas honte de frapper vos épouses comme si vous frappiez vos esclaves! Vous les frappez le matin et vous couchez avec elles le soir!”

… A l’orée de 1993, un organisme approprié publia les résultats d’une étude générale effectuée en France, et qui nécessita un temps assez long, afin de déterminer, approximativement, le nombre de femmes frappées par leurs époux, une fois ou plus, durant une année. Il s’avèra que leur nombre dépassait deux millions. Les responsables de l’organisme en question sont persuadés que ce nombre est au-dessous de la réalité, et qu’il friserait très vraisemblablement les trois millions, étant donné que de nombreuses femmes frappées refusent de le reconnaître, de honte, ou par pudeur.

Les législations en vigeur en France, en Europe et aux Amériques ne permettent pas à l’homme de frapper sa femme; ni celle-ci de frapper son époux. Mais les lois naturelles diffèrent des lois votées par les humains, car les premières prennent en considération la nature humaine et sa complexité.

Il serait dans l’intérêt de la femme et pour son bien de savoir que la loi, dans ses cas exceptionnels, autorise son époux à la frapper. Car, ainsi, elle s’abstiendra de se mal conduire, et évitera tout comportement que l’homme ne pourrait supporter; et cela de peur que l’époux n’use de son droit de la frapper, alors qu’elle ne disposerait, contre lui, d’aucun recours judiciaire.

Il en est autrement si la femme sait que la loi interdit à son époux de la frapper et que, s’il le fait, il s’expose à une condamnation pénale. S’il la frappe, elle le poursuivra devant la juridiction compétente afin d’obtenir sa condamnation.

On pourrait rétorquer, a contrario, que l’interdiction de frapper porterait l’époux à penser et à repenser la chose avant de passer à l’action, de peur d’être poursuivi et condamné. Cela est vrai virtuellement. Mais, dans la réalité, il n’a pas empêché que trois millions d’épouses françaises aient subi cet affront au cours d’une seule année, malgré que la loi française l’interdit.

Cette arme, entre les mains de l’homme, constitue le plus souvent, dans la Chari’a islamique, un moyen de dissuasion, et non de répression. Et là, dans l’autorisation de “frappe”, nous décelons la sagesse divine, telle qu’elle se manifeste dans le verset sus-mentionné.

En Grande Bretagne, jusqu’à ce jour, une seule et unique femme occupa le poste de premier ministre : Madame Thatcher.

Il en est de même en France, le pays de l’”égalité”, depuis 1789 : une fois, Madame Cresson.

Face à cela, dans les pays musulmans : une fois au Pakistan, et une fois en Turquie.

(1) Maris et femmes - Note du traducteur.

(2) En juin 1993, le président Clinton proposa la nomination d’une femme comme membre de la Haute Cour de Justice; les milieux politiques et de l’information parlèrent de cela comme d’un événement extraordinaire : Ce fut la première femme à occuper un tel poste, durant toute l’histoire des E.U.A.


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