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Chapitre XIV
La Guerre
Jadis et naguère, et même de nos jours, mais la plupart du
temps, indirectement, l’Islam fut la cible de ses ennemis
déclarés et non déclarés. Leurs attaques étaient centrées
sur une seule et unique idée qui se résume en ce que l’Islam
est la religion de la violence et de la contrainte, et que
sa propagation par le fil de l’épée est du devoir du
Musulman.
Dans leur campagne de dénigrement, ils se fondèrent sur
certains versets du Coran, ainsi que sur des événements qui
accompagnèrent et suivirent les débuts de l’Islam. Ainsi,
ils contraignirent les textes en leur imposant des sens
qu’ils ne revêtaient pas à l’origine, ne se privant pas
d’interpoler les événements et de les commenter au gré de
leur fantaisie, laissant la vérité dans le noir, et
projetant la lumière sur le faux.
De nos jours émergèrent du monde de l’Islam des courants et
des mouvements religieux que les Occidentaux appellent
fondamentalisme et intégrisme, ou quelque chose de
similaire.
Nul doute que les courants sus-visés se sont distingués,
dans leurs faits et gestes, ainsi que dans leurs idéologies,
par l’extrémisme et la violence étrangers à l’Islam
traditionnel que les Croyants ont hérité du Prophète, de ses
Compagnons et des Califes Rachidines, ainsi que des oulémas
et des juristes de la Chari’a à travers les siècles.
Les ennemis de l’Islam - qui appartiennent à diverses
religions - ne se privèrent pas d’exploiter ce fait - celui
de l’extrémisme - en organisant une campagne de dénigrement
contre l’Islam, à travers leur campagne contre les actes de
“terrorisme” entrepris par les milices et les formations se
réclamant du “fondamentalisme”.
Cette campagne contre le “terrorisme-fondamentalisme”
poursuit un objectif clair et précis qui n’échappe pas aux
gens avisés : dénigrer l’Islam et le présenter comme la
religion de l’extrémisme et du fanatisme, ainsi, et surtout,
que du “terrorisme”.
Nous ne cherchons pas ici à défendre le “fondamentalisme” ou
l’extrémisme, ni à les critiquer, mais à défendre la vérité
et le droit.
De l’aveu même de la communauté internationale, représentée
par les Nations Unies, Israël occupe, par la force des
armes, des territoires du Liban, de la Syrie et de la
Palestine.
Le “terrorisme” des fondamentalistes n’est, dans la plupart
des cas, qu’une réaction contre l’injustice.
Le contexte moyen-oriental n’a pas besoin d’être expliqué.
Le peuple palestinien est un peuple vagabond et errant.
Le Golan est occupé.
Une partie du Sud Liban et de la Békaa est occupée.
Nonobstant tout ce qui précède, nous considérons de notre
devoir envers la vérité de dire ce qui suit :
Les religions révélées successivement sont trois : le
Judaïsme, le Christianisme et l’Islam.
La Bible - qui, à l’origine, est le Livre des Juifs - est
descendue (révélée) par Dieu, au même titre que l’Evangile
et le Coran.
Les guerres menées par les Juifs, ou les Hébreux, à la suite
de leur sortie d’Egypte et leur marche sur le pays de
Canaan, c’est-à-dire la Palestine, sont détaillées dans
certains Livres de la Bible, tels ceux de l’Exode, des
Nombres, du Deutéronome …
A l’instar de l’Evangile et du Coran, la Bible est très
largement répandue. En plusieurs langues et en des millions
d’exemplaires, elle se trouve entre les mains des gens,
juifs et chrétiens, comme entre les mains des non-juifs et
des non-chrétiens.
En nous référant aux Livres susmentionnés (Exode, Nombres,
Deutéronome), nous découvrons des faits et des événements
qui intriguèrent les historiens et les chercheurs qui, de ce
fait, posent, à leur sujet, plus d’un point d’interro-gation
et d’exclamation.
Ce qui augmente leur embarras, et multiplie ces points
d’interrogation et d’exclamation, c’est le fait de constater
que Yahwé, dieu des Juifs, et, par la suite, Dieu des
mondes, conduit lui-même ces Juifs aux combats collectifs,
comme nous allons, sitôt, constater.
Voici, pour la gouverne des lecteurs, quelques exemples
choisis textuellement dans la Bible(1) :
“L’Eternel dit à Josué : Vois je livre entre tes mains
Jéricho et son roi, ses vaillants soldats … Le peuple
(hébreu) monta dans la ville (Jéricho). Ils s’emparèrent de
la ville et ils dévouèrent par interdit, au fil de l’épée,
tout ce qui était dans la ville, hommes et femmes, enfants
et vieillards, jusqu’aux bœufs, aux brebis et aux ânes. Ils
brûlèrent la ville et tout ce qui s’y trouvait. Ce fut,
alors, que Josué jura, en disant : Maudit soit devant
l’Eternel l’homme qui se lèvera pour rebâtir cette ville de
Jéricho! L’Eternel fut avec Josué”, [Josué, VI, 2-27].
De même :
“L’Eternel dit à Josué. Prends avec toi tous les gens de
guerre, lève-toi, monte contre Aï. Je livre entre tes mains
le roi d’Aï et son peuple, sa ville et son roi. Quand vous
aurez pris la ville, vous y mettrez le feu; vous agirez
comme l’Eternel l'a dit. Israël les battit sans leur laisser
un survivant, ni un fuyard. Il y eut au total douze mille
personnes tuées ce jour-là, hommes et femmes, tous gens
d’Aï. Josué brûla Aï et en fit à jamais un monceau de
ruines, qui subsiste encore aujourd’hui”, [Josué, VIII].
… Ce fut, exactement ce qui advint - massacres collectifs et
incendies sur l’ordre exprès du Dieu d’Israël, et avec son
secours - à de nombreuses aures villes :
“Ils firent ainsi et lui amenèrent les cinq rois, qu’ils
avaient fait sortir de la caverne, le roi de Jérusalem, le
roi d’Hébron, le roi de Jarmuth, le roi de Lakis, le roi d’Eglon.
Josué dit aux chefs des gens de guerre : Approchez et mettez
vos pieds sur les cous de ces rois. Ne craignez point et ne
vous effrayez point; c’est ainsi que l’Eternel traitera tous
vos ennemis contre lesquels vous combattez. Après cela,
Josué les frappa et les fit mourir; il les pendit à cinq
arbres. Josué prit Makkéda le même jour et la frappa du
tranchant de l’épée. Il n’en laissa échapper aucun. Puis, il
passa à Libna et l’attaqua. L’Eternel la livra aussi entre
les mains d’Israël et la frappa du tranchant de l’épée, elle
et tous ceux qui s’y trouvaient. Puis Josué passa à Lakish.
L’Eternel la livra entre les mains d’Israël et la frappa du
tranchant de l’épée, et tous ceux qui s’y trouvaient”,
[Josué, X].
Ainsi, aussi, se comporta Josué avec les villes de Guézer,
Eglon, Hébron et Débir … :
“Josué battit tout le pays, la montagne, le midi, la plaine
et les coteaux, et il en battit tous les rois; il ne laissa
échapper personne, et il dévoya, par interdit, tout ce qui
respirait, comme l’avait ordonné l’Eternel, le Dieu
d’Israël. Josué prit aussi toutes les villes de ces rois, et
tous leurs rois, et il les frappa du tranchant de l’épée;
parce que l’Eternel, Dieu d’Israël, combattait pour Israël”,
[Josué, X].
- “Dieu dit à Moïse : Ne le(2) crains point; car
je le livre entre tes mains, lui et tout son peuple, et son
pays … Et ils le battirent, lui et ses fils et tout son
peuple, sans en laisser échapper un seul; et ils
s’emparèrent de son pays”, [Nombres, XXI, 34-35].
- “Ils (les Hébreux) s’avancèrent contre Madian, selon
l’ordre de l’Eternel à Moïse, et ils tuèrent tous les mâles.
Ils firent prisonnières les femmes des Madianites et leurs
petits enfants, et ils pillèrent tout leur bétail et toutes
leurs richesses. Ils incendièrent toutes les villes qu'ils
habitaient …", [Nombres, XXXI].
- “Maintenant, tuez tout mâle parmi les petits enfants, et
tuez toute femme qui a connu un homme en couchant avec lui”,
[Nombres, XXXI].
- “Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : Lorsque vous
aurez passé le Jourdain et que vous serez entrés dans le
pays de Canaan (Palestine), vous chasserez devant vous tous
les habitants du pays. Vous prendrez possession du pays et
vous vous y établirez; car je vous ai donné le pays pour
qu’il soit votre propriété”, [Nombres, XXXIII].
- “L’Eternel, notre Dieu, nous livra Sihon, roi de Hesbon,
et nous le battîmes, lui et ses fils, et tout son peuple.
Nous prîmes toutes ses villes et nous les dévoyâmes par
interdit, hommes, femmes et enfants, sans en laisser
échapper un seul”, [Deutéronome, II].
- “L’Eternel, notre Dieu, livra encore entre nos mains Og,
roi de Basan, avec tout son peuple; nous le battîmes sans
laisser échapper aucun de ses gens. Nous prîmes toutes ces
villes, et il n’y en eut pas une qui ne tombât en notre
pouvoir : soixante villes. Nous les dévoyâmes par interdit
comme nous l’avions fait à Sihon, roi de Hesbon; nous
dévouâmes toutes les villes par interdit, hommes, femmes et
petits enfants”, [Deutéronome, III].
… Ces passages que nous venons de reproduire textuellement
prouvent, jusqu’à plus ample informé, que les Hébreux venant
d’Egypte se sont livrés, non seulement aux meurtres
collectifs, aux incendies et aux destructions, mais qu’ils
ont anéanti des peuples, complètement et totalement.
A travers ces passages, nous nous sommes rendus compte que
les villes que les Hébreux ont envahies, détruites,
incendiées et entièrement effacées de la surface du globe,
sont nombreuses et citées nommément; entre autres : Jéricho,
Jérusalem, Hébron et Ajloun, lesquelles sont notoirement
connues de nos jours, car elles portent, aujourd’hui comme
naguère, les mêmes noms et sont, dans leur totalité, situées
en Palestine …
Les années passent, et les siècles … Nous voici en 638 :
l’armée musulmane, comme nous l’avons déjà rapporté (chap.
IX, p. 68), arrive devant Jérusalem-Al Qods et y met le
siège. La Ville Sainte, peuplée en très grande partie, de
Chrétiens, ouvre ses Portes à Omar Ibn al Khattab, en
témoignage de sa confiance en sa justice. Omar y entre et
reçoit les clés de la Ville Sainte des mains de Sophrone,
son patriarche, qui l’accompagne dans une tournée dans ses
quartiers. Alors qu’ils se trouvaient dans l’Eglise du Saint
Sépulcre, l'heure de la prière, chez les Musulmans, arriva.
Omar quitta l’Eglise et alla prier au dehors, à une certaine
distance d’elle, afin, dit-il, “que les Musulmans, après
lui, ne viennent et disent : “Ici pria Omar”, et n’y
construisent une mosquée sur son emplacement”. En cette même
occasion, le même Omar octroya aux Chrétiens de Jérusalem
une Charte aux termes de laquelle il leur garantit la
sauvegarde de leurs églises, de leurs croix, des insignes de
leur foi, et leur droit d’exercer leur culte et de dire
leurs prières en toute liberté …, alors que les Hébreux,
avant lui, quand ils prirent Jérusalem et les autres villes
- comme nous le savons déjà - se gardèrent de faire alliance
avec ses habitants … mais renversèrent leurs autels,
brisèrent leurs idoles, et abattirent leurs forêts … Ils les
tuèrent et il n’en resta personne …
Il est notoire, et nous l’avons déjà dit, que les Hébreux
vinrent d’Egypte et s’abattirent, telles des bêtes féroces,
sur des nations et des peuples qui ne les combattirent pas,
ne leur causèrent aucun préjudice, ne les chassèrent point
de leurs pays, et ne leur déclarèrent pas la guerre … mais
dont le grand crime fut qu’ils (ces peuples et ces nations)
vivaient sans avoir agressé personne, sur ces terres depuis
des centaines d’années … Et voici que Yahwé, le Dieu des
Juifs, comme l’affirment les textes bibliques ci-haut
reproduits, donne le pays (à son peuple) pour qu’il soit sa
propriété, et lui ordonne de la détruire, avec tous ses
habitants …
Si nous comparons ces textes bibliques avec les textes
coraniques, dans le même contexte, celui des guerres, il
nous apparaîtra clairement que, parmi les religions révélées
et non révélées, l'Islam est, sans nul doute, la religion la
plus tolérante, la plus miséricordieuse et la plus encline à
la paix.
En voici quelques exemples :
- “Ceux qui ne vous ont pas combattu en religion, et ne vous
ont pas chassé de vos demeures, Dieu ne vous interdit pas de
leur faire du bien et d’être justes avec eux, Dieu aime les
justes”, [L’Examinée : 8].
- De même :
“S’ils vous laissent tranquilles et ne vous combattent pas
et vous offrent la paix, Dieu ne vous ouvre pas voie contre
eux”, [Les Femmes : 90].
- De même aussi :
“O les Croyants! Entrez tous dans la paix”, [La Vache :
208].
- Encore et encore :
“Et s’ils inclinent à la paix, incline, toi-même, vers
elle”, [Le Butin (les dépouilles) : 61].
Il est de notre devoir envers la vérité de signaler que
l’Islam ne recommande la guerre qu’en extrême urgence : afin
de se défendre contre les attaques, et de défendre la
religion et les Croyants. Toutes les guerres menées par le
Prophète étaient, dans leur réalité, défensives. Même les
“offensives”, d’entre elles, étaient défensives.
Durant des années, le Prophète, en exécution des ordres de
Dieu, prêcha la nouvelle religion sans recourir aux combats,
malgré que Qoraïche à la Mecque, et les Juifs à Yathreb,
aient persécuté les premiers Croyants et leur aient porté de
graves préjudices, et qu’ils aient, par tous les moyens,
essayé d’étouffer la nouvelle religion dans son berceau.
Maintes fois les Croyants venaient voir le Prophète et lui
exprimer leurs plaintes, leurs doléances, et leur désir de
combattre leurs ennemis afin de mettre fin à leurs abus et à
leurs injustices. Mais le Prophète leur répondait
invariablement : “Patientez, Dieu ne m’a pas donné l’ordre
de combattre”.
Du reste, l’Hégire - l’émigration du Prophète de la Mecque à
Médine (Yathreb) - ne fut, de sa part, qu’une initiative
dont le but était de se sauver lui-même et de sauver la
nouvelle religion des griffes de ses ennemis perfides et
tyranniques.
Et lorsque la violence des Mouchrikines et des Juifs contre
les Croyants devint insoutenable, Dieu les autorisa à
combattre : “L’autorisation (de combattre) a été donnée à
ceux qui sont combattus, parce qu’il leur a été fait du
tort, et Dieu est capable de les aider - ceux qui furent
expulsés de leurs foyers injustement, seulement pour avoir
dit : Dieu est notre Seigneur …", [Le Pélerinage : 39-40].
Lorsque les Croyants furent victorieux, ils ne tuèrent pas,
ils n’incendièrent pas, ils ne détruisirent pas, ils ne
démolirent pas les autels, comme firent les Hébreux. Bien au
contraire, ils répandirent le bien :
“Dieu viendra au secours de ceux qui, si Nous les
établissons dans le pays, seront assidus à la prière,
pratiquent l’aumône, ordonnent ce qui est bien et
interdisent ce qui est mal; et c’est à Dieu qu’appartient
l’avenir …", [Le Pélerinage : 41].
L’ordre de Dieu au Prophète est clair : le combat est un
devoir pour repousser l’oppression : “Et combattez, dans le
sentier de Dieu, ceux qui vous combattent, et ne prenez pas
l’initiative du combat; Dieu n’aime pas les agresseurs; et
tuez-les (les agresseurs) où que vous les rencontriez, et
chassez-les d’où ils vous ont chassés … Mais s’ils cessent
(le combat), Dieu est indulgent et miséricordieux”, [La
Vache : 190-192].
Rien, dans le Coran, qui ressemble, de près ou de loin aux
textes bibliques que nous avons reproduits, et par lesquels
le Dieu des Juifs déclare qu’il leur a livré des villes, des
nations et des peuples afin de les occuper, de les incendier
et de les anéantir, et de poser leurs pieds sur les têtes de
leurs rois. Bien au contraire, nous entendons des paroles
imprégnées de pardon et de miséricorde, telles les suivantes
:
“Dieu est indulgent et miséricordieux” [La Vache];
“qui ordonnent le bien et interdisent le mal”, [Le
Pélerinage];
“autorisation de combattre est accordée à ceux qui furent
traités injustement”, [Le Pélerinage];
“N’agressez pas, Dieu n’aime pas les agresseurs”, [La
Vache].
A l’armée qui se préparait à combattre lors de la “journée”
de Moqta, le Prophète donne les conseils suivants : “Ne tuez
point de femmes, ni d’enfants, ni de vieillards; ne brûlez
point de palmiers, n’arrachez point d’arbres, ne détruisez
point de maisons”; alors que nous lisons dans les textes
bibliques ce que nous avons déjà rapportés : “Et ils
brûlèrent la ville et tout ce qui s’y trouvait … Ils la
frappèrent du tranchant de l'épée, avec tous ceux qui s’y
trouvaient … Douze mille, hommes et femmes … Il n’en laissa
échapper personne, et dévoua, par interdit, tout ce qui
respirait, comme l’avait ordonné l’Eternel, Dieu d’Israël …
Et vous couperez leurs forêts … et toutes leurs villes
brûlez-les … Et maintenant tuez tout mâle parmi les petits
enfants, et tuez toute femme qui a connu un homme en
couchant avec lui … Et nous avons dévoué, par interdit,
toute ville, ses hommes, ses femmes, ses petits enfants;
nous n’en laissons échapper personne”.
Alors que, pour les Musulmans, Dieu s’incarne dans la
miséricorde et le pardon, nous le voyons se présenter aux
Juifs comme le Dieu de la vengeance et du massacre : “Si
j’aiguise l’éclair de mon épée, et si ma main saisit la
justice, je me vengerai de mes adversaires et je punirai
ceux qui me haïssent; mon épée dévorera leur chair; et
j’enivrerai mes flèches du sang des blessés et des captifs,
et des têtes des chefs de l’ennemi”, [Deutéronome, XXXII].
Parmi les recommandations du Prophète aux commandants de ses
armées, nous relevons : “Combattez au nom de Dieu dans le
sentier de Dieu; combattez ceux qui ne croient pas en Dieu;
ne commettez pas d’abus, ni de perfidie, et ne châtiez pas,
ne tuez pas un nouveau-né”.
Si les ennemis commettent à l’encontre des Musulmans des
actes excessifs et abusifs, ceux-ci seraient en droit de
leur rendre la pareille, s’ils le peuvent. Mais l’Islam
préfère et privilégie la patience à la vengeance : “Et si
vous punissez, punissez comme vous avez été punis vous-mêmes
: mais si vous êtes patients (si vous endurez), cela est
meilleur pour les patients. Sois patient; et ta patience
n’est qu’en Dieu”, [Les Abeilles : 126-127].
Ces deux versets furent révélés (descendus) après la journée
d’Ohod, au cours de laquelle les Associateurs (al
mouchrikines) châtièrent abusivement (le corps de) Hamza bin
Abdel Mouttaleb, oncle du Prophète, et d’autres Croyants; le
Prophète en fut très contrarié et très peiné; il résolut de
se venger des mouchrikines et de les traiter comme ils
traitèrent son oncle et les Croyants. Dieu, toutefois, lui
recommanda la patience, laquelle, dans la religion
islamique, est préférable à la vengeance.
Parmi les recommandations d’Abou Bakr (Ier Calife Rachidi),
la chronique nous a conservé les suivantes : “Ne commettez
point de trahison, ni d’excès et d’abus, ni de perfidie, ni
de châtiments abusifs et excessifs; ne tuez point de petits
enfants, ni de vieillards, ni de femmes; ne coupez point de
palmiers, et n’en brûlez point, ni d’arbres fruitiers;
n’égorgez point de mouton, ni de vache ni de chameau, sauf
pour en manger”.
Quant aux prisonniers - les prisonniers de guerre - Dieu
recommande de les traiter avec mansuétude, à l’égal des
orphelins et des pauvres : “Et qui donnent de la nourriture,
par amour pour Lui (Dieu), aux pauvres, à l’orphelin et au
prisonnier; (en disant) : Nous vous nourrissons pour plaire
à Dieu; nous ne désirons de vous ni récompense ni
remerciement”, [L’homme : 8-9].
Des questions indispensables
Les passages bibliques - Josué, Nombres, Deutéronome - que
nous avons reproduits, expriment-ils une réalité matérielle
? Parlent-ils d’événements qui se sont réellement passés ?
Ou bien ont-ils un sens symbolique et figuré qui exprime des
états d’âme, et reflète un cas de conscience ?
Nous nous posons ces questions parce qu’il nous est
difficile - voire impossible - de croire que le peuple juif
- avec l'aide de son Dieu et de son Créateur, le Dieu
Unique, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob - ait pu
commettre de telles tueries, et anéantir des peuples et les
effacer complètement de la surface du globe, avec tout ce
qu’ils possédaient.
C’est que - si nous exceptons ce qui est advenu aux peuples
cananéen et autres, au lendemain de la sortie des Hébreux
d’Egypte, comme cela est rapporté en détails dans les
passages bibliques sus-mentionnés - les guerres des Juifs,
en général, furent défensives, et ne furent
qu’exceptionnellement offensives.
Dans ce contexte, il serait utile de signaler que la loi de
Moïse - œil pour œil, dent pour dent … - est, dans son
essence et sa réalité, une loi défensive et non offensive
qui recommande à l’agressé de répondre à l’agresseur par une
égale agression; elle ne recommande pas aux Juifs
d’attaquer, et d’agresser les autres.
Quant aux Dix Commandements, qui furent révélés à Moïse sur
le Mont Sinaï, comme cela est traditionnellement connu, et
qui sont considérés comme les pierres fondamentales de la
Loi hébraïque, ils interdisent catégoriquement de tuer : “Tu
ne tueras point”.
Du moment que Dieu, dans ses Commandements, a
catégoriquement interdit au peuple juif de tuer, comment,
dans ce cas, expliquer ces tueries collectives commises par
les Hébreux avec l’aide de Dieu lui-même, contre ces peuples
qu'ils anéantirent complètement ?
Si nous explorons l’Histoire, dans le passé et de nos jours,
nous n’y trouverions point que les Juifs se sont distingués
par cet esprit ravageur et destructif.
Les Juifs d’aujourd’hui et de naguère ne se différencient,
généralement pas, de leurs contemporains. Ils menèrent des
guerres, en gagnèrent certaines, en perdirent d’autres; ils
se comportèrent, avec les peuples qu’ils ont vaincus, comme
se comportèrent avec eux les peuples qui les ont vaincus, à
leur tour.
Le souci de la vérité et le respect du droit nous dictent de
dire que les Assyriens et les Babyloniens, pour ne citer
qu’eux, infligèrent aux Juifs vaincus un traitement qui se
distingue par la brutalité, l’injustice et la barbarie : ils
en tuèrent des milliers, capturèrent des milliers et
bannirent des milliers - notamment à Babylone - après avoir
pris Jérusalem et l’avoir complètement détruite.
Les rédacteurs des Livres bibliques - dont nous avons cité
des passages - les auraient-ils voulu, à l’origine, des
symboles abstraits représentés et présentés par des faits et
des données matérielles concrètes afin de les rendre
intelligibles au lecteur .
Ces rédacteurs - qui, naturellement, sont juifs - ont-ils
voulu, par là, affirmer que le peuple juif s’acquitte d’une
mission unicitaire et unitaire catégorique et tranchante, ne
souffrant pas de discussion et n’admettant aucune forme de
paganisme; et, à partir de là, ils anéantirent totalement
ces peuples païens, afin qu’il ne reste ni païen, ni idole,
et que, seul Dieu l’Unique règne éternellement ?
En d’autres termes, les Hébreux, par ces guerres, ont-ils
voulu anéantir le paganisme à travers l’anéantissement de
ces peuples qui le pratiquaient ?
Ce génocide fut-il symbolique et figuré ? ou bien effectif
et réel .
Question dont nous laissons la réponse aux spécialistes
versés dans de tels domaines.
(1) “La Sainte Bible”, Louis Segond, Alliance biblique
française, Paris, 1961.
(2) Le roi de Basan. |