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10- L'APPEL DE L'ISLAM AU TRAVAIL

Ce soir, par un agréable concours de circonstances et après la prière d'Al Ishaa, alors que la famille s'attablait pour dîner, le petit Alaa alluma la télévision pour se distraire au cours du repas. Un éminent Alem faisait un discours captivant au sujet du travail, du gain licite et de leur impact sur la personne et la société.

“La famille musulmane, disait-il, doit être une cellule laborieuse et active qui ne connaît ni paresse ni apathie.  Elle veille plutôt à être un membre énergique qui participe avec efficacité aux domaines de la production et du développement pour favoriser l'évolution du pays. Ceci se réalise, bien entendu, par un travail sérieux et un constant souci de gain licite par la voie qui respecte les principes de l'Islam et de ses instructions, et qui s'écarte de tout ce qui est contraire à la religion.

L'image idéale de la famille musulmane se conçoit comme suit:

 - Le père: le père de famille est celui qui travaille avec sérieux,  perçoit un salaire licite et en dépense pour les besoins de sa famille. Il veille constamment sur ces enfants et ne manque pas de leur donner des conseils utiles.

- La mère : la mère assure la gestion de la maison et s'occupe des affaires concernant son mari et ses enfants. Elle protège l'honneur de son époux, veille sur ses biens et maintient de bonnes relations avec sa belle famille. Elle prend soin de ses enfants en s'occupant de leur nourriture, de leur hygiène, et de leur bonne éducation. Elle participe -si elle est bien éduquée - au développement de la société en s'associant à des oeuvres sociales et éducationnelles. La mère des croyants , Aicha, enseignait les principes de la religion. Quant à Nafissa, descendante du Prophète, (Que la paix et le salut d'Allah soient sur lui), fut bien connue pour son érudition. Imam Chafii Ali Nafia fut l’un de ses disciples.

- Les enfants : ils s'intéressent à leurs études, effectuent leurs devoirs, suivent les recommandations de leurs parents et se comportent dignement à leur égard. Ainsi, ils oeuvrent  à réaliser leur propre réussite et contribuent à assurer le bonheur et la quiétude de toute la famille.

La famille musulmane vit selon ses moyens, sans prodigalité ni avarice. Elle dispense le père de toute dépense onéreuse pour éviter de le gêner ou de le conduire dans une mauvaise voie".

Et le conférencier d'ajouter : “Acquérir le gain licite est un devoir qui incombe à toute personne apte en vue de subvenir à ses besoins, de sauvegarder sa dignité, son amour propre et pour pourvoir aux  nécessités des siens s'il est père de famille. Le meilleur gain, bien entendu, est celui acquis par les moyens licites qui plaisent à Dieu et à son Prophète”.

A l'appui de son discours, il cita quelques versets coraniques et  Hadiths du Prophète, qui incitent au travail et au gain licite. Allah, qu'Il soit exalté a dit :

“C'est lui qui vous a assigné la terre comme asservie, foulez la donc, jusque sur ses épaules et mangez de son attribution, tandis que vers lui c'est la résurrection” (Al Mulk: 15)

Le Prophète (Que la Paix et le Salut soient sur lui) quant à lui a dit : “Nul ne consomme de meilleure nourriture autant que celui qui se nourrit du labeur de ses propres mains. Le Prophète David assurait sa subsistance grâce au produit de son travail manuel”

Dans un autre Hadith, il a dit : “Celui qui ramasse et transporte sur son dos un fagot de bois est certainement meilleur que celui qui demande la charité à autrui qui est susceptible de la lui accorder ou de la refuser”.

Le prédicateur a clos sa causerie qui a séduit toute la famille au moment même ou celle-ci a fini de dîner. Pour commencer la veillée habituelle, le père fit l'éloge de cette causerie ajoutant : “Il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion de lire un livre contenant une histoire qui révèle tout l'intérêt de notre Prophète (Que la Paix et le Salut soient sur lui) pour le travail et le gain honnête, et qui démontre également son souci de donner l'occasion de travail à ceux qui peuvent l'exercer, et de les stimuler dans ce sens."

Sur ce, le père s'en alla à la bibliothèque de la maison pour se munir du livre et procéda à la lecture de l'histoire en question: “Un jour un Ansari est venu auprès du Prophète (Que la Paix et le salut soient sur lui) pour lui demander la charité. Le Prophète lui demanda : “N'as-tu rien chez toi ?”  “Si, répondit l'homme. Nous possédons un peu de tissu qui nous sert pour nous habiller et couvrir le sol pour nous asseoir ainsi qu'un récipient pour boire”. Le Prophète (Que la Paix et le Salut soient sur lui) lui demanda de les lui présenter. Quand l'Ansari revint muni de ses effets, le Prophète (Que la Paix et le Salut soient sur lui), les exposant, s'adressa à son entourage : “Qui voudrait les acheter?” demanda-t-il. “Je les prends pour un dirham”, dit un homme. Le Prophète (Que la Paix et le Salut soient sur lui) répéta à deux ou trois reprises : “Qui  renchérit ?”  “Je les achète pour deux dirhams,”  dit un autre. Le Prophète lui remit les effets et donna les deux dirhams à l'Ansari en lui disant :  “Achète pour un dirham de nourriture que du donneras à ta famille, et une binette avec le second dirham, ensuite du viendras me voir”.

Quand l'Ansari revint avec la binette, le Prophète (Que la Paix et le Salut soient sur lui)  l'adapta de façon à couper le bois et dit à l'homme : “va ramasser du bois, vends le et reviens me voir dans quinze jours”. L'Ansari exécuta cette recommandation et revint après le délai imparti retrouver le Prophète (Que la Paix et le Salut soient sur lui). La vente de bois lui a permis un gain de dix dirhams dont une partie a été consacrée à l'achat de tissu et l'autre pour des denrées alimentaires. Le Prophète lui dit alors : “Cela vaut mieux que de solliciter la charité qui deviendra une cicatrice révélatrice sur ton visage le jour de la résurrection.”

Là-dessus, Fatima déclara: “Ceci est une éminente orientation de notre Prophète (Que la Paix et le Salut soient sur lui) qui attire notre attention sur la nécessité de travailler et d'éviter de nous cantonner dans la paresse et l'oisiveté”.

La mère ajouta:  “Le Prophète nous signale aussi qu'il n'y a guère de différence entre un travail et un autre à condition qu'il soit conforme à la religion et à la légalité. Ainsi, il est inconcevable de dire que tel travail est important et que tel autre est insignifiant ou méprisable tant que les deux emplois sont légitimes et qu'ils concourent à l'intérêt de la société. Chacun doit faire son métier avec honnêteté et sincérité, loin de toute fraude ou tricherie. Il se doit d'exécuter soigneusement ce qu'il entreprend afin d'être digne de la confiance des personnes qui font appel à ses services.

Le Prophète (Que la Paix et le Salut soient sur lui) dit à ce sujet :  “Dieu aime ceux parmi vous qui accomplissent un travail et s'y appliquent”.

 

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