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“Vous récoltez ce que vous semez par vos actes"

 

Au nom d'Allah Tout Clément et Miséricordieux.

"Tout bien qui t'arrive est d'Allah, et tout mal qui t'atteint est de toi-même. Nous t'avons envoyé aux gens comme Messager, et ultime témoin d'Allah. Quiconque obéit au Messager obéit alors certainement à Allah, et quiconque lui tourne le dos...eh bien, Nous n'avons pas dépêché le Messager pour les surveiller" (sourate "En-nissaa" ["Les Femmes"], versets 79-80.)

"C'est qu'Allah ne privera pas un peuple de ses bienfaits tant qu'il restera sur le droit chemin. Allah entend tout, Il sait tout" (sourate "El Anfal" ["Les Dépouilles"], verset 53.)

Allah le Très Haut et Puissant prodigue aux gens Ses bienfaits dont les répercussions ne s'altèrent ni ne diminuent que sous l'effet de leurs actes, ces actes par lesquels ils dérogent aux lois d'Allah et désobéissent aux ordres du Ciel.

Nous verrons quand et comment ces lois divines mettent en garde contre tout désordre que l'homme peut créer dans son environnement suite à la lâcheté et au gaspillage dont il fait preuve dans sa relation avec la nature.

LA CRISE ACTUELLE DE L'ENVIRONNEMENT ET SES ORIGINES CULTURELLES

Dr Ahmad El-Kadmiri (Professeur à l’Institut Agronomique de Rabat)

1. Définitions et Généralités

On entend par "environnement", le milieu, le domaine, l'entourage.  De nos jours, lorsqu'on discute de l'environnement, on pense automatiquement au milieu naturel, ou à la science de l'environnement, l'écologie. Dans son acception scientifique, ce terme "écologie" a été mis en vogue dans le monde occidental en 1873 par le penseur allemand Haeckel. Il désignait initialement l'étude du milieu dans lequel évoluent les organismes vivants autres qu'humains, et des rapports existant entre ces organismes et leur milieu naturel. Seulement, avec le progrès scientifique, cette vision étroite a évolué pour englober l'homme et son milieu comme objets d'étude, et la science de l'environnement a commencé à s'intéresser à l'étude de l'ensemble des structures biologiques. Il convient ici de se poser la question de savoir pourquoi une science de l'environnement?  Pourquoi l'écologie?

Les fondements de la pensée et de la culture occidentales qui sont à l'origine de l'épanouissement de cette science peuvent être résumés en ces points suivants:

A) L'héritage culturel hellénique (grec)

Il peut se résumer à une vision antagoniste des rapports que l'homme entretient avec la nature, et à une lutte permanente entre eux. Se nourrissant de ce principe, la pensée occidentale s'est préoccupée de vaincre la nature et de la dompter, dans le seul but de profiter de ses ressources, et sans se soucier de toutes les conséquences négatives qu'une telle attitude peut engendrer.

B) L'explosion démographique dans le monde

A la fin du dix-huitième siècle, le prêtre protestant Malthus a vivement exprimé sa préoccupation à ce sujet quand, en 1798, il exposa sa théorie selon laquelle la population s'accroît suivant le principe de "la progression géométrique" (multiplication par 2,4,8,16,32, etc). Autrement dit, la population double tous les vingt-cinq ans, et il en résulte la dégradation et la diminution des ressources naturelles (la flore en particulier) qui elles, se développent, d'après lui, suivant une progression arithmétique.

C) Le pillage, total ou partiel, du capital production

Ce pillage peut s'expliquer par l'exploitation abusive des richesses naturelles qui a conduit inévitablement à l’apparition des phénomènes tragiques tels que l’érosion du sol, la disparition de certaines espèces animales et végétales, la dégradation du couvert végétal, l'épuisement des ressources halieutiques (poissons, algues), etc.

Il s'avère difficile, dans certains cas, d'évaluer avec précision les dégâts de ces catastrophes désolantes dont nous pouvons citer, à titre d'exemples, celle de la Tennessey Valley et du Middle West aux USA, du durcissement de la couche de latérite des terres de Madagascar, l’érosion du sol dans le Rif marocain, etc. De même, l'usage abusif des pesticides et des engrais chimiques entraîne une dégradation "insensée" des ressources naturelles, en particulier celle des terres cultivables.

D) L'essor technologique et industriel

Il est l’origine principale des dangereux déchets toxiques qui menacent la vie. Ce problème s'est avéré être le fléau du siècle, qui s'est attaqué à l'équilibre écologique en détruisant toutes sortes d'espèces et de variétés.

E) L'urbanisation

Les indices empruntés à l’histoire et à la civilisation montrent que la population et les groupements  humains se concentrent dans le milieu urbain, ce qui n'est pas sans entraîner de nombreux problèmes d'ordre économique, social, psychologique, environnemental, etc. Ce phénomène s'est nettement aggravé dans les pays pauvres, dont les centres urbains ne sont pas équipés pour répondre à tous les besoins humains et permettre ainsi une vie décente.

F) Apparition progressive de nouvelles initiatives philosophiques

Leur idée de base est que l'homme a été destiné à vivre sur la terre pour exploiter ses ressources naturelles, et qu'il en est responsable devant l'humanité. 

Ce nouveau principe, ou ce changement dans la mentalité occidentale, a servi de tremplin au développement économique qui a vu le jour entre 1960 et 1970, et au développement de la science de l'environnement qui est devenue un sujet de prédilection pour tous les médias d'information et politiques. De nos jours, le mot "environnement" évoque plusieurs problèmes, tels que :

- la dégradation atmosphérique

- les pluies acides

- Le gaz carbonique et l'effet de serre

- le trou de la couche d'ozone

- la pollution des eaux et des terres

- l’ébranlement de l'équilibre écologique

- la dégradation de la biodiversité.

- ... etc.

2.  La crise contemporaine de l'environnement

Nous ne pouvons pas discuter de la crise actuelle de l'environnement sans revenir sur cet esprit occidental qui a créé et nourri ce fléau résultant de l'héritage culturel précédemment cité.  Nous devons aussi parler de la pensée économique libérale qui soumet la loi de l'offre et de la demande à la concurrence dont le but essentiel est de servir les intérêts du producteur et du consommateur. Pourtant, il y a une tierce personne dont ces principes économiques ne tiennent pas compte, que ce soit délibérément ou par négligence: il s'agit de l'homme qui peut être tantôt producteur, tantôt consommateur, mais qui est obligé de subir, en fin de compte, les conséquences néfastes de la crise de l'environnement.

Devant ce manque de vision, des mouvements sociaux se sont développés en Europe avec pour but d'éveiller la conscience sociale, de mettre fin à la négligence et de protéger l'environnement urbain. Ce mouvement a connu deux étapes principales:

La première étape: elle correspond à la première et la deuxième décennies du dix-neuvième siècle, quand l'utilisation de la machine commença à se répandre et à remplacer la main-d'oeuvre.

La deuxième étape: elle commença dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle qui vit la généralisation de l'utilisation de la machine. De circonscrit, son usage devint populaire et s'étendit à tous les pays européens.

Cette expansion a entraîné l'apparition de mouvements ouvriers d'opposition et d'une nouvelle pensée fondée sur l'idée que le problème ne réside pas tant dans la technologie que dans les relations de production qui restent à bien définir (la pensée marxiste). Quel que soit le rôle que cette pensée ait pu jouer dans les mutations que le monde occidental a connues, il n'en est pas moins vrai qu'elle n'a apporté aucune solution au problème de l'environnement du fait que le développement technologique de la civilisation occidentale s'est fait initialement sur la base de l'exploitation des ressources naturelles, sans aucune considération pour l'environnement. Autrement dit, la voie occidentale était incompatible avec le principe de la protection de la vie sur terre.  Et voilà qu'aujourd'hui, les occidentaux de tous bords, de l'homme de la rue jusqu'aux institutions politiques et aux centres de décision, se retrouvent confrontés au problème de l'environnement à tous les niveaux.

La crise actuelle de l'environnement se fait ressentir principalement dans les domaines suivants :

2.1 La pollution de l'environnement : la pollution est le fait de rendre trouble ou de salir quelque chose

Elle comprend : la pollution atmosphérique, celle de la terre et des eaux due à la rapidité du développement industriel et à l'exposition quotidienne de l'homme à ce milieu chimique. Il en résulte une augmentation effrayante des déchets chimiques qui s'accumulent dans la couche atmosphérique sous la forme de grands champignons remplis de produits toxiques comme le DDT, le plomb, le mercure, etc. L'espace se retrouve imprégné de gaz carbonique, de dioxyde de soufre (SO2), d'oxyde de carbone (CO), de dioxyde d'azote (NO2), et d'autres produits toxiques qui empoisonnent la vie humaine. La grande concentration de gaz carbonique (CO2) a entraîné l'apparition des premiers signes de l'effet de serre qui est à l'origine du réchauffement de la planète et de l'augmentation du nombre d'inondations dues à la fonte des neiges.  Nous pouvons ainsi distinguer deux genres de pollution :

a) la pollution chimique : elle concerne les domaines suivants de l'environnement :

- La couche atmosphérique et l'écorce terrestre : cette pollution s'attaque à diverses structures de l'environnement sur terre qui subissent directement les effets nocifs des déchets qui se répandent aussi bien dans l'atmosphère que sur terre. Ces déchets se présentent sous forme de gaz ou d'éléments solides de taille et de poids divers.

Quant aux gaz toxiques les plus répandus, ils comprennent l'oxyde de carbone (CO), le dioxyde d'azote (NO2), et les composants des fumées qui se dégagent des usines industrielles ou des habitations. La quantité de dioxyde sulfurique qui se répand chaque année dans l'atmosphère terrestre est estimée à 120 millions de tonnes. Ce gaz est à l'origine de plusieurs maladies qui nuisent aussi bien aux plantes et aux animaux qu'aux humains (asthme, maladies cardiaques et dermatologiques.)

De la même façon, l'azote naturel qui se trouve dans la couche atmosphérique se transforme en oxyde d'azote qui absorbe les rayons ultra-violets. Ce phénomène constitue le point de départ de la formation des réactions photochimiques qui entraînent ce que l'on appelle les "smogs oxydants" qui, de par les nombreuses substances nocives qui les composent, représentent le plus grand danger pour l'ozone dans laquelle ils pénètrent. A cela s'ajoute un autre gaz, le nitrate de peroxyacétyle ("PAN"), formé par les gaz provenant de la combustion de l'essence par les moteurs des voitures. Le "PAN" et l'ozone sont deux substances toxiques dangereuses pour la flore et l'homme (inflammation des yeux.)  Ainsi, on estime que, pour chaque 1000 litres de carburant, le gaz d'échappement dégagé par les moteurs répand avec lui :

290 kilogrammes de dioxyde de carbone (CO)

33 kilogrammes de carburant non brûlé

11 kilogrammes de dioxyde d'azote (N02)

1 kilogramme de dioxyde sulfurique (SO2).

Voilà en ce qui concerne la couche atmosphérique.

- Quant à l'écorce terrestre, sa pollution provient du mélange de ses déchets naturels avec des particules de métaux solides tels que le plomb, le cuivre, le zinc, le cadmium, etc.  La destruction de plantes et d'insectes, ainsi que l'utilisation de pesticides et d'engrais chimiques, restent les causes principales de la pollution de la terre. Il ne faut pas non plus oublier que le phosphate naturel contient des substances métalliques radioactives, telles que l'uranium.

- La pollution des eaux: la plupart de ces matières polluantes (gazeuses et solides) se répandent dans la nappe phréatique, dans les eaux des mers, des fleuves et des rivières, et ce, à la suite soit d'aléas naturels, soit du déversement direct de ces substances en ces endroits par les usines, ou du déversement des déchets hospitaliers, ou encore celui causé par les navires pétroliers et autres bateaux. Les eaux contaminées renferment de l'azote (N), du phosphore (P), et du potassium (K).

Cette pollution nuit à la qualité de l'eau: elle entraîne une diminution importante de sa richesse biologique et la multiplication de bactéries nuisibles qui pullulent dans l'atmosphère (anaérobie.)

Les carburants restent la matière polluante numéro 1 dans le monde : on estime à 3x10 puissance 6 tonnes la quantité qui en est répandue chaque année dans les eaux. A ajouter à cela les accidents causés par les navires de transport pétrolier, dont nous pouvons citer l'exemple de celui du Torrey Canyon qui a entraîné la destruction de 100 000 tonnes d'algues et de 350 000 tonnes d'animaux d'une valeur estimée à un million de dollars américains.

b) La pollution physique: elle comprend

- la pollution acoustique: elle est occasionnée par l'activité industrielle, les avions civils et militaires, la musique assourdissante, etc, et elle provoque de nombreuses maladies psychologiques (troubles psychiques, agressivité, surdité, etc.

- la pollution calorifère: elle est causée par les appareils de refroidissement qui sont utilisés dans les usines, qu'elles fonctionnent à l'énergie de combustion ou à l'énergie nucléaire. Ces appareils provoquent l'élévation de la température dans l'environnement immédiat des usines, et surtout celle des eaux des fleuves qui subissent alors un profond bouleversement écologique qui se manifeste dans l'appauvrissement des ressources biologiques telles que les poissons et les algues.

- la pollution par les déchets solides qui proviennent de l'activité minière et des ordures ménagères.

- la pollution causée par les déchets toxiques et les déchets radioactifs.

- la radioactivité : elle représente le plus grand danger menaçant l'humanité. Ce danger provient du fait que des produits radioactifs se répandent dans tous les éléments de l'environnement tels que l'eau, l'air, et la terre. Ces émissions, dont les sources sont nombreuses, constituent un danger pour les espèces humaines et animales quand elles pénètrent dans l'organisme.

On considère que la pollution radioactive a touché les couches atmosphériques qui entourent la terre quand ces produits radioactifs -qu'ils soient sous forme de gaz ou de poussière- pénètrent dans la couche atmosphérique supérieure, c'est-à-dire quand ils atteignent 200-3000 mètres au-dessus de la surface terrestre. L'évolution de ces substances dans l'atmosphère dépend de plusieurs facteurs dont le plus important est le degré de chaleur qui est variable dans l'atmosphère. La pluie est un des moyens les plus efficaces pour nettoyer l'air de ces substances.

Quant à la pollution radioactive de l'eau, elle est causée par le déversement de produits radioactifs dans les eaux maritimes, les fleuves, les rivières, les lacs, ainsi que dans les eaux stagnantes.  Les produits radioactifs se déplacent dans l'eau suivant plusieurs facteurs dont : la nature de l'eau et ses mouvements, la nature des mélanges déversés, les propriétés chimiques des produits radioactifs et les propriétés physiques de l'eau.

Pour ce qui est de la pollution radioactive qui affecte le sol, elle provient de la pollution des eaux stagnantes, ainsi que de l'absorption de la matière radioactive par les diverses cultures et la chute des substances radioactives sur les feuilles des plantes. L'effet des substances radio-actives sur le sol dépend de plusieurs facteurs dont les plus importants sont : la nature du sol, sa température et son degré d'humidité.

Il faut absolument rappeler à cet effet la plus grande catastrophe qu'a connue l'humanité, à savoir le largage par les Etats Unis d'Amérique de deux bombes atomiques qui ont explosé l'une sur Hiroshima, et l'autre sur Nagasaki au Japon les 6 et 9 août 1945, ainsi que l'explosion qui eut lieu dans la centrale nucléaire de Tchernobyl dans l'ancienne Union Soviétique, le 26 avril 1986.

2.2 La disparition d'espèces végétales et animales, et l'épuisement des ressources naturelles

Il est très difficile d'avancer des chiffres exacts concernant les espèces qui ont disparu, ou sont en voie de disparition, de l'écosystème des régions concernées. La cause en est le manque de missions de contrôle et de collectes de données essentielles. A cause de cela, certaines espèces disparaîtront avant même d'avoir été découvertes et répertoriées. D'autres seront découvertes plusieurs années après avoir disparu, et ce, à cause du manque de moyens d'observation.

Tout ceci a amené les plus éminents spécialistes à conclure que le quart de la biodiversité terrestre est menacé d'extinction dans les prochaines 20 à 30 années si l'on ne parvient pas à limiter et définir les conditions d'exploitation des ressources naturelles.  Nous pouvons dire qu'entre 1996 et 2020, les espèces vivant dans les forêts équatoriales, soit une proportion évaluée entre 6 et 15% des espèces dans le monde, seront appelées à disparaître. Cela revient à dire qu'il est possible que entre 15 000 et 50 000 espèces disparaîtront annuellement, soit 40 à 140 quotidiennement. Le centre de contrôle de l'environnement a répertorié environ 220 000 espèces végétales et animales sérieusement menacées d'extinction.

Les raisons de la disparition de ces espèces se trouvent dans les bouleversements que leur milieu naturel subit. Quant aux principaux facteurs à l'origine des mutations de l'habitat naturel et de la dégradation de l'environnement, ils peuvent se résumer dans l'activité humaine et ses conséquences. Il s'agit de l'augmentation de la culture intensive, la désertification des terres, l'expansion de l'urbanisation, le bouleversement constant dans la composition des sols et des cours d'eau, la construction des routes, des canaux d'irrigation, des conduites de gaz naturel et des barrages, le creusement des mines, et la construction des aéroports et des installations industrielles.

La tendance actuelle est à l'utilisation des terres cultivables à des fins agricoles, et non plus à leur transformation en surfaces d'implantation de colonies humaines, ou de construction de routes et de projets industriels et touristiques. L'utilisation abusive d'engrais chimiques et la disparition de certains insectes et plantes ont entraîné la pollution des sols. Cependant, la désertification des terres, consécutive au pâturage à outrance et au déboisement, reste le fléau majeur qui prive la terre de sa protection florale, ce qui entraîne l'appauvrissement de la terre dû à l'écoulement incontrôlé des eaux de pluie qui entraînent inévitablement les sédiments et les déposent dans le lit des fleuves et au fond des barrages dont les eaux débordent alors et inondent les terres avoisinantes. La désertification se fait dangereusement ressentir dans le milieu naturel par la raréfaction des plantes et des eaux, et par les bouleversements dans la configuration chimique et physique de la terre qui se manifestent, par exemple, par le réchauffement de la planète.

 

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