CHAPITRE II
LE MIRACLE DIVIN DANS LA CRÉATION DE L'ENVIRONNEMENT
Les données à partir desquelles se construisent les textes
coraniques concernant l'environnement se caractérisent par
leur globalité. Ainsi, si l’on voit notre milieu naturel
dans le sens de la terre et tout ce qu'elle comporte ce
concept revient 199 fois dans le Coran dans divers versets
de chapitres différents.(46)Nous trouvons en outre dans ce
Livre de nombreux textes abordant les réalités écologiques
du globe où nous évoluons ainsi que d'autres phénomènes
naturels qui échappent encore à notre entendement.
Commençons tout d’abord par présenter aux lecteurs des
versets qui décrivent les phases de la première genèse de
la terre ainsi que la Toute Puissance de Dieu dans sa
parfaite création:
"Dis : "-En vérité, serez-vous infidèles envers celui qui
créa la terre en deux jours? Lui donnerez-vous des égaux?
Celui-là est le Seigneur des Mondes. Il a placé sur elle
(des montagnes) immobiles. Il l'a bénie. Il y a réparti
des nourritures en quatre jours exactement. (ceci vise)
ceux qui s'interrogent. Ensuite, Il se tourna vers le ciel
alors qu'il était fumée et Il lui dit ainsi qu'à la terre:
"Venez de gré ou de force!," et le ciel et la terre
répondirent:" Nous venons avec obéissance". Il a décrété
les sept cieux (crées) en deux jours et à chaque ciel, il
fixa son état par révélation. Nous avons paré le ciel le
plus proche de luminaires et (cela) en protection. C'est
une détermination du Puissant, de l'Omniscient." (Elles
ont été rendues intelligibles, v : 9-12)
I. L’environnement a été dans une harmonie, une parfaite
précision
L'observation scientifique fait apparaître l’existence
d’harmonie, et de correspondances parfaites sur la terre
et les éléments qui la composent. Ainsi, le soleil et la
lune s'en éloignent à une distance déterminée, comme le
sont leur surface, leur rotation autour d'un axe et bien
d'autres caractéristiques encore. Tout cela est déterminé
selon une mesure précise de sorte que l’existence sur
terre devienne possible. Rien n'y est gratuit ou fortuit,
tout y est conçu selon une mesure exacte, sinon notre
globe ne serait pas cette terre, les cieux autre chose que
des cieux et la matière les constituant se serait alors
dégradée. Dieu dit à cet effet: "Certes, Nous avons placé
dans le ciel des constellations, nous l'avons paré pour
ceux qui regardent et nous l'avons protégé contre tout
démon maudit (rajîm), sauf pour ceux qui subrepticement
parviennent à entendre, mais que poursuit une flamme
éclatante. La terre nous l'avons étendue et y avons jeté
des cimes et y avons fait pousser toute chose équilibrée.
Nous y avons mis des aliments pour vous et pour ceux que
vous ne pourvoyez pas. Il n'est rien dont les trésors ne
soient auprès de Nous et Nous ne les faisons descendre
(sur vous) que dans une mesure connue". (Al Hijr v :
16-22)
Cette terre que nous parcourons et dont nous apercevons à
chaque instant les merveilles; ces cimes que Dieu y a
placées, constituent la preuve que sa végétation vit selon
l’équilibre et l’harmonie et où Dieu a placé les
nombreuses richesses assurant l'existence humaine. C’est
pourquoi la vie humaine n'est redevable qu'au seul
Créateur qui met ainsi à la disposition de tous les
peuples de la terre sans exception ce qui réalise leur
vie. Dans cet agglomérat de peuples évoluant dans ce
monde,(47) aucun ne pourvoit l’autre, mais c'est Dieu qui
subvient à leur subsistance à elles toutes.
Dieu en effet, condescend à mettre à leur disposition et à
leur service les richesses de la terre. Nulle créature ne
peut ni ne possède quoi que ce soit par elle-même, mais
c'est le Tout Puissant qui dispose de tout ce que la terre
comporte comme trésors.
La « mesure » dont parle nos versets se manifeste à
l'homme à mesure que les connaissances de celui-ci se
développent et chaque fois qu'il parvient à déceler un des
secrets des lois organisant le cosmos.
Aujourd'hui, nous entrevoyons mieux que par le passé la
signification de ces "trésors" après que nous avons perçu
quelques secrets des éléments de notre monde matériel et
la nature de leur composition. Ainsi, l'homme a pu savoir
que la molécule d’eau, tellement essentielle à la vie et
qui fait partie de ces "trésors", est constituée justement
d’atomes d'hydrogène et d'oxygène. Il sait également que
notre subsistance est stockée dans toute cette végétation
chlorophyllienne de la terre ainsi que bien d’autres
choses comme l'ozone contenu dans l'atmosphère, le
carbone, l'oxygène qui se combine dans le dioxyde de
carbone, les rayons solaires et tant d'autres
connaissances qui nous éclairent sur ces "trésors" que
Dieu a établis et dont l'homme est parvenu à en percer
quelques uns des secrets seulement quoique ses découvertes
puissent paraître nombreuses.
Tout ce que comporte la terre, notre grand environnement,
Dieu l'a créé selon une parfaite harmonie: un équilibre
dans son mouvement, dans sa température, sa force
d'attraction, dans l'effet de son magnétisme et ses
phénomènes électriques, dans les eaux des mers et des
océans… Enfin, il y a un équilibre en toute chose entre
toutes les créatures, entre leur vie et leur mort pour que
justement une espèce ne domine jamais l'autre. Dieu dit
dans son Coran: "Nous avons créé toute chose selon une
mesure" (la Lune v : 49), "Il a créé toute chose et lui a
évalué sa mesure" (La Salvation v : 20), "Toute chose pour
Lui est selon sa mesure" (Le Tonnerre v: 7)
Prenons par exemple l'air qui compose l'atmosphère. Il se
compose de nombreux gaz dont l'azote constitue 78,08%.
C'est un gaz peu actif, ininflammable et très peu soluble
dans l'eau afin que l'oxygène indispensable à la vie des
espèces aquatiques puisse leur parvenir par l'interaction
de l'eau et de l'air. La proportion des gaz restant
représente environ 2% et se compose de plusieurs autres
gaz comme l'hydrogène (0,01%), l'oxyde et le dioxyde du
carbone, l'hélium, le méthane, le néon, le xénon, le
krypton et l’ozone...tous dans une proportion mesurée avec
une parfaite précision. Certes, si jamais le pourcentage
de l'azote(48) dans l'air était inférieur à celui que Dieu
lui a établi et qu'une charge électrique venant de
l'espace extra-terrestre parvienne à la terre (ce qui
arrive d'ailleurs parfois), tout sur terre aurait
brûlerait. C'est qu'en effet, dans les proportions
précises où il se trouve, l'azote parvient à maîtriser la
nature de l'oxygène qui est inflammable, pour le
transformer en un gaz nécessaire à la combustion et en
réduit le rôle de manière à permettre la vie aquatique
comme vu plus haut. Prenons comme autre exemple celui du
dioxyde de carbone dans sa proportion de 0,03% : la plus
grande partie de ce gaz se concentre dans la troposphère
et Dieu en a déterminé la composition de sorte qu'il
puisse résorber les vagues de chaleur provenant de la
terre (rayons infrarouges) pour leur irradiation dans
l'écorce terrestre. Cela étant, cette écorce possède donc
une température idéale permettant la vie. Mais toute
rupture du pourcentage à la hausse ou à la baisse de ce
gaz exposerait l'écorce terrestre à un changement de
température et partant la vie même sur terre aurait des
conséquences néfastes. C'est d'ailleurs là l’origine des
appréhensions de l'humanité entière concernant les dangers
du carbone ainsi que d'autres gaz semblables comme le
méthane et le CFC (chlorure du fluor et du carbone) qui
polluent l’atmosphère. En effet, cette situation provoque
un réchauffement de l'écorce terrestre qui donne lieu à de
graves problèmes dont essentiellement la menace qui guette
les villes côtières de submersion à cause de l'élévation
du niveau des mers et des océans consécutive à la fonte
des blocs de glaces de l'arctique et de l'antarctique.
Ainsi, les statistiques du fonds de l'ONU pour la
population prévoient que 16% des habitants de l'Egypte et
10% de ceux du Bangladesh pourraient se transformer en
"réfugiés"(49)des problèmes écologiques. Ajoutons à cela
les perturbations que ne manque pas de susciter ce
problème sur le cycle hydraulique ainsi que la profusion
inquiétante de certains insectes et de certains végétaux.
Conscient de ces problèmes, le monde ne cesse d’organiser
des congrès afin que des mesures et des décisions soient
prises pour maîtriser l'émission dans l'air du dioxyde du
carbone afin de la ramener à un seuil raisonnable. Ainsi,
l'accord sur le climat mondial a été parafé par un certain
nombre de pays lors de la Conférence au Sommet sur la
Terre (environnement et développement), à Rio de Janeiro
au Brésil en Novembre 1996, accord qui prévoit que soit
maintenue l'émission dans l'air du dioxyde du carbone à un
seuil écologiquement acceptable. On ne peut, à partir de
ce que nous venons d'exposer que nous demander comment une
vie surla terre pourrait être possible avec de l’air
composé autrement que Dieu l'a conçu!
Nous trouvons un deuxième exemple illustrant l'équilibre
de l'énergie solaire qui arrive sur la terre. Ainsi, les
rayons solaires constituent l'unique source d'énergie de
l'atmosphère et participent à raison de plus de 99,97%
dans l'énergie atmosphérique.
Les spécialistes estiment(50) que s'il pénètre 100 unités
de ces rayons sur la terre, il n’en parvient que 47 unités
à la surface terrestre, réparties comme suit:
- 6% en rayons qui se propagent vers le bas, 17% en rayons
qui se propagent par l'action des nuages, 24% de rayons
qui parviennent directement à la surface de la terre. Pour
le reste, c'est-à-dire 53 unités, une partie se reflète
vers l'espace extérieur dans la proportion de 34%, une
autre s'éparpille dans l'air (9%), et le reste, soit 10%,
s’absorbe par l'action de l'atmosphère.
Pour ce qui est de la deuxième partie de cette énergie
(47%) qui arrive à la surface de la terre, la moitié
environ, soit 23%, se perd par évaporation, 10% par
conduction ou réflexion. La faune et la flore en respirent
dans les 14%. Ne parvient donc à la surface de la terre
que 47 unités de ces rayons solaires...
Nous pouvons également illustrer cette perfection divine
dans la création par le merveilleux équilibre qui
s'instaure entre les composantes de la faune et de la
flore. Nous remarquons ainsi que les populations animales
et végétales se maintiennent selon une démographie
équilibrée. Mais lorsque l'homme par son égocentrisme, se
croyant être le maître incontesté de cette terre, utilise
excessivement et inconsidérément des insecticides en vue
d'améliorer ses récoltes, il perturbe cet équilibre qui
gouverne la vie harmonieuse que mènent animaux et végétaux
entre eux.
En effet, par son intervention, l'homme crée des
conditions de l'accroissement d'une espèce au détriment
d'une autre. En Egypte par exemple l'utilisation excessive
de pesticides a causé la profusion de l'araignée rouge et
du ver du noyer qui ont commencé à menacer la végétation.
C'est que l'homme, en tuant par les produits qu’il utilise
les prédateurs naturels de ces deux espèces a permis
l'accroissement et la prolifération de celles-ci. Cette
action par ailleurs menace de disparition un grand nombre
d'espèces animales tels que, le corbeau, et le milan qui
se raréfient aujourd’hui dans les campagnes égyptiennes.
L'emploi par exemple du DDT a aidé à la profusion du « Man
» (dans l’écorce des arbres) et l'araignée rouge qui
s'attaque au maïs.
Depuis quelques années, un dangereux virus s'est attaqué
au cacao en Afrique occidentale. Il s'est avéré par la
suite que ce virus est transporté par les fourmis
blanches. Mais lorsqu'on a voulu s'attaquer à ces fourmis
par des insecticides, l'équilibre naturel a été rompu, et,
s'il est vrai que le virus avait été réduit, quatre genres
nouveaux d'insectes on fait leur apparition dans la
région.
Dans l'Etat de l'Arizona aux USA, lorsque les autorités
avaient permis la chasse du puma, les troupeaux de
gazelles ont été décimés par des maladies et des
épidémies. Après études du phénomène, il s’est avéré qu'il
y avait une relation entre la maladie qui sévissait parmi
les gazelles et les pumas et les loups. C'est qu'en effet,
ces deux prédateurs, en chassant les gazelles, ne
parvenaient à rattraper que celles malades et incapables
de fuir. Pumas et loups agissaient donc en tant que
facteur naturel préservant les troupeaux des gazelles de
la maladie qui risque, sans leur intervention salutaire,
de devenir endémique et d’emporter tous les individus du
troupeau.
Cependant, l'équilibre écologique n'est pas aussi simple à
percevoir lorsqu'il s'agit des interactions qui
s’établissent entre l'ensemble des systèmes de notre
environnement, car des facteurs aussi divers que nombreux
agissent sur la démographie des espèces naturelles. Les
recherches en ce domaine ont clairement démontré que notre
système environnemental ressemble à un réseau complexe où
les rets relatifs à la vie sont encore plus élaborés que
dans une trame d'araignée, mais où la toile ne se tisse
pas graduellement avec le temps. Ce qui fait dire
aujourd'hui à un spécialiste que ce réseau n'est pas
seulement plus complexe que nous ne le supposons, mais
bien plus que nous ne l'imaginons.(51) O transcendance du
Créateur dans Sa Puissance et Sa Volonté!
2. L'environnement
est préservé par des boucliers protecteurs
Lorsque Dieu a créé notre environnement, Il l'a en même
temps préservé des dangers qui peuvent l’atteindre de
l'extérieur comme les ultraviolets provenant des rayons
solaires ou bien les comètes et les rayons astéroïdes qui
pourraient dévier de leur trajectoire et se retrouver
ainsi sur nos têtes sous l'effet de l'attraction
terrestre.
Le Tout Puissant dit dans son Coran : "Nous avons fait du
ciel une voûte protégée (mais) de nos signes, ils se
détournent". (Les Prophètes v : 32)
Les découvertes scientifiques ont montré que l'atmosphère
se compose de couches superposées qui se caractérisent
chacune par des particularités et une fonction déterminée
permettant la vie et la préservation des espèces qui
vivent sur la terre.
La troposphère elle, comporte plusieurs éléments de la vie
comme l'azote, l'oxygène, et le dioxyde du carbone. Dans
cette troposphère appelée aussi couche d'ozone, Dieu a
déposé le gaz d’ozone dont les caractéristiques lui
permettent d'empêcher les rayons ultraviolets de parvenir
à la surface de la terre. Cette couche donc agit comme un
bouclier protecteur contre les dangers que comportent ces
rayons. Les agressions que subit aujourd'hui cette partie
de l'atmosphère inquiètent toute l'humanité depuis le jour
où on a découvert que la couche d'ozone se dégradait au
niveau du pôle Sud. C'est pourquoi, et afin de maintenir
ce gaz protecteur dans un pourcentage lui permettant de
continuer à jouer sa fonction protectrice, la communauté
internationale a organisé la conférence de Montréal au
Canada en 1987, rencontre dont les résolutions ont été
mises en application en Janvier 1989. Ces résolutions ont
par ailleurs été amendées en février 1990, ainsi que la
conférence de Kyocho au Japon en 1998 et où l'émission de
CFC fut fixée à un seuil tolérable pour chaque pays en
tant qu’étape vers l'élimination totale de ce dérivé.
La mésosphère elle aussi constitue pour nous un bouclier
protecteur. Elle nous préserve en effet des dangers que
représentent les comètes et les météores. Dieu a doté
cette sphère de la capacité de brûler ces corps célestes
et de les réduire en poudre qui s'éparpille par la suite à
la surface de la terre.(52)
Dieu donc a créé l'environnement au service des hommes
dans une précision parfaite et l'a protégé par des
boucliers afin de permettre à l'être humain de mettre en
valeur la terre où Il l'a établi en tant que Son
lieutenant. Mais l'Homme s’acquittant mal de cette
fonction a commencé à agresser son environnement et à en
rompre l'équilibre de sorte qu'il est le premier à en
payer le tribut. Aujourd'hui, rétablir son équilibre à
notre milieu naturel constitue un défi de plus en plus
difficile à relever.
3. L'environnement
a été créé pour permettre la vie
nous devons donc, dans les rapports que nous entretenons
avec ce milieu nous convaincre que celui-ci dispose d'un
patrimoine naturel déterminé. En effet, tout changement
structurel dans les éléments de notre système n'est pas
sans perturber leurs fonctions essentielles et leurs
relations interdépendantes. Cette rupture en outre crée un
déséquilibre écologique où, de facteurs utiles, ces
éléments se transforment en facteurs nuisibles entrainant
des dangers qui menacent la vie dans son évolution.
Ainsi, si les populations d’une espèce dépassaient la
capacité de leur environnement, cela s'accompagnerait
d'une pression sur la nature et ses ressources de sorte
qu'il y aurait un impact et sur le milieu naturel et sur
les espèces qui y évoluent. Il se peut aussi que, sous
l'impulsion de nouvelles conditions naturelles
accompagnées d'obstacles crées par la vie et son
évolution, cette vie ne soit perturbée dans sa continuité
et son développement naturel.
Nous en avons un exemple dans l'état où se trouvent
actuellement l'homme et les espèces animales dans
certaines régions du monde. Ainsi,(53) les prairies
(pacages) au nord de l'Iraq supportaient jusqu'à 250.000
têtes de bétail sans que cela n'agisse sur l'écosystème
biologique. Mais, on a remarqué dernièrement que le nombre
de bêtes du bétail dépassait le million ; ce qui signifie
que la capacité de ces pacages devrait supporter 3 fois
plus qu’avant, ce qui ne manquera pas de créer un
déséquilibre dans la région. Nous avons un autre exemple
au Maghreb arabe où les populations humaines ont doublé et
parfois même quadruplé depuis le début du siècle et où le
taux de croissance démographique(54)a atteint en 1997
1,9%. Sachant que 60 à 80% des habitants de cette région
vivent de l'élevage et de l'agriculture, on ne peut que se
rendre à l'évidence que la capacité naturelle de ces
régions ne peut supporter un tel entassement de
populations vivant pour une grande majorité de la nature.
Dans l'émirat de Oman, les richesses animalières se sont
tellement accrues dans la région de Dofar, que les
responsables politiques n'ont pas hésité à mettre en garde
les éleveurs pour que ceux-ci préservent la capacité des
pacages à supporter un seuil raisonnable de têtes de
bétail. Par ailleurs, dans les deux communes de Darfor et
Kardafar au Soudan, les populations ont été multipliées
par 6 de 1918 à 1988 et leur bétail a connu un
accroissement considérable (21 fois plus pour les bovins,
16 fois plus pour les dromadaires, 12 fois plus pour les
ovins et 7 fois plus pour les caprins), ce qui s'est
accompagné bien sûr par un recrudescence des aires de
pâturage envahies de surcroît par la culture du tabac.
Tous ces exemples, montrent que l’homme fait supporter au
milieu naturel plus que ses capacités.
- Cela étant, l'Islam a toujours appelé à la préservation
des éléments du système naturel dans leur état par une
mise en valeur raisonnée de ce milieu afin que ses
systèmes continuent à jouer le rôle qui leur est dévolu
dans la préservation de la vie d'une manière continue.
Dieu dit à cet égard: "Quiconque change le bienfait de
Dieu après qu'il lui a été attribué (sera) puni, car Dieu
est redoutable en Son châtiment ». (La Génisse, v : 211)
4. L'environnement
au service de l'homme, vicaire de Dieu sur la terre
Dieu dit: "N'avez-vous pas vu que Dieu a soumis pour vous
ce qui est dans les cieux et (sur) la terre et qu'il a
répandu sur vous Ses bienfaits manifestés ou cachés. (Loqman,
v : 20) ; puis Il dit en plaçant l'homme en tant que
vicaire sur terre: « C'est Lui qui a fait de vous les
détenteurs de la terre ». (Les Troupeaux, v : 165)
Dieu a certes honoré l'homme en mettant à sa disposition
les nombreuses richesses de la terre et l'a élevé au
dessus de toutes les autres créatures. Il dit à ce propos:
"Nous avons certes honoré les fils d'Adam. Nous les avons
portés sur la terre ferme et la mer. Nous leur avons
attribué des (nourritures) excellentes et Nous les avons
placés bien au dessus de beaucoup de ceux que Nous avons
créés." (Le Voyage Nocturne v : 70)
La vicariat de l'homme signifie que la terre se trouve
seulement sous sa tutelle, et qu’elle n'est point sa
propriété. L'environnement lui a été en quelque sorte
remis en location pour qu'il le gère et le mette en valeur
le temps que durera son passage sur la terre, comme
lorsque Dieu dit: « Vous aurez, sur terre, séjour et
(brève) jouissance jusqu'à un moment (fixé) ». (La Génisse
v : 36)
Ce vicariat nécessite que l'homme soit fidèle au dépôt qui
lui a été remis, d’autant plus que notre environnement
représente l'héritage de l'humanité(55)entière et une
richesse que se lèguent des générations entre elles.
Par conséquent cette terre n'est pas notre propriété
exclusive, elle nous a été remise par les générations qui
nous ont précédés pour que nous la léguions saine, et ne
comportant aucune détérioration, aux générations qui
viendront après nous.
5. La préservation des éléments du système naturel est un
devoir strict et un devoir de suffisance communautaire (Fardu
Kifaya)
Tout ce que nous avons exposé plus haut montre que la
sauvegarde de la nature et la préservation de ses
richesses, que nous ne sommes pas en droit d'exploiter
excessivement ni de gaspiller, constituent une obligation
religieuse stricte et un devoir religieux de suffisance
communautaire. Dieu en effet réserve Son châtiment ici-bas
et dans l’au-delà à ceux qui détériorent Ses bienfaits sur
terre. Il est d'ailleurs évident que les problèmes
écologiques consécutifs à la dévastation de la nature et
que vit l'humanité aujourd'hui, constituent une partie de
ce châtiment que Dieu réserve à ceux qui ont détérioré Ses
bienfaits. Ne dit-Il pas d'ailleurs dans Son Coran: "Le
dégât est apparu sur terre et dans la mer par ce qu'ont
acquis les hommes de leur propre main, pour leur donner un
avant goût de ce qu'ils ont accompli. Peut-être
reviendront-ils ?". (Les Romains v : 41)
6. La préservation de l'environnement est un culte
Dieu a créé l'homme et l'a chargé d'une fonction dans la
vie terrestre lorsqu'Il dit dans son Coran: "Je n'ai créé
les démons et les hommes que pour qu'ils M'adorent". (Les
Vent v : 56). Dans son sens global, l'adoration ne
s'arrête pas au fait de s'acquitter des actes culturels
comme la prière, le jeûne, le pèlerinage et autres, mais
englobe le fait de se conformer sincèrement aux
prescriptions de l'Islam et de suivre ses orientations
dans tous les domaines de la vie. Ainsi, exploiter
sainement les ressources de la terre, tout en les
préservant pour qu'elles parviennent saines aux
générations futures afin qu'en bénéficie l'humanité
entière est une adoration. Ne pas polluer la nature et la
sauvegarder par une exploitation pondérée est une
adoration. Ne pas polluer le sol et l'air est une
adoration, exploiter sainement les biens communs est une
adoration, Eviter la chasse et le pâturage excessifs est
une adoration.
C'est qu'effectivement, toute relation constructive de
l'homme avec les composantes de l'environnement naturel et
civilisationnel à partir de comportements islamiques
sains, constitue une prescription divine à laquelle nous
sommes dans l’obligation de nous plier tout en étant
reconnaissants au Très Haut pour les nombreux bienfaits
qu'Il nous prodigue, car Il dit à l'homme: "...Sois bon
comme Dieu le fut envers toi! Ne recherche pas la
dégradation sur la terre! Dieu n'aime pas les
déprédateurs". (Le Récit v : 77)
Dieu a été généreux envers nous en mettant à notre
disposition cet environnement qui comporte les composantes
de la vie. Nous ne devons donc pas rendre le bien par le
mal en gaspillant les ressources naturelles par un
comportement qui les dégrade et les menace de disparition.
Un tel agissement nous fait oublier le sens réel de
l'adoration de Dieu et nous en écarte, car il comporte un
danger pour toute l'humanité alors que l'Islam nous
interdit de porter atteinte à autrui et à nous-mêmes. Le
Prophète (P.S) dit à ce propos: "Nul ne doit nuire à
l'autre".(56)
L'Islam considère l'exploitation excessive des ressources
naturelles provoquant leur épuisement et leur pollution en
l'absence d'une mise en œuvre raisonnée et pondérée pour
leur préservation comme un reniement des bienfaits de Dieu
et une ingratitude envers Lui; Dieu narrant l'histoire des
cités ayant rejeté Ses bienfaits dit: "Celui-ci en
punition de ce que les gens de cette cité ont accompli,
leur a fait goûter la faim et la peur". (Les Abeilles,
v:112)