Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

 

CHAPITRE PREMIER
LA NOTION D’ENVIRONNEMENT D’UN POINT DE VUE ISLAMIQUE

 

A. La notion d’environnement 

L’Environnement se définit comme étant le milieu ou l’espace où évolue l’être humain, comportant des phénomènes naturels et civilisationnels(1) sur lesquels il agit et dont il subit l’influence, lui permettant d’assurer sa subsistance, son habitat son habillement, ses soins et où il entretient par ailleurs des relations avec ses semblables et les autres espèces qui vivent sur la terre(2). Un éminent savant en matière d’environnement(3) pense que l’environnement se constitue d’un certain nombre de conditions et de matières  ainsi que des interactions qui se produisent à l’état où se trouve la vie.

- Les conditions comportent les phénomènes climatiques déterminés par la température, l’humidité et la lumière ainsi que les phénomènes physiques comme l’attraction terrestre.

- Les matières renvoient à la constitution de la terre et ce qu’elle contient comme sol, eaux, faune et flore …

- Les interactions sont d’ordre physique, chimique et biologique en relation avec la croissance des espèces vivantes.

Ces interactions peuvent être ponctuelles comme celles qu’entretient l’individu avec son milieu, ou bien cycliques comme les cycles éolien et hydraulique. Les zones d’interaction peuvent être délimitées comme elles peuvent être aussi étendues à toute une sphère biologique comme l’atmosphère où se concentrent les gaz, l’hydrosphère comportant les richesses en eau de la terre et la lithosphère constituée elle, de la croûte terrestre. En d’autres termes, l’environnement comporte les trois dimensions: écologique, socio-économique et culturelle (système des valeurs) c’est pourquoi, en réalité, l’homme vit dans un environnement formé de trois domaines(4) qui interagissent, influent les uns sur les autres.

Le domaine biologique

C’est le milieu naturel que Dieu a créé et où l’homme représente une espèce vivante parmi tant d’autres.

Le domaine conçu par l’homme

Il comporte tout ce que l’homme a réalisé et conçu dans son environnement.

Le domaine social

Il s’agit là des systèmes qui organisent la vie socio-économique des êtres humains comme leurs traditions, leurs institutions administratives, législatives et socio-économiques.

L’environnement est en outre considéré comme formant un système fonctionnel, dont les éléments organiques ou non, complémentaires et interdépendants interagissent. Ce système dispose de ressources et de réserves ainsi que d’énergies et de matières essentielles qui fonctionnent d’une manière naturelle. Mais quand l’équilibre écologique est perturbé par l’action de l’homme, l’écosystème tendra d’abord à s’auto-rééquilibrer. Ainsi par exemple, par alternance, la flore aura tendance à générer une population végétale stable selon les énergies dont elle dispose. Cette stabilité dans le système écologique traduit par ailleurs l’équilibre dynamique entre les ressources énergétiques et la matière ainsi qu’entre leurs productions.

A partir de cette définition, l’environnement se constitue des deux systèmes (5) que sont l’environnement naturel et l’environnement civilisationnel.

L’environnement naturel

Il comprend le sol, l’eau et les gaz ainsi que la faune, la flore et les diverses relations naturelles qui résultent des interactions entre les éléments du système naturel où évolue la créature humaine.

L’environnement civilisationnel

On entend par là les systèmes conçus par l’homme dans son milieu naturel comme l’organisation de la cité et du monde rural tels que : l’habitat, les rues, les centres industriels, le technologie, l’agriculture, les institutions sociales et économiques ainsi que toutes les activités visant  à assurer les besoins de l’homme dans sa vie, mais aussi tous les moyens auxquels il recourt pour résoudre les problèmes résultant des rapports qu’il entretient avec son milieu naturel.

Il est bien difficile, voire impossible, d’établir une distinction entre ces deux environnements. L’homme en effet, depuis qu’il est apparu sur terre et à travers les différentes étapes de l’évolution de sa civilisation, n’a pas manqué d’influer sur la majorité, sinon sur tous les systèmes naturels dans les rapports qu’il a entretenus avec eux et par les transformations qu’il leur a fait subir. En contre partie, et en tant que créature organique, l’être humain compte sur les différentes ressources de l’environnement pour assurer ses besoins vitaux tels que la lumière, la température, l'habitat, l'eau la nouriture, l’air etc.

B. Les éléments constitutifs du système naturel

Partant du fait que la terre est une planète, nous pouvons considérer qu’elle forme un macro-système qui se subdivise en un ensemble de quatre micro-systèmes que sont : la lithosphère, l’atmosphère, l’hydrosphère et la biosphère. Chacun de ces écosystèmes essentiels se compose à son tour d’autre systèmes interdépendants et interactifs, comme le montre le graphique ci-dessous :

Schéma N°1.  Interactions des éléments du système naturel

1. La lithosphère

 

Ce système comporte la croûte terrestre et le manteau continental(6) où vit l’homme et avec le quel  il entre en interaction. La profondeur de cette croûte est de quelques mètres ou parfois quelques centaines de mètres et c’est là qu’on trouve la plupart des minerais à part quelques puits artésiens dont la profondeur atteint jusqu’à 8.000 m.

Le Créateur, dans Sa toute puissance, en destinant la terre à l’être humain l’a conçue de manière à ce qu’elle convienne à sa vie. Dieu a donc fait pousser arbres et cultures, fait couler les fleuves, a fait briller le soleil et la lune et a fait succéder le jour et la nuit. Il a ensuite doté l’homme d’un esprit pour que celui-ci domine la nature et la mettre à son service, comme cela est énoncé dans le Coran : « N’avons-Nous pas disposé la terre telle une couche et les montagnes telles des pieux ? Nous vous avons créés par groupes. Nous avons fait de votre sommeil une pause. Nous avons fait de la nuit une pause. Nous avons fait de la nuit un voile. Nous avons fait du jour le temps de la vie. Nous avons édifié sur vous sept cieux inébranlables. Nous avons placé là un flambeau éblouissant … » (L’Annonce, v : 6-13).

La terre a été créée par Dieu qui dit à ce propos : « Je ne les ai point pris comme témoins lors de la création des cieux et de la terre, ni lors de leur propre création, et Je n’ai pas pris comme aide ceux qui s’égarent.» (La Caverne, v : 51).

Dieu dit qu’Il a aussi créé l’homme de la terre d’argile …, « d’une argile de boue croupie », puis Il lui insuffla une âme. L’homme et la terre donc ont les mêmes composantes de la vie, en d’autres termes les éléments de cette même croûte terrestre sur laquelle nous évoluons. En effet, la science aujourd’hui a établi que le corps humain se compose tout comme cette croûte terrestre de 16 éléments(7) dont l’oxygène et le magnésium. C’est pourquoi Dieu a interdit aux hommes d’agir en déprédateur sur terre en leur disant :

« Ne semez pas le scandale sur la terre après réforme de celle-ci » (Les A’raf, v : 56).

« Si vous tournez le dos, vous sera-t-il possible de semer le scandale sur la terre et de rompre vos liens du sang.» (Mohammad, v : 22).

« Ils s’évertuent à semer le scandale sur la terre alors que Dieu n’aime pas les déprédateurs. » (La Table servie, v : 64).

L’homme, dont les techniques se sont développées aujourd’hui bien plus que sa conscience et son esprit pondéré, ne cesse d’agresser la lithosphère(8) où il laisse de grandes béances. Il ne cesse d’y étendre ses constructions, d’éroder le sol et de le déboiser, provoquant ainsi le phénomène de désertification, et de prospecter les richesses du sous-sol sans prendre la peine de le niveler et de le reconstituer.

 

2. L’hydrosphère

 

Elle se compose des richesses de la terre en eau aux états gazeux, liquide et solide, que cette eau soit atmosphérique, terrestre ou souterraine. (9)

L’eau est citée 63(10)fois dans le Coran où elle est classée sous les thèmes ci-dessous :

- L’eau, premier élément existant sur la terre.

Dieu dit : « C’est lui qui, alors que son trône était sur les eaux, a créé les cieux et la terre » (Hud, v : 7).

Par ailleurs, le Prophète (P.S) dit : « Dieu était seul et il n’y avait rien sur la terre. Son trône était sur l’eau, puis il créa les cieux et la terre et a consigné dans sa révélation toute chose.» (Rapporté par Tirmidhi).

- L’eau est essentielle à toutes les espèces.

Dieu dit : « De l’eau, nous avons fait toute chose vivante.» (Les Prophètes, v : 30).

La recherche scientifique a établi que le corps humain est de 70 % composé d’eau. Chaque fois que cette proportion se réduit, ce corps s’expose à la maladie et une fois que ce taux atteint 20 % il s’expose à la mort.(11) Dieu nous rappelle cette vérité dans ce verset : « C’est Lui qui, de l’eau a créé un mortel et a tiré de celui-ci une descendance des deux sexes. » (La Salvation, v : 54).

- L’eau est la cause de la germination de toute chose.

Dieu dit : « C’est Lui qui fait descendre une eau du ciel. Par celle-ci Nous avons suscité la végétation de toute chose » (Les Troupeaux, v : 99).

« Nous avons fait descendre une eau du ciel, et avons fait pousser (sur la terre) toutes sortes de (plantes par) couples précieux » (Loqman, v : 10) ;

- L’eau est à l’origine de la diversité des végétaux sur la terre.

Dieu dit : « C’est lui qui a fait descendre du ciel une eau dont vous tirez de quoi boire et dont (vivent) des arbustes où est une nourriture par Nous donnée (à vos troupeaux). Par (cette eau) Il fait pousser pour vous les céréales, l’olivier, le palmier, la vigne et toutes sortes de fruits. En vérité, en cela est certes un signe pour un peuple qui réfléchit » (Les Abeilles, v : 10-11) ; ainsi que : « N’as-tu point vu que Dieu a fait descendre du ciel une eau par laquelle Nous avons fait sortir des fruits de diverses espèces » (Créateur ou les Anges, v : 27).

- L’eau est un moyen permettant d’assurer son gagne pain.

Dieu dit : « Il a fait descendre du ciel une eau par laquelle il a fait sortir (toutes sortes) de fruits en attribution pour vous » (La Génisse, v :  22).

- L’eau est une ressource potable.

Dieu dit : « Avez-vous considéré l’eau que vous buvez ? Est-ce que vous l’avez précipitée des nuages ou sommes-Nous celui qui l’a précipitée ? Si Nous l’avions voulu, Nous en aurions fait une eau saumâtre.

Que ne [Nous] en êtes-vous reconnaissants ? » (L’Echéante, v : 68-70).

- L’eau en tant qu’élément et force venant à notre secours pour nous faire rappeler l’existence de Dieu.

Dieu dit : « Quant le dommage vous touche sur la mer, loin de vous sont les divinités que vous priez ; exception faite pour Lui » (Le Voyage Nocturne, v : 67).

« Et les hôtes de l’Enfer crieront aux hôtes du paradis : « Répandez sur nous l’eau et de ce que Dieu vous a attribué » (Les A’raf, v : 50), ainsi que : « A Lui l’appel de la vérité, et ceux qui prient (une divinité) en dehors de Lui ne seront pas plus exaucés par Lui que l’eau ne parviendra à la bouche de l’homme qui, (simplement), tend ses paumes vers elle alors qu’elle ne saurait (seule) parvenir à sa bouche » (Le Tonnerre, v : 14).

- L’eau est une promesse et une menace.

Dieu dit : « Dis : - Quel est votre avis ? Si l’eau dont vous disposez se perd (en terre) qui donc sinon Dieu vous donnera une eau pure » (La Royauté, v : 30) ; ainsi que : « Nous avons fait descendre du ciel une eau en quantité (définie) et nous l’avons maintenue (à la surface de la terre) alors que Nous avions pouvoir de l’emporter » (Les Croyants, v : 18).

- L’eau est sources de peur et d’espoir.

Dieu dit : «C’est lui qui nous fait voir dans l’éclair crainte et espoir, et Il crée les nuages lourds. (Le tonnerre, v : 12).

«Et il est de Ses signes de vous faire voir l’éclair avec crainte et avidité et de faire descendre du ciel, l’eau dont ensuite Il donne vie à la terre une fois morte. (Les Byzantins v : 24)

- Les hommes ont besoin de stocker l’eau le long de l’année dans des puits et des sources.

Dieu dit : « Nous avons fait descendre du ciel une eau en quantité définie et Nous l’avons maintenue à la surface de la terre alors que nous avions pouvoir de l’emporter » (Les Croyants, v : 18).

« Nous y (la terre) avons placé des jardins avec des palmiers et des vignes et y avons fait jaillir des sources » (Yasin, v : 34).

« Nous avons déversé du ciel une pluie abondante et pour lesquelles (les générations) nous avons créé des rivières coulant à leurs pieds » (Les Troupeaux, v : 6).

- L’eau provoque la mort.

Dieu dit : « Nous ouvrîmes alors les portes du ciel à une eau torrentielle ; Nous fîmes jaillir la terre en sources et les deux flots se joignirent selon un ordre dérété » (La Lune, v : 11-12).

« Traverse la mer béante : les gens de Pharaon sont une armée qui va y être engloutie » (La Fumée, v : 24).

- L’eau est source de châtiment le jour de la résurrection.

Dieu dit : « Il est promis à la Géhenne. Il sera abreuvé d’une eau fétide ».

« Comme ceux qui sont abreuvés d’une eau bouillante qui leur dévorera les entrailles » (Mohammad, v : 15).

- L’eau est un moyen de reproduction.

Dieu dit : « Que l’homme considère de quoi il a été créé ! Il a été créé d’un liquide éjaculé qui sort d’entre les lombes et les côtes. En vérité, il sera certes capable de le ressusciter » (L’Astre Nocturne, v : 5-8).

- L’eau en tant que moyen de transport :

Dieu dit : « Allah est celui qui vous a soumis la mer pour qu’y vogue le navire, sur Son ordre pour que vous recherchiez un peu de Sa faveur. Peut-être serez-vous reconnaissants » (L’Agenouillée, v :12).

- L’eau, source de nourriture :

Dieu dit : « Licites ont été déclarés pour vous le gibier de la mer et la nourriture qui s’y trouve : jouissance pour vous et pour les voyageurs » (La Table Service, v : 96).

« Les deux mers ne sont point identiques (l’eau de) celle-ci est potable douce, agréable à boire, alors que l’eau de celle-là est saumâtre, non potable. De chacune, vous pêchez une chair fraîche que vous mangez. Vous en tirez des joyaux que vous portez sur vous » (Créateur ou les Anges, v : 12).

- L’eau en tant qu’annonce de bien, de clémence, de pureté et de bénédiction pour les hommes :

Dieu dit : « C’est Lui qui a déchaîné les vents comme annonce précédant Sa miséricorde. Nous faisons descendre du ciel une eau pure » (La Salvation, v : 48).

« Il fait descendre sur vous une eau du ciel pour vous purifier » (Le Buttin, v : 11).

« Nous avons fait descendre du ciel une eau bénie et, grâce à elle, fait pousser des jardins et le grain qu’on moissonne » (Qaf, v : 9).

- L’eau efface forfaits et péchés :

Abu Hurayra rapporte que le Prophète (P.S) a dit : « Lorsque le pieux fidèle accomplit ses ablutions, en se lavant le visage, il aperçoit dans l’eau (ou plutôt dans la dernière goutte) toute erreur qu’il aurait commise, puis en se lavant les mains, il sort de cette eau ou plutôt avec la dernière goutte toute agression qu’il aurait commise et enfin en se lavant les pieds il sort de cette eau ou plutôt de la dernière goutte tout forfait commis par ses pieds. Puis il continue ses ablutions jusqu’à ce qu’il en sorte purifié de tout péché » (Rapporté par Muslim). (12)

Comment toutes ces fonctions dont s’acquitte l’eau ne parviennent-elles pas à faire prendre conscience à l’homme quant à l’importance du dépôt dont il a la charge ? Comment cet homme ne médite-t-il pas et ne réfléchit-il pas sur les conséquences de la pollution des ressources aquatiques qui le menace dans sa santé actuelle et à venir ? Dieu dit en effet : « Non ! ce ne sont point les yeux qui sont aveugles, mais ce sont les cœurs dans les poitrines qui sont aveugles » (Le Pèlerinage, v : 46) ; ainsi que : « Ils ont des cœurs avec lesquels il ne comprennent point ! » (Les A’raf, v : 179).

 

3. L’atmosphère

 

La terre est entourée d’une couche atmosphérique où sont concentrés les gaz, principalement l’azote et l’oxygène. Cette couche s’étend sur des centaines de km par dessus la surface de la terre. L’épaisseur s’en réduit chaque fois qu’on s’élève en altitude. L’atmosphère se compose de trois sphères interdépendantes :(13)

a- La troposphère : C’est la partie (la couche) inférieure de l’atmosphère et s’élève sur 12 km environ de la surface au sol. C’est dans cette zone qu’ont lieu la plupart des transformations atmosphériques que nous percevons quotidiennement. La température y diminue avec l’altitude et c’est là que se concentrent l’eau évaporée, l’oxygène et le dioxyde du carbone.

b- La stratosphère : Elle est au-dessus de la troposphère et s’étend de 12 à 80 km au dessus de la surface de la terre. Cette zone se caractérise par l’absence des tempêtes et des différentes perturbations ainsi que par la présence d’une couche d’ozone qui protège la terre des rayons ultra-violets.

c- L’ionosphère : Elle se trouve au dessus de la stratosphère à hauteur de 80 jusqu’à 360 km ou plus. Les gaz, dont l’hydrogène et l’hélium principalement, y sont légers. Dieu dit à cet effet : « Il a décrété les sept cieux créés en deux jours et, à chaque ciel, il fixa son état par révélation » (Elles ont été rendues intelligibles, v : 12).

« Dieu est celui qui a créé sept cieux et autant de terres » (La Répudiation, v : 12).

« Lui qui a créé les sept cieux superposés » (La Royauté, v : 3).

« Les sept cieux l’exaltent ainsi que la terre et ceux qui s’y trouvent.» (Le Voyage Nocturne, v : 44).

« … Puis il se tourna vers la voûte céleste pour la façonner harmonieusement en sept cieux » (La Génisse, v : 29).

« Votre Seigneur est Dieu qui créa les cieux et la terre en six jours, puis s’assit en majesté sur le Trône » (Les ‘ A’raf, v : 54).

La partie inférieure de l’atmosphère, en plus de divers gaz, de vapeur d’eau, de certaines particules, de l’air sec non pollué,  composé de plusieurs gaz dont 87 % d’azote (nitrogène), 21 % d’oxygène, 9 % d’argon ; le reste étant constitué du dioxyde du carbone, du néon, de l’hélium, de l’hydrogène, du métane et d’autres gaz. Ajoutons à cela l’eau évaporée et les groupuscules visibles à l’œil nu comme vu plus haut et dont la concentration varie d’une zone à l’autre. Ainsi ces groupuscules sont plus nombreux dans la partie inférieure que dans la partie supérieure et connaissent une concentration plus importante dans les régions désertiques, surtout à l’occasion de certains vents saisonniers comme « Al Khamssin ».

Cette atmosphère entourant la croûte terrestre a pu être maintenue stable dans ses proportions constitutives en dépit de l’activité biologique sur terre. L’homme, ainsi que les autres espèces vivantes, absorbent de l’oxygène et rejettent du dioxyde de carbone. Les plantes, par photosynthèse, absorbent le carbone et rejettent dans l’air de l’oxygène. Si le pourcentage du dioxyde de carbone venait à augmenter(14), le surplus se diluerait au niveau des surfaces aquatiques, dans les sulfates de calcium, puis réapparaîtraient sous forme des carbonates formant des roches calcaires. Toutes ces interactions naturelles connues sous le nom de cycle de l’oxygène se produisent selon un équilibre où l’oxygène a pu préserver une composition stable pendant des millénaires. A partir de cette harmonie parfaite, Dieu le Tout puissant, nous exhorte à  méditer la création des cieux et à réfléchir sur ce miracle en disant :

« Etes-vous plus ardus à créer le ciel qu’il a édifié ? Il en a élevé la voûte qu’il a établie harmonieusement » (Celles qui Tirent, v : 17-18).

« Nous n’avons pu créer le ciel, la terre et ce qui est entre eux, en jouant » (Les Prophètes, v : 16).

« Nous avons fait du ciel une voûte protégée (mais), de nos signes, ils se détournent » (Les Prophètes, v : 32).

« Nous n’avons pas créé le ciel, la terre et ce qui est entre eux, à la légère » (Sad, v : 27).

Mais depuis que l’homme a découvert le feu et a commencé à utiliser les différentes sources d’énergie, jusqu’à la révolution industrielle, une proportion extraordinaire de gaz et autres produits a commencé à se propager dans l’air, y provoquant ainsi la rupture de cet équilibre naturel que Dieu a conçu pour les couches atmosphériques. Celui-ci fait dire à ceux qui méditent la créations des cieux et de la terre : « Seigneur, Tu n’as point créé ceci vainement. Gloire à Toi ! Préserve-nous donc du tourment du feu » (La Famille de Imran, v : 191).

 

4. La biosphère

 

C’est la zone qui comporte tous les aspects de la vie animale et végétale sur la terre et les parties couvertes d’eau(15). Ce sont les facteurs climatiques, les variétés du sol et les disparités qu’il présente qui participent(16)à la formation de nombreux écosystèmes dont l’interaction est source d’une vie animale et végétale intense.

Toute la vie de l’homme ainsi que celle des autres espèces dépend du patrimoine végétal. Ainsi, notre alimentation se constitue par exemple de blé, de maïs, de pomme de terre, de riz … Dieu dit : « Nous avons fait descendre du ciel une eau bénie et, grâce à elle, fait pousser des jardins et le grain qu’on moissonne » (Qaf, v : 9).

« Par cette eau, Il fait pousser pour vous les céréales, l’olivier, le palmier, la vigne et toutes sortes de fruits » (Les Abeilles, v : 11).

« Quoi ! n’ont-ils pas vu la terre, combien Nous y fîmes croître toute espèce profitable ? » (Les Poètes, v : 8).

Nous nous nourrissons aussi des produits des animaux dont l’existence dépend de la végétation. Par ailleurs, le bien-être que nous recherchons dans la chaleur de nos habitations et à partir de nos unités de production a pour origine le charbon obtenu à partir du bois des forêts, ou bien du pétrole qui n’est quant à lui que des fossiles géologiques de végétaux et d’animaux. Le bois avec quoi nous fabriquons notre mobilier, la soie, le coton et le lin qui nous servent à satisfaire nos besoins vestimentaires et tant d’autres produits, nous n’aurions pu les acquérir sans l’existence de la végétation.

Parmi les diverses richesses qui constituent le patrimoine forestier, nous pouvons citer tout ce que l’homme est en mesure d’obtenir en plus du bois d’ébénistrie et du bois de chauffage. Aujourd’hui l’homme produit à partir des forêts : acides, colle, alcools, fourrage, tissus, colorants, asceptiseurs, huiles, papier, matières plastiques, médicaments, insecticides etc. Produits que certains estiment dépasser les 4.000(17) produits finis qu’en peut obtenir directement ou indirectement des forêts.

Les forêts sont de véritables poumons pour notre planète, car elles œuvrent à préserver intactes les proportions des gaz accumulés dans l’atmosphère et participent dans une large mesure à la formation des pluies.(18) On a pu découvrir à ce sujet que la quantité des précipitations a diminué ces vingt six dernières années de 24% avec l’extraordinaire déboisement des forêts Colombiennes.

 

La faune

 

La richesse et l’abondance des animaux constitue une réserve que l’homme utilise aussi bien pour son alimentation et son habillement que pour ses travaux et son transport. Dieu dit dans son Livre :

« Les chameaux ont, par lui, été créés pour vous. Pour vous s’y trouvent vêtures et utilités et nourriture dont vous mangez » (Les Abeilles, v : 5).

« Il a créé le cheval, le mulet, l’âne pour que vous les montiez et comme apparat » (Les Abeilles, v : 8).

Il y a là une grande variété d’animaux terrestres que l’homme ne cesse d’exploiter directement ou indirectement. Ainsi, la gazelle, le verrat que nous trouvons dans les régions montagneuses du Maghreb, et de la presqu’île arabique, en Tunisie et en Algérie, le renard, l’hyène, le jaguar et le lynx ainsi qu’un nombre considérable d’espèces d’oiseaux et de volatiles deviennent de plus en plus rares.

Toutes ces espèces ont été décimées par l’homme soit par la chasse sauvage, soit d’une manière indirecte lorsqu’il agresse l’environnement dans lequel ces animaux se reproduisent et se nourrissent ou lorsqu’il en transforme de larges surfaces en terres agricoles ou en pâturage pour ses animaux domestiques. Ce qui n’a pas par ailleurs manqué de réduire cette diversité biologique et de rompre cet équilibre écologique tel que Dieu l’a créé.

 

Les ressources aquatiques

 

Cette richesse subvient à de nombreux besoins de l’être humain. Du milieu aquatique, il obtient le sel pour son alimentation, il en tire les sels minéraux comme le chlorure de magnésium, les sulfates de potassium et de calcium ainsi que des pierres précieuses tels les perles et le corail comme le spécifie Dieu dans son Livre : « C’est Lui qui a assujetti la mer pour que vous mangiez une chair fraîche issue d’elle et en tiriez des joyaux que vous portez » (Les Abeilles, v : 14).

L’homme tire une eau des océans, devenue potable grâce à ses usines de dessalement. La mer constitue en outre une aire de repos et de tourisme. Vingt-cinq pour cent de la population mondiale vit sur le littoral et la pêche représente 44 % de leur activité économique.(19) En outre, les mers et les océans recèlent des puits de pétrole et de gaz naturel assez importants. Des statistiques établis en 1992 ont estimé à 36,5 billions de tonnes de pétrole(20) et à 21,4 trillions de tonnes de gaz naturel extraits de ces puits. Ajoutons à toutes ces potentialités l’énergie électrique générée par les forces des vagues et des marées. Cependant, l’homme a tellement gaspillé ces richesses que la production poissonnière par exemple s’en est trouvée réduite d’une manière alarmante. Nous n’en voyons comme exemple que la disparition des langoustes des côtes du Golfe. Mers et océans connaissent une pollution due aux déchets rejetés par l’homme telle qu’on ne peut que leur appliquer ce que Dieu dit dans le chapitre « Les Romains » au verset 41 : « A cause de ce qu’ont accompli les mains des hommes, la dépradation est apparue sur terre et sur mer ». L’environnement marin est aujourd’hui menacé et ce sont les enseignements de l’Islam qui peuvent aujourd’hui le préserver et le protéger de la pollution et de l’épuisement de ses ressources pour qu’il continue à s’acquitter de la fonction pour laquelle Dieu l’a créé.

L’interdépendance de l’ensemble des éléments du milieu biologique est telle que tout ce système en subit l’influence. Ainsi par exemple, la température, qui n’est qu’un élément du système aquatique, participe à la formation de la vapeur d’eau qui s’élève sous forme de nuages dans l’atmosphère et que le vent transporte des zones de haute pression aux zones de basse pression et qui retombent sous forme de pluies sur le sol. La température, d’autre part, détermine le genre de végétation ; lorsque par exemple nous avons, dans une région, une température élevée et que les pluies tombent en abondance, il en résulte des forêts équatoriales autour de l’équateur où se développe un écosystème où la faune à son tour constitue un système biologique en relation avec les autres éléments. L’homme intervient sur ce système avec son activité technologique et ses systèmes civilisationnels pour l’influencer à son tour et subir son influence.

 

C. Les composantes de l’environnement civilisationnel

 

Cet environnement se compose de cinq éléments essentiels :

1. Le système technologique

2. Le système social

3. Le système politique

4. Le système économique

5. Le système culturel.


Schéma 2. Les éléments du système civilisationnel

1. Le système technologique

 

Par technologie, on entend aujourd’hui l’utilisation des connaissances scientifiques, leur application dans l’exploitation des ressources naturelles d’une part et d’autre part, dans la résolution des problèmes écologiques en d’autres termes les moyens que l’homme projette de mettre en application pour restituer à l’environnement son équilibre naturel.

Par ailleurs, sciences et techniques aujourd’hui entretiennent des relations de complémentarité. Ainsi, tout développement scientifique se traduit par des nouveautés technologiques qui de leur côté, vont participer au développement de la science. En outre, les intervalles(21) séparant une découverte scientifique et son application au niveau technique se réduisent de plus en plus. Si 112 ans séparent la découverte de la photographie et sa traduction technique, il en a fallu 26 à la télévision, 35 à la radio, 15 au radar, 5 au transistor et 3 seulement pour les circuits intégrés. Ce phénomène nécessite d’une part, qu’on s’intéresse aussi à la dimension humaine du progrès, car l’homme se trouve emporté par la mouvance technologique et que soient d’autre part, conçues des solutions aux problèmes écologiques autres que celles traditionnelles et qui soient effectivement au service de l’homme et de son développement harmonieux.

 

Rôle de la technologie dans les interactions écologiques

 

La technologie imprègne tellement les sociétés humaines et occupe une place telle dans leur vie quotidienne qu’il devient aujourd’hui impossible de revenir en arrière afin de remédier aux dégâts écologiques consécutifs à l’emploi de cette technologie dans l’industrie et l’agriculture. Bien au contraire, l’homme ne cesse de développer cette technologie et à la rechercher pareil en cela à un drogué(22) en état de manque.

- A première vue, certaines découvertes technologiques paraissent tout à fait bénéfiques et loin de susciter quelque mal que ce soit, mais avec le temps, il apparaît qu’elles occultaient des conséquences néfastes comme c’est la cas par exemple pour la découverte des dérivées du CFC (Chlorure du fluor et du carbone) dont on ne se doutait pas des agressions qu’ils allaient provoquer sur la couche d’ozone.

- Par ailleurs, si les technologies contemporaines sont apparues comme une véritable solution à tous les problèmes industriels, sociaux et même écologiques, l’expérience elle, a plutôt montré que les problèmes de l’environnement découlent des interactions de l’homme et surtout de sa technologie avec son milieu naturel et que en définitive, les solutions durables et effectives résident dans les relations qu’entretiennent l’homme et sa technologie avec l’environnement. C’est pourquoi d’ailleurs, l’Islam exhorte à la quête de la science et à son utilisation d’une manière fonctionnelle, mais aussi responsable et consciente : « Sache qu’il n’est nulle divinité excepté Dieu, de ton péché, demande pardon pour les croyants et les croyantes » (Mohammad, v : 19).

La science est effectivement omniprésente et s’impose à la vie de l’homme le long de toute son existence, mais son point de départ commence par la crainte du Dieu unique qui dit : « Seuls les savants redoutent Dieu parmi Ses serviteurs » (Créateur, v : 28).

Aussi, l’Islam incite-t-il à une conscience scientifiqe qui se fonde sur les éléments suivants :(23)

- Rejet de toute assertion non fondée sur une preuve conformément aux paroles de Dieu : « Donnez votre probation si vous êtes sincères » (Les Fourmis, v : 64). L’argument ou la preuve ici peut être ce qu’on obtient par la contemplation ou par l’expérience, Dieu dit à cet égard : « Apportez-moi une écriture antérieure à celle-ci ou quelque trace d’une science, si vous êtes véridiques » (A-Ah qâf, v : 4).

- Rejet de toute présomption concernant un sujet qui recommande la certitude et une science sûre. Le Coran, répondant aux allégations des mécréants lorsqu’ils parlent de leur idoles, dit : « Ils n’ont sur ce point nul savoir. Ils ne suivent que [leur] conjecture : la conjecture ne tient lieu de rien contre la vérité » (L’Etoile, v : 27).

- Exclusion des passions et des considérations personnelles au profit de la neutralité et de l’objectivité ; Dieu dit en effet à Son prophète (P.S) : « S’ils ne t’exaucent point, sache qu’ils suivent seulement leurs penchants pernicieux ! Or, qui donc est plus égaré que celui qui suit son penchant, sans direction de Dieu ? Dieu ne dirige point le peuple des injustes » (Le Récit, v : 50).

- Rejet de la léthargie de l’esprit et du conformisme quel qu’il soit, que ce soit aux ancêtres et aux traditions ou à une élite et aux puissants ; au point où le Coran dit : « Il répondent : « - Non ! nous suivons la coutume que nous avons trouvé être celle de nos pères » Eh quoi ! et si leurs pères n’avaient en rien raisonné et s’ils n’avaient pas été dans la bonne direction ? » (La Génisse, v : 170).

- Incitation à la réflexion et à la méditation comme nous y exhorte Dieu en ces termes : « Eh quoi ! n’ont-ils point considéré le royaume des cieux et de la terre, ainsi que toute chose créée par Dieu ? » (Le A’raf, v : 185).

Cette méditation concerne même l’introspection que doit opérer l’être humain sur lui-même : « Et c’est en vous-mêmes. Que ne vous en rendez-vous pas compte ? » (Les Vents, v : 21) ainsi que la méditation de l’Histoire de l’humanité et le devenir des sociétés humaines, car Dieu dit : « Le sort traditionnel [imparti aux impies] avant vous s’est accompli. Allez donc sur la terre et considérez quelle fut la fin de ceux qui crièrent au mensonge.» (La Famille de ‘Imran, v : 137).

De son côté, le Prophète (P.S) n’a pas manqué d’exhorter les gens à la quête de la science tant par la recherche que les voyages. Ainsi, d’après Anas – que Dieu soit satisfait de lui – le Prophète a dit : « Celui qui voyage en quête de la connaissance sera toujours dans la voie de Dieu jusqu’à son retour.» (Propos rapporté par Tirmidhi qui dit que ce hadith est bon (hassan). Abu-l-Darda’ rapporte qu’il a entendu le Prophète dire : « Celui qui emprunte le chemin du savoir, Dieu le lui facilite et lui ouvre une voie jusqu’au paradis. Les anges le protègent par leurs ailes et bénissent son action. Toutes les créatures de la terre et du ciel, même les poissons, demandent pardon à Dieu pour lui. La supériorité du savant sur ses semblables est pareille à celle de la lumière de lune sur les autres astres. Les savants sont les héritiers des prophètes, à qui n’ont été légués ni dinar ni dirham, mais plutôt la science. Celui qui en hérite aura hérité la plus grande part.» (Rapporté par Abu Daoud et Tirmidhi).(24)

En conclusion, il va sans dire que nous sommes appelés chaque fois que nous opérons un transfert de technologie, à maîtriser celle-ci et de l’adapter à notre réalité régionale tout en veillant à éviter au maximum les méfaits qu’elle causerait à l’environnement. Nous devons également, en opérant ce transfert, prendre en considération les conditions démographiques, économiques et sociales que connaît notre milieu spécifique.

 

2. Le système social

 

Par environnement social, (25) on entend l’espace où se réunissent individus et collectivités ainsi que leurs interactions respectives et les modes de rapports, appelés généralement systèmes sociaux, que les individus et les collectivités qui composent la société entretiennent entre eux. La consolidation de ces rapports varie selon le degré d’urbanisation. Ainsi, ces relations seront consolidées et privilégiées grâce à leur simplicité dans des agglomérations rurales comme les villages et les petites collectivités locales, mais elles perdront toute la dimension humaine pour ne se fonder que sur l’aspect économique déterminé par les intérêts personnels en milieu fortement urbanisé.

Simples et faciles à entretenir en milieu rural, ces rapports deviendront donc plus complexes en milieu urbain parce que déterminés chaque fois par leurs us et coutumes respectifs. Harmonieux dans le premier milieu, ils le seront beaucoup moins dans le deuxième, que ce soit au niveau de leurs coutumes et de leurs cultures ou de leurs traditions et de leurs valeurs morales.

- Cependant, dans les sociétés rurales, il peut arriver que la simplicité des rapports constitue un obstacle à la mise en valeur des ressources naturelles et au développement et que le renouveau et le changement se confrontent au conformisme social de ces collectivités.

D’un autre côté, dans toute société, les antagonismes(26)entre populations indigènes et allogènes peuvent entraver le développement économique et l’exploitation effective des ressources naturelles.

En outre, la position sociale(27) de l’individu lui impose parfois certaines fonctions sociales parce qu’il répugne à en exercer d’autres (comme par exemple le refus des nomades jadis de s’adonner à l’agriculture et celui des nubiens aujourd’hui d’accomplir le  travail artisanal).

- Par conséquent, la mise en application des projets écologiques régionaux doit s’accompagner d’une connaissance parfaite d’une part, des modes de relations sociales établis entre les individus, et d’autre part, des systèmes sociaux dans leur interdépendance et dans leur réciprocité fonctionnelle. Il est en outre nécessaire, pour la réussite de ces projets, d’y gagner les chefs locaux traditionnels, car ils ont une vaste connaissance des affaires de leur région et de leur société.

L’Islam a appelé les gens à un système social fondé sur l’entraide et la coopération. Le Prophète (P.S) dit : « Les croyants dans leur affection réciproque, sont semblables à un seul corps : lorsqu’un organe souffre, c’est tout le corps qui s’en ressent par la fièvre et l’insomnie », ainsi que : « Les croyants sont comme un édifice bien construit dont les parties se soutiennent ». Cette entraide a d’autre part comme fondement la piété comme le spécifie le Coran : « Le plus noble d’entre vous, aux yeux de Dieu, est [néanmoins] le plus pieux » (Les Appartements, v : 13), mais aussi, l’œuvre bénéfique et profitable à soi-même et aux autres et qui développe harmonieusement la production.

Il découle de ce qu’on vient de voir qu’il est nécessaire, à la conception d’un projet de développement d’une région, de compter avec les réalités sociales du milieu et d’étudier tous les impacts de ce projet sur les personnes et l’environnement afin d’éviter les nombreux facteurs de pollution et une mauvaise gestion des ressources naturelles.

 

3. Le système économique

 

Il se détermine dans toute société par le mouvement et la nature des productions naturelles ainsi que par ce qui en découle comme effets économiques et sociaux (niveau de vie plus élevé) et comme impact sur le milieu naturel (dégradation ou transformation). Ce système est également en relation avec le degré de transformation de la nature du milieu par le rejet des divers déchets et polluants qui dégradent l’environnement naturel. Ainsi, l’activité économique en milieu rural participe beaucoup moins à l’agression de la nature que celle de milieux sociaux plus développés où on assiste à une véritable dégradation du sol, de l’eau et de l’air qui engendre de graves crises écologiques.

Le tableau n°3 indique le mouvement des ressources naturelles dans un système économique industrialisé et ce qui en découle comme problèmes et dangers écologiques, de sorte que l’acuité de ces problèmes est parallèle au degré de développement et de complexité du système économique.

Tableau n°3. Mouvement des ressources naturelles à travers le système économique

L’Islam n’a pas manqué, face à ce problème, d’établir des principes adéquats dans l’exploitation des ressources économiques. Ce système islamique s’édifie autour des points suivants : (28)

1. A l’origine, les hommes sont les lieutenants de Dieu sur terre, les individus ne deviennent donc propriétaires des biens de la terre que sur ordre du Législateur.

2. Interdiction de la thésaurisation des biens que l’Etat doit œuvrer à faire circuler entre les gens en veillant à ce que les richesses ne s’accumulent pas chez une élite sociale conformément au Coran qui dit : «… Afin que cela ne soit point quelque chose de dévolu aux riches parmi vous » (La Résurrection, v : 7).

3. La propriété des biens est conditionnée par les 5 raisons légales que sont : le travail – la quête pour la réalisation de la vie – la répartition de ces biens par l’Etat entre les individus pour qu’ils subviennent à leurs besoins et pour qu’ils en tirent un bénéfice – l’héritage – les liens qu’entretiennent les individus entre eux.

4. Le droit de gestion de la propriété privée est assuré dans les limites légales qui interdisent le monopole,

5. Les découvertes et les inventions émanant de la collectivité sont décrétées biens communs.

6. L’Etat assure l’emploi à l’ensemble des individus, qui ont les mêmes droits et les mêmes obligations.

7. La subsistance des sans emploi et des pauvres est assurée par l’Etat. Celui-ci, par ailleurs, s’occupe des indigents et des handicapés et leur assure leur droit à la santé.

L’Islam a en outre imposé des règles pour le développement des ressources économiques.

 

En Agriculture

 

Cette religion incite à la mise en valeur de la terre comme cela est mentionné par le propos où le Prophète (P.S) dit : « Celui qui donne vie à une terre, celle-ci lui appartient.», ainsi que : « Celui qui cultive une terre n’ayant pas de propriétaire est prioritaire dans son acquisition ». (29)

L’Islam veille également à ce que les besoins primordiaux soient assurés à l’individu et l’incite même à acquérir plus. Ces besoins sont déterminés dans le Coran en ces termes : « A toi appartient, en vérité, de n’y (la terre) avoir pas faim, de n’être point nu, de n’avoir pas soif, de ne point souffrir au soleil » (Taha, v :119).

Dans le domaine industriel, l’intérêt qu’on doit porter à l’industrie nous est indiqué par Dieu d’une manière globale au point où toute une sourate (Chapitre coranique) est intitulée « Le Fer ». Dieu, par ailleurs, consolidant David dit : « Nous apprîmes à [David] à fabriquer, pour vous, des cottes de mailles pour vous prémunir contre le danger [vous menaçant] » (Les Prophètes, v :80), et à un autre endroit de son Livre, Dieu inspire à Alexandre le Biscornu la construction des barrages : «  … Apportez-moi des blocs de fer ! ». Quand il eu comblé l’espace entre les deux versants [des monts], il dit : « Soufflez ! ». Quand il eu fait du fer [une masse de] feu, il dit : « Apportez-moi de l’airain que je verserai sur le fer » (La Caverne, v : 96).

 

Commerce et négoce

 

L’Islam a établi une réglementation pour les échanges commerciaux et des normes pour les crédits et a incité à l’activité commerciale selon un code éthique d’où sont bannies tromperie et subornation. Le Prophète (P.S) dit : « Lorsque tu vends, pas de tromperie ! », (30) comme il a aussi interdit le monopole des vivres en disant : « Ne monopolise un produit qu’un pécheur » (31) et a interdit également, en disant : « Le fait de jurer (pour vendre) fait certes écouler la marchandise, mais n’est point profitable »(32)

 

Le voyage en tant que formation de la personne humaine

 

Dieu dit à ce propos : « Dis : Cheminez par la terre et considérez qu’elle fut la fin de ceux qui furent antérieurement »(Les Romains, v : 42) ; « Dis : Parcourez la terre et considérez comment Il a commencé la création » (L’Araignée, v : 20) ; « Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule nation » (La Délibération, v : 7) ; « Nous vous avons constitués en confédération et en tribus pour que vous vous connaissiez » (Les Appartements, v : 13).

 

L’élevage

 

L’Islam privilégie cette activité et y incite les gens. Le Prophète (P.S) s’enorgueillit d’avoir été berger. D’après Abu Horayra, le Prophète a dit : « Tout messager envoyé par Dieu a été berger ». Ces compagnons lui demandèrent si cela était son cas à lui aussi. A quoi il répondit : « Certes ou, je faisais paître le troupeau dans les aires (de pacage) des gens de la Mecque. ». (33)

- Cette religion a en outre exhorté les gens à l’activité, à la recherche de leur subsistance en voyageant s’il le faut. Dieu dit : « Allez par les espaces (de la terre) et mangez de ce qu’il attribue » (La Royauté, v : 15).

Dans ce verset, Dieu met l’action de se déplacer avant celle d’acquérir la subsistance pour insister sur le fait que c’est justement l’activité qui constitue le moyen de parvenir à l’acquisition des biens. Nous trouvons aussi dans ce sens : « Recherchez quelques faveurs d’Allah ! » (Le Vendredi, v : 10). La possession donc des biens ici-bas demeure tributaire de l’activité et du travail qui déterminent en outre la rétribution dans l’au-delà. Dieu dit d’ailleurs : « Que l’homme aura seulement ce qu’il se sera évertué à rechercher, que le résultat de son effort sera vu, qu’ensuite il sera récompensé pleinement » (L’Etoile, v : 39,40,41) ainsi que : « Agissez ! Allah verra vos actions, ainsi que l’apôtre et les croyants.» (Le Repentir, v : 105).

Cela étant, l’activité dans les domaines économiques obéit néanmoins en Islam à la condition essentielle de ne pas dégrader la terre. Dieu dit en effet : « Parmi ce qu’Allah t’a donné, recherche la demeure dernière ! N’oublie pas ta part de la vie immédiate ! Ne recherche pas la dégradation sur la terre ! Dieu n’aime pas les déprédateurs » (Le Récit, v : 77).

 

4. Le système culturel

 

Depuis son apparition sur la terre, l’homme a pu mettre sur pied des systèmes autres que ceux naturels afin d’exploiter son environnement, assurant ainsi ses besoins et partant, sa vie. Le système culturel fait partie de ces systèmes conçus par l’homme et où la culture est une composante complexe qui englobe les superstructures que sont la connaissance et les croyances, les valeurs et les arts, les lois et les coutumes ainsi que tout autre savoir acquis par l’homme vivant en société.

Nous distinguons entre deux genres de cultures. D’une part, une culture matérielle qui est constituée des connaissances techniques en tant que facteur intermédiaire entre l’homme et son environnement naturel ; cette technologie a de tout temps été nécessaire et a toujours déterminé fortement l’existence et le développement humain, d’autre part, une culture immatérielle comportant les coutumes, les traditions et les proverbes qui expriment des visions du monde et des croyances. Toute une superstructure populaire(34) qui fait qu’une société possède une culture caractérisée par des éléments prépondérants et communs à tous et d’où découlent le même sentiment d’appartenance, de traditions, de coutumes et de comportements rassemblant tous les membres du groupe, comme les symboles, les croyances, la langue et d’autres expressions qui fondent une société, la consolident et lui assurent harmonie et cohésion. Partant, et puisque chaque société possède une culture particulière (des spécificités culturelles),(35) il convient, à la mise en application de projets de développement, de prendre en considération ces spécificités afin d’éviter tout gaspillage des ressources naturelles et d’assurer au projet la réalisation de ses objectifs.

Les exemples à ce propos ne manquent pas. (36) Ainsi, les « Bejas », tribu de l’est du Soudan, se sont opposés à l’utilisation des tracteurs que l’Etat préconisait pour la culture des terres de la région de la province de Toko, parce qu’ils croient que ces machines désagrègent la terre et en réduisent la fertilité. On peut aussi rappeler l’attitude des Hindous vis-à-vis des vaches, attitude qui constitue un obstacle devant tout mode nouveau cherchant à améliorer l’exploitation de cette ressource animale qui de surcroît, aurait joué un rôle important dans l’économie indienne. Les « Zend » une confédération de tribus vivant au centre de l’Afrique ont refusé d’abandonner leur culture traditionnelle et se sont opposés à ce qu’elle soit remplacée par une autre plus facile à cultiver et plus rentable parce qu’ils utilisent la première dans leurs rites initiatiques. Ces mêmes tribus ont par ailleurs refusé d’abandonner leurs logis pour de nouveaux habitats à l’intérieur de la forêt et loin de la route. Ils ne pouvaient en effet s’adapter dans des demeures si proches l’une de l’autre parce qu’ils croient au mauvais œils et tiennent donc à habiter loin de leur voisin. Ajoutons en outre que tout autre mode économique nouveau est nécessairement perçu comme un danger menaçant la culture séculaire.

Les croyances certes, peuvent nuire à l’équilibre écologique, comme la superstition qui voit en le hibou un oiseau de mauvais augure alors qu’il constitue un facteur de cet équilibre lorsqu’il chasse 3 à 4 rats toutes les nuits, ou bien la crainte injustifiée des araignées qui pourtant chassent par an plus que le poids de 3.000.000 de personnes en insectes. Imaginons un instant quel aurait été le sort du globe si les araignées venaient à disparaître complètement des écosystèmes dans lesquels elles évoluent.

Tout comme ces superstitions, il arrive aussi que des tendances générales(37) et des valeurs communes à la même société entravent toute idée de développement. Ainsi, certains proverbes égyptiens traduisent des conceptions égoïstes et fatalistes rejetant toute idée nouvelle œuvrant à conserver et à généraliser les coopératives et l’exploitation des biens communs.(38) En voici quelques exemples :

- Un quintal appartenant à l’autorité ne vaut pas une mesure (le poids) t’appartenant.

- J’ai volé ce bien à l’autorité, l’aurais-je pris à quelqu’un d’entre vous ?

- Eloigne-toi d’un mètre de ma propriété et saccage !

Dans nos pays musulmans qui souffrent d’une poussée démographique loin d’être proportionnelle au revenu, tout projet se proposant de remédier à cette situation peut être contrecarré par certaines valeurs culturelles, surtout en milieu rural où le taux d’analphabétisme est le plus élevé. Les adages(39) ne disent-ils pas d’ailleurs ? :

- Une progéniture nombreuse défend la famille contre tout agresseur.

- Quand la naissance d’un garçon m’a été annoncée, ma vie s’est enchantée, mais lorsqu’ils ont dit une fille, sur moi, j’ai senti la maison s’effondrer.

- S’il l’emporte sur toi par l’argent tu le vaincras par une progéniture nombreuse.

- Les enfants de sexe masculin, rendront demain le verger plus grand et plus ombragé.

- Mieux vaut deux scorpions sur le mur que deux filles à la maison.

D’autres proverbes, dégradant la femme(40)sont assez répandus en milieu rural :

- Ne te tranquillise ni au lendemain, ni aux chevaux au galop ni à la femme quand elle veut dominer.

- A la fille brise une côte, il lui en naître bien d’autres (42 selon certaines régions).

- Jamais le veau domestiqué par une femme ne tirera la charrue.

Il revient donc de revoir et de discuter de telles tendances à la lumière de la vie culturelle et économique moderne, afin d’en démontrer le non fondé grâce aux programmes de l’éducation sur l’environnement et en matière de population sur l’environnement qui montrent que de telles conceptions sont à rejeter aujourd’hui afin de trouver une solution aux problèmes de l’environnement et d’émanciper l’homme qui demeure tant le pivot du développement que son objectif.

Parfois même, l’incitation à l’ouvrage constructif, qu’elle soit économique ou sociale, ne manque pas de provoquer une mauvaise gestion des ressources et de leur préservation. Ainsi, certains milieux ruraux, où malheureusement nous assistons à une croissance de l’analphabétisme, s’attachent de toutes leurs forces à leurs traditions en tant que valeurs établies et inébranlables et refusent même d’en discuter. Ce qui bien sûr n’est pas sans constituer un véritable obstacle devant le développement. Ces milieux traditionalistes auront tendance à rejeter tout renouveau et tout changement qui les effraie et où ils craignent de s’aventurer.

La réussite de tout projet et la réalisation des objectifs qui se proposent comme finalité une bonne gestion des ressources tant renouvelables que fossiles du milieu qu’on vise, demeure tributaire du degré de conformité(41)des composantes culturelles traditionnelles et locales avec les éléments nouveaux préconisés par ce projet. Plus ces deux éléments seront en harmonie, plus les individus du groupe accepteront le renouveau proposé et plus il leur sera facile de l’intégrer à leur culture.

En conclusion, tout plan de développement demeure tributaire du degré de préparation du milieu culturel visé aux rénovations et aux transformations préconisées par ce projet.

L’Islam, pour sa part, n’a pas manqué d’appeler les gens à développer leur milieu culturel en les incitant les gens à rejeter conformisme et mimétisme comme lorsque Dieu fait dire aux réfractaires à l’apôtre : « Suffisant pour nous est ce que nous avons trouvé suivi par nos pères.» (La Table Servie, v : 104) ou bien encore : « Nous avons obéi à nos chefs et aux grands parmi nous, et ils nous ont égarés loin du chemin.» (Les Factions, v : 67).

Cette religion exhorte en effet à la sincérité et met en garde contre l’hypocrisie comme l’énonce ce verset : « Ils sont emplis d’ostentation envers les gens, ils n’invoquent cependant guère Dieu.» (Les Femmes, v :142) ; comme elle interdit la divination ; ainsi d’après Anas, le Prophète a dit : « Ne jetez ni mauvais sort ni ne pratiquez la divination, c’est les bons augures que je préfère.» on lui demanda alors ce qu’est ces augures. A quoi il répandit : « Une bonne parole.» (Hadith faisant l’unanimité). (42)

La sorcellerie est aussi interdite par l’Islam, elle est même considérée unanimement comme un péché capital. Pour le Prophète (PS) par exemple, elle fait partie des 7 ignominies(43) comme le rapporte Abu Hurayra qui dit que le Prophète (P.S) a dit : « Evitez l’associationnisme et la sorcellerie.». (43)

L’Islam en outre, appelle les gens à combattre l’analphabétisme ; ainsi Ibn Sa’d, d’après ‘Amer al Cha’bi dit : « Le jour de la campagne de Badr, le Prophète (P.S) avait fait 70 prisonniers Quoraichites qu’il libérait en échange d’une rançon, chacun selon ses moyens. A l’époque les Quoraichites savaient écrire alors que les Médinois ignoraient cette technique. Le prisonnier qui ne pouvait réunir sa rançon était libéré à condition qu’il enseignât 10 enfants jusqu’à ce qu’ils eussent acquis les règles de l’écriture.». On rapporte d’ailleurs que Zaïd Ibn Tabith, un des secrétaires chargé de transcrire la Révélation, faisait partie de ces enfants formés par les Quoraïchites. C’est là la preuve que cette action du Prophète faisait partie d’une réelle stratégie ayant un suivi et non pas une action isolée et improvisée.

Cet apprentissage de l’écriture n’était pas le fait des hommes uniquement, mais s’était étendu aux femmes également. Ainsi Chifa’ fille de Abdellah avait appris à écrire à Hafsa fille de Omar …(45)

 

D. Les problèmes écologiques

 

Le système civilisationnel avec ses branches annexes entre en interaction avec les écosystèmes de l’environnement naturel à travers des réactions en chaînes complexes de la matière et de l’énergie qui agissent ou positivement ou négativement et donnent parfois lieu à des catastrophes naturelles avec lesquelles l’homme aura tendance à s’adapter en prenant des décisions d’ordre écologique pour les éviter comme le montre le tableau n°4.

Si l’homme n’intervenait pas en dépradateur sur les éléments du milieu rural, ce système se serait maintenu selon son équilibre où chacune des espèces vivantes agirait normalement sur les autres en subissant de son côté l’influence des autres. Si par ailleurs, ces espèces ne s’exposaient pas à des facteurs nouveaux et exceptionnels, elles établiraient entre elles un équilibre biologique naturel de sorte que chacune se serait maintenue dans une proportion raisonnable de sa population. L’action de l’homme donne parfois lieu à la multiplication d’une espèce qui constitue alors un danger pour les autres comme c’est le cas de la profusion d’un prédateur et la concurrence qui s’établit entre les espèces pour l’espace vital. Ainsi par exemple, hors équilibre écologique, un couple de mouches sur des immondices, de mars à septembre donne naissance à 191 billions de mouches transportant 6 millions de microbes pouvant provoquer jusqu’à 42 maladies chez l’homme, ou bien encore un couple de souris donne naissance en trois ans à 3,5 millions d’individus, et 15,6 millions en 5 ans.

 

Schéma 2. Le système écologique, ses relations fonctionnelles et ses résultats.

Les éléments du système naturel opèrent entre eux des relations interdépendantes complexes passant par d’innombrables étapes qui maintiennent la croissance des groupes vivants selon une proportion normale dans le cadre de l’ensemble du système naturel équilibré.

Mais l’être humain, dans son exploitation anarchique, rompt cette stabilité et cette harmonie. A titre d’exemple, par l’action de sa technologie et de son système économique visant à étendre les terres cultivables, son système social qui tient à élever le niveau de vie et à créer des emplois à cause de la croissance démographique ainsi que son système politique qui tente d’atténuer les monopoles internationaux et de défier le colonialisme en édifiant un grand barrage (cas de l’Egypte) l’homme agit sur son environnement naturel. Ainsi l’édification de barrage d’Assouan a eu des conséquentes aussi bien positives que négatives.

Parmi les conséquences positives nous pouvons citer :

1. La transformation des terres bourbes en terres irriguées,

2. L’électrification des villages se trouvant au bord du fleuve et sur le Delta et une plus grande industrialisation,

3. L’éxtension des champs de rizières,

4. Le fait de disposer de réserves d’eau et d’éviter ainsi au pays inondation et sécheresse.

Pour ce qui est des conséquences négatives, citons en autres :

1. L’augmentation du flux de la Méditerranée au nord du delta,

2. L’augmentation du flux du Nil au niveau de la rive droite et augmentation de la sédimentation sur la rive gauche,

3. La disparition du limon qui fertilisait en permanence les terres au bord du Nil,

4. L’augmentation du taux de désertification.

Les résultats de ce barrage ne peuvent être effectifs que s’ils sont accompagnés d’un programme qui lutte contre ses conséquences négatives et en amoindrit l’impact.

Nous trouvons un autre exemple dans les interactions du déboisement sur le cycle hydraulique et le système biologique. Si le déboisement a permis qu’on dispose de plus de terres cultivables il s’est malheureusement accompagné par les dangers suivants :

1. Erosion et affrètement du sol,

2. Augmentation des dépôts charriés par les eaux dans les zones déboisées (7.000 fois plus qu’avant).

3. Destruction des lieux où se reproduisent les poissons par les dépôts charriés par les eaux du fleuve,

4. Glissements de terrains.

Ainsi, les effets écologiques dus à une exploitation anarchique des ressources forestières sont énormes et leur prix dépasse de loin les bénéfices réalisés par les sociétés ayant organisé ce déboisement.

Une exploitation saine de la forêt passe par une réglementation ne permettant par exemple de déboiser une zone qu’à condition d’en reboiser un espace équivalent.

Citons enfin l’exemple des interactions du fluor du carbone avec l’atmosphère et dont les conséquences se sont manifestées par des effets néfastes sur la couche d’ozone qui subit la destruction alors qu’elle protège la terre des rayons ultraviolets. Cette nouvelle situation a provoqué sur terre un suréchauffement qui facilite l’évaporation des blocs de glace au pôle et par conséquent une élévation du niveau des mers et des océans qui commence à submerger les îles et les littoraux.

Certes, ce problème recommande des décisions en vue d’une réduction progressive de ce gaz (CFC) jusqu’à trouver le moyen de le remplacer par un autre non polluant.

Il convient d’attirer en outre l’attention sur le fait que les interactions du système écologique ne sont pas aussi simples que nous venons de les présenter à partir des exemples exposés plus haut. C’est que, la complexité des interdépendances des éléments dans des rapports enchevêtrés est telle que le système écologique, ce qui s’y passe et les transformations qu’il subit avec le temps, défient aujourd’hui la science et les savants. C’est certes là un réel défi ! En effet, notre système biologique comporte des centaines d’espèces vivantes qui subissent toutes l’influence du système écologique et des éléments qui le composent ainsi que celle des autres espèces. En outre, le nombre et la nature de ces espèces connaissent des transformations et, certaines composantes naturelles - comme la température, le sol et autres composants - subissant des changements saisonniers, voire quotidiens démontrent la complexité de l’environnement. Remédier donc aux problèmes écologiques nécessite certes des programmes de recherche de pointe fondés sur des informations justes et complémentaires. De même que les solutions à ces problèmes demeurent tributaires de la connaissance de leurs causes, de leur évolution et des rapports complexes qui les lient entre eux afin que ces solutions puissent être proposées aux institutions mondiales de l’environnement.

 

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