CHAPITRE PREMIER
LA NOTION D’ENVIRONNEMENT D’UN POINT DE VUE ISLAMIQUE
A. La notion d’environnement
L’Environnement se définit comme étant le milieu ou
l’espace où évolue l’être humain, comportant des
phénomènes naturels et civilisationnels(1) sur lesquels il
agit et dont il subit l’influence, lui permettant
d’assurer sa subsistance, son habitat son habillement, ses
soins et où il entretient par ailleurs des relations avec
ses semblables et les autres espèces qui vivent sur la
terre(2). Un éminent savant en matière d’environnement(3)
pense que l’environnement se constitue d’un certain nombre
de conditions et de matières ainsi que des interactions
qui se produisent à l’état où se trouve la vie.
- Les
conditions comportent les phénomènes climatiques
déterminés par la température, l’humidité et la lumière
ainsi que les phénomènes physiques comme l’attraction
terrestre.
- Les
matières renvoient à la constitution de la terre et ce
qu’elle contient comme sol, eaux, faune et flore …
- Les
interactions sont d’ordre physique, chimique et biologique
en relation avec la croissance des espèces vivantes.
Ces
interactions peuvent être ponctuelles comme celles
qu’entretient l’individu avec son milieu, ou bien
cycliques comme les cycles éolien et hydraulique. Les
zones d’interaction peuvent être délimitées comme elles
peuvent être aussi étendues à toute une sphère biologique
comme l’atmosphère où se concentrent les gaz,
l’hydrosphère comportant les richesses en eau de la terre
et la lithosphère constituée elle, de la croûte terrestre.
En d’autres termes, l’environnement comporte les trois
dimensions: écologique, socio-économique et culturelle
(système des valeurs) c’est pourquoi, en réalité, l’homme
vit dans un environnement formé de trois domaines(4) qui
interagissent, influent les uns sur les autres.
Le domaine biologique
C’est le
milieu naturel que Dieu a créé et où l’homme représente
une espèce vivante parmi tant d’autres.
Le domaine conçu par l’homme
Il
comporte tout ce que l’homme a réalisé et conçu dans son
environnement.
Le domaine social
Il
s’agit là des systèmes qui organisent la vie
socio-économique des êtres humains comme leurs traditions,
leurs institutions administratives, législatives et
socio-économiques.
L’environnement est en outre considéré comme formant un
système fonctionnel, dont les éléments organiques ou non,
complémentaires et interdépendants interagissent. Ce
système dispose de ressources et de réserves ainsi que
d’énergies et de matières essentielles qui fonctionnent
d’une manière naturelle. Mais quand l’équilibre écologique
est perturbé par l’action de l’homme, l’écosystème tendra
d’abord à s’auto-rééquilibrer. Ainsi par exemple, par
alternance, la flore aura tendance à générer une
population végétale stable selon les énergies dont elle
dispose. Cette stabilité dans le système écologique
traduit par ailleurs l’équilibre dynamique entre les
ressources énergétiques et la matière ainsi qu’entre leurs
productions.
A partir
de cette définition, l’environnement se constitue des deux
systèmes (5) que sont l’environnement naturel et
l’environnement civilisationnel.
L’environnement naturel
Il
comprend le sol, l’eau et les gaz ainsi que la faune, la
flore et les diverses relations naturelles qui résultent
des interactions entre les éléments du système naturel où
évolue la créature humaine.
L’environnement civilisationnel
On
entend par là les systèmes conçus par l’homme dans son
milieu naturel comme l’organisation de la cité et du monde
rural tels que : l’habitat, les rues, les centres
industriels, le technologie, l’agriculture, les
institutions sociales et économiques ainsi que toutes les
activités visant à assurer les besoins de l’homme dans sa
vie, mais aussi tous les moyens auxquels il recourt pour
résoudre les problèmes résultant des rapports qu’il
entretient avec son milieu naturel.
Il est
bien difficile, voire impossible, d’établir une
distinction entre ces deux environnements. L’homme en
effet, depuis qu’il est apparu sur terre et à travers les
différentes étapes de l’évolution de sa civilisation, n’a
pas manqué d’influer sur la majorité, sinon sur tous les
systèmes naturels dans les rapports qu’il a entretenus
avec eux et par les transformations qu’il leur a fait
subir. En contre partie, et en tant que créature
organique, l’être humain compte sur les différentes
ressources de l’environnement pour assurer ses besoins
vitaux tels que la lumière, la température, l'habitat,
l'eau la nouriture, l’air etc.
B. Les éléments constitutifs du
système naturel
Partant
du fait que la terre est une planète, nous pouvons
considérer qu’elle forme un macro-système qui se subdivise
en un ensemble de quatre micro-systèmes que sont : la
lithosphère, l’atmosphère, l’hydrosphère et la biosphère.
Chacun de ces écosystèmes essentiels se compose à son tour
d’autre systèmes interdépendants et interactifs, comme le
montre le graphique ci-dessous :

Schéma
N°1. Interactions des éléments du système naturel
1. La lithosphère
Ce système comporte la croûte terrestre et le manteau
continental(6) où vit l’homme et avec le quel il entre en
interaction. La profondeur de cette croûte est de quelques
mètres ou parfois quelques centaines de mètres et c’est là
qu’on trouve la plupart des minerais à part quelques puits
artésiens dont la profondeur atteint jusqu’à 8.000 m.
Le Créateur, dans Sa toute puissance, en destinant la
terre à l’être humain l’a conçue de manière à ce qu’elle
convienne à sa vie. Dieu a donc fait pousser arbres et
cultures, fait couler les fleuves, a fait briller le
soleil et la lune et a fait succéder le jour et la nuit.
Il a ensuite doté l’homme d’un esprit pour que celui-ci
domine la nature et la mettre à son service, comme cela
est énoncé dans le Coran : « N’avons-Nous pas disposé la
terre telle une couche et les montagnes telles des pieux ?
Nous vous avons créés par groupes. Nous avons fait de
votre sommeil une pause. Nous avons fait de la nuit une
pause. Nous avons fait de la nuit un voile. Nous avons
fait du jour le temps de la vie. Nous avons édifié sur
vous sept cieux inébranlables. Nous avons placé là un
flambeau éblouissant … » (L’Annonce, v : 6-13).
La terre a été créée par Dieu qui dit à ce propos : « Je
ne les ai point pris comme témoins lors de la création des
cieux et de la terre, ni lors de leur propre création, et
Je n’ai pas pris comme aide ceux qui s’égarent.» (La
Caverne, v : 51).
Dieu dit qu’Il a aussi créé l’homme de la terre d’argile
…, « d’une argile de boue croupie », puis Il lui insuffla
une âme. L’homme et la terre donc ont les mêmes
composantes de la vie, en d’autres termes les éléments de
cette même croûte terrestre sur laquelle nous évoluons. En
effet, la science aujourd’hui a établi que le corps humain
se compose tout comme cette croûte terrestre de 16
éléments(7) dont l’oxygène et le magnésium. C’est pourquoi
Dieu a interdit aux hommes d’agir en déprédateur sur terre
en leur disant :
« Ne semez pas le scandale sur la terre après réforme de
celle-ci » (Les A’raf, v : 56).
« Si vous tournez le dos, vous sera-t-il possible de semer
le scandale sur la terre et de rompre vos liens du sang.»
(Mohammad, v : 22).
« Ils s’évertuent à semer le scandale sur la terre alors
que Dieu n’aime pas les déprédateurs. » (La Table servie,
v : 64).
L’homme, dont les techniques se sont développées
aujourd’hui bien plus que sa conscience et son esprit
pondéré, ne cesse d’agresser la lithosphère(8) où il
laisse de grandes béances. Il ne cesse d’y étendre ses
constructions, d’éroder le sol et de le déboiser,
provoquant ainsi le phénomène de désertification, et de
prospecter les richesses du sous-sol sans prendre la peine
de le niveler et de le reconstituer.
2. L’hydrosphère
Elle se compose des richesses de la terre en eau aux états
gazeux, liquide et solide, que cette eau soit
atmosphérique, terrestre ou souterraine. (9)
L’eau est citée 63(10)fois dans le Coran où elle est
classée sous les thèmes ci-dessous :
- L’eau, premier élément existant sur la terre.
Dieu dit : « C’est lui qui, alors que son trône était sur
les eaux, a créé les cieux et la terre » (Hud, v : 7).
Par ailleurs, le Prophète (P.S) dit : « Dieu était seul et
il n’y avait rien sur la terre. Son trône était sur l’eau,
puis il créa les cieux et la terre et a consigné dans sa
révélation toute chose.» (Rapporté par Tirmidhi).
- L’eau est essentielle à toutes les espèces.
Dieu dit : « De l’eau, nous avons fait toute chose
vivante.» (Les Prophètes, v : 30).
La recherche scientifique a établi que le corps humain est
de 70 % composé d’eau. Chaque fois que cette proportion se
réduit, ce corps s’expose à la maladie et une fois que ce
taux atteint 20 % il s’expose à la mort.(11) Dieu nous
rappelle cette vérité dans ce verset : « C’est Lui qui, de
l’eau a créé un mortel et a tiré de celui-ci une
descendance des deux sexes. » (La Salvation, v : 54).
- L’eau est la cause de la germination de toute chose.
Dieu dit : « C’est Lui qui fait descendre une eau du ciel.
Par celle-ci Nous avons suscité la végétation de toute
chose » (Les Troupeaux, v : 99).
« Nous avons fait descendre une eau du ciel, et avons fait
pousser (sur la terre) toutes sortes de (plantes par)
couples précieux » (Loqman, v : 10) ;
- L’eau est à l’origine de la diversité des végétaux sur
la terre.
Dieu dit : « C’est lui qui a fait descendre du ciel une
eau dont vous tirez de quoi boire et dont (vivent) des
arbustes où est une nourriture par Nous donnée (à vos
troupeaux). Par (cette eau) Il fait pousser pour vous les
céréales, l’olivier, le palmier, la vigne et toutes sortes
de fruits. En vérité, en cela est certes un signe pour un
peuple qui réfléchit » (Les Abeilles, v : 10-11) ; ainsi
que : « N’as-tu point vu que Dieu a fait descendre du ciel
une eau par laquelle Nous avons fait sortir des fruits de
diverses espèces » (Créateur ou les Anges, v : 27).
- L’eau est un moyen permettant d’assurer son gagne pain.
Dieu dit : « Il a fait descendre du ciel une eau par
laquelle il a fait sortir (toutes sortes) de fruits en
attribution pour vous » (La Génisse, v : 22).
- L’eau est une ressource potable.
Dieu dit : « Avez-vous considéré l’eau que vous buvez ?
Est-ce que vous l’avez précipitée des nuages ou
sommes-Nous celui qui l’a précipitée ? Si Nous l’avions
voulu, Nous en aurions fait une eau saumâtre.
Que ne [Nous] en êtes-vous reconnaissants ? » (L’Echéante,
v : 68-70).
- L’eau en tant qu’élément et force venant à notre secours
pour nous faire rappeler l’existence de Dieu.
Dieu dit : « Quant le dommage vous touche sur la mer, loin
de vous sont les divinités que vous priez ; exception
faite pour Lui » (Le Voyage Nocturne, v : 67).
« Et les hôtes de l’Enfer crieront aux hôtes du paradis :
« Répandez sur nous l’eau et de ce que Dieu vous a
attribué » (Les A’raf, v : 50), ainsi que : « A Lui
l’appel de la vérité, et ceux qui prient (une divinité) en
dehors de Lui ne seront pas plus exaucés par Lui que l’eau
ne parviendra à la bouche de l’homme qui, (simplement),
tend ses paumes vers elle alors qu’elle ne saurait (seule)
parvenir à sa bouche » (Le Tonnerre, v : 14).
- L’eau est une promesse et une menace.
Dieu dit : « Dis : - Quel est votre avis ? Si l’eau dont
vous disposez se perd (en terre) qui donc sinon Dieu vous
donnera une eau pure » (La Royauté, v : 30) ; ainsi que :
« Nous avons fait descendre du ciel une eau en quantité
(définie) et nous l’avons maintenue (à la surface de la
terre) alors que Nous avions pouvoir de l’emporter » (Les
Croyants, v : 18).
- L’eau est sources de peur et d’espoir.
Dieu dit : «C’est lui qui nous fait voir dans l’éclair
crainte et espoir, et Il crée les nuages lourds. (Le
tonnerre, v : 12).
«Et il est de Ses signes de vous faire voir l’éclair avec
crainte et avidité et de faire descendre du ciel, l’eau
dont ensuite Il donne vie à la terre une fois morte. (Les
Byzantins v : 24)
- Les hommes ont besoin de stocker l’eau le long de
l’année dans des puits et des sources.
Dieu dit : « Nous avons fait descendre du ciel une eau en
quantité définie et Nous l’avons maintenue à la surface de
la terre alors que nous avions pouvoir de l’emporter »
(Les Croyants, v : 18).
« Nous y (la terre) avons placé des jardins avec des
palmiers et des vignes et y avons fait jaillir des sources
» (Yasin, v : 34).
« Nous avons déversé du ciel une pluie abondante et pour
lesquelles (les générations) nous avons créé des rivières
coulant à leurs pieds » (Les Troupeaux, v : 6).
- L’eau provoque la mort.
Dieu dit : « Nous ouvrîmes alors les portes du ciel à une
eau torrentielle ; Nous fîmes jaillir la terre en sources
et les deux flots se joignirent selon un ordre dérété »
(La Lune, v : 11-12).
« Traverse la mer béante : les gens de Pharaon sont une
armée qui va y être engloutie » (La Fumée, v : 24).
- L’eau est source de châtiment le jour de la
résurrection.
Dieu dit : « Il est promis à la Géhenne. Il sera abreuvé
d’une eau fétide ».
« Comme ceux qui sont abreuvés d’une eau bouillante qui
leur dévorera les entrailles » (Mohammad, v : 15).
- L’eau est un moyen de reproduction.
Dieu dit : « Que l’homme considère de quoi il a été créé !
Il a été créé d’un liquide éjaculé qui sort d’entre les
lombes et les côtes. En vérité, il sera certes capable de
le ressusciter » (L’Astre Nocturne, v : 5-8).
- L’eau en tant que moyen de transport :
Dieu dit : « Allah est celui qui vous a soumis la mer pour
qu’y vogue le navire, sur Son ordre pour que vous
recherchiez un peu de Sa faveur. Peut-être serez-vous
reconnaissants » (L’Agenouillée, v :12).
- L’eau, source de nourriture :
Dieu dit : « Licites ont été déclarés pour vous le gibier
de la mer et la nourriture qui s’y trouve : jouissance
pour vous et pour les voyageurs » (La Table Service, v :
96).
« Les deux mers ne sont point identiques (l’eau de)
celle-ci est potable douce, agréable à boire, alors que
l’eau de celle-là est saumâtre, non potable. De chacune,
vous pêchez une chair fraîche que vous mangez. Vous en
tirez des joyaux que vous portez sur vous » (Créateur ou
les Anges, v : 12).
- L’eau en tant qu’annonce de bien, de clémence, de pureté
et de bénédiction pour les hommes :
Dieu dit : « C’est Lui qui a déchaîné les vents comme
annonce précédant Sa miséricorde. Nous faisons descendre
du ciel une eau pure » (La Salvation, v : 48).
« Il fait descendre sur vous une eau du ciel pour vous
purifier » (Le Buttin, v : 11).
« Nous avons fait descendre du ciel une eau bénie et,
grâce à elle, fait pousser des jardins et le grain qu’on
moissonne » (Qaf, v : 9).
- L’eau efface forfaits et péchés :
Abu Hurayra rapporte que le Prophète (P.S) a dit : «
Lorsque le pieux fidèle accomplit ses ablutions, en se
lavant le visage, il aperçoit dans l’eau (ou plutôt dans
la dernière goutte) toute erreur qu’il aurait commise,
puis en se lavant les mains, il sort de cette eau ou
plutôt avec la dernière goutte toute agression qu’il
aurait commise et enfin en se lavant les pieds il sort de
cette eau ou plutôt de la dernière goutte tout forfait
commis par ses pieds. Puis il continue ses ablutions
jusqu’à ce qu’il en sorte purifié de tout péché »
(Rapporté par Muslim). (12)
Comment toutes ces fonctions dont s’acquitte l’eau ne
parviennent-elles pas à faire prendre conscience à l’homme
quant à l’importance du dépôt dont il a la charge ?
Comment cet homme ne médite-t-il pas et ne réfléchit-il
pas sur les conséquences de la pollution des ressources
aquatiques qui le menace dans sa santé actuelle et à venir
? Dieu dit en effet : « Non ! ce ne sont point les yeux
qui sont aveugles, mais ce sont les cœurs dans les
poitrines qui sont aveugles » (Le Pèlerinage, v : 46) ;
ainsi que : « Ils ont des cœurs avec lesquels il ne
comprennent point ! » (Les A’raf, v : 179).
3. L’atmosphère
La terre est entourée d’une couche atmosphérique où sont
concentrés les gaz, principalement l’azote et l’oxygène.
Cette couche s’étend sur des centaines de km par dessus la
surface de la terre. L’épaisseur s’en réduit chaque fois
qu’on s’élève en altitude. L’atmosphère se compose de
trois sphères interdépendantes :(13)
a- La troposphère : C’est la partie (la couche) inférieure
de l’atmosphère et s’élève sur 12 km environ de la surface
au sol. C’est dans cette zone qu’ont lieu la plupart des
transformations atmosphériques que nous percevons
quotidiennement. La température y diminue avec l’altitude
et c’est là que se concentrent l’eau évaporée, l’oxygène
et le dioxyde du carbone.
b- La stratosphère : Elle est au-dessus de la troposphère
et s’étend de 12 à 80 km au dessus de la surface de la
terre. Cette zone se caractérise par l’absence des
tempêtes et des différentes perturbations ainsi que par la
présence d’une couche d’ozone qui protège la terre des
rayons ultra-violets.
c- L’ionosphère : Elle se trouve au dessus de la
stratosphère à hauteur de 80 jusqu’à 360 km ou plus. Les
gaz, dont l’hydrogène et l’hélium principalement, y sont
légers. Dieu dit à cet effet : « Il a décrété les sept
cieux créés en deux jours et, à chaque ciel, il fixa son
état par révélation » (Elles ont été rendues
intelligibles, v : 12).
« Dieu est celui qui a créé sept cieux et autant de terres
» (La Répudiation, v : 12).
« Lui qui a créé les sept cieux superposés » (La Royauté,
v : 3).
« Les sept cieux l’exaltent ainsi que la terre et ceux qui
s’y trouvent.» (Le Voyage Nocturne, v : 44).
« … Puis il se tourna vers la voûte céleste pour la
façonner harmonieusement en sept cieux » (La Génisse, v :
29).
« Votre Seigneur est Dieu qui créa les cieux et la terre
en six jours, puis s’assit en majesté sur le Trône » (Les
‘ A’raf, v : 54).
La partie inférieure de l’atmosphère, en plus de divers
gaz, de vapeur d’eau, de certaines particules, de l’air
sec non pollué, composé de plusieurs gaz dont 87 %
d’azote (nitrogène), 21 % d’oxygène, 9 % d’argon ; le
reste étant constitué du dioxyde du carbone, du néon, de
l’hélium, de l’hydrogène, du métane et d’autres gaz.
Ajoutons à cela l’eau évaporée et les groupuscules
visibles à l’œil nu comme vu plus haut et dont la
concentration varie d’une zone à l’autre. Ainsi ces
groupuscules sont plus nombreux dans la partie inférieure
que dans la partie supérieure et connaissent une
concentration plus importante dans les régions
désertiques, surtout à l’occasion de certains vents
saisonniers comme « Al Khamssin ».
Cette atmosphère entourant la croûte terrestre a pu être
maintenue stable dans ses proportions constitutives en
dépit de l’activité biologique sur terre. L’homme, ainsi
que les autres espèces vivantes, absorbent de l’oxygène et
rejettent du dioxyde de carbone. Les plantes, par
photosynthèse, absorbent le carbone et rejettent dans
l’air de l’oxygène. Si le pourcentage du dioxyde de
carbone venait à augmenter(14), le surplus se diluerait au
niveau des surfaces aquatiques, dans les sulfates de
calcium, puis réapparaîtraient sous forme des carbonates
formant des roches calcaires. Toutes ces interactions
naturelles connues sous le nom de cycle de l’oxygène se
produisent selon un équilibre où l’oxygène a pu préserver
une composition stable pendant des millénaires. A partir
de cette harmonie parfaite, Dieu le Tout puissant, nous
exhorte à méditer la création des cieux et à réfléchir
sur ce miracle en disant :
« Etes-vous plus ardus à créer le ciel qu’il a édifié ? Il
en a élevé la voûte qu’il a établie harmonieusement »
(Celles qui Tirent, v : 17-18).
« Nous n’avons pu créer le ciel, la terre et ce qui est
entre eux, en jouant » (Les Prophètes, v : 16).
« Nous avons fait du ciel une voûte protégée (mais), de
nos signes, ils se détournent » (Les Prophètes, v : 32).
« Nous n’avons pas créé le ciel, la terre et ce qui est
entre eux, à la légère » (Sad, v : 27).
Mais depuis que l’homme a découvert le feu et a commencé à
utiliser les différentes sources d’énergie, jusqu’à la
révolution industrielle, une proportion extraordinaire de
gaz et autres produits a commencé à se propager dans
l’air, y provoquant ainsi la rupture de cet équilibre
naturel que Dieu a conçu pour les couches atmosphériques.
Celui-ci fait dire à ceux qui méditent la créations des
cieux et de la terre : « Seigneur, Tu n’as point créé ceci
vainement. Gloire à Toi ! Préserve-nous donc du tourment
du feu » (La Famille de Imran, v : 191).
4. La biosphère
C’est la zone qui comporte tous les aspects de la vie
animale et végétale sur la terre et les parties couvertes
d’eau(15). Ce sont les facteurs climatiques, les variétés
du sol et les disparités qu’il présente qui
participent(16)à la formation de nombreux écosystèmes dont
l’interaction est source d’une vie animale et végétale
intense.
Toute la vie de l’homme ainsi que celle des autres espèces
dépend du patrimoine végétal. Ainsi, notre alimentation se
constitue par exemple de blé, de maïs, de pomme de terre,
de riz … Dieu dit : « Nous avons fait descendre du ciel
une eau bénie et, grâce à elle, fait pousser des jardins
et le grain qu’on moissonne » (Qaf, v : 9).
« Par cette eau, Il fait pousser pour vous les céréales,
l’olivier, le palmier, la vigne et toutes sortes de fruits
» (Les Abeilles, v : 11).
« Quoi ! n’ont-ils pas vu la terre, combien Nous y fîmes
croître toute espèce profitable ? » (Les Poètes, v : 8).
Nous nous nourrissons aussi des produits des animaux dont
l’existence dépend de la végétation. Par ailleurs, le
bien-être que nous recherchons dans la chaleur de nos
habitations et à partir de nos unités de production a pour
origine le charbon obtenu à partir du bois des forêts, ou
bien du pétrole qui n’est quant à lui que des fossiles
géologiques de végétaux et d’animaux. Le bois avec quoi
nous fabriquons notre mobilier, la soie, le coton et le
lin qui nous servent à satisfaire nos besoins
vestimentaires et tant d’autres produits, nous n’aurions
pu les acquérir sans l’existence de la végétation.
Parmi les diverses richesses qui constituent le patrimoine
forestier, nous pouvons citer tout ce que l’homme est en
mesure d’obtenir en plus du bois d’ébénistrie et du bois
de chauffage. Aujourd’hui l’homme produit à partir des
forêts : acides, colle, alcools, fourrage, tissus,
colorants, asceptiseurs, huiles, papier, matières
plastiques, médicaments, insecticides etc. Produits que
certains estiment dépasser les 4.000(17) produits finis
qu’en peut obtenir directement ou indirectement des
forêts.
Les forêts sont de véritables poumons pour notre planète,
car elles œuvrent à préserver intactes les proportions des
gaz accumulés dans l’atmosphère et participent dans une
large mesure à la formation des pluies.(18) On a pu
découvrir à ce sujet que la quantité des précipitations a
diminué ces vingt six dernières années de 24% avec
l’extraordinaire déboisement des forêts Colombiennes.
La faune
La richesse et l’abondance des animaux constitue une
réserve que l’homme utilise aussi bien pour son
alimentation et son habillement que pour ses travaux et
son transport. Dieu dit dans son Livre :
« Les chameaux ont, par lui, été créés pour vous. Pour
vous s’y trouvent vêtures et utilités et nourriture dont
vous mangez » (Les Abeilles, v : 5).
« Il a créé le cheval, le mulet, l’âne pour que vous les
montiez et comme apparat » (Les Abeilles, v : 8).
Il y a là une grande variété d’animaux terrestres que
l’homme ne cesse d’exploiter directement ou indirectement.
Ainsi, la gazelle, le verrat que nous trouvons dans les
régions montagneuses du Maghreb, et de la presqu’île
arabique, en Tunisie et en Algérie, le renard, l’hyène, le
jaguar et le lynx ainsi qu’un nombre considérable
d’espèces d’oiseaux et de volatiles deviennent de plus en
plus rares.
Toutes ces espèces ont été décimées par l’homme soit par
la chasse sauvage, soit d’une manière indirecte lorsqu’il
agresse l’environnement dans lequel ces animaux se
reproduisent et se nourrissent ou lorsqu’il en transforme
de larges surfaces en terres agricoles ou en pâturage pour
ses animaux domestiques. Ce qui n’a pas par ailleurs
manqué de réduire cette diversité biologique et de rompre
cet équilibre écologique tel que Dieu l’a créé.
Les ressources aquatiques
Cette richesse subvient à de nombreux besoins de l’être
humain. Du milieu aquatique, il obtient le sel pour son
alimentation, il en tire les sels minéraux comme le
chlorure de magnésium, les sulfates de potassium et de
calcium ainsi que des pierres précieuses tels les perles
et le corail comme le spécifie Dieu dans son Livre : «
C’est Lui qui a assujetti la mer pour que vous mangiez une
chair fraîche issue d’elle et en tiriez des joyaux que
vous portez » (Les Abeilles, v : 14).
L’homme tire une eau des océans, devenue potable grâce à
ses usines de dessalement. La mer constitue en outre une
aire de repos et de tourisme. Vingt-cinq pour cent de la
population mondiale vit sur le littoral et la pêche
représente 44 % de leur activité économique.(19) En outre,
les mers et les océans recèlent des puits de pétrole et de
gaz naturel assez importants. Des statistiques établis en
1992 ont estimé à 36,5 billions de tonnes de pétrole(20)
et à 21,4 trillions de tonnes de gaz naturel extraits de
ces puits. Ajoutons à toutes ces potentialités l’énergie
électrique générée par les forces des vagues et des
marées. Cependant, l’homme a tellement gaspillé ces
richesses que la production poissonnière par exemple s’en
est trouvée réduite d’une manière alarmante. Nous n’en
voyons comme exemple que la disparition des langoustes des
côtes du Golfe. Mers et océans connaissent une pollution
due aux déchets rejetés par l’homme telle qu’on ne peut
que leur appliquer ce que Dieu dit dans le chapitre « Les
Romains » au verset 41 : « A cause de ce qu’ont accompli
les mains des hommes, la dépradation est apparue sur terre
et sur mer ». L’environnement marin est aujourd’hui menacé
et ce sont les enseignements de l’Islam qui peuvent
aujourd’hui le préserver et le protéger de la pollution et
de l’épuisement de ses ressources pour qu’il continue à
s’acquitter de la fonction pour laquelle Dieu l’a créé.
L’interdépendance de l’ensemble des éléments du milieu
biologique est telle que tout ce système en subit
l’influence. Ainsi par exemple, la température, qui n’est
qu’un élément du système aquatique, participe à la
formation de la vapeur d’eau qui s’élève sous forme de
nuages dans l’atmosphère et que le vent transporte des
zones de haute pression aux zones de basse pression et qui
retombent sous forme de pluies sur le sol. La température,
d’autre part, détermine le genre de végétation ; lorsque
par exemple nous avons, dans une région, une température
élevée et que les pluies tombent en abondance, il en
résulte des forêts équatoriales autour de l’équateur où se
développe un écosystème où la faune à son tour constitue
un système biologique en relation avec les autres
éléments. L’homme intervient sur ce système avec son
activité technologique et ses systèmes civilisationnels
pour l’influencer à son tour et subir son influence.
C. Les composantes de l’environnement civilisationnel
Cet environnement se compose de cinq éléments essentiels :
1. Le système technologique
2. Le système social
3. Le système politique
4. Le système économique
5. Le système culturel.

Schéma 2. Les éléments du système civilisationnel
1. Le système technologique
Par technologie, on entend aujourd’hui l’utilisation des
connaissances scientifiques, leur application dans
l’exploitation des ressources naturelles d’une part et
d’autre part, dans la résolution des problèmes écologiques
en d’autres termes les moyens que l’homme projette de
mettre en application pour restituer à l’environnement son
équilibre naturel.
Par ailleurs, sciences et techniques aujourd’hui
entretiennent des relations de complémentarité. Ainsi,
tout développement scientifique se traduit par des
nouveautés technologiques qui de leur côté, vont
participer au développement de la science. En outre, les
intervalles(21) séparant une découverte scientifique et
son application au niveau technique se réduisent de plus
en plus. Si 112 ans séparent la découverte de la
photographie et sa traduction technique, il en a fallu 26
à la télévision, 35 à la radio, 15 au radar, 5 au
transistor et 3 seulement pour les circuits intégrés. Ce
phénomène nécessite d’une part, qu’on s’intéresse aussi à
la dimension humaine du progrès, car l’homme se trouve
emporté par la mouvance technologique et que soient
d’autre part, conçues des solutions aux problèmes
écologiques autres que celles traditionnelles et qui
soient effectivement au service de l’homme et de son
développement harmonieux.
Rôle de la technologie dans les interactions écologiques
La technologie imprègne tellement les sociétés humaines et
occupe une place telle dans leur vie quotidienne qu’il
devient aujourd’hui impossible de revenir en arrière afin
de remédier aux dégâts écologiques consécutifs à l’emploi
de cette technologie dans l’industrie et l’agriculture.
Bien au contraire, l’homme ne cesse de développer cette
technologie et à la rechercher pareil en cela à un
drogué(22) en état de manque.
- A première vue, certaines découvertes technologiques
paraissent tout à fait bénéfiques et loin de susciter
quelque mal que ce soit, mais avec le temps, il apparaît
qu’elles occultaient des conséquences néfastes comme c’est
la cas par exemple pour la découverte des dérivées du CFC
(Chlorure du fluor et du carbone) dont on ne se doutait
pas des agressions qu’ils allaient provoquer sur la couche
d’ozone.
- Par ailleurs, si les technologies contemporaines sont
apparues comme une véritable solution à tous les problèmes
industriels, sociaux et même écologiques, l’expérience
elle, a plutôt montré que les problèmes de l’environnement
découlent des interactions de l’homme et surtout de sa
technologie avec son milieu naturel et que en définitive,
les solutions durables et effectives résident dans les
relations qu’entretiennent l’homme et sa technologie avec
l’environnement. C’est pourquoi d’ailleurs, l’Islam
exhorte à la quête de la science et à son utilisation
d’une manière fonctionnelle, mais aussi responsable et
consciente : « Sache qu’il n’est nulle divinité excepté
Dieu, de ton péché, demande pardon pour les croyants et
les croyantes » (Mohammad, v : 19).
La science est effectivement omniprésente et s’impose à la
vie de l’homme le long de toute son existence, mais son
point de départ commence par la crainte du Dieu unique qui
dit : « Seuls les savants redoutent Dieu parmi Ses
serviteurs » (Créateur, v : 28).
Aussi, l’Islam incite-t-il à une conscience scientifiqe
qui se fonde sur les éléments suivants :(23)
- Rejet de toute assertion non fondée sur une preuve
conformément aux paroles de Dieu : « Donnez votre
probation si vous êtes sincères » (Les Fourmis, v : 64).
L’argument ou la preuve ici peut être ce qu’on obtient par
la contemplation ou par l’expérience, Dieu dit à cet égard
: « Apportez-moi une écriture antérieure à celle-ci ou
quelque trace d’une science, si vous êtes véridiques »
(A-Ah qâf, v : 4).
- Rejet de toute présomption concernant un sujet qui
recommande la certitude et une science sûre. Le Coran,
répondant aux allégations des mécréants lorsqu’ils parlent
de leur idoles, dit : « Ils n’ont sur ce point nul savoir.
Ils ne suivent que [leur] conjecture : la conjecture ne
tient lieu de rien contre la vérité » (L’Etoile, v : 27).
- Exclusion des passions et des considérations
personnelles au profit de la neutralité et de
l’objectivité ; Dieu dit en effet à Son prophète (P.S) : «
S’ils ne t’exaucent point, sache qu’ils suivent seulement
leurs penchants pernicieux ! Or, qui donc est plus égaré
que celui qui suit son penchant, sans direction de Dieu ?
Dieu ne dirige point le peuple des injustes » (Le Récit, v
: 50).
- Rejet de la léthargie de l’esprit et du conformisme quel
qu’il soit, que ce soit aux ancêtres et aux traditions ou
à une élite et aux puissants ; au point où le Coran dit :
« Il répondent : « - Non ! nous suivons la coutume que
nous avons trouvé être celle de nos pères » Eh quoi ! et
si leurs pères n’avaient en rien raisonné et s’ils
n’avaient pas été dans la bonne direction ? » (La Génisse,
v : 170).
- Incitation à la réflexion et à la méditation comme nous
y exhorte Dieu en ces termes : « Eh quoi ! n’ont-ils point
considéré le royaume des cieux et de la terre, ainsi que
toute chose créée par Dieu ? » (Le A’raf, v : 185).
Cette méditation concerne même l’introspection que doit
opérer l’être humain sur lui-même : « Et c’est en
vous-mêmes. Que ne vous en rendez-vous pas compte ? » (Les
Vents, v : 21) ainsi que la méditation de l’Histoire de
l’humanité et le devenir des sociétés humaines, car Dieu
dit : « Le sort traditionnel [imparti aux impies] avant
vous s’est accompli. Allez donc sur la terre et considérez
quelle fut la fin de ceux qui crièrent au mensonge.» (La
Famille de ‘Imran, v : 137).
De son côté, le Prophète (P.S) n’a pas manqué d’exhorter
les gens à la quête de la science tant par la recherche
que les voyages. Ainsi, d’après Anas – que Dieu soit
satisfait de lui – le Prophète a dit : « Celui qui voyage
en quête de la connaissance sera toujours dans la voie de
Dieu jusqu’à son retour.» (Propos rapporté par Tirmidhi
qui dit que ce hadith est bon (hassan). Abu-l-Darda’
rapporte qu’il a entendu le Prophète dire : « Celui qui
emprunte le chemin du savoir, Dieu le lui facilite et lui
ouvre une voie jusqu’au paradis. Les anges le protègent
par leurs ailes et bénissent son action. Toutes les
créatures de la terre et du ciel, même les poissons,
demandent pardon à Dieu pour lui. La supériorité du savant
sur ses semblables est pareille à celle de la lumière de
lune sur les autres astres. Les savants sont les héritiers
des prophètes, à qui n’ont été légués ni dinar ni dirham,
mais plutôt la science. Celui qui en hérite aura hérité la
plus grande part.» (Rapporté par Abu Daoud et
Tirmidhi).(24)
En conclusion, il va sans dire que nous sommes appelés
chaque fois que nous opérons un transfert de technologie,
à maîtriser celle-ci et de l’adapter à notre réalité
régionale tout en veillant à éviter au maximum les méfaits
qu’elle causerait à l’environnement. Nous devons
également, en opérant ce transfert, prendre en
considération les conditions démographiques, économiques
et sociales que connaît notre milieu spécifique.
2. Le système social
Par environnement social, (25) on entend l’espace où se
réunissent individus et collectivités ainsi que leurs
interactions respectives et les modes de rapports, appelés
généralement systèmes sociaux, que les individus et les
collectivités qui composent la société entretiennent entre
eux. La consolidation de ces rapports varie selon le degré
d’urbanisation. Ainsi, ces relations seront consolidées et
privilégiées grâce à leur simplicité dans des
agglomérations rurales comme les villages et les petites
collectivités locales, mais elles perdront toute la
dimension humaine pour ne se fonder que sur l’aspect
économique déterminé par les intérêts personnels en milieu
fortement urbanisé.
Simples et faciles à entretenir en milieu rural, ces
rapports deviendront donc plus complexes en milieu urbain
parce que déterminés chaque fois par leurs us et coutumes
respectifs. Harmonieux dans le premier milieu, ils le
seront beaucoup moins dans le deuxième, que ce soit au
niveau de leurs coutumes et de leurs cultures ou de leurs
traditions et de leurs valeurs morales.
- Cependant, dans les sociétés rurales, il peut arriver
que la simplicité des rapports constitue un obstacle à la
mise en valeur des ressources naturelles et au
développement et que le renouveau et le changement se
confrontent au conformisme social de ces collectivités.
D’un autre côté, dans toute société, les
antagonismes(26)entre populations indigènes et allogènes
peuvent entraver le développement économique et
l’exploitation effective des ressources naturelles.
En outre, la position sociale(27) de l’individu lui impose
parfois certaines fonctions sociales parce qu’il répugne à
en exercer d’autres (comme par exemple le refus des
nomades jadis de s’adonner à l’agriculture et celui des
nubiens aujourd’hui d’accomplir le travail artisanal).
- Par conséquent, la mise en application des projets
écologiques régionaux doit s’accompagner d’une
connaissance parfaite d’une part, des modes de relations
sociales établis entre les individus, et d’autre part, des
systèmes sociaux dans leur interdépendance et dans leur
réciprocité fonctionnelle. Il est en outre nécessaire,
pour la réussite de ces projets, d’y gagner les chefs
locaux traditionnels, car ils ont une vaste connaissance
des affaires de leur région et de leur société.
L’Islam a appelé les gens à un système social fondé sur
l’entraide et la coopération. Le Prophète (P.S) dit : «
Les croyants dans leur affection réciproque, sont
semblables à un seul corps : lorsqu’un organe souffre,
c’est tout le corps qui s’en ressent par la fièvre et
l’insomnie », ainsi que : « Les croyants sont comme un
édifice bien construit dont les parties se soutiennent ».
Cette entraide a d’autre part comme fondement la piété
comme le spécifie le Coran : « Le plus noble d’entre vous,
aux yeux de Dieu, est [néanmoins] le plus pieux » (Les
Appartements, v : 13), mais aussi, l’œuvre bénéfique et
profitable à soi-même et aux autres et qui développe
harmonieusement la production.
Il découle de ce qu’on vient de voir qu’il est nécessaire,
à la conception d’un projet de développement d’une région,
de compter avec les réalités sociales du milieu et
d’étudier tous les impacts de ce projet sur les personnes
et l’environnement afin d’éviter les nombreux facteurs de
pollution et une mauvaise gestion des ressources
naturelles.
3. Le système économique
Il se détermine dans toute société par le mouvement et la
nature des productions naturelles ainsi que par ce qui en
découle comme effets économiques et sociaux (niveau de vie
plus élevé) et comme impact sur le milieu naturel
(dégradation ou transformation). Ce système est également
en relation avec le degré de transformation de la nature
du milieu par le rejet des divers déchets et polluants qui
dégradent l’environnement naturel. Ainsi, l’activité
économique en milieu rural participe beaucoup moins à
l’agression de la nature que celle de milieux sociaux plus
développés où on assiste à une véritable dégradation du
sol, de l’eau et de l’air qui engendre de graves crises
écologiques.
Le tableau n°3 indique le mouvement des ressources
naturelles dans un système économique industrialisé et ce
qui en découle comme problèmes et dangers écologiques, de
sorte que l’acuité de ces problèmes est parallèle au degré
de développement et de complexité du système économique.

Tableau n°3. Mouvement des ressources naturelles à travers
le système économique
L’Islam n’a pas manqué, face à ce problème, d’établir des
principes adéquats dans l’exploitation des ressources
économiques. Ce système islamique s’édifie autour des
points suivants : (28)
1. A
l’origine, les hommes sont les lieutenants de Dieu sur
terre, les individus ne deviennent donc propriétaires des
biens de la terre que sur ordre du Législateur.
2. Interdiction de la thésaurisation des biens que l’Etat
doit œuvrer à faire circuler entre les gens en veillant à
ce que les richesses ne s’accumulent pas chez une élite
sociale conformément au Coran qui dit : «… Afin que cela
ne soit point quelque chose de dévolu aux riches parmi
vous » (La Résurrection, v : 7).
3. La propriété des biens est conditionnée par les 5
raisons légales que sont : le travail – la quête pour la
réalisation de la vie – la répartition de ces biens par
l’Etat entre les individus pour qu’ils subviennent à leurs
besoins et pour qu’ils en tirent un bénéfice – l’héritage
– les liens qu’entretiennent les individus entre eux.
4. Le droit de gestion de la propriété privée est assuré
dans les limites légales qui interdisent le monopole,
5. Les découvertes et les inventions émanant de la
collectivité sont décrétées biens communs.
6. L’Etat assure l’emploi à l’ensemble des individus, qui
ont les mêmes droits et les mêmes obligations.
7. La subsistance des sans emploi et des pauvres est
assurée par l’Etat. Celui-ci, par ailleurs, s’occupe des
indigents et des handicapés et leur assure leur droit à la
santé.
L’Islam a en outre imposé des règles pour le développement
des ressources économiques.
En Agriculture
Cette religion incite à la mise en valeur de la terre
comme cela est mentionné par le propos où le Prophète
(P.S) dit : « Celui qui donne vie à une terre, celle-ci
lui appartient.», ainsi que : « Celui qui cultive une
terre n’ayant pas de propriétaire est prioritaire dans son
acquisition ». (29)
L’Islam veille également à ce que les besoins primordiaux
soient assurés à l’individu et l’incite même à acquérir
plus. Ces besoins sont déterminés dans le Coran en ces
termes : « A toi appartient, en vérité, de n’y (la terre)
avoir pas faim, de n’être point nu, de n’avoir pas soif,
de ne point souffrir au soleil » (Taha, v :119).
Dans le domaine industriel, l’intérêt qu’on doit porter à
l’industrie nous est indiqué par Dieu d’une manière
globale au point où toute une sourate (Chapitre coranique)
est intitulée « Le Fer ». Dieu, par ailleurs, consolidant
David dit : « Nous apprîmes à [David] à fabriquer, pour
vous, des cottes de mailles pour vous prémunir contre le
danger [vous menaçant] » (Les Prophètes, v :80), et à un
autre endroit de son Livre, Dieu inspire à Alexandre le
Biscornu la construction des barrages : « … Apportez-moi
des blocs de fer ! ». Quand il eu comblé l’espace entre
les deux versants [des monts], il dit : « Soufflez ! ».
Quand il eu fait du fer [une masse de] feu, il dit : «
Apportez-moi de l’airain que je verserai sur le fer » (La
Caverne, v : 96).
Commerce et négoce
L’Islam a établi une réglementation pour les échanges
commerciaux et des normes pour les crédits et a incité à
l’activité commerciale selon un code éthique d’où sont
bannies tromperie et subornation. Le Prophète (P.S) dit :
« Lorsque tu vends, pas de tromperie ! », (30) comme il a
aussi interdit le monopole des vivres en disant : « Ne
monopolise un produit qu’un pécheur » (31) et a interdit
également, en disant : « Le fait de jurer (pour vendre)
fait certes écouler la marchandise, mais n’est point
profitable »(32)
Le voyage en tant que formation de la personne humaine
Dieu dit à ce propos : « Dis : Cheminez par la terre et
considérez qu’elle fut la fin de ceux qui furent
antérieurement »(Les Romains, v : 42) ; « Dis : Parcourez
la terre et considérez comment Il a commencé la création »
(L’Araignée, v : 20) ; « Si Dieu l’avait voulu, il aurait
fait de vous une seule nation » (La Délibération, v : 7) ;
« Nous vous avons constitués en confédération et en tribus
pour que vous vous connaissiez » (Les Appartements, v :
13).
L’élevage
L’Islam privilégie cette activité et y incite les gens. Le
Prophète (P.S) s’enorgueillit d’avoir été berger. D’après
Abu Horayra, le Prophète a dit : « Tout messager envoyé
par Dieu a été berger ». Ces compagnons lui demandèrent si
cela était son cas à lui aussi. A quoi il répondit : «
Certes ou, je faisais paître le troupeau dans les aires
(de pacage) des gens de la Mecque. ». (33)
- Cette religion a en outre exhorté les gens à l’activité,
à la recherche de leur subsistance en voyageant s’il le
faut. Dieu dit : « Allez par les espaces (de la terre) et
mangez de ce qu’il attribue » (La Royauté, v : 15).
Dans ce verset, Dieu met l’action de se déplacer avant
celle d’acquérir la subsistance pour insister sur le fait
que c’est justement l’activité qui constitue le moyen de
parvenir à l’acquisition des biens. Nous trouvons aussi
dans ce sens : « Recherchez quelques faveurs d’Allah ! »
(Le Vendredi, v : 10). La possession donc des biens
ici-bas demeure tributaire de l’activité et du travail qui
déterminent en outre la rétribution dans l’au-delà. Dieu
dit d’ailleurs : « Que l’homme aura seulement ce qu’il se
sera évertué à rechercher, que le résultat de son effort
sera vu, qu’ensuite il sera récompensé pleinement »
(L’Etoile, v : 39,40,41) ainsi que : « Agissez ! Allah
verra vos actions, ainsi que l’apôtre et les croyants.»
(Le Repentir, v : 105).
Cela étant, l’activité dans les domaines économiques obéit
néanmoins en Islam à la condition essentielle de ne pas
dégrader la terre. Dieu dit en effet : « Parmi ce qu’Allah
t’a donné, recherche la demeure dernière ! N’oublie pas ta
part de la vie immédiate ! Ne recherche pas la dégradation
sur la terre ! Dieu n’aime pas les déprédateurs » (Le
Récit, v : 77).
4. Le système culturel
Depuis son apparition sur la terre, l’homme a pu mettre
sur pied des systèmes autres que ceux naturels afin
d’exploiter son environnement, assurant ainsi ses besoins
et partant, sa vie. Le système culturel fait partie de ces
systèmes conçus par l’homme et où la culture est une
composante complexe qui englobe les superstructures que
sont la connaissance et les croyances, les valeurs et les
arts, les lois et les coutumes ainsi que tout autre savoir
acquis par l’homme vivant en société.
Nous distinguons entre deux genres de cultures. D’une
part, une culture matérielle qui est constituée des
connaissances techniques en tant que facteur intermédiaire
entre l’homme et son environnement naturel ; cette
technologie a de tout temps été nécessaire et a toujours
déterminé fortement l’existence et le développement
humain, d’autre part, une culture immatérielle comportant
les coutumes, les traditions et les proverbes qui
expriment des visions du monde et des croyances. Toute une
superstructure populaire(34) qui fait qu’une société
possède une culture caractérisée par des éléments
prépondérants et communs à tous et d’où découlent le même
sentiment d’appartenance, de traditions, de coutumes et de
comportements rassemblant tous les membres du groupe,
comme les symboles, les croyances, la langue et d’autres
expressions qui fondent une société, la consolident et lui
assurent harmonie et cohésion. Partant, et puisque chaque
société possède une culture particulière (des spécificités
culturelles),(35) il convient, à la mise en application de
projets de développement, de prendre en considération ces
spécificités afin d’éviter tout gaspillage des ressources
naturelles et d’assurer au projet la réalisation de ses
objectifs.
Les exemples à ce propos ne manquent pas. (36) Ainsi, les
« Bejas », tribu de l’est du Soudan, se sont opposés à
l’utilisation des tracteurs que l’Etat préconisait pour la
culture des terres de la région de la province de Toko,
parce qu’ils croient que ces machines désagrègent la terre
et en réduisent la fertilité. On peut aussi rappeler
l’attitude des Hindous vis-à-vis des vaches, attitude qui
constitue un obstacle devant tout mode nouveau cherchant à
améliorer l’exploitation de cette ressource animale qui de
surcroît, aurait joué un rôle important dans l’économie
indienne. Les « Zend » une confédération de tribus vivant
au centre de l’Afrique ont refusé d’abandonner leur
culture traditionnelle et se sont opposés à ce qu’elle
soit remplacée par une autre plus facile à cultiver et
plus rentable parce qu’ils utilisent la première dans
leurs rites initiatiques. Ces mêmes tribus ont par
ailleurs refusé d’abandonner leurs logis pour de nouveaux
habitats à l’intérieur de la forêt et loin de la route.
Ils ne pouvaient en effet s’adapter dans des demeures si
proches l’une de l’autre parce qu’ils croient au mauvais
œils et tiennent donc à habiter loin de leur voisin.
Ajoutons en outre que tout autre mode économique nouveau
est nécessairement perçu comme un danger menaçant la
culture séculaire.
Les croyances certes, peuvent nuire à l’équilibre
écologique, comme la superstition qui voit en le hibou un
oiseau de mauvais augure alors qu’il constitue un facteur
de cet équilibre lorsqu’il chasse 3 à 4 rats toutes les
nuits, ou bien la crainte injustifiée des araignées qui
pourtant chassent par an plus que le poids de 3.000.000 de
personnes en insectes. Imaginons un instant quel aurait
été le sort du globe si les araignées venaient à
disparaître complètement des écosystèmes dans lesquels
elles évoluent.
Tout comme ces superstitions, il arrive aussi que des
tendances générales(37) et des valeurs communes à la même
société entravent toute idée de développement. Ainsi,
certains proverbes égyptiens traduisent des conceptions
égoïstes et fatalistes rejetant toute idée nouvelle
œuvrant à conserver et à généraliser les coopératives et
l’exploitation des biens communs.(38) En voici quelques
exemples :
- Un quintal appartenant à l’autorité ne vaut pas une
mesure (le poids) t’appartenant.
- J’ai volé ce bien à l’autorité, l’aurais-je pris à
quelqu’un d’entre vous ?
- Eloigne-toi d’un mètre de ma propriété et saccage !
Dans nos pays musulmans qui souffrent d’une poussée
démographique loin d’être proportionnelle au revenu, tout
projet se proposant de remédier à cette situation peut
être contrecarré par certaines valeurs culturelles,
surtout en milieu rural où le taux d’analphabétisme est le
plus élevé. Les adages(39) ne disent-ils pas d’ailleurs ?
:
- Une progéniture nombreuse défend la famille contre tout
agresseur.
- Quand la naissance d’un garçon m’a été annoncée, ma vie
s’est enchantée, mais lorsqu’ils ont dit une fille, sur
moi, j’ai senti la maison s’effondrer.
- S’il l’emporte sur toi par l’argent tu le vaincras par
une progéniture nombreuse.
- Les enfants de sexe masculin, rendront demain le verger
plus grand et plus ombragé.
- Mieux vaut deux scorpions sur le mur que deux filles à
la maison.
D’autres proverbes, dégradant la femme(40)sont assez
répandus en milieu rural :
- Ne te tranquillise ni au lendemain, ni aux chevaux au
galop ni à la femme quand elle veut dominer.
- A la fille brise une côte, il lui en naître bien
d’autres (42 selon certaines régions).
- Jamais le veau domestiqué par une femme ne tirera la
charrue.
Il revient donc de revoir et de discuter de telles
tendances à la lumière de la vie culturelle et économique
moderne, afin d’en démontrer le non fondé grâce aux
programmes de l’éducation sur l’environnement et en
matière de population sur l’environnement qui montrent que
de telles conceptions sont à rejeter aujourd’hui afin de
trouver une solution aux problèmes de l’environnement et
d’émanciper l’homme qui demeure tant le pivot du
développement que son objectif.
Parfois même, l’incitation à l’ouvrage constructif,
qu’elle soit économique ou sociale, ne manque pas de
provoquer une mauvaise gestion des ressources et de leur
préservation. Ainsi, certains milieux ruraux, où
malheureusement nous assistons à une croissance de
l’analphabétisme, s’attachent de toutes leurs forces à
leurs traditions en tant que valeurs établies et
inébranlables et refusent même d’en discuter. Ce qui bien
sûr n’est pas sans constituer un véritable obstacle devant
le développement. Ces milieux traditionalistes auront
tendance à rejeter tout renouveau et tout changement qui
les effraie et où ils craignent de s’aventurer.
La réussite de tout projet et la réalisation des objectifs
qui se proposent comme finalité une bonne gestion des
ressources tant renouvelables que fossiles du milieu qu’on
vise, demeure tributaire du degré de conformité(41)des
composantes culturelles traditionnelles et locales avec
les éléments nouveaux préconisés par ce projet. Plus ces
deux éléments seront en harmonie, plus les individus du
groupe accepteront le renouveau proposé et plus il leur
sera facile de l’intégrer à leur culture.
En conclusion, tout plan de développement demeure
tributaire du degré de préparation du milieu culturel visé
aux rénovations et aux transformations préconisées par ce
projet.
L’Islam, pour sa part, n’a pas manqué d’appeler les gens à
développer leur milieu culturel en les incitant les gens à
rejeter conformisme et mimétisme comme lorsque Dieu fait
dire aux réfractaires à l’apôtre : « Suffisant pour nous
est ce que nous avons trouvé suivi par nos pères.» (La
Table Servie, v : 104) ou bien encore : « Nous avons obéi
à nos chefs et aux grands parmi nous, et ils nous ont
égarés loin du chemin.» (Les Factions, v : 67).
Cette religion exhorte en effet à la sincérité et met en
garde contre l’hypocrisie comme l’énonce ce verset : « Ils
sont emplis d’ostentation envers les gens, ils n’invoquent
cependant guère Dieu.» (Les Femmes, v :142) ; comme elle
interdit la divination ; ainsi d’après Anas, le Prophète a
dit : « Ne jetez ni mauvais sort ni ne pratiquez la
divination, c’est les bons augures que je préfère.» on lui
demanda alors ce qu’est ces augures. A quoi il répandit :
« Une bonne parole.» (Hadith faisant l’unanimité). (42)
La sorcellerie est aussi interdite par l’Islam, elle est
même considérée unanimement comme un péché capital. Pour
le Prophète (PS) par exemple, elle fait partie des 7
ignominies(43) comme le rapporte Abu Hurayra qui dit que
le Prophète (P.S) a dit : « Evitez l’associationnisme et
la sorcellerie.». (43)
L’Islam en outre, appelle les gens à combattre
l’analphabétisme ; ainsi Ibn Sa’d, d’après ‘Amer al Cha’bi
dit : « Le jour de la campagne de Badr, le Prophète (P.S)
avait fait 70 prisonniers Quoraichites qu’il libérait en
échange d’une rançon, chacun selon ses moyens. A l’époque
les Quoraichites savaient écrire alors que les Médinois
ignoraient cette technique. Le prisonnier qui ne pouvait
réunir sa rançon était libéré à condition qu’il enseignât
10 enfants jusqu’à ce qu’ils eussent acquis les règles de
l’écriture.». On rapporte d’ailleurs que Zaïd Ibn Tabith,
un des secrétaires chargé de transcrire la Révélation,
faisait partie de ces enfants formés par les Quoraïchites.
C’est là la preuve que cette action du Prophète faisait
partie d’une réelle stratégie ayant un suivi et non pas
une action isolée et improvisée.
Cet apprentissage de l’écriture n’était pas le fait des
hommes uniquement, mais s’était étendu aux femmes
également. Ainsi Chifa’ fille de Abdellah avait appris à
écrire à Hafsa fille de Omar …(45)
D. Les problèmes écologiques
Le système civilisationnel avec ses branches annexes entre
en interaction avec les écosystèmes de l’environnement
naturel à travers des réactions en chaînes complexes de la
matière et de l’énergie qui agissent ou positivement ou
négativement et donnent parfois lieu à des catastrophes
naturelles avec lesquelles l’homme aura tendance à
s’adapter en prenant des décisions d’ordre écologique pour
les éviter comme le montre le tableau n°4.
Si l’homme n’intervenait pas en dépradateur sur les
éléments du milieu rural, ce système se serait maintenu
selon son équilibre où chacune des espèces vivantes
agirait normalement sur les autres en subissant de son
côté l’influence des autres. Si par ailleurs, ces espèces
ne s’exposaient pas à des facteurs nouveaux et
exceptionnels, elles établiraient entre elles un équilibre
biologique naturel de sorte que chacune se serait
maintenue dans une proportion raisonnable de sa
population. L’action de l’homme donne parfois lieu à la
multiplication d’une espèce qui constitue alors un danger
pour les autres comme c’est le cas de la profusion d’un
prédateur et la concurrence qui s’établit entre les
espèces pour l’espace vital. Ainsi par exemple, hors
équilibre écologique, un couple de mouches sur des
immondices, de mars à septembre donne naissance à 191
billions de mouches transportant 6 millions de microbes
pouvant provoquer jusqu’à 42 maladies chez l’homme, ou
bien encore un couple de souris donne naissance en trois
ans à 3,5 millions d’individus, et 15,6 millions en 5 ans.

Schéma 2. Le système écologique, ses relations
fonctionnelles et ses résultats.
Les éléments du système naturel opèrent entre eux des
relations interdépendantes complexes passant par
d’innombrables étapes qui maintiennent la croissance des
groupes vivants selon une proportion normale dans le cadre
de l’ensemble du système naturel équilibré.
Mais l’être humain, dans son exploitation anarchique,
rompt cette stabilité et cette harmonie. A titre
d’exemple, par l’action de sa technologie et de son
système économique visant à étendre les terres
cultivables, son système social qui tient à élever le
niveau de vie et à créer des emplois à cause de la
croissance démographique ainsi que son système politique
qui tente d’atténuer les monopoles internationaux et de
défier le colonialisme en édifiant un grand barrage (cas
de l’Egypte) l’homme agit sur son environnement naturel.
Ainsi l’édification de barrage d’Assouan a eu des
conséquentes aussi bien positives que négatives.
Parmi les conséquences positives nous pouvons citer :
1. La transformation des terres bourbes en terres
irriguées,
2. L’électrification des villages se trouvant au bord du
fleuve et sur le Delta et une plus grande
industrialisation,
3. L’éxtension des champs de rizières,
4. Le fait de disposer de réserves d’eau et d’éviter ainsi
au pays inondation et sécheresse.
Pour ce qui est des conséquences négatives, citons en
autres :
1. L’augmentation du flux de la Méditerranée au nord du
delta,
2. L’augmentation du flux du Nil au niveau de la rive
droite et augmentation de la sédimentation sur la rive
gauche,
3. La disparition du limon qui fertilisait en permanence
les terres au bord du Nil,
4. L’augmentation du taux de désertification.
Les résultats de ce barrage ne peuvent être effectifs que
s’ils sont accompagnés d’un programme qui lutte contre ses
conséquences négatives et en amoindrit l’impact.
Nous trouvons un autre exemple dans les interactions du
déboisement sur le cycle hydraulique et le système
biologique. Si le déboisement a permis qu’on dispose de
plus de terres cultivables il s’est malheureusement
accompagné par les dangers suivants :
1. Erosion et affrètement du sol,
2. Augmentation des dépôts charriés par les eaux dans les
zones déboisées (7.000 fois plus qu’avant).
3. Destruction des lieux où se reproduisent les poissons
par les dépôts charriés par les eaux du fleuve,
4. Glissements de terrains.
Ainsi, les effets écologiques dus à une exploitation
anarchique des ressources forestières sont énormes et leur
prix dépasse de loin les bénéfices réalisés par les
sociétés ayant organisé ce déboisement.
Une exploitation saine de la forêt passe par une
réglementation ne permettant par exemple de déboiser une
zone qu’à condition d’en reboiser un espace équivalent.
Citons enfin l’exemple des interactions du fluor du
carbone avec l’atmosphère et dont les conséquences se sont
manifestées par des effets néfastes sur la couche d’ozone
qui subit la destruction alors qu’elle protège la terre
des rayons ultraviolets. Cette nouvelle situation a
provoqué sur terre un suréchauffement qui facilite
l’évaporation des blocs de glace au pôle et par conséquent
une élévation du niveau des mers et des océans qui
commence à submerger les îles et les littoraux.
Certes, ce problème recommande des décisions en vue d’une
réduction progressive de ce gaz (CFC) jusqu’à trouver le
moyen de le remplacer par un autre non polluant.
Il convient d’attirer en outre l’attention sur le fait que
les interactions du système écologique ne sont pas aussi
simples que nous venons de les présenter à partir des
exemples exposés plus haut. C’est que, la complexité des
interdépendances des éléments dans des rapports
enchevêtrés est telle que le système écologique, ce qui
s’y passe et les transformations qu’il subit avec le
temps, défient aujourd’hui la science et les savants.
C’est certes là un réel défi ! En effet, notre système
biologique comporte des centaines d’espèces vivantes qui
subissent toutes l’influence du système écologique et des
éléments qui le composent ainsi que celle des autres
espèces. En outre, le nombre et la nature de ces espèces
connaissent des transformations et, certaines composantes
naturelles - comme la température, le sol et autres
composants - subissant des changements saisonniers, voire
quotidiens démontrent la complexité de l’environnement.
Remédier donc aux problèmes écologiques nécessite certes
des programmes de recherche de pointe fondés sur des
informations justes et complémentaires. De même que les
solutions à ces problèmes demeurent tributaires de la
connaissance de leurs causes, de leur évolution et des
rapports complexes qui les lient entre eux afin que ces
solutions puissent être proposées aux institutions
mondiales de l’environnement.