Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

 
LA LUTTE CONTRE L’ENSABLEMENT ET POUR LA STABILISATION DES DUNES
 



ENSABLEMENT EN GUINEE : CAUSES, EFFETS ET BILAN DES ACTIONS MENEES CONTRE L’ENSABLEMENT

BARRY THIERNO AMADOU*

Direction Nationale de l’Hydraulique
Conakry, Guinée

Résumé : La sécheresse a entraîné à l’heure actuelle des milliers de pertes en vies humaines et animales. En tant que responsable du développement, il convient de cerner autant que possible ce phénomène, déterminer ses causes et analyser ses effets sur notre continent.

La présente communication fait le diagnostic de l’état de la désertification en Afrique, analyse la problématique de la lutte contre la désertification, cause de l’ensablement et des dunes en Guinée, dresse le bilan des actions menées pour combattre ce phénomène et propose un modèle d’aménagement.

1. Introduction

Plus d’un tiers des terres arables du monde sont situées dans les régions du globe atteintes par l’aridité. En ce qui concerne l’Afrique, l’extension des zones arides et semi-arides est alarmante. Elles couvrent 44% de sa superficie, alors que les sols à faible potentialité de fertilité occupent 18% de la superficie totale du continent.

Monsieur Aristide Pereira, Président du CILSS d’alors, disait que : “50.000 à 70.000 km2 par an de sol arable sont perdus du fait de l’avancée des déserts qui menace ainsi la survie de 14% de la population du globe, soit 628 millions d’habitants.”

Avec une sécheresse devenue endémique, il n’est plus question de rechercher des solutions partielles ou improvisées. Il s’agit d’élaborer une stratégie de développement conduisant à l’autosuffisance et à la sécurité alimentaires, ainsi qu’à la restauration de l’équilibre écologique.

La mobilisation de l’Afrique a toujours été sous-tendue par de gros efforts d’organisation et d’importantes réalisations, tendant à prouver que là où tout investissement paraît, de prime abord, condamné à l’échec, il est parfaitement possible de créer des conditions de vie plus dignes.

Mais comment y parvenir dans un climat de tension, de course aux armements, d’absence d’égalité souveraine entre tous les pays, d’agression, de violation des droits des peuples à la liberté et à l’indépendance. L’importance de la paix dans le monde devient une condition indispensable à la réalisation des objectifs de développement des pays frappés par les calamités naturelles.

Nous pouvons noter, cependant, que si l’ensemble des fonds orientés vers le financement des guerres, étaient effectivement réorientés dans le processus du financement de la recherche scientifique et technique pour le développement de la lutte contre l’avancée du désert, l’Afrique serait très heureuse à cette phase actuelle de sécheresse. Mais hélas ! c’est là une contrainte majeure, qui pèse lourd sur les populations de cette région déshéritée de condition naturelles favorables à son développement.

Si nous remontons un peu le cours de l’histoire, il est prouvé que la sécheresse sévit depuis 1967 dans certaines parties du monde particulièrement en Afrique de l’Ouest, et surtout dans les pays du Sahel.

Sa persistance et sa progression inquiètent de plus en plus, au vu de ce que nous vivons actuellement sur le globe : famine, chaleur, vent, maladie, mortalité, inondations, cyclones etc…

De nos jours, la sécheresse a entraîné, par milliers, des pertes en vies humaines et animales. Le phénomène de la désertification doit nous péoccuper au plus haut niveau. En tant que responsable du développement, nous devons cerner autant que possible ce phénomène, déterminer ses causes et analyser ses effets sur notre continent.

Nous devons concevoir et proposer des mesures appropriées à nos gouvernements et à tous les responsables politiques et administratifs de nos nations pour barrer la route à la sécheresse et réduire au minimum ses conséquences dans nos pays respectifs.

C’est à la faveur des mesures préconisées pour la lutte contre la Sécheresse en Afrique, qu’a vu le jour le CILSS (Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel).

La convention portant création du Comité inter-Etats a été conclue à Ouagadougou le 12 septembre 1973. Elle a été signée par les Chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, du Tchad, des Iles du Cap -Vert, et  de la  Gambie par la suite, portant ainsi à  8 le nombre de pays membres.

Nous pouvons préciser qu’au sein de cette organisation sous-régionale, le programme de formation et de recherche a toujours retenue l’attention des décideurs. C’est dans cet ordre d’idée que j’ai eu l’insigne privilège, en 1983, de faire une formation en aménagement intégré au Sahel, au C.P.U, Université de Dakar.

Le Cours Post-Universitaire en Aménagement intégré au Sahel (C.P.U.) est un projet financé conjointement par le PNUD et le bureau des Nations-Unies pour la région soudano-sahelienne (UNSO). Il est exécuté conjointement par l’UNESCO et l’Institut du Sahel de Bamako qui est une institution spécialisée dans les activités de formation, de recherche et de documentation du  CILSS. La FAO apporte également son concours à la mise en œuvre du C.P.U.-Sahel.

L’institution hôte du cours à l’Université de Dakar, est l’Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires (EISMV).

L’objectif de ce projet est de doter les pays sahéliens de spécialistes en aménagement intégré, entraînés à l’approche globale et intégré des problèmes de développement et susceptibles de participer avec efficacité à la conduite des programmes de mise en valeur des ressources forestières, agricoles, pastorales, écologiques de cette zone soudano-sahelienne aux écosystèmes et aux économies particulièrement fragiles.

2. Causes de l’ensablement en Afrique

2.1 Perturbation climatique

On admet généralement que les phénomènes atmosphériques qui dominent en Afrique occidentale sont en grande partie régis par les anticyclones des Açores et de Sainte-Hélène.

C’est pourquoi, parmi les hypothèses émises de par le monde pour expliquer les causes de la sécheresse et de la désertification, en Afrique en général et dans la zone soudano-sahélienne en particulier, on considère en premier lieu les variations de position et d’intensité du front intertropical (FIT).

Normalement, dans le passé, avec le renforcement de l’anticyclone de Sainte-Hélène, le FIT se déplace vers le Nord. Ainsi, les régions de l’Afrique de l’Ouest sont soumises à l’influence directe des masses d’air humide d’origine océanique. Le relief aidant, ces masses d’air perdent de leur eau qui tombe sous forme de pluie (Mousson).

Depuis quelques années, on assiste plutôt au renforcement de l’anticyclone des Açores, le FIT étant au contraire repoussé vers le Sud du continent. De ce fait, les pays de l’Ouest africain sont en général envahies par des masses d’air sèches tropico-continentales de Nord-Est (Harmattan), provoquant à leur passage un temps sec et chaud qui réduit considérablement les chutes de pluies dans les zones traversées.

Ainsi, la sécheresse que nous vivons actuellement en Afrique de l’Ouest et particulièrement dans le Sahel, serait due au fait que l’anticyclone des Açores est nettement plus renforcé que celui de Sainte-Hélène.

2.2  Action de l’homme ou causes humaines :

- incendies et  feux de brousse sous toutes ses formes;

- déforestation, coupe abusive des espèces ligneuses ou flore;

- dégradation des sols sous l’effet des pratiques culturales;

- extraction des ressources naturelles du sous-sol;

- érosion éolienne et ruissellement des sols.

2.3  Action des animaux

- surpatûrage;

- transhumance;

- piétinement;

- surcharge.

3. Espace géographique des zones d’ensablement et des dunes

3.1 Traits généraux

Le Sahara et le Sahel ont le trait majeur de la persistance de l’aridité.

Ce sont des terres caractérisées par des précipiations trop faibles ou inexistantes ou trop irrégulières pour permettre une production forestière de protection ou de cultures permanentes.

En général, les précipitations sont inférieures à 600 mm et varient selon les régions du fait de la continentalité, du relief notamment.

Les terres arides représentent, à titre d’exemple, 94 % de la superficie de l’Afrique du Nord, Proche et du Moyen Orient (EMASAR, FAO, 1977).

Autre exemple : en Afrique occidentale et australe, 55 % des terres ont une vocation pastorale et reçoivent moins de 600 mm de pluie par an, cependant, au cours de certaines années (1973-75 par exemple), le total de précipitations a été particulièrement faible (d’où la dramatique famine ayant affecté nos régions).

L’ensemble de ces terres arides et semi-arides d’Afrique occidentale, orientale et australe nourrissent près de 500 millions de têtes de bétail qui produisent environ 2,5 millions de tonnes de viande.

En Afrique de l’Ouest et du Centre (Cameroun, Nigéria, Tchad, Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal), sur 6.691.000 km2, seulement 45 %, c’est-à-dire 3.014.000 km2, reçoivent entre 200 et 600 mm de pluie par an.

Cependant, l’on peut retenir, en gros, un certain nombre de traits caractéristiques des régions arides par l’ensablement et le déplacement permanent des dunes.

3.2  Traits spécifiques

A l’originalité climatique se greffe une végétation “naturelle” caractéristique. Cette végétation comprend essentiellement une strate herbacée basse et des ligneux (acacias) parsemés, avec de fortes variations dans les espèces et dans leur biomasse.

Ces variations sont liées, d’une part, aux précipitations, et, d’autre part, aux conditions locales du sol.

Par ailleurs, on se rend de plus en plus compte que les problèmes actuels (sécheresse, famine) ne constituent que le révélateur de situations spécifiques (écosystèmes fragiles, état de dépendance économique, économie extravertie, sous-développement).

4. Manifestation du phénomène

4.1  En Afrique

Sévissant depuis plus de 35 ans dans la zone soudano-sahélienne, la sécheresse a atteint des proportions catastrophiques après la saison des pluies de 1972. La zone sinistrée se situe approximativement entre 10° et 20° de latitude Nord, où la moyenne annuelle des précipitations baisse de 1.000 mm dans la Sud à 100 mm dans le Nord. Elle englobe le Tchad, le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie et le Mali. Débordant la limite Sud de cette zone, le phénomène atteint la partie Nord du Cameroun et du Nigéria.

Dans tous les pays frappés, le phénomène s’est manifesté par :

- un déficit pluviométrique variant de :

i) 50 à 60 % là où la moyenne annuelle des précipitations n’atteint pas 500 mm;

ii) 30 à 50 % là où la moyenne annuelle des précipitations atteint habituellement 1.000 à  1.200 mm;

- la  réduction des débits des cours d’eau;

- la baisse du niveau des lacs et des nappes phréatiques;

- le tarissement des puits et des mares;

- l’ensablement des cours d’eau existants.

4.2 En République de Guinée

L’analyse des observations pluviométriques permet de constater que la sécheresse a commencé depuis 1968 en République de Guinée. Le Nord du pays est la zone la plus touchée par cette calamité.

Nous pouvons retenir que durant la période allant de 1966 à nos jours, il a été observé sur toute l’étendue du territoire national, une baisse très sensible des précipitations. Ceci permet de dire que la sécheresse s’est non seulement maintenue dans certaines parties du territoire, mais s’y est aussi renforcée avec le temps.

Ce phénomène se manifeste par :

- un décalage considérable entre l’alternance des deux saisons (pluvieuse et sèche);

- l’ensablement des différents cours d’eau sous l’effet de l’érosion des sols sans végétation;

- la baisse de la production agricole, due à la mauvaise répartition des précipitations pluviométriques;

- le tarissement précoce des puits, des mares et des cours d’eau;

- la disparition remarquable de plusieurs espèces floristiques et faunistiques.

A titre d’exemple, le tableau ci-dessous illustre le déficit pluviométrique depuis un certain nombre d’années, sur le territoire national.

Source : Ministère du Domaine du Développement Rural -

Etude sur la sécheresse  août 1974

Après constat des différentes manifestations du phénomène de l’ensablement dû à l’aridité, à la désertification et à la sécheresse, nous pouvons parler des effets de cet ensablement sur le continent africain.

5. Effet de l’ensablement et des dunes

5.1 En Afrique de l’Ouest

Les effets cumulés de 5 années consécutives de sécheresse se sont partout manifestés par les problèmes économiques et sociaux les plus graves jamais enregistrés.

Ceux qui ont le plus ému la communauté internationale et spontanément provoqué un mouvement universel de solidarité en faveur des pays sinistrés sont :

5.1.1 Crise alimentaire

Le déficit de production céréalière des 8 pays du Sahel a été estimé à 1.200.000 t pour 1972-1973. Dans les régions les plus éprouvées par la crise alimentaire, les enfants n’avaient que 65 % de leur poids normal et 6 % de ces enfants étaient irrémédiablement condamnés à mourir des conséquences de la malnutrition.

5.1.2  Pertes en vies humaines

Elles découlaient du manque d’eau et de l’insuffisance des denrées alimentaires dans les zones sinitrées. Le Paris-Match N° 1307 du 25 mai 1973 rapportait que 6 millions d’hommes, de femmes et d’enfants mouraient à petit feu dans le Sahel, parce que les secours d’urgence ne suffisaient pas ou n’arrivaient pas à temps pour les sauver de la soif et de la famine. On parlait également de 100.000 morts en Ethiopie dans les mêmes conditions de situation alimentaire.

5.1.3  Pertes en bétail

Le cheptel de cette région a été décimé à plus de 50 % par le manque d’eau et de pâturage. Les sons et tourteaux d’arachide destinés au cheptel, servaient plutôt à la nourriture des hommes eux-mêmes souffrant de faim.

5.1.4 Mouvements de migration

On assiste dans les pays frappés par la sécheresse à de vastes mouvements de populations. Partout, les gens fuyaient les zones sinistrées pour se réfugier dans les villes moins touchées.

Des hommes après une marche à pied, franchissaient 600 à 900 km avec le cheptel. L’insuffisance de nourriture, de l’eau ajoutée au manque d’hygiène a exposé les réfugiés à des épidémies de choléra, de scorbut et de béribéri rendant encore la situation plus alarmante et tragique.

5.1.5 Epidémies

Elles sont autant favorisées par la malnutrition que par la concentration des hommes et du bétail. La situation générale peut être résumée ainsi dans certains pays :

- Mauritanie : La sécheresse a été plus terrible que partout ailleurs, pas de pluie tombée pendant trois (3) ans, le pays a perdu plus de 95 % de son cheptel.

- Sénégal : Les mares, les petits lacs et les puits ont tari et 65 % des bovins morts.

- Mali : L’extrême insuffisance de pluies dans ce pays a fait baisser la côte du Niger de 1,75 m en 1972 à 0,53 m en 1973; au mois de mai, d’innombrables troupeaux sont morts de soif et de manque de pâturage.

- Burkina Faso : Le cheptel est décimé sous l’effet de l’assèchement des mares naturelles et le tarissement des puits, les populations manquaient de nourriture, plus de 50.000 km2 se sont transformés en désert.

- Niger : Le mil a été semé plus de trois (3) fois de suite en 1973, trois fois les plants sont morts, on chiffre 600.000 têtes les pertes de bovins et à un million celles de caprins et ovins.

- Tchad : Pour la première fois, le lac Tchad s’est asséché au deux tiers.

- Ethiopie : Trois (3) millions et demi de bovins sont perdus au cours de l’année 1973.

Enfin, l’idée qui se dégage de ce constat est la progression implacable de la sécheresse du Nord au Sud du continent africain, c’est ce qui explique cette longue liste de pays éprouvés qui s’ajoutent aux pays du Sahel, à savoir le Soudan, le Zaïre, le Botswana, la Zambie, le Kénya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Ghana, le Bénin, le Libéria, la Guinée et la Côte d’Ivoire. Selon les données de l’ONU, environ 100 millions de personnes sont victimes de ce drame en Afrique occidentale.

5.2  En Guinée

Il est très important, voire même impératif,  de signaler que depui 1973 sous l’effet de la sécheresse d’autres Etats africains qui semblaient jusqu’ici bénéficier de l’influence de l’océan, ont poussé un cri d’alarme : Côte d’Ivoire, Togo, Ghana et Bénin. Aujourd’hui, la Guinée peut être classée dans cette catégorie. Cela au regard de son déficit pluviométrique depuis de très longues années (voir tableau 1).

Venue des pays du Sahel, la sécheresse avance inexorablement vers le Sud où des pays tels le Libéria et la Côte d’Ivoire font déjà appel à la solidarité internationale pour en arrêter son évolution.

En Guinée, les effets de cette calamité se font sentir d’une façon inquiétante. Depuis 1973, les régions administratives les plus éprouvées connaissent le manque d’eau tant pour les besoins domestiques que pour l’agriculture et l’élevage.

Partout, la production agricole baisse fortement, conséquence d’un échaudage physiologique dû aux arrêts brusques des pluies en période de végétation, affectant particulièrement les cultures tardives.

Dans la zone forestière même, les effets de la sécheresse ont particulièrement affecté la production caféière.

En Moyenne Guinée, zone d’élevage, le manque de pâturage et l’assèchement précoce des cours d’eau portent, depuis, un grave préjudice au cheptel et aux populations.

Parmi les populations, le taux de mortalité infantile s’est accentué et la rigueur de plus en plus marquée par l’harmattan se fait sentir de nos jours.

Dans certaines régions de la Guinée, la situation provoquée par la sécheressse peut être qualifiée de dramatique au cours des années 1972-1973 et se présente comme suit :

- Gaoual : La commercialisation de la production agricole a fortement baissé :

- le riz : en 1973 la production était de 200 t contre 2.400 en 1972,

- l’arachide : en 1973 la production était de 20 t contre 751 t en 1972.

Le taux de mortalité du cheptel croît d’année en année depuis 1968. Le niveau de l’eau dans les cours d’eau a baissé progressivement et certains puits ont tari pour la première fois en 1973.

- Koundara : Baisse sensible de la commercialisation de la production agricole :

- la production de riz était en 1973 de 397 t contre 1.002 t en 1972,

- pour l’arachide, elle était en 1973 de 450 t contre 1.200 t en 1972.

Sous l’effet du tarissement de tous les cours d’eau très tôt, il a manqué de l’eau pour les besoins domestiques dans plusieurs villages et localités de la région.

- Labé : La sécheresse a été marquée par le tarissement total des cours d’eau et des puits dès le mois de janvier 1973. L’harmattan, particulièrement prolongé aussi au cours de la même année, a favorisé la propagation d’une épidémie de grippe dans cette région.

Les récoltes de variétés tardives ont été compromises par l’arrêt précoce des pluies.

- Dinguiraye : C’est l’une des régions les plus affectées par la sécheresse. Le Bafing n’a été pendant la saison sèche 1973 qu’un chapelet de mares stagnantes. La population parcourait parfois plus de 8 km pour trouver l’eau pour les besoins domestiques.

Des villages entiers se sont déplacés pour s’installer au bord du fleuve Bafing, sous l’effet du tarissement des cours d’eau et des puits au cours de la même année.

Dans le Nord de la région, des femmes ont pressé de la boue pour extraire de l’eau et alimenter leurs enfants. Le fleuve Tinkisso manque depuis ses crues.

- Mali : Au mois de février 1973, de nombreux cours d’eau étaient à sec. La grande chaleur consécutive à l’arrêt prolongé des pluies a provoqué l’apparition des chenilles et des maladies cryptogamiques qui ont détruit la plupart des cultures. Le flétrissement et le dessèchement de la flore ont affecté sérieusement le cheptel, d’où une perte de plus de 20 %.

- Tougué : On remarque le tarissement des cours d’eau dès le mois de décembre. Les premiers semis de maïs et de fonio ont été détruits par l’interruption des pluies au mois de juillet 1973.

En plus, les chenilles ont ravagé les pousses de deuxième semis, les quelques champs de maïs épargnés ont manqué d’eau au moment de l’épiaison.

- Siguiri : La brousse s’est transformée en une étendue calcinée, les cours d’eau et les puits ont tari dès décembre.

 Il a manqué de l’eau aux populations et aux animaux. L’harmattan s’est rigoureusement prolongé entraînant ainsi une grippe dans toute la région.

6. Bilan des actions menées en République de Guinée pour la lutte contre l’ensablement

La République de Guinée a le privilège d’être le château d’eau des pays de l’Afrique de l’Ouest. Elle a conscience des lourdes responsabilités découlant de ce privilège.

Depuis 1960, les investissements qu’elle consacre annuellement au reboisement des têtes de sources et des bassins versants visent surtout à protéger et conserver les régimes des fleuves Niger et Sénégal et leurs affluents.

De par sa position géographique particulière, son climat, son relief et son hydrographie, la Guinée est un pays qui dispose d’immenses potentialités hydrauliques et floristique.

Elle bénéficie d’une pluviométrie variant de 4.500 mm sur la côte à 1.900 mm à l’extrême Nord-Est du pays.

Ces précipitations représentent des volumes d’eau estimés à 450 milliards de m3 drainés par un réseau hydraulique de plus de 1.070 cours d’eau dont 166 milliards de m3 sont mobilisables. Seuls 20 % de ce volume se jettent à la mer, sur la côte guinéenne, le reste arrose la presque totalité des pays de la sous-région.

Mais cependant, ces ressources en eau sont soumises à de fortes variations saisonnières entre les périodes d’hivernage et de saison sèche, comme indiqué ci-haut dans cette présente communication.

A titre d’exemple, les débits du Niger à Kouroussa passent de 1.710 m3/s à 1 m3/s entre juillet et mai. Ceci dénote à quel point la sécheresse menace les différents écosystèmes guinéens.

La Guinée exerce de manière plus déterminante que  par le passé un ensemble de responsabilités et de droits inhérents à sa situation sur le plan international et  sur le plan interne. Cela justifie à juste titre son adhésion à de nombreuses organisations fluviales internationales et scientifiques (ABN, OMVG, MANO-RIVER UNION, FRIEND, PHI, PHO).

6.1 En matière de coopération internationale et intergouvernementale

En plus des organisations fluviales citées ci-haut, la Guinée participe aux activités du Programme Hydraulique International de l’UNESCO (PHI); du Programme d’Hydrologie Opérationnelle (PHO); du Programme FRIEND/AOC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’UNESCO; de la Commission des bassins fluviaux et lacustres créée par la Conférence Ministérielle Africaine pour l’Environnement (CMAE); du Projet Régional OUA d’Aménagement Intégré du Massif du Fouta-Djallon et du Centre Régional de l’Eau Potable et de l’Assainissement (CREPA).

Après une analyse du diagnostic fait plus haut, quant à l’aridité et ses corollaires, l’ensablement et le déplacement des dunes, des efforts louables sont fournis en Guinée avec l’appui de la coopération internationale, pour la protection des ressources naturelles et de l’environnement.

6.2 Cadre institutionnel et administratif

En République de Guinée, il existe à ce jour plusieurs organismes et services gouvernementaux impliqués dans la protection et la gestion des ressources naturelles (faune, eau, sol).

Ces différentes structures s’occupent de :

- l’élaboration des éléments de la politique et des programmes d’action des Départements ministériels;

- la collecte, la centralisation, le traitement et la publication des données indispensables à toute mise en valeur et à toute gestion rationnelle des ressources en eau (énergie, adduction d’eau, agriculture, pêche, industrie etc.), forestières et faunistiques;

- la planification générale et sectorielle de l’usage des ressources en adéquation avec la conservation et la protection de l’environnement;

- l’élaboration des projets de lois et règlements et le suivi de leur application;

- la mise en œuvre de la coopération technique et internationale pour la protection des ressources naturelles;

- le suivi technique des services et organismes personnalisés et déconcentrés.

Bref, toutes ces activités s’inscrivent dans le cadre de la protection de l’environnement (eau, air, sol, forêt), et cela, au bénéfice des différents pays tributaires de la Guinée au point de vue cours d’eau.

6.3 Politique de gestion des ressources en eau

A ce jour, les éléments de définition de la politique sectorielle de l’eau en République de Guinée sont rassemblés et la formulation de la Lettre de Politique Sectorielle de l’Eau et de l’Assainissement est en voie de finalisation, articulée autour des principales composantes suivantes : la gestion et l’administration des ressources en eau; l’hydraulique urbaine; l’hydraulique rurale et l’assainissement.

La politique de gestion et d’administration des ressources en eau repose sur les grands objectifs suivants :

- le renforcement des capacités de collecte et de traitement des données de bases;

- la mise en place et la gestion de réseaux de prévisions hydrologiques et hydro-écologiques à l’échelle des bassins fluviaux;

- la programmation et la planification d’ouvrages et d’aménagements hydrauliques à l’échelle des bassins versants et autres zones adéquates menacées d’ensablement;

- le renforcement du cadre législatif et réglementaire pour l’application des lois et codes en vigueur;

- la promotion de la coopération internationale, intergouvernementale et intercommunautaire en matière de mise en valeur et de gestion intégrées des ressources en eau, notamment les ressources partagées transfrontières des fleuves originaires de Guinée;

- le développement de programmes de formation-information-sensibilisation du public impliqué dans la gestion des ressources en eau.

6.4  Cadre législatif et réglementaire

En République de Guinée, le gouvernement a mis en place des lois régissant les domaines du secteur des ressources naturelles.

C’est pourquoi, au niveau de chaque secteur, le principal instrument législatif en vigueur est constitué par :

6.4.1 Secteur de l’eau : La Loi L/94/005/CTRN du 14 février 1994 portant “Code de l’Eau” en République de Guinée, qui régit la gestion rationnelle des ressources en eau du pays avec comme unité de base définie “le bassin versant ou groupe de bassins versants”.

Elle traite :

1. du régime juridique des ressources en eau;

2. du droit d’utilisation et de l’ordre de priorité;

3. des utilisations des ressources en eau;

4. des eaux souterraines;

5. de la prévention des effets nuisibles des eaux;

6. des ouvrages et aménagements hydrauliques;

7. de la protection de la qualité des eaux;

8. des zones de protections et de l’administration des ressources en eau;

9. de la planification et de l’administration des ressources en eau;

10. du financement et de la tarification

11. du fonds de l’hydraulique;

12. des eaux internationales.

6.4.2 Secteur de l’environnement : Le “Code de l’Environnement” fut promulgué par Ordonnance N° 45/PRG/SGG/87 du 28 mai 1987. Il traite particulièrement des eaux continentales (eaux souterraines et de surface), des eaux maritimes ainsi que des établissements classés pour la protection de l’environnement.

Ce Code a pour objet d’établir les principes fondamentaux destinés à gérer et à protéger l’environnement contre toutes formes de dégradation afin de protéger et valoriser l’exploitation des ressources naturelles, lutter contre les différentes pollutions et nuisances et améliorer les conditions de vie du citoyen, dans le respect de l’équilibre de ses relations avec le milieu ambiant.

6.4.3 Secteur forestier : Le “Code forestier” fut  promulgué par Ordonnance N° 08/PRG/SGG/89 du 20 décembre 1989. Il traite de la conservation des eaux et des sols en relation avec les ressources forestières et faunistiques.

6.4.4 Secteur minier : Le “Code minier” fut  promulgué en 1986 et révisé en 1995. Il  traite des eaux souterraines et des gîtes géothermiques.

6.4.5 Secteur domanial et foncier : Le “Code foncier et domanial” fut promulgué par Ordonnance N° O/92/019/PRG/SGG du 30 mars 1992. Il traite des problèmes d’assainissement et d’hydrologie urbaine.

Enfin, en matière de législation et de réglementation, les acquis présentés plus haut sont éloquents. En outre, cela se justifie aussi par la signature de la Convention Internationale sur la Lutte contre la Désertification et/ou la Sécheresse, dont la Guinée est membre signataire depuis le 14 octobre 1994. Nous pouvons préciser que ce fléau de désertification menace l’existence de 900 millions de personnes réparties sur plus de 90 pays de par le monde.

La Convention met en place un cadre pour l’élaboration de programmes nationaux et sous-régionaux dans le cadre de la lutte contre la désertification et les effets de la sécheresse dont l’ensablement et le déplacement des dunes. Elle privilégie à cet égard l’approche participative de manière à assurer pleinement la prise en compte des préoccupations de l’ensemble des partenaires de terrain.

Elle interpelle les pays développés à mobiliser des ressources financières et à favoriser le transfert de technologie en direction des pays en développement touchés.

Elle intègre, en outre, les échanges d’informations et de programmes de formation et de recherche.

7. Inventaire des techniques de lutte contre l’ensablement en République de Guinée

Les actions menées en Guinée pour la lutte contre l’ensablement s’articulent principalement sur la protection et la gestion rationnelle de ses ressources naturelles que sont les sols, les forêts, la faune et les cours d’eau.

Devant la situation créée par la sécheresse, la Guinée a envisagé diverses mesures à court et long termes.

7.1 Dans le secteur de l’agriculture et de l’élevage

Par suite des réductions sensibles des précipitations dans tous le pays, une nouvelle stratégie de développement agricole est mise en place :

7.1.1 Agriculture :

- l’amélioration des techniques culturales ;

- l’orientation vers les cultures intensives à haut rendement ;

- l’encadrement des paysans, coopérative etc.;

- l’introduction de nouvelles semences et variétés;

- la maîtrise de l’eau par les aménagements hydrauliques (petits barrages, irrigation et drainage);

-l’aménagement des pistes rurales et commercialisation des produits;

- la relance des cultures fruitières et industrielles;

- la pratique de l’agro-foresterie.

7.1.2  Elevage

- l’amélioration des techniques d’élevage (la santé animale et la production de viande et de lait);

- l’amélioration de la gestion de l’espace pastorale dans ces zones;

- l’organisation des éleveurs en unités pastorales;

- la mise en place des services de vulgarisation de l’élevage;

- la formation des éleveurs dans le cadre d’un programme d’alphabétisation fonctionnelle.

7.2  Dans le secteur forestier

7.2.1  Protection des sols et des cours d’eau par le reboisement

Depuis les années 1960, la Guinée consacre de gros investissements dans le secteur forestier pour la protection des cours d’eau. Nous savons que sans forêts pas de pluie, pas de cours d’eau, et sans pluie, pas de forêts, donc pas de cours d’eau.

Partant, le moyen de lutte le plus efficace contre l’ensablement, c’est le reboisement des bassins versants et les têtes de sources.

C’est pourquoi le gouvernement guinéen en matière de politique forestière, s’est penché surtout sur la formation des cadres et la recherche, comme dans beaucoup d’autres secteurs. Cele se justifie par la création de plusieurs centres de formation et de recherches forestières au sein desquels on expérimente toutes les techniques de reboisement et de cultures d’essences forestières nouvelles à croissance rapide.

A cet effet, le nombre de pépinières forestières dans le pays est tellement important qu’il permet de couvrir les besoins de la Guinée en plants et même pour l’exportation.

Le territoire national pris dans son ensemble est couvert par des centaines de milliers d’hectares en reboisement artificiel avec des essences forestières à croissance rapide (pin, sapin, gmélina, eucalyptus et une grande variété d’espèces d’acacia etc.).

A ces plantations artificielles s’ajoutent les milliers d’hectares de forêts classées qui regorgent un potentiel considérable et varié de ressources faunistiques.

Entre 1973 et 1978, la Guinée a investi plus de 300.000.000 de FCFA pour la protection et la lutte contre la sécheresse, efforts faits en amont pour protéger les régimes des cours d’eau, dont quatre (4) pays du Sahel sont autant bénéficiaires parce que tributaires des fleuves Niger et Sénégal (Bafing) et leurs affluents.

Présentement, c’est la Guinée qui abrite le siège du Projet Régional OUA portant sur l’aménagement intégré du massif du Fouta-Djallon et en tant que “château d’eau naturel” pour la sous-région ouest africaine (Guinée, Guinée Bissau, Gambie, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Sierra-Léone sont membres du Projet Régional OUA).

Les objectifs de ce projet visent la protection des sols et des cours d’eau et leur restauration contre la dégradation sous toutes ses formes. Et cela en parfaite collaboration avec les populations bénéficiaires du terrain.

Après le projet intégré du Fouta-Djallon, nous avons les bassins représentatifs (BRP) qui s’occupent aussi de la conservation et de la restauration des sols. Plusieurs services techniques sont impliqués dans le programme national de reboisement qui consiste à des aménagements sous forme de ceinture verte avec des essences forestières à croissance rapide.

Enfin, le reboisement communautaire vient en appui à l’action gouvernementale pour la lutte contre la sécheresse et la dégradation des sols.

A titre d’exemple, essayons de faire l’évaluation du coût d’une parcelle de reboisement communautaire de 200 plants avec un taux de regarnis de 20 % en deux (2) années.

Poste 1 : ronce artificielle (450 m pour 100 m de clôture).

On suppose que le bois de clôture est fourni par la population pour un prix de 4.500 FCFA/rouleau de 100 m, soit 4.500 FCFA x 18 = 81.000 FCFA.

Poste 2 : fil d’attache galvanisé (1 kg pour 160 m de clôture) : 700 FCFA x 2,5 = 1.750 FCFA.

Poste 3 : Outillage

Pelle bêche 2.300 FCFA x 23 = 4.600 FCFA

Pince coupante : 2.200 FCFA

Poste 4 : Coût du tracteur

5000 FCFA x 3 heures = 15.000 FCFA

Poste 5 : Produits phytosanitaires

Diel poudre : 400 FCFA x 0.025 x 2.000 x 1,2 = 2.640 FCFA

Poste 6 : Engrais NPK

115 x 0,15 x 200 x 1,2 = 4.140 FCFA

Poste 7 : Plants d’acacia

200 x 1,25 = 1.200 FCFA

Coût total : 112.530 FCFA par ha, disons 115.000 FCFA/ha

7.2.2  Protection des sols,  de la faune et de la flore par les parcs nationaux

Deux parcs nationaux existent en Guinée grâce à la coopération avec les partenaires étrangers : ce sont le Parc Niokolo-Badiar et le Parc National du Haut Niger.

Il faut noter que le Parc National du Haut Niger (PNHN) est situé en Haute Guinée, au confluent du fleuve Niger et de la Rivière Mafou dans un complexe forestier ou agro-forestier d’environ 4.000 km2. Ce parc s’étend sur trois (3) préfectures (Faranah, Kouroussa et Dabola). Il y a trois (3) forêts classées : la Mafou 52.400 ha, l’Amana 19.800 ha et la Tamba 15.900 ha.

La participation des populations dans la gestion de leur terroir est un gage certain pour la réussite dans la conservation de la nature au sein des parcs nationaux.

Nous pouvons conclure que toute opération d’aménagement en vue d’une protection de nos écosystèmes devront concourir à l’amélioration du niveau de vie des populations. Ceux-ci devront participer à leur propre développement et apprendre à gérer de façon rationnelle leur espace vital.

A l’instar des parcs nationaux, tous les projets du type protection de nos ressources naturelles doivent concourir vers les mêmes programmes, c’est-à-dire :

- restaurer la nature;

- activer la réalisation des programmes hydrauliques;

- parer à l’ensablement des cours d’eau et des puits;

- créer des aires d’ombrage autour des points d’eau;

- protéger les mares existantes;

- renforcer la mise en défends les zones dégradées;

- surveiller obligatoirement le troupeau et  harmoniser l’équilibre bétail-pâturage;

- redynamiser la luttte contre les feux de brousse;

- rechercher une solution de compromis aux litiges fonciers;

- multiplier les infrastructures socio-éducatives, de santé et hygiène;

- reboiser l’espace dégradé autour et dans les villages;

- protéger et entretenir les plantations en procédant à des regarnis;

- lutter efficacement contre l’érosion éolienne par le reboisement des zones dégradées.

Après une analyse profonde de la problématique de la lutte contre la désertification, cause de l’ensablement et des dunes en République de Guinée et dans les pays du Sahel, il va s’en dire que malgré les moyens, les politiques et les mesures mis en place par le gouvernement guinéen pour enrayer ce fléau de dégradation, il y a aussi des contraintes et des faiblesses qui entravent l’exécution des programmes et l’application des lois juridiques.

8. Contraintes et faiblesses

8.1 Contraintes liées à la disparité géographique des zones

- La première contrainte réside dans la répartition spatiale inéquitable des ressources naturelles entre les régions et zones d’intérêt du pays.

- La deuxième contrainte est celle liée à l’irrégularité pluviométrique entraînant l’inondation et l’assèchement des cours d’eau.

- La troisième contrainte réside dans le caractère international de la plupart des cours d’eau.

8.2 Contraintes au plan politique et stratégie de mise en œuvre pour la gestion des ressources naturelles

Elles se traduisent par l’absence, à cette date, d’une politique nationale bien définie en la matière et l’insuffisance des instruments législatifs et réglementaires spécifiques.

8.3 Contraintes liées aux problèmes institutionnels et de ressources humaines évoluant sur le terrain

L’examen du cadre institutionnel et administratif indique une multiplicité d’organismes et services impliqués dans différents volets de la gestion et de la protection des ressources naturelles de la Guinée, placés sous la tutelle de divers Départements ministériels dont les plans et programmes d’action ne sont pas harmonisés.

C’est ce qui pousse les paysans sur le terrain à une réticence, ne sachant plus qui écouter ou non.

8.4 Contraintes liées à la gestion des ressources trans-forestières

La contrainte principale pour la Guinée, en liaison avec cette position de château d’eau, réside dans son obligation de solidarité dans tout mécanisme ou institution de coopération intergouvernementale pour la mise en valeur et la gestion des eaux partagées de ses fleuves transfrontières, avec tout ce que cela lui coûte en matière de contributions nationales, financières et humaines, pour le fonctionnement de ces organismes de coopération (OMVG, ABN, etc.).

8.5 Contraintes liées à la collecte des données, la documentation et la diffusion de l’information

Les services et organismes chargés de la collecte et du traitement des données de base et d’accompagnement nécessaires à une bonne gestion des ressources, souffrent d’un manque ou d’une insuffisance des équipements techniques.

8.6 Contraintes liées à la complexité et à la fragilité des écosystèmes

Le milieu physique, le climat, les sols, la végétation, l’eau, l’homme et les animaux sont autant des paramètres difficiles à maîtriser, ceci à cause des effets néfastes ou positifs de l’action des uns sur les autres.

Enfin, nous pouvons terminer cette communication sur la lutte contre l’ensablement et la stabilisation des dunes en République de Guinée sans proposer un modèle théorique de schéma en aménagement intégré pour la lutte contre la sécheresse et l’ensablement.

9. Modèle schématique théorique pour l’analyse critique d’une formule d’aménagement

9.1 Définition de l’aménagement

L’aménagement est un acte de transformation d’un milieu pour en utiliser rationnellement ses potentialités.

Il s’agit donc d’une artificialisation volontairement organisée sur un espace donné pour en améliorer la productivité ou pour atténuer l’effet des “crises” qui peuvent l’affecter (exemple : l’ensablement d’une zone sous l’effet de l’érosion éolienne).

L’aménagement en lui-même constitue un résultat, un acte final à propos duquel il est utile de rappeler les phases de conception d’un modèle qui l’ont précédé, afin de susciter une réflexion commune.

9.2  Modèle théorique (voir schéma)

On a pris en compte les différents aspects que pouvait revêtir un problème posé et d’établir un plan d’intervention qui évite, dans toute la mesure du possible, les erreurs par défaut.

Ce schéma demeure cependant théorique et nécessite d’être mis à l’épreuve de la réalité sur le terrain; le souci est d’abord de soulever une réflexion sur les thèmes suivants :

- aménagement et disciplines impliquées, problème de l’interdisciplinarité;

- agents et destinataires des projets d’aménagement;

- impacts socio-économiques.

 

10. Conclusion

Le phénomène de la sécheresse, de la désertification et de l’ensablement en Afrique de l’Ouest en particulier et en Afrique en général, a été démontré dans toute son ampleur dans la présente communication.

Compte tenu de la place prépondérante des ressources naturelles (eau, sol, faune et flore) dans le développement économique et social de la Guinée et de l’Afrique, la protection de la santé et la sauvegarde de l’environnement, la protection de ces denrées précieuses revêt une importance capitale.

Dans cette optique, la stratégie à adopter doit nécessairement apporter une réponse appropriée à l’adéquation des besoins et des ressources dans une perspective durable tenant compte des exigences environnementales.

Au cours de cette communication, les révélations faites sur les pertes en vies humaines et en bétail provoquées au cours de l’année 1973 par le manque d’eau et d’aliments dans les pays du Sahel, doivent interpeller chacun de nous et nos gouvernements respectifs en vue des solutions heureuses pour nos populations.

D'où la mise en œuvre de stratégies qui requièrent l’adoption des mesures institutionnelles visant à :

- instaurer un cadre de concertation approprié pour l’adoption d’une politique de protection de nos écosystèmes fragiles;

- garantir l’application effective des plans stratégiques de gestion et de valorisation de nos ressources (eau, sol, faune et flore).

C’est pourquoi nous saisissons l’opportunité de la tenue de ce présent séminaire-atelier , pour lancer un appel solennel à nos gouvernements respectifs afin d’accorder la priorité à la protection de la nature et de son environnement, par la mise à disposition de nos services de l’administration chargés de ces secteurs les moyens financiers et techniques suffisants.

Pour les réaliser, aucun sacrifice ne doit être épargné, car il s’agit de sauver notre Continent de l’une des plus grandes calamités que l’humanité ait connues jusqu’ici.

BIBLIOGRAPHIE

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- Désertification au Sud du Sahara. Colloque de Nouakchott, 17-19 décembre, Dakar.

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3. UNESCO (1974),

- Réunion régionale sur les besoins en matière de recherches écologiques intégrées et de formation dans la région du Sahel. Rapport final N° 18. MAB, Niamey.

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Réflexion sur les facteurs explicatifs de la réalité pastorale au Sahel. CPU, Dakar, CILSS.

7. CILSS (1983),

Remarques générales des mémoires sur les questions d’aménagement intégré au Sahel. CPU, Dakar.

8. CILSS (1984),

Mémoires de fin d’études de la promotion 1983/1984 en aménagement intégré au Sahel. CPU, Dakar.

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Etude de la sécheresse. Conakry.

10. FALL A.O. (1984),

Stratégie en matière de contrôle des feux de brousse au Sénégal. CPU, Dakar, CILSS.

11. Direction nationale de l’Hydraulique (1996),

Séminaire national consacré à l’élaboration des textes d’application du Code de l’eau en République de Guinée. Conakry.

12. DIALLO A.K. (1996),

Gestion des ressources en eau en République de Guinée. Communication à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau. Direction nationale de l’Hydraulique, Conakry.

13. Code sur la protection et la mise en valeur de l’environnement (1987), République de Guinée.

14. Code forestier (1989), République de Guinée.

15. Code minier de 1989-1995, République de Guinée.

16. Code foncier et domanial (1992), République de Guinée.

17. Loi L/94/005/CTRN (1994),

“Code de l’Eau de la République de Guinée”, République de Guinée.


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