Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

 
LA LUTTE CONTRE L’ENSABLEMENT ET POUR LA STABILISATION DES DUNES
 



EXPERIENCE DU NIGER EN MATIERE DE LUTTE CONTRE L’ENSABLEMENT

 ZABEIROU TOUDJANI

Direction des Eaux et Forêts

Niamey, Niger

Résumé : La République du Niger est l’un des pays du Sahel les plus menacés  par la désertification en général et l’ensablement en particulier.

Le phénomène de l’ensablement a pris beaucoup d’ampleur depuis les années 70 à nos jours.

Il sévit partout dans le pays et se généralise dans les Départements de Zinder, Diffa et Agadès.

Face à cette menace, désormais permanente, le gouvernement du Niger a mis en œuvre avec ses partenaires au développement, un Projet de lutte contre l’ensablement des terres de cultures dans les Départements de Zinder et Diffa.

Sur la base de la démarche de l’approche participative utilisée lors de son exécution, le projet a su mobiliser les populations cibles autour des actions de lutte contre l’ensablement de leurs terroirs.

Des résultats importants ont été obtenus par le projet : réussite de la démarche participative, maîtrise des techniques utilisées de fixation des dunes par les populations, disparition de l’esprit de fatalité, etc …

1. Introduction

La République du Niger, d’une superficie de 1.270.000 km2, enclavée, est l’un des pays du Sahel les plus menacés par la désertification en général et l’ensablement en particulier.

Ecologiquement, le Niger comprend :

- une zone désertique,

- une zone pastorale,

- une zone agro-pastorale,

- une zone agricole.

Climatiquement, il est caractérisé par un climat de type sahélien avec une longue saison sèche (8 à 9 mois) et une courte saison des pluies (3 à 4 mois) (annexe 1).

Secouée de plein fouet par les sécheresses récurrentes des années 70 et 80, la République du Niger a connu d’importantes transformations écologiques.

De nombreuses formations forestières ont cédé le pas à des steppes arbustives et herbacées avec la présence d’arbres dispersés ayant résisté à la calamité.

Le phénomène de l’ensablement a pris beaucoup d’ampleur depuis les années 70 à nos jours  période sèche en comparaison avec celle des années 50 et 70.

Ces facteurs climatiques de dégradation des écosystèmes ont vu leurs efforts se démultiplier par une gestion irrationnelle des ressources naturelles fragiles (coupes abusives de bois verts, agriculture sur brûlis laissant sur le sol très peu de résidus agricoles, surpâturages etc.).

La fertilité des terres agricoles a diminué de manière drastique, ce qui, avec la chute de la pluviométrie, a entraîné la faiblesse des productions agricoles.

Le spectre de la famine est quasi-endémique. C’est pour ainsi dire que la désertification en général et l’ensablement en particulier pèsent sur le développement socio-économique du Niger. Leurs conséquences inestimables sont perceptibles à travers la formation des dunes çà et là sur la quasi-totalité de l’étendue du pays, surtout dans ses parties septentrionale et orientale, menaçant les terres de cultures et les pâturages, les oasis, les cuvettes, les villages et les infrastructures socio-économiques.

Face à la dégradation de l’environnement écologique des terroirs villageois, le gouvernement du Niger s’est donné des axes de stratégies pour freiner le tendance et restaurer les ressources de base de la production agro-pastorale.

Ces axes de stratégie se sont traduits par :

- l’organisation en 1982, à Zinder, d’un séminaire national sur les conditions d’intervention en milieu rural qui recommanda notamment d’associer les populations à la conception et à la mise en œuvre de tous les programmes de développement rural;

- la tenue d’un séminaire national sur la désertification à Maradi en 1984, où un engagement formel fut pris par les autorités et cadres pour organiser les populations rurales en vue de lutter contre la désertification et pour assurer l’autosuffisance alimentaire à long terme du pays et ce, en s’appuyant sur deux volets principaux que sont l’augmentation de la production agricole et la maîtrise des techniques d’élevage;

- l’élaboration, avec le concours du CILSS, d’un Plan directeur de lutte contre la désertification en 1985. Ce plan directeur a défini, pour les diverses zones écologiques et par départements, les grandes lignes des programmes d’action à mener;

- l’adoption pour le pays d’un Plan quiquennal (1987-1991) de développement économique et social reflétant pour le secteur rural la préoccupation d’aménagement et de développement intégré des terroirs et  prenant en compte les aspects de lutte contre la désertification et la reconstitution du potentiel agro-sylvo-pastoral.

C’est pour parvenir aux buts contenus dans ce Plan quinquennal du développement économique et social du pays, surtout en ce qui concerne le secteur du développement rural et celui du sous-secteur forestier (protection et réhabilitation des ressources naturelles pour le développement d’une agriculture durable), qu’une série de projets ont été conçus et mis en œuvre avec le concours des partenaires extérieurs et les populations.

Certains de ces projets sont venus compléter çà et là les efforts déployés par les collectivités en matière de stabilisation des dunes.

Le phénomène de l’ensablement prenant de plus en plus de l’ampleur dans le pays surtout dans sa partie Centre-Est, à la demande du gouvernement un projet type de lutte contre l’ensablement des terres de cultures a été conçu et mis en œuvre dans les Départements de Zinder et Diffa avec ses partenaires au développement.

Ainsi donc, après avoir précisé l’organisation des moyens mis en œuvre et le bilan des actions menées en matière de lutte contre l’ensablement au Niger, la présente communication débouchera sur l’expérience acquise durant les cinq (5) années d’exécution du Projet de lutte contre l’ensablement des terres de cultures dans les Départements de Zinder et Diffa.

2. Organisation des moyens mis en œuvre en matière de lutte contre l’ensablement au Niger

2.1 Organisation administrative

De manière générale, la politique environnementale en République du Niger est menée par le Ministère chargé des Eaux et Forêts, en l’occurrence le Ministère du Développement rural, de l’Hydraulique et de l’Environnement (MDR/HE).

Ce Ministère regroupe un certain nombre de Directions techniques parmi lesquelles la Direction de l’Environnement et celle de la Faune, Pêche et Pisciculture, chargées de l’application de la politique gouvernementale en matière de l’environnement en général et de lutte contre l’ensablement en particulier.

2.1.1  Organisation des  directions

2.1.1.1  Direction de l’Environnement

Elle comprend :

- un Secrétariat de Direction,

- un Service de sylviculture et de restauration des terres (S.S.R.T.),

- un Service des peuplements naturels et de l’appui à la gestion des terroirs       (S.P.N.G.T.),

- un Service de lutte contre les pollutions et les nuisances (S.L.P.N.)

- un Bureau d’inspection des Projets et Services (B.I.P.S.),

- une Brigade territoriale de protection de la nature (B.T.P.N.); commune avec la Direction de la Faune, Pêche et Pisciculture),

- une Unité technique d’appui (U.T.A.),

- une Cellule administrative et financière (C.A.F.),

- des Projets à couverture nationale.

2.1.1.2  Direction de la Pêche, Faune et Pisciculture

Elle comprend :

- un Secrétariat de Direction,

- un Service d’aménagement des pêcheries (S.A.P.),

- un Service de l’aquaculture (S.A.),

- une Brigade territoriale de protection de la nature (B.T.P.N.) commune avec la Direction de l’Environnement,

- une Cellule administrative et financière (C.A.F.),

- des Projets à couverture nationale.

Au niveau régional, les deux  Directions sont représentées par les Directions départementales de l’Environnement qui sont chargées d’exécuter sur le terrain les activités liées à la politique environnementale du pays.

2.1.2 Service de sylviculture et de restauration des terres

Il est l’un des services techniques de la Direction de l’Environnment. Il est chargé de l’application de la politique environnementale dans les domaines liés à la sylviculture et à la restauration des terres à travers la planification, le suivi et l’évaluation des opérations de conduite des vergers à graines, de conservation et de traitement des semences forestières, de reboisement, de plantations, de mise en défens, de CES/DRS, de stabilisation des dunes en rapport avec les services et projets concernés.

2.2 Ressources humaines et financières

2.2.1 Ressources humaines

Il n’y a pas des ressources humaines spécifiquement déployées pour la lutte contre l’ensablement.

Cependant, les cadres des Eaux et Forêts à travers les deux Directions précitées et les autres services décentralisés sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de mener cette action là où c’est nécessaire.

2.2.2 Ressources financières

En matière de lutte contre l’ensablement, les ressources financières se limitent au financement des fiches d’opération au niveau des collectivités et quelques actions ponctuelles de fixation des dunes au niveau de certains projets. Les seules ressources financières véritablement acquises sont liées au financement du Projet de lutte contre l'ensablement des terres de cultures dans les Départements de Zinder et Diffa.

3. Bilan des actions menées contre l’ensablement au Niger

L’ensablement des terres de cultures, des cuvettes, des pâturages, des habitations et des infrastrucutres socio-économiques est l’une des manifestations les plus visibles de l’ensablement au Niger.

Il sévit partout dans le pays et se généralise dans les Départements de Zinder, Diffa et Agadèz. Il est préoccupant sur certains endroits des Départements de Tahoua, Maradi, Tillabéry et menace dangereusement le fleuve Niger.

La conséquence la plus évidente en ce qui concerne les zones des cultures est la stérilisation de sols qui deviennent ainsi défavorables à tout développement de la végétation.

Les actions de lutte contre l’ensablement au Niger ont débuté relativement tard vers les années 70. Les premières expériences sont : la fixation de la dune de Morey dans l’Arrondissement de Keita et celle de Yagalalane dans celui de Bouza par le CWS et CARE International respectivement.

Les résultats concluants de ces deux opérations ont permis de lancer un vaste programme auquel plusieurs projets ont contribué.

Ainsi donc, quelques actions isolées de fixation des dunes ont été réalisées çà et là dans le pays sans mesurer l’ampleur du phénomène qui va en s’amplifiant.

Pour pallier cette insuffisance et pour faire face au phénomène de l’ensablement qui est désormais une menace permanente pesant sur le développement socio-économique du pays, le gouvernement, avec ses partenaires au développement a mis en œuvre un Projet de lutte contre l’ensablement des terres de cultures dans les Départements de Zinder et Diffa.

Comme indiqué en introduction, la présente communication s’articulera autour de l’expérience acquise sur le projet précité et le bilan des actions menées contre l’ensablement au Niger et sera complété par les résultats obtenus lors de son exécution.

4. Projet de lutte contre l’ensablement des terres de culture dans les Départements de Zinder et de Diffa : Projet NER/89/004

4.1 Genèse du Projet NER/89/004

Le Projet de lutte contre l’ensablement des terres de cultures dans les Départements de Zinder et Diffa (Projet NER/89/004) fait suite à une assistance préparatoire de 12 mois (juillet 1987 à juillet 1988) pour la mise d’un programme de lutte contre l’ensablement dans les Départements de Zinder et Diffa (TCP/NER/5653 et 6761).

Cette assistance préparatoire qui est financée par la FAO a permis lors de son exécution, de démontrer la faisabilité technique et la réelle possibilité et la volonté de participation des populations de lutter contre l’ensablement de leurs habitations, infrastructures socio-économiques et cuvettes.

Le projet NER/89/004 a démarré ses activités en septembre 1990 dans les Arrondissements de Gouré (Département de Zinder) et de Maïné-Soroa (Département de Diffa).

Avec le Département d’Agadez, ces deux régions constituent les zones par excellence des dunes de sable en République du Niger.

Prévu pour une durée de 4 ans, le Projet NER/89/004 a connu une phase transitoire de 16 mois.

Il a été co-financé par le gouvernement du Niger pour un montant en nature évalué à 182.440.000 F CFA*, le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) pour un montant en dollars des Etats-Unis de 3.393.326 et l’Agence américaine pour le Développement international (USAID) en 1993 pour le montant de 56.200.000 F CFA représentant sa contribution au financement de l’étude cartographique des situations d’ensablement dans les Arrondissements de Gouré et Maïné-Soroa.

Le Projet NER/89/004 était éxécuté par la FAO en coopération avec le gouvernement du Niger.

Sur la base de la démarche de l’approche participative adaptée au secteur forestier, l’équipe d’encadrement des populations a su les mobiliser de manière permanente pendant la durée d’exécution pour protéger leur terroir contre l’ensablement.

Les villages, les cuvettes humides, les terres de cultures pluviales, les pâturages gravement menacés sont soustraits à l’emprise de l’envahissement des sables.

Le résultat le plus probant est de démontrer, avec les populations, la faisabilité technique de la protection de leurs terroirs contre l’ensablement.

Désormais, les villageois sont convaincus qu’il est possible de freiner ou d’arrêter les dunes de sable en mouvement, mais il faut rester soudés, solidaires pour l’organisation de la lutte contre le fléau.

L’ampleur du phénomène de l’ensablement est grande dans la zone du projet.

Un millier d’hectares de fixation des dunes paraît une goutte d’eau dans un océan.

Les démarches d’assistance du projet par les villageois sont énormes, il était difficile pour ledit projet d’en couvrir le dixième en si peu de temps avec ses moyens.

Pourtant, il est suggéré un nouveau programme pour prendre en compte les requêtes formulées.

Le Projet NER/89/004, dont la 1ère phase fut achevée le 15 septembre 1994, a connu une phase transitoire de 16 mois (15 septembre 1994 au 7 février 1996) pour permettre, d’une part, aux populations cibles appuyées par l’équipe du projet de consolider les acquis techniques et organisationnels obtenus durant les 4 ans de son exécution et, d’autre part, au gouvernement de poursuivre la recherche de financement du Programme de lutte contre l’ensablement des terroirs et d’aménagement des Cuvettes dans les Départements de Zinder et Diffa. Ce programme devrait faire suite au Projet NER/89/004.

Au terme de la phase transitoire le 7 février 1996, le programme n’a pas pu trouver de financement et le gouvernement continu jusqu’ici les négociations avec les bailleurs de fonds.

4.2  Contexte global dans lequel s’est déroulé le projet

L’Arrondissement de Gouré, dans le Département de Zinder, et celui de Maïné-Soroa, dans le Département de Diffa, constituent la zone d’intervention du Projet NER/89/004.

Les Départements de Zinder et Diffa, en République du Niger, subissent de plein fouet  les effets dégradants de la désertification.

Cette situation se traduit par une sécheresse devenue désormais récurrente dont les manifestations les plus importantes sont :

- le déséquilibre observé dans la répartition quantitative et qualitative de la pluviométrie dans le temps et dans l’espace;

- le déplacement des isohyètes du Nord au Sud, tranformant les zones autrefois agricoles en zones pastorales peu productives;

- la fragilisation plus accentuée des écosystèmes;

- l’appauvrissement des terres agricoles et des pâturages.

Les conséquences dramatiques de cette situation se reconnaissent à travers :

- la permanence des inquiétudes des populations qui chaque année vivent le spectre de la famine avec tous ses corollaires (attitudes de fatalisme qui bloquent toutes initiatives de lutte rurale, le découragement etc);

- la paupérisation des populations dont les pouvoirs d’achat ne font que décroître.

Bon an, mal an, les populations des Arrondissements de Gouré et de Maïné-Soroa n’arrivent pas à s’autosuffire sur le plan alimentaire à partir des cultures hivernales.

La sécheresse, l’érosion provoquée par les vents de sable déflationnaires, les pluies brèves et battantes ainsi que le ruissellement des eaux sur des pentes dénudées des sols fragiles, l’utilisation irrationnelle des maigres ressources naturelles par l’homme et le bétail constituent, dans les Départements de Zinder et de Diffa,  les principaux facteurs de dégradation des terres de cultures et des pâturages.

Cette situation préoccupante entraîne de lourdes conséquences sur la vie économique, sociale et culturelle des habitants des zones  Nord et  Est du Pays.

En effet, l’insuffisance et la mauvaise répartition des précipitations pluviométriques dans le temps et dans l’espace influencent de manière négative la production agricole; ce qui ne permet  pas de couvrir les besoins alimentaires.

Les pâturages s’appauvrissent et ne supportent que les charges pastorales minimums.

Dans ces zones, les populations se rabattent sur les cuvettes nombreuses dans les Arrondissements de Gouré et de Maïné-Soroa pour combler leurs déficits alimentaires. Elles les exploitent en cultures hivernales et de contre-saison pour produire des tubercules (manioc), des céréales (maïs, blé et sorgho), des cultures maraîchères (gombo, tomate, piment etc).

Les cultures de rente (canne à sucre) y sont également pratiquées. Depuis une vingtaine d’années environ, des bouleversements importants sont apparus dus à  :

- la sécheresse endémique;

- l’appauvrissement et la dégradation du couvert végétal;

- la formation des édifices dunaires de toutes sortes.

Le tissu écologique et économique de toute la région s’en trouve modifié et transformé au point que les populations, qui vivent la menace de la famine, s’interrogent sur leur avenir et leur survie.

Ces populations se demandent avec inquiétude comment s’organiser pour venir à bout des mouvements de sables qui envahissent en permanence leurs villages, terres de cultures, cuvettes, pâturages, reliques forestières, pistes et routes; pour arrêter l’évolution de la dégradation du couvert végétal de leur terroir; pour enfin reconstituer les ressources naturelles de base qui leur permettraient une agriculture capable d’assurer l’autosuffisance alimentaire.

C’est dans ce milieu aux contraintes climatiques sévères que les habitants adoptent des pratiques agricoles qui accélèrent la dégradation des ressources et c’est là que le Projet de lutte contre l’ensablement des terres et cultures a intervenu pour mobiliser les populations par approche participative, pour qu’elles parviennent de manière responsable, durable et efficace à protéger et à réhabiliter les ressources nécessaires à leur développement socio-économique.

Des techniques simples, maîtrisables et efficaces de lutte contre l’ensablement sont expérimentées, testées et enseignées.

4.3 Dispositions administratives

Le Projet NER/89/004 était sous la tutelle technique de la Direction de l’Environnement du Ministère du Développement rural, de l’Hydraulique et de l’Environnement. Il était exécuté par la FAO en coopération avec le gouvernement et supervisé techniquement par les deux Directions départementales de l’Environnement de Zinder et Diffa.

4. Objectifs de développement

Ils visent la satisfaction des besoins alimentaires et la lutte contre la désertification.

Sur la base de la démarche de l’approche participative, il convient d’engager des actions de lutte contre l’ensablement des terres de cultures et des infrastructures dans les Départements de Zinder et Diffa, plus précisément dans les Arrondissements de Gouré et de Maïné-Soroa, par :

- l’adoption, le perfectionnement et l’application des techniques de lutte contre l’ensablement;

- la réalisation des actions pilotes de fixation des dunes par les moyens mécaniques et biologiques dans ces zones;

- la sensibilisation des paysans au moyen d’un programme d’animation et de vulgarisation pour leur permettre de participer aux actions de lutte contre l’ensablement.

- la formation et l’entraînement sur le terrain des populations et des techniciens nigériens afin qu’ils puissent assurer la poursuite des diverses actions nécessaires à la lutte contre l’ensablement, en particulier après le retrait du projet;

- le développement des capacités de planification et d’exécution des services et projets des deux Départements de Zinder et Diffa dans le domaine de la lutte contre l’ensablement des terrois villageois.

Les résultats obtenus liés aux objectifs ci-dessus énumérés sont nombreux, c’est pourquoi il sera seulement précisé les résultats qui ont trait à la fixation des dunes qui était l’activité essentielle du Projet NER/89/004.

4.5 Résultats obtenus par le Projet en matière de fixation des dunes

De manière générale, sur l’ensemble des deux Arrondissements (Gouré et Maïné-Soroa) en quatre ans d’exécution du projet, les populations ont :

- produit 1.274.000 plants;

- réalisé la pose d’environ 300.000 mètres linéaires de palissades et claies (fixation mécanique);

- planté 1.109.000 plants sur 912 hectares de dunes menaçant les agglomérations et cuvettes (fixation biologique);

- réalisé 197 hectares de mise en défens qui ont été enrichies par des plantations et semis directs.

La participation des populations en homme/jour de travail a été évaluée à 426.532.

Le projet a enfin amené les communautés à s’organiser en 28 comités villageois de gestion des périmètres de protection.

Les seize mois de la phase transitoire ont permis de consolider les acquis techniques et organisationnels obtenus pendant les quatre années d’exécution du Projet NER/89/004.

La consolidation a trait au redressage et reprise de certaines claies et palissades et le colmatage des brèches par les populations.

Elle a permis aussi le regarnissage de certaines parcelles de fixation de dunes et  la redynamisation des comités villageois de gestion.

4.6  Inventaire des techniques utilisées

Les techniques de lutte utilisées en général au Niger, en particulier dans la zone du projet, sont la fixation mécanique et la fixation biologique.

La  méthode chimique de fixation des dunes n’est pas utilisée au Niger.

4.6.1 Fixation mécanique des dunes

Cette phase est nécessaire, voire indispensable, quant aux succès de la fixation biologique. Elle doit être réalisée avant la plantation.

La fixation mécanique comporte de nombreuses opérations qui sont menées par étape :

- l’étude du modelé dunaire;

- l’établissement du schéma de protection;

- la collecte des matériaux de fixation;

- la confection des panneaux de fixation;

- l’installation des palissades;

- l’entretien, la protection et le remplacement des palissades.

Les objectifs visés par la fixation mécanique, qui consiste à la pose d’obstacles inertes créant ainsi une accrétion au niveau du sol nu et exposé,  sont :

- le freinage de l’action des vents sur le remaniement et le transport des particules de  sable  par effet de brise-vent;

- la création de la surface des zones ensablées;

- la création des conditions favorables à la régénération naturelle des végétaux et à la plantation d’arbres sur les dunes;

- la protection des zones potentielles de menace.

4.6.1.1  Etude du modelé dunaire

Le modelé dunaire est une accumulation sableuse pouvant revêtir diverses formes. L’étude du modelé dunaire a pour but de faciliter l’établissement du schéma de protection et la détermination du type de clayonnage à mettre en place pour assurer une protection efficace contre la dynamique éolienne.

4.6.1.2 Principaux modelés dunaires observables dans la zone du projet

Ils  sont  les suivants :

- les lobes d’envahissement;

- les dunes à formes barkhanoïdes;

- les trains barkhaniques;

- les nebkas buissonnantes et fugitives;

- les voiles éoliens.

4.6.1.3 Etablissement du schéma de protection

Il vise essentiellement à rassembler sous forme de fiches les renseignements sur les édifices dunaires à fixer (la position géographique de la dune, l’accessibilité, l’origine et la dynamique des sables, le type de clayonnage à poser, les matériaux à poser et leur disponibilité, les superficies des dunes à fixer, les arbres à planter, l’identification des espèces à planter etc.).

Un exemple de fiche et schéma d’un village de la zone d’intervention du projet est annexé à la présente communication (annexe 2).

En fonction de la direction résultante des vents dominants, on peut distinguer trois formes de figures (annexe 3).

Pour les vents unidirectionnels, la figure se présentera sous forme de I.

Pour les vents ayant deux directions sensiblement égales ou soufflant obliquement par rapport à la zone à protéger, deux cas de figures se présentent (L) ou      (= L renversé).

Dans la zone du projet NER/89/004, en fonction des principales accumulations sableuses, on observe quatre modelés à partir desquels se forment les autres. Il s’agit des voiles éoliens, des nebkhas, des barkhanes isolées et des barkhanes jointives.

Les quatre modélés et leurs combinaisons peuvent présenter treize cas de figures possibles (annexe  4).

4.6.1.4  Types de clayonnage

Le but visé par le clayonnsage ou la pose des palissades sous forme de mailles plus ou moins serrées appelées claies, est de limiter à la surface des dunes le phénomène d’avalanche des sables, par la réduction de la distance que parcourt le vent entre les obstacles.

La densité des claies à poser est fonction de la ou des direction(s) résultante(s) des vents dominants, de leur force, du type de modelé, de l’état de la couverture végétale du sol :

- sur les voiles éoliens et nebkhas, une simple palissade périmétrale permettra de réduire la vélocité des vents, de stabiliser le sol et de créer les conditions suffisantes pour favoriser une régénération naturelle de la végétation, si le gardiennage est bien assuré;

- sur les barkhanes isolées, les claies à installer sont moyennement denses et croisées (posées tous les 20 mètres et croisées tous les 40 mètres : ce qu’on présente par le type de clayonnage 20/40). Les claies, distantes de 20 mètres, seront orientées perpendiculairement à la direction des vents dominants;

- sur les barkhanes jointives, formes très évolutives, on installera un clayonnage croisé pour serré (20/20), et ceci, quelle que soit la vélocité des vents.

4.6.1.5  Positionnement et caractéristiques des palissades

La pose des palissades sous forme de claies a pour but de créer une dune artificielle qui, au terme de son évolution, atteint son profit d’équilibre avec les fentes telles qu’elle ne pourra plus être franchie par les sables sous l’effet des vents.

Les palissades de base seront posées perpendiculairement à l’orientation résultante des vents dominants.

Pour remplir assez correctement son rôle, la palissade doit :

- être perméable aux vents afin d’en ralentir la vitesse d’une part et obliger le dépôt de sables sans provoquer des effets tourbillonnaires d’autre part;

- avoir une hauteur de 1 à 1,20 mètre.

Une plus grande ne se justifierait pas, parce qu’il faut le rappeler, 90% des sables déplacés le sont dans les 90 cm au-dessus du sol;

- être aussi durable que possible, les brèches dans les palissades anéantissent les résultats attendus;

- être confectionné, autant que possible avec les matériaux que l’on trouve.

4.6.1.6  Matériaux de fixation mécanique des dunes utilisés dans la zone du           projet

Au Niger et principalement dans la zone d’intervention du Projet NER/89/004, tous les matériaux utilisés sont d’origine végétale.

Les matériaux utilisés se résument par le tableau ci-après :

 

Par ailleurs, au Niger, il est utilisé en cas de leur disponibilité les boutures d’Euphormia basalmifera.

4.6.1.7 Piquetage, ouverture des tranchées et pose des palissades

Le piquetage sert à la précision de l’orientation des palissades à poser par rapport à la direction résultante des vents dominants.

L’identification de cette direction résultante des vents est une donnée très importante à maîtriser parce qu’elle conditionnera la réussite de l’opération de fixation méacanique.

Lorsque l’on veut réaliser le piquetage avec précision, on peut se servir d’une boussole de terrain pour guider les acteurs.

L’ouverture des tranchées suivra le ou les lignes de piquetage. Il s’agit du creusage d'un trou longitudinal à l’aide des pelles rondes à manches solides ou de dabas quand le sol est dur, de 40 cm de large et de 50 à 70 cm de profondeur.

La pose des palissades consiste à aligner dans les tranchées, les matériaux tressés ou non et à la boucher en tassant bien fort le sable autour de la palissade et enfin à aménager un bourrelet autour de la claie en vue d’éviter son déchaussement.

4.6.1.8 Entretien des palissades par rehaussement et  colmatage des brèches

Quelque soit le matériau avec lequel une palissade est confectionnée, il faut la protéger constamment de toute détérioration.

Toute brèche, toute dégradation constatée doit être corrigée sans délai, sinon les trous ainsi créés amènent les vents à pénétrer à l’intérieur du dispositif de protection à des vitesses décuplées (sifflets d’air), ce qui entraînera la remise en mouvements des sables et diminuera l’efficacité de la palissade.

Une palissade remplissant bien son rôle peut être partiellement ou totalement ensevelie par les vents.

Son rehaussement dans ces conditions est exigé et devra commencer dès que la hauteur de l’ensevelissement atteint 10 à 15 cm du bord supérieur de la palissade.

4.6.1.9  Gardiennage des palissades

Le gardiennage des palissades dans les trois premières années de leur pose s’impose. Dans la zone du projet, les populations s’organisent pour assurer ce gardiennage en vue du maintien et de la consolidation des acquis.

4.6.2  Fixation biologique des dunes

Après la stabilisation des sables par les opérations mécaniques, il est indispensable des fixer de manière définitive les dunes en provoquant leur recolonisation par la végétation.

Le but essentiel visé est de recréer l’ambiance du passé, c’est-à-dire la reconquête des espaces nus et des dunes mouvantes en les couvrant d’une végétation aussi dense que possible soit par :

- la régénération naturelle des espèces arbustives et herbacées;

- les plantations d’espèces végétales pérennes adaptées aux conditions de l’aridité et de pauvreté des sols, à la croissance rapide, résistantes aux effets déchaussants et abrasants des vents.

4.6.2.1 Espèces expérimentées et utilisées en fixation biologique des dunes par le Projet NER/89/004

Le principe fondamental ayant guidé au choix des espèces est l’observation de terrain; il faut savoir copier la nature.

Il fallait donc identifier les espèces végétales les plus courantes qui se sont maintenues et qui se développent sur chaque modelé dunaire observé, malgré les conditions climatiques difficiles des trois dernières décennies (sécheresses récurrentes).

Il a été tenu compte des essais antérieurs de fixation biologique des dunes dans la zone d’intervention du projet des connaissances et besoins des populations.

Enfin, il a été introduit de plantes qui tiennent compte des possibilités d’approvisionnement en semence de bonne qualité.

Les principales espèces utilisées au Projet NER/89/004 sont :

- sur dunes vives actives (types barkhanes isolées et jointives) Prosopis chilensis (55 %), Prosopis juliflora (30 %), Parkinsonia aculeata (10 %), Acacia holosericea (5%).

On pourrait reprocher ici l’utilisation presqu’exclusive d’espèces exotiques. Dans certaines conditions, elles sont malheureusement les plus adaptées, elles ont donné des résultats spectaculaires, elles sont acceptées par les populations, elles se sont malgré tout acclimatées au Niger car introduites depuis plus d’une décennie.

- sur les dunes semi-fixées, à moitié stabilisées (types nebkhas à Pergularia tomentosa, dans les espaces et replats interdunaires), il a été planté Prosopis juliflora qui a souffert beaucoup de la concurrence herbacée et du manque d’eau dû à l’évaporation intense sur ces types de sol (20 à 30 %), Acacia sénégal qui croît lentement, mais qui s’adapate très bien à ces conditions (40 à 50 %), Leptadenia pyrotechnica aussi adapté que Acacia sénégal (5 à 10 %), Acacia nilotica, moins rustique que Leptadenia pyrotechnica et Acacia senegal, mais qui se maintient bien sur les plantes non exposées aux vents dominants;

- sur les voiles éoliens et glacis d’érosion, Acacia sénégal (50 %), Acacia raddiana (10 %), Acacia nilotica (10 %), Balanites aegyptiaca (10 %), Ziziphus mauritania (10 %), Bauhinia rufescens (10 %).

4.6.2.2  Densité des plantations

Les écartements des plantations à adopter seront fonction du modelé dunaire et du type de protection à réaliser.

Sur les barkhanes isolées et jointives, mouvantes, il a été planté à écartement de 3 x 3 m ou de 3 x 4 m; ceci pour obtenir une couverture rapide du sol. L’idéal serait d’adopter un écartement de 4 x 4 m en quinconce.

Sur les nebkhas à Pergularia tomentosa et  les voiles éoliens, les plantations sont réalisées à écartement de 4 x 4 m ou 5 x 5 m.

4.6.2.3  Entretien des plants

Pour parvenir, dans un délai raisonnable, à la réalisation de la fixation biologique des dunes, les arbres mis en place doivent être bien entretenus, correctement suivis et bien protégés contre la divagation des animaux.

4.6.2.4  Paillage

Le paillage, qui se fait à travers l’épandage du fumier en cas de disponibilité, a donné de très bons résultats sur voiles éoliens très érosifs et nebkhas.

Sur les crêtes des dunes mouvantes, l’accrétion des sols et le piégeage des sables s’obtiennent avec succès en étalant sur les parties nues, les résidus agricoles et de Leptadenia pyrotechnica et rachis de Hyphaena thebaïca utilisés pour les palissades.

4.7  Evaluation des coûts de fixation des dunes à l’hectare

Elle est faite sur la base des données recueillies dans les Arrondissements de Gouré et de Maïné-Soroa, zone d’intervention du projet.

4.7.1   Production des plants

La production d’un plant est évaluée à 48 F CFA pour les pépinières de petite et moyenne capacités.

4.7.2  Mise en place des palissades et claies

En fonction du modelé dunaire et de la densité des palissades et claies à poser, le coût des opérations de fixation des dunes par les procédés mécaniques peut être évalué par hectare comme suit :

4.7.2.1 Sur voiles éoliens et/ou sur les nebkhas buissonnantes à Pergulania      tomentosa.

400 mètres linéaires de palissades et claies, clayonnage non croisé formant un carré de 100 mètres de côté :

4.7.2.2 Sur dunes se présentant sous forme de barkhanes isolées et barkhanes jointives (clayonnage 20 x 20 et 40 x 40 m croisés diversement).

 

4.7.3 Opérations de fixation des dunes par les moyens biologiques

Sur les voiles éoliens et/ou sur les nebkhas buissonnantes à Pergularia tomentosa

(présence de couverture végétale plus ou moins dispersée) :

Coût de plantation d’un hectare :

Le coût à l’hectare des opérations de fixation biologique sur les voiles et/ou sur les nebkhas est idem sur dunes se présentant sous formes de barkhanes isolées et barkhanes jointives.

4.7.4 Coût total de fixation des dunes (moyens mécanique et biologique)

Ce coût évalué à l’hectare n’inclut pas les frais de suivis ainsi que les coûts de petits matériels.

4.7.4.1  Coût de fixation des voiles éoliens et nebkas :

4.7.4.2 Coût de fixation des barkhanes isolées et barkhanes jointives sur la même parcelle :

- plants 45 x 883 = 39.735 FCFA

- Procédé mécanique  : 252.630 FCFA

- Plantation et leurs entretien : 79.420 FCFA 

Coût total à l’hectare : 371.785 F CFA

4.8  Aspects juridiques et institutionnels

Sur le plan institutionnel, le Projet NER/89/004 se composait :

- d’une Direction dont le siège était à Zinder ;

- de deux composantes dont l’une était à Gouré et l’autre à Maïné-Soroa.

Le projet était sous la tutelle de la Direction de l’Environnement du Ministère du Développement  rural, de l’Hydraulique et de l’Environnement.

Il était supervisé techniquement par les deux Directions départementales de l’Environnement de Zinder et de Diffa.

Le Projet NER/89/004 était exécuté par la FAO en coopération avec les cadres techniques affectés à cet effet par le gouvernement du Niger.

Sur le plan organisationnel, le projet a amené les communautés à s’organiser en 28 comités de gestion des périmètres de protection dont 12 à Maïné-Soroa et 16 à Gouré.

Il s’agit de la mise en place de structures locales capables d’engendrer une dynamique intense d’intervention et de suivi des activités et des initiatives qui émanent d’elles.

Les comités de gestion ont pour rôles :

-d’élaborer avec les villageois les ébauches des programmes annuels de travail au niveau  local;

- de suivre et d’organiser les chantiers;

- de régler les litiges qui peuvent naître des incompréhensions et différends;

- de rechercher les solutions aux problèmes que les villageois peuvent eux-mêmes résoudre;

- de gérer les moyens mis à la disposition du village.

Les membres des comités sont élus démocratiquement par les villageois. Le Président du comité peut être ou non le chef du village.

Les comités de gestion qui fonctionnaient bien ont facilité le travail des agents d’encadrement.

Leurs membres reçoivent une formation adaptée et plus intensive pour gérer les chantiers de fixation ouverts avec assez de facilité.

4.9 Impacts socio-économiques

Hormis les impacts écologiques et techniques obtenus par le Projet NER/89/004, on peut citer à son actif des impacts socio-économiques. Ils concernent la récupération des terres autrefois abandonnées aux dunes des sables et qui peuvent être de nouveau exploitées. Un millier d’hectares de dunes sont fixées dans les Arrondissements de Gouré et de Maïné-Soroa. Autour du village, de nouveaux quartiers se créent; les marchés, écoles et cimetières menacés sont protégés. La faune, qui est revenue, peut être exploitée à des fins touristiques et économiques (gazelles, outardes etc).La protection des cuvettes humides est un gage pour l’amélioration et l’aménagement de la production agricole. L’exploitation des ressources forestières et fourragères reconstituées peut accroître de manière sustantielle les revenus des paysans.

Occupé sur les chantiers de fixation des dunes, beaucoup de villageois renoncent à la pratique de l’exode rural saisonnier vers les grands centres urbains et pays voisins. Ces bras valides sont utiles au village et peuvent s’occuper de l’artisanat et du petit commerce.

Le désensablement de la Route de l’Unité dans sa partie Est (plus de 300 km menacés de l’ensablement) coûte très cher; la fixation des dunes le long de la route peut faire économiser beaucoup d’argent à l’Etat.

4.10  Analyse des forces et des faiblesses du Projet NER/89/004

4.10.1 Analyse des forces

L’un des points forts du Projet NER/89/004 est inéluctablement sa réussite dans la mise en œuvre de la stratégie adoptée et utilisée qu’était la démarche de l’approche participative.

Il fallait, en effet, réunir avec les moyens disponibles la mobilisation permanente des populations autour des intérêts de protection de leur environnement contre les causes principales de leur dégradation.

Il fallait pouvoir compter sur les autorités administratives locales, coutumières exerçant une influence positive sur les populations.

Dans la mise en œuvre de cette démarche, le Projet NER/89/004 a associé les services techniques, ONG et autres projets qui interviennent en milieu rural principalement, dans les activités de formation, de suivi et d’évaluation des actions entreprises.

Les femmes, 50 % environ de la population, qui passent le plus de temps au village, qui gèrent avec les hommes les ressources du terroir ont parfois servi de locomotive pour entraîner la bonne marche et le développement des activités parce qu’elles ont reçu une sensibilisation et une formation adaptées à leur condition socio-professionnelle.

Les mesures incitatives identifiées avec la participation des villageois ont été utilisées (prix décernés aux villages méritants, groupements d’intérêts et de production des plants, octroi des vivres PAM sous forme de gratifications, etc.).

Enfin, les activités de sensibilisation, de formation technique et d’organisation, de suivi et d’évaluation des cadres, agents et populations ont été développées pour viser surtout :

- la maîtrise des techniques initiées et utilisées;

- l’auto-promotion des villageois pour prendre en charge de manière définitive les activités du projet;

- la mise en œuvre des moyens d’action dynamique au niveau des localités sur lesquelles se reposent la prise des décisions, la conduite des chantiers, l’auto-évaluation des résultats.

On sait dorénavant qu’avec l’organisation des communautés villageoises et un peu d’appui matériel, il est possible de freiner l’envahissement des habitations, cuvettes, terres de cultures, pâturages, infrastructures hydrauliques contre l’ensablement.

L’esprit de fatalité des habitants de la zone du projet a cédé le pas à celui de la confiance en soi.

4.10.2 Analyse des faiblesses

L’expérience de 5 années d’exécution du Projet NER/89/004 a été passionnante, mais pour la réussir quelques faiblesses et/ou difficultés qui n’étaient pas insurmontables ont été rencontrées.

L’une des faiblesses du projet était son incapacité, faute des moyens conséquents, à faire face aux nombreuses demandes d’assistance par les populations dont certaines étaient restées sans suite.

Le retard jusqu’ici observé quant au financement de la phase II qui devrait permettre le développement des actions de fixation des dunes menées durant l’exécution du Projet NER/89/004 sur l’ensemble de sa zone d’intervention car bien que le Projet a obtenu des résultats spectaculaires en la matière, beaucoup reste à faire.

5. Conclusion et recommandations

D’une manière générale, les actions de fixation des dunes ont commencé tardivement au Niger.

Le Projet de lutte contre l’ensablement des terres de cultures dans les Départements de Zinder et Diffa était le seul projet type de lutte contre l’ensablement mis en œuvre par le gouvernement du Niger et ses partenaires au développement.

Le projet a convaincu les populations de la zone d’intervention sur la faisabilité technique de lutte contre l’ensablement avec des moyens simples, efficaces et peu coûteux.

Les résultats du projet ont dépassé ces aspects physiques et techniques.

La stratégie de mobilisation des populations initiée et développée par le Projet a été bien appréciée puisque celui-ci a reçu de nombreuses demandes d’assistance qu’il n’a pas pu satisfaire.

Le Projet a pris fin donc au moment où ses populations restent sur leur faim.

C’est au vu de ce qui précède que les recommandations suivantes sont formulées :

- que les acquis du Projet NER/89/004 soient conservés, sauvegardés et développés;

- que le gouvernement continue à négocier avec les partenaires au développement du Niger, le programme de lutte contre l’ensablement des terroirs et d’aménagement des cuvettes dans les Départements de Zinder et Diffa qui devrait faire suite au Projet NER/89/004. Cela éviterait de perdre irrémédiablement les précieux acquis obtenus pendant l’exécution du projet NER/89/004.

Vu l’ampleur permanente et généralisée du phénomène de l’ensablement au Niger en particulier, et dans la région saharo-sahélienne en général, et la nécessité de réhabiliter ces milieux naturels, il est plus qu’urgent de :

- développer des relations synergiques entre les projets, institutions de recherche et services techniques opérant en matière de lutte contre l’ensablement de la région saharo-sahélienne.

- créer, avec le concours des différents gouvernements, un observatoire du Sahel et du Sahara pour la lutte contre l’ensablement à travers l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme régional de lutte contre l’ensablement.


Presentation of ISESCO   /  Publications  /  Resources  /  Member States
Islam and Culture  /   Fuiw  /  Hannover Expo 2000


Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization
Avenue des F.A.R - Hay Ryad - Rabat - 10104 - Maroc -
Phone. : (212) 37 56.60.52/53
Fax. : (212) 37 56.60.12/13
Contact ISESCO

Untitled Document