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Le
terme “éducation internationale”, a fait son apparition dans le domaine de
l’éducation au lendemain de la deuxième guerre mondiale et après la création
de l’Organisation des Nations Unies et de l’UNESCO. Les horreurs de la guerre,
avec son lot de pertes humaines, de dégâts matériels et écologiques, de malheurs et de
haine, ont en effet amené les organisations comme l’UNESCO à exploiter les
structures éducatives, formelles et non formelles, pour promouvoir une culture et une éducation
à même de rendre les individus plus aptes à accepter l’autre, sa
culture et ses intérêts. Dans ce sens, on peut définir l’éducation
internationale comme "un courant dans la pédagogie actuelle qui s'intéresse à
l'éducation des personnes indépendamment de leurs appartenances nationale ou régionale et
ce, en accord avec une vision internationale considérant l'homme comme un citoyen du monde.
Une telle éducation vise à inculquer les concepts de la concorde internationale, de
la paix dans le monde, de la philosophie des nations unies, du respect des droits de l'homme
et des diversités culturelles, et ce notamment à travers l'action au niveau des
politiques éducatives, des méthodes et des systèmes éducatifs, à tous les
niveaux de l’enseignement(38).
Carter
V.Good donne une autre définition du terme éducation internationale. Selon lui,
c’est l'étude des forces éducatives, sociales, politiques et économiques qui
influent sur les relations internationales, en insistant sur le rôle et les moyens des
forces pédagogiques. Elle s'intéresse aussi aux programmes internationaux afin de
renforcer la concorde internationale et ce par le biais de l'échange des outils pédagogiques,
des méthodes, des étudiants, des enseignants et des experts”(39). L'Encyclopedia
of Education insiste sur le fait que le concept de l'éducation internationale, dans son
acception la plus large, a existé depuis la naissance des premières civilisations et
qu'il englobe dans ce sens, l'interaction d'un système éducatif d’une région
donnée avec ceux d’autres régions. Le même ouvrage illustre l’évolution
de ce concept depuis l’antiquité à travers les civilisations assyrienne et
babylonienne au Proche Orient et à la faveur des influences mutelles qu’elles
entretenaient avec les systèmes d’autres civilisations antérieures modernes ou
contemporaines. Pour l’époque moderne, l’Encyclopédie précitée a fait une
large part aux écrits de F. Bacon, M. Antoine Julien et des philosophes des Lumières
en France, en Allemagne et en Angleterre. Toutefois, l'histoire contemporaine, remarque
l'auteur de cet article, a connu des dérives. Ainsi, très souvent, des systèmes
éducatifs ont été utilisés pour nourir le chauvinisme et les sentiments nationalistes au
détriment de la concorde internationale. La meilleure illustration en est le rôle joué au
19 siècle par l'école dans la naissance de la nation allemande ainsi que le rôle
qui lui a été dévolu en Italie, au Japon et en Allemagne durant la période de
l'entre-deux guerres puisqu'elle est devenue un instrument de propagande nationaliste et de
xénophobie. Cet
état de fait a entraîné, comme nous l'avons signalé à propos de l'extrémisme,
des réactions similaires dans les pays voisins. Selon
l’Encyclopédie précitée, l'éducation internationale s'appuie sur trois fondements
: -
L'étude objective des autres cultures à travers l’introduction dans les
programmes scolaires des disciplines sociales et de l'éducation civique de façon à
aider l'apprenant à mieux comprendre les questions et les cultures d’autres
pays. -
L’échange des étudiants et enseignants chercheurs (d’après les
statistiques de l'UNESCO pour l'année 1994 un million d’étudiants poursuivent leurs
études universitaires à l'étranger).
-
L'aide offerte par les pays riches pour développer le secteur de la santé et de l'économie
et pour garantir plus de chance de scolarisation dans les pays pauvres et ce dans le cadre
des protocoles internationaux de coopération technique"(40). La
présentation faite ci-dessus du concept de l’éducation internationale nous amène
à la conception islamique en la matière, laquelle met à contribution la
conception islamique de l'éducation internationale, en ce sens qu'elle exploite les
structures formelles et non formelles de l'éducation selon les principes d'une philosophie
visant la formation d'individus capables d’entretenir avec l’autre des relations
de coopération et d’entente, loin de tout esprit de chauvinisme, de ségrégation
raciale, linguistique, ou de descrimination de sexe ou de classe.
De
ce fait, l’éducation islamique est basée sur la tolérance, le refus de la violence
et le respect des autres, quel que soit leur nombre, leur statut socio-économique, ou
confessionnel. Dans cette optique, le respect des droits de l’homme est un préalable
nécessaire, car il s’agit là de droits inaliénables qui ne sauraient faire
l’objet de concessions ou de surenchère, sous peine de compromettre
l’existence même des individus et de la collectivité dans son ensemble. Aussi
préserver ces droits constitue-t-il un devoir et non pas seulement un droit. Toute
concession sur cette question est à condamner, car elle est une attitude suicidaire,
voire un crime qui mérite sanction comme tout crime qui menace la vie”(41).
L'essentiel
donc est d'affirmer que la réforme du religieux va de pair avec l'amélioration des
conditions de vie des hommes. Si bien que certains avancent que la santé du corps est préalable
à celle de la foi. L’Imam Al Ghazali a dit à ce propos que :
“l'ordre religieux ne peut s'accomplir sans la réalisation des conditions matérielles
nécessaire à la vie de ce monde(.....) la foi et l'étude, garants de
l'accomplissement de la religion, ne se réalisent que si l'individu est sain de corps ; de
même, la religion ne peut prospèrer que si l'on garantit la satisfaction de
tous les besoins vitaux ; car celui qui passe son temps à se prémunir contre les
coups de l'injustice et à chercher son gagne-pain par la force, ne peut se consacrer
à la science et à la pratique religieuse qui d'ailleurs sont ses seuls moyens
de salut dans l'au-delà”(42). Il
est clair désormais que la réforme du religieux ne peut se faire indépendamment de l'amélioration
des conditions de vie du croyant. Ces conditions que l'on nomme actuellement les droits de
l'homme, doivent être assurées et défendues afin d'offrir à l'homme
l'environnement propice à la pratique de la religion. La
conception islamique de l'éducation internationale ne fait pas de distinction entre les
exigences matérielles et les aspirations spirituelles alors que les tendances actuelles
telles la globalisation et la mondialisation se font au détriment des pays les plus
pauvres. Aussi des voix se sont-elle élevées ça et là pour tirer la sonnette
d'alarme et dire que l'évolution économique dans le cadre de la libéralisation des échanges
ne s'est pas accompagnée d'une amélioration des conditions de vie notamment pour les
populations les plus démunies dans bon nombre de pays en développement.
Par
ailleurs, il est à souligner que le transfert des modèles de développement et
le recours à des recettes toutes faites et souvent imposées, n'ont pas donné les résultats
escomptés tandis qu’on a négligé les modes de vie traditionnels qui ont démontré
leur efficacité au fil des siècles”(43). Les
tendances contrastées de notre époque nous poussent à consacrer le troisième
axe de notre travail à clarifier l'interaction permanente qu’instaure l'islam
entre les fondements matériels et les fondements moraux de l'éducation internationale. |
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