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Ces
dernières s’articulent autour de sept caractéristiques qui reflètent la
conception de l'éducation universelle en islam : La
référence au principe de la prime nature, la Fitra Le
point de départ de l'éducation en Islam c'est l’acte de soumission totale à
la volonté divine. C'est-à-dire, croire en Dieu et en son unicité, se soumettre
à ses préceptes d'une manière désinteressée, oeuvrer à travers la prédication
et la défense de Sa cause et poursuivre la route qu'il a tracée. La religion dans ce sens
est un besoin inné en l’homme, car elle tient de ses dimensions spirituelle,
biologiques, sociologiques et humaines.
Ainsi,
on ne peut nullement la réduire à une simple satisfaction spirituelle. Elle est en
fait tout celà, mais elle est encore un cadre, une organisation qui visent la préservation
de l'espèce ainsi qu’un moyen d'organisation de la société, et des relations
entre les pays. Dans cette perspective, Ibn Taïmiya dit "Le coeur ne peut
atteindre la réussite et le bien, ni prétendre au bonheur et à la joie, aux
plaisirs, et à la quiétude, que grâce à la soumission au Dieu unique,
à l'amour qu'on porte pour lui et à l'appui qu'on cherche auprès de
lui. Le coeur ne peut trouver cette paix dans les plaisirs procurés par des créatures
comme lui, car il porte en lui un besoin à Dieu, qui est la seule force à
laquelle il se soumet volontiers, et son seul amour et but recherché”(4).
Ainsi,
le besoin religieux est un besoin aussi impérieux que les besoins matériels, sociologique
et psychologique, qui permettent à l'individu de croître, de se préserver et par là
de conserver l'espèce et d’assurer sa continuité. L'individu qui refuse de répondre
à ses besoins vitaux s'auto-détruit. C’est le cas de celui qui nie l'existence
de Dieu et met en doute son unicité. Toutefois, il faut noter que si les conséquences du
refus d'assouvir les besoins matériels vitaux se répercutent sur la vie de l'individu, les
conséquences du refus de croire, elles touchent la vie du groupe dans son ensemble(5).
Si
l'on tien à vérifier ce postulat de sentiment religieux, nous devons en conclure
aussi que son fondement est le fait de croire en l’unicité de Dieu. Dieu a
dit:"Acquitte-toi des obligations de la Religion en vrai croyant et selon la nature que
Dieu a donnée aux hommes en les créant. Il n’y a pas de changement dans la création
de Dieu. Voici la religion Immuable ; mais la plupart des hommes ne savent
rien”(6) ;
Cette
question de la soumission à un Dieu unique, n'est pas l'apanage de l’Islam,
elle se retrouve en effet dans toutes les religions célestes. "La question de l'unicité
de Dieu en tant que la seule et unique divinité à laquelle il faut se soumettre
exclusivement, comme le dit si bien Sayed Qotb, est une question de croyance préliminaire
à la vérité, dans les différentes religions et à toutes les époques(7).
L'avantage
de la soumission à Dieu, c’est qu’elle permet d'éclairer le chemin de
l'homme et le libère des carcans d'un polythéisme qui disperserait ses efforts et
d’une allégeance aux divinités multiples et aux intermédiaires en perpétuel désaccord.
Dieu à dit : "Si des divinités, autres que Dieu existaient, le ciel et la terre
seraient corrompus. Gloire à Dieu, le Seigneur du Trône, très éloigné de ce
qu’ils inventent !"(8).
Ce
qui nous conforte dans l'idée qui précède, ce n'est pas seulement la référence
à l'islam, mais aussi l'observation de toute expérience basée sur la multiplicité
et la pluralité. En effet, on peut observer qu'une telle expérience est le lieu de
conflits, de diversité, d'opposition et d'éclatement. "L'anthropomorphisme des Grecs
les a poussés à imaginer leurs divinités comme des êtres humains, qui se
marient, se mettent en colère, se réjouissent, aiment, haïssent, et qui se
battent à tel point qu'elles n'avaient de divin que le nom et qu'elles vécurent en
conflit et discorde absurdes qui défient la logique et la raison”(9).
La
foi entraîne des changements conscients et inconscients radicaux dans la conscience du
croyant. Il (le croyant) ne peut être un dominateur, un despote qui use de moyens
illicites pour atteindre ses buts, car il a intériorisé le fait que les moyens ne valent
que par les buts qu'ils servent et que les moyens illicites ne sont pas seulement interdits
au nom de la loi mais aussi au nom de sa conscience et du sentiment de responsabilité qui
l'anime et de la foi qui s'est ancrée en lui en tant qu'être soumis volontairement et
par nécessité à Dieu(10). De
ceci, on peut déduire que la foi est l'essence et le coeur de la vie musulmane. Mais cette
foi ne prend sa vraie dimension qu'à travers la pratique qui constitue un rempart qui
la protège.
Par
ailleurs, cette pratique n'est complète que si ses conséquences rejaillissent sur la
relation de l'individu avec ses proches et ses amis. C'est pour cela que les relations
sociales primaires jouent un rôle important en protégeant la pratique religieuse et ne se
réalisent que dans le cadre d'une organisation sociale islamique que fonde les us et
coutumes islamiques et s’appuie sur “la menace et la persuassion” selon
les règles de la charia. C'est pour celà que l'organisation sociale constitue,
à nos yeux, une protection sûre des rapports sociaux primaires et que l'ordre
social islamique ne peut s'installer que dans le cadre d'une économie islamique qui seule
peut garantir l'ordre social islamique. Par ailleurs, l'état islamique ne peut se fonder
sur l'islam sans qu'il ait acquis préalablement une légitimité internationale et sans la
permission de l'ordre international. Ce qui donne toute son importance à la coopération
entre les pays musulmans qui, seule est susceptible de leur valoir le respect et la considération
du monde(11). La
figure suivante tente de visualiser une telle démarche : Fig.
1 Interaction de la foi avec les différentes structures de la vie Ordonner
le bien et interdire le blâmable
La
nécessité d’ordonner le bien et d’interdire le mal est mise en évidence dans
le verset coranique suivant : "Vous formez la meilleure communauté suscitée pour les
hommes : vous ordonnez ce qui est
convenable, vous interdisez ce qui est blâmable, vous croyez en Dieu"(12).
L'éducation en islam incite les hommes à la fraternité, à l'égalité et
à la tolérance comme il ressort des versets coraniques suivants: "Combattez
dans le chemin de Dieu ceux qui lutte contre vous. Ne soyez pas transgresseurs ; Dieu
n’aime pas les transgresseurs"(13) "L’heure
vient sûrement! Pardonne d’un beau pardon"(14) Cette
position de principe va influencer profondément la conception islamique de l'éducation,
notamment le huitième fondement qui concerne la tolérance. Une
éducation basée sur le conseil et la persuasion (l'incitation au bien et l'interdiction
des actions illicites) détermine et oriente les rapports au sein de la famille, l'école,
les institutions politiques, les organes de communication et de culture et participe
à la construction des rapports sociaux dans un environnement sain où se complètent
les institutions de régulation et d'encadrement et ce par le biais de l'engagement
personnel et des obligations extérieures, car Dieu fait soumettre par l'autorité ceux qui
font la sourde oreille aux injonctions du Coran. L'obligation
d'exhorter les hommes à faire le bien et à éviter le mal est au coeur de l'éducation
islamique et constitue une nécessité qui protège la société et en assure la
stabilité dans un environnement favorable au progrès et à la prospérité. Ce
postulat trouve son écho dans le septième fondement de l'éducation internationale
concernant la cohabitation pacifique. Par
ailleurs, la charia (loi islamique) établit une nette distinction entre les intentions et
le comportement effectif. L'homme peut impunément penser à tout ce qu'il veut ; même
si ce à quoi il pense est illicite ; mais il est tenu responsable de tous ses faits,
gestes ou paroles. Cette
position trouve sa justification dans le hadith suivant :
"Dieu
pardonne à ma communauté ses pensées intimes tant qu’elle ne les traduit
point en acte ou en parole”(15). Le
caractère global et cohérent de la foi islamique Le
terme globalité veut dire que les recommandations et les prescriptions de l'islam concerne
l'individu dans sa vie privée et publique et inclut aussi les rapports des société entre
elles.
Le
terme cohérent veur dire que les recommandations dans le domaines des dogmes, des pratiques
individuelles ou de la législation doivent s'appuyer sur la parole divine suivante :
"Ne méditent-ils pas sur le Coran ? Si celui-ci venait d’un autre que Dieu, ils
y trouveraient de nombreurses contradictions"(16).
Cette
globalité et cette complémentarité déterminent la conception islamique de l'existence et
de l'univers, de la vie ici-bas et dans l'au-delà, de l’esprit et de la
matière, de l'individu et de la société, de la religion et de la science, de
la tradition et de la raison, du savoir et de la pratique, des moyens et des fins. Elle
implique aussi une interaction entre la stabilité et l'évolution, entre le “petit
Jihad” et le “grand Jihad”, entre une société et toutes les autres. Et
tout ceci sans être prisonnière d’une quelconque dualité. Elle s'appuie
au contraire sur l'harmonie et la concordance. Aussi est-il légitime de dire que l'islam
englobe tous les aspects de la vie et du comportement de l'individu et ne néglige aucune
dimension. Il est globalité totale dans tous les sens du terme et ce contrairement aux lois
humaines qui se cantonnent dans des sphères particulières(17). Cet
aspect de la question déterminera de façon profonde la conception islamique de l'éducation
internationale, notamment le second principe qui concerne l'égalité entre les hommes et le
sixième principe concernant les droits des minorités. La
notion de juste-milieu
L'une
des caractéristiques essentielles de l'éducation en islam et qui prend sa source dans la
charia c'est la modération ou le juste milieu. Dieu a dit "Nous avons fait de vous une
communauté éloignée des extrêmes pour que vous soyez témoins contre les hommes, et
que le Prophète soit témoin contre vous"(18). Cette
position est étroitement liée à la notion de souverain bien et de
l’excellence, de l’exortation à la vertu et de la condamnation du mal, l'équité
et la bienfaisance. Dieu a dit : "Si des divinités autres que Dieu existaient, le ciel
et la terre seraient corrompus. Gloire à Dieu, le Seigneur du Trône, très éloigné
de ce qu’ils inventent !"(19). C'est
pour toutes ces raisons que les musulmans ont toujours appliqué le principe de
l’injonction au bien et sont restés de
ce fait la meilleure des nations. Toutefois
cette prééminence n'est point liée à des facteurs hériditaires comme elle n'est
point déterminée par le fait que Dieu les a élus, mais elle est le résultat de leur persévérance
sur la voie divine et de leur application des règles de conduite bien précises.
Il
est probable que la notion de juste milieu constitue une caractéristique particulière
de la civilisation islamique dans sa recherche de l'équilibre entre la raison et la
tradition, entre le sacré et le profane. Et ce contrairement à "la civilisation
grecque qui a privilégié la raison et à la civilisation chrétienne qui, en déniant
la raison, a provoqué une réaction hostile à la foi sous la forme de mouvements laïcs”(20).
Par
ailleurs il est important de noter que parmi les caractéristiques du juste-milieu en islam,
il y a la conciliation entre les textes et la réalité et la distinction entre le modèle
et le réel, ainsi que la recherche de l'équilibre entre les intérêts privés et les
intérêts généraux et ce, tout en adaptant les fins aux moyens”(21).
Le
principe du juste milieu apparaît aussi dans la concordance entre les droits et les devoirs
et la recherche de l'équilibre entre le communautaire et l'universel, entre les dépenses
et l'épargne. Dieu à dit : "Ne porte pas ta main fermée à ton cou, et
ne l’étends pas non plus trop largement, sinon tu te retrouverais honni et misérable"(22). Ainsi,
il devient nécessaire de protéger ce principe et de favoriser les conditions de son essor,
et de punir tous ceux qui s'en écartent. Car c'est par ce biais que l'on peut espérer protéger
la société dans sa globalité et lui permettre de prospérer sans excès. De fait,
l'excès et la radicalisation créent une atmosphère empoisonnée qui peut
affecter toutes les composantes de la société et entraîner ainsi son explosion et son éclatement,
comme le prouvent plusieurs exemples de l'histoire de l'islam et d'ailleurs.
Il
est aussi important de souligner que l'extrémisme n'est pas l'apanage de l'islam, et qu'on
peut le rencontrer dans d'autres société chaque fois que se réunissent des conditions
favorables tels que l'égocentrisme, le dogmatisme, la négation de l'autre et l'absence du
désir ou de la capacité de le comprendre. La réunion de tels ingrédients crée un
terrain propice à l’éclosion et au développement de l'extrémisme qui,
à son tour, peut provoquer des réactions similaires même chez ses détracteurs.
En somme, il ouvre la boîte de Pandore, et favorise et nourrit la haine. Toutefois, il est
nécessaire de préciser que l'existence de groupes extrémistes dans les pays musulmans
n'implique pas que l'islam et les musulmans soient extrémistes, puisque les musulmans en
sont les premières victimes. Le juste milieu transparaît aussi au niveau des
pratiques cultuelles. Du reste, l'islam ne cautionne pas l’excés de zèle dans
la pratique religieuse et ce qu'il comporte comme efforts insoutenables et risques de fléchissement
de la volonté(23). Dans la majorité des cas, l'islam préfère
une action bénéfique aux gens à la prière et à l'ascèse, comme
l’affirme le hadith suivant : “qu’un musulman rende un service à
son frère (en islam) vaut mieux qu’un mois de dévotion passé ici-même
dans ma mosquée”.
En
d'autres termes, l'éducation islamique vise la réalisation de l'équilibre voulu entre les
différents aspects qui interviennent dans le développement et l’épanouissement de
l'individu, tant dans sa vie privée que publique. Il tend également à réaliser
l’harmonie entre les besoins de l'individu et ceux de la société et la quête
de l'équilibre entre la nécessité de préserver l'héritage du passé et celle de répondre
aux exigences de l'avenir”(24).
Afin
de lever toute ambiguïté, il faut préciser que la notion de juste milieu en islam n'équivaut
pas à l'idée de la solution médiane ou intermédiaire, car cette
dernière peut être un simple bricolage, une somme de compromis. Ainsi,
comme l’a signalé Imad Eddin Khalil, il ne faut pas confondre position du juste
milieu et solution médiane. Mais au contraire il faut tenir cette position pour autonome et
authentique et non comme peut le laisser entendre l'expression de la solution de juste
milieu qui n'est qu'un éclectisme, une perte d'identité et enfin un fatras de positions hétérogènes”(25).
Par
ailleurs, il n'y a pas lieu d’établir un lien entre le principe islamique de juste
milieu et la conception d'Aristote qui place la vertu dans une position médiane entre deux
péchés. D'ailleurs la conception aristotélicienne a été critiquée par plusieurs
penseurs musulmans qui ont dévoilé ses faiblesses et ses lacunes”(26). Ainsi
le verset 67 de la sourate Al furqân : “Ceux qui, pour leurs dépenses, ne sont ni
prodigues, ni avares car le juste milieu se trouve entre les deux...”. Ne veut
aucunement dire qu'il faut rechercher le juste milieu entre la prodigalité et
l’avarice, mais elle fustige à la fois les deux et nous exhorte à la
mesure et à l'équilibre, ce qui est radicalement diffèrent des positions extrêmes
de la prodigalité et de l'avarice.
En
outre, le principe de juste milieu est en conformité avec la nature humaine, dans la mesure
où cette dernière refuse les excès et l'exagération. "L'homme
raisonnable doit suivre la nature et choisir ce qui est adéquat, durable et reconnu par
tout le monde, ce qui est susceptible d’entraîner une amélioration de son état tant
sur le plan individuel que social”(27). Enfin,
il est à noter que ce principe détermine pour beaucoup la conception islamique de l'éducation
internationale notamment en ce qui concerne le sixième fondement relatif à la
démocratie.
La
validité de l’islam pour tous les temps et tous les lieux
Puisque
l'islam s'adresse à toute l'humanité : "Dis : ô vous, les hommes ! je suis en
vérité, envoyé vers vous tous comme le Prophète de celui à qui appartient
la royauté des cieux et de la terre"(28), l'éducation
qu’il préconise est valable pour tous les lieux et tous les temps, et pour tous les
âges et toutes les étapes de la vie; elle n'entre nullement en contradiction avec les vérités
scientifiques, car elle s'appuie sur la raison et sur l'expérience et incite à méditer
sur la création et à réfléchir sur les comportements humains en vue d’en
tirer des enseignements instructifs, et ce en accord avec le hadith du Prophète
"Vous seuls, vous connaissez les affaires de votre vie ici-bas". Cette éducation
pousse l'individu à réviser, à analyser les normes légales et à en
choisir les plus adéquates et les plus justes. Le Calife Omar Ibn Al Khattab a écrit
à Abu Mussa Al Ach’ari : "Si tu as prononcé un jugement et tu t'es rendu
compte, après coup, de son iniquité, change-le car la justice est meilleure que la
persistance dans l'injustice”(29). Cette
position va se refléter sur la conception islamique de l'éducation internationale
notamment au niveau des fondements, trois, cinq et six relatifs respectivement aux droits de
l'homme, à la démocratie et aux droits des minorités.
Naturellement,
il existe une grande diversité dans les applications de ces principes eu égard à la
diversité des expériences et des sociétés islamiques. L'essentiel demeure toutefois que
l'on choisisse parmi ces exemples et modèles ceux qui privilégient la raison et
l’effort d’interprétation doctrinal (Ijtihad) et
de mettre en valeur les facultés intellectuelles identifiées par Abbass Mahmud Al
‘Aqqad, à savoir "la raison commandante", "la raison
perceptive", "la raison sage" et "la raison éclairante"(30).
En
ce qui concerne les avis des docteurs anciens, il faut leur rendre hommage pour leurs
efforts sans pour autant se plier à toutes leurs conclusions, "le bon sens et la
justice nous invitent à ne pas sacraliser leurs opinions, comme ils nous empêchent
de les dénigrer ou de les traiter avec mauvaise foi"(31). L'idéalisme
réaliste L'idéalisme
désigne ici l'ensemble de gestes et paroles, des buts et des intentions pris dans le cadre
et selon les méthodes et sources de l'islam. Le réalisme implique la prise en compte des
mobiles et des besoins tant qu'ils ne s'écartent pas de la Loi, ce qui ne veut nullement
dire que le besoin autorise la violation des interdits religieux. Il existe en fait une
ligne de démarcation qui sépare les devoirs et les interdits.
Le
réalisme de l'islam vient du fait que "les devoirs et les interdits sont posés
à partir d'un minimum requis que le plus faible d'entre les hommes peut appliquer en
faisant le bien et en s'écartant du mal et peut être excusé s’il s'en écarte”(32).
Dieu a dit dans ce sens : "Dieu impose à chaque homme ce qu’il peut
porter"(33).
Il
est clair que le principe de l'idéalisme réaliste explicité plus haut est étroitement lié
au principe de juste milieu et à celui de la validité pour tous les temps et tous
les lieux. Car
le créateur connaît les secrets de l'âme humaine, ses traits et ses tendances et c'est
pour cela qu'il a mis à la disposition des humains une méthode parfaite qui lie dans
un parfait équilibre l'idéalisme et le réalisme. L'égalité
L'humanité
a une même et seule origine. L'islam en accord avec la parole divine: "Le plus
noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux d’entre vous"(34)
abolit toute ségrégation raciale, linguistique ou économique. Pour
le musulman, il n'y a aucune discrimination entre l’Arabe et le non Arabe, entre le
blanc et le rouge, le noir ou le jaune ; les hommes ne se distinguent que selon leur degré
de dévotion et de piété. L'égalité
n'est pas revendiquée pour les seuls musulmans, mais s'étend aux autres peuples. Ainsi les
rapports des musulmans avec les non musulmans doivent être marqués, dans le strict
respect des lois divines, par l'amour, la bonté et la préservation des intérêts
mutuels, comme nous allons l'expliquer dans la partie réservée à l'éducation
internationale du point de vue de l'islam et notamment son premier fondement à propos
de l'unité de l'espèce humaine et son second fondement relatif à l'égalité
entre les hommes.
Cette
égalité prônée par l'islam englobe plusieurs domaines. Elle s'étend à l'égalité
des droits civils et des responsabilités, du droit à l'éducation, à la
culture et au travail. Elle concerne aussi l'égalité des sexes, des musulmans et des non
musulmans puisque : "l'islam a garanti l'égalité entre les hommes sous ses formes les
plus parfaites. Il a aussi fait de cette égalité la base de toute sa législation
concernant les rapports entre les hommes. Le principe d’égalité est également
appliqué dans tous les domaines relatifs à la justice sociale et à la préservation
de la dignité humaine. En ceci, l'islam a garanti l'homme contre toute déviation ou acte
absurde et lui a permis ainsi d'accéder à ses fins et d'atteindre tout ce qui
favorise le bienfait et le bonheur des individus et de la société”(35).
Ces
sept caractéristiques et bien d’autres encore, constituent la particularité de l'éducation
en islam qui se trouve de ce fait adaptée à l'homme pris individuellement ou
collectivment, “oeuvrant pour le bonheur de l’esprit ou les besoins du corps,
pour la vie de ce monde ou celle de l’au-delà, en état de guerre ou de paix,
revendiquant ses droits ou appliquant ceux de ses gouvernants”(36).
Ces
principes interagissent les uns avec les autres afin d'assurer les droits de l'homme et de
garantir les conditions favorables à son épanouissement et à son essor. En
effet, la nature humaine reconnaît spontanément l'interaction qui existe entre l'égalité
et la justice d'un côté et le progrès de l'autre et comprend aisément les conséquences
positives de l'égalité entre les hommes sur l'évolution de la société dans sa totalité.
Par ailleurs, l’homme ne descend pas d’un animal, mais constitue une espèce
unique, radicalement différente, en vertu de la parole divine suivante : "ô vous les
hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, puis de
celui-ci, Il a créé son épouse et Il a fait naître de ce couple un grand nombre
d’hommes et de femmes” (Sourate Annissae, verset 1).
Un
tel point de vue, ainsi que les principes qui le sous-tendent, ne saurait trouver sa pleine
signification sans la présence de la liberté sous ses différentes formes : liberté
d'opinion, liberté de mouvement et la garantie d'un ensemble de droits tels : le droit au
travail, le droit à la propriété, l'égalité entre les hommes et le respect des
valeurs humaines et de la personne sans distinction aucune, les individus ne se démarquant
les uns des autres que par le degré de leur foi dans les valeurs - l'inviolabilité
de la vie, de l'intégrité physique, des biens et des demeures”(37).
De
ce qui précède, on déduit que l'islam a institué un ensemble d'impératifs qui
structurent son organisation. Parmi ces obligations, il faut noter :
-
La nécessité de la liberté pour l'individu, la collectivité et la nation; -
L'importance de la prise de décision consensuelle au sein de la famille, la nation et l'état
: (la choura ou la délibération). -
La justice à l'égard de soi-même, de la famille, de la société, et à
l'égard des amis comme des ennemis. -
L'obligation de rechercher le savoir (religieux et profane) ; -
L'obligation de prôner le bien et de dénoncer le mal ; Ce
cadre de référence nous amène à définir le concept de l'éducation
internationale et les fondements islamiques qui les sous-tendent. |
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