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Rapport sur les actions de
coordination pour la préparation
du 2e sommet mondial sur le développement durable (SMDD)
et la mise en œuvre de l’Agenda 21
I. Introduction
L’assemblée générale (AG) des Nations Unies (ONU) a décidé,
dans sa résolution 55/199, de dresser, tous les dix ans, le
bilan des réalisations de la mise en œuvre des résultats de
la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le
Développement (UNCED), lors d’une rencontre baptisée "sommet
mondial sur le développement durable" (SMDD). Ce sommet se
tiendra à Johannesburg (Afrique du Sud) du 26 août au 4
septembre 2002.
Le principal objectif du SMDD est de réactiver, au plus haut
niveau politique, l’engagement mondial relatif au
développement durable (DD), à travers l’identification des
réalisations et des régions où des efforts sont requis pour
mettre en œuvre l’Agenda 21, des autres résultats de l’UNCED
et des nouveaux défis qui se posent et des opportunités.
Ceci doit permettre entre autres de renforcer l’engagement
politique et le soutien du Développement durable, partant de
la devise "de responsabilités communes mais différentes".
L’AG a appelé la Commission du Développement Durable (CDD),
créée en 1993 et chargée de superviser la mise en œuvre de
l’Agenda 21, à agir en tant que comité préparatoire et à
lancer le processus préparatoire.
La résolution encourage également les contributions
efficientes et la participation active des grands groupes,
tels qu’identifiés dans l’Agenda 21, aux différentes étapes
du processus préparatoire, conformément aux règles de la
Commission du Développement durable et à ses pratiques en
vigueur afférentes à la participation et à l’engagement des
grands groupes.
L’AG a également décidé que le sommet, y compris son
processus préparatoire, doit conforter l’équilibre entre le
développement économique et social et la protection de
l’environnement, ces éléments du développement durable étant
interdépendants et interactifs.
Ceci ne vise pas à redéfinir l’Agenda 21, mais à déterminer
les besoins et les mécanismes de sa mise en œuvre, notamment
en ce qui concerne la lutte contre la dégradation continue
de l’environnement touchant le monde entier.
Pour préparer cet événement, il a été procédé à un examen de
la situation de la mise en œuvre de l’agenda et des défis
qui en découlent, l’accent étant particulièrement mis sur
les préparatifs régionaux.
II. Préparation du SMDD
Les préparatifs du Sommet de Johannesburg ont été entamés
depuis plus d’un an. Les pays ont convenu que les
préparatifs débuteront à l’échelle nationale, sous-régionale
et régionale pour aboutir enfin à l’échelle internationale.
Cela permettra aux gouvernements et aux autres acteurs
majeurs d’unir leurs efforts à Johannesburg en vue de faire
face au défis du développement global, tels que
mondialisation et la libéralisation du commerce
international. Ces questions qui seront examinées à
Johannesburg ont été identifiées et ont fait l’objet
d’approbation selon une approche participative qui implique
les gouvernements et autres intervenants, qui sont baptisés
"les grands groupes".
II. 1. Les préparatifs nationaux
La majorité des pays ont réuni leurs propres commissions
nationales préparatoires pour examiner les réalisations et
les défis entravant l’aboutissement du développement durable
et exprimer leurs points de vue sur l’évaluation du progrès.
Les commissions nationales préparatoires incluent des
représentants du gouvernement, les autorités locales, les
associations professionnelles, les grands groupes, les
médias et d’autres partenaires, dont les bureaux locaux
relevant des organisations onusiennes. Deux tâches
principales incombaient à ces commissions, à savoir :
i- Etablir des bilans et des évaluations au niveau national
ii- Promouvoir la prise en conscience de cette question et
mobiliser les décideurs tant au niveau national que local.
Les Conseils nationaux du développement durable (CNDD),
s’ils existent, constituent également un mécanisme-clé de
préparation, particulièrement quand il s’agit de mener des
consultations avec une grande partie de décideurs. Le
processus préparatoire national a impliqué une série de
consultations des décideurs indépendants avec de nombreux
acteurs de la société civile.
II. 2. Les préparatifs régionaux :
Les préparatifs régionaux ont permis de tirer des
conclusions nécessaires à la préparation du SMDD. Les
comités préparatoires intergouvernementaux régionaux et
sous-régionaux (plus connus sous le nom de Prepcoms) ont été
mis sur pied à la fin de 2001 pour mener les actions de
préparation régionale dans chaque région du monde : Afrique,
Asie, Asie et Pacifique, Europe, Amérique du Nord, Amérique
latine et Caraïbes et Asie de l’ouest. Les Prepcoms
régionaux ont procédé à l’évaluation des opportunités, des
contraintes et des principaux défis relatifs au
développement durable qui se sont posés au niveau de chaque
région durant les dix dernières années. Les Prepcoms ont
également identifié les priorités futures et les nouveaux
engagements et initiatives nécessaires à la réalisation du
progrès durant les années à venir. Ils étaient chargés des
principales tâches suivantes:
1- Etablir une évaluation régionale du progrès, en prenant
en compte les rapports nationaux et la situation dans chaque
pays. Ceci comporte :
- Les principales réalisations dans la région, depuis la
tenue du UNCED, en matière de mise en œuvre de l’Agenda 21
et des autres résultats de l’UNCED, dont les principales
initiatives nationales, sous-régionales et régionales pour
la réalisation du développement durable
- Les perspectives et les principaux défis qui se posent aux
pays de la région dont :
* Les contraintes existantes au niveau des pays de la région
* Les contraintes spécifiques confrontées par chaque région
(ou sous-région)
* Les contraintes résultant des mutations et facteurs
globaux (mondialisation, libéralisation du commerce et
instabilité politique/conflits militaires)
- Les nouveaux engagements et initiatives au sein de la
région et la sous-région visant à surmonter les défis et
contraintes et favoriser des progrès futurs.
2- Créer des opportunités pour favoriser l’interaction et le
dialogue avec les grands groupes et les autres décideurs
3- Echanger les expériences et favoriser une meilleure
compréhension des préoccupations et positions des pays
concernés.
Les rapports des Prepcoms régionaux constituent le point de
départ des rencontres des Prepcoms internationales tenues
durant la première moitié de l’année 2002.
Dans la région arabe, le secrétariat mixte, comprenant le
Conseil des ministres arabes en charge de l’environnement
(CAMRE), l’ESCWA et le PNUE, a été constitué pour coordonner
les actions préparatoires régionales. Une série de tables
rondes régionales animées par des experts et d’éminentes
personnes ont été organisées au milieu de l’année 2001. Les
grands groupes ont également joué un rôle clé dans les
discussions, à la faveur d’un dialogue avec les décideurs
dans lequel des responsables du monde de l’industrie, des
ONG, des parlementaires et des responsables gouvernementaux
ont contribué pour établir une évaluation à l’échelle
régionale. La Prépcom régionale de la région arabe, réunie
au Caire le 24 octobre 2001, a été suivie par une rencontre
des bureaux du Conseil africain des ministres de
l’environnement (l’AMCN) et du bureau du Conseil arabe des
ministres en charge de l’environnement (CAMRE).
II.3. Les préparatifs à l’échelle internationale :
La 10-ème session de la Commission du Développement durable
des Nations Unies (connu sous le sigle CDD 10) agit en tant
que comité préparatoire international (Prepcom) du Sommet de
Johannesburg. Quatre rencontres de Prepcoms
intergouvernementaux ont eu lieu dans l’intervalle 2001-2002
pour établir l’ordre du jour du sommet.
Le Premier Comité Préparatoire du Sommet (Prepcom 1) a été
tenu au siège des Nations Unies à New York du 31 avril au 02
mai 2001. Le deuxième Comité Préparatoire du Sommet
(Prepcom2) s’est réuni du 28 janvier au 08 février 2002 à
New York, suivi du 3-ème Comité Préparatoire du Sommet
(Prepcom3) tenu également dans la même ville du 25 mars au
05 avril 2002. Le dernier Prepcom (Prepcom 4) s’était tenu
au niveau des ministres, à Bali en Indonésie du 27 mai au 07
juin 2002.
Les représentants de chaque grand groupe, y compris des
responsables d’ONG et du monde des affaires, participent
également à ces rencontres.
Par ailleurs et sur la base de la Résolution de la
Conférence islamique des ministres des affaires étrangères
réunie en sa 28ème session à Bamako en juin 2001 et ayant
adopté la décision du Secrétaire général de l'Organisation
de la Conférence islamique et la décision issue de la
réunion de coordination entre les Organisations des Nations
Unies et de la Conférence islamique (Vienne, juin 2000),
laquelle Résolution a désigné l'ISESCO en tant que point de
contact pour les réunions de coordination qui se tiennent
entre les instances et les agences relevant des
organisations des Nations unies et de la Conférence
islamique dans les domaines de développement des sciences,
de la technologie, de l'environnement, de la santé et de la
population et aussi chargé cette organisation d'élaborer un
programme de travail qui rend compte du point de vue
arabo-islamique quant aux questions de l'environnement et du
développement et qui sera présenté au prochain sommet
mondial de la terre 2002, et de tenir la première Conférence
islamique des ministres de l'environnement ; et dans le
cadre de la préparation du deuxième sommet mondial sur le
développement durable (Johannesburg, 2002), l'Organisation
islamique pour l'Education, les Sciences et la Culture a,
pour sa part, organisé, en coopération avec l'Organisation
de la Conférence islamique, plusieurs activités dans ce
sens, à savoir la Conférence des experts gouvernementaux
dans les pays islamiques sur le développement durable
(Tunisie, mars 2000), la réunion de coordination entre le
programme des Nations Unies pour l'Environnement et le
Service chargé de la météorologie et de la protection de
l'environnement au Royaume d'Arabie Saoudite (Rabat, 2000),
le Premier Forum mondial sur l'environnement d'un point de
vue islamique (Jedda, octobre 2000) et la première réunion
préparatoire des ministres en charge de l'environnement dans
les pays islamiques (Rabat, janvier 2002). L'ISESCO a
également pris part à la réunion préparatoire du sommet
mondial sur le développement durable (Indonésie, mai/juin
2002). L’ISESCO a aussi organisé la première Conférence des
Ministres de l’Environnement (Jeddah, juin 2002), en
coopération avec l’Autorité de la Météorologie et de la
Protection de l’Environnement en Arabie Saoudite, et en
coordination avec le Secrétariat général de l’OCI.
III. La mise en œuvre du programme de l’Agenda 21 :
La Conférence
des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement
(UNCED) a été un événement-phare ayant pour objectif
d’assurer le bien-être économique, social et environnemental
des générations présentes et futures. La conférence a
débouché sur un résultat important, dans la mesure où les
dirigeants du monde ont défini et adopté un agenda clair du
développement durable, en l’occurrence Agenda 21, "La
Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement",
"la Déclaration de principe du consensus international sur
la gestion" , "la conservation et le développement durable
de tous les types de forêts (principes de forêts) et les
conventions liées à l’UNCED (ONU 1992).
Une conception efficiente et à long terme des résultats des
recommandations de l’UNCED consiste essentiellement à
assurer un équilibre entre les besoins économiques et
sociaux de l’humanité et la capacité des ressources de la
Terre et des écosystèmes à répondre aux besoins actuels et
futurs (ONU 2002).
Dix années après le Sommet de la terre (1992), une
évaluation de l’état général révèle que l’environnement
aussi bien que le développement ont été gravement touchés
(observatoire mondial 2002). En dépit des initiatives
entreprises par les gouvernements, les organisations
internationales, les organismes économiques, les membres de
la société civile et les personnes pour réaliser le
développement durable, les progrès concernant la réalisation
des objectifs établis par l’UNCED ont été plus lents que
prévus. Dans d’autres domaines, le bilan est encore plus
mitigé qu’il n’y a dix ans (ONU 2002). Même si la prise en
conscience des questions de l’environnement a augmenté et un
progrès remarquable a été enregistré dans certains domaines
notamment l’énergie éolienne et la culture organique, la
plupart des indicateurs environnementaux internationaux
continuent d’être alarmants (l’Observatoire mondial 2002).
L’état de l’environnement dans le monde demeure toujours
fragile et les mesures de protection sont loin d’être
satisfaisantes. Dans la plupart des pays en développement et
dans les meilleurs des cas, un progrès limité a été
enregistré au niveau de la réduction de la pauvreté. Des
progrès ont été, certes, enregistrés dans d’autres domaines
tels la santé, cependant d’autres problèmes avaient surgi,
tel le SIDA (ONU 2002).
III.1. Les failles marquant la mise en œuvre de l’Agenda 21
Même si l’Agenda 21 et les principes de l’UNCED demeurent
aussi valables qu’ils l’étaient en 1992 et ne feront pas
l’objet de révision lors du sommet 2002, il n’en demeure pas
moins qu’ils ont été émaillés de lacunes évidentes quant à
leur application. Ceci apparaît clairement dans les quatre
principaux domaines. Premièrement, l’approche fragmentaire
qui a été adoptée pour la réalisation du développement
durable n’a pas pu associer le développement économique et
social à l’environnement. Les programmes et les politiques,
aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale, ne
prenaient pas en compte cette question au niveau de la prise
de décision (ONU 2002).
Deuxièmement, il n y avaient pas de changements
significatifs au niveau des modèles non durables de la
consommation et de la production depuis la tenue de l’UNCED.
Pour réaliser le développement durable, il est impératif
d’introduire des changements sur ces modèles, en dépit de la
difficulté de changer les systèmes des valeurs qui président
à l’usage des ressources naturelles.
Troisièmement, le manque d’approches et de politiques
intégrées, cohérentes et inter-agissantes dans les domaines
des finances, du commerce, des investissements, des
technologies et du développement durable, a sérieusement
compromis la mise en œuvre de l’Agenda 21. Ces politiques et
approches sont devenues une condition sine qua non dans un
monde globalisé qui exige une plus grande cohérence.
Quatrièmement, les ressources financières ont
malheureusement été la pierre d’achoppement dans la mise en
œuvre de l’Agenda 21. Depuis la tenue de l’UNCED,
l’assistance officielle au développement (AOD),
contrairement à ce qui était prévu, a considérablement
chuté. Le fardeau de la dette a compromis les options des
pays pauvres pour le développement durable. Les flux
continus des investissements privés ont été volatiles et
dirigés uniquement vers quelques pays et secteurs. Par
ailleurs, les mécanismes de transfert des technologies n’ont
pas été améliorés.
La mise en œuvre de l’Agenda 21 doit tenir compte des
résultats des principales conférences des Nations Unies
tenues depuis 1992 et qui ont particulièrement joué un rôle
efficient dans l’élaboration d’un agenda de développement
social et des droits humains. Ces résultats figurent dans
les objectifs du développement inclus dans la Déclaration du
millénaire des Nations Unies (Résolution de l’Assemblée
générale 55/2). Depuis cette date, la 3-ème conférence des
Nations Unies sur les pays les moins avancés (Bruxelles,
2000) et la 7-ème session de la conférence des membres
signataires de la convention cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques (Marrakech, 2001) ont inauguré des
étapes importantes sur la voie du développement durable.
Sur le plan économique, l’initiative réussie de la 4-ème
rencontre ministérielle de l’Organisation Mondiale du
Commerce (OMC) tenue à Doha en novembre 2001, de placer le
développement au cœur des prochaines négociations sur le
commerce, augure d’une meilleure situation du système
commercial et de ses impacts positifs sur les pays en
développement. En outre, les résultats de la Conférence
internationale sur le financement du développement tenue à
Monterrey au Mexique en mars 2002 ont été essentiels pour
l’examen des méthodes et moyens à même de promouvoir la
cohérence du système financier international. L’un des
premiers objectifs du sommet est d’introduire la dimension
du développement dans le monde des finances. Les résultats
du Sommet se doivent de prendre en compte tous ces processus
et d’autres y relevant.
En dépit du progrès réalisé dans la mise en œuvre des
principes du développement durable, il n’en demeure pas
moins qu’il existe des défis qui doivent être relevés. Les
impacts de la mondialisation, à titre d’illustration, n’ont
pas été examinés lors du sommet de Rio. Les pays nantis et
pauvres se doivent, de ce fait, de consentir davantage
d’efforts pour placer la question du développement durable
au cœur des objectifs de leur politique, à tous les niveaux,
et mettre en œuvre les plans approuvés auparavant. L’accès
aux ressources, à la technologie et aux marchés et les
systèmes de bonne gouvernance constituent autant
d’impératifs pour que les pays pauvres puissent réaliser le
développement durable. Les pays riches, quant à eux, doivent
faire montre d’un réel engagement à changer leurs modèles de
consommation et de production non durables et à utiliser
efficacement les ressources. L’action de la société civile
et du secteur privé est essentielle pour répondre à ces
besoins. Ces composantes doivent être plus que jamais
impliquées dans les programmes d’action monopolisés
auparavant par les gouvernements. C’est le challenge de la
société entière, les gouvernements devant de ce fait montrer
un engagement plus accentué et créer ou autoriser la
création d’un climat favorable à un réel changement (IIED
2002)
IV. La Gouvernance et le SMDD
"La gouvernance constitue le cadre des systèmes économiques
et sociaux et des structures politiques et juridiques par le
biais duquel l’humanité assure sa propre gestion", selon le
Comité international d’Action de l’humanité (WHAT). La
gouvernance et le développement durable sont intrinsèquement
liés. Le rôle futur et la structure des institutions, aux
niveaux local et international, déterminent inéluctablement
l’aboutissement ou l’échec des prochains programmes et
politiques du développement durable.
Une gouvernance efficiente du développement durable
constitue, à tous les égards, la clé de voûte de la
réalisation des objectifs du développement durable. Pour
réaliser ces objectifs et relever les défis émergents, les
structures de la gouvernance du développement durable ont
besoin d’être renforcées à l’échelle internationale,
régionale et nationale, étant donné qu’ils sont intimement
liés et interdépendants (Anaedu and Engfeldt, 2002).
Le cadre général
1- Pour réaliser ces objectifs, des actions sont requises à
tous les niveaux des aspects suivants de la structure de la
gouvernance du développement durable :
a- Promouvoir les mécanismes et les dispositions efficientes
qui intègrent, d’une manière équilibrée, les trois aspects
du développement durable, i.e : économique, social et
environnemental.
b- Garantir la cohérence dans la mise en œuvre et
l’élaboration de la politique.
c- Promouvoir la transparence et l’implication efficace de
toutes les parties gouvernementales concernées ainsi que de
la société civile dans la prise de décision.
d- Renforcer les mécanismes institutionnels ayant trait à
l’élaboration, à la coordination, à la mise en œuvre et à
l’évaluation de la politique et consolider les liens entre
ces différents mécanismes.
V. Les priorités du SMDD à partir des rencontres régionales
préparatoires
Cinq rencontres préparatoires intergouvernementales
régionales, y compris les rencontres sous-régionales ont été
tenues dans le cadre des préparatifs du Sommet Mondial sur
le Développement Durable dans la période allant de septembre
à novembre 2001. Les participants à ces rencontres ont
examiné une panoplie de questions d’ordre régional et
international. Lors de ces rencontres, ont émergé des
domaines de préoccupations communes ou des questions
prioritaires pour le Sommet Mondial.
Ci-après un résumé des résultats des rencontres régionales
préparatoires où l’accent est particulièrement mis sur les
champs d’action future tel que définis par le Secrétariat du
Sommet mondial et rendus publics le 12 décembre 2001 (CDD
2001). Des rapports exhaustifs figurent sur le site web
officiel du SMDD (www. johannesburg summit.org).
V.1. Aperçu
Les rencontres régionales ont insisté sur quatre points
principaux. Premièrement, la communauté internationale se
doit de focaliser son intérêt sur la mise en œuvre de
l’Agenda 21. Deuxièmement, les trois piliers du
développement durable doivent être intégrés. Troisièmement,
les données émergentes et les nouvelles réalités, telle la
mondialisation doivent être examinées dans le but de
promouvoir l’équité et l’intégration. Quatrièmement, le
Sommet doit être axé sur certains domaines clés à même de
permettre d’accélérer les initiatives visant la réalisation
des objectifs du développement. A cet égard, le sommet doit
prendre en compte les objectifs définis lors des rencontres
et de la conférence des Nations Unies, particulièrement les
objectifs du sommet du Millénaire. Finalement, Il existe un
besoin réel de renforcer les dispositions institutionnelles
internationales (dans le cadre de la gouvernance
internationale) du développement durable.
Il est à noter que chaque région a ses propres spécificités
et priorités pour les actions futures. Cependant, il semble
que les domaines suivants se présentent comme des
préoccupations communes :
La mise en œuvre des principes de Rio : réaffirmer les
principes de Rio et mettre particulièrement l’accent sur la
mise en œuvre du principe des pays pollueurs et le principe
"des responsabilités communes mais différentes".
La mondialisation : Des appels sont adressés pour contribuer
à ce que la mondialisation soit équitable, durable et
inclusive. Le Sommet doit être axé sur les méthodes et les
moyens de mettre la mondialisation au service du
développement durable. Certaines régions ont évoqué des
initiatives spécifiques dans les domaines du commerce, des
finances, de l’investissement et de la technologie,
notamment les technologies de l’information.
L’éradication de la pauvreté : On s’attend à ce que le
sommet puisse contribuer à la réalisation de l’objectif de
la Déclaration du Millénaire consistant à réduire de moitié
le taux de pauvreté à l’horizon de 2015. On s’attend aussi à
ce qu’il permette de promouvoir une meilleure compréhension
des liens entre l’environnement, la pauvreté, le commerce et
la sécurité humaine.
La production et la consommation durable : établir des
mesures pour encourager la production et la consommation
durable, particulièrement l’usage efficient de l’énergie.
Dissocier la croissance économique des pressions sur
l’environnement et les ressources naturelles de base.
La gestion des ressources naturelles : Le sommet doit
développer des initiatives spécifiques dans des domaines
comme l’eau et l’assainissement, les océans et les mers, les
zones côtières, les montagnes, l’usage des terres, les
forêts, la biodiversité, la désertification, les métaux et
les minéraux. Certaines régions ont relevé les thèmes de la
qualité de l’air et le changement climatique, soulignant
l’importance du respect des engagements internationaux.
L’agriculture et la sécurité alimentaire : doubler la
production agricole en Afrique durant cinq ans. Certaines
régions ont mis en relief le besoin de promouvoir une
croissance rurale et une agriculture durables.
L’énergie : le sommet doit déboucher sur un accord
permettant de promouvoir l’accès à l’énergie. Des
initiatives spéciales pour l’encouragement du partage des
énergies renouvelables et accessibles doivent être lancées.
L’eau potable et l’assainissement : La réalisation de
l’objectif de la Déclaration du millénaire relatif à l’accès
à l’eau et aux services d’assainissement. Les mesures à
promouvoir intègrent la gestion des ressources en eau.
Installation durable de la population : des initiatives pour
une gestion et une planification urbaines efficientes.
Certaines régions ont soulevé des questions relatives aux
mégalopoles.
La santé : les initiatives visant à renforcer les services
de santé doivent faire partie des stratégies globales
relatives à la réduction de la pauvreté et au développement
durable.
Le développement humain : l’éducation, la formation,
l’emploi, le genre et la promotion de la situation des
jeunes.
Le financement du développement durable : mobilisation de
toutes les ressources financières. Les pays développés
doivent contribuer à la réalisation de l’objectif de 0,7 %
du PNB dans le cadre de l’Assistance officielle au
développement (ODA), dans les plus brefs délais. Il convient
également d’annuler les dettes des pays les plus pauvres. La
Conférence internationale de financement du développement
(ICFFD) doit chercher de nouvelles sources de financement.
Le commerce et l’accès aux marchés : assurer un plus grand
accès des produits des pays en développement aux marchés,
particulièrement les produits agricoles et du textile,
annuler les mesures et les subventions à l’export qui
portent préjudice aux marchés et réduire les subventions
contribuant à la dégradation de l’environnement.
Le transfert des technologies et le renforcement des
capacités : le Sommet doit soutenir la création de moyens
efficients qui facilitent le transfert des technologies et
les mesures du renforcement des capacités.
La gouvernance et la structure institutionnelle du
développement durable : le sommet doit examiner les moyens
de promouvoir le cadre institutionnel du développement
durable aux niveaux national, régional et international.
Certaines régions ont souligné l’importance des questions de
gouvernance nationale, dont la promotion des mécanismes
efficients de partenariat. La paix et la sécurité ont été
définies comme une condition sine qua non pour le
développement
durable.
Les exigences de la prise de décision et de l’information :
Il est nécessaire de déployer davantage d’efforts pour
promouvoir les politiques et les stratégies du développement
durable et assurer une implication efficiente et une
promotion des mesures de suivi du progrès réalisé en matière
de développement durable.
Dans la région arabe, la sécurité a été classée comme la
première priorité indispensable à la réalisation du
développement durable. La déclaration commune du Prepcom et
de l’AMCEN/CAMRE a souligné que la paix et la sécurité sont
une condition sine qua non pour le développement dans la
région. L’éradication de la pauvreté et la dégradation de
l’eau et de la terre ont été également à la tête de la liste
des priorités.
On prévoit ainsi la participation de l’Organisation de la
Conférence Islamique (OCI), à travers l’ISESCO, qui consiste
à introduire l’aspect éthique du développement durable dans
la déclaration des ministres des Etats islamiques en charge
de l’environnement. Cette initiative contribuera
efficacement à conférer au développement durable une
dimension humaine. Partant de la Déclaration de Jeddah
(2000) et de la Déclaration de Téhéran (2001), l’ISESCO
essayera d’axer le débat sur les nouveaux systèmes de
gouvernance internationale, à la lumière des valeurs et
enseignements islamiques, et de trouver un code universel
d’éthique qui présidera au développement et aux relations
entre les nations du monde entier et entre l’homme et
l’univers, à travers le dialogue interculturel.
VI. Les résultats du sommet
Pour structurer les résultats du SMDD, le secrétariat du
sommet a proposé un cadre ou un inventaire des résultats du
sommet comprenant deux types de documents :
Type 1 : Les résultats qui ont fait l’objet de discussion
sont regroupés dans deux documents qui seront approuvés par
les pays participant au sommet.
1- Evaluer le progrès réalisé depuis la conférence de Rio,
déterminer les principales contraintes et proposer des
mesures permettant de surmonter ces contraintes, dont les
moyens de renforcer le cadre institutionnel du développement
durable.
2- Réactiver l’engagement politique, examiner les défis et
les nouvelles opportunités et réviser le système de
gouvernance mondial, ce qui permettra d’influer sur le cadre
des systèmes sociaux et économiques et sur les structures
politiques et juridiques, dont le système des Nations Unies
par le biais duquel le monde assure sa propre gestion et la
gouvernance environnementale. Ceci aura également des
impacts sur la situation du Fonds des nations Unies pour
l’environnement (UNEP) et sur les institutions concernées
par la composante environnementale du développement durable,
dont les accords multilatéraux sur l’environnement (MEAs).
Les documents intergouvernementaux qui ont fait l’objet de
discussions portent sur un programme d’action exhaustif et
pertinent qui renferme :
- Une introduction sur la question.
- Les champs du programme
- Les bases d’action
- Les objectifs
- Les activités (sur tous les plans)
- Les moyens de mise en œuvre, dont le renforcement de
capacités, le partage de la technologie, l’éducation et la
formation
- Rôle des partenaires
- Les ressources financières (ressources financières mixtes,
tels l’ODA, FDI etc).
- Le calendrier et les objectifs
- Les indicateurs
Ces documents ont pour objectifs de réaffirmer le rôle
important du gouvernement, d’approvisionner les partenaires
et les citoyens en informations claires sur les mesures qui
seront prises par les gouvernements et par les parties
concernées dans chaque pays, et d’encourager toute
initiative individuelle visant à contribuer au programme
d’action (PoA) et à assurer le suivi de sa mise en œuvre.
Type 2 : Les résultats qui n’ont pas fait l’objet de
discussion sont de deux types :
1- Les initiatives inter-régionales, sous-régionales et
régionales (plans d’action, partenariat, engagements)
entreprises et développées avant la tenue du sommet par les
parties ou les groupes concernés dans chaque pays. Elles
doivent impliquer et plaider pour le soutien des
organisations internationales concernées, des bailleurs de
fonds et des partenaires.
2- Les engagements, les initiatives et les partenariats
visant à assurer la mise en œuvre effective dans certains
secteurs (domaines) qui seront initiées et développées par
les grands groupes (secteur privé, syndicats, autorités
locales, ONG et communauté scientifique, etc), dont le
partenariat entre les secteurs privé et public et les
gouvernements intéressés et/ou avec les organisations
internationales.
Le cadre proposé pour ce type de documents appelle à la
contribution des gouvernements, des gouvernements+ les
partenaires et des partenaires.
Les contributions des gouvernements :
Le projet du Programme d’Action (type 1) permettra au
gouvernement de chaque pays ou à un ensemble de
gouvernements de développer leurs propres engagements et
initiatives qui seront annoncés lors du sommet.
Les contributions des partenaires :
Pour inclure les initiatives de partenariat dans les
résultats généraux de la conférence du sommet, les
gouvernements et les partenaires se doivent de développer
des initiatives concrètes relatives à la mise en œuvre de
l’agenda. Ce concept permet également de connaître les
besoins et les conditions spécifiques aux niveau régional et
national qui exigent des mesures spécifiques. Il est
nécessaire de reconnaître la nécessité du partenariat entre
les différents partenaires et leur rôle dans le
développement durable (Forum des décideurs 2002).
Le partenariat /les initiatives pour renforcer la mise en
œuvre de l’Agenda 21 :
Il est prévu que le partenariat et les initiatives relatives
à la mise en œuvre de l’Agenda 21 constituent l’un des
principaux résultats du Sommet mondial sur le Développement
durable. Ce "second type" de résultats consisteront en une
série d’engagements et de collaborations et contribueront à
concrétiser les engagements politiques. Les modalités
spécifiques de tel partenariat (objectifs, calendrier,
mécanismes de suivi, coordination, mécanismes de la mise en
œuvre, les dispositions relatives à d’éventuels financements
et au transfert de la technologie, etc) doivent être
élaborées avant la tenue du sommet par les partenaires
potentiels dont les gouvernements, les organisations
internationales et les grands groupes (Secrétariat du sommet
2002).
Les références
- Anaedu, O et M. Lars-Goran Engfeldt, 2002, la gouvernance
du développement durable. Communication présentée au cours
de la deuxième semaine de la 3-ème session du Comité
préparatoire du SMDD.
- IIED 2002, le SMDD et la mondialisation. http://www.
iied.org/wssd/index.html
- Forum des décideurs est une organisation qui réunit
plusieurs décideurs et un réseau et forum sur le
développement durable qui a contribué au renforcement des
résultats du premier Sommet de la Terre en 1992 et œuvre
actuellement à la préparation du Sommet de la Terre 2002.
http://www.earthsummit2002.org/ic/process/ summit.htm
- Le secrétariat du sommet 2002. Partenariat/initiatives
pour soutenir la mise en œuvre de l’Agenda 21. http://www.
johannesburg summit.org/html/documents/prep2final–papers/wssd-description-of
partnerships2.doc
- Nations Unies 1992. Rapport de la Conférence des Nations
Unies sur l’environnement et le développement (UNCED), Rio
de Janeiro, 3-14 juin 1992, vol.1, résolutions adoptées par
la conférence (Publications des Nations Unies, N0 de vente
E.93.I.8 et corrigendum), résolution 1, annexe II.
- Les
Nations Unies 2002. Le rapport de la mise en œuvre de
l’Agenda 21 du Secrétaire général. Commission sur le
développement durable agissant en tant que comité
préparatoire de la deuxième session du Sommet Mondial sur le
Développement Durable (28 janvier- 08 février 2002).
E/CN.17/2002/PC.2/7.
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