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Epilogue :
Correction des erreurs de l'Encyclopédie de l'Islam dans son traitement de l'entrée «Hadith»

C'est à l'orientaliste anglais J. Robson, bien connu pour ses travaux sur les développements des sciences de la Tradition, que fut confié le traitement de l'entrée Hadith dans l'Encyclopédie de l'Islam.

En raison des liens étroits qui existent entre la Sirah et les Hadiths, qu'il nous soit permis de dénoncer et de corriger dans les lignes qui suivent les erreurs et sophismes de l'auteur.

J. Robson a soulevé dans son étude -à la manière de ses prédécesseurs islamologues- certaines questions importantes, telles que:

1. La place du Hadith dans le droit islamique
2. La collection et la consignation des Hadith
3. La valeur de la critique du Hadith

On retrouve chez lui le même style et la même procédure que ceux rencontrés chez ses pairs qui eurent à traiter des sujets se rapportant à l'Islam : comme eux, il pèche par ses fausses appréciations, ses indélicatesses dans la rédaction, ses sophismes, le tout couronné par l'ignorance manifeste de vérités édifiantes.

Ainsi use-t-il démesurément d'expressions et de formules tendancieuses par lesquelles il fait planer la suspicion et le scepticisme sur les hadith du Prophète (PSL) et essaie de faire douter de leur importance et de leur rôle dans le droit islamique, de leur authenticité et de la valeur de leurs sciences. Ses graves aberrations sur la question suscitent notre émotion et appellent de notre part des corrections et des clarifications indispensables.

1. Suspicion autour de la place de la Tradition dans le droit islamique :

L'auteur écrit, tout au début de son article, que «la Tradition est considérée comme l'autorité venant immédiatement après le Coran», puis il se rétracte pour ajouter : «mais cette conception ne fut que le résultat d'un long processus». Il évoque ensuite la rapidité de l'expansion de l'Islam loin de l'Arabie et le fait que les nouveaux convertis étaient impatients de s'instruire davantage sur l'Islam et la Sunna. Il écrit encore : «A cette époque, on ne songeait nullement à considérer la tradition comme une autorité venant immédiatement après le Coran, car il n'en existait aucun corpus. A la mort du Prophète, le Coran resta comme un guide unique et ce fut seulement à la longue, quand de nouveaux problèmes se posèrent que certains éprouvèrent le besoin d'une autorité subsidiaire».

Ce passage comporte une grave erreur doublée d'un sophisme flagrant, à savoir que la Sunna, c'est-à-dire la Tradition, basée sur l'exemplarité du Prophète (PSL) ne devint une autorité en droit islamique qu'après la mort du Prophète (PSL) et quand les Musulmans se trouvèrent confrontés à des problèmes nouveaux. Notre réfutation de cette assertion repose sur un ensemble cohérent d'arguments qui démontrent la fragilité des opinions de l'auteur et l'inconsistance de ses raisonnements.

1. N'ayant pas trouvé dans le Coran tous les menus détails recherchés pour les pratiques cultuelles, les transactions et l'organisation des relations sociales, les Compagnons du Prophète (PSL) se rabattirent sur sa Tradition pour lui emprunter les applications des règles normatives du culte, notamment celles qui précisent les modalités de la Tahàra (la purification corporelle) de la Çalàt, de la Zakàt (aumônes annuelles obligatoires), du Çawm, (jeûne obligatoire et surérogatoire), du Hajj (pèlerinage aux lieux saints de Makkah). Tout cela se passait du vivant-même du Prophète (PSL). A la Tradition furent aussi empruntées les prescriptions qui concernent les transactions de toutes sortes et autres règles de droit et d'éthique dans les relations sociales, dans la conduite envers soi et les autres.

En mettant en pratique ces règles subsidiaires, les croyants répondent, dans leur vie privée religieuse et profane, non seulement aux instructions du Prophète (PSL), mais aussi aux directives du Coran qui les incite à agir dans ce sens, d'après ces deux versets :

«Ce que vous donne l'Envoyé, prenez-le. Ce qu'il vous interdit, prenez-le pour interdit»7/Al Hashr/Le Regroupement.

«Dis : Si vous aimez Allah, suivez-moi pour qu'Allah vous aime et vous pardonne vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux» 31/La Famille de 'Imràn.

En outre, il existe de nombreux hadith qui incitent à la mise en pratique de la Sunna et parmi lesquels on trouve ceux rapportés par Nisaburi et Ibn 'Abd al-Barr, et qui les tiennent de Kathir qui les a tenus de son père 'Abd Allah, qui les devait à son tour à son père 'Amr qui les lui a transmis. D'après l'un de ces hadith, le Prophète (PSL) a dit : «Je vous laisse deux choses, vous ne vous égarerez jamais tant que vous y demeurez attachés : le Livre d'Allah et ma Sunna».

Ibn 'Abd al-Barr rapporte d'après ce que 'Arbàs bin Sariyya a dit: «Après avoir officié pour nous la Çalàt de l'aube, le Prophète (PSL) nous fit une exhortation si émouvante qu'elle nous amena les larmes aux yeux et toucha profondément nos cœurs. On lui dit : «On dirait une exhortation d'adieu ; fais-nous des recommandations». Le Prophète (PSL) dit alors : «Vous devez écouter et obéir, même si votre chef est un Noir originaire d'Abyssinie. Ceux d'entre vous qui me survivront, verront beaucoup de schismes en religion. Attachez-vous à ma Tradition et aux coutumes des califes bien guidés ; restez-y cramponnés, restez solidaires et écartez-vous des nouveautés en religion, car toute hérésie conduit à l'égarement»70.

Il est impensable que les Compagnons et les Suivants aient pu se dérober à ce à quoi le Coran et la Tradition les incitaient. La Tradition a toujours été une deuxième autorité après le Coran, et ce, avant même la mort du Prophète (PSL).

D'autres informations rapportées par les annalistes affirment l'usage de la Tradition en tant que deuxième source de droit, et en donnent, à titre d'exemple, la communication faite par Mu'àd Ibn Jabal et reproduite conjointement par Abù Dàwud et Tirmidhi. Selon cette information, lorsque le Prophète (PSL) eut désigné Mu'àd comme juge au Yémen, il lui demanda en vertu de quel texte il rendrait la justice. Son interlocuteur lui répondit : «Je jugerai en application du Livre d'Allah». - Le Prophète (PSL) l'interrogea à nouveau : «Si tu ne trouves pas de réponse dans le Livre d'Allah ?»-  «Je me référerai à la Tradition de Son Envoyé », dit Mu'ad.- «Mais si non plus dans cette Tradition tu ne trouves pas à quoi te référer pour juger ?»- «Eh bien, je m'appliquerai tant qu'il faudra à faire de l'ijtihàd (effort personnel)», répliqua Mu'ad, d'un ton résolu. Le Messager d'Allah exprima sa satisfaction et dit :«Allah soit béni pour avoir guidé l'envoyé du Messager d'Allah dans la voie qui agrée l'opinion du Messager d'Allah».

Dans une lettre adressée au juge Shàrih par le successeur d'Abù Bakr, le Calife 'Omar Ibn al-Khattàb, ce dernier lui dit : «Si une affaire à juger t'est soumise, juge selon les prescriptions du Livre d'Allah. Dans les cas d'espèce qui ne sont pas traités dans le Livre, réfère-toi à la Sunna du Prophète». La même chose a été rapportée à propos d’Ibn Mas‘ud.

Le Calife Abù Bakr, qui succéda au Prophète (PSL) en qualité de chef de la communauté musulmane, appliqua la Sunna dans le cas suivant :

La grand-mère d'une personne morte sans laisser de mère, se rendit auprès d'Abù Bakr al-Çéddiq pour revendiquer une part de la succession du défunt -ou de la défunte - Le Calife lui répondit : «Le Livre d'Allah n'a pas prévu un cas similaire dans les partages des successions, et à ma connaissance, le Prophète n'a rien arrêté en faveur des grands-mères»- «Ah si ! répondit al-Mughira qui était présent à l'audience et qui dit aussitôt : -«En ma présence, le Prophète accorda le sixième à une grand-mère». Abù Bakr lui demanda s'il avait un témoin.  Muhammad bin Maslama, qui vint faire sa déposition, confirma la déclaration de Mughira, Abù Bakr répondit alors favorablement à la requête de la grand-mère.»

D'autres informations vont dans le même sens, et il serait inutile de s'y attarder. Nous n'aurions même pas eu à soulever ce débat si l'Encyclopédie de l'Islam, qui jouit d'une diffusion notable et d'une audience importante auprès des chercheurs des deux sexes, toutes nationalités confondues, avait pris les précautions nécessaires pour ne pas avoir à endosser les erreurs de ses rédacteurs.

2. Doute au sujet de la consignation des hadith avant le IIIe siècle de l'hégire :

Parlant de la Tradition, J. Robson a écrit, comme on l'a vu ci-dessus, «qu'il n'en existait aucun corpus». Puis, dans un passage sous-titré : «Collections des Hadith», il a écrit : «Certains soutenaient la théorie que les traditions ne devraient être transmises qu'oralement et non par écrit, et il y a même, dans les livres, des hadith qui appuyent ce point de vue (...) Il y eut, même très tôt, des gens qui prirent des notes pour leur usage personnel. Ces notes constituèrent la base des livres plus étendus qui virent ensuite le jour. (...) On parle même de çahifas (écrits) dans lesquelles certains Compagnons du Prophète avaient consigné des traditions dès le Ier siècle de l'hégire (...) Mais c'est le IIIe/IXe siècles qui fut l'époque des plus importants musnads (classés par matières)». Il ajoute : «Les Arabes étaient de remarquables généalogistes et il n'est donc pas déraisonnable de penser que si les livres commencèrent à apparaître à une époque relativement tardive, les matériaux concernant les périodes plus anciennes étaient encore accessibles»

Il est clair que l'auteur utilise des expressions vagues et trompeuses qui peuvent leurrer le lecteur non averti. Les spécialistes qui ont étudié les travaux des 'ulama, experts en matière de hadith, aussi bien parmi les anciens que les contemporains - ces spécialistes qui avaient particulièrement traité la question des collections des hadith et qui étaient, en plus, au fait de la conduite des orientalistes - eux ne sont pas dupes.  Ils savent parfaitement lire entre les lignes dans la rédaction de cet auteur qui veut, à la faveur de ses expressions trompeuses, faire croire que la collection des hadiths, qui constituent la matière fondamentale des recensions célèbres, n'a pu être réalisée qu'au IIIe/IXe siècles et que, pour cette raison, de nombreux hadith  «ont été perdus ou altérés».

Cette théorie ne tient pas, car la consignation des hadith avait été entreprise du vivant du Prophète (PSL), les relations faites à ce sujet sont nombreuses et ont été transmises par des isnàd (chaînes de transmetteurs) parfaits. Cela ne signifie pas qu'à cette époque, les hadith consignés étaient excellemment colligés et étaient déjà présentés dans le fond et la forme dans lesquels ils nous sont parvenus, comme ce fut le cas du Coran, et ce, pour des raisons sur lesquelles nous ne reviendrons pas ici.

De nombreuses communications faites par des Compagnons confirment la consignation de certains hadith à l'époque du Prophète (PSL), ce qui prouve que ladite consignation était permise, comme il fut prouvé que les Compagnons avaient consigné des hadith dans des Çahifas (écrits) personnelles et dont les plus importantes étaient :

1. La Çahifa de 'Abd Allah bin  'Omar, appelée «la véridique».
2. La Çahifa de 'Ali Ibn Abi Tàlib
3. La Çahifa de Sa'd Ibn  'Ubàda.

A côté de ces écrits, il existait d'autres kitàb (missives) que le Prophète (PSL) a envoyés aux gouverneurs de certaines contrées qu'il avait lui-même nommés. Ces kitàb comportaient des instructions pour la pratique religieuse, les prescriptions concernant en particulier la Zakàt et la diya71 ; le kitàb envoyé à son gouverneur du Yémen dans lequel il lui rappelait les fondements de l'Islam, les traités et conventions passées avec les mécréants. Dans cet écrit, le Prophète (PSL) lui ordonna aussi de satisfaire la demande d'un Arabe nommé Abù Shah Al Yamani72 qui désirait avoir une copie du discours prononcé par le Messager d'Allah le jour même de sa conquête de Makkah.

Tout cela prouve largement que la consignation des hadiths du Prophète (PSL) avait déjà commencé de son vivant. De plus, l'imam Muslim et l'imam Ahmed bin Hanbal ont reproduit ce hadith du Prophète (PSL), tel que rapporté par Abu Sa’id Al Khudrì, et qui prohibait la consignation de ses dires : «N'écrivez rien de ce que je dis ;  quiconque en aurait écrit quelque chose, qu'il l'efface».

Nombreux furent les 'ulama qui se penchèrent sur le moyen de contourner cet obstacle à la consignation des traditions du Prophète (PSL). La majorité d'entre eux ont même avancé que le «hadith-obstacle» était abrogé par d'autres qui autorisaient la consignation. Il est aussi des 'ulama qui estiment que le maintien de cette interdiction ne devait s'appliquer que dans les cas où les colligeurs confondraient le Coran avec la Sunna.

Cependant, des chercheurs contemporains73 considèrent que la prohibition de la consignation des hadith pourrait avoir été justifiée par la crainte de voir des Musulmans accorder plus d'importance et d'intérêt à la Tradition qu'au Coran. Ces mêmes chercheurs font observer que le Prophète (PSL) n'avait autorisé ses Compagnons qu'à prendre des notes qui ne seraient pas colligées ou qui ne feraient pas l'objet de débats entre eux. Par conséquent, aucun Compagnon ne reçut l'ordre de consigner les hadith .

La composition des ouvrages sur les hadith, tels les muçannaf (classés par matières) et d'autres recueils, divisés en sections elles-mêmes subdivisées en sous-sections (abwàb), n'a pas attendu le IIIe/IXe siècle pour se faire, comme le prétend Robson. Elle avait déjà commencé deux siècles auparavant, comme le confirment un grand nombre de 'ulama tels Abù Tàleb al-Makki74 parmi les anciens et Fu'ad Sizkin parmi les modernes75. A ces deux références s'ajoutent d'autres sources, dont les auteurs moururent avant le milieu du IIe siècle de l'hégire. Citons par exemple: le Jàmi' de Mu'ammar bnu Ràshid (m. 154H/770), le Jàmi' de Sufyàn al-Thawri (m. 161H/777), celui de Hishàm bnu Hassan (m. 148H/765), d'Ibu Jarih (m. 150H/767), etc. Si la science de la critique des hadith  ne prit son caractère officiel que sous le Khalif ommeyade 'Omar bnu 'Abd al-'Aziz, cela ne veut pas dire qu'elle n'était pas née avant cette époque.

3. Dépréciation des efforts des‘ulama  dans la critique du Hadith :

Après avoir mis en exergue la tâche entreprise par les 'ulama en matière de critique du Hadith, et applaudi leurs efforts très louables pour en écarter le faux, l'auteur revient à la charge pour nous dire que «les savants occidentaux ont tendance à juger que cette critique n'est pas allée assez loin». Robson en donne l'exemple de Goldziher qui a dit que: «Le Hadith n'est pas fondé sur une base aussi ferme que la doctrine traditionnelle voudrait le faire croire». D'autres savants occidentaux ont suivi le point de vue de ce juif, orientaliste hongrois. L'auteur a fait d'autres remarques à propos des hadith où «l'on trouve des allusions à des villes éloignées de l'Arabie qui devaient être conquises, à des schismes qui prirent naissance au début de la période islamique -par exemple, les Kharijites- à des hadith où sont attribués au Prophète de nombreux miracles ; on y trouve également beaucoup de détails sur les épreuves qui précéderont la fin du monde ou la suivront. Dans d'autres hadiths sont mentionnés les Ommeyades et les 'Abbassides». L'esprit occidental ne peut guère admettre que «des données de ce genre viennent authentiquement du Prophète». Il conclut : «Il est clair qu'une grande partie des données provenant d'une époque postérieure ont été attribuées au Prophète, ce qui rend très difficile la découverte d'un critère satisfaisant pour déterminer ce qui est authentique».

Ces passages résument de façon roublarde les points de vue des orientalistes, auxquels s'est référé J. Robson dans la critique du Hadith. Et l'on s'aperçoit alors que ce chercheur n'hésite pas à déprécier et à minimiser la valeur de cette science et des travaux importants accomplis par d'illustres 'ulama, avec tout le sérieux et l'objectivité que requiert la matière.

En vérité, quiconque aborde avec une parfaite objectivité et avec l'honnêteté scientifique requise le gigantesque travail accompli par les savants musulmans, dans la critique du Hadith, dont ils firent une science, en ne négligeant ni les mutùn (textes) ni les isnàd (chaînes de transmetteurs), reconnaîtra assurément que nos savants avaient entrepris et réalisé un ouvrage qui n'a pas d'égal dans les autres cultures. Il ne pourra qu'admettre que la voie que ces 'ulama avaient suivie était la meilleure et la plus sérieuse dans les domaines de la critique, de la vérification et de l'épuration.

Quand J. Robson écrit que «les savants occidentaux jugent que cette critique n'est pas allée assez loin» dans l'épuration des hadith, il commet, comme eux, une injustice flagrante, car la bibliothèque islamique regorge d'ouvrages dont la thématique est consacrée à la critique du Hadith et au classement de ses hommes, avec toute une nomenclature technique où chaque terme est appliqué à un cas, sans confusion de situation ni de circonstance.

Quant aux observations de Goldziher auprès duquel J. Robson crut avoir trouvé de quoi étayer sa théorie, nous disons et affirmons que l'orientaliste hongrois pèche par ses généralisations et par son sophisme, car il a confondu les hadiths dont l'authenticité fut prouvée par les voies les plus sûres, comme ceux qui traitent des prodiges du Prophète (PSL), ou des événements qui suivront le Jour de la Résurrection, et les hadiths purement inventés pour mettre en relief les bienfaits et vertus des Ommeyades et des 'Abbassides, par des personnes payées pour cette basse besogne.

Il est vrai que les informations concernant les choses du passé révolu, sinon inconnu, et les informations concernant l'avenir qui furent données par le Prophète (PSL) et passées à la postérité par des transmetteurs éprouvés et honnêtes sont nombreuses et débordent le niveau de la transmission successive (le tawàtur). Tel est le cas des hadith qui évoquent l'avènement de l'Antéchrist, la réapparition de Jésus fils de Marie (PSL), ainsi que les hadiths axés sur les épreuves auxquelles assisteront ou seront soumis les vivants à l'approche de l'Heure. Nul ne saurait nier ces choses à moins de nier sa propre intelligence et les critères scientifiques avec.

Cependant, il conviendrait de rappeler que les Musulmans ne reçurent les hadiths ni en vrac, ni par coïncidence, ni sans discernement préalable. A chaque réception, les hadiths étaient soumis à une expertise rigoureuse. Parmi ceux qui furent  inventés, on a découvert ceux qui louent et magnifient les Ommeyades ou les 'Abbassides et ceux qui, au contraire, blâment les uns ou les autres suivant les circonstances. Or, ce qui a induit les savants occidentaux, comme Goldziher, Schacht et bien d'autres encore en erreur, c'est qu'ils donnèrent créance aux faux hadith qu'ils crurent sans méfiance sortis de la bouche du Prophète (PSL) parce qu'ils lui avaient été attribués par des menteurs experts en matière de fraude et de falsification. Ainsi les reproches de J. Robson à l'encontre de la critique du Hadith par les 'ulama sont non fondées, puisque le critère adopté par nos savants pour vérifier l'authenticité des hadiths, leur faiblesse, leur acceptation ou leur rejet, consistait en la transmission saine, soutenue et ininterrompue, l’intégrité et la probité chez les rapporteurs et les narrateurs, la perfection des textes. Si ces conditions sont réunies, le hadith est déclaré authentique, qu'il traite d'un événement passé ou présent, qu'il soit conforme ou non à l'usage courant.

Quant à son propos selon lequel tout hadith qui n'arrive que postérieurement au sujet qu'il traite et qui est déjà révolu, doit être considéré faux, ce propos, à notre avis, et de l'avis de tous les 'ulama, n'a pas de valeur et ne peut nullement être crédité ou validé car, comme nous l'avons démontré avec suffisamment de preuves et d'arguments, la consignation des hadith avait bel et bien commencé à l'époque du Prophète (PSL) et les travaux réalisés dans cette matière remontent à une période antérieure au milieu du IIe siècle de l'hégire (VIIIe siècle). Tels sont nos arguments pour réfuter les propos inconsistants des orientalistes.

Ainsi donc, nous croyons avoir cerné et corrigé, dans la mesure du possible, les plus importantes erreurs commises par l'auteur de la matière «Muhammad, Prophète de l'Islam» à laquelle la publication Encyclopédie de l'Islam a consacré de nombreuses pages. Dans cette intervention, nous nous sommes engagés à nous en tenir à la méthode scientifique et à demeurer constamment attachés à l'objectivité sans nous départir de toute la courtoisie nécessaire. Puisse Allah le Tout-Puissant faire que ces corrections permettent au monde de voir la vérité et de rendre justice aux Musulmans.

 

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