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الإرهاب أبعاده وآفاق مخاطره وآليات معالجته

وقائع المؤتمر

تونس: 15-17 نوفمبر 2007

 

الفهرس

Discours de Mr Brunson McKinley

Directeur général

de l’Organisation internationale

pour les Migrations (OIM)

 

Mesdames et Messieurs les Ministres et Chefs de Délégation,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais commencer par adresser mes vifs remerciements à la République Tunisienne qui nous accueille si chaleureusement et nous permet ainsi de travailler, en cette terre de dialogue et de paix, sur une question déterminante pour l’avenir de l’humanité. Le fait que cette Conférence s’organise sous le Haut Patronage de Son Excellence le Président Zine El Abidine Ben Ali constitue un signal politique fort quant à l’attachement de la Tunisie, à la stabilité et à la prospérité du monde.

C’est aussi pour moi une grande satisfaction que de voir l’ISESCO co-organiser cet événement. L’ISESCO, qui fait un travail exemplaire de rapprochement entre les peuples grâce à la clairvoyance de son Directeur général Abdulaziz Othman Altwaijri, est l’un des partenaires majeures de l’OIM.

De par son ampleur et ses dimensions, le terrorisme constitue l’une des menaces les plus sérieuses pour l’humanité. En effet, ce phénomène terrible affecte tous les domaines de la vie humaine ; que ce soit les économies, les cultures et civilisations, les religions ou encore les sociétés et les individus.

Les implications du phénomène du terrorisme ont parfois donné lieu à des perceptions où le migrant et l’étranger sont pensés en relation avec l’illégalité, la criminalité et le sujet de non-droit. L’OIM croit fermement que la migration internationale, si elle est bien gérée, constitue un formidable facteur de prospérité, de solidarité et de sécurité pour les Etats, ainsi que pour les migrants eux-mêmes.

Les interactions entre les civilisations ont pris de formes très diverses tout au long de l’histoire humaine et ces échanges, il faut le dire, n’ont pas été toujours paisible. Cependant, les migrations et mouvements de personnes ont été un élément permanent dans toute rencontre entre peuples, civilisations et cultures. Explorateurs, conquérants, marins, pèlerins de toutes les religions, étudiants, aventuriers, négociants, nomades, fermiers, travailleurs étrangers, permanent ou temporaires, tous ont contribué à façonner les cultures et civilisations à travers les lieux et les âges.

Les cultures le l’humanité sont un produit en perpétuel changement grâce, notamment, aux mouvements incessants des personnes. Ceci a été le cas des grandes et anciennes cultures africaines, asiatiques et européennes, qui ont accepté et intégré les étrangers de toutes origines, formant ainsi de très belles civilisations à la fois originales et solides. Regardons aussi l’exemple moderne de l’économie globale qui, grâce à la technologie, a rendu le monde plus petit et les personnes plus proches. Ceci a offert beaucoup plus d’opportunité pour la migration ordonnée entre pays et régions dans un marché de travail de plus en plus globalisé.

Les estimations les plus récentes suggèrent que :

• A partir de 2050 la population mondiale atteindra 9.3 milliards de personnes ;

• La plus grande croissance démographique sera dans les pays en développement ;

• A l’inverse la plus grande baisse de la population sera dans le pays développés. Ces changements démographiques agiront comme des facteurs très puissants sur l’évolution des dynamiques migratoires dans le monde :

• Les migrations, à l’échelle mondiale, vont continuellement augmenter durant les prochaines 50 années ;

• Le nombre de migrants à travers le monde passera de 150 millions actuellement à au moins 230 millions en 2050.

• De plus en plus de pays vont avoir recours aux migrations temporaires ou permanentes pour assurer leur stabilité sociale et politique et maintenir leur prospérité.

Aujourd’hui, les gouvernements, et d’autres acteurs, sont confrontés à des situations migratoires complexes, dont celles de gérer la migration irrégulière, de promouvoir les droits des migrants notamment en protégent les plus vulnérables, de réduire les dynamiques liées à l’émigration non organisée et d’orienter les migrations régulières en fonction des objectifs stratégiques nationaux. Un défi particulièrement urgent à relever sur ce plan est celui du démantèlement des réseaux criminels transnationaux s’adonnant au trafic illicite de migrants ; tel que défini par les protocoles de Palerme. Si l’opinion qui prévaut est que les migrations, pour essentiel, constituent un atout pour le développement tant dans les pays d’origines que dans les pays de destination, les migrations non maîtrisées peuvent aussi avoir un coût social, financier, politique et sécuritaire pour l’individu, la société et les gouvernements. Certains pays peuvent, parfois, constater que les conséquences négatives l’emportent sur les effets positifs.

La gestion des migrations apparaît donc comme un domaine de plus en plus complexe, inextricablement lié aux questions du développement économique et social, de la sécurité, de la stabilité et de la coopération internationale. Il est donc certain que les migrations vont continuer à jouer un rôle capital dans la sécurité, la stabilité et la prospérité du monde.

Une illustration des éléments clefs dans ce domaine est notamment la planification et l’utilisation de la biométrie pour une gestion plus fluide des mouvements des personnes.

En effet, la biométrie, aujourd’hui, peut avoir sous certaines conditions des avantages qu’elle peut offrir notamment dans la sécurisation des frontières, des différents moyens de transport ainsi que le renforcement de l’intégrité des documents de voyage. Cette technologie permet aussi aux états une meilleure identification consulaire de ses citoyens à l’étranger, ceci résultant notamment en un renforcement de leur protection, ainsi que l’accès à certains services (par exemple bancaire) facilitant leur expérience migratoire.

Par ailleurs, la recrudescence du phénomène du terrorisme e été un facteur déterminant dans l’adoption des techniques plus performantes en matière des documents d’identité de voyage, le renforcement de l’échange de l’information entre les différents acteurs, ainsi que plusieurs autres mesures qui assurent que la migration contribue au renforcement de la sécurité humaine. Nous pouvons observer que la majorité des pays, participant à cette conférence, appliquent ce type de mesures d’une manière productive et équilibrée qui n’entrave pas les mouvements des personnes entre les pays.

Une approche globale, transparente et solidaire de la gestion des migrations, associant touts les pays d’un bout à l’autre de la chaîne migratoire, peur donc contribuer à réduire au minimum les effets négatifs des migrations et préserver l’intégrité de ces dernières en tant que processus social, culturel et économique très positif.

Il est donc est crucial pour les citoyens, les gouvernements, les secteurs privés, les associations de la société civile, ainsi que les organisations internationales de travailler activement à :

• Gérer scrupuleusement l’équilibre entre la demande et l’offre du travail au niveau international à travers notamment la migration de travail (temporaire ou permanente) ;

• Renforcer le développement des sociétés et des économies par des programmes de migration et développement favorisant une circulation du savoir et de la connaissance et utilisant les remises des migrants dans les secteurs productifs ;

• Favoriser le respect des droits et obligations des migrants, qu’ils soient temporaires ou permanents ;

• Maximiser les facteurs de stabilité des pays de réception et de destination à travers des politiques d’intégrations intelligentes.

En effet, les pays de destination, à la fois au Nord et au Sud, tendent de plus en plus, en raison de la complexité des flux migratoires, à devenir des pays hétérogènes à composantes sociales et culturelles multiples dont la stabilité, par des politiques d’intégration adéquates, est un facteur important pour leur épanouissement à la fois économique et culturel. De plus, une meilleure intégration des migrants induit un renforcement des liens de coopération entre les pays de départ et les pays d’arrivée. Le migrant, grâce à une intégration réussie, est un acteur déterminant dans le succès de cette politique de coopération.

L’intégration des migrants doit être accomplie dans les domaines aussi divers que l’accès au marché du travail, les logements et les services sociaux, l’éducation, la participation politique des migrants au niveau des collectivités locales, le système judiciaire et enfin les politiques démographique et culturelle.

Mener une politique d’intégration, c’est aussi définir et développer des actions tendant à maintenir la cohésion sociale au niveau local comme au plan national, de sorte que chacun puisse vivre paisiblement et normalement dans le respect des lois et l’exercice de ses droits et de ses devoirs. Ainsi conçue, une politique d’intégration ne concerne pas seulement les immigrés ; elle n’en doit pas moins prendre en compte les problèmes particuliers que peuvent poser certains d’entre eux.

Par ailleurs, le processus d’intégration, inscrit dans la durée, est celui d’une participation effective de l’ensemble des personnes appelées à vivre dans un pays étranger, en participant à la construction d’une société rassemblée dans le respect de valeurs partagées, y compris celles liées à la tolérance religieuses, telles qu’elles s’expriment dans des droits égaux et des devoirs communs.

Ces aspects ont été, notamment, revus en détails lors de la Conférence internationale sur «la Migration et fait religieux à l’ère de la mondialisation» organisée avec succès, à Rabat en décembre 2005, par l’ISESCO, le Royaume du Maroc et l’OIM. Plus récemment encore à Rome, l’OIM a organisé avec l’Italie et l’ISESCO un atelier de suivi à la conférence de Rabat sur l’importante question du rôle des femmes migrantes dans la création et le renforcement des identités multiculturelles. D’autres activités de suivi relative à la question de la migration et de la religion sont prévus avec l’ISESCO tout au long de l’année 2008.

Je conclurai mon intervention en mentionnant le rôle important que peuvent jouer les medias, sous toutes leurs formes, en servant, exactement comme les migrants, de pont entre les cultures et les civilisations. Les medias ont le devoir, aujourd’hui plus qu’hier, d’éduquer et informer les spectateurs et les lecteurs sur les apports des migrations légales à la prospérité et la stabilité du monde. Le reportage objectif et la présentation d’une diversité de perspectives sont nécessaires pour éviter tous stéréotypes et toutes informations biaisées quant aux réalités complexes du phénomène migratoire.

Je ne voudrais pas conclure sans vous réaffirmer l’engagement ferme qui est non seulement le mien, mais aussi celui de tous mes collègues de l’OIM, de continuer à œuvrer continuellement pour que la migration soit une source de prospérité, de solidarité et de sécurité pour toutes les nations du monde.

Je vous remercie.

 

   

منشورات المنظمة الإسلامية للتربية والعلوم والثقافة ـ إيسيسكو ـ 1429هـ/2008م

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