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الإرهاب أبعاده وآفاق مخاطره وآليات معالجته

وقائع المؤتمر

تونس: 15-17 نوفمبر 2007

 

الفهرس

La Solidarité humaine face aux attentats

Professeur Dominique Chevalier(*)

Pour introduire une réflexion commune, je vous dois d’abord une précision : le terrorisme n’est pas pour moi une abstraction. Il m’a directement atteint à travers des disciples et des amis.

Sami Kassir et Ihab al-Sharif ont préparé et soutenu leur thèses de Doctorat sous ma direction. Le premier,journaliste et écrivain, a été assassiné à Beyrouth au début de Juin 2005. Le second, nommé ambassadeur d’Egypte en Irak, a été enlevé en Bagdad puis engorgé au début de Juillet 2005.

Au Liban, trop de mes amis ont été lâchement tués, comme, en 2006, Gebrane Tuéni qui dirigeait avec talent et liberté le quotidien Al-Nahar.

Qui sont les assassins ?

En février 2005 à Beyrouth,l’ancien premier ministre Rafic Hariri a été victime d’un attentat à la camionnette piégée. Les organisateurs et les commanditaires de ce crime ont voulu être certains qu’il serait tué. L’acte terroriste a donc été commis avec une charge explosive si forte qu’elle a également sacrifié une vingtaine de passants. Rendons aussi hommage à leur mémoire,car les «dégâts collatéraux» du terrorisme sont de plus en plus considérables.

Qui a massacré Rafic Hariri ? Les preuves ont été apparemment effacées. Mais la rumeur a impliqué les «services» du gouvernement d’un Etat voisin. Il s’agirait donc d’un terrorisme d’Etat, auquel on a aussi attribué les meurtres de Samir Kassir, de Gebrane Tuéni et de tant d’autres libanais.

Les deux Etats voisins du Liban avaient déjà été impliqués dans des attentats politiques. Du côté de l’Irak, ceux qui tuent appartiennent à l’armée ou aux «services» d’un Etat,mais d’autres, si nombreux, dépendent de mouvements para-religieux ou para-communautaires.

Comment définir le terrorisme ?

La réponse est nécessairement affaire d’époques, donc de générations. La violence s’inscrit, en effet, dans l’histoire des sociétés humaines. Par conséquent, ses moyens et sa nature changent aux rythmes de l’élaboration des différents groupes et de la conscience qu’ils ont d’eux-mêmes.

De la famille à l’Etat, des communautés constituées aux extrémismes religieux,la brutalité soumet l’individu ou les individus à des pulsions produites par des cultures, qui -rappelons le- sont elles-même multiples.

Le terrorisme peut être soit une forme de guerre, soit une forme de banditisme. Il est souvent les deux à la fois. Des troupes d’occupation ont qualifié de terroristes des résistants qui combattaient pour que leur nation retrouve sa liberté et son indépendance. La France a connu cette situation pendant la seconde guerre mondiale. Les résistants français se réclamaient de l’Etat couvrant l’ensemble du territoire national,même lorsqu’ils appartenaient à un parti politique se disant national tout en étant internationalistes. Ces résistants luttaient contre l’armée d’un autre Etat, l’Allemagne nazie, et contre ses collaborateurs français se réclamant du gouvernement installé à Vichy.

D’autres exemples pourraient être relevés dans le monde, y compris au moyen-orient et en Afrique du Nord, notamment en Tunisie.

Aujourd’hui,les circonstances sont plus complexes puisque des combattants représentent moins un Etat territorialement défini qu’un mouvement révolutionnaire ou un mouvement religieux sans frontières. De la Colombie à l’Afghanistan, et ailleurs, les gouvernements des Etats agissant aux Nations Unies doivent faire face à des organisations puissantes, secrètes, riches et informatisées qui ont abandonné le visage national pour se revendiquer, des idéaux qu’elles projettent sur le monde entier. Dotées d’un armement,profitant de nombreux trafics et d’une ramification de complicités, ces organisations nomment «terroristes», les armées et les polices qui les répriment avec des moyens lourds de guerre d’Etat à Etat.

Peut-être que les voitures piégées et les bombes artisanales sont les engins des faibles,mais leurs effets sont d’autant plus redoutables qu’ils sont immédiatement diffusés par Internet et par la télévision, c’est-à-dire par toutes les techniques d’information les plus avancés.

Les hommes sont-ils des violents qui apprennent à se modérer ? ou bien sont-ils des apeurés qui cherchent à s’imposer?

De cette dualité, une leçon doit être retenue : nous devons assumer autant notre humanité que notre humanisme pour éviter la destruction et rester des créateurs.

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(*) Professeur émérite à la Sorbonne.

 

   

منشورات المنظمة الإسلامية للتربية والعلوم والثقافة ـ إيسيسكو ـ 1429هـ/2008م

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